mercredi 13 décembre 2017

[Track of The Day] Lux’s Dream - Little Bean

Les Decibelles font dans le punk. Les Satellite Jockey dans la pop ouvragée. Les Luje dans un rock teinté de 90s. Dernière découverte  lyonnaise en date (merci Ninie !), voilà Lux’s Dream, « projet solo en trio voix-piano-synthé » (ce sont ses propres termes) de Sacha Navarro-Mendez, dont le dernier aboutissement est ce ’Tako Tsubo Ep’ sorti il y a quelques semaines.

Au programme, 6 titres de pop électronique, dream (sublime Little Bean, chanson du jour lumineuse) mais pas que, car parfois heurtée, aux quelques élans vocaux punks (My Own Steps), hip-hop (la production autour du piano de Hollow Shell) mais qu'elle chante à chaque fois d'une voix belle et qui se renouvelle.
On trouve aussi sur ce 'Tako Tsubo Ep' un Winter Solstice où elle fait se rencontrer le piano de Sufjan Stevens et l’élégance de Joanna Newsom. Oui, les rêveries de Lux’s Dream sont faites de tout ceci.

Album : Tako Tsubo Ep
Année : 2017
Label : L’Affect Records & Archipel

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Little Bean de Lux's Dream est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de ce 'Tako Tsubo Ep' de Lux's Dream, voilà Winter Solstice :



mardi 12 décembre 2017

[Track of The Day] Animal Collective - Man of Oil

Après un ‘Painting With’ en 2016, disque musicalement toujours très fouillé (ou fouillis pour les haters) mais avec un chant pop au possible et une volonté de composer des titres faciles et rapidement mémorisables, le groupe de Baltimore est revenu cette année avec deux Ep, qui respirent comme rarement chez eux la sérénité.

Totalement passé à côté, remercions avant tout Ariane qui m’a remis dans le droit chemin. Deux disques bien différents l’un de l’autre : d’un côté, ‘The Painters Ep’, qui se veut dans la lignée de ‘Painting With’, où les voix se croisent et se rebondissent dessus dans un ensemble très pop, même si les Animal Collective ralentissent l'allure.

De l’autre, ‘Meeting of The Waters Ep’, disque enregistré uniquement par Avey Tare et Geologist. Un album contemplatif à souhait, comme un retour aux sources, bricolé et aérien, d’où se dégage un Man of Oil absolument parfait (en écoute aujourd'hui), à la mélodie douce et simple, mais où la production continue de fourmiller de détails légers. Et mieux, la voix d’Avey Tare rappelle celle de Stephen Malkmus.

Album : Meeting of The Waters Ep
Année : 2017
Label : Domino


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Man of Oil d'Animal Collective est également en écoute ci-dessous :



Histoire de bien faire les choses, voilà Jimmy Mack, extrait de ‘The Painters Ep’ d’Animal Collective :


lundi 11 décembre 2017

[Track of The Day] Jason Molina - Solitude (Black Sabbath cover)

L’an passé, Secretly Canadian avait mis en vente un 45-tours de Jason Molina reprenant Townes Van Zandt, à l'occasion du Record Store Day, rendant à cette opération son vrai sens, dévoyé un peu plus chaque année. Deux chansons où Jason Molina rappelait comme jamais Jackson C. Frank.

Son label de toujours continue à aller piocher dans ce qui semble être d'innombrables archives du leader de Songs: Ohia décédé il y a déjà plus de 4 ans, en publiant un 45-tours de reprises de Black Sabbath.

Enregistrées à la fin des années 90, les deux chansons composant ce disque sont courtes (la seconde n'est d'ailleurs pas lisible sur le 45-tours, la face-B étant une œuvre gravée de Will Schaff), mais belle, intimiste (il y a sa guitare, sa voix et c'est tout), ténébreuse et sombre, à l'image de Jason Molina. Qu'est ce qu'il manque putain...
 
Album : The Black Sabbath Covers 7’’
Année : 2017
Label : Secretly Canadian

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Solitude de Black Sabbath mais par Jason Molina est en écoute ci-dessous :




Pour finir, voilà la version originale de Solitude par Black Sabbath :


vendredi 8 décembre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Tonya Harding (in Eb major)

Mercredi, alors que la France perdait son héros national, Sufjan Stevens sortait deux versions d’une même chanson consacrée à Tonya Harding, la patineuse américaine à l’origine du plus gros scandale de ce sport lorsqu’elle avait envoyé quelqu'un tenter de fracasser à coups de barre à mines les jambes de Nancy Kerrigan, son équipière (et concurrente) d’alors en sélection nationale, ce juste avant les Jeux Olympiques de Lillehammer de 1994.

Dernièrement, dans le monde merveilleux de l'Internet, nous étions d'ailleurs quelques uns à deviser sur le sujet à l’occasion de la future sortie d’un biopic consacré à Tonya Harding (bande-annonce plus bas). Et nous nous étonnions que, pour un pays si enclin à mettre sur pellicule le moindre moment de gloire ou de descente aux enfers de ses concitoyens, il n’y avait pas eu à ce jour un film retraçant l’histoire tumultueuse (car l’histoire de Tonya Harding ne s’arrête évidemment pas au cassage de jambes de sa compatriote) de cette patineuse pas comme les autres.

Ce film va donc voir le jour et s’appellera ‘I, Tonya’. Sufjan Stevens, qui semble sincèrement aimer la patineuse de l’Oregon, a offert au producteur du film deux versions d’une chanson, simplement nommée Tonya Harding. Mais il semblerait que l’équipe du film ne lui ait pas trouvé de place. Pourtant (et le clip le prouve, voir plus bas), cette chanson, en plus d’être une vraie déclaration d’amour à la patineuse («  So fight on as you are My American princess May God bless you with incense You’re my shining American star »), possède une vraie force cinématographique.

Que ce soit dans sa version D Major ou Eb Major, Sufjan Stevens continue ici de tracer le sillon de ‘Carrie & Lowell’. Délicat, chanté d'une voix presque aérienne, Tonya Harding est une belle composition, dont la sincérité de Sufjan Stevens transpire de toutes parts.
Ces deux morceaux s'accompagnent aussi d'un long texte intitulé « Tonya Harding, My Star » revenant sur la vie de la championne américaine et sur les raisons de l'attachement de Sufjan Stevens à la star déchue (à lire ici), lui qui avoue essayer d'écrire sur elle depuis l'âge de 15 ans.

Ce Tonya Harding (qui sortira en 45-tours début 2018) prouve en tout cas que plus les années passent et plus Sufjan Stevens aime à sortir des chansons comme ça, au débotté. Ne suivant que son instinct et souhaitant autant partager ses nouveaux albums, des disques live, des compilations de chutes de studios que des inédits vieux de 10 ans. Qu'il en soit remercié à nouveau.

Album : Tonya Harding 7''
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Tonya Harding (in Eb major) de Sufjan Stevens, très dépouillée, est également en écoute ci-dessous :



Tonya Harding (in D Major), l'autre version de ce 45-tours, plus orchestrée et plus lente, est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Tonya Harding (in D Major), sur des images de la patineuse en 1990 lors des championnats de patinage des États-Unis :




Pour finir, la bande-annonce de ‘I, Tonya’, le film à venir sur Tony Harding, sans chanson de Sufjan Stevens donc :



jeudi 7 décembre 2017

[Track of The Day] Bill Baird - Never Go Home Again

En réponse à Aidan Baker et ses innombrables sorties (celui qui connaît toute sa discographie a mon respect le plus immense), voilà Bill Baird, artiste découvert grâce à Benthom de Benzine.

On n’est pas forcément sur le même nombre de sorties, mais quand même : trois albums rien qu’en 2017 pour ce musicien texan assez prolixe, que ce soit en groupe ou son son propre nom.

Pour être tout à fait honnête, ses deux premiers disques ne sont pas véritablement renversant. 'Baby Blue Abyss' n'ayant pas un intérêt dingue, concentrons-nous sur 'Easy Machines', le premier sorti en 2017. Un disque finalement anecdotique, manquant de cohérence et d’unité, pas toujours inspiré, mais où Bill Baird garde le meilleur pour la fin.

Car pour clore 'Easy Machines', le texan pond deux chansons particulièrement réussies. So Says Me, indie-pop aux guitares qui ne semblent jamais vouloir s'arrêter de riffer. Et un Never Go Home Again (en écoute aujourd'hui) qu'on dirait tout droit sortie de l'esprit des We Are Catchers

C'est peu mais elles ont le pouvoir assez fou de donner envie de réévaluer 'Easy Machines'. Sauf qu'à la réécoute, le constat reste le même sur les 8 premières pistes. Jusqu'à ces deux chansons donc, qui donne envie, etc. Un cercle sans fin. De l'intérêt de toujours soigner la fin d'un album en somme.

Album : Easy Machines
Année : 2017
Label : Talk Show

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Never Go Home Again de Bill Baird est également en écoute ci-dessous : 


Et voilà donc la deuxième chanson très réussie de ce 'Easy Machines' de Bill Baird, So Says Me :