mardi 31 juillet 2018

Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]

Tony Molina est un artiste fascinant. Et sans doute assez unique quand on y réfléchit un peu. Soyons donc précis : Tony Molina, ce sont deux albums ('Dissed and Dismissed' en 2014 et donc 'Kill The Lights' cette année), deux Ep ('Six Tracks E.P.' en 2013 et 'Confront The Truth E.P.' en 2017), un album live ('West Bay Grease' l’an passé) et une cassette à ses débuts ('Embarrassing Times' en 2009). Soit 58 chansons (seulement deux dépassent les 3 mns, dont une reprise de Metallica) pour un total de musique enregistrée de… 75 minutes et 38 secondes.

Michael Gira ne doit rien y comprendre. Et sans aller jusqu'à Swans, à titre de comparaison, 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, c’est - précisément - 74'15". Un monde.

Car oui, sur son nouvel album 'Kill The Lights', Tony Molina n’a pas changé : il fait dans le court. Le très court. Quatorze minutes et 30 secondes de musiques, pour 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis.

Et pour autant disais-je, Tony Molina est fascinant. Car si son disque est à l’image de 'Confront The Truth E.P.' en 2017, totalement enivrant. Difficile de ne pas être complètement séduit si l’on aime la belle pop, des Beatles à Elliott Smith, des Teenage Fanclub aux guitares Gilmourienne de la fin en passant par les Byrds ou Nick Drake.
Les presque 15 mns défilent toutes seules ici, notre homme composant de magnifiques mélodies. Alors oui, toutes ne sont pas des chansons, plus des couplet/refrain ou pont/refrain. Oui, il y a bien une frustration de ne pas le voir développer ses mélodies plus en longueur tant elles sont bien composées. Mais tout ce 'Kill The Lights' déroule sa musique avec une facilité toute pop que ce n'est finalement pas un frein. Et qu'il se permet d'orner d'une magnifique pochette, comme souvent.

Reste une question : pourquoi composer et enregistrer des chansons aussi courtes ? Parce que Tony Molina préfère frustrer son auditoire plutôt que le lasser avec des chansons qui traîneraient en longueur ? Parce qu'il veut s’échapper du sacro-saint « chanson pop de 3'00 » ? Parce qu'il souhaite laisser une trace dans le grand livre de la pop en « inventant » le concept de medley-album (les Beatles avaient rempli une face d''Abbey Road' pour ce qui reste à ce jour leur meilleure composition. Tony Molina lui en fait un album entier) ? Ou tout simplement engranger les écoutes sur les différentes plateformes de streaming et empocher le jackpot ?

Sans doute un peu de tout cela à la fois. Mais l’important est sans doute ailleurs : 'Kill The Lights' est un album superbe. Qu'il soit long ou court importe peu au final. (Sortie : 27 juillet 2018)

Plus :
'Kill The Lights' de Tony Molina est en écoute sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est à l’achat sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est notamment en écoute chez Spotify et Deezer


'Kill The Lights' de Tony Molina est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. D'abord Look Inside Your Mind / Losin' Touch (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colone de gauche de ce blog), accessoirement la chanson la plus longue du disque. Ensuite, Jasper's Theme. Et pour finir Before You Go :







Et pour ceux qui veulent l'écouter d'une traite 'Kill The Lights' de Tony Molina, ce lecteur est fait pour vous :



lundi 30 juillet 2018

[Track of The Day] Ryan Rebo - Boogieman

Coup de cœur éclatant de l’an passé avec son projet Man at War (je me permets d’insister : écouter ce 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care', c'est un album somptueux), Ryan Rebo reprend son nom de ville pour poursuivre ses aventures discographiques. Au programme, un '7 Songs In The Key of Z' qui verra le jour au tout début 2019 et qu’il commence à dévoiler.

Première chanson : Boogieman. Une chanson ample, mélodiquement menée par un synthétiseur et un titre qui évoque, selon Ryan Rebo lui-même, « ces peurs irrationnelles qui amènent panique et anxiété, choses contre lesquelles j'ai dû lutter. Le Boogieman de la chanson est plus un « feeling » qu'autre chose, la personnification de cette peur insaisissable qui est constamment sur nos talons ».

L'ensemble de '7 Songs in the Key of Z' sera d'ailleurs dans la même veine, vu que Ryan Rebo y évoquera aussi bien les désordres psychiques que les besoins de s'échapper de la réalité. Tout un programme, qu'il égrainera donc sur 3 chansons (et trois clips) avant la sortie officielle du disque. Et entre ce très accrocheur et réussi Boogieman et le miracle de Man at War, il y a dans ces pages beaucoup d'attente. Beaucoup beaucoup.
 
Album : 7 Songs In The Key of Z
Année : 2018
Label : -

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Boogieman de Ryan Rebo est en écoute ci-dessous :


Le clip de Boogieman de Ryan Rebo, qui met en scène donc le thème mental qu'il va développer tout du long de '7 Songs In The Key of Z' :


vendredi 27 juillet 2018

[Track of The Day] Zhaojiabang - La Patience

Ma mémoire est parfois défaillante mais sauf erreur, je ne crois pas que j'ai déjà parlé d'un groupe chinois dans ces pages. Alors allons-y (pas vraiment) gaiement avec 肇嘉帮 (ou Zhaojiabang en occidental), quatuor originaire de Shanghai.

Le groupe a sorti il y a quelques semaines La Patience, premier single à la basse qu'on jurerait toute droit des années 90, mais surtout rock et aux atours presque grunge par moment, dont les moments de calme sont un vrai contrepoids aux passages plus bruyants (et qui auraient peut-être mérité d'être encore plus appuyés).

Sombre, aussi bien dans leur musicalité, leurs paroles (étant composé de trois chinois et d'un français expatrié, le groupe mélange les deux langues, le chinois pour les couplets, le français pour le refrain), et un très beau clip d'animation à la noirceur jusque dans sa dernière image, Zhaojiabang est, au-delà d'un vrai succès en Chine, une très jolie surprise. La suite ne devrait pas tarder, espérons-le.

Album : -
Année : 2018
Label : -

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog),  La Patience de Zhaojiabang est également en écoute ci-dessous, via leur très sombre mais très beau clip et soundcloud :



mercredi 25 juillet 2018

[Track of The Day] Parquet Courts - Freebird II

Ces jeunes gens sont décidément épatants. Les disques s'enchaînent, et pourtant le quatuor de new-yorkais ne perd rien de sa saveur.

'Wide Awake!' est le 4è album des Parquet Courts (ou le 5è si l'on compte celui de Parkay Quarts 'Content Nausea' dans le lot), et ils prouvent plus que jamais qu'ils sont capables d'écrire des compositions posées et pop (Mardi Gras Beads et son évident côté Range Life de Pavement) que d'autres - plus nombreuses - beaucoup plus punk, plus foutraques (sans que cela gêne le moins du monde la cohérence de l'ensemble) et surtout incroyablement cool.

Porté par des paroles souvent drôles autant qu'engagées, ce 'Wide Awake!' confirme que Parquet Courts continue d'être un acteur essentiel de la scène indé actuelle. Et en plus, ils permettent à Rough Trade de retrouver des couleurs. Combo.

Album : Wide Awake!
Année : 2018
Label : Rough Trade


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Freebird II des Parquet Courts est également en écoute ci-dessous dans une version live :




Autre chanson, parfaitement sortie au moment de la coupe du monde de football 2018, voilà Total Football, et son clip en images Panini, qui bien qu'il se termine par un joli « Fuck You Tom Brady », fait bien référence au football et à la vision néerlandaise des Pays-Bas de Johan Cruyff :



Finissons avec Wide Awake!, le premier single de ce nouvel album des Parquet Courts qui lui donne donc son nom, le point d'exclamation en moins :


lundi 23 juillet 2018

[Track of The Day] Luby Sparks - Thursday

Après un mois de Coupe du Monde couplé à quelques semaines de vacances, me voilà de retour au boulot, alors que la majorité d’entre vous va commencer à partir prendre ses quartiers d’été.

Et plutôt que de pleurer à grosses larmes sur la mise au placard de shorts, tongues et autres lunettes de soleil, partons écouter un peu de musique pour se mettre du baume au cœur à défaut de crème solaire.

Pour se faire, quoi de mieux que les Luby Sparks, quintet japonais originaire de Tokyo, dont les plus avertis d’entre vous (et dont je ne fais pas partie) ont pu découvrir le talent au 'IndieTracks Festival' en juillet 2017.

Depuis leur prestation, le groupe a sorti une split cassette avec Yuck avant de lancer en janvier dernier son premier album, sobrement intitulé 'Luby Sparks', dont il est question aujourd’hui.
Sorte de The Pains of Being Pure at Heart version 90s, avec quelques élans musicaux mais également vocaux qui rappellent Sonic Youth (certains rappellent Thurston Moore), la musique souvent nerveuse, parfois simplement pop, des Luby Sparks montre en tout cas que le groupe aime les guitares, la mélancolie qui peut s’en dégager et les mélodies aguicheuses.

Album : Luby Sparks
Année : 2018
Label : Space Shower Music

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Thursday de Luby Sparks est également en écoute ci-dessous via son clip :



Autre chanson de Luby Sparks, voilà Hateful Summer, version cette fois tirée de leur 45-tours sortis en février 2017 :


Enfin, parce qu'il faut bien un peu de calme et de langueur, voilà donc The Short Lived Girl et sa jolie basse :