
Voilà donc ce top 50, en trois parties. La première aujourd'hui (les albums classés de 31 à 50) , la suite demain et vendredi.
Et toujours, au bas de chaque papier, un lecteur avec un titre de chaque disque nommé.

Des fois, on tombe sur un disque, comme ça, parce qu'on aime la pochette. Jeremy Messersmith donc. Songwriter qui fait dans la pop bien habillée de cordes et de quelques cuivres pour l'hiver, nourrie de pas mal d'influences, de Jude à Elliott Smith en passant par les Beatles. Court mais bel album, porté par une jolie voix.
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La mode est au super groupe, notamment chez nos amis d'outre-atlantique. Les britanniques s'y sont donc mis. Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (The Rascals) s'apprécient et, pour le fun, sortent un disque sixties à la sauce Western, avec des cordes et des cuivres t'en veux t'en as. Un exercice de style certes, mais couplé à un vrai don de songwriting. Le tout est sacrément efficace.
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De la pop qui vient du Danemark, qui hésite entre pop symphonique et moments plus intimistes. C'est magnifique, c'est fou! Un disque long en bouche en plus, qui mérite plusieurs écoutes pour en déceler tous les contours. Plus les écoutes passent plus on découvre un riff, un arrangement passé inaperçu.
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‘Pilgrim Road’ est un album qui vit et qui marque une rupture dans la discographie des Willard Grant Conspiracy . Avec ces compositions et ce travail d’écriture, le groupe crée une sorte d’opéra pop, où l'on imagine Robert Fischer et sa voix profonde raconter des histoires, au milieu d’une scène, un piano à queue dans un coin, son orchestre à ses pieds. Un très bel album donc (peut-être leur meilleur), ambitieux, et qui rappelle par moment l’œuvre de David Ackles. On a vu pire compliment.
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The Dodos. Son album 'Visiter'. Sa pochette dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie du disque. Son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop. Un beau voyage plein de rythmiques et de mélodies.
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Un disque parfait pour rentrer dans l'hiver. Ou en sortir. Un disque de folk mélancolique et doux. Une voix prévenante (mais qui peut agacer), des ambiances travaillées, un album habité. Bref, de la belle ouvrage, grand cru, qui se termine, par une merveille de titre, For Emma, Forever Ago, comme un symbole de toutes leurs ambitions.
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Envelopes est un quintet franco-suédois qui sorte là un vrai disque de rock bien construit, qui rappelle les fantômes des Talking Heads, des Pixies, avec un peu d'Alamo Race Track, sans pour autant négliger de rendre un hommage ironique à la plus grande égérie de la FM des années 80, Bonnie Tyler.
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Troisième album pour le grand Micah P. Hinson. Et troisième fois que je le mets dans un de mes tops de fin d’année. Je ne peux pas faire autrement. L’américain, avec son songwriting à l’ancienne, arrive toujours à sortir des compositions d’une qualité incroyable, soit d’une simplicité folle (une guitare et sa voix singulière), soit pleines de cordes qui aiment venir tutoyer les sommets. Assez peu reconnu malgré son incroyable talent, son ‘And The Red Empire Orchestra’ est à savourer plus que de raisons.
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On l’avait laissé sur une participation très réussie sur ‘Dumb Luck’, l’album de Dntel l’an passé. Quant à son premier album, il s’écoutait comme du petit lait : une farandole de douceurs pop, bien écrites sans être essentielles. De retour pour un deuxième album, la multicarte Jenny Lewis surprend son monde et pond un vrai second album. Entourée d’Elvis Costello et pourvue d'un talent certains pour les arrangements mêlant cordes et guitare sombre), ce 'Acid Tongue' est une réussite et un délice sans fin.
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Enchaînant un troisième disque décevant et une compilation de raretés vraiment intéressante, revoilà James Yorkston and The Athletes avec un nouvel album qui renoue avec la splendeur de 'Just Beyond The River', magnifié par une production de Four Tet parfaite de bout en bout. Un disque lumineux de la part de l'écossais folkant et de ses acolytes, où les mélodies sont toutes plus à tomber les unes que les autres. Pour info, 'When The Haar Rolls In' est un disque qui ne libère vraiment tout ce qu'il a dans le ventre que sur des enceintes de qualité et pas du tout au casque.
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Dans le monde merveilleux de la pop-folk débridée et tourmentée, voilà un groupe qui est bien plus qu'une curiosité et qui pourrait devenir (est devenu?) une des têtes de proue de ce mouvement. Signés sur Warp, largement influencé par les Animal Collective (essentiellement au niveau rythmique), les Born Ruffians sortent de leur schéma guitare/basse/batterie un disque nerveux, tendu, mélodiquement imparable.
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Troisième album pour le combo originaire de Brighton. Ce 'Do You Like Rock Music?' est une sorte de synthèse entre leurs deux disques précédents. Du post-punk et de la pop. Des hymnes dans tous les coins, et toujours cette voix à deux doigts de défaillir. Un grand cru. Un très grand cru. Ce groupe semble plus inspiré que jamais.
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Si la musique des Enablers était une rêverie, celle-ci tournerait vite au cauchemar. Car elle est très sombre, comme habitée. Du rock, du blues, un brin de noise, mais qui semblent venir des ténèbres. Comme si la fin du monde allait venir. Pete Simonelli ne chante pas, il raconte. Et avec une voix de crooner. Tremblez, les démons ne sont pas bien loin.
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Disque d’une homogénéité pleine de diversité, ‘Long Distance Swimmer’ rappelle l'œuvre de James Yorkston and The Athletes, mais avec un côté plus sombre. Le genre d’album aux contours habités mais doux. Concis, précis, chaque titre fait mouche, emportés qu’ils sont par la voix, les arrangements et les mélodies d’Adrian Crowley. Irlande of folk.
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Deuxième album pour les Cornflakes Heroes. Passage difficile, surtout après un premier si réussi. Eh bien, quelle très belle surprise! Encore meilleur que le premier. Un putain de disque de rock indé anglo-saxon fait en France. Rock, punk, pop, moog, trompette, saturations, tout y passe, dans une cohérence et une homogénéité dingue. Grand disque. Et avec un très grand titre, Is Mother Right?.
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Sixième album – le cinquième studio – des Norvégiens de Madrugada qui fait suite au décès du guitariste Robert Burås, mort en juillet 2007 à 31 ans. Le résultat est jouissif. Un disque rock, assez bluesy, avec toujours cette voix à la Nick Cave-a-like. D'ailleurs cet album éponyme rappelle énormément 'Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus' de l'Australien et son opposition rock/pop, noir/blanc, ying/yang. Le pied est grand à l'écoute de ce sixième disque.
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Avec une voix (celle Michael Reseinauer) qui aime être haut-perchée, les Pale Young Gentlemen sortent un second album où mélancolie (bien aidé par la présence de violons et violoncelles) se dispute la plus grosse part du gâteau avec un côté dansant surprenant. Tantôt folk mais toujours pop, les compositions du groupe originaire du Wisconsin ont un cachet vraiment délicieux. Et des passages qui rappellent Midlake.
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J'ai beau vouloir, je n'arrive pas à ne pas aimer les sorties discographiques de Coldplay. Celle-ci ne fait pas exception. Excellemment bien produit par Brian Eno, la bande à Chris Martin change de registre et s’éloigne un peu du classicisme pop dans lequel il puisait son inspiration depuis le début. Malgré cela, rien ne change, Coldplay enchaîne les tubes, de Viva La Vida à Violet Hill et son intro longue de 40 secondes en passant par 42. Et une nouvelle fois, Coldplay prouve qu'il est bien plus qu'un groupe FM et de midinettes.
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Entre rock, pop, glam, rockabilly, balades touchantes et belles orchestrations, Eugene McGuiness sort un premier album d’une grande maturité. Il me fait penser à une sorte d’Elliott Smith version 2010 (toutes proportions et tous styles gardés bien sûr): un même don pour la composition, une même voix pas anodine et un touché mélodique assez imparable. Bref, une des grandes découvertes de l’année. Ce mec là ira très loin.
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Adem, ancien de Fridge, pour son troisième album, s'entiche de titres composés et chantés par d'autres. Et les reprend. Exercice délicat comme chacun sait mais dont il se sort magistralement. Que ce soit les œuvres de PJ Harvey, Yo La Tengo, Aphex Twin, Lisa Germano ou Björk (période 'Homogenic'), notre homme sublime ces compositions à coups de folk contemporain et lumineux. Splendide.
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Et voilà le lecteur proposant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées de 50 à 31. Bonne(s) écoute(s)!