mardi 27 avril 2010

General Bye Bye – Girouette [Greed Recordings]

Soyons franc et disons le tout de go : Michel Mageleant ne tarissait pas d’éloges sur General Bye-Bye, nouveau groupe entré dans la constellation Greed Recordings il y a quelques mois. Car oui, quand on annonce que « General Bye Bye est la réponse européenne à Blonde Redhead », c’est ne pas tarir d’éloges.

Quelques mois plus tard, et à l’écoute de ‘Girouette’, la sanction est cinglante : le boss de Greed Recordings a une fois de plus raison. Après avoir sorti les Cornflakes Heroes, Moonman ou Delphine Dora & The Unexpected, et distribué Guernica ou Action Dead Mouse, son flair vient de dénicher, sans coup férir, une nouvelle perle.

Quatuor parisien composé de trois garçons et d’une jeune fille, amoureux du kantalé (instrument à cordes pincées de musique traditionnel finnois, sorte de cithare finlandaise), General Bye Bye rend une copie parfaite avec ‘Girouette’, premier album d’une, je l’espère, d’une longue série.

Oui, je l’espère vraiment parce qu’en 11 titres et près d’une heure de musique, ils renvoient pas mal de groupes français en manque d’inspirations à leurs chères études et éblouissent par la qualité de leurs compositions.
Il suffit d’ailleurs d’écouter Alphabet (voir plus bas), qui ouvre ‘Girouette’, pour s’en convaincre, chanson ample et énergique de 5 mns où le groupe pose le décor : oui, General Bye Bye joue dans la cour de Blonde Redhead (la voix de Jana n’est d’ailleurs pas étrangère cet état de fait), et oui General Bye Bye sait composer des titres exigeants (les changements de rythmes tout du long) aussi bien qu’évidents (l’intro, accrocheuse comme rarement).

Chantant en anglais, avec cet accent français qui va bien, on sent qu’au-delà du groupe de Kazu, vole sur ce ‘Girouette’ aussi bien les fantômes de Sufjan Stevens (la mélodie clinquante de Les Hautes Solides) que The Magnetic Fields version 2010 (When It’s Gonna Rain), Cornflakes Heroes (Facelift) que Sonic Youth (des passages de Don’t Shoot The Rabbit).

Capable d’écrire des morceaux indie-rock à la greed, que de ralentir le tempo et de mettre en avant de bien belles mélodies (le léger Time is on my side), General Bye Bye fait montre d’un grand talent pour pimenter et relancer chacune de ses chansons - au hasard James Carr, Girouette et l'arrivée d'un kantalé chavirant.

‘Girouette’ est un premier effort ébouriffant. Depuis ma découverte de Greed Recordings, je crois ne pas avoir ne serait ce que trouvé que moyen une seule des sorties de ce label ô combien passionnant (j’ai même revu, et combien, ma position sur le premier album des Action Dead Mouse).
Alors oui, à chaque nouvel album sorti des mains expertes de Greed, je tiens le même discours. Mais je vous assure qu’il est extrêmement sincère. Je ne peux pas faire autrement, les faits sont là.

Je vous laisse seul juge. Mais il m’étonnerait fort que vous puissiez rester insensible aux mélodies nerveuses et inspirées d’un groupe qui s’appelle General Bye Bye mais qu’on aurait plutôt envie d’appeler General Hi Hi tant il semble en avoir sous la pédale. (sortie : 19 mai 2010)

Son :
Myspace (6 chansons de ‘Girouette’ en écoute)
Site officiel

'Girouette', qui sort le 19 mai prochain donc, sera notamment disponible à cette adresse.

Deux morceaux en écoute, et quels morceaux ! Forcément, ouvrons le bal avec Alphabet, premier titre de ‘Girouette’, superbe chanson à l’accroche ravageuse. Et Self-Portrait, qui ferme le disque de manière sublime, les cordes toutes voiles dehors (malheureusement plus en écoute) :

Pour finir, deux vidéos. La première est le clip de Don't Shoot The Rabbit, premier single de 'Girouette'. Une vidéo délirante et complètement affreuse pour une petite fille de 6 ans:




Et la seconde est une vidéo de présentation de
General Bye Bye, en anglais, à l'occasion de leur tournée américaine de l'été prochain. Un US Tour gigantesque de plus de 20 dates, de New-York à La Nouvelle Orléans, de Memphis à Philadelphie, et une vidéo bien sentie:




Dernière chose chose: General Bye Bye est en ce moment même en tournée française (mais aussi européenne). Toutes les dates sont disponibles ici!

lundi 26 avril 2010

[Track of The Day] M.I.A. - Born Free

Dernièrement, un très bon ami me disait que «c'est sympa chez toi, belles découvertes toussa toussa, mais quand même, ça manque de punk»; avant de se remettre à gueuler «I am an anarchistttttttt» (true story).
Prenons à la lettre cet instituteur aimant la bière, la série The Wire et le rock qui tâche, et proposons lui d'hurler à qui mieux-mieux avec le nouveau titre de... M.I.A., l'anglo sri-lankaise à qui l'on doit deux bien beaux albums ('Kala' et 'Arular') et une chanson légendaire, Paper Planes.

Le nouveau morceau s'appelle Born Free et devrait trouver sa place sur le troisième album de M.I.A., à venir fin juin prochain. Une chanson qui s'inspire énormément (pour ne pas dire pompe complètement) de Ghost Rider de Suicide (qui ouvre le premier album - mythique - du groupe new-yorkais).

Mais la voix de M.I.A. fait de ce Born Free une chanson punk et abrasive, le côté post de Suicide en moins. Le mariage entre la rythmique, la musique (amplifiée ici) et sa voix est totalement irrésistible. Et Born Free n'en est que plus aiguisé et agressif.
Peut-être pas de là à hurler «Riot!» à tous les coins de rue. Mais quand même.

Album: unknown
Année: 2010
Label: N.E.E.T

jeudi 22 avril 2010

Aidan Baker - Liminoid ⁄ Lifeforms [Alien8]

Depuis ma dernière chronique sur Aidan Baker ('Fantasma Parastasie' enregistré avec Tim Hecker), celui-ci a enregistré pas moins de… 10 albums. Dix disques en 18 mois! Ce qui porte le total sur l'ensemble de sa carrière à 123 disques!

Ce 'Liminoid/Lifeforms', premier effort solo chez Alien8 (qui avait hébergé trois autres de ses albums collaboratifs), est donc la 124è sortie d'Aidan Baker (en attendant la 125è avec un nouvel album de Nadja).
Un album enregistré à 10 (des membres d'Arc, de Picastro, de Forest City Lovers et Whisper Room sont venus donner un coup de main), qui respire la classe et le touché, et ce tout au long des 67mns qui le compose.

'Liminoid/Lifeforms' est un album à deux facettes. La première correspond à la partie Liminoid, composé de 4 morceaux (Liminoid I à IV) pour un total de 38 mns. Ici, Aidan Baker semble se plonger (même si c'est bien évidemment réducteur) dans une veine post-rock, qui totalement séduisante.
Il y a là des montées délicates et des cordes lointaines qui tentent par tous les moyens de se rapprocher pour donner corps à l'ensemble (Liminoid (Part I)); un travail sur les rythmes (Liminoid (part II)) et une synthèse de tout ca, avec un Liminoid (part IV) qui passe par tous les états (noise, drone, post-rock) tandis qu'une des guests féminines (Laura Bates? Clara Engel?) vient déclamer ici et là ses textes de sa voix, écorchée vive.

La seconde, composé d'un seul et unique morceau de près de 30 mns (Lifeforms), où la musique d'Aidan Baker se fait plus évanescente et ambiante, bercée qu'elle est de drone tout du long. D'ailleurs, on touche là carrément au sublime sur les 10 dernières minutes avec ce violon plaintif qui n'en fait jamais trop et qui au final semblerait pouvoir briser des âmes.

'Liminoid/Lifeforms' est un album superbe, d'une beauté et d'une délicatesse terrifiante. Un 'The Sea Swells a Bit' de 2006, mais avec le violon en guise de maitre d'œuvre.
La musique d'Aidan Baker me rappelle ici - et à plusieurs moments - l'univers du label Constellation, Godspeed You ! Black Emperor en tête. Cette capacité à émouvoir les sens grâce à un sens de la retenue et une facilité en emballer les cœurs, on la retrouve totalement ici.

Et à l'heure où un des plus grands groupes qui soit (Godspeed You ! Black Emperor) annonce son retour sur scène, ce 'Liminoid/Lifeforms' est juste un bonheur total. Et sans fin. (sortie: 9 février 2010)


Son:
Myspace (Un morceau de 'Liminoid/Lifeforms' en écoute)
Site officiel

Vous pouvez vous procurer ce 'Liminoid/Lifeforms' directement sur la page officielle d'Aidan Baker chez Alien8, soit en format digital ($7.99/5.99€), soit en version physique ($12/8.89€), en cliquant ici.

Difficile de mettre deux titres en écoute aujourd'hui tant les compositions d'Aidan Baker sont souvent longues. Et puis 'Liminoid/Lifeforms' n'est composé que de cinq morceaux. Donc un seul et unique titre aujourd'hui en écoute: Liminoid (Part IV). Le tout dure 15 mns, est une composition d'une très grande qualité, d'une cohérence totale, d'une bien grande beauté, aux changements de rythmes réussis (malheureusement plus en écoute).

mardi 20 avril 2010

[Track of The Day] Cloud Cult - Running With The Wolves

Le secret le mieux gardé d'Amérique est de retour! C'est pompeux je sais, mais je le pense tellement que je ne pouvais pas m'empêcher.

Cloud Cult. Le groupe qui a tout pour devenir culte en France, pour peu qu'on aime la pop pleines de mélodies, de retournements de vestes, de changements de directions, aussi bien baroque qu'intimiste.
Cloud Cult, c'est une discographie très objectivement sans faille jusque là, de 'Who Killed Puck?' au dernier 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)', en passant par 'Advice from the Happy Hippopotamus' ou leur chef d'œuvre 'The Meaning of 8'. Rien à jeter, des tubes en pagaille. Et encore, j'en passe.
Cloud Cult, c'est surtout un couple, les Minowa, marqué par la disparition de leur jeune fils il y a des années de ça, et qui chantent, la gorge serrée, des paroles qu'ils semblent lui destiner à chaque morceau.

Preuve en est avec ce nouvel inédit, Running With The Wolves, qui ouvre l'Ep du même nom. Un Ep qui précède de quelques mois la sortie de 'Light Chasers', leur nouvel album à venir en aout prochain.
Running With The Wolves est un modèle de chanson pop. Un titre extrêmement tendu, sur la corde raide, d'une guitare lâchant ses décibels de douleurs pendant que la batterie très présente enfonce le clou.

Ce 'Running With The Wolves Ep' est complété par trois autres chansons, que l'on pouvait déjà retrouver sur une compilation sortie l'an passée, 'Lost Songs from the Lost Years' (dont, une reprise de Tambourine Man de Dylan, dans un très pur esprit Cloud Cult), et qui ne font pas tâche à côté de Running With The Wolves.

Cet Ep est en tout cas une bien belle mise en bouche. On reparlera assurément de leur 'Light Chasers' à sa sortie. Car je vous l'annonce d'ores et déjà, cet album sera beau et grand. Je n'imagine en tout cas pas autre chose.

Album: Running With The Wolves Ep
Année: 2010
Label: Earthology


'Running With The Wolves Ep' est disponible aussi bien en version digitale (pour 3$, soit à peine 2€) sur le site officiel de Cloud Cult, en cliquant ici.

lundi 19 avril 2010

[Track of The Day] Lcd Soundsystem - You Wanted a Hit

La nouvelle pochette de 'This Is Happening', le troisième album de Lcd Soundsystem me rappelle énormément celle de 'Low/Life' de New Order. Je ne sais pas pourquoi, je trouve qu'elles ont vraiment un lien esthétique. De là à imaginer James Murphy se rapprocher de la bande à Peter Hook et Bernard Sumner? A voir.

Ce qui caractérise ce 'This is Happening' c'est surtout son côté extrêmement pop, bien plus que sur les deux premiers albums. Et si cela ne se voit pas forcément dans la durée des morceaux (un seul, sur neuf, de moins de 6 mns!), on le ressent vraiment à l'écoute des chansons.

'This is Happening' sonne aussi bien que ses devanciers (une très grande force du groupe) et les premiers titres qui avaient vu le jour sur le net et qui étaient assez décevants prennent toute leur ampleur à l'écoute de l'album.
Un disque qui reste dans la grande tradition de Lcd Soundsystem, à savoir très dansant, entre rock et beat synthétiques. Et s'il ne possède pas un titre de la force de All My Friends (on ne peut pas pondre un des titres de la décennie tous les matins), 'This is Happening' contient ce qu'il faut quand même pour vibrer et dodeliner de la tête, You Wanted a Hit en tête.

Alors oui, certains ont déjà levé quelques lièvres (Drunk Girls qui pique pompe la mélodie de White light/White Heat du Velvet Underground, All I Want qui a beaucoup du Heroes de Bowie, ce genre de choses). Mais à dire vrai, je n'en ai cure, tant James Murphy et ses Lcd Soundsytem arrivent à me faire rentrer dans leur univers avec une facilité déconcertante.

Bref, 'This is Happening' est un album qui se révèle rapidement indispensable au fil des écoutes. Une bien beau point final à une des aventures musicales les plus passionnantes de ces 15 dernières années, avec You Wanted a Hit en point d'orgue, morceau qui me hante depuis une semaine, et la chanson idéale pour accueillir dans ce monde désormais sans avion la petite Elisa, chtit bouchon de quelques kilos à peine et née cette nuit.

Album: This is Happening
Année: 2010
Label: DFA


'This is Happening' est en écoute complète sur le site officiel de Lcd Soundsytem. Cliquez ici pour vous délecter de la chose.

jeudi 15 avril 2010

The Idyllists - st [Talking Bird]

Ils sont sept. Sept à regarder un rayon de disques, sûrement dans une grande surface. Sept avec des tronches de premiers de la classe, dont le plus à gauche rappelle, ses lunettes sur le nez, un certain Jarvis Cocker. Une filiation possible ?

Oui. Et pas qu'avec Pulp d'ailleurs. Car force est de constater que The Idyllists, à l’écoute de leur second album – éponyme - aime la pop anglaise, et de tous âges, même si elle est chez eux orientée vintage. Joli pour des américains de Los Angeles.

The Idyllists pourrait (devrait ?) être une des sensations du moment. Oh, pas nécessairement (quoique) le groupe de l’année. Mais peut-être celui du printemps. Et surement de l’été.
Et l’indifférence générale (à part chez Mmarsu) dans laquelle est sorti leur ‘The Idyllists’ est à se taper la tête contre les murs.

Car The Idyllists viennent de sortir un disque sacrément addictif, d’une fraicheur incroyable, sautillant, aux mélodies immédiatement mémorisables et, cherry on the muffin, qui contient quelques tubes marquants.

‘The Idyllists’ est un disque qui appelle à lui les fantômes des Kinks, le Bob Dylan de I Want You (Let’s Fly Away), rajoute un zeste de Smiths (et encore plus de Morrissey), sort quelques accords jaunis d’anciennes gloires du rock(abily) de la période 50s/60s (Pacific Coast Highway Blues) et se prend le temps de quelques chansons pour les héritiers des Libertines (Honey Please (Say Goodbye for Me) est, de ce point de vue là, assez évidente).

Circonspect quand j’ai découvert le disque (les groupes pompant allègrement l’imaginaire brit-pop, il en existe des dizaines et la plupart tombent à plat), je dois succombé immédiatement au charme de The Idyllists, à tel point que depuis 2 semaines, cet album est revenu plus que de raisons dans mon lecteur, supprimant en deux mélodies trois bridges les fourmis que je pouvais avoir dans les jambes.

Car sachez le, l’écoute de ce ‘The Idyllists’ est un euphorisant léger et implacable. Le pied qui tape ? Le bras qui bat la mesure ? Les «And I’ll go straight to the empire state» chantés à tue-tête ? Normal. Vous êtes simplement en train d’écouter l’album de pop le plus réussi de l’année jusque là. Celui d’un groupe dont le nom semble hésiter entre idéalisme et stylisme, sacrément sincère. Et à suivre. (sortie : 9 février 2010)


Son :
Myspace (4 chanson de ‘The Idyllists’ en écoute)
Site officiel
Achat (pour l'instant ce 'The Idyllists' est uniquement disponible en mp3)

Ils viennent de sortir un ‘Les Singles Ep’, composé de 5 chansons (deux de leur premier album ‘The Long Hours Between Sunset and Morning’, trois de celui-ci), et disponible gratuitement et légalement sur leur site officiel (en échange d’une adresse e-mail). Cliquez ici!

Deux chansons en écoute. Et attention, quelles chansons ! Empire State, forcément, LE tube de l’album. Et Hello 4th Street, qui clot de facon magistral ce 'The Idyllists' charmant comme tout (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, la vidéo de Great Love Story, une chanson que l’on retrouve sur leur premier album de The Idyllists:


mercredi 14 avril 2010

[Track of The Day] Steve Reid and Kieran Hebden - Morning Prayer


Personne ne le connait mais au final, tout le monde l'a déjà entendu. Que ce soit sur un disque de Fela Kuti, de chez Motown, de James Brown ou de Miles Davies. Il était de partout.

Batteur de jazz talentueux, avant-gardiste, Steve Reid n'avait pas 66 ans depuis 4 mois que le voilà parti pour d'autres aventures.

Et quand on voit le résultat hypnotique et convaincant de son association avec Kieran Hebden (aka Four Tet) pendant 2 ans - et 4 albums, entre déstructuration, expérimental, on se dit qu'il lui en restait pourtant plein de belles à vivre.

mardi 13 avril 2010

Gonjasufi – A Sufi and a Killer [Warp]

Et si c’était lui finalement l’artiste le plus hétéroclite de ces dernières années ? Sumach Ecks (aka Gonjasufi), dreadeux à la voix cassée, et lancinante, presque hésitante, que l’on dit originaire du désert du Mojave ou d’autres univers parallèles, en apporte en tout cas toutes les preuves avec un premier album, ‘A Sufi and a Killer’, attendu et très convaincant.

Signé chez Warp, pas radin en matière de découverte intéressante, Gonjasufi avait attiré l’attention l’an passé avec un premier 7’’ entre nu-soul et électro-organique (son ici et ). Mais cela présageait-il d’un album aussi divers, aussi varié, aux influences innombrables, mariant aussi habilement le rock que la soul, le funk que le folk ou l’électro ? Pas à un seul moment. Et pourtant.

‘A Sufi and a Killer’ est en effet, et pour le coup, un modèle du genre. En s’ouvrant sur des chants traditionnels ((Bharatanatyam)) pour mieux mettre sur orbite un Kobwebz marqué par le sceau du psychédélisme des années 70, qui lui même ouvre une voie royale à un Ancestors aux délicieuses vapeurs hip-hop, l’album annonce d’entrée la couleur.

La suite est du même tonneau : que ce soit avec le poppy orienté folk Sheep (qui n’est pas sans rappeler la musicalité des mangas qui ont bercé mes mercredi après-midi), SuzieQ (garage-rock abrasif à la mélodie qui a ce je ne sais quoi de I Wanna Be Your Dog des Stooges), un Change totalement extatique et lascif, ou un Candylane funk-soulement votre, tout y est, tout y passe. Avec une facilité déconcertante.

Rendant hommage de par son nom à son amour de la fumette, au spirituel et mysticisme, Gonjasufi propose aussi, en tout cas à mes yeux, à un grand voyage dans le monde de la drogue et des hallucinations. Une sorte de trip initiatique rendant compte des effets hallucinogènes d’un champignon qu’on évitera de faire revenir en sauce, d’une taff de gandja, des changements de perceptions dus au LSD et des descentes d’acides. Tout les sillons de ‘A Sufi and a Killer’ transpire la drogue, aussi bien avec ses côtés béats que de spleen et de manque qu’elle peut provoquer.

Plongé dans une marmite de psychédélisme, crédo de l’album – ce aussi bien musicalement que graphiquement -, excellemment produit (on dit merci à Flying Lotus, Gaslamp Killer et Mainframe pour le coup de main), ‘A Sufi and a Killer’ est un disque renversant, d'une facilité d'accès ahurissante et dont la longueur n’est en aucun cas un obstacle (19 titres pour près d’1h de musique, il faut oser. Et Gonjasufi assume haut la main).

Un voyage à travers les âges, la pièce qui nous entoure en perpétuel mouvement, les yeux qui vont dans tous les sens, un sourire béat scotché sur le visage. Une très grand œuvre, assurément une des plus pertinentes, passionnantes et réussies de 2010 avec le ‘There Is Love In You’ de Four Tet. (sortie : le 8 mars 2010)

Pour info, Benjamin, Dragibus, Dr.Javnaire, Ed Loxapac ou Benthom en parlent chez eux.

Son :
Myspace (2 chansons de ‘A Sufi and a Killer’ sont en écoute)

Exceptionnellement, vu la richesse de ce ‘A Sufi and a Killer’, 3 chansons de Gonjasufi en écoute. Un Ancestors orienté hip-hop, un Sheep qui pourrait vous replonger en enfance, dans un monde aux yeux gros comme le poing et la plus belle chanson de l'album, Advice, mené par un piano dépressif (malheureusement plus en écoute).


Histoire de bien faire les choses, voilà un petit player de Warp proposant pleins de petits clips (quatre au total présentant quatre chansons de 'A Sufi and a Killer', toutefois pas dans leur intégralité), présentant parfaitement Gonjasufi et son univers, ainsi qu'une interview et la chanson Kowboyz & Indians, dont il était question dans ces pages il y a quelques semaines de cela.
Le tout en espérant que ca ne plante pas et que la page ne soit pas trop lourde à charger. Sinon, faites moi signe:



lundi 12 avril 2010

[Track of The Day] Janelle Monáe - Tightrope (feat. Big Boi)

Tout n'est question finalement question que de pygmalion quand on réfléchit. Jugez plutôt:
- R Kelly avait lancé Aaliyah - il avait même pris son travail très très à cœur.
- Jay-Z, de son côté, a pris l'ancienne chanteuse des Destiny's Child sous son aile, Beyonce (Crazy In Love, dans le genre tube en or massif), elle qui voulait se lancer dans une carrière solo. Avant de se prendre en main la destinée de Rihanna, avec le succès que l'on sait.

C'est maintenant autour de Big Boi, la moitié d'Outkast de sortir de bois et de présenter Janelle Monáe, plus que charmante demoiselle de 25 ans aux faux airs de Grace Jones. Une jeune femme que je croyais inconnue à mon couvre chef mais qui, après prise d'informations, avait participé au dernier album des américains, 'Idlewild' - peut-être pas le meilleur d'Outkast mais que j'avais personnellement bien aimé.

Janelle Monáe vient de sortir son premier single. Il s'appelle Tightrope et sera sur le premier album officiel (ses sorties précédentes ne l'étaient pas) à venir 'The ArchAndroid'.
Et ô surprise, Janelle Monáe invite Big Boi à chanter sur ce Tightrope. Une chanson entre classic soul, new soul et r'n'b. Un titre très dansant, quasi funky, avec cuivres bien présents et chœurs cheezy. Le tout pour un résultat très enivrant (le clip rajoute au charme de la chanson, voir plus bas).

Une chanson même essentielle en ce début avril: Tightrope est le soupçon de soleil et de chaleur qui manquait à ce début de printemps bien fadasse. En tout cas au mien.

Album: The ArchAndroid
Année: 2010
Label: Atlantic


Et ce Tightrope a également droit à son clip. Classy et drôle cette Janelle Monáe:


vendredi 9 avril 2010

[Track of The Day] Sage Francis - Slow Man

Sage Francis, le rappeur le plus engagé qui soit et au flow incroyable est de retour!

Notre gros barbu quitte Epitath pour se retrouver chez ANTI-. Et pour son nouvel album, 'Li(f)e', monte autour de lui un roster qui fait saliver. Jugez plutôt: Califone, Jason Lytle (feu Grandaddy), Chris Walla (Death Cab for Cutie), Tim Fite, des membres de Calexico, de DeVotchKa, ainsi que Buck 65 et même Yann Tiersen (!). Ses productions passées étaient plus hip-pop qu'hip-hop mais là, Sage Francis fait fort!

Cerise sur le gâteau de ce nouvel album produit par Brian Deck (l'homme derrière des albums comme 'The Moon and Antarctica' de Modest Mouse ou de 'Our Endless Numbered Days' d'Iron & Wine) , on pourra y retrouver une (la dernière?) contribution musicale de Mark Linkous. Au chant ou à l'écriture d'une chanson, cela sera à confirmer.

Histoire d'emballer le tout proprement, Sage Francis convie Shepard Fairey, et le graphiste derrière le "HOPE" d'Obama fait du rappeur une icône christique.

Pour l'instant, un seul morceau est en écoute: Slow Man. Ce titre a été composé par Calexico et enregistré par Califone. Et c'est un pur bonheur. Un Sage Francis calme, tout apaisé qu'il est par le rythme langoureux et l'ambiance chaude du sud qui se dégage de Slow Man.

En tout cas, voilà une sacrée entrée en matière pour un album qui s'annonce alléchant. Réponse le 11 mai prochain.

Album: Li(f)e
Année: 2010
Label: ANTI-


Slow Man, premier extrait de 'Li(f)e' est en téléchargement légal et gratuit sur le site officiel de Sage Francis ici même.

Et comme il sait faire les choses bien le père Francis, il donne même les paroles de ce Slow Man (cliquez ici).

jeudi 8 avril 2010

[Track of The Day] Teenage Fanclub - Baby Lee

J'ai eu un papa qui m'a transmis son amour du football. L'amour de son club de Mascara quand il était tout petiot. Sa passion pour les Verts et leur épopée des années 70. Combien il avait pleuré un soir de juillet 1982.

J'ai eu un papa qui m'a appris à jouer au football, à frapper correctement dans un ballon, à marquer dans un trou de souris, à réussir des reprises de volée.

J'ai eu un papa qui m'a transmis cette joie toute simple - et surement infantile - qu'on peut ressentir en suivant un match de football. A être heureux d'un but magnifique qui vous promet quelques heures de gloire; à se liquéfier de soulagement quand un gardien sort l'arrêt qu'il faut à la 88è minute et vous sauve d'une nouvelle élimination pourtant annoncée.

J'ai un papa qui ce soir avait un sourire jusqu'aux oreilles après la qualification du club de notre aorte pour les demi-finales d'une compétition (bêtement) appelée Ligue des Champions.

Alors oui ce soir, j'aurais aimé vous parler de ce nouveau titre des Teenage Fanclub, groupe mythique s'il en est. J'aurais aimé vous dire combien ce Baby Lee est une chanson belle comme tout, d'une grâce folle. Combien elle promet beaucoup pour leur nouvel album 'Shadows'.

Mais mes pensées de supporters heureux sont plus nombreuses à ce moment précis que celles d'amoureux de musique. Et ce Baby Lee parle de lui-même.
Car oui, que voulez-vous, j''ai eu la chance d'avoir un papa qui m'a transmis sa passion du football...

Album: Shadows
Année: 2010
Label: PeMa

Baby Lee (a priori le premier single de ce nouvel album 'Shadows') est à télécharger gratuitement et légalement sur la page officielle des Teenage Fanclub chez Merge Records (cliquez là) qui distribue l'album en Amérique du Nord.

mardi 6 avril 2010

Net Emergence 'Avril 2010': Phillious Williams, Ann Arbor et Colt Silvers


Après avoir élu les excellents The Captain and Me (je suis à l'heure où j'écris ces lignes en train d'écouter quelques unes de leurs chansons, ce groupe a tout pour lui, c'est fou) le mois dernier, l'utopie musicale imaginée par Valoche est de retour avec l'élection de «L'Artiste Net Emergence Avril 2010».
Une élection au classement final qui, pour une fois, ne rejoint pas totalement mes choix personnels. Il n'empêche, une édition d'avril plutôt de bonne tenue, quelques belles découvertes (j'y reviendrai en fin de papier) et un trio gagnant.




C'est Colt Silvers qui prend la médaille de bronze. Un groupe alsacien, créé en 2008 qui, selon la bio, «élabore un indie-rock généreux, entre éclaircies pop, nappes électro soyeuses et dissonances frétillantes, parsemées ça et là de voix angéliques». J'avoue ne pas avoir réussi à rentrer dans leur univers, selon moi trop confus, brouillon pour être vraiment intéressant. Bref, ca ne me parle pas plus que ca, à un Hot Metal Snakes près (et de haute volée il faut le dire).
Myspace

Et si Ann Arbor, petite ville du Michigan aux États-Unis, allait connaitre un début de célébrité grâce à un quintette belge? Pour l'instant non signé, Ann Arbor, mené par la jolie voix de Véronique Jacquemein, en a en tout cas le potentiel. Oh, pas celui de devenir un groupe incontournable, immense, vendant des disques comme d'autres vendent des Ipad. Mais quand même.
Gros coup de cœur personnel de la sélection, Ann Arbor me parle beaucoup. Alors oui, c'est peut-être déjà vu ou déjà entendu, mais mince: c'est beau, bien orchestré, avec cette voix un brin rocailleuse et vraiment touchante. Une sorte de Tom McRae (époque premier album), version femina. Les deux chansons sur leur myspace sont une grande réussite.
Myspace



La médaille d'or revient, et ce largement au niveau des voix, à Phillious Williams, anglais à la tronche de Bruce Willis. Il définit sa musique comme du «UK Heavy Western» et on comprend mieux ce qu'il veut dire quand on écoute ses chansons.
Si on devait définir sa musique, ça se rapprocherait d'un Calexico bluesy-rock très mélancolique. Notre homme a dans sa besace quelques belles compositions (The Mexican Lesbians, Oh My Old Love). Pas révolutionnaire, pas dément, Phillious Williams mériterait aussi d'être mieux enregistré. Mais au final, jolie découverte. Il y a du talent ici, pour sur.
Myspace
(crédit photo: Gary Keenan)



Avant de finir, petit retour sur 2 groupes qui m'ont bien plu dans cette sélection du mois d'avril de Net Emergence: [mue] et Nine'O'Nine.
Pour [mue], quand j'ai lu la rapide bio du groupe sur la page de présentation de la sélection, j'ai eu peur. «Trip-hop». Les mots sont lâchés. Le genre très casse-gueule et confinant la plupart du temps à un ennui le plus total.
Et puis au final, non. Belle surprise. Pas si trip-hop que ça, basé sur un piano et duo voix dont celle de la fille rappelle celle de Macy Gray. Bien emmené, bien composé et, c'est le principal, pas lounge (donc chiant) pour un sou.
Myspace
(crédit photo: René Maury)



Quant aux Nine'O'Nine, ils proposent un mélange de garage sonnant très sixties et de rock old-school (début 1960). Et on sent chez eux que 1) ils ont écouté beaucoup de bien bonnes choses et que 2) ils ont pas mal taffé pour sortir des compositions avec ce son vintage qui va bien.
Myspace
(crédit photo: charlex.deviantart.com)



Au final, un podium que je n'approuve pas totalement mais une sélection qui aura permis quelques jolies découvertes. Et c'est bien là la principal.
Il ne vous reste donc plus qu'à vous jeter sur les myspace du trio de tête (surtout Ann Arbor, j'insiste) et visiter la page de la sélection d'avril ici même.

La page de sélection pour «L'Artiste Net Emergence Mai 2010» devrait être en ligne mercredi ou jeudi, à cette adresse: http://www.net-emergence.org/

A vous de faire vivre cette belle utopie musicale par vos écoutes, vos commentaires, vos votes sur la page du site; ou même en proposant un groupe.

lundi 5 avril 2010

[Track of The Day] K's Choice - Come Live The Life

C'était les années 90, la pop et le rock avaient des tickets d'entrées sur toutes les radios, ou presque, de la bande FM. Skyrock s'appelait Skyrock à raison, Fun Radio enchainait Soundgarden, Nirvana, Rage Against The Machine et The Presidents of The United States le plus logiquement du monde.

Parmi ces nombreux titres qui tournaient en boucle à l'époque, le I'm Not An Addict des belges de K's Choice avait eu sa grande heure de gloire. Oui, ne mentez pas: vous aussi, vous avez un jour ou l'autre fredonné le «hum hum hum hum» le plus célèbre de l'histoire de la pop, juste devant celui des Crash Test Dummies.

Le succès commercial de K's Choice s'était arrêté à cette chanson. Dommage car le meilleur restait à venir. 'Cocoon Crash' fait partie de ces beaux disques qui vous accompagnent un été, puis un automne et même tout un hiver avant de revenir régulièrement comme une belle madeleine adolescente. Un album qui présente un groupe en état de grâce et qui a plus d'une mélodies sous la pédales (quand même, Butterfly Instead quoi).

Un album (avec quelques jolis moments) et un live (affreux) plus tard, le groupe avait décidé de mettre un terme à une belle aventure, laissant Sarah Bettens tenter sa chance en solo, pour un résultat bien mitigé.

Ceci expliquant cela, K's Choice, un peu à la surprise générale, revient aux affaire et remet le couvert avec 'Echo Mountain', affublé comme il se doit d'une pochette hideuse, histoire de rester dans le ton de leurs précédents artworks.

'Echo Mountain' est un double album. Mais pas de panique: c'est juste une envie artistique qu'un trop plein de chanson. La preuve, le disque 1 et ses chansons pop enlevées dure 25 mns et le disque 2, rempli de balades plus légères et/ou sombres ne dépasse pas les 27 mns.

Autant vous le dire tout de suite, cet 'Echo Mountain' n'est pas formidable. Mais pas indigent non plus. La partie 2 est d'ailleurs de bien meilleure tenue, leurs mélodies ressortant mieux avec une production plus discrète et pas appliquée au marteau piqueur.

Alors oui, K's Choice n'est pas le groupe d'une vie. Mais il reste un de ceux qui la traversent. Leur nouvel album n'est pas formidable? J'opine du chef. Mais il reste assez de jolies mélodies à picorer (comme ce Come Live The Life, pas ébouriffant mais franchement charmant) pour que cela suffise à mon bonheur.

Album: Echo Mountain
Année: 2010
Label: Sony



Et le clip de Come Live The Life, premier single official d''Echo Mountain', le quatrième album de K's Choice:


vendredi 2 avril 2010

[Track of The Day] Pantha du Prince - Stick to My Side (Four Tet Remix)

Un jour peut-être - et pas dans une lointaine galaxie-, Four Tet prendra à part Pantha du Prince, donnera un coup de mentholine, respirera un bon coup, se tournera vers l'auteur se tournera vers l'auteur de 'Black Noise' et lui dira «Pantha, ssshhhhh, je suis ton père, ssshhhhh».

Il faut dire qu'il y a une filiation certaine entre l'auteur de l'album de l'année avec 'There Is Love In You' et Pantha du Prince. Cette façon avec un rien de faire changer le coup d'un morceau, cette vision très lumineuse de faire évoluer ses morceaux, ce côté très organique aussi.

Rien de plus normal donc que Four Tet soit chargé de remixer un des morceaux tirés de 'Black Noise', le dernier album en date de Pantha du Prince. Qui plus est quand ce morceau accueille à l'origine Panda Bear.

Ce titre s'appelle Stick to My Side. Dans sa version originale, si elle garde un certain rythme, elle reste dans un univers vaporeux et léger. Four Tet transforme le tout, lui fait perdre plus d'une minute et en fait, de par une mélodie répétitive et implacable, un titre presque dansant.

Nouvelle grande réussite qui prouve que 2010 sera Four Tet-ienne ou ne sera pas. Et qu'une rencontre Four Tet/Panda Bear en studio vaudrait surement le détour.

Album: Stick to My Side 12"
Année: 2010
Label: Rough Trade

jeudi 1 avril 2010

[Track of The Day] The Drums - Best Friend

Ces gens là ont bon gout. Quand on va sur le Twitter des Drums, s'ils sont suivis par plus de 1000 personnes, ils suivent de leur côté uniquement l'actualité de… 3 comptes. Et parmi ceux-ci, il y a celui des écossais de Camera Obscura. Preuve s'il en est que le quatuor New-Yorkais a autant la classe quand il compose des chansons que quand il aime des groupes.

Au-delà de cette considération un brin geekesque j'en conviens, c'est surtout les deux nouvelles suivantes qui sont à prendre avec beaucoup de plaisir. Présenté comme la type de 2010 dès… le milieu de 2009 par un 'Summertime Ep' enthousiasmant au possible, The Drums arrive à l'orée de l'été prochain avec un premier album, éponyme.

Mais surtout, et vu qu'il faut bien faire monter la sauce doucement mais surement, le groupe vient de sortir (c'était hier) un premier Ep de trois titres, dominé par la chanson Best Friend, dont la sortie porte le nom, que l'on avait déjà croisé sur un Ep non-officiel, 'The Drums Ep', l'an passé.

Ce Best Friend est dans la lignée du premier Ep (officiel) de The Drums - cependant moins solaire que pouvaient d'être quelques titres -, à la musicalité Factory Records marquée et New Order - avec l'esprit de Joy Division - comme inspiration principale. Plus pesant certes (les paroles y sont pour beaucoup: "You're my best friend // But then you died // When I was 23 and you were 25 // You're my best friend // But then you died // And how will I survive, survive?") mais toujours aussi fameux.

Album: Best Friend Ep
Année: 2009
Label: Island

Le clip de Best Friend de The Drums: