lundi 31 mai 2010

[Track of The Day] Kanye West - Power (feat. Dwele)

Après être tombé dans un blingbling musical piteux en s'acoquinant avec Daft Punk ou Chris Martin pour un 'Graduation' désastreux, après avoir fait de l'autotune sa ligne de conduite sur '808s & Heartbreak' (un disque qui aura divisé. Pour ma part je lui trouve un certain charme), après s'être couvert de ridicule aux MTV Music Awards en défendant un clip de Beyonce, voilà donc Kanye West de retour. Qu'on espère apaisé depuis ses dernières déboires.

Au menu de ce 'Good Ass Job', cinquième album de l'égocentrique Kanye West, essentiellement des rumeurs. On parle de la présence de DJ Premier, Pete Rock, Q-Tip ou RZA. Bref, du beau monde sur le papier. A voir si tout ceci va se concrétiser.

Ce qui est sûr néanmoins, c'est que Kanye West semble avoir retrouvé la forme. La preuve avec ce premier extrait, Power (où vient featurer la voix du soul-boy Dwele), qui sample un passage de 21st Century Schizoid Man de King Crimson, la chanson qui ouvre le premier album du groupe, 'In The Court of Crimson King'.

Power est une grande réussite, aux clappings et au rythme entêtant. Une chanson qui annonce le meilleur pour la suite. Un retour vers 'The College Dropout' ou 'Late Registration'? Tout le mal qu'on peut souhaiter à Kanye West tant ces 2 disques sont indispensables - ou presque. 

Album: Good Ass Job 
Année: 2010 
Label: Def Jam

vendredi 28 mai 2010

[Track of The Day] Madvillain - Papermill

Ils ont du être en rade de beuh. Ou alors ils sont tombés sur de mauvais plants. C'est pas possible autrement. Car non, vous ne rêvez pas, Madlib et Doom se sont remis au boulot! Et Madvillain est à nouveau sur les rails! Incroyable!

Certes, Madlib avait su faire patienter son monde de fort belle façon en 2008 en remixant son propre album (un vrai must-have, voir ici). Mais rien ne vaut de nouvelles tracks de la part du duo Madlib/Doom, auteur de 'Madvillainy' en 2004, concept album au melting pot, à la production et au flow renversants, et meilleur album hip-hop de la décennie qui vient de se terminer.

Premier morceau à voir le jour, Papermill. Une chanson qui s'éloigne du Madvillain d'origine pour mieux se rapprocher de ce que Madlib avait pu retravailler il y a deux ans. Un Papermill court sur pattes (moins de 2mns) mais fortement prometteur, à base de soul-funk, comme Madlib les aime.

Alors oui, rien n'est fait et Stones Throw fait tout pour modérer l'enthousiasme des amoureux du premier album: «Papermill is the first release from the new Madvillain album which Doom & Madlib began recording in 2009. The album is currently a work-in-progress and will be released on Stones Throw Records». Mais même si cet album ne verra peut-être le jour qu'au printemps 2011, je ne peux m'empêcher de me dire: enfin! 

Album: unknown 
Année: 2010 
Label: Stones Throw 

Papermill est disponible gratuitement et légalement grâce à Adult Swim qui offre ce nouveau titre de Madvillain sur une page spéciale. Cliquez ici!

jeudi 27 mai 2010

[Track of The Day] Arcade Fire - The Suburbs

Alors oui Valbuena a marqué son premier but en bleus pour sa première titularisation et la France semble partie sur de bonnes bases. Alors oui, Jack, Sawyer et les autres nous ont dit au-revoir. Alors oui on va (tenter de) travailler encore plus pour toucher encore moins. Certes.
Mais la nouvelle de cette fin du mois de mai, c'est quand même premièrement l'annonce du retour d'Arcade Fire - à la rentrée prochaine - et deuxièmement les deux premières chansons qui ont vu le jour sur le net depuis hier soir, 21h.

Elles sont donc deux: Month of May et The Suburbs. La première est une chanson rock aux atours stoner. La seconde (et en écoute aujourd'hui) est un titre pop, un brin psychédélique et qui me rappelle beaucoup The Sleepy Jackson (This Day ou surtout Rain Falls For Wind). Bref, deux titres qui perdent en emphase, en envolées lyriques et qui s'éloignent un peu de ce que proposait Arcade Fire jusque là.

Après avoir posté une version webrip radio très loin d'être exceptionnelle mais promettant beaucoup hier, la version en ligne maintenant là tout de suite, est de très haute tenue. Et cette nouvelle chanson d'Arcade Fire The Suburbs n'en prend que plus d'ampleur. 

Album: The Suburbs/Month of May 12″ 
Année: 2010 
Label: Merge

mercredi 26 mai 2010

[Track of The Day] RIEN - Masterkraft

Après Robyn, c'est au tour de RIEN d'annoncer, d'un coup d'un seul, la sortie de trois albums. Trois Eps, intitulés '3', '2' et '1'. La différence avec la suédoise, c'est que ces trois disques sortiront entre aujourd'hui ('3') et 2014 ('1'), date de la fin du groupe - selon le site de l'Amicale Underground.

Y aura t-il autre un album ou deux entre temps? Nul ne le sait. Alors ne boudons pas notre plaisir et jetons nous à corps perdus dans ces 4 nouveaux titres pondus par RIEN, le collectif grenoblois auteur jusque là d'un joli sans-faute avec deux albums impressionnants de maturité.

'3', en 25 mns, continue de tracer sa voie (lactée ici) dans cette veine là, un mélange de rock, qu'il soit post, math ou prog, les guitares toutes voiles dehors. Et certains passages sont ici carrément vertigineux (la fin de Masterkraft, l'arrivée de la guitare sur The Sun is Always Right).

Comme d'habitude, un soin particulier a été apporté au son. Car chez RIEN, à ce niveau là aussi, c'est du grand art. La production est léchée et ne fait pas dans la demi-mesure. Ici tout est carré, tout est maitrisé et chaque morceau recèle de petits détails, de petits sons qui arrivent pour mieux disparaitre, donnant un vrai corps et une vraie ambiance à l'ensemble, très futuriste et spatiale - un sentiment appuyée par une pochette constellaire).

Un disque à écouter. Et fort. Histoire de commencer dignement ce compte à rebours qui semble désormais inéluctable. 

Album: 3 
Année: 2010 
Label: Amicale Underground

Vous pouvez vous procurer cet Ep '3' en fichiers numériques gratuitement sur le site de l'Amicale Underground en cliquant ici.
Ceci dit, c'est encore mieux de se procurer en version physique le tout et pour 10€, en allant ici.

mardi 25 mai 2010

[Track of The Day] Johnny Cash - Redemption Day (Sheryl Crow cover)

Seize ans après avoir débuté ses 'American Recordings' debout entre ses deux chiens, le dos à un champ, puis avoir symbolisé par des pochettes de plus en plus sombres l'arrivée de la grande faucheuse, l'histoire discographique de Johnny Cash se termine donc dans un sourire: le sien, gamin aux grandes oreilles qu'il était, et aux dents proposant du bonheur à tout l'état de l'Arkansas.

Enregistrées durant les sessions d''American V: A Hundred Highways', quelques semaines avant la mort de Johnny Cash, les 10 chansons de ce 'American Recordings VI: Ain't No Grave' sont un bien beau point final à une aventure discographique passionnante - et objectivement sans défaut -, menée par Rick Rubin (qu'il soit sanctifié) et qui aura donné un véritable second souffle à l'homme en noir.

Certains arguent aujourd'hui du fait qu'on fait là les fonds de tiroir, que tels de vulgaires Mary Guibert (la mère de Jeff Buckley qui fait passer les ayant-droits de Jimi Hendrix pour de gentils philanthropes) Rick Rubin et consorts ne font que dépecer encore et encore le corps plus très chaud de Johnny Cash.

Critique assez vaine tant l'univers du maître a été respecté et tant la qualité des enregistrements reste de haute tenue. Car comment ne pas frémir à l'écoute de Ain't No Grave (a priori, la dernière chanson enregistrée par Johnny Cash) et de cette voix, pleine de douleur et arrivée au bout de la route ?
Comment ne pas frissonner à l'écoute de la reprise de Redemption Day de Sheryl Crow, sublimée comme le fut en son temps le One de U2?
Comment ne pas avoir les yeux qui se mouillent et sourire dans le même temps au joli clin d'œil de l'histoire avec Aloha Oe, la chanson qui clôt ce 'American Recordings VI: Ain't No Grave', chant hawaïen enregistré en 1961 par Elvis Presley? Difficile pour ma part.

On dit souvent que les héros ne meurent jamais. Et Johnny Cash, avec la fin de la boucle, ses 6 albums et un coffret essentiel, ne sera pas l'exception qui confirmera la règle. 

Album: American Recordings VI: Ain't No Grave 
Année: 2010 
Label: American Recordings

lundi 24 mai 2010

[Track of The Day] Robyn - None Of Dem (feat. Röyksopp)

Quand certaines personnes dans mon entourage vont écouter cette chanson, nul doute qu'ils vont me gausser, se moquer. Il faut dire que les Annie, Ladyhawke et autres Britney Spears ne sont pas franchement leur tasse de thé, sauf dans des conditions bien particulières (incluant une forte dose d'alcool et une heure très tardive). Mais que voulez-vous, quand on aime ces gens là, on passe outre!

Car, ces demoiselles ont un talent dingue. Dernière en date, Robyn de retour après un intermède discographique de cinq ans tout rond. Et quel retour! La blonde suédoise annonce pas moins d'ici la fin de l'année 3 albums, le premier devant voir le jour le 7 juin prochain; les autres devant nous arriver à la fin de l'été et dans le courant de l'automne.

La question étant de savoir si Robyn serait capable de sortir un autre gros tube à la With Every Heartbeat sur 'Body Talk Pt. 1'. Car cinq ans, c'est long. Oui. Mais au final c'est bon.

Parce que la belle est tout sauf rouillée. Une fois de plus, elle a su s'entourer (Diplo , Röyksopp) et préparer un dancefloor qui n'attendait que ca. Car les Don't Fucking Tell Me What to Do, Dancing On My Own et autres None of Dem, sentent la transpiration et les ambiances moites de l'été. Et peu de chances qu'elle dise la vérité quand elle balance «I keep dancin' on my own». Impossible.

Bref, Robyn en 2010 c'est aussi bon qu'avant, avec grosse production et tubes en pagailles. Parfait pour fêter un lundi de pentecôte et l'arrivée dans sa quatrième décennie d'une marmotte aussi grenobloise que jurassienne désormais. 

Album: Body Talk Pt. 1 
Année: 2010 
Label: Konichiwa

jeudi 20 mai 2010

Jeremy Messersmith - The Reluctant Graveyard [unsigned]

Je ne sais pas si vous avez eu une playstation il y a une dizaine d'années de cela. Je ne sais pas si vous vous souvenez d'un jeu en particulier, MediEvil où l'histoire d'un chevalier squelette prêt à se venger de sa mort trop rapide sur un champ de bataille, et se baladant plus que de raisons dans des cimetières vides.

Hé bien la pochette de 'The Reluctant Graveyard', mêlée à l'univers de Tim Burton (L'Étrange Noël de Monsieur Jack, forcément), me rappelle l'ambiance de ce jeu là.

Ceci posé, rien de funeste, de basse qui fout des frissons ou de voix venues d'outre-tombe sur ce troisième et nouvel album de Jeremy Messersmith - artiste américain qui m'avait particulièrement touché il y a 2 ans avec son très joli 'The Silver City'-. En tout cas de prime abord.

Car ici, musicalement parlant, Jeremy Messersmith fait dans la pop de qualité et bien ouvragée, haussant le niveau pourtant déjà élevé de son album précédent.
Toujours très (très très!) influencé par les Beatles - certaines mélodies se rapprochent indéniablement de certaines compositions des Fab 4 (au hasard Eleanor Rigby sur John The Determinist)-, Jeremy Messersmith rappelle surtout Elliott Smith (vous me direz quoi de plus normal quand on sait que l'auteur de 'Roman Candle' puisait son inspiration du côté de Liverpool) dans la façon d'appréhender ses compositions.
Ajoutez à cela un peu de Beach Boys (Violet) par-ci, un peu de Sufjan Stevens (A Girl, A Boy And A Graveyard) par là voire du Venus époque 'Vertigone' (John The Determinist) et le compte est bon.

C'est en fouillant un peu que 'The Reluctant Graveyard' et sa pochette justifient leur titre. Aussi bien au niveau des titres (Toussaint Grey, First In Life And Death, Organ Donnor, Deathbed Salesman) que des paroles (Repo Man: «Fourteen years I was sober // I worked hard for my pay // Left my tithe at the altar // Closed my eyes when I prayed // But I'm the repo man and nobody weeps for me») des chansons de l'album, ici tout respire le desespoir et la tristesse, portés par la voix d'un Jeremy Messersmith toujours très fin dans son interprétation et n'en rajoutant jamais dans le pathos - quand il n'en prend pas justement le contre pied.

'The Reluctant Graveyard' n'est pas un album long (moins de 35 mns). Mais quel délice! Quel plaisir d'écouter les compositions de Jeremy Messersmith, ses arrangements, entre cordes, guitare électrique, piano et harmonica, toujours délicats!
Et au fur et à mesure que les écoutes passent, 'The Reluctant Graveyard' rentre dans cette catégorie de disques qui nous rendent tous schizophrène. Une catégorie où l'envie de partager son bonheur du moment au plus grand nombre se dispute avec l'envie de le garder pour soit. (Sortie: 4 mai 2010)


Son:
Myspace (2 chansons de 'The Reluctant Graveyard' en écoute)
Site officiel


On peut télécharger, pour le prix de son choix, ce 'The Reluctant Graveyard' sur le site officiel de Jeremy Messersmith. A vous de voir, mais l'investissement (le son est en qualité 320k, flac, etc) vaut largement le coup; et puis soutenir des artistes non-signés de cet acabit là, franchement, ça n'a pas de prix. Cliquez ici!
Vous pouvez aussi vous procurer 'The Reluctant Graveyard' (ainsi que les 2 précédents albums), toujours sur le site officiel de Jeremy Messersmith, pour 10$ (environ 8€) en cliquant ici.

Deux chansons en écoute, pour tenter de vous donner envie de vous saouler de la pop de
Jeremy Messersmith all day long. Knots, énergique et mené par un piano lumineux. Et surtout, John The Determinist, entre le Eleanor Rigby des Beatles et les compositions de belges de Venus, sommet de ce 'The Reluctant Graveyard' (malheureusement plus en écoute).

mardi 18 mai 2010

The Bamboos – 4 [Tru-Thoughts]

Ca y est! Tant bien que mal, on y arrive : les saintes glaces sont bientôt terminées, le temps hivernal a décidé de rendre les armes après une bien belle bataille. Sortons donc le soleil et la chaleur et remisons la pluie et les écharpes au placard. Et fêtons ca dignement avec ‘4’, le bien nommé quatrième album de The Bamboos, groupe australien naviguant dans les eaux tout sauf troubles du funk et de la soul.

Un groupe qui m’était totalement inconnu jusqu’à il y a quelques semaines mais qui revient très régulièrement dans mes oreilles depuis lors. Originaire de Melbourne, The Bamboos aligne, dans un déluge de cuivres, des titres aussi bien uniquement instrumentaux que chantés par la belle voix de Kylie (toutes les chanteuses australiennes s’appellent Kylie ou quoi ?) Auldist.

A l’écoute de ce ‘4’, on navigue ici entre le Otis Redding live reprenant les Stones et de la soul plus classique. Tirant son inspiration de décennies cultes pour le genre, The Bamboos en profite même pour rendre un hommage aux Beatles avec Up On The Hill et sa cithare aiguisée.
Mieux, avec Like Tears In Rain, The Bamboos composent une chanson qui n’aurait pas fait tâche sur les compilations 'Motown Dance Party', tant son rythme est une euphorique invitation à la danse (voir plus bas).

Un bémol toutefois : des chansons instrumentales souvent très longues et mal placées et qui peuvent, les jours où l’on sera un peu chafouin, plomber l’ambiance. Car le reste du temps, l’adhésion à la musique de The Bamboos est finalement assez irrémédiable.
Lors de la chronique de l’album chez Maarsu, Thierry de Jazz, Blues & Co se posait des questions quant à la longévité du disque. Qu’il se rassure : en des périodes comme celle là, celle-ci semble être infinie. (sortie: 22 mars 2010)

Son :
Myspace (pas moins de 7 chansons de ‘4’ en écoute)
Site officiel

Deux chansons tirée de ce ‘4’. Le funky King Cross et le très Motown Like Tears in Rain (malheureusement plus en écoute).


Et pour finir le premier clip de ce nouvel album des Bamboos, You Ain’t No Good:



lundi 17 mai 2010

[Track of The Day] Against Me! - I Was a Teenage Anarchist

On prend les mêmes et on recommence. Après avoir débouché pas mal d'oreilles avec un 'New-Wave' en rien novateur mais vraiment efficace, les Against Me! a repris le chemin du studio avec Butch Vig, pour un 'White Crosses' qui continue sur la même lancée.

Le quatuor originaire de Floride, mené par Tom Gabel, propose à nouveau ici du rock-o-punk, que d'aucuns qualifieront de FM (toutes les chansons sont calibrées radio), qui va droit au but sans passer par des chemins de traverses.
En 36 mns tout pile, Against Me! fait pleuvoir sur 'White Crosses' des hymnes (I Was a Teenage Anarchist, Because of The Shame pour ne citer qu'eux) d'une efficacité redoutable et se permet même de rappeler même le temps de High Pressure Low (sur quelques mesures) The Smiths - la classe en moins, cela va sans dire.

Moins inspiré que 'New-Wave', ce nouvel album des Against Me! tient plutôt bien la route pour peu qu'on aime ce genre de chansons énergiques, bas du front, rapidement mémorisables, qui n'inventent rien, mais qui font du bien par où elles passent. Bref, un 'White Crosses' aussi peu mémorable que diablement efficace. 

Album: White Crosses 
Année: 2010 
Label: Sire

mardi 11 mai 2010

Roky Erickson with Okkervil River - True Love Cast Out All Evil [ANTI-]

Quand on y réfléchit un peu, on se demande encore souvent comment certains artistes des années 60 sont encore là, aujourd'hui, ne serait-ce que vivants, tant ils ont avalé de drogues, tant ils ont ingurgité de substances hallucinogènes, tant ils sont passés à un cheveu du trépas et y ont échappé par on ne sait quel miracle. Tous les David Bowie, Iggy Pop, Bob Dylan, Keith Richards.

Roky Erickson est de ceux-là. Ancien chanteur et guitariste des 13th Floor Elevators, auteur de leur plus grand tube You're Gonna Miss Me, Roky Erickson aura traversé plusieurs décennies en feintant comme un roi pour s'en sortir et être encore là en 2010.

Car oui, 42 ans après la dissolution des 13th Floor Elevators, Roky Erickson est toujours vivant. Si vivant qu'il a enregistré un nouvel album ('True Love Cast Out all Evil', le premier en 15 ans) et qu'il s'est adjoint pour l'occasion les services d'Okkervil River pour former son backing-band.

Cet album de Roky Erickson est une jolie surprise. Peut-être pas énormément plus, mais certainement pas moins. Car si l'on retrouve, certes, quelques titres dispensables ici et là, au final ses compositions se tiennent et le tout, alternant chansons folk/country-folk et morceaux folk-rock ou carrément rock, emporte assez largement l'adhésion

Alors effectivement, pour aimer ce 'True Love Cast Out all Evil', il faut aimer Okkervil River. Que l'album soit signé sous le nom de Roky Erickson with Okkervil River n'est évidemment pas innocent.
Ainsi si l'on est réfractaire aux mélodies chaloupées, aux cuivres impromptus, ou à l'americana enlevée des américains, il vaudra mieux passer son tour tant la patte d'Okkervil River est omniprésente tout au long de l'album. Sinon, nul doute que l'on tombera sous le charme de 'True Love Cast Out all Evil'.

La voix est belle, même si elle a énormément perdu de sa vigueur, la mélancolie accrochée à chacune de ses cordes vocales et de ses compositions, compositions solides par ailleurs et plus que jamais bien mises en valeur par une production efficace mais jamais clinquante.

A l'écoute de ce 'True Love Cast Out all Evil' et à la vue de la pochette, je ne peux m'empêcher de penser à la collaboration Johnny Cash/Rick Rubin. Et je vois cet album comme une sorte de main tendue de Will Sheff et de ses Okkervil River vers une des icônes américaines du rock des années 60, persuadés qu'ils sont qu'il y a encore de chouettes mélodies et compositions à sortir du cerveau longtemps malade de Roky Erickson.
Il est évident que Roky Erickson n'aura jamais l'aura que possédait - et possède encore - Johnny Cash. Mais au final, la démarche des Okkervil River découle de la même idée, quelle soit consciente ou inconsciente. (sortie: 19 avril 2010)

Le Mmarsu et Christophe parle, en des termes très élogieux, de ce 'True Love Cast Out All Evil'.


Son:
Myspace (Aucune chanson de ce 'True Love Cast Out all Evil' en écoute)
Site officiel

On peut télécharger gratuitement (mais toujours contre une adresse e-mail) Goodbye Sweet Dreams, une des chansons de 'True Love Cast Out all Evil', en allant directement sur le site de l'album, ici.


Deux chansons en écoute. Goodbye Sweet Dreams, premier single et tube potentiel, et Be And Bring Me Home, balade bluesy-folk de haute volée (malheureusement plus en écoute) :

Et pour finir, un entretien sympa entre Roky Erickson et Will Sheff, tête de proue d'Okkervil River :




vendredi 7 mai 2010

[Track of The Day] Pavement - Carrot Rope

Vu qu'ils font partie des cinq groupes les plus importants de ma vie, vu que je vais enfin les voir en concert ce soir (viendez, il reste des places), même à l'occasion d'une reformation, vu que c'est un des rares groupes à avoir un discographie parfaite (cinq albums cinq étoiles au compteur), un petit classique de Pavement pour finir la semaine. Avec Carrot Rope, dernière chanson de 'Terror Twilight', leur ultime album.


Album: Terror Twilight 
Année: 1999
Label: Matador

Et le clip qui va bien avec:


jeudi 6 mai 2010

[Track of The Day] Wolf Parade - Ghost Pressure

Après Saragosse en 2008, Shanghai cette année, c'est Yeosu en Corée du Sud qui accueillera la prochaine Exposition Universelle. La quoi? Mais si, vous savez bien, ce grand raout mondial organisé - tout sauf à intervalles réguliers - depuis le milieu du XIXè siècle, dont le but était, je cite «d'être une vitrine technologique et industrielle des participants, témoignant du progrès au cours de la révolution industrielle».

Pendant longtemps, ces expositions universelles ont été des moments forts de la vie de pays, allant même jusqu'à lui créer de vrais symboles (La Tour Eiffel, la Biosphère de Montréal). Mais aujourd'hui, qui s'en soucie encore?

Et bien, au moins une personne: Spencer Krugg, une des deux têtes pensantes de Wolf Parade, dont le dernier - et troisième - album en date s'intitulera 'Expo 86', en hommage à l'Exposition Universelle de Vancouver en 1986, qui l'avait beaucoup marqué à l'époque, lui qui n'était alors âgé que de 9 ans.

Au-delà de cette anecdote, le retour des canadiens de Wolf Parade est une aubaine et une nouvelle de plus qui fait rentrer cette année 2010 dans une sacrée dimension.
Il faut dire que leur 'At Mount Zoomer' m'avait totalement secoué voilà deux ans, porté qu'il était par des titres fabuleux guidés par un Kissing The Beehives dont je me délecte encore très régulièrement.

Dan Boeckner a donc laissé le temps de quelques mois sa femme et ses Handsome Furs de côté, Spencer Krugg ses projets parallèles - pour la plupart assez dispensables, et les deux compères se sont attelés à la tâche.

Si le résultat sera disponible officiellement le 29 juin prochain, le groupe et Sub Pop ont révélé deux premières chansons: What Did My Lover Say? (It Always Had to Go This Way), classique mais réussie chanson «à la sauce Wolf Parade», et surtout Ghost Pressure (où la patte de Dan Boeckner se fait sentir), avec mise en orbite du synthé.

Et pour l'instant, en tout cas chez moi, l'indie-rock débraillé, l'indie-pop et le prog-rock cheap mais chic des Wolf Parade continue de faire mouche. Instantanément. 

Album: Expo 86 
Année: 2010 
Label: Sub Pop

Vous pouvez vous procurer ces deux premières chansons de 'Expo 86' en allant directement sur la page des Wolf Parade chez Sub Pop, en cliquant ici.

mardi 4 mai 2010

Net Emergence 'Mai 2010': Roger Moll's, Electric Electric et Brice et sa Pute


Parfois, on s'esbaudit devant la programmation d'un festival, qu'il soit musical ou de cinéma. On s'exclame, on acclame des choix artistiques intéressants (ceux des prochaines Nuits Sonores par exemple). Et puis parfois on s'étonne et on critique une sélection qui ne répond pas à nos attentes.

Pour l'édition de mai de Net Emergence, c'est la deuxième option qui prévaut. Car n'y allons pas par quatre chemins: la dernière sélection de ce joli projet mené par Valery n'est pas au niveau de ces devancières, en tout cas à mes yeux. Pas de vrais coups de cœurs, peu de découvertes intéressantes. Il fallait bien que cela arrive après quelques mois impeccables.

Après avoir mis de côté les quelques groupes ayant déjà pignon sur rien et une certaine notoriété (au premier rang desquels les excellents RIEN), trois noms sont toutefois ressortis du vote final. Pas forcément de quoi renverser les foules certes, mais trois groupes qui méritent quand même une mise en lumière, dont une égalité tout en haut du classement.

Brice et sa Pute ont beau être lyonnais, ont beau tourner énormément dans la région, je n'avais pas encore eu l'occasion de mettre une oreille sur leurs compositions.
Se présentant comme un duo choc punk minimaliste, Brice et sa Pute (lui à la musique, elle au chant), a quelques titres bien sentis à prendre dans les gencives (au premier rang desquels Supervice). Si je reste assez circonspect à l'écoute de leurs morceaux live disponibles sur leur myspace, leurs chansons studios tiennent bien la route.
De mon point de vue, rien de transcendant au final (leur musique manque de coffre au bout d'un moment) mais quelques moments bien sympathiques.
Myspace


Ce sont Electric Electric et Roger Moll's qui se partagent le haut de l'affiche. Pour les premiers, trio strasbourgeois qui se qualifie de «epileptic dancing noise», j'avoue rester très circonspect. Au risque d'être extrêmement sévère, je trouve leur musique sans grand intérêt. Celle-ci s'engouffre dans une veine actuelle où on oublie de créer des compositions solides et où tout est pour l'esbrouffe (un maximum de sons mais rien de bien concret). Bref, pas client.
Site officiel
Roger Moll's lui est beatmaker du nord de la France - mais reste coincé entre Roubaix et Seattle (sic) - qui s'inspire de RJD2 (début de carrière, ouf!) et de Wax Tailor (mouais...). A son actif, une musique instrumentale, bien montée, intéressante voire presque addictive sur certains passages (très bon Hipology, le jazzy Bloppers). Rien de révolutionnaire chez Roger Moll's (ses références font ca très bien eux aussi) mais, à défaut, charmant.
Myspace


Un trio de tête qui ne me plaît donc qu'au deux-tiers et qui ne m'enthousiasme pas plus que ça (avis plus emballé chez Net Émergence). Mais que voulez-vous, dans toutes sélections, il y a toujours des périodes moins (d'ailleurs, à vous de vous faire votre propre idée en allant découvrir, si ce n'est déjà fait, celle de mai en cliquant ici).
La sélection de juin devrait arriver sous peu, et à cette adresse.

Pour autant, ne doutons pas que la sélection de juin recèlera à nouveaux de petites trouvailles. C'est le cas depuis le début de l'aventure de Net Emergence. Et je ne vois aucune raison objective pour penser que ceci n'est rien d'autre que l'exception qui confirme la règle.

Un lecteur pour écouter 2 morceaux de Roger Moll's et 2 morceaux de Electric Electric. (malheureusement plus en écoute)

lundi 3 mai 2010

[Track of The Day] Scissor Sisters - Invisible Light

Dans quelques semaines, avec le soleil, la chaleur, les corps dénudés et les margaritas qui s'enchainent comme du petit lait, il va vous falloir trouver la bande-son de votre été. La chanson qui vous fera danser jusqu'au bout des longues nuits estivales, et dont les déhanchements à son écoute seront juste irrépressibles.

Ne cherchez pas plus loin, cette chanson là, c'est Invisible Light. Forcément. Irrémédiablement. Le nouveau titre des Scissor Sisters est un hymne à la fête, à l'été, au retournage de cerveau, aux rencontres nocturnes, aux danses lascives et aux "plus si affinités".

Après deux albums bourrés de tubes jusqu'au bout du vinyle, après quelques covers magistrales (dont celle de Take Me Out des Franz Ferdinand), revoilà les américains avec 'Night Work', nouvel album à sortir le 28 juin prochain.

Et, à en croire l'écoute de Invisible Light (qui ne sera toutefois pas le premier single officiel), il promet beaucoup! Les Scissor Sisters reprennent leur glam, leur disco, leur rock là où ils l'avaient laissé et semblent prêts à en découdre à nouveau avec tous les dancefloors de la planète! Et dieu sait qu'il va être dur de leur résister (les remixes de ce Invisible Light vont pleuvoir).

Histoire de faire les choses bien, le quintet new-yorkais s'autorisent ici un hommage appuyé à Mickael Jackson. Ce Invisible Light a ce grain, ce rythme (même si plus electroïsé ici) que l'on pouvait entendre sur 'Thriller', auquel on peut ajouter cette voix qui arrive sur la fin de la chanson et qui rappelle celle de Vincent Price à la fin de Thriller (la chanson cette fois).

Alors oui, peut-être que ce titre de «tube de l'été» que j'ose accoler à ce Invisible Light sera remis en cause prochainement. Surement même. Mais à mon avis, il ne le sera que par d'autres nouvelles chansons des Scissor Sisters. Car 'Night Work' sera le métronome de cet été. A n'en pas douter. 

Album: Night Work 
Année: 2010
Label: Polydor