vendredi 17 novembre 2017

[Track of The Day] Oneida - Town Crier

S’il est le nom d’une des cinq tribus fondatrices de la nation iroquoise (c’était le court instant wikipédia du jour), Oneida est aussi le nom d’un groupe originaire de Brooklyn et qui vient de fêter ses 20 ans.

Un groupe qui aura touché à beaucoup de choses en 20 ans : au psychédélisme, au noise, au rock simple et efficace mais aussi à l'expérimental. Entre autres choses.

Oneida aura joué toute sa carrière en deuxième division, alors que certains de ses disques aurait mérité clairement une qualification en Ligue des Champions. Foutues voies du succès sont décidément impénétrables.
Après cinq ans de silence, revoilà Oneida de retour aux affaires. Et ils nous font ça à l’ancienne : tout d’abord un 45-tours chez Joyful Noise (la face-A est en écoute ce jour) avant de sortir un double album au printemps prochain (qu’on peut raisonnablement imaginer voir sortir chez Jagjaguwar, leur label de - presque - toujours), qui ne contiendra pas ces deux chansons.

Parmi ces deux chansons, il y a la face-A donc, Town Crier, 2’50 mns pied au plancher, avec un gimmick des plus entêtant. Un retour un peu aux sources pour Oneida, rappelant assez 'Secret Wars'. Et ce n’est pas pour me déplaire, ce dernier faisant partie des tous meilleurs sortis dans les années 2000.

Album : Town Crier / Golden Age of the New Pariah 7"
Année : 2017
Label : Joyful Noise


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Town Crier d’Oneida est également en écoute ci-dessous :


jeudi 16 novembre 2017

[Track of The Day] Algiers - The Underside of Power

Algiers ne s’est pas embêté pour son deuxième disque : la meilleure chanson a le même titre que l’album. Placée en troisième position, The Underside of Power est effectivement une grosse réussite. Une chanson qui fait s’imaginer la rencontre entre Tamla Motown et Tv On The Radio sous le haut patronage de Xiu Xiu. Bien que produite avec tous les boutons poussés dans le rouge, le résultat est explosif, extrêmement festif et dansant.

Ce qui est un peu plus dommage, c’est le reste de l’album qui, porté par cette production agressive, lasse plus qu’il ne convainc totalement. A confirmer sur scène, Algiers étant en tournée en France actuellement.

Album : The Underside of Power
Année : 2017
Label : Matador

Acheter

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Underside of Power d'Algiers est également en écoute via son clip ci-dessous :




mardi 14 novembre 2017

[Track of The Day] James Holden & The Animal Spirits - Thunder Moon Gathering

On ne peut pas dire que je fais dans le court en ce moment. Après les 13'30" de Kamasi Washington, les 20 minutes de Max Richter hier, place aux près de 8 minutes de James Holden & The Animal Spirits.

Repéré par Nathan F de Playlist Society, voilà un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points.
James Holden m'étant inconnu, je suis rentré dans ce 'The Animal Spirits' à l'aveugle.

Et j'ai été happé dès les premières secondes par cette ambiance si particulière et ce melting-pot de sonorités et d'influences. Il y a ici de la musique orientale, du (free) jazz, de l'expérimental, de l'électro, des beats, du folk sous-acide, des saxophones ivres...

Enregistré en une prise live pour chaque morceau, laissant place à l'improvisation sans pour autant que cela parte dans tous les sens et n'ait ni queue ni-tête, 'The Animal Spirits' rappelle aussi bien le premier album de Pivot quand ils ne s'appelaient pas encore PVT ('O Soundtrack My Heart') que le 'Live at the South Bank' de Kieran Hebden, Steve Reid et Mats Gustafsson (accessoirement mon album de l'année en 2011).
Mais surtout, en construisant brillamment leur propos (tout ici découle très simplement), James Holden & The Animal Spirits rendent cet album d'une consistance et d'une facilité d'écoute sidérante. Avec en point d'orgue ce Thunder Moon Gathering.

NB : Si vous voulez en savoir plus sur ‘The Animal Spirits’ de James Holden & The Animal Spirits, la chronique de The Quietus est faite pour vous.


Album : The Animal Spirits
Année : 2017
Label : Border Community

Acheter

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

Une fois n'est pas coutume, Thunder Moon Gathering de James Holden & The Animal Spirits est uniquement disponible dans les playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog). Mais d'autres extraits de 'The Animal Spirits' sont en écoute. Deux pour être exact : Each Moment Like The First et Pass Through The Fire. 




lundi 13 novembre 2017

[Track of The Day] Max Richter - The Waves: Tuesday

L’autre jour, alors que nous étions quelques-uns sur un forum musical à deviser  de Kamasi Washington, cette réflexion à propos de 'The Epic', le disque gargantuesque du saxophoniste américain en 2015, m’a interpellé : « Ce n'est pas qu'il impressionne, c'est qu'il dure près de trois heures, et qui a le luxe de pouvoir écouter trois heures de musique sans être dérangé/interrompu ? ».

Bonne question effectivement. Car dans cette course effrénée où une nouvelle chasse une autre en 30 mns, où l’on semble toujours vouloir en faire plus alors qu'on n'en a pas les moyens, prend-on encore le temps ? Qui n’a pas perdu une heure un soir, pourtant de fatigue avancée, à faire le tour (une énième) fois d’Internet, à lire ou relire des articles inintéressants au possible, à regarder des vidéos de sites-à-clics totalement débiles plutôt qu’aller se coucher ou de plonger dans un roman ? Comme happé par ces objets sur lesquels nous passons déjà une immense partie de notre journée ?

Pire : sommes-nous encore capable de regarder un film à la télévision sans faire des pauses « smartphone », à vérifier twitter, facebook ou les dernières news d’un autre réseau social comme si notre vie en dépendait ? Peut-on encore passer une soirée avec ses amis, sans participer à une conversation whatsapp de personnes absentes ? Sait-on encore lancer un disque (ou ne serait-ce qu’une chanson) sans rien faire d’autre que l’écouter, sans se laisser distraire par quelques jeux mobiles à la con qui occupent nos pauses ou notre ennui ? Je ne suis pas sûr que la réponse à ces questions soit positive. Ainsi, si on prenait aujourd'hui le temps de prendre le temps ? 

La chanson du jour s’y prête. Extraite de ‘Three Worlds : Music From Woolf Works’, elle vient conclure ce nouvel album de Max Richter (ce n’est pas vraiment le dernier vu que l’allemand semble produire des bande-originales de film ou de séries à la chaîne). Elle dure 21'38" minutes et est l’aboutissement d’un disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf.

The Waves: Tuesday (puisque c’est d’elle dont il s’agit) est un océan de douceur mais surtout de langueur. Donnant d’ailleurs sa pochette à l’album, ce morceau est le point culminant de ce disque magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami). 

The Waves: Tuesday débute doucement, avec la voix de Gillian « Scully » Anderson lisant le dernier texte écrit par Virginia Woolf, juste avant son suicide (et c'est quelque-chose). Derrière, les vagues semblent passer au loin. Quelques notes lumineuses arrivent, discrètes et répétitives. Presque lointaines. Puis la voix s’éteint, la brise musicale commence à se lever et Max Richter amène lentement et délicatement tous les instruments mais aussi cette voix (qui n'est pas sans rappeler son Sarajevo tiré de son premier album en 2002) qui vont permettre à la chanson de décoller de manière magnifique et puissante sur la toute fin. 

The Waves: Tuesday est un morceau qui prend ses aises, qui ne brusque pas les choses, qui laisse le temps suspendre son vol. Beau comme jamais, il s'agit sans doute là d'une des compositions les plus abouties de Max Richter. Et quand les dernières notes s'évanouissent, le choc est tellement fort que la meilleure chose à faire est d'écouter le silence. De ne rien faire. Et de continuer à prendre son temps.

Album :
Three Worlds: Music From Woolf Works
Année : 2017
Label : Deutsche Grammophon

Acheter

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Waves: Tuesday de Max Richter est également en écoute ci-dessous :



 

vendredi 10 novembre 2017

[Track of The Day] Kamasi Washington - Truth

Finissons la semaine en beauté avec un titre fabuleux et du niveau de l’Ep sur lequel il sort.

Kamasi Washington, saxophoniste de son état (la Californie pour le coup), 34 ans et déjà des collaborations pas les plus dégueulasses (il a été le saxophoniste de scène de Snoop Dogg, Lauryn Hill ou Raphael Saadiq, et a joué sur 'To Pimp A Butterfly' de Kendrick Lamar, excusez du peu).

Mais Kamasi Washington c'est aussi et surtout une carrière solo depuis 2007 avec trois albums à la clé, dont le dernier en date, 'The Epic' (2015), portait bien son nom (17 titres, 3 disques, 3h de musique).

Découvrant notre homme avec 'Harmony of Difference Ep', je serais bien incapable de vous dire quoi que ce soit sur ce gargantuesque album, sauf qu'il m'est très recommandé par tous ceux qui y ont posé leur oreille.

Mais revenons à nos moutons : 'Harmony of Difference Ep'. Pour le coup, Kamasi Washington fait court, avec six morceaux et 32 mns de musique. Qui ne forme qu'un seul et même tout. Et le résultat est époustouflant. Sur une base jazz, on sent toute une kyrielle d'influence qui viennent danser derrière le saxophone de l'auteur.

Mais mieux, 'Harmony of Difference Ep' se termine par un Truth. Et que dire à part que c'est somptueux ? Morceau sidérant de près de 14mns, il fait la synthèse des cinq précédents, le tout en deux temps. Construisant sa chanson par strates, sachant calmer le tempo pour mieux le raviver, apportant des chœurs splendides, permettant aux cordes de répondre aux guitares ou à un piano virevoltant, Kamasi Washington crée un jazz soulful au possible, où son saxophone gère le tempo tout du long.

Surtout, Truth, malgré mes écoutes déjà nombreuses, semblent receler d'une foultitudes de détails qui se dévoilent les uns après les autres. Le genre de morceau qui pourrait ne jamais arrêter de nous surprendre.

Album : Harmony of Difference Ep
Année : 2017
Label : Young Turks

Acheter


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlist Spotify et Deezer, Truth de Kamasi Washington est également en écoute ci-dessous via ce court-métrage de A.G. Rojas :