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vendredi 30 août 2019

[Track of The Day] The Rails - Save The Planet

Comme souvent (ou au moins parfois), l'histoire musicale  The Rails est une histoire de couple, de famille et de musique. Voilà donc The Rails, composé de Kami Thompson et de son mari James Walbourne. Si le second est un ancien membre des Pretenders et des Pogues, la première n'est ni plus ni moins que la fille de Linda et Richard Thompson, guitariste fameux des années 60/70, notamment au sein de Fairport Convention.

Produit par Stephen Street, 'Cancel The Sun' est le troisième album du duo anglais. Un disque d'alternative-rock/folk dirons-nous, découvert via « J'écoute une K7 de la vedette » et qui ne m'a pas renversé, The Rails n'arrivant pas à pondre des mélodies qui font mouche sur la longueur. Reste tout de même Save The Planet, chanson qu'on peut lire de plusieurs façons dont une (et c'est sans doute le but du duo) diablement d'actualité, vu qu'il chante « Save The Planet, Kill Yourself ». Une solution somme toute radicale mais que The Rails contrebalance en toute fin de morceau avec son exact opposé : « Kill The Planet, Save Yourself ». A chacun désormais de choisir son camp. Mais il sera forcément celui des perdants. 

Album : Cancel The Sun
Année : 2019
Label : Thirty Tigers / Psychonaut Sounds


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Save The Planet de The Rails est également en écoute ci-dessous :


Premier single de 'Cancel The Sun' de The Rails, voilà Mossy Well :



samedi 19 juillet 2008

[Oldies] Nick Lowe – Jesus of Cool (1978)

Après quelques semaines infernales qui m’ont laissé dans l’incapacité totale d’écrire une chronique (en plus) tous les sept jours pour (re)présenter dans ces pages un album oublié (ou non), je réactive la partie ‘Oldies’ de ce blog, qui justement commençait à se faire un peu vieille.

Histoire de repartir du bon pied, mettons en avant un disque qui 1) fête ses trente ans 2) vient d’être superbement réédité et 3) est une sacré découverte de ce premier semestre 2008 : ‘Jesus of Cool’ de Nick Lowe. Un artiste qui ne connaîtra la «gloire» que très tardivement, au début des années 90, grâce au succès d’un film sirupeux à souhait, Bodyguard, dont le morceau (What’s So Funny ‘bout) Peace, Love and Understanding, composé dans les années 60, fut repris par Curtis Stigers et inséré dans la bande-originale (soit dit en passant la plus vendue de l’histoire).

Mais avant d’être l’ami indirect de Whitney Houston et de Kevin Costner, Nick Lowe est avant tout un artiste pop par excellence, un homme qui se cache derrière certains des grands disques de ces 35 dernières années (dont celui-ci).

Né en 1949 à Walton-on-Thames, fils d’un officier de la British Royal Air Force, l’Anglais développe très vite une passion et un intérêt grandissant pour la musique avec son ami de toujours, le guitariste Brinsley Schwarz. Ces deux là monteront bon nombre de groupes, dont le plus «célèbre» reste Kippington Lodge, un band très pop à guitare, qui dégotera un joli contrat avec Parlophone en 1966, donnant naissance à cinq singles depuis longtemps passés aux oubliettes de l’histoire de la musique.

Trois ans plus tard, en 1969, les Kippington Lodge changent de nom et deviennent les Brinsley Schwarz, pondent une musique mêlant Crosby, Stills & Nash et The Grateful Dead et signent un contrat chez United Artists. Ratant le succès d’un rien, et au lieu de s’appesantir sur cet échec, les Brinsley Schwarz relativisent, retournent aux racines et se mettent à jouer, énormément, dans les pubs, avec une envie et besoin, et sans aucune pression aucune. En initiant ce mouvement, les Brinsley Schwarz ne le savent pas encore mais ils viennent de créer une caisse de résonance incroyable à un mouvement qui frétille en Grande Bretagne : le punk.

En 1976, toujours sous contrat avec United Artists, et alors que l’on vient de prononcer la mort des Brinsley Schwarz, Nick Lowe décide de quitter la massive structure pour rejoindre Stiff Records, un tout nouveau label indépendant. Las, UA lui met rapidement des bâtons dans les roues, ne le libère pas de son contrat et l’oblige à sortir de nouveaux singles. Vu que notre homme n’est pas le dernier des plaisantins, il s’amuse alors à sortir des disques improbables, espérant se faire virer sans ménagement. Mais quand il enregistre, sous le nom de Tartan Horde un single débile, niais et infantilisant au possible (il faut écouter les paroles pour le croire !) Bay City Rollers We Love You, le titre devient un tube au … Japon ! Et ce n’est qu’en sortant Let’s Go To The Disco sous le nom The Disco Brothers, que Nick Lowe se fait jeter d’UA et part signer dans la foulée chez Stiff Records et y enregistrer, pour une poignée de pounds, ce que certains considèrent être le premier single punk de l’histoire anglaise : So It Goes couplé avec Heart of the City.

Et c’est paradoxal. Car, bien que très porté vers la pop, Lowe se tourne donc franchement vers ce mouvement naissant. Et en devient un des pères. Il produit ainsi le premier album des Damned, ‘Damned Damned Damned’ (et premier album punk anglais de l’histoire), puis les quatre premiers disques d’Elvis Costello (dont le brillantissime ‘This Year’s Model’). Rien que ça.

Il retourne ensuite vers la pop via ‘The Bowi Ep’, blague potache «en réponse» au ‘Low’ de David Bowie, sorti quelques moins plus tôt. En 1978, alors qu’il vient de signer chez Radar Records, il sort enfin son premier album solo, ‘Jesus of Cool’. Dès la réception du disque, toutes les critiques sont unanimes : c’est un chef d’œuvre. Qui ne trouvera pourtant jamais vraiment son public, aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis (où le disque sortira sous le nom de ‘Pure Pop For Now People’, avec un tracklisting et une pochette différent). Et pourtant, il a tout plaire.

Car dans ce ‘Jesus of Cool’, il y en a pour tous les goûts : du punk (Heart of The City, voir plus bas), du glam (Tonight, où plane l’ombre de David Bowie, voir plus bas-bis), beaucoup de pop (I Love The Sound of Breaking Glass, son premier top 10 hit single, voir plus bas-ter, ou Marie Provost, aux sonorités Beach Boys-ienne), du rock à la manière des pionniers (Shake and Pop), un brin de ska/reggae (No Reason), et même presque du disco sur Nutted by Reality. Bref, un album hétéroclite mais à l’homogénéité surprenante. Car tout se tient et tout s’enchaîne sans choquer. Tout coule. Nick Lowe est un mélodiste de talent, un producteur hors-pair et cela se ressent à l’écoute de ce ‘Jesus of Cool’.

Que deviendra t-il après ce disque là ? Il en sortira d’autres bien sûr, mais ils frapperont beaucoup moins les esprits et auront encore moins de succès. Parallèlement, il en profitera pour produire le premier single des Pretenders, Stop Your Sobbing, épouser Carlene Carter (la belle-fille de Johnny Cash), tomber dans l’alcool, s’en sortir, produire à nouveau Costello, et voir les millions s’accumuler sur son compte en banque grâce à Kevin Costner.

Depuis cette période, il vit tranquillement, sortant des disques quand bon lui semble et dans le style qui lui plaît. De toutes façons, tout ce qu’il pourra enregistrer n’arrivera jamais à la cheville de ce bijou de pop, de rock et de glam qu’est ‘Jesus of Cool’. Un album brillant, trop peu connu pour être honnête, qui fête aujourd’hui ses 30 ans, de la part d’un pop-man génial, à la trajectoire musicale fluctuante et à l’importance indéniable.

Première sortie: Mars 1978 [Radar]
Réédition: Février 2008 [Yep Roc] (à noter que la réédition est accompagnée de 10 titres bonus de grande qualité et qui prolongent bien l'écoute de l'album original)


Son :
Myspace
Myspace bis
Site officiel

Et comme, même après des semaines d’absence, je ne perds pas mes bonnes vieilles habitudes, voilà trois titres en écoutes : le très pop I Love The Sound of Breaking Glass, le glam Tonight et le punk Heart of the City (dans sa version live). Histoire d’apprécier toute la palette (immense) du talent de Nick Lowe :


lundi 24 janvier 2011

[Track of The Day] Anika - I Go to Sleep (The Kinks cover)

Passé totalement à côté de cette sortie l'an passé, c'est par I Go to Sleep, perdu dans la dernière newsletter de Stones Throw (distributeur de l'album aux États-Unis) que je découvre Anika. De son vrai nom Annika Henderson, Anika est une journaliste politique aussi allemande qu'anglaise qui vient s'acoquiner et poser sa voix sur les productions de Geoff Barrow (tête de proue de Portishead) et de son nouveau groupe Beak.

Je n'ai jusque là écouté que la reprise des Kinks (et non pas des Pretenders comme indiqué par erreur), I Go to Sleep. Mais cette version très sombre, étouffante et marqué du sceau de la no-wave, du morceau du groupe de Ray Davies, lui enlevant tout lyrisme, est très aguicheuse. Pas sur que le tout tienne sur la longueur d'un album (surtout que la belle blonde reprend le sublime Masters of War de Bob Dylan et j'avoue de prime abord être sceptique) mais cette chanson vaut le détour. 

Album: Anika 
Année: 2010 
Label: Invada

jeudi 10 février 2011

Anna Calvi - Anna Calvi [Domino]

Anna Calvi ou la petite jeune femme qui fait débat. A ma droite, les amoureux de cette londonienne, nouvelle venue sur la scène musicale indé et signée chez Domino, qui voient en elle une nouvelle Patti Smith ou PJ Harvey, qui aiment son charme, sa voix et son premier album. Une fan-base qui compte, hormis les médias classiques qui lui ont tous (ou presque) tressés des lauriers ici ou à l'étranger, des gens bien comme Nick Cave, Brian Eno ou même… Jessica Alba (oui je sais, pour cette dernière, on s'en fout).

A ma gauche, ses détracteurs. Ceux qui trouvent qu'elle geint plus qu'elle ne chante, qu'elle n'est qu'un ersatz de PJ Harvey ou d'autres "rockeuses" passées, que ses chansons ne sont que des resucées bien fadasses de titres et de mélodies déjà mille fois entendus. Et que l'emballement médiatique (le nerf de la guerre est là) autour de cette jeune femme est totalement injustifié. Des détracteurs qu'on découvre essentiellement sur le net et dans la blogosphère.

Où est la vérité? A mes oreilles, au milieu. Milieu plus même. Car même si je m'attendais ici à quelque-chose de plus écorché, de plus punk, de plus hurleur; même si je ne suis pas totalement convaincu par ce premier album d'Anna Calvi; même si je lui trouve quelques temps faibles et des passages qui auraient mérités d'être plus rentre dedans, j'avoue avoir été plutôt conquis, aussi bien par la voix de l'anglaise (elle chante bien, n'en fait pas des caisses alors qu'il y avait matière à), ses compositions (de Desire à First We Kiss, de Suzanne & I à No More Woods) que par son rock sombre, électrique, rêche voire parfois voluptueux.

Plus que PJ Harvey (et dont l'ancien comparse Rob Ellis est présent à la production de cet album d'Anna Calvi, ceci expliquant sans doute cela) ou Patti Smith citées ici ou là, j'y vois personnellement plus l'ombre de Jeff Buckley (The Devil) et surtout de Chrissie Hynde autant dans le chant dans des certaines orientations musicales un peu plus lourdes.

Finalement, beaucoup de réactions face à son disque sont la preuve que l'industrie musicale et tout ce qui gravite autour a bien changé. Certains encensent un album honnête, tentant de surfer sur un buzz pour vendre plus. Et d'autres détruisent l'affaire à coups de critiques assassines pleines de mauvaise foi, en reprochant en filigrane à Anna Calvi de ne pas avoir sorti un album révolutionnaire et qui fera date dans l'histoire de la musique.

Je ne pense pas qu''Anna Calvi' est un album qui restera. Ce n'est en rien un chef d'œuvre et encore moins une bouse. Juste une belle entrée en matière pour - ce qui ne gâche rien - un joli bout de femme qui est en train de poser les bases d'une future discographie qui pourrait s'avérer être vraiment intéressante. Cette fille a quelque-chose. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Quatre chansons d''Anna Calvi' en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. Le presque susurré No More Woods et le Pretenders-ien Desire. (malheureusement plus en écoute)


Et pour finir le «clip» de Jezebel, premier single d'Anna Calvi sorti à l'automne dernier :