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lundi 24 juin 2024

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Went Dancing With My Sister

Les rééditions ne sont pas l'apanage des gros labels. Beaucoup d'ailleurs en ont pris leur parti depuis quelques années. Notamment Asthmatic Kitty Records. Et difficile de leur en vouloir quand on a comme figure de proue un artiste majeur (et accessoirement son co-fondateur) comme Sufjan Stevens et quelque-uns de ses albums (tout aussi majeurs) dans son back catalogue.

Un an après la réédition de 'Michigan' et un an avant celle d''Illinoise' (que je vais évidemment commander, comme à chaque fois), Asthmatic Kitty Records vient de publier une Deluxe Edition de 'Seven Swans'. Un très bel objet semble-t-il mais musicalement sans grande nouveauté par rapport aux rééditions précédentes (oui, vous imaginez bien qu'il y en a eu d'autres). Notons juste que deux des chansons bonus Waste of What Your Kids Won't Have et I Went Dancing With My Sister (sauf erreur, toujours pas de Borderline, face-B de The Dress Looks Nice On You, sorti à l'époque) sont désormais disponibles pour la première fois en digital et également sur flexi disc (après avoir été un gravées en 45-tours lors d'éditions précédentes, ce qui avait tout de même plus de gueule vous en conviendrez). Pas de nouveauté à proprement parler donc, mais nous sommes lundi, il y a du banjo, il s'agit de Sufjan Stevens et en ces temps troublés, ça ne peut pas faire de mal.

Alors, comme en septembre 2007, j'avais déjà mis à l'honneur Waste of What Your Kids Won't Have dans ces pages, faisons place aujourd'hui à I Went Dancing With My Sister, autre chanson bonus et face-B tout à fait délicieuse.

Album : Seven Swans (Deluxe Edition)
Année : 2024
Label : Asthmatic Kitty Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Went Dancing With My Sister de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :

Autre « bonus » de cette Deluxe Edition de 'Seven Swans', voilà Waste of What Your Kids Won't Have de Sufjan Stevens :

vendredi 12 mai 2017

Sufjan Stevens - Carrie & Lowell Live [Asthmatic Kitty]

J’ai eu la chance de voir Sufjan Stevens trois fois en concert. Une pour son premier concert français, au Point Éphémère en 2005, quelques mois après la  sortie de l’indépassable 'Come On Feel The Illinoise'. Un concert où tout le groupe était déguisé en cheerleaders.
La seconde fois c’était à l’Olympia en 2011 pour ce concert dantesque, épatant, ébouriffant, lors de la tournée pour 'The Age of Adz' et 'All Delighted People Ep'.
La troisième fois, c’était l’an passé, au Radiant, à Caluire-et-Cuire, à côté de Lyon pour la tournée de 'Carrie & Lowell', l’album dédié à sa mère et à son beau-père.

Un disque d’une simplicité et d’une beauté renversante, composé de chansons qui tutoient le sublime comme rarement depuis 'Come on Feel The Illinoise'. Le concert qui en avait découlé donc (setlist ici), dans une salle bondée, assise, silencieuse et respectueuse, avait été un beau moment mais en montagnes russes. Un début parfait, intimiste comme il faut. Puis une partie centrale où Sufjan Stevens usait et abusait d’effets pas toujours bienvenus : si la réorchestration de 4th of July était très réussie (même en version dub, cette chanson resterait de toutes façons parfaite), d’autres moments étaient beaucoup plus dérangeants, se réduisant souvent en gloubiboulga indigeste (la palme étant décernée à un Blue Bucket of Gold interminable mais aussi à un I Want to Be Well massacré dans sa première partie et dingue de beauté dans sa seconde). 
Enfin, la fin du concert et son rappel voyait Sufjan Stevens revenir à la raison avec un enchainement de chansons merveilleuses (excusez du peu : Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, Sister, Heirloom, The Dress Looks Nice on You, Futile Devices, Casimir Pulaski Day), avant de se terminer par un Chicago (forcément) nu comme un ver, mais à la perfection inégalée.

Dix-huit mois après cette tournée, Sufjan Stevens sort une version live de son 'Carrie & Lowell'. Enregistré au North Charleston Performing Arts Center en Caroline du Nord, ce live ne fait pas dans la mesure puisqu’il compile 16 titres pour près de 90 mns de musique. Plus court que la version lyonnaise, 'Carrie & Lowell Live' recense les 11 chansons de l’album original (plus une version outro de Blue Bucket of Gold), deux chansons de 'The Age of Adz' (Futile Devices, Vesuvius), une de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' (Redford (For Yia-Yia & Pappou)) et une reprise du Hotline Bling de Drake, totalement dispensable.

Et en resserrant son format, Sufjan Stevens évite quelques écueils entendu lors de son concert lyonnais. Moins fantasque sur quelques passages (à part l’outro de Blue Bucket of Gold en fait), plus fin dans l’ensemble, grandement mené par une ambition acoustique générale et immensément brillant sur de très nombreux passages, il emporte largement la mise. Le seule regret au final est que 'Carrie & Lowell Live' ne soit disponible qu’en version digitale (à un 12’’ de Blue Bucket of Gold / Hotline Bling près). On a vu déception plus grande, oui. (Sortie : 28 avril 2017)

Son :
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est à l'achat digital sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Blue Bucket of Gold / Hotline Bling 12"' est en précommande sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons tirées de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens en écoute ce jour. Should Have Known Better, selon moi la plus belle chanson de 'Carrie & Lowell', à presque égalité avec 4th of July (deuxième titre en écoute). Et pour finir, le magnifique All of Me Wants All Of You.






Enfin, Asthmatic Kitty a mis en ligne la version vidéo de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens. Et c'est à voir ci-dessous :


mardi 7 septembre 2010

Sufjan Stevens - All Delighted People Ep [Asthmatic Kitty]

Quand le compère Sufjan Stevens revient aux affaires, il ne fait pas semblant. Ne s'étant pas jeté dans la gueule du loup qui l'attendait au sortir du succès de 'Come On Feel The Illinoise' en 2005 , notre homme avait su se faire discret depuis quatre ans.
Et puis là, au sortir d'un été chaud comme un mois de mars, le sosie de Ted Mosby - de How I Met Your Mother - annonce un nouvel Ep, 'All Delighted People Ep'. Et cinq jours plus tard, un nouvel album, 'The Age of Adz'. Boum, ça, c'est fait: la relève de son chef d'œuvre de 2005 (dernier album chanté jusque là) est donc arrivée.

Vu qu'on ne sait finalement pas grand chose de ce dernier (à un I Walked près, en écoute ici), concentrons donc sur 'All Delighted People Ep', splendide sortie de retour.

Avec ce nouveau disque, Sufjan Stevens fait fort en se permettant de sortir un des Ep les plus longs de l'histoire de la musique avec près de 60mns (pour 8 chansons!).
Et forcément avec une telle longueur, une question se pose: pépère aurait-il fondu un plomb? Et son 'All Delighted People Ep' est-il une vaste fumisterie pleine de grandiloquence ridicule ou simplement un coup de génie?

Même en mettant mon admiration sans borne pour ce bonhomme de côté, je suis obligé de répondre «coup de génie». Et pourtant, il y a bien ici de l'emphase, mais rien de suranné, rien de sur-joué. Non. Sufjan Stevens compose des chansons inspirées et solides, n'hésitant à partir très haut, très fort, pour mieux revenir sur terre en deux accords que lui seul semble détenir.

All Delighted People (sorte de bijou folk à tiroir de près de 12 mns où Sufjan rend hommage au Sound of Silence de Simon & Garfunkel) ou sa version classic rock (plus courte et électrique), Djohariah (immense chanson de 17 mns à l'intro longue et incroyablement fascinante, toute en montée et en pression), Enchanting Ghost ou Arnikaou, toutes ces chansons sont de grandes compositions permettant à Sufjan Stevens de faire un retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres enivrants.

Récemment Matt Berninger, chanteur de The National, déclarait que son groupe avait participé à l'enregistrement du prochain disque de Sufjan Stevens. Et annonçait sans coup férir: «it's sounding incredible». Espérons qu'il parlait de 'The Age of Adz': on sait désormais que 'All Delighted People Ep' est un disque extraordinaire. (sortie: 20 août 2010)


'All Delighted People Ep' est disponible pour le moment en version numérique, pour 5$, en cliquant ici. Heureusement, Sufjan Stevens a anonncé que l'Ep verra le jour physiquement en double-LP (!) en décembre prochain.

Son:
Myspace
Site officiel chez Asthmatic Kitty

Deux chansons de 'All Delighted People Ep' en écoute aujourd'hui: l'intro et la conclusion de ce disque: All Delighted People (Original Version) et Djohariah. Elles ouvrent et ferment l'Ep, sont longues, mais méritent vraiment l'écoute. (malheureusement plus en écoute)

mercredi 20 novembre 2019

[Track of The Day] Denison Witmer - River of Music

Vous vous souvenez de Music Was My First Love, le tube de John Miles, très belle chanson à tiroirs, qu'enfant/adolescent j'étais persuadé qu'elle avait été utilisée pour le générique de l'émission 'Champs-Elysées' de Michel Drucker ? Elle se terminait par ces mots : « To live without my music would be impossible to do. In this world of troubles, my music pulls me through ».

Le River of Music de Denison Witmer, single qui pourrait se retrouver sur un double-album à venir courant 2020, en est l'alter ego ; sans doute pas musical (on est chez Asthmatic Kitty, maison mère de Sufjan Stevens, et ici il est plus question de folk-pop très joliment arrangé que d'explosions pop) mais textuel. Car cette chanson exprime l'importance qu'a la musique chez beaucoup de gens (dont votre serviteur) : « Lay me down on a river of music, and push me back out into myself. To the chime of a guitar, the shake of a drum, the walk of a piano, the voices that hum. Lay me down. Where would I be if I didn’t have music? ». Et la réponse à la dernière question s'impose : sans doute nulle part.

Album : -
Année : 2019
Label : Asthmatic Kitty Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), River of Music de Denison Witmer est également en écoute ci-dessous :



lundi 4 février 2008

Track of The Day (29 janvier-4 février 2008)

Une semaine sans nouveautés (merci deezer!), mais avec quelques classiques que mes poils au garde à vous sont assez heureux de pouvoir écouter (et toujours dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 4 février 2008:
* Damien Rice - The Professor & La Fille qui Danse [Vector]
Dans la flopée de merveilles que Damien Rice a composé, il y a The Professor & La Fille qui Danse, uniquement disponible (en version studio) sur cet Ep. Une chanson qui se termine par quelques couplets en français. Un titre d'une force prodigieuse. De toutes façons, avec lui...
(disponible sur Woman Like a Man Ep, 2003)

Dimanche 3 février 2008:
* Love - A House is Not a Motel [Elektra]
En 1967, Arthur Lee pondait un des plus beaux disques pop de l'histoire. Depuis, le même Arthur Lee a bien merdé, a fait de la prison et est même mort. Un peu tout le contraire de ce disque, immortel et qui n'a pas pris une ride en 40 ans.
(disponible sur Forever Changes, 1967)

Samedi 2 février 2008:
* Adam Green - What a Waster (The Libertines cover) [Rough Trade]
Adam Green, crooner New-Yorkais déjanté, reprend le tube de ses amis les Libertines Pete Doherty et Carl Barat, en sort une jolie version et va finir sa bouteille de vodka. Classe.
(disponible sur Jessica Ep, 2003)


Vendredi 1 février 2008:
* Madvillain - Rhinestone Cowboy [Stones Throw]
Pas de hip-hop en ce moment. Donc on replonge dans le meilleur des années 2000, la rencontre Madlib/Mf Doom, bijou de prod et de folie. On aimerait bien que les deux gugusses arrêtent de fumer de la weed et se remettent un peu au boulot... histoire qu'on ait droit à un Madvillain II avant 2017.
(disponible sur Madvillain, 2004)

Jeudi 31 janvier 2008:
* My Brightest Diamond - Dragonfly [Asthmatic Kitty]
Nouvelle égérie du label de Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty, Shara Worden (ancienne meneuse de revue Illinoisemakers) mene sa petite troupe de My Brightest Diamond avec grand talent comme le prouve son 'Bring Me the Workhorse' où l'on retrouvait notamment ce très beau Dragonfly.
(disponible sur Bring Me the Workhorse, 2006)

Mercredi 30 janvier 2008:
* Islands - Swans (Life After Death) [Rough Trade]
Alors que leur second album, 'Arm's Way', sortira le 21 avril prochain chez Rough Trade, retour sur cette splendeur qu'est Swans (Life After Death) qui ouvrait 'Return to the Sea' leur premier opus. Un bonheur, quasiment inégalé en 2006 de tuerie pop. Me remets toujours pas des 3 dernieres minutes moi.
(disponible sur Return to the Sea, 2006)

Mardi 29 janvier 2008:
* Neil Young - Cowgirl In The Sand [Reprise]
Histoire de bien commencer la semaine, un classique de chez classique est la chose la plus adéquate qui soit. Et donc, prenons le plus grand titre que Neil Young ait jamais écrit? Allez, boum. Cowgirl in The Sand. Parce qu'une vague de riff gigantesque. Et parce que 10 mns valent mieux qu'une.
(disponible sur Everybody Knows This Is Nowhere, 1969)

jeudi 4 décembre 2008

The Welcome Wagon – Welcome to The Welcome Wagon [Asthmatic Kitty]

Depuis que Sufjan Stevens a décidé d’être une vieille feignasse après deux années de sorties en tous genres, il a fallu me rabattre sur d’autres disques, d’autres artistes, capable de me rappeler en quelques notes tout le talent de l’auteur de ‘Come On Feel The Illinoise’.

Faites donc place à ‘Welcome to The Welcome Wagon’ de The Welcome Wagon, duo formé par le Reverend Thomas Vito Aiuto et sa femme Monique, dernière sortie en date de chez Asthmatic Kitty. Elle, a une voix qui rappelle celle de Deb Talan de The Weepies. Lui possède un timbre qui pourrait facilement le faire passer pour le frère de Sufjan Stevens (c’est affolant sur certains titres).

Et c’est tout sauf surprenant vu que l’on retrouve ce dernier à la production de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’. Et au-delà de se voir (la pochette fait furieusement penser à celle de 'Greetings from Michigan, the Great Lake State'), cela s’entend, que cela soit dans le son de la batterie, la simplicité et la beauté des mélodies, le touché de banjo et jusque dans les notes de xylophone (il faut écouter American Legion, le titre qui a le plus de similitudes avec le songwriting de Sufjan Stevens). A tel point que si l’on tombait sur un titre de ce groupe sans savoir de qui il s’agissait, on jurerait ses grands dieux qu’il s’agit de Sufjan.

L’idée de The Welcome Wagon semble simple : sortir le disque pop délicat de cette fin d’année, avec des cordes par ci, des cuivres par là. Mais surtout y insuffler un peu de soul. But For You Who Fear My Name (voir plus bas) avec ses notes de banjo, ses chœurs quasi-gospel couplés à des clappings incessants, est une réussite totale à ce niveau. Tout comme I Am A Stranger, mais dans un genre totalement différent, guitare et chœurs qui n’arrêtent de chanter au diapason.

Alors oui, comme tout groupe qui compte en son sein un révérend qui se respecte, The Welcome Wagon parle beaucoup de Dieu et de religion dans ses compositions. Énormément même. Mais ce n’est pas forcément gênant, tant leur musique adoucit les mœurs et les possibles griefs. Donc pour une fois, zappons les paroles et concentrons-nous sur la musique, qui a un côté divin par moments.

Bref, que dire en conclusion à part ce que me faisait remarquer dernièrement Bopper à propos de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ : «Ca sonne comme du Sufjan... C'est signé sur le label de Sufjan... Mais ce n'est pas du Sufjan... Mais ça y ressemble quand même drôlement... Normal c'est produit par Sufjan...». CQFD. Et sacré disque en tout cas. (sortie : 9 décembre 2008)

Son :
Myspace (Deux titres de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ en écoute)
Site officiel (le titre Sold! To The Nice Rich Man est en téléchargement gratuit et légal en faisant "click-droit-enregistre-sous" ici.

Et deux titres en écoute : Up On A Mountain, balade on ne peut plus Sufjanienne et But For You Who Fear My Name, le titre le plus gospel de l’album (malheureusement plus en écoute).

jeudi 30 avril 2020

[Track of The Day] Angelo De Augustine - Santa Barbara

Si Sufjan Stevens a mis de côté son '50 States Album Project' - idée un peu folle de concevoir un album pour chacun des états des États-Unis (deux ont été officiellement réalisés à ce jour : 'Michigan' et 'Illinois') -, et même si l'on peut légitimement considérer que 'Carrie & Lowell' est l'album de l'Oregon et 'The BQE' celui de l’État de New-York (d'autres imaginent même que 'The Age of Adz' est celui de la Louisiane !), il semble que ses compagnons de label (ou « ses artistes » vu que c'est lui le patron) aient décidé de l'aider dans cette quête abandonnée.

A quatre jours d'intervalle, Denison Witmer et Angelo De Augustine sortaient en effet des chansons nommées après deux célèbres villes de Californie, San Francisco pour le premier, Santa Barbara pour le second. Cette dernière est particulièrement jolie, douce mélopée mélancolique jouée au piano et à la guilele (instrument hybride entre la guitare et le ukulélé) où Sufjan Stevens vient apporter - notamment - sa voix en guise de chœurs. 

En 2005, j'avais eu la chance de pouvoir interviewer ce dernier en marge de la sortie d''Illinois'. Amusé et fourmillant d'idées, il m'avait dit qu'il ne s'interdisait pas de sortir un disque de hip-hop pour la Californie. Et pourquoi pas à la place une compilation de chansons ayant trait au Golden State, tirées du catalogue plutôt fourni d'Asthmatic Kitty ? L'ombre de Sufjan Stevens planant un peu sur toutes les sorties du label, il y aurait une certaine cohérence. Et on appellerait ça 'California (with) Love'.

Album : -
Année : 2020
Label : Asthmatic Kitty


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Santa Barbara d'Angelo De Augustine est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Santa Barbara d'Angelo De Augustine :



mercredi 4 décembre 2013

[Track of The Day] Linda Perhacs - Freely

Il y a des retours inattendus, des reformations dont on n’aurait jamais voulu entendre parler mais qu’on savait inéluctable. Et puis il y a les vraies surprises. Le retour de Linda Perhacs en est une. Et une grande. Auteur d’un album merveilleux en 1970 ‘Parallelogram’, complètement ignoré à l’époque et oublié jusqu’à l’arrivée d’Internet (et qui aurait eu sa place au côté d'autres comme ceux-ci), Linda Perhacs va donc sortir la suite… soit 44 ans après.

C’est Asthmatic Kitty qui sortira le fameux disque de celle désormais adulée par beaucoup (notamment Devendra Banhart), dont nous arrive le premier extrait, Freely, dans la veine la plus pure de ‘Parallelogram’. Une chanson aussi intemporelle que ses devancières, à tel point qu’elle semble tout droit sortir de 1970.

Son retour n'était pas attendu. Elle pourrait se transformer rapidement en une très belle surprise.

Album : The Soul Of All Natural Things
Année : 2014
Label : Asthmatic Kitty

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Le clip de Freely de Linda Perhacs est visible ci-dessous :


mercredi 21 janvier 2009

[Track of The Day] Why? - As I Went Out One Morning (Bob Dylan cover)

Sorti pendant l'été, ce volume 4 de la série 'Unusual Animals' de chez Asthmatic Kitty voit Cryptacize et Why? se partager l'affiche le temps d'un charmant seven-inch. Et si le Peg des premiers est réussi, c'est surtout Why? qui intéresse votre serviteur ici.
Car Yoni Wolf et sa bande reprenne Bob Dylan. Sacré gageure. Le titre en question est As I Went Out One Morning. Une chanson parue en 1967 sur le très bon 'John Welsy Harding'; l'histoire d'un homme qui vient porter secours à une femme enchainée, mais dont le sens m'est encore assez obscur.
Les deux versions, sans être diamétralement opposées, ne sont pas identiques. Alors que la version de Dylan est folk-rock, s'appuyant sur l'harmonica du Zim, Why? en fait une chanson hip-pop dont il a le secret, avec son flow si particulier, une basse dans la main droite, une guitare électrique discrète dans la main gauche et un tambourin pour rythmer le tout. Rien d'exceptionnel certes, mais une reprise réussie.
Finalement, le seul point commun entre les deux versions reste les voix, toutes deux semblables à celle de Daffy Duck, les doigts coincés dans la porte. 

Album: Unusual Animals Volume 4 
Année: 2008 
Label: Asthmatic Kitty

lundi 26 mars 2012

[Track of The Day] The Welcome Wagon - Would You Come And See Me In New York

Sufjan Stevens parti vers des aventures pleines d'auto-tune (son dernier album 'The Age of Adz', l'Ep avec Son Lux et Serengeti, une chanson en écoute là), The Welcome Wagon s'émancipe de l'imposante aura de leur bienfaiteur - qui avait quasiment tout et bien fait sur leur 'Welcome to The Welcome Wagon', lire ici).

En tout cas, à l'écoute de Would You Come And See Me In New York, premier extrait à se mettre sous la dent (et énième chanson sur la Grosse Pomme). La voix du révérend Thomas Vito Aiuto est toujours aussi proche de Sufjan (un jour, on apprendra que ces deux personnes ne font qu'une) mais l'ambiance n'est pas la même. On navigue dans des eaux de country-folk-pop feutrées certes, aux sonorités légères et lumineuses, mais dans l'ensemble la patte de Sufjan Stevens n'est plus aussi omniprésente.

A en croire le communiqué de presse annonçant ce nouvel album et son titre ('Precious Remedies Against Satan’s Devices' qui fait écho à un livre du XVIIè siècle du même nom d'un puritain du nom de Thomas Brooks), Dieu et la religion devraient être une nouvelle fois au centre des paroles de ce disque. J'éviterai donc (pour ma part en tout cas) de prêter trop d'attention aux textes, comme pour 'Welcome to The Welcome Wagon'.

Ceci dit, Would You Come And See Me In New York ne semble pas à première vue y faire référence. Et c'est une bien jolie balade pour commencer la semaine. Sereinement. 

Album: Precious Remedies Against Satan’s Devices 
Année: 2012 
Label: Asthmatic Kitty 

Would You Come And See Me In New York est en écoute également sur le soundcloud d'Asthmatic Kitty. Et même en téléchargement gratuit et légal. L'est pas belle la vie?  (malheureusement plus en écoute)

 

mardi 26 décembre 2023

Bilan 2023 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »

 
Mardi 26 décembre. Je crois qu'il est plus que l'heure de mettre un terme à cette année 2023 qui, si je ne l'effacerai pas totalement de mon esprit comme 2022 et 2021, ne restera pas dans mes annales. Musicalement par contre, il y a des choses à dire. Beaucoup même. Alors tirons-en le bilan, en quatre temps comme le veut la tradition dans ses pages. Tout d'abord en listant les 45-tours, 12", Ep et autres rééditions ou compilations qui auront rythmé mes oreillles. Puis en classant les quarante albums qui auront animé mon année (en deux papiers, histoire que ce ne soit pas trop indigeste). Avant de finir, le jour de l'an, par les cinquante chansons 2023, toujours selon mes oreilles.

Toutefois, avant de s'épancher et de lancer la machine, allons jeter un oeil, là aussi comme le veut la tradition, chez les voisins pour voir ce qu'ils ont pensé eux de l'année musicale 2023 :
- Les meilleurs albums selon la rédaction d’Addict Culture
- Les Bilans individuels 2023 de Pop News
- Les 10 meilleurs albums de l’année selon Mind Riot Music
- La cuvée 2023 de Pinkushion
- La playlist de l’année de Sound of Violence
 

Première partie donc, consacrée aux formats hors-albums. Avec cette année de l'Ep, tu en veux tu en as, du 45-tours racés, des singles qui aurait mérité de connaître une version physique (mais qui sont tout de même comptabilisés dans la discographie des groupes concernés), des inédits de Sufjan Stevens, une réédition qui prouve à quel point Daniel Johnston était un sacré songwriter et enfin une compilation de chutes de studios d'un chef d'oeuvre.
Les treize disques dont il est question ici sont à découvrir ci-dessous. Mais comme lire de la musique c'est bien mais que l'écouter c'est encore mieux, au bas de ce billet se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer compilant une chanson de chacun des disques présentés (ainsi qu'un lecteur pour une chanson de Sufjan Stevens, introuvable ailleurs). Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2023 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


7" / Single numérique

The Beths / Pickle Darling / Car Seat Headrest - Brand New Colony / We Looked Like Giants 7" [Sub Pop]
En 2003, Ben Gibbard sortait avec ses Death Cab For Cutie 'Transatlanticism', formait avec Dntel l'éphémère The Postal Service et publiait 'Give Up', chef d’œuvre absolu (et accessoirement un des disques de ma vie). Vingt-ans plus tard, Sub Pop célèbre ces deux albums avec un 45-tours qui voit The Beths et Car Seat Headrest (accessoirement deux de mes groupes préférés actuels) reprendre une chanson de chacun de ces disques. Et c’est évidemment parfait.
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Nina Nastasia - This Is Love b/w You Were So Mad [Temporary Residence Limited]

N'ayant pas eu le succès qu’elle méritait avec l’album de son retour, Nina Nastasia continue de faire vivre 'Riderless Horse' et ses chansons. La preuve avec ce 45-tours numérique où elle reprend This Is Love et You Were So Mad avec Marissa Paternoster, guitariste et chanteuse des désormais feu Screaming Females. En s’éloignant de la version d'origine et en l'agrémentant d'une guitare électrique, de quelques légers larsen, d'un piano et donc de leur deux voix, le résultat est sincèrement sublime et pourrait toucher ceux que l'austérité de 'Riderless Horse' pouvait rebuter.
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The Telephone Numbers - Weird Sisters 7" [Meritorio Records / Prefect Records]
Deux chansons absolument parfaites, où la mélancolie se dispute avec une indie-pop et une jangle-pop d’excellente facture : ce 45-tours de The Telephone Numbers est impeccable de bout en bout. Il va falloir qu’on commence à parler beaucoup plus de ces jeunes gens.
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Weird Nightmare - She’s The One [Sub Pop]
Les mois passent et Alex Edkins (via son moniker de Weird Nightmare) continue son sans faute. Après un premier album très réussi, il enchaine les singles, dont cette reprise de She's The One de The Ramones à laquelle il donne un verni très sixties avec une prodcution comme d’époque et un piano clinquant. Une formidable reprise, qu’on dirait sortie du catalogue des Beatles. Son seul défaut ? N’exister qu’en digital.
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12"

Animal Collective - Defeat 12" [Domino Records]
En amont de la sortie de 'Isn’t It Fun?', Animal Collective a publié Defeat en single. Enfin, « single » plutôt. Vingt-deux minutes (beaucoup de groupes sortent des Ep moins longs) de folk psychédélique et expérimental, absolument prenant et qui résume toutes les facettes de ce groupe incroyable. Et comme si cela ne suffisait pas, en face-B, nos quatre amis déposent The Challenge, un morceau improvisé qui ouvrait les concerts de la tournée de 'Time Skiffs'. Dément lui aussi. Décidément, ces gens là ne feront jamais rien comme les autres.
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Sufjan Stevens - 5 Unreleased Songs 12" [Asthmatic Kitty Records]
En marge de 'Javelin' (on y reviendra), Sufjan Stevens et Asthmatic Kitty Records ont publié (en exclusivité pour « Rough Trade ») un disque de cinq chansons inédites en bonus, dont le magasin anglais vient de sortir la version vinyle (en édition limitée évidemment). Sans doute tirées des sessions de l’album, ces cinq morceaux, folk, acoustiques et moins travaillés sont d’une grande beauté, qui se termine par le sublime The Kiss of Niobe (en écoute exceptionnellement plus bas).
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EP
 
A7PHA - Many Headed Ep [Handsmade Records]
2023 aura signé le retour dans mes oreilles de toute la clique d’Anticon que j’avais délaissée depuis des années. Premier exemple, cet Ep de A7PHA, acronyme curieux derrière lequel on retrouve Mestizo et doseone. Pour bien faire, les deux ont invité sur les deux premiers titres d’anciens comparses Buck 65, Aesop Rock et WHY. Le résultat est aussi puissant que détonnant pour une sorte de grande messe abstract. Histoire de bien faire les choses, A7PHA finit ce 'Many Headed Ep' par un nouveau morceau, lui aussi parfait.
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FIDLAR - That's Life Ep [-]
A la sortie de 'Too' et surtout du formidable single 40oz on Repeat (dont le clip, s’il était sorti vingt ans plus tôt, serait resté dans toutes les mémoires), tous les feux étaient au vert pour FIDLAR. Le trio aurait du devenir énorme. Et puis non. Alors le groupe a continué, avec quelques Ep par ci, beaucoup de singles par là et quelques albums. Rien de bien transcendant à dire vrai, mais 'That's Life Ep' est un inattendu retour de flammes, punk (à roulettes aussi) et crétin à souhait, plein d’éclats de voix et de guitares.
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Le collage de France - Rue des Boulets Ep [Les Disques Pavillon]
Nouvelle itération de Rémi Nation, l’homme derrière Orouni : Le collage de France. Un groupe fourni, des chansons pop classieuses et léchées où cordes, claviers et autre flûte virevoltent sur quelques volutes synth-pop. Un ensemble jamais dans le clinquant, toujours beau et extrèmement prometteur (l’album est déjà dans les tuyaux).
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Dominique A - Reflets du monde lointain Ep [Cinq7 / Wagram]
Ecartées du tracklisting de 'Le Monde Réel', son album de l’an passé, les chansons de 'Reflets du monde lointain' ne sont pourtant pas de simples face-B. Des morceaux comme Les vagues et les regrets ou Chaque enfant dans son monde sont des chansons que n’importe quel auteur-compositeur rêverait d’écrire. Plus consistant que 'Le Monde Réel', cet Ep prouve comme s'il était besoin que Dominique A est un artiste incroyable, que nous prenons trop pour acquis.
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Legss - Fester Ep [The state51 Conspiracy]
Post-punk empreint de post-rock, pas exempt de balade mélancolique et de rage noise-rock/grunge, 'Fester' est un Ep (le troisième) plus que recommandable de la part Legss, encore un groupe londonnien qui est une énième preuve de la vivacité de la scène anglaise actuelle.
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REEDITION
 
Various Artists - I Killed the Monster: The Songs of Daniel Johnston [Shimmy]
Publiée en 2006 et rééditée cette année, cette compilation hommage à Daniel Johnston est bien plus qu’une très belle curiosité. Vingt-une chansons de l’américain sont au programme, de certaines de ses plus célèbres à d’autres plus obscures - comme une bonne partie du roster ici, même si on notera tout de même les présences d’un certain Sufjan Stevens ainsi que de Kimya Dawson, Jeffrey Lewis et Jad Fair d’Half Japanese). Dans une grande majorité, rien de lo-fi mais plutôt des versions amples, orchestrées et travaillées des chansons originales. Un disque de reprise tout à fait délicieux et qui prouve à quel point Daniel Johnston était un songwriter incroyable.
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COMPILATION


Bob Dylan - The Bootleg Series Vol. 17: Fragments – Time Out of Mind Sessions (1996–1997) [Columbia Records]
Bob Dylan a eu plusieurs vies. Et en a profité pour parsemer sa carrière d'innombrables chefs d'oeuvre. Le dernier en date est sans doute 'Time Out of Mind', disque noir sorti en 1997. Il était temps que les Bootleg Series que son label de toujours Columbia s'occupe de son cas. Le résultat est à la hauteur du disque en lui-même. Et à la hauteur des tous meilleurs Bootleg Series publiés jusque là (notamment 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966', 'The Bootleg Series Vol. 14: More Blood, More Tracks' ou 'The Bootleg Series Vol. 5: Live 1975 - The Rolling Thunder Revue'). Cinq disques, dont un premier qui propose un nouveau mix de l'album original. Et ensuite - et surtout !- quatre autres qui proposent des versions démos, des chutes de studio et d'autres versions alternatives. C'est absolument passionnant, ébouriffant la plupart du temps même, avec des versions délaissées que d'aucuns rêveraient avoir pu enregistrer. Décidément, cette collection "Bootleg Series" est un sans faute jusque là.
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