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mardi 5 octobre 2010

[Track of The Day] Shellac - The End of Radio

Hier soir, L'Épicerie Moderne. La meilleure salle de Lyon accueille un groupe mythique, Shellac. Shellac, c'est le trio formé par Todd Trainer, Bob Weston et Steve Albini (le producteur le plus important des 20 dernières, faut il le rappeler). Dont le principal but est de se faire plaisir et de s'évader de leurs vies professionnelles respectives. Une sorte de soupape de décompression en gros - qui explique le peu d'albums sortis à ce jour (cinq en 16 ans, dont au moins deux essentiels).

Hier donc, pas moins de 700 personnes (!!) en ont donc pris pour leurs oreilles en 1h30 de noise, de math, de punk, de post ce-que-vous-voulez. Mais ils en ont pris, et moi le premier. Simple, carré, brutal, allant à l'essentiel, baigné dans un enthousiasme de chaque instant.

Les Shellac ont développé une puissance sonore couplée à une justesse invraisemblable (ça aide d'avoir deux ingénieurs du son dans le groupe), donnant un coup de fouet à tous leurs morceaux, qui pourtant n'en avaient pas franchement besoin. Et au dessus, toujours la même ligne de conduite: l'anti-conformisme qui les caractérise, démarrant un morceau à droite pour mieux s'arrêter à gauche avant de finir au milieu.

Albini est totalement déjanté sur sa guitare, Weston a une sacrée gouaille et Trainer est un batteur fou furieux au jeu absolument parfait (le dernier batteur qui m'avait marqué à ce point en live était le batteur de Oneida à l'époque de leur 'Secret Wars' en 2004).

Quant aux nouveaux titres au nombre de cinq, ils sonnent très bien sur scène, avec des mélodies plus présentes. Mais comme disait Bob Weston pendant le concert «Le nouvel album sortira peut-être dans 10 ans, peut-être dans 1 mois, on n'en sait rien. Mais on vous tiendra au courant». Y a intérêt.

En tout cas, si Shellac était déjà fortement conseillé sur album, il l'est encore plus sur scène. Vraie baffe et grand moment live de 2010 pour ma part. 

Album: Excellent Italian Greyhound 
Année: 2007 
Label: Touch & Go

vendredi 23 août 2019

The Gotobeds - Debt Begins at 30 [Sub Pop]

Si 'Debt Begins at 30' était leur premier album, sans nul doute qu'on aurait fait de The Gotobeds (malgré son absence sur la pochette, c'est bien un groupe en « The ») de « next big thing » de la scène rock actuelle. Sauf que ce n'est - donc - pas leur premier disque, mais leur quatrième (et puis on va laisser cette place à The Murder Capital).
Pour autant, le quatuor originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie a tout ce qu'il faut pour éclater enfin à la face du monde - ou tout au moins à la face des gens qui aiment l’indie-rock (ce qui réduit le panel et ce chaque année un peu plus). Car 'Debt Begins at 30' a une gueule et de sacrées chansons à revendre.

Sans en être un, ce disque des Gotobeds est presque un concept album. Pas forcément dans les thématiques abordées ou pour la cohérence de l’ensemble, mais plus parce qu’il invite pléthore d’artistes à venir chanter et jouer avec eux, et ce sur chaque chanson - ce qui n'est quand même pas commun dans cette sphère musicale. Et la liste a plutôt un joli relief : il y a bien des membres de groupes inconnus à mon bataillon personnel (Silkworm, Positive No ou Downtown Boys), mais on compte également Joe Casey et Greg Ahee de Protomartyr (et pas sur les mêmes titres), Bob Weston de Shellac et Bob Nastanovich de Pavement (qui, pour toute participation, gueule « Dross » sur la chanson du même nom et a rédigé le texte de promotion de l'album).

D’où un 'Debt Begins at 30' particulièrement divers, qui garde une ligne directrice entre punk, post-punk, lo-fi et indie-rock très marqué US - évidemment - où les guitares sont à la fête, mais qui s’échappe un peu de partout, allant piocher l’inspiration chez les Pixies (2:15), Parquet Courts (Poor People Are Revolting), Pavement et avec tout du long un côté Sonic Youth et Wire du meilleur effet. 

Pour autant, cet album de The Gotobeds n'a rien d'une « compilation ». Très bien produit, sans titre faible (même la version alternative, en espagnol, de la chanson Debt Begins at 30 n'est en rien une redite), n'oubliant jamais les mélodies, doublant souvent les voix pour donner encore plus de corps aux chansons, 'Debt Begins at 30' est avant tout un putain de disque rock, dans toutes ses acceptions, plein de guitares acérées et de morceaux qui ne demandent qu'à être des tubes. Il ne reste plus qu'à souhaiter à ces presque trentenaires d'avoir, plutôt que des dettes, la reconnaissance qu'ils méritent. (Sortie : 31 mai 2019)

Plus : 
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est également à l'achat sur leur page bandcamp
'Debt Begins at 30' de The Gotobeds est à l'écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
A noter que The Gotobeds viendront présenter 'Debt Begins at 30' en novembre prochain en France, à La Boule Noire le 18 et au Sonic de Lyon le 19.

Trois chansons de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds en écoute aujourd'hui. Calquer The Hound (qui ouvre l'album) pour commencer (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, ainsi que dans la colonne de gauche de ce blog). Puis On Loan. Et enfin Bleached Midnight :






Pour finir, voilà deux clips des deux singles extraits de 'Debt Begins at 30' de The Gotobeds : Twin Cities et le très Pixies 2:15




mercredi 24 mars 2021

[Track of The Day] The Martha's Vineyard Ferries - After You

A regarder le clip d'After You, il y a fort à parier qu'une bonne partie de l'inspiration des américains de The Martha's Vineyard Ferries soit venue du compte Twitter @communistbops (désormais disparu) qui s'amusait, avec brio, à mettre en scène des séquences de vieux films du chœur de l'Armée Rouge sur des tubes pop actuels (de Toxic de Britney Spears à Take On Me de A-Ha).

La différence ici c'est que plutôt qu'aller puiser dans les archives d'Union Soviétique, le trio (composé, excusez du peu, de Elisha Wiesner, Bob Weston et Chris Brokaw) est allé chercher des images du côté de la Chine communiste et plus précisément d'un drame de 1961, "The Red Detachment of Women"

Et le résultat est excellent, très bien monté en rythme avec la chanson. Une chanson des plus efficaces d'ailleurs, et l'évident tube de 'Suns Out Guns Out', solide album d'indie-rock, lourd et pesant, à la production étouffée. Un disque qu'on dira à l'ancienne, de la guitare au mix, de la batterie au chant, en passant par la basse. « I could write a song... »

Album : Suns Out Guns Out
Année : 2021
Label : Ernest Jenning Record Co.

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, After You de The Martha's Vineyard Ferries est également en écoute ci-dessous :

Le clip d'After You de The Martha's Vineyard Ferries :

Le clip de Jail Material de The Martha's Vineyard Ferries, un des singles de 'Suns Out Guns Out' :

mardi 22 janvier 2008

Rivulets – You Are My Home [Important]

Lundi matin. 9h30. Arrivée au bureau. Lendemain d’une pendaison de crémaillère, alcoolisée et festive. Six heures de sommeil pour récupérer. C’est peu. Déjà pas mal oui. Mais c’est peu surtout. Plongée dans mes disques. Qu’écouter ? La première écoute du Silver Mount Zion m’ennuie, celle du Why? aussi. Le hip-hop ne passe pas et le kepon à roulettes, pourtant ma faiblesse, non plus.

Et puis là, sans savoir vraiment pourquoi, je suis retombé sur ‘You Are My Home’ de Rivulets. Celui de 2006. Une jolie pochette, contemplative, une belle voix, d’une douceur essentielle en cette journée de reprise, et de belles mélodies. Emballé c’est pesé.

Et comme Rivulets a pensé à convier quelques amis de talent (Jessica Bailiff, Chris Brokaw de Codeine, Christian Frederickson de Rachel's, Fred Lonberg-Holm de Boxhead Ensemble, ou encore Bob Weston de Mission of Burma et Shellac), le résultat n’en est plus que juste : du folk, illuminé par quelques notes d’un piano délicat et enrobés de discrètes mais belles cordes, et des passages beaucoup plus nerveux, conséquence directe des divers invités présentés plus haut. Et toujours de la mélancolie qui transpire par tous les sillons, et pas mal d’Elliott Smith aussi.

Oh, ‘You Are My Home’ ne changera pas la destinée de l’histoire de la musique. D’ailleurs, il est complètement passé inaperçu (comme ses prédécesseurs) lors de sa sortie. Ce n’est en rien un disque important. Juste un album mignon, que j’aime habituellement écouter les matins d’été, au réveil, perdu dans une vieille maison ardéchoise, avec pour « seul » panorama un soleil levant et une forêt immense.
A ma grande surprise, ce disque marche donc également pour les journées grises et froides. Le label a beau annoncer que "This is not a folk album. This is an album about hearts breaking, tearing it down, and moving on", cet album de Rivulets reste un disque pour les matins difficiles, bande son idéale pour rentrer dans une semaine qu’on sait par avance interminable. (sortie : 28 novembre 2006)

Son :
Myspace
Site Officiel

Si jamais toi aussi ton lundi est pourri que le mardi s’annonce comme tel, n’hésite pas à te plonger avec délice dans ces deux titres là, Can't I Wonder et Happy Ending, beaux, nerveux et pas du tout folk pour le coup. (malheureusement, plus en écoute).

mercredi 21 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (50-31)



Si tout avait été normal, ce top albums de l'année 2014 aurait du voir le week-end du 10 janvier. J'avais pris un peu de retard après les top «formats courts » et « chansons ». Et puis il est arrivé ce qui est arrivé et j'avoue que j'ai eu du mal à encaisser le choc, comprendre et parler d'autres choses.

Mais bon, il faut bien repartir de l'avant. Quand bien même Cabu, Wolinski, Charb et les autres. Ainsi donc, passons maintenant à la partie consacrée aux meilleurs albums (selon votre serviteur évidemment) de 2014, le tout en trois parties comme le veut la tradition : du numéro 50 au 31, du numéro 30 au numéro 11. Et enfin les 10 premiers.

Avant cela, quelques liens de sites amis (ou non) sur lesquels je vais souvent poser mes yeux et mes oreilles :

Ainsi donc, après le top « 7", 12", Ep & Compilation » et le top « Chansons » (toujours en écoute), passons au top albums avec ces cinquante disques qui auront rythmés mon année de diverses façons.

Première partie aujourd'hui avec les 20 « derniers » (je n'aime pas ce terme tant ces 50 disques comptent tous pour moi), avec des groupes pop au futur succès public, un barbu en pleine renaissance, des japonais bruyants, un français eighties, des canadiens furieux, des écossais toujours brillant, un gallois excentrique et un lyonnais de Roubaix.

Au bas de chaque disque, vous trouverez un lien vers une chronique de l'album en question (d'ici mais souvent d'ailleurs) ainsi qu'un lien renvoyant vers un magasin en ligne au prix très compétitif pour acheter le disque. Car oui, écouter de la musique, c'est bien, acheter des disques c'est bien aussi.

Également, au bas de ce long papier, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s). Et n'hésitez pas à rajouter vos tops en commentaires !

Pour rappel :



50. Black English - No [Arts & Crafts]
Jusqu'à peu, le groupe s'appelait 'No'. L'album 'El Prado'. Et puis une confusion avec un jeune groupe punk de Los Angeles a forcé le groupe à changer et à devenir les Black English. Découvert en première partie de Yann Tiersen il y a quelques mois de cela, Black English est un sextet, sorte de mélange entre The National (pour la voix profonde qui a quelques airs de Matt Berninger) et Coldplay (avant que ceux-ci aillent se prostituer auprès de tout ce qui existe de plus dégueulasse dans l'industrie musicale actuelle). Un premier essai consistant, déroulant régulièrement quelques chansons très efficaces. Le charisme du chanteur Bradley Hanan Carter aidant, on devrait entendre parler de ce groupe assez rapidement.



49. Arthur Beatrice - Working Out [Polydor]
Premier album pour ce groupe découvert il y a 2 ans en première partie de Beach House, Arthur Beatrice n'en finit pas de me séduire. On ne criera pas au génie, mais ce premier album des londoniens est dans la lignée de leur Ep de l'an passé. Pop, belles mélodies, ambiance ouatée, et quelques sonorités électroniques pour donner du corps à l'ensemble. Séduisant disais-je.



48. The War on Drugs - Lost in the Dream [Secretly Canadian]
Dans la foulée de Mark Kozelek, The War on Drugs est devenu le nouveau groupe qu'il est de bon ton de détester en 2014. Affublés de surnoms débiles comme « Dire Straits des années 2010 », les américains auront pourtant sorti un disque sûr de lui cette année. Évidemment les guitares trainent parfois en longueur, évidemment, il y a ici un côté rock héroïque. Mais les compositions et les chansons sont là. Et c'est quelqu'un qui chérit le live de Dire Straits 'On The Night' plus que de raisons qui vous le dit : il n'y a rien de Dire Straits dans cet album.



47. Twin Peaks - Wild Onion [Grand Jury]
Aveu terrible : je n'ai jamais jeté le début d'un œil sur Twin Peaks. Internet étant mon ami, j'aurais sans doute l'occasion prochainement de me rattraper, David Lynch ayant annoncé la reprise de sa série mythique pour 2016.
Le seul Twin Peaks que je connais vient de Chicago et est un quatuor d'indie rock aux allures de groupe punk. 'Wild Onion' est leur deuxième album (en 2 ans) ; avec seize chansons au programme. Rien de bien révolutionnaire mais une belle réjouissance à écouter les chansons courtes et concises (quatre seulement de plus de 3mns) de ce qui ressemble bien à de jeunes branleurs, mais talentueux.



46. Jessica93 - Rise [Teenage Menopause]
Avec son nom qu'on dirait tout droit sorti d'un chat caramail, Jessica93 n'a pourtant rien d'une gamine qui vous aurait accosté par un « ASV ? ». Geoffroy Laporte, l'homme qui se cache derrière Jessica93 (il fait tout), est plutôt du genre à balancer des pralines dans les oreilles de ses auditeurs. Entre shoegaze, cold-wave, boite à rythme et guitares bouclées. Avec le saint patronage des Cure.



45. Allah Las - Worship The Sun [Innovative Leisure]
Quatuor californien, Allah-Las aura confirmé en 2014 les jolis espoirs que l'on plaçait en eux il y a 2 ans à la sortie de leur premier album. Gardant la même ligne de conduite, les Allah-Las continue de plonger leur musique au sein des années 60, mélangeant habilement garage-rock et pop ensoleillée. Rétro sans l'être, les Allah-Las deviennent une valeur sûre.



44. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Fuck Off Get Free We pour Light on Everything [Constellation]
Quatre ans après leur dernier album, deux ans après leur dernier Ep en date, la bande d'Efrim a enfin eu envie de donner de plus amples nouvelles. En résulte un 'Fuck Off Get Free We pour Light on Everything' puissant et porté par une chanson délicieuse et pleine de frissons dans la plus pure tradition Silverienne (What We Loved Was Not Enough). La reformation de Godspeed You Black Emperor semble les avoir remis dans le bon sens après un 'Kollaps Tradixionales' plutôt faiblard. Tant mieux.



43. I Love You But I've Chosen Darkness - Dust [Monopsone]
Deux albums et un Ep en 13 ans d'existence, on ne peut pas dire que les texans de I Love You But I've Chosen Darkness soient prolifiques. Ainsi, 8 ans après premier album 'Fear is On Our Side', voilà le retour du quatuor. Dans la droite lignée de son premier album. Post-punk toujours élégant, aux compositions entre gris clair et sombre obscur. Et avec toujours la même grâce.






42. Current 93 - I Am the Last of All the Field That Fell (A Channel) [The Spheres]
A l'instar de Michael Gira, David Tibet continue sa carrière avec grandeur et sans décadence. Auteur ces dernières années d'albums somptueux l'ayant remis en selle (voir ici ou ), David Tibet, ses Current 93 et sa pelletée d'invités (de Nick Cave à John Zorn en passant par James Blacksaw et Antony Hegarty d'Anthony and The Johnsons), remetten le couvert pour une nouvelle descente poétique dans les noirceurs de l'âme, avec de longues chansons (une moyenne de 6 minutes) avec le piano toujours et évidemment en pièce centrale. Sombrement beau.



41. Arandel - Solarispellis [InFiné]
Petit prodige français de l'électro mais très discret, on ne sait pas qui est Arandel. Mais ceci importe peu. Car 4 ans après un 'In D' envoutant, le voilà de retour, toujours chez InFiné, pour un hommage aux années 70.
Comme pour le précédent album, Arandel se donne une grande ambition : n'utiliser que des instruments classiques et autres synthés analogiques. Contrainte qui n'en est pas une tant ce nouvel album semble habité. Bien que différent, 'Solarispellis' n'est peut-être pas du niveau d''In D' mais on n'en est toutefois pas très loin.



40. Fear of Men - Loom [Kanine]
Indie-pop qui aime les guitares, Fear of Men est un groupe à côté duquel j'étais passé l'an passé. Rattrapage en 2014 avec 'Loom', deuxième album du quatuor de Brighton, très réussi, sorte de synthèse entre The Magnetic Fields et Broadcast sur beaucoup de titres. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.



39. Ought - More Than Any Other Day [Constellation]
Premier album pour les canadiens de Ought, et sortie directe chez Constellation, excusez du peu. Pétri d'influence (Talking Heads par ci, The Fall par là), 'More Than Any Other Day' est avant toutes choses un premier album décapant de post-punk aux morceaux longs et travaillés. Et quitte à faire une analogie bêtasse, je dirais que Ought est l'alter-ego post-punk de Clap Your Hands Say Yeah (évidemment, la voix y est pour beaucoup, mais quand même).



38. Avi Buffalo - At Best Cuckold [Sub Pop]
En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait sur son deuxième album 'At Best Cuckold' une belle revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie par-ci, du Elenaor Friedberger par là, et du Sufjan Stevens au milieu de tout cela (évident Overwhelmed with Pride). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions. Joli classique de 2014.



37. Champs - Down Like Gold [PIAS]
Originaire de l'île de Wight où Dylan is Dylan et che Viva Donovan, les frères Champion (d'où le Champs) font dans la pop joliment ouvragée sans pour autant négliger quelques passages plus fok. Leur premier album 'Down Like Gold' est un beau premier jet qui devrait plaire à tous les amoureux de belle pop. Mieux, les deux frangins semblent être des rapides : leur prochain album est prévu pour dans quelques semaines.



36. Shellac - Dude Incredible [Touch & Go]
Sixième album pour le groupe de Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer. Et il aura fallu attendre 7 ans. Il faut dire que les Shellac prennent leur temps et surtout n'ont pas vraiment de plan de carrière arrêté et décident d'enregistrer quand l'envie est là. Tant mieux, car à chaque fois, le choc est aussi frontal que délicieux. Shellac ne change pas son fusil d'épaule. Et pond là un disque plus math rock que jamais, évidemment produit au cordeau.



35. MONO - The Last Dawn / Rays Of Darkness [Pelagic]
Difficile de dissocier ces deux albums - parus simultanément - de MONO, les 8è et 9è des japonais. Difficile car ils ne font véritablement qu'un. Que ce soit sur 'The Last Dawn' ou 'Rays of Darkness', pourtant présentés comme le yin et le yang, tout n'est que noirceur et mélancolie, comme toujours avec MONO, avec guitares aux riffs rageurs, fûts martelés avec précision et force, et même voix caverneuse. Mais les japonais savent s'adonner aussi au calme, certes sans volupté, avec des passages très Godspeed You ! Black Emperor (magnifique Surrender). Grands crus.



34. Amen Dunes - Love [Sacred Bones]
Damon McMahon (aka Amen Dunes) aura été une de mes découvertes de 2014. Sur son quatrième album 'Love', aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim de Thee Silver Mt. Zion, l'américain égrène ses chansons longues, folk et psychédéliques, lorgnant parfois même sur des titres plus rock. Ajoutez à cela une production pleine d'écho, et vous obtenez un disque obsédant.



33. Gruff Rhys - American Interior [Turnstile]
Existe t-il aujourd'hui un artiste comme Gruff Rhys ? Que ce soit sur cet album (ou l'histoire fantasmée de John Evans parti à la recherche du Prince Madoc, gallois qui aurait découvert l'Amérique 300 ans avant Christophe Collomb) ou sur scène (dans un show drôle, parfois même hilarant, où le gallois est capable de tenir un auditoire avec une simple gratte acoustique et quelques 45-tours), la question se pose clairement. Chapeau Mister Rhys.



32. The Twilight Sad - Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave [Fat Cat]
Le meilleur groupe écossais depuis quelques années confirme qu'il est bien le meilleur groupe écossais depuis quelques années (je ne peux faire plus clair).  Sombre et nerveuse, leur musique l'est toujours autant, se déclinant en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et basse métronome. Et non content d'avoir signé un des disques de l'année, ils peuvent se targuer d'avoir le plus bel artwork de 2014. Easy, comme souvent avec eux.



31. Eels - The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett [E Works]
En 1996, comme tout mon lycée, j'étais tombé en pâmoison devant le premier album de Eels, 'Beautiful Freaks', l'album au bébé avec des yeux énormes. J'avais suivi la suite de ses aventures d'un peu plus loin, avant de lâcher progressivement, lassé. Et puis est arrivé cet album, 'The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett'. Un disque d'une douceur et d'une noirceur à ne pas écouter quand le moral est dans les chaussettes. Mais un disque beau. Mais triste, on n'a pas idée.

Comme promis, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !