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mercredi 16 mai 2012

[Track of The Day] Neneh Cherry & The Thing - Dream Baby Dream (Suicide cover) [Four Tet remix]

La plus longue semaine lyonnaise de l'année débute ce soir : Nuits Sonores fête ses 10 ans. Au programme, du lourd (Caribou, Four Tet, James Murphy, !!!, cette liste est tout sauf exhaustive), des Sonores Days qui prendront place dans quelques uns des plus beaux endroits de Lyon (entre ici L'Hôtel Dieu), des siestes sonores, une journée gratos comme à chaque fois (le jeudi donc, avec du Berlin par ci, de l'Ibiza par là), de l'électro dans toutes les rues de Lyon, une Nuit 4 dont on ne sait rien mais dans laquelle on devrait retrouver 4 dj internationaux dont sûrement Laurent Garnier et Agoria) et un concert de New Order pour en guise de dessert exquis.
Bref, tout cela pour dire que ca va être un brin la teuf dans la capitale des Gaules.

Alors, pour se mettre en jambe, rien de mieux qu'un petit remix de Four Tet. Son dernier en date (mis en ligne il y a quelques jours). Celui de Dream Baby Dream, la chanson de Suicide. Pas l'originale cependant mais la version de Neneh Cherry & The Thing, qui se trouvera sur l'album de ce super groupe, 'The Cherry Thing'.

Vu que ma connaissance de Neneh Cherry se limite à 7 Seconds (le tube avec Youssou N'Dour) et que je découvre The Thing (groupe de free jazz au sein duquel officie, excusez du peu, Mats Gustafsson), je n'en parlerai pas plus. Sauf pour vous dire trois choses:
- leur relecture de Dream Baby Dream est très sincèrement à tomber par terre (et en écoute plus bas).
- l'album comportera notamment des morceaux de Martina Topley-Bird, The Stooges, Ornette Coleman ou MF Doom.
- Four Tet, en annonçant la sortie de son remix, s'est fendu à propos de 'The Cherry Thing' d'un rapide : «one of the most magical new records I've heard in a while». Rien que ça.

Mais nous aurons le temps d'y revenir. Pour le moment donc, délectons nous du remix de Four Tet. Car oui, il est délicieux - mais qui en doutait? 

Album: - 
Année: 2012 
Label: -

Comme il est toujours bon d'écouter sur quoi se base le remix, voilà la version de Dream Baby Dream de Neneh Cherry & The Thing, qui est je le répète, une somptueuse relecture.  (malheureusement plus en écoute)

Comme il est également toujours d'écouter les versions originales, voilà donc celle de Suicide. (malheureusement plus en écoute)
 

Et histoire de bien faire les choses, voilà donc le remix de Four Tet de Dream Baby Dream, au format soundcloud cette fois. (malheureusement plus en écoute)

lundi 24 septembre 2012

[Track of The Day] Iron & Wine - One More Try (George Michael cover)

C'est avec surprise que j'ai appris dernièrement - et avec retard - qu'Iron & Wine avaient sorti (après un 'Kiss Each Other Clean' l'an passé moyen et pour ainsi dire sans grand intérêt) au début de l'été un 45-tours  proposant deux reprises dont One More Try, un des nombreux tubes de George Michael.

Une version loin de l'originale, ici rythmée et portée par un orgue puis un saxophone venu en renfort. Et sans effets de voix. Une reprise surprenante et de très belle facture.

Pas dit que cette reprise arrive à relancer la carrière d'un George Michael dont le dernier come-back me semble un peu vain (voir sa prestation à la clôture des Jeux Olympiques de Londres).
Mais elle pourrait relancer Iron & Wine. Ce qui serait déjà fort appréciable.

Album: One More Try 7"
Année: 2012
Label: Suicide Squeeze


La reprise de One More Try de George Michael par Iron & Wine est également en écoute sur le soundcloud de Suicide Squeeze . Et ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


Pour rappel et ceux qui auraient oublié le très joli One More Try de George Michael, le voilà ci-dessous:


lundi 26 avril 2010

[Track of The Day] M.I.A. - Born Free

Dernièrement, un très bon ami me disait que «c'est sympa chez toi, belles découvertes toussa toussa, mais quand même, ça manque de punk»; avant de se remettre à gueuler «I am an anarchistttttttt» (true story).
Prenons à la lettre cet instituteur aimant la bière, la série The Wire et le rock qui tâche, et proposons lui d'hurler à qui mieux-mieux avec le nouveau titre de... M.I.A., l'anglo sri-lankaise à qui l'on doit deux bien beaux albums ('Kala' et 'Arular') et une chanson légendaire, Paper Planes.

Le nouveau morceau s'appelle Born Free et devrait trouver sa place sur le troisième album de M.I.A., à venir fin juin prochain. Une chanson qui s'inspire énormément (pour ne pas dire pompe complètement) de Ghost Rider de Suicide (qui ouvre le premier album - mythique - du groupe new-yorkais).

Mais la voix de M.I.A. fait de ce Born Free une chanson punk et abrasive, le côté post de Suicide en moins. Le mariage entre la rythmique, la musique (amplifiée ici) et sa voix est totalement irrésistible. Et Born Free n'en est que plus aiguisé et agressif.
Peut-être pas de là à hurler «Riot!» à tous les coins de rue. Mais quand même. 

Album: unknown 
Année: 2010 
Label: N.E.E.T

jeudi 3 juillet 2008

Borko – Celebrating Life [Morr Music]

Vous allez encore penser que je ne suis pas forcément objectif: me voilà de nouveau, à 8h25 du matin, prêt à m’extasier sur la beauté d’un disque de chez Morr Music, ce label allemand absolument fascinant qui m’emballe à chaque nouvelle sortie. Oui. Mais que voulez-vous : je suis tellement fan de leurs productions qu’ils pourraient sortir un disque de mouches péteuses que ça ne me choquerait pas et que je serais prêt à m’enthousiasmer.

L’objet du désir de ce jeudi 3 juillet est donc signé sur Morr Music. Et vient du même pays des volcans et glaciers que Björk, l’Islande. Il s’appelle Björn Kristiansson mais utilise Borko comme nom de scène. Un ami des Mùm (avec qui il tourne depuis le début de l’année) qui avait sorti un premier et unique Ep en 2001, ‘Trees & Limbo’, déjà chez Morr Music.
Un personnage dont le myspace nous apprend qu’il est le co-auteur de chansons célèbres comme Last Christmas, Knowing Me Knowing You ou Suicide Is Painless, la chanson phare du film Ghostbusters , qu’il aime la mayonnaise, violer les droits des minorités et qu’il est pour la torture des terroristes. Bref, Borko ne se prend pas au sérieux (toujours via son myspace, on apprend qu’il considère sa musique comme similaire à «Lionel Richie and Mark Knopfler trapped in the set for a sci-fi movie» : tout un programme !) et c’est tant mieux.

Pour son premier album, ‘Celebrating Life’, Borko présente une musique assez loin des deux hérauts des années 80, que l’on qualifiera d’electro mélodique, à laquelle on rajoutera tous les adjectifs possibles et imaginables : pop (Spoonstabber), folk (Summer Logic, voir plus bas) ou rock sur Sushi Stakeout (et ses riffs sérieusement similaires à ceux de la fin très Morriconienne de Interstate 5 des Wedding Present) ou Doo Doo Doo. Et à chaque fois, quelle que soit la veine dans laquelle Borko s’engouffre, il fait toujours en sorte que cela soit les cuivres qui remportent la bataille, présents qu’ils sont tout au long du disque. Certes, il en fait parfois un peu trop, se laisse aller à quelques facilités (sur Hondo & Borko notamment) mais, au final, rien de bien scandaleux, au contraire.

‘Celebrating Life’ est un disque qui fait beaucoup penser au Mùm des débuts, les voix des deux sœurs Valtýsdóttir et le côté tristoune en moins. ‘Celebrating Life’ est un premier album réussi, pas foncièrement indispensable mais diablement charmeur, pour peu qu’on aime les ambiances allemandes de Morr Music, tout en touché electro. Bref, 'Celebrating Life' est un disque à écouter. Vite. En plus, il pleut. (Sortie: 29 Février 2008)

Son:
Myspace (Deux titres disponible à l'écoute)

Deux titres ci-dessous, celui d’ouverture, Continental Love et un Summer Logic, très Mùm (malheureusement plus en écoute).

mercredi 28 novembre 2018

Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]

Malcolm Middleton n’est pas un homme têtu. Et c’est tant mieux. Sinon 'Bananas' serait sorti sans avoir jamais existé ; la faute à notre façon d’écouter de la musique. Mais rembobinons.

Il y a quelques mois de cela, Malcolm Middleton annonce qu’il va sortir son septième album. Celui-là s’appelle 'Bananas' donc, et fait suite à 'Summer of '13', un disque de 2016, sans doute le moins bon de sa discographie, sauvé tout de même par le bien joli Like John Lennon Said.

Les annonces se multiplient, mais rien de précis à se mettre sous la dent. Quand la date de sortie arrive, on ne trouve rien et nulle part : ni sur les plateformes de streaming traditionnelles, ni sur bandcamp ou soundcloud. Youtube ? Rien, non plus. Quelques rares critiques s’enthousiasment pour ce 'Bananas'. Mais impossible de confirmer la chose en écoutant le disque. Quid donc ?

Quelques temps après m’être étonné sur twitter de l’absence du disque, Malcolm Middleton m’écrit et m’explique que oui, ne pas mettre son disque en écoute sur internet est un vrai choix. Comme il le dit lui-même : « the album was made with vinyl in mind. It’s like making a vase, rather than a photo of a vase » (l'analogie est jolie).

Un choix artistique aussi rare qu’intransigeant (tous les groupes ne sont pas sur Spotify et compagnie, mais mettent au moins leurs disques en écoute sur bandcamp ou soundcloud) et qui renvoie à une époque révolue où on achetait souvent un album les yeux fermés, conseillés par la presse ou notre disquaire.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, cette époque est totalement révolue. Et que commercialement parlant, cette stratégie est du suicide. Et pour un artiste comme Malcolm Middleton, certes pas tout en haut de la vague de la hype mais pas le premier venu non plus, j'ai rarement vu aussi peu de retours.

Depuis, et même s’il l’avait précisé (« I’ll do cd and digital later to keep everyone happy though »), le disque est disponible de partout ! Et vous savez quoi ? C’est une bonne chose tant il est réussi. Après s'être essayé à plusieurs choses, avec plus ou moins de réussites (le réussi projet 'Human Don't Be Angry' et le disque du même acabit avec David Shrigley 'Music and Words', le plus dispensable 'Summer of '13' donc), Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', disque adoré dans ces pages s'il en est.

Il y a ici tout ce qui m'a toujours plu dans la carrière solo de l'ex-Arab Strap : des mélodies marquantes, des balades tuantes (il reste un des maîtres en la matière dès qu'il s'agit de composer des chansons belles mais à pleurer, la preuve avec Salamander Gray), du piano, une double-basse, des chansons qui finissent rarement là où elles ont démarré, des chemins de traverses, des tiroirs, des relances de ritournelles lorsqu'on sent qu'elles sont prêtes de s'éteindre, cette façon si délicieuse de dire « fuck-off », des textes aussi drôles que mélancoliques et emplis de peine, ces voix (notamment celle de Kenny Anderson, aka King Creosote) qui viennent sublimer l'ensemble, la production de Paul Savage (ex-Delgados), toujours à la production. Il y a un peu tout cela dans cet album de Malcolm Middleton. Un artiste on ne peut plus attachant à tous les niveaux. Et un putain de songwriter.

Hasard (?) du calendrier, un papier sur un ex-Arab Strap succède donc à un papier sur un ex-Arab Strap dans ces pages. C'est toujours bon à prendre. Encore plus quand, au détour d'une excellente interview (voir plus bas), j'apprends que Aidan Moffat et Malcolm Middleton, sont en train de travailler à un possible nouvel album d'Arab Strap : « so we’re writing at the minute, with a view to recording next year and releasing in 2020. We’ve no idea if it’s going to work, or if it’ll fit with the band or just be myself and Aidan ». Si c'est pas de la news ça. (Sortie : 28 septembre 2018)

Plus :
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'achat sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est également en écoute chez, notamment, Spotify et Deezer
Longue et très intéressante interview de Malcolm Middleton parue sur For The Rabbits. A propos de 'Bananas' mais de beaucoup d'autres choses. Et on y apprend donc qu'un nouvel album serait, possiblement, dans les tuyaux.

Trois chansons de ce 'Bananas' de Malcolm Middleton en écoute. Tout d'abord, Salamander Gray (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer), le père Middleton se pose là. Puis, Love Is A Momentary Lapse In Self-Loathing, sans doute le tube de l'album. Et pour finir Buzz Lightyear Helmet, longue de plus de 8mns :






mardi 9 août 2022

[Track of The Day] Field Medic - I Had A Dream That You Died

Field Medic - I Had A Dream That You Died
Sans conteste la découverte capillaire de l'année, voilà Kevin Patrick Sullivan, américain de son état (la Californie pour être précis) qui officie sous le nom de Field Medic depuis sept ans et quatre albums et qui s'apprête à donner naissance au cinquième, prévu pour mi-octobre.

Le disque s'intitulera 'Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change' et à sa lecture, il n'est pas dit que le disque respire l'espoir. Ni la joie de vivre vu le premier single extrait, I Had A Dream That You Died, bluette pop-folk au titre évocateur, aux paroles déprimées (« How recently a lot, I've pondered suicide ; but I could never do that to my mom ») mais courte, simple et joliment mélancolique.

Album : Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change
Année : 2022
Label : Run For Cover Records

En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube, Bandcamp et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, I Had A Dream That You Died de Field Medic est en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de I Had A Dream That You Died de Field Medic :
 

lundi 28 avril 2025

[Track of The Day] Dina Summer - Disco Goth

Né sur les cendres de Local Suicide, Dina Summer, comme son nom ne l'indique pas, est un trio originaire de Berlin, composé de Konstantina Paschalidou Brudi (Dina Pascal), de Max Brudi (Brax Moody) et de Jakob Häglsperger (Kalipo). Trois artistes qu'on retrouve sur la pochette de 'Girls Gang', leur deuxième album sorti à la fin janvier.

Un disque entre synth-wave (et waves en tous genres), synth-pop, disco, electro (Disco Goth, tube en puissance, en écoute aujourd'hui), aux effluves post-punk (formidable Schall & Rauch) pour un ensemble très efficace, souvent dansant, plein de beats, qui certes tabasse plus qu'il ne touche (la faute à une production particulièrement musclée autant que chiadée) mais qui n'oublie jamais ni la noirceur ni la mélancolie dans ses compositions (superbe Nothing to Hide, entre autres). Un disque de genre certes, mais un disque de genre plus que recommandable.

Album : Girls Gang
Année : 2025
Label : Iptamenos Discos

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Disco Goth de Dina Summer est également en écoute ci-dessous :

Autre excellent morceau de 'Girls Gang' de Dina Summer, voilà Schall & Rauch :

mercredi 3 octobre 2007

Dinosaur Jr. – Beyond [Fat Possum]

Résumé des épisodes précédents :
1994 : après une mainmise sur les quatre dernières décennies, le rock cède de la place, se fait bouffer sa marge, perd ses dividendes. Tenu à bout de bras par Kurt Cobain, l’industrie du rock s’écroule comme un château de cartes dès le suicide du leader de Nirvana. 2Pac, Notorious B.I.G, Dr. Dre, à l’affût depuis quelques années, s'engouffrent dans la brèche, prennent la place et trustent les playlist radio.

2001 : quatre branleurs BCBG New-Yorkais et un duo de Détroit aux États-Unis, un combo de lads géniaux en Angleterre, ravivent la flamme et ramènent le rock en haut des hit-parades.

Depuis ce retour en flamme, les reformations se multiplient, vieux groupes tentant de manger un peu sur le dos de ce renouveau rock. The Who, The New York Dolls, les Smashing Pumpkins, les Stooges, Queen (sans Freddie Mercury !). Même Europe (Europe quoi !) y est allé de son nouvel album ! Mais à quelques exceptions près (Gang of Four notamment, voire les Pixies), les résultats finaux ont été aussi désastreux qu’inutiles, tout au moins d’un point de vue artistique.

Alors, quand on a vu Jay Mascis et Lou Barlow se rabibocher et Dinosaur Jr. se reformer, on a pris peur. Qu’est ce qu’un des groupes les plus cultes des années 80 pouvait bien encore avoir à dire ? Qu’est ce qu’ils pouvaient ajouter à 'You're Living All Over Me' ou 'Green Mind' dont on a tous épuisé les sillons au maximum ? Et bien tout mon général !

Car, si l’on fait un rapide tour de toutes les reformations depuis le début des années 2000 et les disques qui en ont découlés, 'Beyond' des Dinosaur Jr est tout simplement le meilleur. De tous. Un très grand album de cette année 2007, et dans le top 3 de leur discographie, ni plus ni moins.

On les retrouve comme si on ne les avait jamais vraiment perdus de vue. Comme si on était encore en 1990. Mascis est dans une forme olympique, Barlow assure comme un diable, notamment sur les deux morceaux où il prend le micro et plante des parties de basses absolument énormes (oh mon dieu, ce Lightning Bulb). Et Murph fait le boulot derrière ses fûts.

'Beyond' est un grand album, un euphorisant de première classe. Vraiment. Un délice constant. Ça riffouille a mort (le solo de trois minutes absolument jouissif de Pick Me Up, voir plus bas), les trois compères envoient du lourd dans tous les sens. Par pur plaisir, ils font durer leurs morceaux plus que de raison (trois seulement de moins de 4 minutes) et ce qui aurait pu être une grande faiblesse s’avère être au final un atout majeur.

Bref, Dinosaur Jr. est de retour. Comme à l’époque. Avec la même envie. Le même besoin de faire du rock. Du vrai. Un come-back plus que réussi. Qui redonne foi dans les solos de guitare qui ont de la gueule. Et qui mettent tout le monde d’accord. (Sortie : 30 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel

Et en écoute, deux titres, parmi les meilleurs de l'album qui contient donc, vous l'aurez compris, bon nombre de pépites (malheureusement plus en écoute).

mardi 20 août 2019

The Murder Capital - When I Have Fears [Human Season Records]

Les premiers extraits annonçant 'When I Have Fears' étaient plutôt prometteurs. Mais ils ne présageaient pas d'un tel premier album pour les dubliners de The Murder Capital.

De prime abord, on pourrait comparer ce disque du quintet irlandais à ceux d'Idles ('Joy as an Act of Resistance.') ou de Fontaines D.C. ('Dogrel'), avec qui ils partagent ce post-punk furieux (évidents More is Less ou Don't Cling to Life, les deux titres les plus courts de l'album et sans doute les plus énervés). Mais cela serait bien réducteur et aller un peu trop vite en besogne.

Car The Murder Capital sont bien plus que cela. Et plus les écoutes de 'When I Have Fears' passent, plus l'évidence se fait prégnante. Il y a quelque-chose de « profond », de plus « grand » qui émerge de ce disque. Peut-être est-ce la mort flirtant autour de certaines de leurs compositions (le suicide d'un de leurs amis ayant nourri l'inspiration du disque); peut-être sont-ce ces paroles travaillées et pleines de mélancolies.

Et peut-être - et sûrement même - aussi cela vient de sa musicalité. Produit à la perfection avec une justesse incroyable (le tout est un beau mélange d'agressivité et de rondeur), fourmillant de petits détails et de guitares ne cessant de se renvoyer la balle, 'When I Have Fears' se révèle être un disque extrêmement puissant, qui recèle de beaucoup de choses diverses mais à l'unité sidérante : un je-ne-sais-quoi du Joy Division de 'Unknown Pleasures', des chansons furieuses et d'autres au calme apparent mais à la violence sous-jacente (et qui n'explose pas toujours), des tenues de notes toutes post-rockiennes, des morceaux au carcan brut mais que The Murder Capital arrivent à faire voler en éclat pour y faire rentrer de la lumière (superbe mise à nue de For Everything qui ouvre le disque), des balades crépusculaires (How the Streets Adore Me Now, tant Nick Cave) et même quelques emprunts riffesques au Shine On You Crazy Diamond de Pink Floyd (Slowdance II).

C'est un peu tout cela qui fait de 'When I Have Fears' un album terrifiant de classe. Appelés à faire parler d'eux, The Murder Capital, sans nullement décevoir, sortent un disque assez loin de ce que l'on pouvait attendre, loin de la case dans laquelle on voulait les ranger, mais d'une très grande qualité. Impressionnants débuts discographiques. (Sortie : 16 août 2019)

Plus :
'When I Have Fears' de The Murder Capital est à l'écoute ici
'When I Have Fears' de The Murder Capital est à l'achat ici
'When I Have Fears' de The Murder Capital est, notamment, en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'When I Have Fears' de The Murder Capital en écoute aujourd'hui. For Everything, la chanson qui ouvre l'album, formidable morceau en deux temps qui se découvre une richesse mélodique dans sa seconde partie (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis More Is Less, le morceau le plus « Idles » de l'album. Et enfin la superbe balade noire How the Streets Adore Me Now :






Pour finir, les deux clips tirés de ce 'When I Have Fears' de The Murder Capital : Green & Blue et Don't Cling to Life :




lundi 13 novembre 2017

[Track of The Day] Max Richter - The Waves: Tuesday

L’autre jour, alors que nous étions quelques-uns sur un forum musical à deviser  de Kamasi Washington, cette réflexion à propos de 'The Epic', le disque gargantuesque du saxophoniste américain en 2015, m’a interpellé : « Ce n'est pas qu'il impressionne, c'est qu'il dure près de trois heures, et qui a le luxe de pouvoir écouter trois heures de musique sans être dérangé/interrompu ? ».

Bonne question effectivement. Car dans cette course effrénée où une nouvelle chasse une autre en 30 mns, où l’on semble toujours vouloir en faire plus alors qu'on n'en a pas les moyens, prend-on encore le temps ? Qui n’a pas perdu une heure un soir, pourtant de fatigue avancée, à faire le tour (une énième) fois d’Internet, à lire ou relire des articles inintéressants au possible, à regarder des vidéos de sites-à-clics totalement débiles plutôt qu’aller se coucher ou de plonger dans un roman ? Comme happé par ces objets sur lesquels nous passons déjà une immense partie de notre journée ?

Pire : sommes-nous encore capable de regarder un film à la télévision sans faire des pauses « smartphone », à vérifier twitter, facebook ou les dernières news d’un autre réseau social comme si notre vie en dépendait ? Peut-on encore passer une soirée avec ses amis, sans participer à une conversation whatsapp de personnes absentes ? Sait-on encore lancer un disque (ou ne serait-ce qu’une chanson) sans rien faire d’autre que l’écouter, sans se laisser distraire par quelques jeux mobiles à la con qui occupent nos pauses ou notre ennui ? Je ne suis pas sûr que la réponse à ces questions soit positive. Ainsi, si on prenait aujourd'hui le temps de prendre le temps ? 

La chanson du jour s’y prête. Extraite de ‘Three Worlds : Music From Woolf Works’, elle vient conclure ce nouvel album de Max Richter (ce n’est pas vraiment le dernier vu que l’allemand semble produire des bande-originales de film ou de séries à la chaîne). Elle dure 21'38" minutes et est l’aboutissement d’un disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf.

The Waves: Tuesday (puisque c’est d’elle dont il s’agit) est un océan de douceur mais surtout de langueur. Donnant d’ailleurs sa pochette à l’album, ce morceau est le point culminant de ce disque magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami). 

The Waves: Tuesday débute doucement, avec la voix de Gillian « Scully » Anderson lisant le dernier texte écrit par Virginia Woolf, juste avant son suicide (et c'est quelque-chose). Derrière, les vagues semblent passer au loin. Quelques notes lumineuses arrivent, discrètes et répétitives. Presque lointaines. Puis la voix s’éteint, la brise musicale commence à se lever et Max Richter amène lentement et délicatement tous les instruments mais aussi cette voix (qui n'est pas sans rappeler son Sarajevo tiré de son premier album en 2002) qui vont permettre à la chanson de décoller de manière magnifique et puissante sur la toute fin. 

The Waves: Tuesday est un morceau qui prend ses aises, qui ne brusque pas les choses, qui laisse le temps suspendre son vol. Beau comme jamais, il s'agit sans doute là d'une des compositions les plus abouties de Max Richter. Et quand les dernières notes s'évanouissent, le choc est tellement fort que la meilleure chose à faire est d'écouter le silence. De ne rien faire. Et de continuer à prendre son temps.

Album :
Three Worlds: Music From Woolf Works
Année : 2017
Label : Deutsche Grammophon

Acheter


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Waves: Tuesday de Max Richter est également en écoute ci-dessous :



 

mardi 14 septembre 2010

Net Emergence 'Septembre 2010': Popper Must (Be), Jon Du, Willy's Big Bang Theory Magic Revue


C'est un de ceux qui n'avaient pas encore fait leur rentrée. Lui, c'est Valery et son Net Emergence, "une utopie musicale" comme il le définit si bien lui-même.
Au programme de cette sélection de septembre 2010 (retrouvez les 16 groupes sélectionnés ici), du rock, du rap, du folk, du dub et des débats presque sans fin qui ont abouti au podium suivant!


Médaille de bronze: Willy's Big Bang Theory Magic Revue
Groupe de rock mais géré par un seul et même artiste, Willy's Big Bang Theory Magic Revue est un groupe belge. Et j'avoue que de prime abord, j'ai failli détester. Ce nom à rallonge me filait des boutons.
Et puis finalement non. Notre homme pousse son rock assez loin des sentiers habituels de ceux qui se réclament du rock et qui commencent à en faire. Plutôt intéressant à défaut d'être renversant.
Site Internet


Médaille d'argent: Jon Du
Voilà mes chouchous de la sélection. Un duo avec de solides compositions, des petits hommages (voulus?) à Pink Floyd (le début des accord de guitare de Months and Years, ce sont les mêmes que Wish You Were Here du Floyd), un son pas révolutionnaire mais qui tient largement la route. Un des trucs les plus emballant à mes yeux écouté ici. Jon Du tient carrément la route.
SoundCloud








Médaille d'or: Popper Must (Be)
C'est Popper Must (Be) qui remporte la palme. Un artiste élevé à la sauce Joan Baez, Dylan, Richie Havens, Suicide ou même Beach House.
Il y a chez Popper Must (Be) une certaine ambition musicale (qui se retrouve dans ses influences citées plus haut). Mais selon moi il en ressort un ennui certain au bout d'un moment. J'avoue que je n'ai pas été convaincu par ses mélodies ou ses chansons. A vous de confirmer ou d'infirmer mes dires en vous faisant votre propre opinion!
Myspace





Cette élection de rentrée aura en tout cas permis de bons débats au sein du jury, chacun défendant son poulain. Et au final, ce n'est pas plus mal: l'unanimité, c'est jamais bon.