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jeudi 25 septembre 2008

Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]

Madlib et MF Doom sont dans un studio. Madlib et MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de 'Madvillain', pour patienter jusqu'au vrai 'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? Ça poutre. Et méchamment!

Mais reprenons les choses dans l’ordre. En 2004, Madlib, producteur émérite et poulain d’or de Stones Throw, s’enferme en studio avec le meilleur emcee de cette décennie, MF Doom, l’homme masqué et à l’histoire ambiguë aussi bien que tenue secrète, ainsi qu'avec une bonne dose de weed. Le résultat sera frappé du nom de Madvillain et ‘Madvillainy’ rentre dans l’histoire de la musique du XXIè siècle en «racontant» l’histoire de Madvillain, personnage de comic books (l’ambiance est vraiment basé là-dessus) entre hip-hop, jazz, sons rétro et samples à gogos. Un grand album, alliage réussit entre le flow de Doom et les prods sur mesure de Madlib, magnifié par une pochette qui en impose.

Encensé par tous (ou presque), le combo Madvillain promet de s’atteler rapidement à une suite des aventures de son «héros». Mais MF Doom se disperse, s’atèle à divers projets (le Danger Doom, des collaborations de tous les côtés) et le projet est remis aux calendes grecques.
Histoire de patienter, Stones Throw sort deux 12’’ de remixes, un concocté par Koushik (terriblement funky) et un second par Four Tet, absolument hallucinant de maîtrise (il faut écouter le remix de Great Day pour le croire) - et qui nous fait, soit dit en passant, plus qu’espérer et souhaiter une collaboration dans le futur entre Kieran Hebden et MF Doom.

Mais à part ça, rien. Madvillain semble s’être évanoui dans un nuage de weed. Et puis, au début de l’été, une newsletter de Stones Throw nous apprend, sans crier gare, que finalement Madlib a décidé, comme pour attendre, de sortir un remix de ‘Madvillainy’. Et qu'il appelle simplement 'Madvillainy 2: The Madlib Remix'.

Remixer son propre disque ? Un choix audacieux mais très risqué. Mais qui s’avère vite être une franche réussite. ‘Madvillainy 2: The Madlib Remix’ est un album de remix mais qui passe surtout pour … un nouvel album. Rien que ça. Madlib a récupéré les parties vocales de Doom et a changé toute la prod. Et part dans un délire complètement différent, plus soul, moins sombre, moins «comic», mais avec toujours ce côté jazzy, ces samples à tout va, ce crépitement continu du début à la fin du disque et ces ambiances qui rappellent certains passages de la série de ses 'Beat Kondukta'.

Bref, une totale réussite. Plus que redécouvrir le premier opus, on tombe vite sous le charme de sa suite. Une suite qui n'en est pas une tout en en étant une. Vous me suivez? Non? De toutes façons, tout deviendra plus clair dans quelques mois: Madlib et MF Doom serait actuellement en studio pour donner naissance au petit frère (officiel cette fois) de ‘Madvillainy’. Croisons les doigts certes. Mais il était temps. (sortie: 23 juillet 2008)

Son :
Myspace (deux titres de
‘Madvillainy 2: The Madlib Remix’ en écoute)
Site officiel

Et deux titres en écoute, plutôt court (même pas 5 minutes en cumulés) mais qui prouve toute l'étendue du talent de
Madlib, Can't Reform Em et Running Around with Another (malheureusement plus en écoute).

vendredi 28 mai 2010

[Track of The Day] Madvillain - Papermill

Ils ont du être en rade de beuh. Ou alors ils sont tombés sur de mauvais plants. C'est pas possible autrement. Car non, vous ne rêvez pas, Madlib et Doom se sont remis au boulot! Et Madvillain est à nouveau sur les rails! Incroyable!

Certes, Madlib avait su faire patienter son monde de fort belle façon en 2008 en remixant son propre album (un vrai must-have, voir ici). Mais rien ne vaut de nouvelles tracks de la part du duo Madlib/Doom, auteur de 'Madvillainy' en 2004, concept album au melting pot, à la production et au flow renversants, et meilleur album hip-hop de la décennie qui vient de se terminer.

Premier morceau à voir le jour, Papermill. Une chanson qui s'éloigne du Madvillain d'origine pour mieux se rapprocher de ce que Madlib avait pu retravailler il y a deux ans. Un Papermill court sur pattes (moins de 2mns) mais fortement prometteur, à base de soul-funk, comme Madlib les aime.

Alors oui, rien n'est fait et Stones Throw fait tout pour modérer l'enthousiasme des amoureux du premier album: «Papermill is the first release from the new Madvillain album which Doom & Madlib began recording in 2009. The album is currently a work-in-progress and will be released on Stones Throw Records». Mais même si cet album ne verra peut-être le jour qu'au printemps 2011, je ne peux m'empêcher de me dire: enfin! 

Album: unknown 
Année: 2010 
Label: Stones Throw 

Papermill est disponible gratuitement et légalement grâce à Adult Swim qui offre ce nouveau titre de Madvillain sur une page spéciale. Cliquez ici!

lundi 4 février 2008

Track of The Day (29 janvier-4 février 2008)

Une semaine sans nouveautés (merci deezer!), mais avec quelques classiques que mes poils au garde à vous sont assez heureux de pouvoir écouter (et toujours dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 4 février 2008:
* Damien Rice - The Professor & La Fille qui Danse [Vector]
Dans la flopée de merveilles que Damien Rice a composé, il y a The Professor & La Fille qui Danse, uniquement disponible (en version studio) sur cet Ep. Une chanson qui se termine par quelques couplets en français. Un titre d'une force prodigieuse. De toutes façons, avec lui...
(disponible sur Woman Like a Man Ep, 2003)

Dimanche 3 février 2008:
* Love - A House is Not a Motel [Elektra]
En 1967, Arthur Lee pondait un des plus beaux disques pop de l'histoire. Depuis, le même Arthur Lee a bien merdé, a fait de la prison et est même mort. Un peu tout le contraire de ce disque, immortel et qui n'a pas pris une ride en 40 ans.
(disponible sur Forever Changes, 1967)

Samedi 2 février 2008:
* Adam Green - What a Waster (The Libertines cover) [Rough Trade]
Adam Green, crooner New-Yorkais déjanté, reprend le tube de ses amis les Libertines Pete Doherty et Carl Barat, en sort une jolie version et va finir sa bouteille de vodka. Classe.
(disponible sur Jessica Ep, 2003)


Vendredi 1 février 2008:
* Madvillain - Rhinestone Cowboy [Stones Throw]
Pas de hip-hop en ce moment. Donc on replonge dans le meilleur des années 2000, la rencontre Madlib/Mf Doom, bijou de prod et de folie. On aimerait bien que les deux gugusses arrêtent de fumer de la weed et se remettent un peu au boulot... histoire qu'on ait droit à un Madvillain II avant 2017.
(disponible sur Madvillain, 2004)

Jeudi 31 janvier 2008:
* My Brightest Diamond - Dragonfly [Asthmatic Kitty]
Nouvelle égérie du label de Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty, Shara Worden (ancienne meneuse de revue Illinoisemakers) mene sa petite troupe de My Brightest Diamond avec grand talent comme le prouve son 'Bring Me the Workhorse' où l'on retrouvait notamment ce très beau Dragonfly.
(disponible sur Bring Me the Workhorse, 2006)

Mercredi 30 janvier 2008:
* Islands - Swans (Life After Death) [Rough Trade]
Alors que leur second album, 'Arm's Way', sortira le 21 avril prochain chez Rough Trade, retour sur cette splendeur qu'est Swans (Life After Death) qui ouvrait 'Return to the Sea' leur premier opus. Un bonheur, quasiment inégalé en 2006 de tuerie pop. Me remets toujours pas des 3 dernieres minutes moi.
(disponible sur Return to the Sea, 2006)

Mardi 29 janvier 2008:
* Neil Young - Cowgirl In The Sand [Reprise]
Histoire de bien commencer la semaine, un classique de chez classique est la chose la plus adéquate qui soit. Et donc, prenons le plus grand titre que Neil Young ait jamais écrit? Allez, boum. Cowgirl in The Sand. Parce qu'une vague de riff gigantesque. Et parce que 10 mns valent mieux qu'une.
(disponible sur Everybody Knows This Is Nowhere, 1969)

mercredi 8 octobre 2014

[Track of The Day] NehruvianDoom - Great Things

Depuis combien de temps n'avais-je pas écouté un album sorti des usines de Lex Records ? Je ne me souviens même plus. Pourtant, Lex était un des labels de hip-hop les plus enthousiasmants qui soit à sa création, tout accroché qu'il était (au départ) à Warp Records.
Des albums remarquables (le 'Hope' des Non Prophets, le 'Sleep No More' de Dj Signify), essentiels (le 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse and Gemini, le Hymie's Basement) en passant par quelques singles épatant (ne serait ce que le New New York de Tes). Et puis... plus rien. Pour ainsi dire que je ne sais même plus pourquoi j'ai arrêté de les suivre (peut-être pour la même raison que j'ai considérablement réduit mes découvertes hip-hop) alors que j'ai gardé mon amour pour Stones Throw.

Bref, tout cela pour dire qu'en plus d'avoir lâché Lex Records, j'ai également un peu délaissé MF Doom, devenu avec le temps peu emballant dans des collaborations pas forcément dingues. Mais je continue à avoir toujours de l'affection pour ce gars, parce qu'il a du talent, parce que ses premiers albums sont toujours aussi formidables. Et parce que je ne désespère pas un jour de voir enfin paraitre un Madvillain II (à ce propos, il faut lire absolument l'excellent reportage de pitchfork sur l'album qui vient de fêter ses 10 ans "Searching for Tomorrow: The Story of Madlib and DOOM's Madvillainy").

D'ailleurs, celui-ci pourrait (notez le conditionnel) ne plus être très loin. La preuve avec son nouveau projet qu'il vient de sortir avec un jeune rappeur pas encore majeur, Bishop Nehru, sous le nom de NehruvianDoom (un grand classique chez lui : DOOMStarks, DangerDOOM, JJ DOOM, MaDOOM, et j'en oublie sûrement).

Pourquoi donc un peu d'espoir ? Parce que Madlib est impliqué sur au moins un morceau de cet album, même si l'ensemble est produit par MF Doom lui-même. Mieux, on parle d'une production de Madvillain. C'est peu mais déjà ça.

Quant à l'album 'NehruvianDoom' (à la pochette plus gentillette que ce à quoi nous a habitué MF Doom), il est très court (31 mns, 9 morceaux dont 1 intro), où Doom enchaîne les productions comme à la belle époque des 'Special Herbs' (d'aucuns parleront de sonorités resucées), avec des sons soignés (très jazzy et soul) et des samples de voix d'un autre âge qu'il a toujours affectionnés. C'est Bishop Nehru qui tient le micro quasiment tout du long et il est d'ailleurs plutôt convaincant avec une voix loin de celle d'un adolescent et un flow sûr de lui. Mais les meilleurs passages restent tout de même quand les deux rappent ensemble.

Aucune chance que ce disque vienne titiller la Sainte Trinité - solo - de MF Doom ('Operation: Doomsday', 'Vaudeville Villain' et 'Take Me to Your Leader') mais si l'ensemble est un peu trop bavard (les samples évoqués sont presque le troisième emcee de l'album) pour un disque de cette durée là, le tout tient la route, est plus que plaisant et s'avère finalement de meilleure facture à chaque nouvelle écoute grâce notamment à une très belle partie finale (dont ce Great Things en écoute aujourd'hui).

Album : NehruvianDOOM
Année : 2014
Label : Lex Records

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En plus de Great Things, trois autres morceaux en écoute. Attention, ces trois morceaux sont amputés des parties samples de la fin, d'où une durée bien moindre que sur l'album 'NehruvianDOOM'.

Commençons par Caskets où MF Doom contrôle la situation avant que Bishop Nehru finisse le travail sur une production dans une grande tradition Doom-ienne :




Puis Disastrous, produit par Madlib et fignolé par MF Doom :



Pour finir, OM où les voix se répondent plus qu'ailleurs sur l'album :


jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 10-01


Et les 10 premiers. Un top 10 qui m'aura accompagné tout au long de mon année, et trois premiers absolument immenses, dans des genres bien différents.
A vous de balancer vos tops 10/20/50/100 dans les commentaires. Ne vous gênez pas!

D'ici là, passez de joyeuses fêtes, mangez bien, buvez bien, faites la fête plus de raisons et ne soyez pas sages.
Rendez vous début janvier!

Au bas de ce papier, comme à chaque fois, vous trouverez un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



10. The Tallest Man On Earth - Shallow Grave [Gravitation]
Entre cette voix nasillarde, des textes un brin surréalistes et ces chansons folk, livrées brutes, enregistrées en une prise, dénudées de productions, The Tallest Man On Earth fait plus que rappeler l'esprit du Dylan du début des années 60: il l'incarne.
Son 'Shallow Grave' est même un hommage à cette période là: quand les sillons craquaient, quand les disques ne dépassaient pas 30/35 minutes (celui ci en fait trente) et que de jeunes hippies, une guitare en bandoulière, voulaient dominer le monde.
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09. Fuck Buttons – Street Horrrsing [ATP]
Deux anglais de Bristol sortent un disque de noise, drapé dans des nappes de drone, de psychédélisme, de cris tribaux, avec à chaque morceau une subtilité mélodique stupéfiante. Grand cru du genre. Thank Buttons!
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08. The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]
Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90, ‘Neptune’, dernier né des Duke Spirit, est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal.
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07. Alain Bashung - Bleu Pétrole [Barclay]
Nouvel album du grand Alain Bashung. Après les détours de l'ovni 'L'Imprudence', le voilà revenu à une chanson française des plus accessibles et des plus belles, avec Gaëtan Roussel, Joseph d’Anvers, Armand Méliès et Gérard Manset comme compagnons de route. Ce 'Bleu Pétrole' est peut-être son plus grand disque. Il n'a peut-être jamais aussi bien chanté alors qu'il est sur le point de passer de l'autre côté, la faute à un fichu crabe qui ne veut pas lâcher l'affaire. Écouter Comme Un Lego ou Tant de Nuits et mourir...
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06. MGMT – Oracular Spectacular [Columbia]
Alors oui, ils ont été l’année musicale à eux deux. Et dès le début de l’année les salopiauds. Deuxième chronique de l’année sur ce blog, en janvier dernier, avec la mauvaise pochette. Depuis, la hype a pris ce ‘Oracular Spectacular’ et a fait du groupe ce qui se fait de mieux dans le monde de la musique en 2008. Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison.
Un disque pop j'm'enfoutiste, qui aligne les tubes et les références, entre groove, funk et electro, sur fond de kitsch absolu. Et puis surtout, ils pondent Time To Pretend, qui, quinze ans plus tôt, serait devenu un tube ultime pour toute une génération, à la manière de Smells Like Teen Spirit. Rien de moins.
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05. The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One [Talitres]
L'ancien leader de The Catchers a décidé de faire pleurer votre cœur et votre âme. Et c'est Talitres qui s'y atèle. Disque splendide, en tous points, avec pourtant une formation des plus banale: guitare + batterie + piano + violoncelle. Un album de folk-pop lumineux, acoustique, qui sonne merveilleusement et qui fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, souvent enfouies au plus profond de nous. Bordel, c'est beau.
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04. Madvillain - Madvillainy 2: The Madlib Remix [Stones Throw]
Madlib et MF Doom sont dans un studio. Madlib et MF Doom fument trop de beuh. Qu'est ce qu'il reste? Un album de remix de 'Madvillainy', pour patienter jusqu'au vrai 'Madvillainy 2'. Et vous savez quoi? C'est excellent. Plus qu’un album de remix, voilà une nouvelle version de ‘Madvillain’, presque aussi parfaite que l’originale.
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03. Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]
Florent Marchet ou les concept-albums. Avec son compère Arnaud Cathrine, ils remettent le couvert. Cette fois, bienvenue chez SINOC, Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto. Une mère pour toute la ville, qui pourvoie emploi, salaire et raison de vivre. Le roman-musical (puisque c'est de cela qu'il s'agit) égrène en 19 titres, une vision d'un cynisme absolu en racontant l'histoire Thibaut, de son frère Renaud, de sa petite-amie Julie, de son père ou de son pote du lycée Benjamin. Un grand moment de chanson française, piquante, noire, étalant à la face du lecteur ou aux oreilles de l'auditeur la violence et l'aliénation dont est responsable l'économie industrielle aujourd'hui. Chef d'œuvre? Oui. Chef d'œuvre.
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02. Wolf Parade – At Mount Zoomer [Sub Pop]
Sub Pop parle de «this generation’s ‘Marquee Moon’» quand il parle de 'At Mount Zoomer'. Je n'irais peut-être pas jusqu'à mettre cet album au niveau du chef d’œuvre de Tom Verlaine (en tout cas pas maintenant). Mais quand même. Ce disque est une des merveilles de 2008. Un disque essentiel, assez court, incisif, frappant fort, gommant les imperfections du premier album, et balançant, à coups de claviers, un rock qui ne se regarde pas le nombril. Toujours en constante évolution, les morceaux de Spencer Krug (Frog Eyes, Swan Lake) et Dan Boeckner d’Handsome Furs se fraient un chemin mais ne se perdent jamais. Grand disque. Et numéro 1 bis de mon année 2008.
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01. The Magnetic Fields – Distortion [Nonesuch]
The Magnetic Fields, toujours mené par ce Stephin Merritt de génie, changent de registre pour ce nouvel album, rappelle à notre bon souvenir les Jesus & Mary Chain (référence indéniable tout au long du disque), font sortir Phil Spector de taule, et pondent un 'Distortion'… distordu. Une production étouffante, un son saturé, des larsens à droite mais aussi à gauche; tout ça mêlée à une structure et des mélodies affolantes. Bref mariage habile de noisy-pop, de grandes mélodies et de textes inspirés. Et forcément l'album de l'année de la part d'un groupe qui tout au long de sa carrière n'aura jamais déçu.
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Et voilà une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées là aussi de 10 à 01. Bonne(s) écoute(s)!


lundi 15 juillet 2013

[Track of The Day] Deltron 3030 - City Rising From The Ashes

Deux mois d'absence dans ces pages ne pouvaient être effacés que par un retour presque inattendu, tout au moins qu'on n'espérait plus.
Car 13 ans après le père de Gorillaz est sur le point de revenir. Deltron 3030, ou l'album hip-hop qui ouvrait à la perfection les années 2000 qui allaient voir exploser un hip-hop protéïforme.

Car rendez-vous compte : le trio Dan The Automator, Del the Funky Homosapien, Kid Koala parle d'une suite depuis... 2004 !

L'album sortira le 1er octobre prochain, comprendra son lot de featuring (Damon Albarn, Zach De La Rocha des Rage Against The Machine, Jamie Cullum, Mike Patton et même The Lonely Island, c'est dire !) et sera précédé d'un Ep à venir à la fin de cette semaine.

A l'heure actuelle, une chanson est en écoute : City Rising From the Ashes. A son écoute, on comprend donc que l'histoire reprend 80 ans après le premier album, en 4010.
Mais mieux, ce City Rising From the Ashes est diablement bien produit, a un sens aigu de la mélodie et est porté par un refrain très efficace et le flow de Del toujours aussi précis. Un titre de mise sur orbite parfaite pour ce 'Event II'.

Deltron 3030, alors qu'on n'y croyait plus trop, revient aux affaires. Reste donc deux autres serpents de mer : Madvillain et The Avalanches (The Postal Service ayant déclaré dernièrement qu'il n'y aurait pas de nouvel album). Et bizarrement, vu que désormais tout est possible, j'ai envie d'y croire.

Album : Event II
Année : 2013
Label : Bulk Recordings


En plus du lecteur Grooveshark, City Rising From the Ashes est également en écoute sur le soundcloud de Deltron 3030 :



Et histoire de bien faire les choses, c'est Joseph Gordon-Levitt qui vient annoncer la nouvelle :


mercredi 20 juillet 2011

[Track of The Day] The Tallest Man on Earth - Weather of a Killing Kind

Après avoir beaucoup évoqué la création et la première sortie de Without My Hat Records, retournons à ce qui a fait vivre jusque là ce blog.

Après un 'The Wild Hunt' magistral, un 'Sometimes The Blues Is Just A Passing Bird Ep' du même acabit, et une série de concert renversante (son passage à L'Epicerie Moderne fut une grosse claque), je ne pensais pas qu'on entendrait parler de The Tallest Man on Earth avant quelques temps.

Et pourtant. Adult Swim (label/chaîne de télé américaine/ajoute ici ta proposition) a demandé à Christian Matsson de participer à son dernier 'Singles Program' en date (ils avaient déjà lancé la chose il y a un an notamment avec un inédit, Papermill, du prochain/hypothétique/faut-pas-trop rêver Madvillain). Le suédois a accepté et propose un inédit, Weather of a Killing Kind.

Une belle composition, enregistré en une prise, qui couine et craque par moments (et ce qui fait dire que la chanson n'est puet-être pas récente), et qui est portée par un très beau texte et une voix à nulle autre pareille.
Weather of a Killing Kind ou un moment de pur ravissement en quelques sortes. « Now there is somethin' in the wild Here is my weather of a killing kind...».

Album: Adult Swim Singles Program 2011
Année:
2011

Label:
Adult Swim



Weather of a Killing King est à télécharger ici et à écouter également, au cas où le lecteur Grooveshark de droite ferait quelques misères avec le widget ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

vendredi 17 décembre 2021

[Track of The Day] Hymie's Basement - Phantom Throb

A l'époque où je stageais chez le label PIAS au catalogue alors impressionnant (Stones Throw, Warp, Lex, Domino, Rough Trade, Echo, Definitive Jux, Epitath, ce genre de choses), nous recevions régulièrement des plannings de sorties des prochains mois ou, tout au moins, des disques dans les tuyaux. Tous ne voyaient pas forcément le jour, mais ces listes étaient des moments d'excitation particuliers, autant de savoir que tel artiste ou tel groupe allait donner une suite à sa discographie que d'être dans la confidence avant tout le monde.

Inscris dans ces listings, deux disques n'ont, à ma grande déception, jamais vu le jour : le Madvillain 2 et le deuxième album de Hymie's Basement. Si le premier ne sortira certainement jamais (la mort de MF Doom l'an passé a clôt le dossier), il se pourrait que le second finisse par devenir réalité. 

2021, le retour des idoles ? Car après le retour inattendu de Thee More Shallows au printemps dernier, c'est au tour de Hymie's Basement de donner des nouvelles, 18 ans après la sortie de leur seul et unique album. Le groupe formé de Fog et Why? a publié le 3 décembre dernier, à la surprise de tous (et dans l'indifférence générale disons le clairement), un nouveau morceau intitulé Phantom Throb (en écoute ce jour). Une chanson habillée d'une pochette qui comporte des éléments de leur album éponyme (mais en couleur cette fois) mais qui ne reprend pas vraiment les choses là où Hymie's Basement les avaient laissées ; sans pour autant s'en éloigner. Ce qui est cependant certain, c'est que si leurs inspirations ont changé, la complémentarité des deux bougres est intacte et saute aux oreilles.

Alors oui, 18 ans ont passé. Oui, la clique anticon des Fog, Why?, Odd Nosdam, Dose One et de tous leurs groupes parallèles (cLOUDDEAD, Themselves, ce genre de belles choses) ne dominent plus la scène indé de l'abstract hip-hop, le pop-rap ou l'indie hip-hop (nommez le comme vous le voulez). Et il n'est pas dit que ce Phantom Throb soit précurseur de quoi que ce soit, et encore moins d'un nouvel album - le duo n'ayant jusque là rien annoncé de tel. Mais 'Hymie's Basement' faisant partie de ces albums d'une vie, sur lesquels les années n'ont aucune prise, je ne vais pas bouder une seconde mon plaisir et ma joie de voir ce groupe relancer une machine que je croyais à l'arrêt pour toujours. Et je vais espérer très fort que ce Phantom Throb ne soit pas qu'un one-shot.

Album : -
Année : 2021
Label : -

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Phantom Throb d'Hymie's Basement est également en écoute ci-dessous :

Pour se faire plaisir (ou, sait-on jamais pour faire découvrir le Hymie's Basement de 2003 à ceux qui ne connaitraient pas), écoutons donc 21st Century Pop Song, accessoirement une des meilleures chansons des années 2000 :

jeudi 11 décembre 2008

Top 6 "Drug"

Comme je l’expliquais dans un billet du 14 février dernier, à l’occasion de la Saint Valentin, «l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse». Après avoir traité de la déception amoureuse (voir ici), il est temps de passer à un sujet tout sauf tabou dans la musique, la drogue. En plus, j'avais promis.

Car oui, le sujet est vaste et regorge de chansons traitant de toutes sortes de stupéfiants. Bien sûr, il y a tous les classiques des artistes des années 60/70, traitant aussi bien de la cocaïne (J.J. Cale, Clapton, Johnny Cash), que de l’héroïne (The Velvet Underground, Brown Sugar des Rolling Stones), sans oublier le LSD (Lucy in the Sky with Diamond des Beatles évidemment, Purple Haze de Jimi Hendrix) ou les champignons et toute la clique de drogue hallucinogènes (White Rabbit des Jefferson Airplane). Il aurait été facile de reprendre ces titres là, d’en choisir les six meilleurs et d’en faire un top. Car ce sont toutes des grandes chansons.

Mais il existe bien d’autres morceaux traitant du sujet (et pas que des drogues douces), et dans tous les styles, du hip-hop au folk, de l’electro au rock. Et comme j'ai plutôt envie de vous proposer des titres moins connus mais d'aussi bonne qualité.
Prenons par exemple Jack The Ripper et son I Was Born a Cancer qui nous raconte son «divine holocauste» en parlant de la fumée de sa camel qui vient chatouiller quelques notes de guitare et de violons. Ou Baxter Dury qui «wear friendly smiles» sur Cocaine Man et sa guitare lancinante ; The Who et leur histoire triste à pleurer de cet homme dépendant au whisky qu’ils racontent avec leur touché si reconnaissable.

Et puis il y a les autres : Madlib et MF Doom qui évoquent, pleins d’images dans la bouche, un de leurs sujets préférés, la weed ; les !!! qui reprennent une bien belle chanson des Magnetic Fields, au titre très explicite (Take Ecstasy With Me) et la font durer deux fois plus longtemps par rapport à l’originale, comme une seconde invitation à gober avec eux ; et enfin Vitalic et un de ses premiers titres, You Prefer Cocaine, exubérant et efficace, comme toujours.

Bref, un tour rapide du monde de la drogue, entre fumée de cigarettes, alcool à gogo, roulage de joints, ligne de coke et gobage d’ecstasy. A quelques heures de noël, ce n’est pas forcément trop dans l’esprit. But who cares vu qu’on plane à 10 000 ?



Tracklisting:
Jack The Ripper - I Was Born a Cancer (Ladies First, 2005)
Baxter Dury - The cocaine man (FloorShow, 2004)
The Who - Whiskey Man (A Quick One, 1966)
Madvillain - America's Most Blunted (Madvillainy, 2004)
!!! - Take Ecstasy With Me [Magnectic Fields cover] (Take Ecstasy With Me 12")
Vitalic - You Prefer Cocaine (Poney Ep, 2004)
















Et pour finir, exceptionnellement dans un Top 6, un clip qui résume bien le sujet: celui de E-Talking des Soulwax (le côté rock des 2 Many Dj's). Une de mes vidéos préférées. Un clip fascinant, très drôle et bien évidemment interdit de diffusion télé :


mercredi 23 mars 2011

[Track of The Day] Burial, Four Tet & Thom Yorke - Mirror

En 2006, Thom Yorke avait pris quelques belles vacances solo pour s'offrir sur 'The Eraser' neuf titres d'une électro-pop assez minimale, pleine de boucles et de beats, tout en laissant opportunément ses beuglements habituels à Oxford.

Cinq ans plus tard et la sortie de deux nouveaux albums de Radiohead, Thom Yorke continue de cultiver ses envies d'indépendance. Ainsi, DOOM a annoncé que l'anglais et lui avaient entamé une collaboration qui pourrait voir le jour prochainement (enfin j'espère après 'Madvillain 2', il y a des priorités).
Dans le même temps, c'est avec Burial et Four Tet que Thom Yorke s'acoquine le temps de 13 mns, de deux titres et d'un 12". Le tout chez Text Records, le label de ce génie de Kieran Hebden.

La collaboration Burial/Four Tet du printemps 2009 était savoureuse. Celle-ci dans son genre a également beaucoup de cachet. Cette fois, le mélange très fin des sonorités des deux anglais est plus insidieux, plus pervers, moins direct, les beats se noient dans la mélodie - à moins que ce ne soit l'inverse; tandis que la voix de Thom Yorke, très juste, se marrie bien aux univers musicaux de ses deux compères. Pas extraordinaire de prime abord mais rapidement envoutant, cette collaboration à quatre mains et une voix est un bel attelage qui mériterait de se retrouver sur un plus long format.

Ce soir, après avoir longuement écouté ce 'Ego/Mirror 12"', pour ne pas mourir idiot, j'ai écouté 'The King of Limbs', le dernier album en date de Radiohead. Une écoute aura suffi pour me confirmer à quel point ce groupe que j'ai beaucoup aimé m'indiffère au possible depuis bientôt dix ans. A quel point Thom Yorke m'insupporte quand il est avec Radiohead. Et à quel point il peut être intéressant quand il se retrouve tout seul, des projets pleins la tête.

Album: Ego/Mirror 12"
Année: 2011
Label: Text


En écoute dans le lecteur à droite.

C'est Mirror qui est aujourd'hui en écoute, la face B de 'Ego/Mirror 12"'. Histoire de faire les choses bien, voilà la face A, qui s'intitule donc Ego. (malheureusement plus en écoute).

mardi 26 janvier 2010

Four Tet - There Is Love In You [Domino]

Il fait partie de ces artistes touchés par la grâce. Ceux qui ont pris une plus grosse part du gâteau que les autres. Et qui en ont même privé certains. Ceux sur le berceau de qui de gentilles marraines se sont penchées, l’une lui donnant une oreille parfaite, l’autre un don pour la mélodie, une troisième lui conférant une ouverture d’esprit rare. Bref, un petit génie, totalement insaisissable, exaspérant pour bon nombre de ses coreligionnaires, passionnant pour les autres.

Lui, c'est Kieran Hebden, aka Four Tet. Un artiste digne des Nick Drake, John Coltrane, Bob Dylan, Paul Mc Cartney, Miles Davis, Beethoven, Brian Wilson et autres Mozart. Cette accumulation de noms et de superlatifs va en faire sourire ou hurler plus d’un. Mais je pense sincèrement que Four Tet est de l’acabit de ces gens là. Un homme à l’intelligence et l’éclectisme fou, qui a une idée très large de la musique et de son art, et qui s’échine à toujours à ressortir la quintessence de ses expérimentations.

L’œuvre de Four Tet est une œuvre en mouvement constant, en perpétuelle mutation. De ses premiers essais en trio avec Fridge (groupe sur lequel un jour on se recueillera pieusement) à son nouvel album sorti hier ‘There Is Love In You’, Four Tet n’a pas choisi de chemin tout tracé mais a creusé son sillon. Toujours en suivant son instinct, sans s’appesantir sur ses premiers efforts, en se remettant sans cesse en question et sans jamais se limiter à la seule sphère électronique.

Il est mélodique et aérien sur ‘Rounds’ – album de folktronica somptueux sur lequel plus d’uns auraient fait carrière ? Il enchaine par un ‘Everything’s Ecstatic’, exigeant et brut de décoffrage.
Il s’acoquine le temps de quatre albums (en 3 ans !) avec le batteur de jazz Steve Reid pour des disques déstructurés, expérimentaux et habités ? C’est pour mieux produire ‘Just Beyond The River’ de James Yorkston & The Athletes, avant d’aller remixer Nathan Fake, Sia, Born Ruffians ou encore Madvillain et de collaborer avec le roi du dup-step Burial, mon enfant.

Nouvel effort discographique, ‘There Is Love In You’ est un nouveau pas en avant dans l’œuvre de Four Tet. Un disque optimiste (le titre n’est pas une façade) et une remise au cœur de son œuvre des mélodies. Si elles n’avaient pas disparues sur ses derniers albums, depuis ‘Rounds’ il n’avait pas été aussi soigné à ce niveau là.

Qu’il use de boucles ou de samples, qu’ils fassent de la synth-pop (Circling) ou se replonge dans un folktronica qu’il maitrise à merveille (She Just Likes To Flight), qu’il augmente les beats et rende les corps lascifs (Love Cry, Sing), la parole est toujours donnée à la mélodie, que Four Tet érige en grand commandeur de ce ‘There Is Love In You’.

Cet album est d’une finesse et d’une délicatesse totale, où chaque morceau est travaillé à l’extrême et composé de couches qui s’emboitent avec un naturel désarmant ; où chaque chanson semble prendre vie et corps (This Unfolds est à ce propos un bijou organique) ; où Four Tet fait dans le feutré et dans le ouaté.

En composant ‘There Is Love in You’, premier véritable album en cinq ans, Four Tet a monté un nouveau pan de mur de la cathédrale sonore qu’il construit depuis le début de sa carrière. Un édifice qui commence à être sacrément imposant, qui semble encore bien loin d’être terminé mais qui a déjà gagné l’intemporalité. (sortie : 25 janvier 2010)

Nb: Très belle chronique de ce 'There Is Love In You' par Berlin2Barcelona chez Chroniques Électroniques, à lire ici.

Son :
Myspace (Une chanson de ‘There Is Love In You’ en écoute)
Site officiel


Deux chansons en écoute. L’une (Angel Echoes) ouvre l’album, avec cette boucle féminine qui répète « There is love in you », l’autre le ferme avec She Just Likes to Flight, sublime morceau sur lequel les plus popeux craqueront forcément (malheureusement plus en écoute).

jeudi 3 décembre 2009

[Track of The Day] Anti-Pop Consortium - Volcano (Four Tet Remix)

Un Four Tet sort de la playlist Track of The Day (Love Cry), un autre y rentre. Je ne le fais pas exprès. Je suis tellement subjugué par le touché de ce mec que je veux le faire partager au plus grand nombre (si celui-ci n'a pas encore atteint vos oreilles). Donc Four Tet, again!

Depuis sa participation aux remixes de 'Madvillain', j'aimerais vraiment que l'ami Four Tet se mette à bosser avec MF Doom, ou un emcee digne de ce nom. Vu que ça ne semble pas encore dans ses priorités, il faut se contenter des quelques remixes qu'il peut réaliser pour quelques groupes hip-hop.

Enfin, se contenter… tout est relatif. A écouter son remix de Volcano, tiré du dernier Anti-Pop Consortium 'Fluorescent Black' (une des têtes de proue hip-hop de l'année 2009, joli pour une reformation!), c'est déjà bien bien mieux que rien du tout.

Le travail de Four Tet est une fois de plus effarant. Volcano est à l'origine une chanson assez lourde, pesante, menée par une voix trainante. Four Tet la rend légère comme une plume en y attachant une mélodie charmante et aérienne.

Ce type est exaspérant à transformer tout ce qu'il touche en or. Définitivement le meilleur remixeur qui existe. Un jour j'écrirai une ode à Four Tet. 

Album: Volcano 12" 
Année: 2009 
Label: Big Dada

En ce qui concerne le 'Fluorescent Black' des Anti-Pop Consortium, GT (ici) et Systool (là) en parle très bien.

mardi 4 novembre 2008

[Track of The Day] Koushik - Nothing's The Same

J'avais totalement zappé la sortie du second album de Koushik, dont le plus grand fait d'armes à mes yeux reste ses remixes de 'Madvillainy' de Madvillain en 2005. 'Be With', son premier album, était une compilation assez bancale d'Ep et de singles couvrant la période 2002-2005. Je n'ai pas encore posé mes oreilles sur son nouvel opus 'Out My Window', sorti cet été. Mais ce single Nothing's The Same (qui n'existe qu'en version digitale pour le moment. La version 7" verra le jour début 2009) est une douceur vaporeuse où il est bon venir se lover.

Titre en téléchargement gratuit sur le site de Stones Throw (version 128 Kpbs) (clique droit et enregistre-sous ami(e) lecteur(rice)).

Album: Nothing's The Same 7"
Année: 2008
Label: Stones Throw

Et on peut acheter cela ici.


mardi 19 mai 2009

[Track of The Day] Burial & Four Tet - Wolf Cub

Des remixes de hip-hop ainsi qu'un titre avec MF Doom (voir les 'Madvillain Remixes'), un gros travail avec Steve Reid entre expérimental, free jazz et electro (4 albums en 3 ans!), des remixes aussi divers que variés (dernièrement, on citera Caribou, Thom Yorke, Born Ruffians ou même Explosions In The Sky!): Kieran Hebden (aka Four Tet) est un artiste éclectique, qui a tout sauf une idée préconçue et étriquée de la musique.
Preuve en est avec cette collaboration (la dernière en date) avec Burial, maître du dub-step (ce genre musical typiquement anglais qui mêle atmosphères urbaines et rythme à basses fréquences) et auteur de deux albums marquant et remarqués dans leur genre en 2006 et 2007.
Au programme de ce 12", deux titres bien différents, et qui sont le fruit d'une collaboration de chaque instant des deux artistes. Chez moi, c'est Wolf Cub qui remporte l'adhésion, tant le mariage des deux styles est réussi: à Four Tet le côté lumineux et mélodique, à Burial la face vaporeuse et torturée. Une grande réussite de 9 mns, sortie aujourd'hui sur Text, le label d'Hebden. 

Album: Moth/Wolf Cub 12" 
Année: 2009 
Label: Text

vendredi 3 janvier 2020

Bilan 2019 : « Albums » (40-21)


On est déjà le 3 janvier, et il est temps de finir ces bilans de fin d'année. Alors, faisons vite et bien avec la première partie du traditionnel top albums, avec les disques classés de 21 à 40. Les 20 premiers arriveront bien assez tôt (dimanche si tout va bien).

Mais avant cela, plongeons nous une nouvelle fois dans d'autres classements :
Le bilan des rééditions de l'année chez POPnews
Les 10 albums de l'année de Mind Riot Music
La playlist 2019 des rédacteurs de Playlist Society
La cuvée 2019 des chroniqueurs de Pinkushion
Le bilan 2019 (et son mix) chez Random Songs

Vingt disques donc. Pas mal de découvertes (et le plus souvent d'artistes déjà confirmés, certains depuis 25 ans), quelques révélations (dont une norvégienne dont on devrait entendre parler pendant un moment), quelques habitués et surtout beaucoup d'albums torturés. Et bien sûr, au bas de ce papier, des liens vers des « players » pour écouter une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessous. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »


40. The Horsebites - Shadows [Dangerhouse Skylab / Future Folklore Records]
Garage autant que power-rock, psyché autant que pop, n'oubliant jamais les mélodies, ce premier album des lyonnais de The Horsebites ne fait pas dans la fioriture, resserre son propos autour de 8 chansons, d'une petite trentaine de minutes énergiques et de guitares fuzz à n’en plus finir.
39. Ilgen Nur - Power Nap [Euphorie Records]
« Sad songs about growing up » dit Ilgen-Nur Borali sur le premier album du quatuor d'Hambourg qui porte son nom, Ilgen-Nur. Et il n’y a pas tromperie sur la marchandise, elle qui est pleine d’indie-rock et de power pop, aux guitares à la belle nervosité. Et derrière tout ça, une jolie mélancolie.
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38. Fun Fun Funeral - Everything Is Ok [October Tone Records / Araki Records]
Premier album de freak folk/weird/pop assez impressionnant pour ce duo anglo-lyonnais, qui convie au festin aussi bien Animal Collective qu’Arcade Fire (des débuts), MGMT et autres The Dodos. Le tout porté par une production aux mille et un détails - organiques -, au canevas mouvant et aux mélodies qui fourmillent d'idées.

37. Panda Bear - Buoys [Domino]
Sans doute son disque le plus abouti depuis le merveilleux 'Person Pitch' en 2007, 'Buoys' est un album simple, peu joyeux mais pas torturé, où Panda Bear, sa guitare folk sous le bras, invite reverb, boucles, mélodies qui divaguent, samples incongrus et produit un gros travail sur sa voix, qui a rarement été aussi belle, rappelant plus que jamais Brian Wilson.


36. Clipping. - There Existed an Addiction to Blood [Sub Pop] 
Découverte de ce trio de Los Angeles qui pour cet album plonge la tête la première dans le monde de l'horreur, que celle-ci vienne de faits divers ou du cinéma. Hip-hop trituré, presque expérimental parfois, 'There Existed an Addiction to Blood' distille tout du long une ambiance macabre et pesante, heurtée et abstracte.
35. Richard Dawson - 2020 [Domino]
Si Richard Dawson propsait un voyage folk dans l’Angleterre du Moyen-Âge sur 'Peasant' en 2017, l’anglais embarque son monde pour la même Angleterre, mais en 2020 cette fois, comme pour mieux mettre en parallèle les deux époques. Ce qui nous donne un disque faramineux de folk, souvent bruitiste voire noise, aussi engagé par les thèmes qu’il aborde que juste dans les situations qu’il décrit.
34. The Cinematic Orchestra - To Believe [Ninja Tune]
D'aucuns diront qu'ils ont le truc et qu'ils en usent et en abusent. Mais tout de même, ce premier album en 12 ans est d'une beauté folle, d'une force émotionnelle et évocatrice assez incroyable. Il y a à chaque piste de 'To Believe' des plans cinématographiques qui se créent comme si The Cinematic Orchestra était le metteur en scène de nos pensées. Le groupe n'a peut-être jamais aussi bien porté son nom.


33. Lispector - Small Town Graffiti [Teenage Menopause]
Active depuis bientôt un quart de siècle, Julie Margat (son nom dans le civil), sa bedroom-pop un peu chancelante, sa basse gérant le tempo, ses claviers puissants et sa voix légère ont un côté plus qu'attachant. Une des découvertes de l'année, avec beaucoup, beaucoup trop de retard.


32. Fennesz - Agora [P-Vine / Touch]
Réalisé au casque comme à l’époque de ses premiers disques, il se dégage de cet 'Agora' une beauté vaporeuse où Fennesz accumule les couches sonores et laisse chacune vivre sa vie, rendant sa musique plus organique et vivante que jamais. Un voyage brumeux et hypnotique.
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31. Sambassadeur - Survival [European Records]
Dix ans après leur dernier album, les suédois de Sambassadeur auront fait leur retour en 2019.  Au programme, huit chansons, 30 petites minutes et de l’indie-pop légère, mélancolique, rêveuse et mélodieuse, pour un tout d’un divin ravissement.
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30. Omni - Networker [Sub Pop] 
Derrière un côté art-punk qui prend son temps, 'Networker' n'est pas le genre d'album immédiat. Fait de rupture de mélodies, de renversements de tempo, de riffs répétitifs, de guitares à la Television, d'une drôle de langueur et d'une production toute cotonneuse, il ne révèle ses saveurs qu'au fur et à mesure. Mais une fois qu'elles sont libérées, il devient vite une drogue à l'accoutumance.
29. Jeffrey Lewis & The Voltage - Bad Wiring [Don Giovanni Records]
Derrière ses quelques balades folk et des titres plus enlevés lorgnant vers un certain (post) punk, sur lesquels il conte ses histoires avec un débit toujours échevelé, le nouvel album de Jeffrey Lewis n’est pour autant pas un disque très optimiste, tant le pape de l’anti-folk y étale ses doutes, ses questionnements, son ennui voire une dépression latente. Mais c’est sans doute un de ses meilleurs albums à ce jour. 
28. Freddie Gibbs & Madlib - Bandana [Keep Cool]
Cinq ans après 'Piñata', voilà donc le deuxième album de l’association Freddie Gibbs/Madlib (on se demande d’ailleurs pourquoi ils n’ont pas un nom de « groupe », comme ce fut le cas avec Jaylib ou Madvillain), et difficile de dire que celui-ci déçoit. Hip-hop, soul et samples venus de partout, sur lesquels le flow de Freddie Gibbs se conjugue parfaitement aux samples (donc) et au mix de Madlib, avec en bonus des interventions extérieures pertinentes (mention spéciale à Anderson .Paak).


27. Action Dead Mouse - Il Contrario Di Annegare [È Un Brutto Posto Dove Vivere / To Lose La Track / Floppy Dischi / Ideal Crash]
'Il Contrario Di Annegare' fait encore mieux que ses prédécesseurs. S’éloignant encore un peu plus du math-rock des débuts, ce nouvel album des Action Dead Mouse est peut-être le mieux construit, le plus mélodique mais pas le moins furieux. Post à bien des égards (punk, hardcore et même rock sur certaines montées), il est sans doute la symbiose la plus parfaite des différentes inspirations des italiens.


26. Moddi - Like in 1968 [Propeller Recordings]
Quoiqu'en dise son titre, 'Like in 1968' n'est pas un disque à la sauce des années 60. Le point de départ est plus une réflexion sur cette année charnière et des ponts que l'on peut trouver avec notre époque actuelle (« Sometimes it feels like we've forgotten how to dream » dit-il sur la chanson titre). Le tout sur une très belle pop, pleine de piano, de glockenspiel, de banjo, de guitare acoustique ou d'accordéon.
25. Hand Habits - Placeholder [Saddle-Creek]
Croisée il y a deux ans lors de son premier album, Meg Duffy sur ce second opus y est beaucoup plus consistante. Une pop déprimée, langoureuse, un chant presque désabusé, le tout mis en lumière par une guitare du même acabit et quelques solos électriques à la longueur calibrée.
24. Angelo De Augustine - Tomb [Asthmatic Kitty]
Premier coup de cœur de 2019 (le disque est sorti le 11 janvier), ce troisième album du californien ne respire pas la joie de vivre (comme beaucoup de disques de ce top finalement). La mélancolie est disséminée un peu de partout par sa voix si haut perchée, et est appuyée par de délicates mélodies, entre folk et pop, et des arrangements soyeux ne faisant jamais dans l’esbroufe..
23. Tyler, The Creator - Igor [Columbia]
C'est donc lui Tyler, The Creator. Je ne m'étais jusque là jamais penché sur son cas, m'étant (sans le vouloir) éloigné des sorties rap/hip-hop au fil des années. Et il était temps vu la qualité de cet album. Pour autant, peut-on résumer cet 'Igor' à du hip-hop tant il malaxe des genres, du r'n'b au funk en passant par la pop, le tout avec une production aux oignons (ce disque au casque est un régal) ?


22. Dan Oxenberg, Bear Galvin + Friends (Pillow Mt. Conspiracy) - Early Abstractions, Vol. 1 [three:four Records]
Ultime découverte de 2019, ce disque d’une belle simplicité mélodique est plein de chansons folk, cabossées, lumineuses, susurrées, aux accents parfois blues, qui croisent et se mêlent avec des morceaux plus expérimentaux, mais tout autant mélancoliques. Un très bel album que n'aurait sans doute pas renié publier feu Alien8 Recordings.
21. girl in red - beginnings [Awal]
Marie Ulven, aka girl in red, n’aime pas trop les majuscules. Pourtant, il faut écrire en gros et en gras que 'beginnings', son premier album (compilation de ses deux premiers Ep), est extrêmement prometteur, avec sa bedroom pop, sa collection de chansons pleines de tourments (bad idea!), d’idées noires et de mélancolie.


Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue de chacun des vingt disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 






Bilan 2019 :
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »