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lundi 10 septembre 2018

Deafheaven - Ordinary Corrupt Human Love [ANTI-]

Il y a des chansons qui vous font prendre conscience de la force d’un disque. Oh, pas celles qui sont tellement au-dessus qu’elles écrasent le reste des compositions. Non, celles qui subjuguent, celles qui ont ce petit quelque-chose un plus, un rien, ce moment où tout bascule, et qui font passer un album de « réussi » à « mémorable ».

Canary Yellow est de celles-ci. Elle se trouve sur le dernier album de Deafheaven, quatuor de San Francisco, auteur en 2013 de 'Sunbather', disque absolument fascinant, incroyable maelström musical de post-rock, guitares shoegaze, black métal et voix d’outre-tombe.

Canary Yellow est le troisième morceau de 'Ordinary Corrupt Human Love' et le plus long de ce quatrième effort de Deafheaven. C’est surtout une chanson en trois temps. Un début post-rock avec une lente montée progressive qui amène à un déferlement de guitares et de hurlements. Et puis arrive cette huitième minute. La fureur se calme sur quelques accords de guitares ; ce sont ces accords là qui font passer la chanson - et donc l’album - dans une autre dimension. Car si le feu des guitares et le martèlement de la batterie reprennent de plus belle, la mélodie, elle, reste et va mener les 4 dernières minutes à la baguette. Mieux, sur la fin, Deafheaven rajoute encore des couches de guitares, augmente la puissance du son et amène des chœurs inattendus et à faire frissonner d’émoi. Et quand les dernières notes de guitares s’évanouissent, le choc est total. Canary Yellow est sans doute la chanson de l'année. Une sorte de The Pecan Tree mais puissance 10.

C’est donc cette deuxième partie qui envoie 'Ordinary Corrupt Human Love' parmi le sommet des disques écoutés ces derniers temps - et par « derniers temps » je ne parle pas de quelques semaines ou de quelques mois. Car le reste est au même niveau que Canary Yellow. Sans doute plus facile d’accès que ses prédécesseurs, il tranche avec le reste de la discographie de Deafheaven. Post-rock, black-metal, hard-rock, presque prog par moments, limite pop (You Without End qui ouvre notre affaire ou Night People pour un duo avec Chelsea Wolfe tout en retenue) et toujours avec ce « chant » guttural et hurlé, 'Ordinary Corrupt Human Love' est surtout un album clair-obscur incroyablement mélodieux, à la puissance époustouflante. Jamais guitares et hurlements n’auront été aussi lumineux et mélancoliques. (Sortie : 13 juillet 2018)

Plus :
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est en écoute sur leur bandcamp
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est à l’achat sur leur bandcamp
'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven est en écoute (notamment) chez Deezer et Spotify
Si vous ne deviez lire qu'une seule chronique de 'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven, celle de pitchfork est particulièrement conseillée

Trois titres en écoute de 'Ordinary Corrupt Human Love' de Deafheaven, et pas les plus courts évidemment. Forcément, à tout seigneur tout honneur, Canary Yellow et ses 12'17" est essentielle. You Without End, presque pop, est une très belle porte d'entrée pour un album comme celui-ci. Et tant qu'à faire, finissons par Worthless Animal, la chanson qui clôt le disque :




Et pour finir, voilà le clip de Night People, sans doute la chanson la plus calme jamais enregistrée par Deafheaven, et, ce qui ne gâche rien, avec la participation de Chelsea Wolfe. Et premier single de 'Ordinary Corrupt Human Love' :



lundi 3 mars 2025

[Track of The Day] Deafheaven - Heathen

Sans doute parce qu'ils ne se contentent pas de rester dans un carcan (il y a autant chez eux autant de black-métal que de post-rock et de shoegaze) et qu'ils arrivent à plaire à une frange plus large d'auditeurs, les américains de Deafheaven n'ont pas très bonne presse auprès des amours de métal et de ses dérivés. Est-ce pour cela qu'ils viennent de signer chez un des plus gros label du genre, Road Runner Records, sur lequel ils sortiront leur sixième album en 28 mars prochain ? Possible.

Il n'est cependant pas dit que cela fera plier les plus récalcitrants, et encore moins à l'écoute du deuxième single extrait de ce 'Lonely People With Power' à venir, Heathen. Une chanson qui démarre comme un morceau d'indie-rock au chant pop, mais qui dès le refrain part vers des horizons beaucoup plus blackgaze, avec guitares et voix gutturale et d'outre-tombe. Cinq minutes imparables où Deafheaven joue le froid et le chaud, sans jamais laisser la mélodie de côté. Une chanson qui n'a certes pas la puissance d'un Canary Yellow, mais très réussie et qui résume bien la musique de ce groupe, ô combien à part et ô combien brillant. Quoique peuvent bien en penser les fans de métal.

Album : Lonely People With Power
Année : 2025
Label : Roadrunner Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Heathen de Deafheaven est à écouter via son clip ci dessous :

Le clip de Heathen, second extrait de 'Lonely People With Power', prochain album à venir de Deafheaven : 

jeudi 25 juillet 2013

[Track of The Day] Deafheaven - The Pecan Tree

Américain, Deafheaven est un groupe originaire de San Francisco qui marie le black métal (les hurlements du chanteur), les guitares shoegaze et les ambiances post-rock. Et il le fait à merveille.

Auteur d'un premier album 'Roads to Judah' (dont je n'ai pas entendu parler), les revoilà avec un second disque, 'Sunbather' qui m'a scotché de bout en bout. Toujours chez Deathwish, le label de Converge.

Fort d'une construction très solide et bien pensée (les respirations qu'ils s'octroient entre des morceaux dégageant une énergie implacable se mêlent habilement avec le reste de l'album), n'oubliant jamais de jouer la carte de la mélodie, cet album est incroyable.

Et pourrait en fait se résumer à sa dernière chanson, The Pecan Tree, monument de près de 12 mns (et en écoute aujourd'hui).
Un titre qui regroupe à lui seul toutes les sensibilités qui parcourent cet album : les hurlements du chanteur planent au-dessus d'une mêlée composée de sonorités métal (au départ), puis les guitares shoegaze débarquent prendre la relève avant que Deafheaven enfonce un clou final avec un post-rock aussi mélodique (dans sa première partie) que d'une énergie folle et nerveuse (seconde partie).

Alors oui, les hurlements pourraient en rebuter certains. Mais je vous en conjure, écoutez au moins The Pecan Tree, faites fi de vos réticences et succombez à l'artillerie lourde des Deafheaven. Car ce disque est fou, beau et est une découverte comme je n'en avais pas connue depuis un petit moment déjà.

Album :  Sunbather
Année : 2013
Label : Deathwish Inc.


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Une petite vidéo de 8mns sur l'enregistrement de 'Sunbather' est à voir ci-dessous :


En plus de The Pecan Tree, un autre extrait de ce second album des Deafheaven. Il s'agit de la chanson titre. Dix minutes là aussi, hurlante tout du long :

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !



mercredi 6 novembre 2019

[Track of The Day] Touché Amoré - Deflector

« On vient de vous jouer 26 titres en 1h. Les Deafheaven en joueront 6 pour la même durée ». C'est par ces mots que Jeremy Bolm, chanteur de Touché Amoré, conclut il y a quelques semaines le set de son groupe sur la scène de L'Epicerie Moderne. Partageant l'affiche plus qu'ouvrant pour leurs compatriotes de San Francisco si aimés dans ces pages, le quintet de Los Angeles n'aura pas fait dans la dentelle, venant en découdre dans la fosse dès le premier titre, fracassant les peaux de sa batterie et envoyant un rythme effréné, pleins d'hurlements, de guitare et de basse. Une vraie découverte. Touché Amoré aura profité également de cette tournée pour présenter son dernier single en date, Deflector, assurément la chanson la moins hardcore de leur set du soir, mais pas la moins efficace (en écoute aujourd'hui).

Et les Deafheaven me direz-vous ? Ils ont été à la hauteur de la classe de leur discographie. Ils auront bien joué 1h, ils auront bien joué 6 titres, arrivant à recréer l’ambiance incroyable que l'on peut retrouver sur leurs diverses productions. Et confirmant s'il était besoin que Canary Yellow, sur disque ou sur scène, reste la plus grande chanson du monde.

Album : -
Année : 2019
Label : Epitaph


En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), Deflector de Touché Amoré est également en écoute ci-dessous :



mercredi 10 mai 2017

[Track of The Day] Jambinai - Connection

C’est fou ce que je voyage dernièrement. Musicalement s’entend, évidemment. Dernière halte en date, la Corée du Sud, avec Jambinai, trio de son état et qui débarque dans nos contrées occidentales. L’an passé, Bella Union avait publié leur deuxième album, 'A Hermitage'. Passé à côté, je me rattrape avec la réédition de leur premier album sorti en 2012, et que les mêmes Bella Union ressortent ces jours-ci.

Deux différences entre la première sortie et cette réédition : les noms des morceaux (en coréens) ont été traduits et la pochette passe d’un amas de pétale de fleurs à l’horizon infini d’une mer d’huile.

Cet album de Jambinai mérite d’être écouté. Peu de chants (deux titres en comptent), une ambiance post-rock, composée d’instruments traditionnels, quasi-folk, d’autres moments plus hargneux, métal même, qui rappellent aussi bien Deafheaven (les hurlements en moins) que Mono. Et puis il y a Connection, neuvième et dernier morceau de ce 'Differance', longue montée (près de 10mns) progressive, langoureuse, mélodique et très bien menée. Et qui termine en beauté cette bien belle découverte.

Album : Differance
Année : 2012 / 2017 (réédition)
Label : GMC / Bella Union (réédition)


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En plus des lecteurs Spotify et Deezer à gauche, Connection de Jambinai, qui clôt ce 'Differance' est également en écoute ci-dessous :


Autre titre marquant de ce 'Differance' de Jambinai, Grace Kelly, sorte de mix entre métal et lmath-rock. Puissant :


samedi 30 décembre 2017

Bilan 2017 : Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »


Après deux ans sans bilan (il faudra que je les finisse un jour d’ailleurs), retour aux bonnes vieilles habitudes avec les traditionnels top de fin d’année, qui fleurissent un peu partout depuis plus d’un mois. Comme le veut la tradition, cela se passera en trois temps : aujourd’hui le top des « Ep & Co ». Puis le top « Morceaux » et enfin le top 50 des albums qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant cela, quelques liens vers d’autres tops de sites ou de blogs voisins (ou non) :
Hop-Blog
Pinkushion (Rédaction)
La Musique à Papa
Last Stop ? This Blog !
New Noise

Voilà donc la première partie, qui présente donc mes 15 EP, 45-tours, compilations et autres rééditions favoris de l’année. De belles découvertes, des confirmations toujours plus nombreuses et deux disques qui auraient mérités de figurer tout en haut d’un classement de tous formats confondus. C’est ci-dessous.
 
Pour info, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés.
Bonne(s) écoute(s) !

Extended Play (Ep)


Animal Collective - Meeting of The Waters Ep
La preuve qu’il faut toujours attendre un peu avant de faire le bilan d’une année. Mis au courant fin novembre par Ariane qu’Animal Collective avait sorti dans l’année deux nouveaux Ep, j’ai eu la chance de me rattraper. Deux beaux disques dont ma préférence va fortement vers 'Meeting of The Waters Ep'. Un disque contemplatif à souhait, aussi bricolé qu’aérien, avec seulement Avey Tare et Geologist aux manettes. Et même sans Panda Bear et Deakin, le duo en profite pour publier une des plus belles chansons de l’histoire du groupe, Man of Oil. Rien que ça oui.
Label : Domino

Barbarie Boxon - Ciel Bleu Ep 
Ma découverte avec Freaksville Records aura été une grande source de réjouissance. Car en plus de Benjamin Schoos (voir plus bas), ce label belge m’aura permis de tomber amoureux du duo Barbarie Boxon, auteur de son deuxième disque en sept années d’activité. Pop pas toujours linéaire, aux influences aussi Gainsbourgienne que Tricatel-ienne, elle est excessivement ensorcelante.
Label : Freaksville Records

Man At War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep
Véritable coup de cœur foudroyant, Man at War est un artiste dont on fait encore très peu de cas, que ce soit chez nous ou chez lui, à Portland. Pourtant, Ryan Rebo a des mélodies à faire pâlir plus d’un artiste aujourd’hui. Son ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’, plein de pop, de folk et de mélodies simples et justes, est une des plus belles choses entendues cette année. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le premier.

The Music Tapes - The Orbiting Human Circus Ep
Julian Koster, ex-membre de feu Neutral Milk Hotel et de Elephant 6, est derrière ce projet anachronique, né d’un podcast à succès aux États-Unis. Enregistré avec des outils d'époque (un enregistreur à fil des 30s, une presse des 40s, un magnétophone des 60s), très lo-fi que ce soit dans le chant ou dans les arrangements, agrémentés de cuivres et d’accordéon, reprenant également le fameux J’attendrai, 'The Orbiting Human Circus Ep' sonne comme s’il venait tout droit de 1935. Et c’est aussi beau que passionnant.
Label : Merge

Kamasi Washington - Harmony of Difference Ep
Saxophoniste californien de 34 ans, Kamasi Washington m’était jusqu’alors inconnu. Acheté sur les éloges d’amis, son ‘Harmony of Difference Ep’ n’aura eu besoin que de quelques minutes pour s’imprimer dans mon pavillon. Jazz soulful au possible, ce disque respire la classe et les influences aussi bien étalées qu’assimilées. Mieux, il garde le meilleur pour la fin en composant Truth, chanson de 14 mns, qui fait déjà figure de classique. 'Harmony of Difference Ep' aurait été un LP, il aurait sans doute fini sur le podium de mon top album. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le second.
Label : Young Turks


7" - 45-tours

Jetstream Pony - Like You Less 7"
Projet parallèle de Beth Arzy, chanteuse de The Luxembourg Signal, Jetstream Pony est une formation qui devrait faire parler d’elle en 2018. Car mis sur orbite par ce 'Like You Less 7"', il serait vraiment dommage de passer à côté de ces deux chansons, tantôt noise-pop (comme si Broadcast avait enregistré ses albums en 1986), tantôt mené par une guitare lourde rappelant furieusement les Wedding Present.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten

The Luxembourg Signal - Laura Palmer 7"
Découvert grâce à leur venue au Paris Pop Fest, The Luxembourg Signal est un septet américain originaire de Portland (décidément, quelle année !) qui aura illuminé mes oreilles notamment grâce à ce 45-tours et surtout grâce à Laura Palmer, sa face-A, sublime titre de six minutes entre dream-pop, indie-pop et shoegaze, au final merveilleux qui voit s’empiler les guitares. Nul doute qu’on retrouvera sa trace dans quelques jours, pas loin de la tête de mon « top singles ».
Label : Shelflife Records

Jason Molina - The Black Sabbath Covers 7"
Secretly Canadian, en plus de bichonner les rééditions de ses albums avec Songs: Ohia, propose depuis deux ans des 45-tours inédit de Jason Molina, décédé depuis 5 ans bientôt. L’an passé, ils avaient mis en lumière l’américain reprenant Townes Van Zandt. Cette année, c’est au tour de Black Sabbath. Deux chansons très courtes, simples et intimistes mais dont quelques secondes suffisent à comprendre pourquoi Jason Molina manque plus que jamais.
Label : Secretly Canadian

Sufjan Stevens - Tonya Harding 7"
En 2017, on aura donc appris que Sufjan Stevens est fan (et on est encore loin de la vérité) de Tonya Harding, patineuse américaine pas comme les autres dont le principal fait de gloire fut de tenter de faire casser les jambes de sa compatriote et équipière de l’époque, Nancy Kerrigan. Il lui a ainsi composé une chanson, qu’on retrouve dans deux versions différentes sur ce 45-tours (à sortir physiquement dans quelques semaines). Dans la veine de son magnifique 'Carrie & Lowell', ce 'Tonya Harding 7"' est d’une douce et aérienne beauté qui transpire la sincérité.
Label : Asthmatic Kitty


COMPILATION

Matinée Recordings - Matinée Idols
Afin de fêter ses 20 ans, le label de Santa-Barbara Matinée Recordings n’aura pas eu l’idée du siècle : sortir une compilation de titres des artistes issus de son roster. Mais qui en a cure ? Le résultat est passionnant. Tous les groupes présents ont participé avec soit un nouveau morceau, un inédit perdu dans des sessions d’enregistrements oubliées ou via un ré-enregistrement d’un de leurs anciens titres. Et le résultat est de qualité, rempli de chansons classes au romantisme plein de guitares. De l'indie-pop de grande qualité en somme.
Label : Matinée Recordings

Olive Grove Records - From Olive Us To Olive You
Compilation de Noël sortie juste avant les fêtes, 'From Olive Us To Olive You' est un disque caritatif composé par des artistes essentiellement venus du roster d’Olive Grove Records, le label derrière tout cela. Pop, twee et tout le toutim, cet album est tellement réussi qu’il se pourrait qu’on le ressorte bien plus souvent que deux semaines par an.
Label : Olive Grove Records

Benjamin Schoos - Profession Chanteur
Comment ai-je fait pour passer à côté de ce Benjamin Schoos depuis 5 ans ? Comment ai-je pu ne pas voir son nom mentionné ici et là par d’autres, bien plus au courant que moi ? Car Benjamin Schoos tient depuis sa découverte le haut du pavé dans la chanson francophone (notre homme est belge) dans mon panthéon personnel actuel. Rappelant à la fois Bertrand Burgalat pour les idées pop, Charlélie Couture ou encore Alain Chamfort, s'entourant de featuring de grande classe (Je ne vois que vous avec Laetitia Sadier est un miracle à elle toute seule), Benjamin Schoos, via ce 'Profession Chanteur', best-of de ses trois précédents albums, est une découverte essentielle.
Label : Freaksville

Sufjan Stevens - The Greatest Gift
Oui, encore Sufjan Stevens. Je ne cite jamais deux fois le même groupe/artiste dans ces tops de fin d’année, mais là, je n’ai pas eu le choix. La faute à une année remplie pour un des artistes préférés de ces pages. 'The Greatest Gift' est un disque compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites tirées de 'Carrie & Lowell'. Et quand des chutes de studios sont de cette qualité et de cette beauté là, on sait deux choses : que l’artiste en question ne nous prend pas pour des pigeons. Et qu’on a affaire à un des plus grands.
Label : Asthmatic Kitty
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RÉÉDITION 
 
Jambinai - Differance
Jambinai est un trio sud-coréen dont le premier album sorti en 2012 aura été réédité cette année par Bella Union. Dans une ambiance post-rock, parfois quasi-folk ou métal, composé à partir d’instruments traditionnels, Jambinai rappelle aussi bien Deafheaven que Mono. Mieux, le groupe n’oublie jamais de distiller des mélodies. Grande découverte.
Label : Bella Union


Radiohead - OKNOTOK 1997-2017
Devenu chiant comme la pluie depuis 15 ans à quelques rares fulgurances près, il ne faudrait pas oublier qu’à une époque, Radiohead était intouchable. Et la réédition de leur chef d’œuvre et album majeur 'Ok Computer' est venue nous le rappeler. Si tout a déjà été dit sur l’album en question, attardons nous quelques lignes sur la partie 'NOTOK' de cette réédition, qui contient les faces-b de l’époque mais surtout trois inédits enfin dévoilés, et dont le très attendu Lift se fait voler la vedette par un I Promise et un Man of War merveilleux. Oui, à l’époque, Thom Yorke et sa bande marchaient sur l’eau.
Label : XL Recordings


Chose promise, chose due, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.