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mardi 31 mars 2015

Judith Hill - Back in Time [NPG Records]

En plus d'être un des fans ultimes de  Mark Kozelek (que ce soit via Red House Painters ou Sun Kil Moon), Walleum est également un grand fan de Prince. Et être fan de Prince, cela se mérite tant l’œuvre du Nain Pourpre est vaste et foisonnante.

Et c'est grâce à walleum que j'ai découvert 'Back in Time', le disque dont il est question aujourd'hui. Ici, il n'est pas question d'un nouvel album de Prince, non. Mais évidemment, le génie de Minneapolis y est impliqué. Et pas qu'un peu.

Voilà donc 'Back In Time', premier album d'une jeune femme de 31 ans, ex-choriste de (notamment) Michael Jackson, et qui a vu dernièrement son nom revenir sur quelques lèvres suite à son passage dans la version américaine de The Voice en 2013. Mais avant tout, et désormais, Judith Hill est surtout la nouvelle égérie de Prince.

Et comme souvent avec Prince, une polémique vient de naitre autour de la sortie de ce 'Back in Time', toujours pas officiellement dans les bacs, mais déjà sur bon nombre d'ordinateurs de la planète. La raison ? Tout est parti d'un mail de Prince il y a une semaine pile de cela, et qui disait ceci :

"Sorry 2 bother U. Just wanted 2 send U this baby picture of Judith Hill with Her 1st piano. Loox like her parents, who r also musicians- had a plan. Well, that plan succeeded. This is Judith Hill’s debut album BACK IN TIME. Please spend some time with this music and then share it with someone U love."

Au bas du mail, un lien wetransfer pour télécharger l'album. Un lien valable 2 jours uniquement, mais qui aura suffit au courroux de Sony. Car Sony aurait (notez le conditionnel) dû sortir ce disque suite à la signature, il y a quelques temps de cela, de Judith Hill dans son roster. Pis, la major aurait (toujours ce foutu conditionnel) même dépensé pas mal de fric pour faire cet album.

La chanteuse, elle, dément tout lien avec Sony. De plus, le disque a été enregistré à Paisley Park, le sanctuaire d'enregistrement de Prince, adepte des sessions au débotté (ce qui n'aurait sans doute donc pas couté un rein et demi). Qui croire donc ?

Difficile à dire. La seule chose que l'on peut tenir pour sûre est que Prince a toujours aimé faire « chier » (je ne vois pas de terme plus adéquat) l'industrie musicale et les grosses majors compagnies. Et que s'il peut recommencer, il ne va pas se gêner. Mieux, et c'est là toute l'ironie, histoire d'enfoncer le clou, il a envoyé son mail via la mailing-list de Live Nation, grosse société (qui a dit pieuvre ?) d'organisation de concerts, et qui travaille main dans la main avec Universal, grand concurrent de... Sony.

Bref, un joyeux bordel, loin d'être terminé mais qui ne doit pas nous faire oublier l'essentiel : 'Back in Time' de Judith Hill. Et ce disque vaut vraiment, mais alors vraiment, le détour. Trente-huit minutes au compteur et une plongée dans un funk et une soul racée.

'Back in Time' est en effet épatant de consistance, d'élégance et de classe. On sent bien d'ailleurs la patte Prince tout au long du disque. Je suis même persuadé qu'il a bien plus fait que produire le disque tant on sent sa grinta aussi bien à la guitare (le premier tout premier riff de As Trains Go By qui ouvre le disque semble évident) que vocalement (le furieux qui débite des paroles sur Turn Up).

De toutes les chansons de 'Back in Time', Angel in the Dark se détache et a un potentiel tube énorme. Le genre de chanson à faire danser la planète entière, avec sa production très actuelle mais qui évite de tomber dans les clichés qui entourent ce genre de hit.

Mais au-delà de cette chanson, c'est l'ensemble qui convainc. Mélange astucieux entre une soul vintage et un funk plus organique, capable d'aller lorgner vers un rythm'n'blues des plus divins, avec l'ombre de Sly and The Family Stone qui volette autour de tout cela, 'Back in Time' de Judith Hill est un premier album incroyable de la part d'une jeune femme qui sait très bien utiliser sa voix et qui n'a pas besoin de mille artifices pour toucher son auditoire.

Cet album est également l'occasion de replonger dans le monde de Prince, que je ne connais presque pas. Il est définitivement temps de s'y perdre. Merci Judith Hill pour le rappel à l'ordre. (sortie : 23 mars 2015)


Son :
'Back in Time' de Judith Hill est en écoute complète sur soundcloud uniquement (voir plus bas)


En plus de Jammin' In The Basement, à écouter dans le lecteur grooveshark sur la droite du blog, 'Back in Time' de Judith Hill est à écouter dans son intégralité ci-dessous. Trente-huit minutes fortement conseillées. (malheureusement plus en écoute)
 

mardi 24 mars 2015

Public Service Broadcasting - The Race for Space [Test Card Records]

Wrigglesworth et J. Willgoose, Esq. sont deux anglais tirés à quatre épingles, dont le look semble tout droit venir des années 50. Un duo qui forme le groupe Public Service Broadcasting, un groupe qui aime le passé, les synthés, le krautrock, la pop et avant tout écrire des histoires à base de samples tirés du British Film Institute.

Après un premier effort salué en 2013 ('Inform - Educate - Entertain'), revoilà le duo, cette fois avec un concept album (dans le sens où il n'est centré que sur un seul et unique sujet), consacré à la conquête spatiale qui a occupé de 1957 à 1969 (essentiellement en tout cas) les deux grandes puissances et meilleurs ennemis de l'époque, les États-Unis et l'URSS.

Composé de neuf titres, le bien nommé 'The Race for Space' revisite donc, à base d'extraits de films ou de documentaires, cette fameuse course aux étoiles. Public Service Broadcasting y évoque ainsi Spoutnik, le premier satellite placé en orbite autour de la Terre (sur le très analogique Sputnik), Youri Gagarine, premier homme à partir dans l'espace (le funky Gagarin), les missions Apollo 11 (Go!, le tube de l'album et sa basse profonde) ou Apollo 17 (Tomorrow), dernière mission à emmener l'homme autour ou sur la Lune. Un album où l'on entend John Fitzgerald Kennedy au Rice Stadium en 1962 expliquer pourquoi aller sur la Lune est un objectif pour les Etats-Unis (The Race for Space, la chanson qui ouvre le disque du même nom donc).

Et puis il y a The Other Side, long morceau de 6'20" et pièce centrale de 'The Race for Space', où les Public Service Broadcasting racontent l'aventure d'Apollo 8, mission lancée en 1968 et qui est le premier vol humain à s'approcher de la Lune ; un vol qui devait préparer le terrain pour l'alunissage Apollo 11 et les premiers pas de Neil Armstrong, six mois plus tard.

The Other Side nous refait revivre un moment précis de cette mission ; celui où Apollo 8 passe derrière la Lune et où toutes les communications avec la Terre sont coupées. Composé de message entre le centre spatial de la Nasa et la navette elle-même, The Other Side est un titre sidérant, très cinématographique et plein de tension. On se croirait dans un film catastrophe où l'espoir ne tient plus qu'à un fil.
Je n'ai pas le souvenir d'avoir écouté une chanson où une telle pression règne. Ici, on reste l'oreille pendue aux messages sans réponse envoyés par la NASA, qui multiplie les appels afin d'obtenir enfin des nouvelles de la navette, muette depuis plusieurs minutes.

Au final, 'The Race for Space' est une vraie réussite et un concept album bien mené. Moins évident que 'Inform - Educate - Entertain', manquant certainement de tubes à la Spitfire ou Signal 30 (le seul Go!), il n'en reste pas moins supérieur à son prédécesseur, notamment de part sa cohérence.

Histoire de peaufiner leur affaire, les Public Service Broadcasting proposent deux pochettes pour ce 'The Race for Space'. Une américaine, l'autre soviétique. Et il n'y a pas à dire, l'une et l'autre ont de la gueule. Bref, un sans-faute pour les anglais.


Son :
'The Race for Space' de Public Service Broadcasting est en écoute chez Spotify et Deezer.
Le site officiel de Public Service Broadcasting
Acheter 'The Race for Space' de Public Service Broadcasting


Dans le lecteur grooveshark à droite, vous pouvez écouter The Other Side, la chanson la plus marquante de 'The Race of Space'. Cette chanson des Public Service Broadcasting est également en écoute ci-dessous :



Go! est le tube de 'The Race for Space' des Public Service Broadcasting. Sa version single est en écoute ci-dessous :



Mieux, ce même Go! a également droit à son clip :



Enfin, comment ne pas finir par Gagarin, le premier single extrait de 'The Race for Space'. Un clip totalement délirant où les Public Service Broadcasting (même si j'ai du mal à croire que J. Willgoose, Esq. et Wrigglesworth soient les cosmonautes de la vidéo) la joue breakdance. A voir absolument :