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mercredi 24 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 50-31


Et pour finir cette série de posts sur les tops, voilà donc mon top album 2008. Une belle année que celle-ci, portée par moi par deux immenses disques qui resteront. Beaucoup d'écoutes, de découvertes, de déceptions (le Islands à la première place de celles-ci), d'emballements médiatiques incompréhensibles (Vampire Weekend, je n'ai toujours pas saisi) mais surtout de grands disques. Bref, une année musicale de haute tenue qui tire sa révérence.

Voilà donc ce top 50, en trois parties. La première aujourd'hui (les albums classés de 31 à 50) , la suite demain et vendredi.
Et toujours, au bas de chaque papier, un lecteur avec un titre de chaque disque nommé.




50. Jeremy Messersmith - The Silver City [Princess Records]
Des fois, on tombe sur un disque, comme ça, parce qu'on aime la pochette. Jeremy Messersmith donc. Songwriter qui fait dans la pop bien habillée de cordes et de quelques cuivres pour l'hiver, nourrie de pas mal d'influences, de Jude à Elliott Smith en passant par les Beatles. Court mais bel album, porté par une jolie voix.
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49. The Last Shadow Puppets – The Age of Understatement [Domino]
La mode est au super groupe, notamment chez nos amis d'outre-atlantique. Les britanniques s'y sont donc mis. Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (The Rascals) s'apprécient et, pour le fun, sortent un disque sixties à la sauce Western, avec des cordes et des cuivres t'en veux t'en as. Un exercice de style certes, mais couplé à un vrai don de songwriting. Le tout est sacrément efficace.
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48. Choir of Young Believers – This Is For The White In Your Eyes [Tigerspring]
De la pop qui vient du Danemark, qui hésite entre pop symphonique et moments plus intimistes. C'est magnifique, c'est fou! Un disque long en bouche en plus, qui mérite plusieurs écoutes pour en déceler tous les contours. Plus les écoutes passent plus on découvre un riff, un arrangement passé inaperçu.
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47. Willard Grant Conspiracy – Pilgrim Road [Loose]
‘Pilgrim Road’ est un album qui vit et qui marque une rupture dans la discographie des Willard Grant Conspiracy . Avec ces compositions et ce travail d’écriture, le groupe crée une sorte d’opéra pop, où l'on imagine Robert Fischer et sa voix profonde raconter des histoires, au milieu d’une scène, un piano à queue dans un coin, son orchestre à ses pieds. Un très bel album donc (peut-être leur meilleur), ambitieux, et qui rappelle par moment l’œuvre de David Ackles. On a vu pire compliment.
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46. The Dodos – Visiter [French Kiss]
The Dodos. Son album 'Visiter'. Sa pochette dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie du disque. Son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop. Un beau voyage plein de rythmiques et de mélodies.
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45. Bon Iver – For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Un disque parfait pour rentrer dans l'hiver. Ou en sortir. Un disque de folk mélancolique et doux. Une voix prévenante (mais qui peut agacer), des ambiances travaillées, un album habité. Bref, de la belle ouvrage, grand cru, qui se termine, par une merveille de titre, For Emma, Forever Ago, comme un symbole de toutes leurs ambitions.
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44. Envelopes – Here Comes The Wind [Brille]
Envelopes est un quintet franco-suédois qui sorte là un vrai disque de rock bien construit, qui rappelle les fantômes des Talking Heads, des Pixies, avec un peu d'Alamo Race Track, sans pour autant négliger de rendre un hommage ironique à la plus grande égérie de la FM des années 80, Bonnie Tyler.
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43. Micah P. Hison – and the Red Empire Orchestra [Full-Time Hobby]
Troisième album pour le grand Micah P. Hinson. Et troisième fois que je le mets dans un de mes tops de fin d’année. Je ne peux pas faire autrement. L’américain, avec son songwriting à l’ancienne, arrive toujours à sortir des compositions d’une qualité incroyable, soit d’une simplicité folle (une guitare et sa voix singulière), soit pleines de cordes qui aiment venir tutoyer les sommets. Assez peu reconnu malgré son incroyable talent, son ‘And The Red Empire Orchestra’ est à savourer plus que de raisons.
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42. Jenny Lewis – Acid Tongue [Rough Trade]
On l’avait laissé sur une participation très réussie sur ‘Dumb Luck’, l’album de Dntel l’an passé. Quant à son premier album, il s’écoutait comme du petit lait : une farandole de douceurs pop, bien écrites sans être essentielles. De retour pour un deuxième album, la multicarte Jenny Lewis surprend son monde et pond un vrai second album. Entourée d’Elvis Costello et pourvue d'un talent certains pour les arrangements mêlant cordes et guitare sombre), ce 'Acid Tongue' est une réussite et un délice sans fin.
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41. James Yorkston and The Athletes – When The Haar Rolls In [Domino]
Enchaînant un troisième disque décevant et une compilation de raretés vraiment intéressante, revoilà James Yorkston and The Athletes avec un nouvel album qui renoue avec la splendeur de 'Just Beyond The River', magnifié par une production de Four Tet parfaite de bout en bout. Un disque lumineux de la part de l'écossais folkant et de ses acolytes, où les mélodies sont toutes plus à tomber les unes que les autres. Pour info, 'When The Haar Rolls In' est un disque qui ne libère vraiment tout ce qu'il a dans le ventre que sur des enceintes de qualité et pas du tout au casque.
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40. Born Ruffians - Red, Yellow and Blue [Warp]
Dans le monde merveilleux de la pop-folk débridée et tourmentée, voilà un groupe qui est bien plus qu'une curiosité et qui pourrait devenir (est devenu?) une des têtes de proue de ce mouvement. Signés sur Warp, largement influencé par les Animal Collective (essentiellement au niveau rythmique), les Born Ruffians sortent de leur schéma guitare/basse/batterie un disque nerveux, tendu, mélodiquement imparable.
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39. British Sea Power – Do You Like Rock Music? [Rough Trade]
Troisième album pour le combo originaire de Brighton. Ce 'Do You Like Rock Music?' est une sorte de synthèse entre leurs deux disques précédents. Du post-punk et de la pop. Des hymnes dans tous les coins, et toujours cette voix à deux doigts de défaillir. Un grand cru. Un très grand cru. Ce groupe semble plus inspiré que jamais.
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38. Enablers – Tundra [Lancashire and Somerset]
Si la musique des Enablers était une rêverie, celle-ci tournerait vite au cauchemar. Car elle est très sombre, comme habitée. Du rock, du blues, un brin de noise, mais qui semblent venir des ténèbres. Comme si la fin du monde allait venir. Pete Simonelli ne chante pas, il raconte. Et avec une voix de crooner. Tremblez, les démons ne sont pas bien loin.
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37. Adrian Crowley – Long Distance Swimmer [Tin Angel]
Disque d’une homogénéité pleine de diversité, ‘Long Distance Swimmer’ rappelle l'œuvre de James Yorkston and The Athletes, mais avec un côté plus sombre. Le genre d’album aux contours habités mais doux. Concis, précis, chaque titre fait mouche, emportés qu’ils sont par la voix, les arrangements et les mélodies d’Adrian Crowley. Irlande of folk.
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36. Cornflakes Heroes - Dear Mr Painkillers [Greed Recordings]
Deuxième album pour les Cornflakes Heroes. Passage difficile, surtout après un premier si réussi. Eh bien, quelle très belle surprise! Encore meilleur que le premier. Un putain de disque de rock indé anglo-saxon fait en France. Rock, punk, pop, moog, trompette, saturations, tout y passe, dans une cohérence et une homogénéité dingue. Grand disque. Et avec un très grand titre, Is Mother Right?.
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35. Madrugada – st [Malabar]
Sixième album – le cinquième studio – des Norvégiens de Madrugada qui fait suite au décès du guitariste Robert Burås, mort en juillet 2007 à 31 ans. Le résultat est jouissif. Un disque rock, assez bluesy, avec toujours cette voix à la Nick Cave-a-like. D'ailleurs cet album éponyme rappelle énormément 'Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus' de l'Australien et son opposition rock/pop, noir/blanc, ying/yang. Le pied est grand à l'écoute de ce sixième disque.
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34. Pale Young Gentlemen – Black Forest (Tra La La) [Science Of Sound]
Avec une voix (celle Michael Reseinauer) qui aime être haut-perchée, les Pale Young Gentlemen sortent un second album où mélancolie (bien aidé par la présence de violons et violoncelles) se dispute la plus grosse part du gâteau avec un côté dansant surprenant. Tantôt folk mais toujours pop, les compositions du groupe originaire du Wisconsin ont un cachet vraiment délicieux. Et des passages qui rappellent Midlake.
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33. Coldplay - Viva la Vida or Death and All His Friends [Parlophone]
J'ai beau vouloir, je n'arrive pas à ne pas aimer les sorties discographiques de Coldplay. Celle-ci ne fait pas exception. Excellemment bien produit par Brian Eno, la bande à Chris Martin change de registre et s’éloigne un peu du classicisme pop dans lequel il puisait son inspiration depuis le début. Malgré cela, rien ne change, Coldplay enchaîne les tubes, de Viva La Vida à Violet Hill et son intro longue de 40 secondes en passant par 42. Et une nouvelle fois, Coldplay prouve qu'il est bien plus qu'un groupe FM et de midinettes.
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32. Eugene McGuiness – st [Domino]
Entre rock, pop, glam, rockabilly, balades touchantes et belles orchestrations, Eugene McGuiness sort un premier album d’une grande maturité. Il me fait penser à une sorte d’Elliott Smith version 2010 (toutes proportions et tous styles gardés bien sûr): un même don pour la composition, une même voix pas anodine et un touché mélodique assez imparable. Bref, une des grandes découvertes de l’année. Ce mec là ira très loin.
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31. Adem – Takes [Domino]
Adem, ancien de Fridge, pour son troisième album, s'entiche de titres composés et chantés par d'autres. Et les reprend. Exercice délicat comme chacun sait mais dont il se sort magistralement. Que ce soit les œuvres de PJ Harvey, Yo La Tengo, Aphex Twin, Lisa Germano ou Björk (période 'Homogenic'), notre homme sublime ces compositions à coups de folk contemporain et lumineux. Splendide.
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Et voilà le lecteur proposant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées de 50 à 31. Bonne(s) écoute(s)!



jeudi 19 février 2009

A Red Hot Compilation – Dark Was The Night [4AD]

Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.
D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.

Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.

Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).

Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.

Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)

Son :
Site officiel
Myspace (Un titre de ce ‘Dark Was The Night’ en écoute)

Acheter le disque ici


Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose GonzalesCello Song (Nick Drake cover)
The NationalSo Far Around The Bend
Sufjan StevensYou Are The Blood (Castanets cover)
Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)


Tracklisting:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine
02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver - Brackett, WI
05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend
07. Yeasayer - Tightrope
08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine
12. The Decemberists - Sleepless
13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell
15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)

Disc 2
01. Spoon - Well-Alright
02. Arcade Fire - Lenin
03. Beirut - Mimizan
04. My Morning Jacket - El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch - Another Saturday
11. Riceboy Sleeps - Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace
13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out
16. Kevin Drew - Love Vs. Porn

mardi 17 juin 2008

Adem – Takes [Domino]

Longtemps, j’ai toujours eu un rapport difficile avec les reprises. Non pas que j’étais totalement fermé à ce genre mais je me suis toujours demandé quel était l’intérêt de retravailler (ou non la plupart du temps) une chanson d’un autre plutôt que d’écrire une composition originale. J’ai souvent trouvé que cela était un moyen trop facile pour plaire et pour faire vendre des disques. Bref, une technique pour artiste en manque d’imagination ou de « produits » essayant de s’acheter une légitimité aux yeux de beaucoup.

Et puis un jour, j’ai découvert Johnny Cash, remis en selle par Rick Rubin, qui s’amusait, à quelques heures de sa mort, à reprendre quelques titres célèbres, à les dépouiller et à leur donner une force immense avec quelques funestes de notes de guitares ou de piano, enveloppées dans une voix rocailleuse à nulle autre pareille. Ce type là a changé ma conception des covers en reprenant Hurt de Nine Inch Nails, un titre qui surpasse de loin l’original et me file toujours autant de frissons, même après un nombre incalculable d’écoutes.

Sans oser mettre les deux artistes au même plan, Adem (ex-membre de Fridge, le groupe qu’il formait avec, notamment, Four Tet) joue dans la même catégorie. Artiste (presque) totalement inconnu en France malgré deux albums divins (surtout le premier, ‘Homesongs’, dont il faut absolument écouter le somptueux These Are Your Friends, un de mes singles de l’année 2004, disponible ici), il revient avec un troisième album… de reprises (vous l’aurez compris), 'Takes' le bien nommé. Challenge délicat donc. Mais qu’il relève haut la main avec une force et un talent inouï. Et de deux manières.

Premièrement dans le choix de ses compositions. Ici, pas de standards ou de titres connus de tous. Non. Adem a du goût et nous le fait savoir en reprenant Yo La Tengo, Aphex Twin, Lisa Germano, Björk (période 'Homogenic') ou même Tortoise. Un tracklisting surprenant mais bien vu.

La seconde est dans la réécriture de ces titres. Adem a toujours été partisan d’un folk conteporain, lumineux et où les notes de guitares sonnent comme jamais. Et sur 'Takes', il continue dans cette voie là. Il faut l’entendre sublimer Hotellounge de dEUS, envoyer au septième ciel mélodique Invisible Man des Breeders ou épouser les contours nerveux de Starla des Smashing Pumpkins (une b-side sortie en 1992).
Sur deux titres, Adem devient même fascinant (voir plus bas) : Oh My Lover de PJ Harvey, beaucoup moins électrique que l’original mais aux cordes somptueuses et le To Cure A Weakling Chile (Boy Girl Song) d’Aphex Twin, dans la plus pure tradition Adem, avec chœurs, xylophones, guitare acoustique, le tout se répétant et s’emmêlant, à l’infini.

Bref, dans la même veine qu’un Jim O’Rourke période Eurêka (la filiation est toujours d’actualité), Adem continue sur sa lancée d’un folk qui scintille et qui respire, en redonnant vie à quelques titres fameux, pour la plupart passés dans l’oubli. Bref, un album de covers intelligent et diablement réussi. (sortie: 12 mai 2008)

Son :
Myspace (dont trois titres de ‘Takes’)
Site Officiel
Myspace non-officiel (quatre titres de ‘Homesongs’ en écoute)

Pour faire les choses bien, deux titres en écoute, les deux plus beaux de l'album selon votre serviteur: Le Oh My Lover de PJ Harvey et le To Cure A Weakling Chile (Boy Girl Song) Aphex Twin. Malheureusement plus en écoute.


Finissons en beauté avec une vidéo d'Adem reprenant 'Hotel Lounge' de dEUS (malheureusement plus disponible).

vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 31-50

Et pour finir, le traditionnel top album. Un top 50 totalement subjectif. Une bien belle année que 2007 avec de grandes découvertes, des confirmations mais aussi de bonnes déceptions avec pas mal de disque écrasé par des titres immenses (Tunng, The National, Modest Mouse, ce genre de trucs). Peut-être pas du niveau de 2003 (référence pour moi, des chef d'oeuvre dans tous les coins) voire 2004. Et encore, à bien y regarder... Histoire de faire les choses bien et vu qu'un top album sans son n'a pas grand intérêt, vous trouverez au-bas de ce post un lecteur deezer compilant 20 titres des disques concernés (un par groupe).

Nb: Vu que Blogger me fait des misères et qu'il accepte pas un post long de cinquante disques, je vais couper ça en trois. Déjà 1) ça sera plus lisible, 2) moins lourd et 3) ça m'évitera de m'arracher les cheveux comme ce midi.

Bref, Top 50 donc. Et on commence par les albums 50 à 31.



50. Souvaris – A Hat [Gringo Records]
Un premier opus déjà post-rock mais tourné vers Boards of Canada ou Yo La Tengo, un deuxième qui prend de la testostérone, appelle Sonic Youth, Battles ou Shellac comme âmes d’inspirations et sort la grosse artillerie. Gros boulot et une nouvelle fois, grosse réussite et un des grands albums du genre de 2007. Bisous Simmo.



49. Von Südenfed – Tromatic Reflexxions [Domino]
Une (que dis-je, L’) icône punk et deux souris dj-ettes font dans la rencontre imprévue mais bien venue. Un disque electro-kepon sautillant et bandant, gorgé de tubes jusqu’à la glotte, seule et unique trace physique de la rencontre de Mouse on Mars et de Mark E. Smith, ce dernier, comme à son habitude a, semble t-il déjà mis fin à l’affaire. Pas une vraie surprise. On mettra Fledermaus Can't Get Enough, un des tubes de l’année, faut pas se mentir, à fond en guise de musique funéraire.

48. Over The Rhine – The Trumpet Child [Great Speckled]
Leur précédent album était un disque pop, beau comme tout, éclipsé par la tornade Sufjan Stevens. Leur nouvel opus (celui là donc) lorgne plus vers un côté jazzy et classy, à faire frissonner plus d’un bel homme, aux moustaches savamment taillées et à la descente de Scotch, assez vieux pour commander son propre Scotch, raffinée. Vous sentez cette odeur de cigarette ? Vous entendez ces applaudissements feutrés ? Ben, vous êtes dans un club de jazz des années 30, sous des voûtes. Et vous êtes bien.

47. Dakota Suite – Waiting For The Dawn To Crawl Through And Take Away Your Life [Glitterhouse]
Nouvel album de l'Anglais Dakota Suite, entre folk, cuivres et riffs tendus. Langoureux, mélancolique, triste, froid comme l'hiver et beau comme le printemps. Un disque à faire écouter à un déprimé : c’est souvent dans le tristement beau qu’on trouve une porte de secours.



46. Dntel – Dumb Luck [Sub Pop]
Une casting magique (Conor Oberst, Lali Puna, Jenny Lewis, Fog ou encore Grizzli Bear) et une alchimie non feinte entre sa musique et le chant de ses invités, vraiment à la disposition du maître des lieux : bref, un grand disque d’electro-pop. Reste plus qu’à donner naissance au petit frêre de ‘Give Up’, le premier album des Postal Service.



45. Editors – An End Has a Start [Kitchenware]
Un deuxième album avec du tubes «t’en veux ? t’en as !», des guitares circa-1981 dans tous les sens. Plus inspirés que leurs copains d’Interpol, pas révolutionnaires pour un sou, les Editors sont quand même d’une efficacité fofolle. Tripping.




44. Digitalism - st [Kitsuné]
Les Allemands de Digitalism, à l'instar de leurs compères Parisiens de Justice, rendent hommage (ou pompent sans vergogne, c'est selon) Daft Punk (jamais autant mis à l'honneur depuis la sortie d''Homework') et sortent un disque bandant et qui ferait même danser mamy. Imparable.



43. Laura Veirs – Saltbreakers [Nonesuch]
La mignonnette avec ses chtites lunettes toutes rondes de Seattle revient, avec un bien beau disque de songwriting pop/folk, très inspiré une nouvelle fois, qui mélange plutôt finement pistes langoureuses et intimistes et moments beaucoup plus enlevés, un genre qui lui sied bien . Comme dit Sami, Laura Veirs, elle fait tout le temps le même disque. Mais elle le fait bien.


42. Islaja – Ulual yyy [Fonal]
Troisième album pour la finlandaise, le plus abouti. Un disque tout en finnois, aux ambiances psychédéliques et planantes, au dessus desquelles vole une grande voix. Le genre d’albums dont il est assez difficile de se défaire. Le genre d’artiste à vous donner envie d’apprendre le finlandais, comme ça, entre deux bouchées de saumon.



41. Rand and Holland – Caravans [Spunk]
Un peu de Nick Drake, des touches de Jim O'Rourke, pas mal de Kings of Convenience et de toute la clique nordique qui embellie nos oreilles depuis quelques années déjà. Voyage en caravane en plein cœur d'une americana et d'un folk lumineux. Et sans Hugues Aufray.





40. Hauschka – Room to Expand [Fat Cat]
Si le fils de Max Richter devait faire du piano, il s'appellerait Hauschka. Des pièces entièrement sur cet instrument, tantôt déstructurées, tantôt titillés par quelques mouvements électronique. Histoire d'enfoncer le clou, tout se passe sur 130701, le sous-label de Fat Cat, spécialisé, dira t-on, dans les musiques de chambre et au catalogue parfait. Encore plus avec ce disque. Bondieu c'est beau.


39. Arctic Monkeys – Favourite Worst Nightmare [Domino]
Loin de l’hystérie collective de leur premier album, leur 'Favourite Worst Nightmare' est une bien belle surprise, homogène et moins blindé de tubes comme pouvait l’être 'Whatever People Say I Am, That's What I'm Not'. Moi qui pensais qu’il ramerait avant de trouver une vraie maturité artistique, j’en suis pour mes frais. Excellente surprise.



38. Ez3kiel – Naphtaline [Jarring-Effects]
Le seul groupe intéressant et pas chiant de chez Jarring Effects, et ça même quand ils font du dub et surtout quand ils sont avec DAAU, sort un nouvel album. Sans dub. Avec plein d'ambiances de musique de film et de Yann Tiersen. Un virage très intéressant et passionnant. Quant à l'objet physique, c'est indispensable, comme à chaque fois avec le groupe.



37. Eluvium – Copia [Temporary Residence]
L’an passé, c’est le ‘Harmony In Ultraviolet’ de Tim Hecker qui venait rythmer mes fins de soirées et mes débuts de nuits. Cette année, c’est le beau 'Copia' d’Eluvium qui lui succède. Planant, ambiant, atmosphérique, et minimal, un disque d'une beauté céleste.




36. Robert Wyatt – Comicopera [Domino]
Le grand Robert Wyatt revient un siècle après son dernier album. Il ramène dans sa besace son ambition artistique (toujours rock progressif, un peu de jazz, de la pop plus «basique» aussi), son monde à lui, quelques copains (Brian Eno, Paul Weller, notamment) et sort une bombe magistrale et vibrante. Touchant comme personne le Robert. Et puis avec sa grosse barbe et sa tête de nounours, on lui ferait bien un câlin tiens.

35. !!! – Myth Takes [Warp]
Première rencontre scénique avec votre serviteur en 2007. Résultat ? Une baffe. Nouvel opus dans les oreilles ? La même. Un disque plus concis, mieux maîtrisé que le premier, avec des titres à faire danser le monde entier jusqu’au bout de la nuit, dans tous les coins. Un album d’une efficacité rare. “4 your heart of hearts... yeah... talking bout real love baby...”.


34. Mira Calix – Eyes Against The Sun [Warp]
Entre électronique, minimalisme et expérimental feutré, Mira Calix pond un nouvel album beau… mais beau ! C’est assez incroyable. On y rentre doucement, comme dans une eau bien chaude et on en ressort tout tourneboulé. Mélodiquement, c’est très fort. Classe.




33. Marissa Nadler – Song III: Bird on the Water [Peacefrog]
Nouvel album en forme d'apothéose pour la grande Marissa et émotion à fleur de peau tout au long de cet album. Un disque de folk splendide, mené par une bien belle voix, qui pose quand même la question : comment est-ce possible qu’une voix et une guitare acoustique, à peine embellies par quelques cordes, arrivent à toucher autant et à vous foutre des frissons tout le long de l’échine ?


32. Le Loup - The Throne of the Third Heaven of the Nations' Millennium General Assembly [Hardly' Art]
Rencontre entre Sufjan Stevens, Radical Face et Grizzly Bear. Pop intimiste, folk délicat qui ne veut pas trop en faire de peur, justement, d'en faire trop, banjo, chœurs et canons au programme. Une des très belles découvertes de 2007. Un disque dont on ne se détache pas facilement.


31. Bishop Allen – The Broken String [Dead Oceans]
Voilà un groupe un peu foufou qui, un soir d’hiver 2005, decide qu’en 2006, il sortira un disque par mois. Comme ça. Parce qu’il est d’humeur. De ce pari un peu débile à la base naitront 12 Ep, tous intitulés du nom du mois de leur sortie. Certains des titres presents se retrouvent aujourd’hui sur ce second album, condensé d’indie-pop, variée, à la belle écriture. Il y a quelques hymnes qu’on se surprend à fredonner plus souvent qu’à son tour. Un vrai grand groupe est né. Et avec lui, un vrai bon label. Chouette.


Avant de passer à la suite, un extrait pour chaque album concerné. Dix-neuf dans le lecteur deezer et un seul (car trop lourd pour le logiciel) à part, celui de Souvaris:

free music


Souvaris - The Young Ted Danson

mercredi 19 septembre 2007

Souvaris - A Hat [Gringo Records]

Tiens, j'avais envie de causer post-rock ce soir. Oui, je sais, ce genre musical - essentiellement - instrumental divise plus qu'il ne rassemble (musique touchant au génie pour les uns, mièvrerie pour neurasthénique pour les autres), a déjà connu son heure de gloire (à la fin des années 90, avec Godspeed You ! Black Emperor, Explosions in the Sky ou Mogwaï) et surtout s'auto-parodie plus qu'il n'évolue, et ce depuis des années. Alors pourquoi parler d'un groupe obscur de post-rock en ce mercredi 19 septembre 2007 ? Parce que j'aime qu'on vienne me chatouiller le tympan à grand renfort de montées soudaines et rageuses.

Et surtout parce que j'aime Souvaris. Car, dans la nuée de groupes fadasses et ennuyeux au possible qui peuplent le monde du post-rock d'aujourd'hui, il existe un combo anglais originaire de Nottingham Forrest, rencontré au détour d'un forum Internet il y a quelques années : Souvaris.

Leur second album est sorti il y a quelques mois. Et après une tournée euphorique et "sold-out" (ou pas) en France au printemps dernier (le leader du groupe, Simmo, en plus d'être adorablement fou, est un francophile convaincu), Souvaris a sorti son deuxième album, 'A Hat'.

Si j'en parle dans ces pages, ce n'est pas parce qu'ils ont retrouvé le chapeau que j'ai oublié l'autre soir. Non. C'est juste parce qu'il atteint des sommets. Dans un souci évident d’exigence artistique, le groupe ne fait pas dans la redite par rapport à son premier opus. Ni dans le détail. Plus d’une heure de guitares (l)acérées comme rarement, de riffs agressifs, de longues montées qui se terminent dans des déflagrations sonores délirantes.
Proche souvent d’un rock noisy qui leur va particulièrement bien au teint, recentré sur les guitares, Souvaris crée une musique qui attrape l’auditeur à la gorge pour ne plus le lâcher avant la fin.

Et loin des influences de groupe comme Boards of Canada ou Yo La Tengo du premier album, on pense plus ici à Shellac, Battles voire Sonic Youth. On sent même, à la fin de The Young Ted Danson, une envie d’aller jouer sur les terres des !!!. On se plait alors à imaginer la suite funky des aventures discographiques d’un groupe attachant et qui devient album après album quasiment indispensable. Bisous Simmo. (Sortie : 4 avril 2007)

Son:
Myspace
Site Officiel


Deux morceaux en écoute, Hand or Fingers et le génial The Young Ted Danson (malheureusement, plus en écoute).

mardi 19 janvier 2021

[Track of The Day] CARM - Song of Trouble (feat. Sufjan Stevens)

CJ Camerieri est un nom qui ne vous dira sans doute rien, mais la trompette de ce new-yorkais a sans doute déjà atteint vos oreilles vu qu'il a officié sur quelques albums remarqués des têtes d'affiche de la pop music de ces 15 dernières années. On a donc pu le croiser sur le dernier album de The Tallest Man On Earth, sur le coffret de Noël 'Silver & Gold' de Sufjan Stevens (la trompette sur The Child With The Star On His Head c'est lui), sur le second album ('Bon Iver, Bon Iver') et le dernier ('i,i') de Bon Iver, sur Conversation 16 du 'High Violet' de The National, mais aussi chez Martha Wainwright, John Legend, Poliça, Chris Garneau ou encore Serengeti. To name a few comme disent nos voisins.

Rien d'étonnant donc que pour son premier effort solo sous le pseudonyme CARM, il se soit entouré d'une ribambelle d'artistes et pas les moins fameux, jugez plutôt du casting (je vous le mets au complet, histoire de) : Sufjan Stevens, Shara Nova (My Brightest Diamond), Justin Vernon, Georgia Hubley et Ira Kaplan de Yo La Tengo, Lupin, Cliff Rhymes et Benson Ramsey (The Pines), pour ce qui est du chant. Et Mouse on Mars, Francis Starlite, Jake Hanson, Mike Boschen, Chris Bierden (Poliça), Mark McGee, Amati, Joe Westerlund, Dustin Zahn, Alex Nutter, Trever Hagen, Nick Camerieri, Hideaki Aomori, Mick Rossi, Bryan Nichols, Rob Moose (Antony And The Johnsons) et Gabe Cabezas. Cela est un name-dropping de compétition mais si tous les noms ne me sont pas familiers, avouez tout de même que le casting a une sacrée gueule.

Et après dévoilé les chansons avec Justin Vernon, Shara Nova, Georgia Hubley et Ira Kaplan, CARM a mis en ligne Song of TroubleSufjan Stevens oeuvre (notamment) derrière le micro. Une chanson au texte sublime, à l'ambiance toute Sufjaniene (on dirait qu'elle sort droit des sessions de 'Carrie & Lowell'), à la production cotonneuse et étouffée et à la beauté implacable où Sufjan Stevens chante merveilleusement bien - comme il est de coutume chez lui dès qu'il s'agit de chansons à la mélancolie douce. Un Song of Trouble qui ouvrira cet album de CARM (quand Land avec Justin Vernon le fermera), qui promet beaucoup et qui sera à découvrir dans son entièreté dès ce vendredi. Hâte.

Album : CARM
Année : 2021
Label : 37d03d

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Song of Trouble de CARM, avec au chant Sufjan Stevens, est également en écoute ci-dessous :

Les paroles de Song of Trouble de CARM et Sufjan Stevens sont à découvrir ici : 

Autre chanson extraite de cet album éponyme de CARM, voilà Land, avec Justin Vernon au chant : 

mercredi 25 janvier 2017

Car Seat Headrest - Teens of Denial [Matador]

Alors oui, je sais, on vous a sûrement déjà ressassé les oreilles avec cet album là. A quoi bon donc en parler dans ces pages alors que 2017 a ouvert ses bras et que 'Teens of Denial' est sorti en juillet 2016 ? Parce qu'il mérite qu'on en dise à nouveau le plus grand bien. Et parce que des albums comme cela, on n'en trouve pas à tous les coins d'un label.

Mais qui sont donc les Car Seat Headrest ? Avant tout, ce groupe est le projet d'un seul homme Will Toledo, jeune et prolifique américain de 24 ans, qui a enregistré en l'espace de 3 ans pas moins de 11 albums dans son coin (et tous en écoute sur bandcamp, voir plus bas). Des disques lo-fi et brinquebalant, entre bedroom pop et garage-car (oui, certains de ces disques ont été enregistrés dans sa voiture, d'où Car Seat Headrest, littéralement « appuie-tête de voiture »), évidemment très Do It Yourself.

Repéré par Chris Lombardi de Matador Records (excusez du peu), Will Toledo signe en 2014 sur le label des Yo La Tengo, Liz Phair et autres Pavement. Mais Matador veut faire les choses bien et croit beaucoup en son nouveau poulain - et il y a de quoi. Ainsi, plutôt que brûler tout le potentiel du bonhomme et histoire de présenter à un plus large public, il le laisse ré-enregistrer à l'automne 2015 certaines de ses premières compositions. 'Teens of Style' parait, le disque ne souffre pas d'avoir perdu son côté DIY et le garçon se fait un nom. Car Seat Headrest s'enrichit alors de trois membres pour donner plus de corps à sa musique et à ses ambitions et embraye un an plus tard avec son premier album pour un label, 'Teens of Denial'.

Prévu en mai dernier, il voit sa sortie repoussée à cause d'un Rick Ocasek (leader de The Cars) pas vraiment complice qui lui reproche un sample non-clearé de son titre Just What I Needed (et ce n'est pourtant pas faute à Matador et à Car Seat Headrest d'avoir fait les démarches en ce sens, de longs mois avant). Rappel de tous les disques déjà envoyés à travers tout le pays, destruction de ceux-ci, réenregistrement et changement de titre pour la chanson incriminée (de Just What I Wanted/Not Just What I Needed, elle devient Not Just What I Needed, même si l'influence reste manifeste). Deux mois plus tard, 'Teens of Denial' voit officiellement le jour. Et met une baffe à beaucoup, et en premier lieu à l'auteur de ses lignes.

En 12 titres, Car Seat Headrest, porté par une production moins lo-fi que ses précédents enregistrements et particulièrement bien vue, assène dès les premières secondes de l'album un riff diabolique qui donne le ton (Fill in the Blank). La suite ne dévie pas de la trajectoire. Étirant ses morceaux comme jamais sans pour autant les rendre ennuyeux ou sans arriver à leur trouver une porte de sortie, Car Seat Headrest affiche ses ambitions, rappelle à lui Pavement (Destroyed by Hippie Powers notamment mais pas que), Nada Surf (la construction de Drunk Drivers / Killer Whales et cette façon d'amener et d'hurler le refrain), Sebadoh et autres groupes du genre. Il en profite même pour piquer aux Doors la guitare de leur L.A. Woman (Connect the Dots (The Saga of Frank Sinatra)).

Contant avec une voix trainante des histoires d'une jeunesse désabusée, qui s'ennuie, qui s'emmerde, qui se foire et qui ne trouve même plus son remède dans l'alcool et la drogue, Car Seat Headrest compose ici aussi bien des hymnes rock (Drunk Drivers / Killer Whales) que des balades à fredonner à tue-tête (fameux « drugs are better, drugs are better with friends are better, friends are better with drugs... » sur (Joe Gets Kicked Out of School for Using) Drugs With Friends (But Says This Isn't a Problem) ou tout simplement tuantes (les 11mns parfaites de The Ballad of Costa Concordia qui rappelle Okkervil River dans sa première partie).

Brillant album, à tous les niveaux, 'Teens of Denial' est une vraie révélation pour votre serviteur. Sans doute le disque le plus écouté 2016, cet album de Car Seat Headrest pose toutefois quelques questions : ce projet restera t-il celui de Will Toledo qui, tel un Eels, ferait tourner les membres autour de lui ? Intitulera t-il tous ses prochains albums Teens quelque-chose ? Quand reviendra t-il ? Après 12 albums et une compilation, a-t-il encore des choses à dire ?
Une chose est sûre cependant : quoi qu'il en dise sur les derniers mots de Joe Goes To School qui cloture ce 'Teens of Denial', Car Seat Hedarest n'est en aucun cas une simple « tourist attraction ». J'ai même comme l'impression qu'on vient d'en prendre pour un moment. Tant mieux. (Sortie : 20 mai 2016)

Son :
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est en écoute (partielle) sur le bandcamp du groupe
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est à l'achat, toujours sur le bandcamp du groupe
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est également en écoute sur Spotify et Deezer

Les 11 premiers efforts de Car Seat Headrest sont en écoute sur son bandcamp
On y trouve également la « compilation » 'Teens of Style'

Enfin, pour en savoir plus sur l'histoire de Car Seat Headrest, pré 'Teens of Denial', cet article de Rolling Stones US est à lire.


Beaucoup de choses à écouter aujourd'hui et à voir de ce 'Teens of Denial' de Car Seat Headrest. Tout d'abord, Drunk Drivers / Killer Whales, hit en puissance (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche). Ensuite, Vincent et son intro parfaite.





Pas plus de titres de disponibles sur le bandcamp de Car Seat Headrest ? Rabattons nous donc sur les clips. Tout d'abord Fill in The Blank qui ouvre parfaitement ce 'Teens of Denial' (ah ce riff) :


Ensuite, le clip de Drunk Drivers / Killers Whales, longue balade sur le bitume et sur l'eau :


Enfin, le clip de Vincent, évidemment édité (l'originale fait 7'45'', voir plus haut) :