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jeudi 7 novembre 2013

Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]

'The Stand-Ins' annonçait la fin de la collaboration Will Sheff/Jonathan Meiburg, le second préférant se concentrer sur Shearwater, son projet (trop) plein d'emphase. Quid de l'avenir d'Okkervil River ? On pouvait douter de la suite des affaires, tant le duo fonctionnait bien. Pis : en écoutant 'I Am Very Far', on se disait qu'on avait eu raison de douter.

Et puis est arrivé 'The Silver Gymnasium', un départ de chez Jagjaguwar (pour ATO Records) et un retour de l'inspiration (aucune lien de cause à effet, soit dit en passant).

Will Sheff annonçait à grand renfort d'interviews que 'The Silver Gymnasium' était le meilleur album d'Okkervil River jusque là: « And I know people always say this, but this is my favorite album we've done. Writing-wise, performance-wise, experience-wise. No question ». Je n'irais pas jusque là ('Down The River of Golden Dreams' et 'The Stand-Ins' auront toujours ma préférence), mais force est de constater qu'il n'a pas fondamentalement tort.

Fort d'un début d'album parfait, composé de trois chansons de haute volée (It Was My Season / On a Balcony / Down Down The Deep River, dont deux sont en écoute plus bas) avec tout ce qu'il faut de cordes et de cuivres pour emballer les mélodies, 'The Silver Gymnasium' déroule tout du long de beaux moments. On ergotera rapidement sur le milieu de l'album un peu en dedans, mais l'album tient plus que la route. La voix de Will Sheff est toujours aussi mélancolique, la musique aussi folk-rock qu'épique, plongeant avec joie dans les années 80 que dans ce qui a toujours fait la force du groupe (All The Time Every Day qui aurait sa place sur beaucoup d'albums d'Okkervil River).

Au contraire de groupes du même acabit (The Decemberists, si vous me lisez), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. La belle aventure n'est donc pas terminée, l'inspiration est toujours bien présente. Et 'I Am Very Far' n'était en fait qu'un rebound-album pour oublier Jonathan Meiburg et passer à autre chose. Chose faite. Et bien faite. (Sortie : 3 septembre 2013) 


Plus :
Acheter The Silver Gymnasium sur le site d'Okkervil River


Deux chansons en écoute. Down The Deep River, un morceau parfait de 6mns, dans la pure veine d'Okkervil River et Stay Young, premier single de 'The Silver Gymnasium', à l'accent eighties :


Avant deux clips, une bizarrerie. Groupe pas comme les autres, Okkervil River propose pour la sortie de 'The Silver Gymnasium'... un jeu vidéo du même nom et gratuit. 
Format plateforme 8-bits, avec chanson du groupe dans ce format là, il propose les pérégrinations d'un jeune garçon (Will Sheff) à la recherche de sa grande sœur, dans un monde rapidement effrayant et bien loin de notre réalité. Curieux, bien foutu et très jouable. A découvrir ici.
It Was My Season, la chanson qui ouvre 'The Silver Gymnasium' a également son clip. Pour jouer au karaoké :



Le clip de Stay Young. Manque juste « and Dumb » au titre :


mardi 11 mai 2010

Roky Erickson with Okkervil River - True Love Cast Out All Evil [ANTI-]

Quand on y réfléchit un peu, on se demande encore souvent comment certains artistes des années 60 sont encore là, aujourd'hui, ne serait-ce que vivants, tant ils ont avalé de drogues, tant ils ont ingurgité de substances hallucinogènes, tant ils sont passés à un cheveu du trépas et y ont échappé par on ne sait quel miracle. Tous les David Bowie, Iggy Pop, Bob Dylan, Keith Richards.

Roky Erickson est de ceux-là. Ancien chanteur et guitariste des 13th Floor Elevators, auteur de leur plus grand tube You're Gonna Miss Me, Roky Erickson aura traversé plusieurs décennies en feintant comme un roi pour s'en sortir et être encore là en 2010.

Car oui, 42 ans après la dissolution des 13th Floor Elevators, Roky Erickson est toujours vivant. Si vivant qu'il a enregistré un nouvel album ('True Love Cast Out all Evil', le premier en 15 ans) et qu'il s'est adjoint pour l'occasion les services d'Okkervil River pour former son backing-band.

Cet album de Roky Erickson est une jolie surprise. Peut-être pas énormément plus, mais certainement pas moins. Car si l'on retrouve, certes, quelques titres dispensables ici et là, au final ses compositions se tiennent et le tout, alternant chansons folk/country-folk et morceaux folk-rock ou carrément rock, emporte assez largement l'adhésion

Alors effectivement, pour aimer ce 'True Love Cast Out all Evil', il faut aimer Okkervil River. Que l'album soit signé sous le nom de Roky Erickson with Okkervil River n'est évidemment pas innocent.
Ainsi si l'on est réfractaire aux mélodies chaloupées, aux cuivres impromptus, ou à l'americana enlevée des américains, il vaudra mieux passer son tour tant la patte d'Okkervil River est omniprésente tout au long de l'album. Sinon, nul doute que l'on tombera sous le charme de 'True Love Cast Out all Evil'.

La voix est belle, même si elle a énormément perdu de sa vigueur, la mélancolie accrochée à chacune de ses cordes vocales et de ses compositions, compositions solides par ailleurs et plus que jamais bien mises en valeur par une production efficace mais jamais clinquante.

A l'écoute de ce 'True Love Cast Out all Evil' et à la vue de la pochette, je ne peux m'empêcher de penser à la collaboration Johnny Cash/Rick Rubin. Et je vois cet album comme une sorte de main tendue de Will Sheff et de ses Okkervil River vers une des icônes américaines du rock des années 60, persuadés qu'ils sont qu'il y a encore de chouettes mélodies et compositions à sortir du cerveau longtemps malade de Roky Erickson.
Il est évident que Roky Erickson n'aura jamais l'aura que possédait - et possède encore - Johnny Cash. Mais au final, la démarche des Okkervil River découle de la même idée, quelle soit consciente ou inconsciente. (sortie: 19 avril 2010)

Le Mmarsu et Christophe parle, en des termes très élogieux, de ce 'True Love Cast Out All Evil'.


Son:
Myspace (Aucune chanson de ce 'True Love Cast Out all Evil' en écoute)
Site officiel

On peut télécharger gratuitement (mais toujours contre une adresse e-mail) Goodbye Sweet Dreams, une des chansons de 'True Love Cast Out all Evil', en allant directement sur le site de l'album, ici.


Deux chansons en écoute. Goodbye Sweet Dreams, premier single et tube potentiel, et Be And Bring Me Home, balade bluesy-folk de haute volée (malheureusement plus en écoute) :

Et pour finir, un entretien sympa entre Roky Erickson et Will Sheff, tête de proue d'Okkervil River :




mardi 16 septembre 2008

Okkervil River – The Stand-Ins [Jagjaguwar]

Il y a en gros une année, les Okkervil River, groupe américain donnant largement dans le folk-rock de qualité, sortaient ‘The Stage Names’, un album une nouvelle fois réussi bien que tournant un peu en rond, comme depuis leur ‘Sleep and Wake-Up Songs Ep’ de 2004. Enfantant alors leur quatrième opus, les Okkervil River ont un but avoué : écrire un double album. L’idée tombant rapidement à l’eau, ils enregistrent lors de ces mêmes sessions onze morceaux qui donnent aujourd’hui ‘The Stand-Ins’. Un disque qui est tout sauf une compilation de faces-b ou de chutes de studios. Bien au contraire.

Car quels onze titres ! A peine six minutes, Will Sheff et ses amis retrouvent la foi qu’ils semblaient avoir perdu au profit d’une musique de qualité mais manquant singulièrement de folie. Est-ce le départ définitif du groupe de Jonathan Meiburg, ce dernier préférant se concentrer sur l'aventure Shearwater, qui a remobilisé les troupes ?

Je n’en ai absolument aucune idée. Tout ce que je sais par contre, c’est qu’aux premiers accords de banjo de Lost Coastlines (voir plus bas) – un de leurs meilleurs titres, tous albums confondus –, j’ai retrouvé le groupe qui m’avait fait vibrer comme jamais en 2003 avec un ‘Down The River of Golden Dreams’ renversant. Un groupe enjoué, sûr de ses mélodies, adepte d’un folk-rock qui ne cesse de courir dans tous les sens et d’une pop-folk qui a le bon goût de vous déchirer le cœur.

Okkervil River revient donc par la grande porte avec ce ‘The Stand-Ins’, qui aurait pu (du ?) être le disque 2 de ‘The Stage Names’. La pression du double album en moins, Will Sheff, semble avoir regagné en sérénité et affiche ce calme du génie retrouvé tout au long de cet album, peut-être le meilleur album du groupe. Un disque qui mélange folk, rock, pop et americana et qui en sort le meilleur. La basse sur Lost Coastlines, les cuivres sur Starry Stairs (voir plus bas), le clavier de Pop Lie, rien n’est à jeter ici, tout est à garder. Jonathan Meiburg peut désormais partir l’esprit libre : ses Okkervil River sont de nouveau sur de bons rails. Et leur autre papa, Will Sheff, tient de nouveau bien fermement le volant. (sortie : 9 septembre 2008)

Son :
Myspace ('The Stand-Ins' y est en écoute totale, pour le moment)
Site officiel


Et deux titres en écoute, le futur classique Lost Coastlines et le très cuivré Starry Stairs (malheureusement plus en écoute).


Et voici le clip de ce formidable morceau qu'est Lost Coastlines. Assurément un des plus grands titres de cette année 2008. Voire même plus :



mercredi 12 décembre 2018

[Track of The Day] Okkervil River - The Dream and The Light

On va faire court (oui, c'est possible) aujourd'hui. Déjà parce que ce disque est sans doute passé dans pas mal d'oreilles vu qu'il date d'avril dernier. Et puis on ne va pas refaire tout le pédigrée d'Okkervil River, tant il a été fait de nombreuses fois dans ces pages (ici, là, c'est comme vous voulez). Ni redire tout l'amour que je porte au groupe de Will Sheff et de Jonathan Meiburg, parti depuis.

On ne s'attardera pas non plus sur 'In The Rainbow Rain', leur dernier album en date, sans doute un des plus faibles de leur discographie. Pour autant, on est quand même chez Okkervil River et tout n'est pas à oublier. Parce qu'il y a un retour de flamme assez dingue sur The Dream and The Light, longue et ambitieuse chanson de près de 7 mns, dont la fin rappelle à quel point ce groupe est génial quand il se lâche complètement et qu'il semble moins en contrôle.

Album : In The Rainbow Rain
Année : 2018
Label : ATO


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Dream and The Light d'Okkervil River est en écoute ci-dessous :




mardi 15 février 2011

[Track of The Day] Okkervil River - Mermaid

Après avoir perdu Jonathan Meiburg parti se concentrer uniquement sur Shearwater; après avoir donné la musique qu'il fallait à la voix de Roky Erickson, revoilà les Okkervil River à quelques semaines de sortir leur nouvel album, 'I Am Very Far', point de départ d'une nouvelle aventure pour les texans.

Un disque (le sixième) qui s'annonce ambitieux, avec la présence de pas moins de deux batteurs, deux pianistes et sept guitaristes sur certaines chansons si l'on en croit Will Sheff tête de proue du combo.

'I Am Very Far' est annoncé pour mai prochain mais est amené tranquillement mais sûrement par une première sortie, 'Mermaid 12"' à l'artwork bien propret pour les Okkervil River et sur laquelle on trouve deux chansons.

Si Walked Out on a Line a un intérêt relatif, ce 'Mermaid 12"' vaut largement le coup pour la chanson titre Mermaid, bien belle balade mélancolique, très orchestrée et toute en progression qui voit Will Sheff se lâcher au fur et à mesure de l'avancement du morceau (à tel point qu'on le croirait revenu, le temps d'un instant, à l'époque bénie de 'Down The River of Golden Dreams').

Originellement enregistrée en 2007 pour la bande originale du film 'In Search of a Midnight Kiss', la version 2011 de Mermaid n'a plus rien à voir avec sa devancière. Et quand on entend cette chanson et que Will Sheff déclare que ca ne sera qu'une face-b de 'I Am Very Far', on peut être confiant pour la suite des évènements. Très. 

Album: Mermaid 12" 
Année: 2011 
Label: Jagjaguwar

Profitons en aussi pour signaler la très belle nouvelle mouture de Playlist Society, blog de Benjamin, devenu site/webzine collaboratif depuis hier 10h. Du beau boulot. A voir ici.

vendredi 7 août 2026

[Track of The Day] Will Sheff - Always Everything

Est-ce une simple coïncidence ? Un plan marketing bien ficelé ? Une volonté des deux compères de se retrouver en compétition, face à face, juste pour se marrer ? Difficile à savoir. Mais les deux anciens d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg (on oublie que celui-ci n'est plus membre du groupe depuis 2008 et la sortie 'The Stands-In', quand bien même il a joué un petit rôle sur chaque disque suivant, aux chœurs là, au banjo ici) viennent de publier les nouveaux albums de leurs projets personnels respectifs à quelques semaines d'intervalle, après pourtant quatre ans d'absence de chaque côté.

Si l'on reviendra prochainement sur le nouveau Shearwater, disque très Talk Talk / Mark Hollis qui prend une belle épaisseur à chaque écoute, évoquons tout d'abord 'Extra Mile', le second album solo de Will Sheff (au look de plus en plus Lennon-ien) à travers Always Everything (en écoute aujourd'hui). Un morceau qui démarre comme une balade acoustique déprimée mais lumineuse et qui n'a de cesse de déployer ses ailes pour terminer sous la forme d'un blues héroïque et euphorique. Une chanson superbe qui, avec celle d'ouverture Extra Mile, tient le très haut du pavé de ce joli album, qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié à quel point Will Sheff est un compositeur talentueux et soigné.

Album : Extra Mile
Année : 2026
Label : Solid Ghosts Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Always Everything de Will Sheff est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de haute tenue de ce nouvel album de Will Sheff, voilà la chanson titre et d'ouverture Extra Mile :

jeudi 23 avril 2009

Various Artists - Score! 20 Years of Merge Records: The Covers! [Merge]

Il y a plusieurs façons d’aborder une compilation de reprises: soit on se focalise sur les reprises en elle-même et on compare le tout aux versions originales (voir ici). Soit on prend ça comme un album lambda, rempli de nouvelles compositions, en ne s’attardant que sur les versions qui frappe nos tympans, sans jamais se préoccuper du passé.

Pour parler de ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’, j’ai choisi la seconde solution. Pour deux raisons: la première est que je ne connais pas tous les morceaux repris ici et issus du catalogue de Merge.
La seconde est que certaines versions sont tellement belles qu’il serait de mauvais goût de vouloir les comparer aux versions originales.

Merge a donc vingt ans. Et pour célébrer ça, le label de Caroline du Nord – créé en 1989 par Laura Ballance et Mac McCaughan pour sortir les albums de leur groupe, Superchunk – met les petits plats dans les grands en conviant vingt-deux artistes (tous non-signés chez Merge) à reprendre vingt compositions plus ou moins mythiques du label.

Au programme des réjouissances donc, Bright Eyes qui chante un sublime Papa Was a Rodeo (écrit à la base par The Magnetic Fields) dans un mélange de folk, de country et d'airs hawaïens, The Apples In Stereo se permet le luxe de chiper le temps d’à peine 2 mns un titre des Neutral Milk Hotel, Bill Callahan (Smog) - dont on évoquera plus que très prochainement le nouvel album dans ces pages - se prend pour Vic Chesnutt sur Santa Maria, The New Pornographers évoquent presque les Jam sur Don’t Destroy This Night tandis qu’Okkervil River surprend son monde avec All Your Little Suckers et sa boite à rythme. Ajoutez à cela les présences de Death Cab For Cutie, The Mountain Goats ou encore de Broken Social Scene et vous pouvez vous faire une idée du plateau très intéressant réuni autour de ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’.

Cependant, un titre attire en particulier l’attention. Une chanson que Cécile avait déjà évoquée ici. Sauf que contrairement à elle, je trouve ce morceau renversant : The National est encore dans le bon wagon : tout y est, des arrangements à la voix, tout transpire la classe. Mieux, St Vincent, artiste qui ne m’a jamais franchement transcendé, y livre une prestation splendide de tenue, de délicatesse et de discrétion.

Tirée à 7500 exemplaires et aux fonds récoltés reversés à une association caritative, aussi bien rock que pop, folk que country, ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’ est un projet qui tient la route, peut-être pas du niveau de ‘Dark of The Night’ certes, mais qui a quand même sacrément de la gueule sur certains passages. Moi qui avouais ne pas aimer les compilations il y a peu, j’en suis pour mon argent. (sortie: 7 avril 2009)


Tracklisting:
01. Quasi - Beautiful Things [3Ds cover]
02. Les Savy Fav - Precision Auto [Superchunk cover]
03. The Shins - Plenty Is Never Enough [Tenement Halls cover]
04. St. Vincent and the National - Sleep All Summer [Crooked Fingers cover]
05. Broken Social Scene - Complications [The Clean cover]
06. Ryan Adams - Like a Fool [Superchunk cover]
07. Bright Eyes - Papa Was a Rodeo [The Magnetic Fields cover]
08. Lavender Diamond - New Ways of Living [Destroyer cover]
09. The Apples in Stereo - King of Carrot Flowers Pt. 3 [Neutral Milk Hotel cover]
10. Laura Cantrell - Cowboy on the Moon [Lambchop cover]
11. Bill Callahan - Santa Maria [Versus cover]
12. Barbara Manning - Through With People [Portastatic cover]
13. The Mountain Goats - Drug Life [East River Pipe cover]
14. The New Pornographers - Don’t Destroy This Night [The Rock*A*Teens cover]
15. Tracey Thorn and Jens Lekman - Yeah! Oh, Yeah! [The Magnetic Fields cover]
16. The Hive Dwellers - My Noise [Superchunk cover]
17. Ted Leo & the Pharmacists - The Numbered Head [Robert Pollard cover]
18. Okkervil River - All You Little Suckers [East River Pipe cover]
19. Death Cab for Cutie - Kicked In [Superchunk cover]
20. Times New Viking - Neighborhood #1 [Arcade Fire cover]

Nb: Pour commander le disque, c’est ici (site officiel de Merge) ou là (entre autres).

Son:
Page officielle (ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers’ y est en écoute intégrale)


Vingt titres au total. Et quatre titres en écoute : le sublime titre de St. Vincent & The National, Sleep All Summer, enchainé avec celui de Broken Social Scene Complications. Puis retour à Conor Oberst et ses Bright Eyes pour Papa Was a Rodéo avant de conclure par la voix majestueuse de Bill Calllahan sur Santa Maria. Enjoy. (malheureusement plus en écoute).

dimanche 11 janvier 2009

[Track of The Day] Will Sheff - Ex-Girl Collection (The Wrens cover)

Tête pensante des Okkervil River, et même unique depuis le départ de Jonathan Meiburg, Will Sheff, le temps d'un split 7" avec Charles Bissel de The Wrens, reprend un titre de ces derniers, Ex-Girl Collection. Le grand Will Sheff en sort une version moins électrique mais autrement plus folk et très proche des élans passés des Okkervil River (et notamment de leur splendide 'Down The River of Golden Dreams' de 2003). D'ailleurs, Bissel reprend un titre de cet album, It Ends With a Fall. L'un reprend l'autre, l'autre reprend l'un. Et les guitares sont bien gardées.

Album: Will Sheff Covers Charles Bissell, Charles Bissell Covers Will Sheff 7"
Année: 2008
Label: Jagjaguwar

Un 7" que l'on peut acheter ici même.

jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 30-11


Afin de rendre le tout plus lisible et moins lourd, voilà la partie 2, les albums classés de la place 11 à la place 30.
Et toujours, en bas, un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



30. Why? – Alopecia [Anticon]
J’ai du mettre huit mois à comprendre ce disque. Tout du moins à l’aimer. Restant sur l’exceptionnel ‘Elephant Eyelash’ (pour moi un des plus grands disques pop des années 2000), je ne m’attendais surement pas à autant de lenteur et de noirceur. C’est sûrement cela. Car mis à part un ou deux singles, le tout m’ennuyait. Et puis là, ces derniers temps, j’ai retenté ma chance. Et force est de constater que j’avais totalement tort. Non, Yoni Wolf n'est pas mort et continue de sortir de grandes compositions. Ce disque n’a peut-être pas à mes yeux la grandeur de son prédécesseur, mais il n’en est pas loin. Très habité, torturé, Why? gagne en profondeur et sort une sorte de synthèse entre le côté volontairement bancal d’’Oaklandazulasylum’ et le côté pop d’’Elephant Eyelash’. Grand album.
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29. Pumice – Quo [Soft Abuse]
Voilà à quoi cela sert de ne pas aller trop vite en besogne en fin d'année. Découverte de fin d’année, le nouvel album Pumice, artiste néo-zélandais, dont j’avais adoré le précédent ‘Peebles’, est une nouvelle fois une réussite. Pop déglingo, rock 60s noisy, le tout lo-fi à mort, avec un côté mélodieux plus prononcé que sur le disque précédent. Un régal.
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28. Tobacco – Fucked Up Friends [Anticon]
Un peu de lo-fi, beaucoup de synthés, du sample, des sons analogiques comme s'il en pleuvait, un background hip-hop mais une ambition pop, un délire psyché, un Aesop Rock qui vient poser - alors que ce 'Fucked Up Friends' est essentiellement instrumental, un album sacrément euphorisant, des clips qui démoulent. Bref, dans la galaxie hip-hop, Anticon reprend du poil de la bête avec ce Tobacco. Et sacrément même.
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27. Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]
Depuis le premier et unique album des Postal Service, il me manquait mon apport annuel d’electro-pop-cheap. 2008 m’aura apporté mon palliatif avec Styrofoam, belge de son état, ami de Ben Gibbard et Dntel (avec qui il a déjà collaboré). Un disque qui a de nombreuses accointances avec ‘Give Up’ et qui fait plaisir à entendre. Du tubes à tous les étages et une cohérence tout du long.
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26. Titus Andronicus – The Airing of Grievances [Troubleman Unlimited]
Alors qu'XL s'apprête à rééditer l'album et lui faire connaître une sortie mondiale, il faut que je dise tout le bien que je pense de cet album: ce 'The Airing of Grievances' a de faux-airs des premiers albums de Bright Eyes - quand Conor Oberst composait des titres à fleur de peau surlesquels il appréciait éructer - voire même de Kimya Dawson sur une chanson. De l'indie rock-punk-folk en gros. Et de bon aloi.
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25. ¡Forward, Russia! - Life Processes [Cooking Vinyl]
Deuxième (et dernier, le groupe a splitté depuis) album des ¡Forward, Russia!, moins brutal que le premier. Un disque qui prend son temps pour amener l'auditeur à point avant de le prendre à la gorge à coups de déferlantes de riffs et de ne plus le lâcher. Un album qui s'autorise quelques dérapages réussis vers le post-rock. Un 'Life Processes' qui, sans une production aussi "lisse" sur Welcome to the Moment (the rest of your life), le titre qui ouvre l'album, aurait fini tout en haut des charts de fin d'année. Il n'en est finalement pas très loin.
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24. Foals – Antidotes [Transgressive]
Sorte de mix entre The Rapture, Battles et les !!!, les Foals sortent un premier album absolument irrésistible, qui fait lever la tête et donne envie de bouger beaucoup plus. Les titres s'enchaînent, la basse sautille, la rythmique est implacable: Ça sonne ça sonne ça sonne. Et ça envoie sévère. Ces anglais sont des dj à gratte.
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23. Fleet Foxes - st [Sub Pop]
J'ai mis du temps à rentrer dedans. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et j'estimais que la hype était démesurée. Et puis un soir, les yeux embrumés, la voix rocailleuse, un mouchoir à la main, j'ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Et j'ai vu la lumière. Cet album est somptueux, ce groupe est divin. En fait, c'est juste magistral, produit à la perfection. Rien d'extraordinaire de prime abord. Mais en fait, si c'est à tomber par terre et à la renverse... Du folk pastoral à vous rendre fou de dieu.
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22. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]
L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants, où, entre pop, electro et hip-hop, leurs cœurs balancent.
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21. Noah and The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
Un album de pop folk, entre Beirut, Micah P. Hinson, Jens Lekman et Adam Green (pour la voix). Beau disque, mélodieux dans tous les coins, de ces londoniens de Twickenham, pleins de clapping, chœurs et cordes qui pleurent. Clairement une de mes découvertes de l'année.
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20. Son Lux - At War With Walls And Mazes [Anticon]
La musique de Son Lux (Ryan Lott pour les intimes) est pesante, oppressante, doit autant à la pop qu'au hip-hop, mais est surtout d'une beauté froide. Très mélodique, masquée par un brouillard de basses, la musique de Son Lux se révèle au fur et à mesure des écoutes. Et prouve qu'elle a tout d'une grande.
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19. Autistic Daughters - Uneasy Flowers [Kranky]
Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup Tanakh par moments.
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18. Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]
Premier album d'un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, 'Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon' est un disque d'une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (il y en a beaucoup, mais elles ne sont pas un obstacle à la qualité de ce disque), des arrangements (divins!) que des mélodies troussées à merveille. Pop, rock, post-rock, mâtiné de musiques de l'Est: c'est un vrai régal. Un des grands disques, inspirés, de 2008.
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17. Okkervil River - The Stand-Ins [Jagjaguwar]
Ce qui ressort à l'écoute de ce nouvel album des Okkervil River c'est qu'on a enfin retrouvé la bande à Will Sheff. Vraiment je veux dire. Non pas que les quelques précédents albums soient mauvais. Juste qu'ils manquaient un petit quelque chose pour que je sois totalement convaincu. Suite de 'The Stage Names', 'The Stand-Ins' est un concentré de folk-rock (géant Lost Coastlines) de folk, de pop et d'Americana. Peut-être rarement aussi inspirés les Okkervil River.
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16. Girl Talk – Feed The Animals [Illegal Art]
Gregg Gillis est plus connu sous le nom de Girl Talk. Son style? Une utilisation sur-massive de samples de tous bords (pop, rock, electro, hip-hop, mainstream) et un mash-up de tout cela. Sur son quatrième album, ils utilisent plus de 300 (!!) samples très courts; et il y en a pour tous les gouts: du Sexy Boy de Air au Gimme More de Britney, du Purple Haze de Jimi Hendrix au Paranoid Android de Radiohead en passant par Ice Cube, Spank Rock, The Cure, Queen, Of Montreal, The Velvet Underground ou Prince. Le mix de l'année, une relecture originale et euphorique de l'histoire de la musique contemporaine; et l'album le plus bandant de l'année, largement.
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15. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]
Ce n’est pas avec leur tout nouveau ‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis sur Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante, d'un noise destructeur et d'une tension à couper au couteau. Plus que jamais un des groupes essentiels des années 2000.
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14. Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie [Alien8]
Aidan Baker et ses 113 sorties discographiques en 8 ans (!) s'acoquine avec Tim Hecker le temps d'un album à la texture sonore incroyable et qui a pour but de construire une cathédrale sonique absolue. 'Fantasma Parastasie' est un disque tout en apesanteur, fait de déluge de riffs, de drones contemplatifs et d’électro ambiante. Un chef d'œuvre du genre.
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13. Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel]
Un an presque jour pour jour après ‘The Meaning of 8’, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Si Cloud Cult restent les mêmes (pop tourmentée, baroque, endiablée, déjantée aux passages lo-fi, aux pointes d’électro, et ces contre-pieds constants dans chaque morceau), ils la jouent cette fois plus simple. Semblant s’éloigner de la mort du fils Minowa qui pèse tant dans les paroles du groupe et sortant une pochette moins hideuse que ses devancières, Cloud Cult pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible. Et l’album est d’une qualité une nouvelle fois étonnante.
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12. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
Mix entre une electro à la Autechre, Battles et les !!!. Le tout, uniquement instrumental. De la batterie, une basse bien funky (froide) et des nappes. Voilà en gros 'O Soundtrack My Heart', premier album sur Warp de Pivot. Un disque très cohérent et homogène. Totalement euphorisant, assurément addictif, il faut écouter Pivot.
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11. Malcolm Middleton – Sleight of Heart [Full Time Hobby]
Loin de son électrique ‘A Brighter Beat’, Malcolm Middleton met les choses à plat et au calme, presque en acoustique, convie Paul Savage (feu Delgados) à la batterie, Barry Burns (Mogwai) au piano, rappelle Jenny Reeve pour les chœurs féminins, reprend joliment Jackson C. Frank et pond une des chansons d'amour déçu les plus déchirantes qu'il m'a été donné d'entendre (Love Comes In Waves). Somptueux de bout en bout.
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Ci-dessous, un lecteur reprenant une chanson de chacun des albums cités ci-dessus. Classées de 30 à 11. Bonne(s) écoute(s)!



lundi 17 décembre 2007

Track of The Day (11-17 décembre 2007)

Une semaine une fois de plus fixée sur 2007 alors que la fin d'année approche à grands pas. (et toujours dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 17 décembre 2007:
* Blonde Redhead - 23 [4AD]
Alors qu'on atteint la fin de l'année, je me retrouve embourbé avec peu de temps et tant de disques qui ont rythmé mon année à remettre sur le devant du blog. Ce '23' des Blonde Redhead, même s'il est sorti il y a une paye, aurait mérité une belle chronique. Car il est superbe. Le titre éponyme, et qui ouvre l'album, en est la preuve resplendissante.
(disponible sur 23, 2007)

Dimanche 16 décembre 2007:

* Josh Ritter - Still Beating [V2]
C'est dingue comme ce mec en quelques mots, quelques accords de guitare, deux trois cris discrets de cuivre, quelques intonations, est capable de retourner le bide de votre serviteur. Ce Still Beating est d'une simplicité toute bête. Et d'une beauté à pleurer
(disponible sur The Historical Conquests of Josh Ritter, 2007)

Samedi 15 décembre 2007:
* Okkervil River - John Allyn Smith Sails [Jagjaguwar]
Will Sheff délaisse Shearwater, reprend les renes de ses Okkervil River qui prennent de l'envergure et sorte un disque de folk endiablé, luxuriant et qui se termine par ce touchant John Allyn Smith Sails, dont la fin n'est pas sans rappeler un des tubes d' un des tubes plus grands réacs que la variétoche française ait jamais comptée.
(disponible sur The Stage Names, 2007)

Vendredi 14 décembre 2007:
* Eluvium - Requiem on Frankfort Ave [Temporary Residence]
Planant, ambiant, atmosphérique, un disque d'une beauté céleste. A chaque année son album de nuit. En 2007 c'est Eluvium qui remporte la mise. Au nez et à la barbe des Stars of The Lid et consorts. Rien que ça!
(disponible sur Copia, 2007)


Jeudi 13 décembre 2007:
* Rand and Holland - The Light [Spunk]
Un peu de Nick Drake, des touches de Jim O'Rourke, pas mal de Kings of Convenience. Voyage en caravane en plein cœur d'une americana et d'un folk lumineux, symbolisé par ce The Light parfait. Assurément un des très grands disques de l'année.
(disponible sur Caravans, 2007)

Mercredi 12 décembre 2007:
* Glenn Mercer - Morning Lights [Pravda]
Ex-membre des Feelies, où sont passés tes années folles? Ben le post-punk est loin, la jeunesse aussi. Il n'en reste pas moins un beau disque assagi (bien qu'un peu produit à la pelleteuse). Et quelques fameux titres, à l'image de ce Morning Lights.
(disponible sur Wheels in Motion, 2007)

Mardi 11 décembre 2007:
* Kaiser Chiefs - Love's Not a Competition (but I'm Winning) [B-Unique]
Les Kaiser Chiefs sur leur premier opus avait sorti quelques titres pas dégueu mais sur la durée, on s'emmerdait profond. Là, c'est pareil. A sauver, ce Love's Not a Competition (but I'm Winning), brit popien jusqu'au bout des accords
(disponible sur Yours Truly, Angry Mob, 2007)

vendredi 3 octobre 2025

Richard Sallis - Felix [-]

Des marches d’escalier aux couleurs arc-en-ciel. Devant se tient une jeune femme, la tête et les épaules baissées, les mains dans les poches. On ne voit pas son visage mais à sa posture, on peut imaginer un sourire qui n’existe pas. Cette image, c’est la pochette de 'Felix' de Richard Sallis, musicien australien de 35 ans, connu pour être le leader de The Cameramen. La femme en question est son épouse. Et quand on sait qu'en anglais, l’expression « rainbow baby » désigne (très joliment) un enfant né après une fausse couche, on comprend que cette pochette résume tout le disque. Sorti le 3 janvier dernier, c'est le premier album de 2025 que j'ai écouté et, ce qui n'est pas banal, mon premier coup de cœur de l'année. Il était temps d'en parler 

'Felix', c'est un voyage musical dans la parentalité de Richard Sallis. Dans le fait de vieillir, de changer. Un disque entre tristesse, questionnement, joie, qui s'ouvre par le désespoir (la perte d'un fœtus et d'un enfant que notre homme n'aura jamais l'occasion de rencontrer, The Kid Has Gone Missing) et qui se termine par la naissance de ce fameux « rainbow baby » (The Kid Has Been Found). Un album qui, musicalement, passe donc par tous les états. The Kid Has Gone Missing ouvre le bal avec sa pop évanescente, ses chœurs comme gospel et sa bouleversante mélancolie ? A Song for the Broadcasters rebranche les guitares et balance des riffs accrocheurs. The Bill and Dean Orchestra présente sept minutes d’une pop sombre aux effluves jazz, aux cuivres ivres et au chant qui se transforme en tout fin en hurlements ? C’est pour mieux toucher au plus profond avec My Old Unexpected Friends, une des deux chansons pivot de 'Felix', qui début comme une balade à la John Lennon, au piano, mélancolique à souhait, avant que Richard Sallis ne lui fasse prendre une ampleur inattendue dans une seconde partie où la beauté éclate comme une bombe, à grands renforts de violons tendus, de guitares sublimes, d'un chant habité qui sonne comme désespéré, et des paroles magnifiques (« I don’t wish it could’ve been forever / Just wish it lasted a few more years / Sometimes you don’t get any warning / The rug is pulled from underneath  Sometimes there’s nothing you can do / Except survive beyond the news / But at the time I wasn’t ready / To say goodbye »). Et à peine remis, des frissons plein les bras, voilà que débarque No Time Like the Present, la seconde chanson pivot, folk-rock à l'efficacité imparable, qu'on a envie d'hurler à tue-tête avec Richard Sallis. Un morceau qui met sur orbite Bouncing Masquerade Ball et ses onze minutes qui résument à elles seules 'Felix', avant qu'un aérien The Kid Has Been Found, aux chœurs féminins presque christiques, clôture notre affaire.

Malheureusement publié sans structure derrière lui (et donc à ce jour uniquement en digital), il y a pourtant dans 'Felix' une sacrée ambition. Et tout du long, Richard Sallis se donne les moyens de cette ambition : de grandes et belles orchestrations, des chœurs divins (ceux de The Kid Has Gone Missing et The Kid Has Been Found sont renversants), une production d'une justesse folle, et une musicalité qui semble traverser toute les strates de la pop, mais aussi du rock (quelques élans post-rock savoureux). Il y a ici autant de Get Well Soon que de Okkervil River, de Black Heart Procession que de Team Me, de The National que du Arcade Fire des débuts ou de Fanfarlo, avec même un rien de Sufjan Stevens. Oui, 'Felix' de Richard Sallis, c'est un peu tout cela à la fois, une sorte de synthèse d'une certaine pop de ce nouveau siècle, qui emporte tout - et avec talent - sur son passage. Un album sublime, souvent bouleversant, habité même, et un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) écoutés cette année. Un disque dont la notoriété ne cesse de monter, doucement mais sûrement. En espérant qu'un label digne de ce nom s'en empare et le présente au plus grand nombre. Il le mérite mille fois. (Sortie : 3 janvier 2025)

 

Plus :
'Felix' de Richard Sallis est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Felix' de Richard Sallis est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Felix' de Richard Sallis est également à l'écoute sur Spotify, Deezer ou Tidal
Pour en savoir plus sur la conception de 'Felix' de Richard Sallis, je vous conseille l'écoute du podcast "Five at the Door" consacré à l'album

 

Trois chansons de 'Felix' de Richard Sallis en écoute aujourd'hui. My Old Unexpected Friends pour débuter, sans doute la plus belle chanson de l'album avec sa seconde partie renversante (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis No Time Like the Present, très Okkervil River dans l'âme, imparable. Et enfin, Bouncing Masquerade Ball et ses onze minutes à tomber : 

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 30-11


Deuxième et avant dernière partie de ce bilan de l'année 2013. Après les « Compilations, 45 tours et autres Ep » (à découvrir et écouter là), après le Top 50 « Chansons » (à découvrir et écouter là) et les albums classés de 50 à 31 (à découvrir et écouter là), voilà donc la suite : les albums classés de la 30è à la 1ère place.

Mais comme le veut la tradition, quelques autres liens pour aller fureter ici et là quelques belles découvertes :
Le Rewind 2013 chez Starsky

Et maintenant, plongeons nous donc dans cette 2è partie des « Albums qui ont fait mon année 2013, 2è partie ». Avec du joli monde à mes yeux, de ces anglais fans de vieux films à cette française qui devrait faire la une des magazines en passant par de vieux routiers qui font toujours le même album mais avec quelle classe, un échappé des CunninLynguists, un groupe mythique et des français psychédélique. Tout est donc ci-dessous et tout en bas du papier, comme à chaque fois, un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés.

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



30. Public Service Broadcasting - Inform - Educate - Entertain [Public Service Broadcasting] 
Album fourre-tout (la pop y cotoie le math-rock, le krautrock le post punk, le bango ou les synthés les guitares les plus précises) mais d'une très grande unité, plein de samples aux charmes aussi immédiats que désuets (tirés des archives du British Film Institute) et bourrés de mélodies, 'Inform - Educate - Entertain' de Public Service Broadcasting est sans conteste la très belle découverte de 2013.

29. Deafheaven - Sunbather [Deathwish Inc.]
Entre post-rock, guitares shoegaze et black metal, 'Sunbather' de Deafheaven (tout un programme !) aura été le groupe le plus bruyant de mon année 2013. Solide et très bien pensé, n'oubliant jamais les mélodies dans ses morceaux (The Pecan Tree), 'Sunbather' est un disque à l'énergie implacable.

28. Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat]
Forcément, il fallait que celui-ci y soit. Parce que c'est le premier LP de la jeune histoire de Without My Hat Records. Parce l'objet est splendide (4 faces imprimées, avec un volet). Mais surtout parce que Mondrian pond là une collection de chansons pop intemporelles, dont il est difficile de faire sortir un titre en particulier (They Don't Dance Much in Idaho quand même). 

27. Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]
A quoi bon changer une formule quand celle-ci est efficace ? Les italiens d'Action Dead Mouse, déjà encensés en fin d'année dans ces pages, continuent leur math-rock de chemin avec un 'ä' avec plein de guitares, de ruptures de rythmes et de changements de directions impromptus. Brillant.



26. Natti - Still Motion [APOS Music]
Dernier des trois CunninLynguists à se lancer en solo, Natti en impose avec ce premier album, 'Still Motion'. Alternant morceaux lascifs et titres percutants aux punchlines bien senties, aussi bien influencé par la black music que le jazz ou la pop, Natti n'oublie jamais de mettre au centre de tout les mélodies. 


25. Grant Hart - The Argument [Domino]
Copieux album (20 chansons pour 1h15 de musique), 'The Argument' est le 4è album de Grant Hart en 25 ans ! Découvert pour ma part cette année, cet ancien Hüsker Dü (je n'en savais rien) a composé là un disque de rock et de pop totalement habité. Un disque qui s'écoute d'une traite avec un plaisir non-feint. Et cette voix qui rappelle le David Bowie des 70s n'y est pas étrangère.

24. The Men - New Moon [Sacred Bones]
S'éloignant du rock bruitiste et noisy de ses premiers essais, The Men sur 'New Moon' partent dans un mode entre blues et psychédélique, même s'ils retrouvent l'urgence et la nervosité des chansons qui ont fait leur reconnaissance sur la deuxième partie de l'album. Prêt à mettre quelques billets sur une trajectoire à la Black Keys qui leur irait bien au teint. 


23. Boards of Canada - Tomorrow's Harvest [Warp]
Un des évènements musicaux de l'année a sans conteste été le retour des patrons de la musique électronique, Boards of Canada. 'Tomorrow's Harvest' (leur premier album depuis 2006) est d'une beauté incroyable, plein de couches, de textures et de lumières dont les écoutes successives s'avèrent plus riches à chaque fois.


22. Adam Green and Binki Shapiro - st [Rounder]
Disque court mais coquin en forme de rédemption pour Adam Green qui s'auto-parodiait depuis de trop nombreux albums. Le duo entre le new-yorkais et l'anglaise Binki Shapiro marche totalement, dans une sorte de version revisitée des célèbres Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Version qui a de l'avenir.


21. Califone - Stitches [Dead Ocean]
Depuis leur magnifique 'Quicksand/Cradlesnakes' en 2003, j'ai bizarrement suivi de très loin les aventures discographiques des américains de Califone. Retomber nez à nez avec eux m'aura fait comprendre : 1) mon erreur 2) que les mélodies tuantes, ils connaissent toujours 3) que l'americana (mais pas que) qui traverse tout 'Stitches' est à tomber. 


20. The Limiñanas - Costa Blanca [Trouble in Mind]
Moins sous le feu des projecteurs de leurs compatriotes Aline, Granville et autres La Femme, The Limiñanas est pourtant un groupe plus qu'à suivre. Originaire de Perpignan, chantant en français, The Limiñanas est signé chez Trouble In Mind, rien que ça ! Leur nouvel album 'Costa Blanc' est la rencontre du psychédélisme et une inspiration toute gainsbourienne. Petit bijou.

19. Moonface - Julia With Blue Jeans On [Jagjaguwar]
Spencer Krug doit être l'artiste le plus prolifique sur les 10 dernières années. Dernier album en date, 'Julia With Blue Jeans On', deuxième sortie sous le nom Moonface. Piano/voix tout du long, chant sublime, piano très en avant et mélodie à tomber.



18. Nick Cave and the Bad Seeds - Push The Sky Away [Bad Seed]
Les années passent et elles ne semblent pas avoir d'emprise ni sur Nick Cave, ni sur ses Bad Seeds. 'Push The Sky Away', dernier album (studio) en date va titiller les meilleurs disques de sa discographie. La faute à des chansons sublimes, une cohérence tout du long et deux titres majestueux : Mermaids et Jubilee Street.


17. Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]
Au contraire de groupes dans la même veine (The Decemberists, Iron & Wine), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. Fort d'un début d'album parfait, 'The Silver Gymnasium'  déroule un folk-rock aussi épique que délicat, comme à leurs plus grandes heures.


16. Eleanor Friedberger - Personal Record [Merge]
Sortie du giron de son frangin plus enclin aux expérimentations en tout genre, Eleanor Friedberger aura donné en 2013 au petit frère du déjà très réussi 'Last Summer' en 2011. Un disque qui prouve une fois de plus qu'elle a la pop dans le sens, des mélodies incroyables dans tous les doigts, et qu'elle est capable des tubes qu'il serait bon de fredonner à tue tête plus souvent qu'à notre tour. 

15. Poni Hoax - A State of War [Pan European Recording]
En continuant de puiser ses principales influences dans les années 80, les Poni Hoax auront sorti en 2013 leur troisième album, celui où les guitares sont les plus dansantes, les claviers les plus mélodiques, assez loin finalement des sonorités froides (mais pas désagréables pour autant) de leur précédents livraison. Jouissif.


14. Shannon Wright - In Film Sound [Vicious Circle]
Shannon Wright continue sa belle discographie avec 'In Film Sound', très bel album nerveux où les guitares sont plus que présentes et la furia sombre de l'américaine font merveille. Un jour, on se rendra compte de son talent incroyable. Un jour...



13. San Fermin - st [Downtown]
Groupe new-yorkais dont le leader est un grand fan du 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, San Fermin fait dans la pop à la ... Sufjan Stevens. Cet album n'a évidemment pas la consistance du chef d’œuvre des années 2000, mais est d'une grande beauté, avec arrangements aux petits oignons, plages de respirations et voix profonde, mix entre celle de Matt Berninger (The National) et Dan Michaelson (Absentee). Ces jeunes gens iront loin.

12. Mélanie Pain - Bye Bye Manchester [Yotanka]
De façon très surprenante, Mélanie Pain ne connait pas les unes des magazines. Et pourtant, le talent de cet ex-Nouvelle Vague. Son premier album était 'My Name' en 2009 était déjà une très belle réussite. Et son 'Bye Bye Manchester' est du même acabit, pop aux atours rétro, alternant français et anglais, avec sa voix coquine et conviant pour l'occasion des artistes aimés de ces pages (Florent Marchet, Ed Harcourt). Belle confirmation. 

11. Radar Brothers - Eight [Merge]
Guitares langoureuses, pop, slowcore, alternative rock : ce n'est pas avec leur 7è album (quoiqu'en dise son titre) que les Radar Brothers vont changer leur fusil d'épaule. La seule différence est peut-être un piano plus présent et une ampleur plus grande de l'ensemble. Sinon ? Leur meilleur album depuis 'And The Surrounding Mountains', autre chef d'oeuvre.


Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01
Top 50 « Albums» : 50-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'


Comme promis, voilà donc un player grooveshark pour écouter une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus. Du numéro 30 au numéro 11. Bonne(s) écoute(s) !