mardi 29 novembre 2016

Gaye Su Akyol - Hologram Ĭmparatorluğu [Glitterbeat Records]

Après les grecs de Bazooka, continuons nos pérégrinations musicales encore plus à l'est et posons nous quelques minutes pour parler de Gaye Su Akyol, une artiste turque, fille d'un célèbre peintre (Muzaffer Akyol), qui vient de sortir son deuxième album, 'Hologram Ĭmparatorluğu' (soit Empire Hologrammique en français).

Un disque découvert via cet article de The Quietus (dont la qualité des articles ne se dément pas) et finalement assez surprenant. Apparaissant de prime abord comme de la musique traditionnelle turque ou moyen-orientale, il s'avère très vite comme un mélange de celle-ci et de sonorités plus occidentales.
Influencé par les années 80, que ce soit stylistiquement (la pochette, affreuse, faite de collages criards, le clip totalement Do It Yourself de Eski Tüfek) ou par la musique de ces années là (celle de par chez nous s'entend), Gaye Su Akyol n'hésite pas à ramener guitares, basses et post-punk de cette époque là et de les distiller tout au long de ces compositions (les guitares de Fantastiktir Bahti Yarimin ou de Eski Tüfek, le sombre Dünya Kaleska, les basses de Nargile ou de Berduş, en écoute aujourd'hui).

Difficile de comprendre un traitre mot de ce que chante Gaye Su Akyol vu qu'elle le fait dans sa langue maternelle, mais il semble que ses paroles aient une vraie visée politique (et les sujets ne manquent pas en Turquie depuis quelques mois), tout au moins sur quelques morceaux.

Je n'en dirais pas plus histoire de ne pas évoquer quelque-chose de rapporté et insisterais plutôt sur le fait que que 'Hologram Ĭmparatorluğu', tout « difficile » d'accès qu'il est pour le français que je suis (et qui n'a pas un engouement particulier pour les musiques du monde), est pourtant un album sur lequel je me suis surpris à revenir plus que régulièrement. Il y a ici une belle osmose qui s'opère entre deux univers musicaux sur le papier assez distant et au final plus proche que cela. Sans doute cela la marque des grands disques en somme. (Sortie : 11 novembre 2016)


Son :
'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol est à l'achat sur le bandcamp de Glitterbeat Records
Le site de Gaye Su Akyol, tout aux couleurs de 'Hologram Ĭmparatorluğu'
'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois titres en écoute : Berduş, en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche, et qui clôt de belle façon 'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol ; Eski Tüfek (je vous conseille le clip plus bas également) et enfin Kendimden Kaçmaktan :




Et comme ci cela ne suffisait pas, voilà le clip entre DIY et WTF de Eski Tüfek, premier single tiré de 'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol :

lundi 28 novembre 2016

[Track of The Day] Vital Idles - The Garden

Groupe découvert grâce à Lau Esta (pour la suivre sur Twitter, c'est ici), Vital Idles est un quatuor écossais de Glasgow qui après quelques démos se lance dans le grand bain avec sa première sortie officielle, un 45-tours chez Not Unloved Records.

Deux chansons au programme et leur bandcamp ne ment pas : oui Vital Idles fait dans le punk (My Sentiments en face-A gueulée presque à contre-temps) mais aussi dans la pop (The Garden, joliment orchestré, avec un chant et un texte finalement punk, en face-B).

Difficile à dire ce qu'il adviendra des Jessica, Matthew, Nicholas et Ruari formant Vital Idles ; si ce premier essai en amènera d'autres. Mais ce 45-tours est prometteur, notamment The Garden (en écoute aujourd'hui) qui a une belle ambition pop. De là à penser qu'ils sauront rapidement se faire un nom, qui plus est dans une ville comme Glasgow dont l'apport au monde de la musique est inestimable, il n'y a qu'un pas. A suivre donc.

Album : My Sentiments / The Garden 7"
Année : 2016
Label : Not Unloved Records

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Indisponible sur Spotify et Deezer, The Garden, la face-b de ce 45-tours est en écoute sur le bandcamp de Vital Idles ci-dessous :


My Sentiments, morceau plus punk dans l'esprit et face-A de ce disque, est en écoute là :



jeudi 24 novembre 2016

[Track of The Day] The Magnetic Fields - Be True to Your Bar

Stephin Merritt n'est décidément pas un compositeur comme les autres. Alors que l'on fête cette année les 20 ans de son chef d’œuvre '69 Love Songs' (la réédition me de l’œil depuis trois semaines chez mon disquaire), le leader de The Magnetic Fields (groupe dont je ne saurais jamais s'il faut lui accoler un « The » ou non, quoiqu'en disent leurs récentes pochettes d'albums) vient d'annoncer la sortie du prochain album - le 11è - du groupe pour le printemps prochain.

Un disque de 50 chansons, dont chacune traitera une année de la vie de Stephin Merritt. Notre homme a eu l'idée de ce concept album lors de ses 50 ans en 2015. Un nouvel opus donc qui s'annonce très autobiographique (et cela lui fait un peu peur d'ailleurs, lire ici ce papier du Boston Globe) :  

« My friends and relatives will hear the album, so I better not misrepresent them. (...) My mother will be in the audience listening to me singing about her. There’s a lot more vulnerability than I’m used to. »

Et un '50 Song Memoir' qui s'annonce extrêmement ambitieux. Mais les Magnetic Fields l'ont toujours été, que ce soit donc avec '69 Love Songs' (69 chansons d'amour, de cœurs brisés ou d'espoirs déchus), 'i' (un disque où toutes les chansons commencent par un « i ») ou les deux autres disques de la no-synth trilogy ('Distortion' qui porte bien son nom et 'Realism' et son british-folk si bien écrit), pour ne parler que des plus récents. 

Jusque là, cinq chansons de '50 Song Memoir' sont connues. Et elles promettent beaucoup. Si ma préférence va à l'emphase de Be True to Your Bar (la chanson consacrée à 2002) et son texte très drôle (« Be true to your bar, And don’t let it down, Or else it may not always be around, Be true to your friends, And let your friends know, Without your bar you’d have no place to go », en écoute aujourd'hui), les quatre autres morceaux ne sont pas à mettre de côté. 
Que ce soit How I Failed Ethics (chanson de l'année 1986) et son histoire d'un examen raté à cause d'un professeur borné, la déclaration d'amour de Big Enough For Both of Us (chanson de l'année 2013), l'évocation de l'enfance sur No (chanson de l'année 1974) ou l'amitié des années fac de Me and Fred and Dave and Ted (chanson de 1993).

Musicalement, ces quatre premiers extraient confirment également que '50 Song Memoir' sera un album très divers, à l'instar de la discographie des Magnetic Fields. Décidément, cette annonce d'un nouvel album du groupe de Stephin Merritt est la meilleure nouvelle de ce mois de novembre qui n'en finit pas.


Album : 50 Song Memoir
Année : 2017
Label : Nonesuch


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En plus des lecteurs Spotify et Deezer à gauche, Be True to Your Bar de The Magnetic Fields est également en écoute ci-dessous :



Nonesuch a donc mis également 4 autres chansons de '50 Song Memoir' à disposition. Deux sont en écoute ci-dessous : How I Failed Ethics (1986) et Big Enough For Both of Us (2013) :  



mardi 22 novembre 2016

Cloud Cult - The Seeker [Earthology]

Groupe chéri de ces pages depuis la sortie de 'The Meaning of 8', Cloud Cult est revenu en février dernier avec un nouvel album, 'The Seeker'.

Totalement inconnu (ou presque) dans nos contrées européennes, la «faute» à un engagement environnemental de chaque instant qui les empêche de venir jouer chez nous (tout chez eux est pensé écologiquement : de leur studio d'enregistrement aux boîtiers de disques en carton recyclé en passant par les encres vegan utilisés pour l'impression), le groupe de Duluth au Minnesota, mené par le couple Minowa continue son petit bonhomme de chemin aux États-Unis, à l'abri des spotlights (ce dixième album n'a pu voir le jour que via un financement via Pledge Music) et d'une reconnaissance qu'il mériterait tant.

Car Cloud Cult est un groupe qui aura sorti, et peu peuvent en dire autant, un des tous meilleurs disques des années 2000, 'The Meaning of 8'. Un album de pop et de rock-indé, baroque et mélancolique, nerveux comme délicat, qui venait confirmer (et de quelle façon !) un début de carrière discographique parfait.

Une carrière marquée à vie par la mort de leur fils de 2 ans en 2002. Pendant très longtemps, le couple Minowa s'est longtemps servi de la musique comme thérapie. Puis, le temps a passé et les sujets ont commencé à tourner autour d'autres choses, sans jamais vraiment trop s'en éloigner.

C'est un peu ce qu'on ressent à l'écoute de 'The Seeker'. Car si l'histoire de l'album est celle d'un homme qui aime, qui est heureux, qui souffre, qui cherche un sens à la vie et tout ce qui l'entoure, que ce soit dans Dieu ou dans les étoiles, on sent poindre des références au drame qui les a touchés il y a 15 ans.

Cette homme trouvera t-il les réponses à ses questions, toute la question est là. Ce qui est cependant clair, c'est qu'après deux albums moins inspirés ('Light Chasers' et 'Love'), Cloud Cult connaît un retour de flammes magnifique. Il y a ici une cohérence, une grande habilité pour faire vibrer les cœurs, et surtout un retour vers des mélodies qui rappellent leurs meilleures productions.

Entre chansons pop divines (No Hell), mélancolie toujours à fleur de peau (touchant Come Home), guitares de sorties (To The Great Unknown), folk-songs (Time Machine Invention) et titres quasi- instrumentaux composés à grands renforts de cordes et de cuivres (Living in Awe) ou totalement instrumentaux (Chromatica et son ambiance naturelle), Cloud Cult retrouve un élan qu'on ne lui avait pas connu depuis 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)'
'The Seeker' est un disque épatant et qui s'accompagne d'un film musical du même nom, d'une durée d'une heure, sans dialogue, juste habillé par les chansons de l'album et qui peut compter dans les rôles titres Alex McKenna et Josh « Ted Mosby » Radnor, excusez du peu. Un film qui raconte l'histoire d'une jeune fille, marquée par un drame pendant son enfance, et qui doit apprendre à vivre avec en grandissant et en devenant femme.

Alors 'The Seeker', un album original de Cloud Cult ou une simple bande-originale de film ? A l'écoute des nombreux titres marquants de l'album, et quand bien même les passages instrumentaux, je penche pour la première solution. Parce que Cloud Cult n'a jamais été aussi proche de son inspiration des débuts. Et surtout parce qu'il y a une cohérence et une ambition créative qui me font dire que 'The Seeker' a été vu avant tout comme un disque, auquel vient se greffer un film, plutôt que l'inverse.

Mais quoiqu'il en soit, qu'il est bon de les retrouver à un tel niveau. Ils sont rares les artistes à avoir autant intégré ma vie. Ils sont rares ceux qui continuent à le faire, malgré quelques années de séparation artistique. Cloud Cult est un de ceux-là. (Sortie : 12 février 2016)

Son :
'The Seeker' est à l'achat sur le site officiel de Cloud Cult
'The Seeker' de Cloud Cult est en écoute sur Spotify et sur Deezer
A lire, une interview de Josh Radnor à propos de l'album et du film 'The Seeker' de Cloud Cult

Trois chansons en écoute comme le veut la tradition. No Hell, premier (et a priori seul jusque là) single de 'The Seeker' (en écoute dans le lecteur Spotify et Deezer à gauche). Ensuite, 'You Were Never Alone'. Enfin, Through The Ages (merci à Paste Magazine), chanson qui conclu ce dixième album de Cloud Cult :






Pour finir, une homemade lyric vidéo de No Hell :


Enfin, le trailer de The Seeker, le film de Cloud Cult avec Josh Radnor et Alex McKenna :


lundi 21 novembre 2016

[Track of The Day] Sharon Jones & The Dap-Kings - The Game Gets Old


Et ça continue, encore et encore, mais 2016 est bientôt terminé, d'accord d'accord... Bonne route donc chère madame à l'énergie contagieuse et à la voix si prenante. Vous allez nous manquer. Vraiment.

jeudi 17 novembre 2016

Michael Kiwanuka - Love & Hate [Polydor]

La première chose qui frappe à l'écoute de 'Love & Hate', le deuxième album de Michael Kiwanuka, c'est que cet homme est couillu. Et même doublement couillu. Car sortir un disque en plaçant en chanson d'ouverture un titre de 10 mns est déjà une chose peu commune pour un artiste signé chez une major. Mais si vous ajoutez à cela qu'il faut attendre 5 minutes (tout pile !) pour entendre la belle voix de Michael Kiwanuka chanter ses premiers mots, vous admettrez que l'on est dans l'improbable le plus total.
Pour autant, impossible de lâcher ce Cold Little Heart. Ces chœurs, cette guitare particulièrement Gilmour-ienne, tout est fait pour amener sur un plateau d'argent la voix suave pleine de grâce de  Michael Kiwanuka. Et il faut bien avouer qu'on ne l'a pas vu venir.

Car si ses premières sorties furent saluées avec l'enthousiasme qu'il se doit dans ces pages (voir , ici ou encore ), le premier album de Michael Kiwanuka ne m'avait pas vraiment retourné. Un disque propret, gentillet, faisant la part belle à une certaine idée de la soul des années 70, mais rien de plus. Rien d'infamant, bien au contraire, mais un ensemble sans vrais coups d'éclats.

C'est donc une sacrée surprise de tomber sur une chanson aussi ambitieuse que Cold Little Heart en ouverture de ce 'Love & Hate'. Un disque qui va garder globalement tout du long de ses 10 chansons le niveau de ce premier titre. Car qu'il s'agisse de changer de tempo (le tube potentiel qu'est One More Night, que l'on aurait pu imaginer dans la bouche de Aloe Blacc), d'inviter quelques parties de cordes à venir fricoter avec ses belles mélodies (sublime Love & Hate, en écoute aujourd'hui), ou de s'entourer de musiciens au garde à vous, qu'il soit mélancolique, engagé (Black Man in a White World, Love & Hate) ou qu'il sorte les guitares fuzz, tout lui réussi.

Autre point fort du disque, sa production. Laissée à Danger Mouse, ce dernier donne à 'Love & Hate' un son plein de rondeur tout et qui se rapproche du blues. Mieux, en sachant trouver le juste écart entre la voix de Michael Kiwanuka et celles de ses choristes (ceux-ci ayant une importance fondamentale sur la beauté de cet album), en ne reléguant pas la rythmique au rôle de simple faire valoir et, surtout, en donnant - plus qu'- une teinte très seventies à l'ensemble (et pas que pour la guitare, essentielle dans l'album), Danger Mouse, comme souvent, sublime ce qu'on lui met dans les mains.

Finalement, la seule déception de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka, c'est sa pochette, tant elle est passe-partout est bien loin de ses premières sorties, où le vintage se mêlait à une classe naturelle. Dommage oui, car bien que dominé par les deux chansons écrasantes que sont Cold Little Heart et Love & Hate, tout est bon dans cet album. Un disque jamais tape à l’œil mais juste très beau, soul mais pas que, et même rapidement évident. Une consécration pour un artiste dont le potentiel semblait évident. Et Dieu qu'il chante bien ! (sortie : 15 juillet 2016)

NB : En tournée en France actuellement, il faut foncer voir Michael Kiwanuka. Les retours sont excellents. Et bientôt ce grand et talentueux ne jouera pas dans d'aussi petites salles.
Vendredi 18/11 - Rock School Barbey, à Bordeaux
Dimanche 20/11 - L’Épicerie Moderne, à Feyzin (Lyon)
Lundi 21/11 - La Laiterie, à Strasbourg

Son :
'Love & Hate' de Michael Kiwanuka est en écoute aussi bien chez Spotify que chez Deezer.
Vous pouvez vous procurer 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka (notamment) ici ou


Trois chansons en écoute donc, comme l'exige la tradition, de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka. Mais exceptionnellement, pas des versions tirées de l'album. Les trois sont tirées d'une live-studio-session. Au programme donc, Love & Hate (dont la très belle version album s'écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche). Puis le magnifique Cold Little Heart (le fameux titre d'ouverture). Et enfin Rule The World :








Pour finir, deux clips. Tout d'abord celui de One More Night, possible tube de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka :


Et celui de Black Man In A White World, premier single de ce 'Love & Hate' de Michael Kiwanuka


mardi 15 novembre 2016

[Track of The Day] Radical Face - Sunn

Alors qu'il vient de mettre un point final à sa trilogie familiale 'The Family Tree' ('The Roots', 'The Branches' et 'The Leaves' au printemps dernier. Il est à noter d'ailleurs qu'un très joli site permet d'en savoir plus et de se perdre dans son histoire familiale ici) mais aussi à sa série d'Ep 'The Bastards' (les chansons composées sur le même sujet mais ne rentrant pas exactement dans la série 'The Family Tree'), arrêtée au nombre de quatre (et depuis éditée officiellement), Ben Cooper, plus connu sous le nom de Radical Face, va pouvoir se consacrer à de nouveaux sujets.

L'auteur du chef d’œuvre qu'est 'Ghost' en a même décidé de changer sa façon de travailler :

« I think I'm pretty done with the record cycle for the time being. Coming down from such a long drawn out project has made me a lot more excited for something rapid. I want less space between recordings and releases. And I'm much less interested in being so specific about the length. Not everything has to be a record. Some ideas might just be a single song, not connected to anything. Or one 20 minute piece. Or an EP of 5 songs. Or a series of EPs. If I have an idea that would need a normal length record to get across, that's fine. But I think, because that's the format we always work in, I tend to shelve, or outright discard, ideas that don't fit into that mold. »

Un exemple donc, avec ce premier single post-'The Family Tree', Sunn. Une chanson dans l'esprit de Radical Face (ses mélodies sont reconnaissables entre mille !), mais plus « électronique » (tout ceci est très relatif), à la mélancolie évidemment très présente. Une chanson qui devrait faire partie d'un Ep à venir dans les prochaines semaines dont, raconte l'auteur, aucune chanson ne devrait ressembler à une autre. Et qui sortira sur le propre label de Radical Face, Bear Machine. Impatience quand tu nous tiens.

NB : Deux pochettes pour le prix d'une. L'officielle est celle-ci contre, l'officieuse est celle en tête de l'article, réalisée par un certain Gordonmcb.



Album : -
Année : 2016
Label : Bear Machine







En plus d'être en écoute dans le lecteur Spotify à gauche, Sunn de Radical Face est également en écoute sur le lien soundcloud ci-dessous : 



Enfin, I See Roads, un autre inédit, que Ben Cooper nomme lui-même sur son bandcamp « Secret Family Tree Song ». Et en téléchargement gratuit (contre une adresse mail) sur son bandcamp :


lundi 14 novembre 2016

[Track of The Day] Leonard Cohen - Treaty

Je dois avouer que la mort de Leonard Cohen est arrivée comme quelque-chose de totalement inattendu pour moi. Pourtant notre homme avait 82 ans. Pourtant, je savais que la mort de sa muse Marianne Ihlen (qui lui ont inspiré, notamment, So Long, Marrianne et Bird on a Wire) l'avait touché et qu'il lui annonçait dans sa dernière lettre qu'il la suivrait de près (ce très beau texte est à lire là). Pourtant son dernier album, aussi bien de par son titre 'You Want It Darker' que par les paroles de la chanson du même nom (« I'm ready my Lord »), annonçait la couleur. Pourtant, le même dernier album regorge de passages exprimant une fin prochaine (« I'm leaving the table... I'm out of the game »). Pourtant, sa voix était plus que caverneuse que jamais. Et pourtant, s'il est un disque pieux, cet album peut se lire doublement, comme des adieux à sa muse de toujours.

Et malgré tout ce faisceau d'indice, je suis tombé tristement des nues dans la nuit de vendredi quand la famille de Leonard Cohen a appris au monde entier son décès. Sûrement parce que, justement, son dernier album est une splendeur et qu'on arrive - presque - à en oublier le côté sombre. Parce qu'il y apparait magnifique. Parce que ses textes sont beaux. Parce que sa voix sombre, sans doute jamais aussi grave qu'aujourd'hui, est belle de douceur et de force. Parce qu'on y trouve de beaux silence. Et parce qu'on arrive à déceler quelques moments lumineux.

Leonard Cohen s'en va donc sur cet album et un dernier morceau, String Reprise / Treaty, comme une bien sublime façon de dire au-revoir. Ah, quel testament que ceci !

NB : Je ne saurais que trop vous conseiller les deux lectures suivantes : 
- le très beau portrait que The New-Yorker a consacré à Leonard Cohen il y a quelques semaines. Un très long papier en tout point passionnant. 
- le brillant article de Jean-Marie Pottier de Slate au lendemain de l'annonce du décès de Leonard Cohen : « Leonard Cohen, de la démocratie en Amérique ».

Album : You Want It Darker
Année : 2016
Label : Columbia


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En plus du lecteur Spotify et Deezer, Treaty est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de cet album, You Want It Darker, la chanson titre donc :



Enfin, et pour finir ce papier, String Reprise / Treaty, la toute dernière chanson du tout dernier album de Leonard Cohen. Quelle clôture... :


dimanche 13 novembre 2016

[Oldies] Où il est question de vieilleries, oubliées ou non

Ce blog ayant retrouvé une activité normale après des mois d'hibernation, il est temps de remettre en avant la rubrique "Oldies", ou celle compilant quelques vieilleries, oubliées ou non.
Les 26 disques et le 45-tours chroniqués dans ces pages depuis 2007 n'avaient plus de lecteur pour écouter les chansons mises en avant dans chaque papier - la mort de Grooveshark étant passée par là. C'est réparé depuis quelques jours.

Il suffit donc de cliquer sur l'image pour se rendre sur la chronique en question, et (re)découvrir quelques disques, à mon sens en tout cas, magistraux.

























































samedi 12 novembre 2016

[Track of The Day] Leonard Cohen - Boogie Street


J'aurais pu choisir sans doute une plus belle chanson de Leonard Cohen pour lui rendre hommage. Ce n'est pas ce qui manque dans sa discographie. Mais Boogie Street est celle avec laquelle j'ai - vraiment - découvert ce Monsieur au début des années 2000. So long Leonard, et merci pour tout.

« A sip of wine, a cigarette,
And then it’s time to go.
I tidied up the kitchenette;
I tuned the old banjo.
I’m wanted at the traffic-jam.
They’re saving me a seat.
I’m what I am, and what I am,
Is back on Boogie Street. »

jeudi 10 novembre 2016

Titus Andronicus - S+@dium Rock: Five Nights at the Opera [Merge]

L'an passé, alors que mon blog vivotait tout juste, je n'avais pas su prendre le temps d'écrire tout le bien que je pensais de l'énorme disque que les Titus Andronicus avaient sorti. Car oui, en 2015, peu d'albums m'ont autant retourné que 'The Most Lamentable Tragedy'. Un disque faramineux, très long (29 chansons pour plus de 93 mns de musique !), épique et bordélique à souhait. Un opéra tantôt rock, tantôt punk, avec des élans à la Springsteen, des riffs bons comme du AC/DC et dont les chansons brillantes pullulent (grosse préférence pour l'enchainement imparable Fired Up / Dimed Out).

Une année a passé depuis la sortie de ce disque et les Titus Andronicus remettent le couvert avec cette fois une version live de cet album (10 chansons sur 11 en sont tirées) intitulée 'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera'. Et un rapide aperçu (45 mns quand même) des 5 concerts que le groupe a donné l'été dernier au Shea Stadium, une salle de concert - et d'enregistrement - de Brooklyn qui n'a de stade que le nom (et sans doute nommé en hommage à l'ancien stade des Mets situé dans le Queens à New-York) et dans laquelle beaucoup de membres du groupe, dont un de ses principaux artisans Patrick Stickles, ont des parts.

Une série de concerts assez gigantesques, aux setlists à rallonge qui a vu Titus Andronicus enchainer les shows de 3h et inviter quelques amis à partager la scène avec eux (de Ted Leo sans ses Pharmacists à Craig Finn de The Hold Steady dont il était question ici il y a quelques mois de cela).

De ces 5 concerts, il en ressort donc 'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera', un live totalement à l'image de Titus Andronicus :  foutraque, punk, avec des pains dans tous les sens, des chants faux et essoufflés, des paroles modifiées ou oubliées, beaucoup de sueur (voir à ce propos la version vidéo de ce live, disponible au bas de ce papier) et une surtout une sincérité incroyable. Cet album live n'est peut-être pas le meilleur disque du monde, loin de là (alors que le groupe l'est sûrement), mais qu'il fait du bien ! (sortie : 29 juillet 2016)

Son :
'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera' est à l'achat sur le bandcamp de Titus Andronicus
'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera' est aussi à l'écoute, toujours sur le bandcamp de Titus Andronicus
'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera' de Titus Andronicus est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons sont à savourer (ou à hurler c'est selon) : I Lost My Mind (en écoute également dans la playlist Spotify à gauche). Mais aussi Dimed Out (tout de traviole) et Stranded (On Our Own), qui clôt de façon parfaite ce 'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera' de Titus Andronicus :





Pour finir, Titus Andronicus et Merge ont eu la bonne idée de mettre en ligne la version vidéo de ce 'S+@dium Rock: Five Nights at the Opera'. Cela dure 45 mns. Et c'est jouissif :



mardi 8 novembre 2016

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Real Big Sky

Le temps se couvre, la pluie devient un quotidien, la nuit a jeté son emprise sur nos jours. Rien de mieux qu'un tel cocktail de tristesse et de sinistrose pour se jeter sur le nouvel album de Emma Ruth Rundle, californienne de 33 ans dont je découvre la musique et le talent.

Membre actif de Red Sparowes, Marriages et Nocturnes, Emma Ruth Rundle vient de sortir le 30 septembre dernier son troisième album, 'Marked for Death'. Et un disque, aussi bien de par son titre et sa pochette, qui ne ment pas sur la marchandise. Car on a ici affaire à un disque sombre, aride même par moments (fameux Real Big Sky) dont l'unique - ou presque - phare dans la nuit est cette guitare électrique qu'elle fait très bien sonner.

Si l'on pense évidemment à PJ Harvey, on sent aussi une volonté parfois d'aller tutoyer des charts un peu plus larges, avec des passages qui rappellent de temps en temps Alanis Morissette (celle des débuts) mais surtout Leah Andreone, la voix maniérée en moins (mais si, Leah Andreone, l'auteure de ce tube là, et dont l'album d'ailleurs valait le coup d'oreille - à l'époque de mon adolescence en tout cas), tout en proposant un son plus brut que celles-ci. Quoiqu'il en soit, Emma Ruth Rundle propose avec 'Marked for Death' un disque vraiment cohérent et à la production travaillée. Un disque de saison ; l'avenir nous dira s'il est plus que cela.

Album : Marked for Death
Année : 2016
Label : Sargent House

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En écoute dans la playlist Spotify à gauche, Real Big Sky de Emma Ruth Rundle est également à découvrir ci-dessous :


Autre beau moment de ce 'Marked for Death', So Come. Lui aussi en écoute ci-dessous (et sur le bandcamp de Emma Ruth Rundle) :



Enfin, le clip de Real Big Sky, la chanson qui termine ce 'Marked for Death' de Emma Ruth Rundle, et la chanson du jour :

lundi 7 novembre 2016

[Track of The Day] Johnny Hawaii - Bali Kraut

Johnny Hawaii est le nom de scène d'Olivier Scalia, marseillais dont le premier album en 2013 avait fait parler de lui (à lire chez Random Songs). Pour ma part, je dois admettre que j'étais bien passé à côté.

Le temps de se rattraper et voilà que Johnny Hawaii sort un nouvel album, totalement instrumental, et à la rêverie inscrite dans chacune des notes qui sortent de ce 'New Age on a Board'.

Entre chants d'oiseaux, ambiances totalement oniriques, bruit de la mer aussi, il y a chez ce 'New Age on a Board' quelque-chose d'aussi psychédélique que rêveur, d'aussi planant que pop. Pop oui, car sur Bali Kraut (en écoute aujourd'hui), on croirait entendre la face-cachée de La Femme d'Argent du 'Moon Safari' de Air.

Un disque propice au voyage. Qu'il soit sur mer, sur terre ou mental en gros, accompagné de fumée ou non.


Album : New Age on a Board
Année : 2016
Label : Station Radar

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Indisponible sur Spotify (et donc dans la playlist à gauche), Bali Kraut est en écoute sur le bandcamp de Johnny Hawaii, où l'on peut écouter également 'New Age on a Board' en entier et l'acheter au format digital pour 5€) :

 

mercredi 2 novembre 2016

Tony Molina - Confront The Truth [Slumberland]

Comme peu d'artistes actuellement, Tony Molina continue de tracer sa voie et ne s’embarrasse pas de détails. Car il est un homme qui n'aime pas tourner autour du pot en suivant le sacro-saint dogme couplet / refrain / couplet / refrain / pont / refrain. Non, Tony Molina fait dans le court. Le très court.

Après un premier album 'Dissed and Dismissed' en 2014 de 12 chansons pour 11 minutes et 26 secondes (à la seconde près !), le voilà de retour avec un nouvel Ep de... 605 secondes tout pile et 8 chansons, 'Confront The Truth'
Et cette fois, après avoir creusé un sillon marqué par une certaine idée du rock des années 90, Tony Molina s’attelle cette fois à la pop et les bluettes qui touchent droit au cœur.

Et si l'on entend ici ou là un peu d'Iron & Wine (Old Enough to Know) ou d'Elliott Smith (No One Told He), ce sont surtout les Beatles qui sont omniprésents sur ce 'Confront the Truth'. D'aucuns parleront de plagiat éhonté et crieront au scandale tant certaines mélodies ou accords sont des copies à peine voilées de l’œuvre des Fab Four. Il suffit d'écouter I Don't Wanna Know ou surtout l'intro de No One Told He (où il est difficile de ne pas entendre celle de A Day in The Life) pour s'en rendre compte.

Pour autant, à l'écouter chanter ses histoires de cœur brisés, à aller droit à l'essentiel (comment résumer les affres d'une rupture en 62 secondes ? Écouter See Me Fall donne une idée), j'ai davantage l'idée que Tony Molina rend ici un très bel hommage à la pop bien faite, bien écrite et bien mise en musique.

Et si 'Confront The Truth' est un disque très court, il devient rapidement obsédant. On n'ira évidemment pas oser comparer cet Ep au medley d''Abbey Road', mais il y cette idée sous-jacente tout de même. Reste à connaitre la raison de cette écriture si brève, si concise. Ne pas savoir écrire une chanson sur plus de quelques mesures ? Cumuler les écoutes Spotify ? Ouvrir une nouvelle fois dans l'histoire de la pop music ? Qu'importe, l'avenir nous le dira - peut-être. Car au final, la pop est très bien honorée ici ; et on n'aurait pas su choisir meilleurs prisme que celui de ses plus fameux et illustres représentants pour le faire. (Sortie : 28 octobre 2016)

Son :
'Confront The Truth' est en écoute sur le bandcamp de Tony Molina
'Confront The Truth' est même à l'achat sur le bandcamp de Tony Molina
Enfin, 'Confront The Truth' de Tony Molina est en écoute également sur Spotify et Deezer

 
Le disque est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. No One Told He, entre intro à la Beatles et chanson à la Elliott Smith (en écoute également dans le lecteur Spotify à gauche). Old Enough to Know où l'on imagine la voix de Sam Beam d'Iron & Wine, venir se mêler à celle de Tony Molina. Et enfin See Me Fall, qui dit tout en 1 mn.





Je ne le fais que rarement, parce qu'un album est souvent trop vaste pour titiller la curiosité de l'auditeur qui veut juste découvrir l'artiste en quelques chansons, mais vu que 'Confront The Truth' de Tony Molina dure exactement 605 secondes, il mérite d'être écouté en entier. Ci-dessous donc :