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mardi 22 novembre 2016

Cloud Cult - The Seeker [Earthology]

Groupe chéri de ces pages depuis la sortie de 'The Meaning of 8', Cloud Cult est revenu en février dernier avec un nouvel album, 'The Seeker'.

Totalement inconnu (ou presque) dans nos contrées européennes, la «faute» à un engagement environnemental de chaque instant qui les empêche de venir jouer chez nous (tout chez eux est pensé écologiquement : de leur studio d'enregistrement aux boîtiers de disques en carton recyclé en passant par les encres vegan utilisés pour l'impression), le groupe de Duluth au Minnesota, mené par le couple Minowa continue son petit bonhomme de chemin aux États-Unis, à l'abri des spotlights (ce dixième album n'a pu voir le jour que via un financement via Pledge Music) et d'une reconnaissance qu'il mériterait tant.

Car Cloud Cult est un groupe qui aura sorti, et peu peuvent en dire autant, un des tous meilleurs disques des années 2000, 'The Meaning of 8'. Un album de pop et de rock-indé, baroque et mélancolique, nerveux comme délicat, qui venait confirmer (et de quelle façon !) un début de carrière discographique parfait.

Une carrière marquée à vie par la mort de leur fils de 2 ans en 2002. Pendant très longtemps, le couple Minowa s'est longtemps servi de la musique comme thérapie. Puis, le temps a passé et les sujets ont commencé à tourner autour d'autres choses, sans jamais vraiment trop s'en éloigner.

C'est un peu ce qu'on ressent à l'écoute de 'The Seeker'. Car si l'histoire de l'album est celle d'un homme qui aime, qui est heureux, qui souffre, qui cherche un sens à la vie et tout ce qui l'entoure, que ce soit dans Dieu ou dans les étoiles, on sent poindre des références au drame qui les a touchés il y a 15 ans.

Cette homme trouvera t-il les réponses à ses questions, toute la question est là. Ce qui est cependant clair, c'est qu'après deux albums moins inspirés ('Light Chasers' et 'Love'), Cloud Cult connaît un retour de flammes magnifique. Il y a ici une cohérence, une grande habilité pour faire vibrer les cœurs, et surtout un retour vers des mélodies qui rappellent leurs meilleures productions.

Entre chansons pop divines (No Hell), mélancolie toujours à fleur de peau (touchant Come Home), guitares de sorties (To The Great Unknown), folk-songs (Time Machine Invention) et titres quasi- instrumentaux composés à grands renforts de cordes et de cuivres (Living in Awe) ou totalement instrumentaux (Chromatica et son ambiance naturelle), Cloud Cult retrouve un élan qu'on ne lui avait pas connu depuis 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)'
'The Seeker' est un disque épatant et qui s'accompagne d'un film musical du même nom, d'une durée d'une heure, sans dialogue, juste habillé par les chansons de l'album et qui peut compter dans les rôles titres Alex McKenna et Josh « Ted Mosby » Radnor, excusez du peu. Un film qui raconte l'histoire d'une jeune fille, marquée par un drame pendant son enfance, et qui doit apprendre à vivre avec en grandissant et en devenant femme.

Alors 'The Seeker', un album original de Cloud Cult ou une simple bande-originale de film ? A l'écoute des nombreux titres marquants de l'album, et quand bien même les passages instrumentaux, je penche pour la première solution. Parce que Cloud Cult n'a jamais été aussi proche de son inspiration des débuts. Et surtout parce qu'il y a une cohérence et une ambition créative qui me font dire que 'The Seeker' a été vu avant tout comme un disque, auquel vient se greffer un film, plutôt que l'inverse.

Mais quoiqu'il en soit, qu'il est bon de les retrouver à un tel niveau. Ils sont rares les artistes à avoir autant intégré ma vie. Ils sont rares ceux qui continuent à le faire, malgré quelques années de séparation artistique. Cloud Cult est un de ceux-là. (Sortie : 12 février 2016)

Son :
'The Seeker' est à l'achat sur le site officiel de Cloud Cult
'The Seeker' de Cloud Cult est en écoute sur Spotify et sur Deezer
A lire, une interview de Josh Radnor à propos de l'album et du film 'The Seeker' de Cloud Cult

Trois chansons en écoute comme le veut la tradition. No Hell, premier (et a priori seul jusque là) single de 'The Seeker' (en écoute dans le lecteur Spotify et Deezer à gauche). Ensuite, 'You Were Never Alone'. Enfin, Through The Ages (merci à Paste Magazine), chanson qui conclu ce dixième album de Cloud Cult :






Pour finir, une homemade lyric vidéo de No Hell :


Enfin, le trailer de The Seeker, le film de Cloud Cult avec Josh Radnor et Alex McKenna :


mercredi 15 mai 2024

[Track of The Day] Cloud Cult - I Am A Force Field

Tout juste deux ans après un 'Metamorphosis' qui les voyait reprendre de très belles couleurs, les Cloud Cult sont de retour avec un nouveau single, I Am A Force Field. Une chanson Cloud Cult à souhait, mélancolique évidemment, mais aussi nerveuse et puissante (leur nouvelle marque de fabrique depuis quelques disques), avec la voix de Craig Minowa toujours pleine d'affliction qui chante le manque d'estime de soi, cette incapacité que nous avons tous (certains beaucoup plus que d'autres) à dévoiler nos sentiments ; mais aussi cette force qui sommeille en chacun de nous et qui nous permet, parfois, de casser ces barrières qui nous contraignent chaque jour un peu plus.

Pour l'instant, aucune annonce quant à un nouvel album qui viendrait accompagner I Am A Force Field. Mais on peut parier sans trop se tromper qu'il est dans les tuyaux. Et ça sera à nouveau une belle nouvelle : le monde a plus que jamais besoin de chansons de Cloud Cult et de leur mélancolie qui vous étreint et vous bouleverse.

Album : -
Année : 2024
Label : Earthology Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Am A Force Field de Cloud Cult est également en écoute ci-dessous :

Le clip de I Am A Force Field de Cloud Cult :

mercredi 19 janvier 2022

[Track of The Day] Cloud Cult - One Way Out of a Hole

Dire que j'aime ces gens serait sans doute en dessous de la vérité. Véritable révélation au mitan des années 2000 via des albums formidables ('Advice From The Happy Hippopotamus', 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)') ou extraordinaires et essentiels ('The Meaning of 8', pour moi un des monuments des 2000s, peut-être le meilleur album d'indie de cette décennie là), des singles incroyables (combien y a-t-il eu de meilleures chansons dans cette première décennie de millénaire que No One Said It Could Be Easy ? Quatre ? Cinq tout au plus ?), les Cloud Cult manquaient. Alors oui, certains de leurs derniers efforts étaient en deçà de leurs bijoux précédents, mais il y avait toujours de quoi satisfaire ses envies de pop bien achalandées, à la mélancolie bien troussée.

Les voir revenir avec un nouvel album, sans crier gare, six ans après un réussi 'The Seeker' me met en joie. Le disque s'appellera 'Metamorphosis', sortira le 4 mars prochain, toujours sur leur propre label, Earthology Records. En guise de mise en bouche, la bande à Craig Minowa a lancé One Way Out of a Hole, un morceau dans un style tout à fait Cloud Cult-ien. Une chanson qui pue la pop par tous les pores, la mélodie qui s'attache, l’orchestration qui s'emballe et la rythmique qui emballe. Hymne au besoin vital d'apprendre à se perdre et de ne pas suivre le chemin qu'on a tracé pour nous, cette chanson est un petit bonheur. Couplez cela à l'annonce du retour du groupe aux affaires, et vous comprendrez mon émoi. Vous ai-je dit que j'aime ces gens ?

Album : Metamorphosis
Année : 2022
Label : Earthology Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, One Way Out of a Hole de Cloud Cult :
 

Le clip de One Way Out of a Hole de Cloud Cult :

mardi 20 avril 2010

[Track of The Day] Cloud Cult - Running With The Wolves

Le secret le mieux gardé d'Amérique est de retour! C'est pompeux je sais, mais je le pense tellement que je ne pouvais pas m'empêcher.

Cloud Cult. Le groupe qui a tout pour devenir culte en France, pour peu qu'on aime la pop pleines de mélodies, de retournements de vestes, de changements de directions, aussi bien baroque qu'intimiste.
Cloud Cult, c'est une discographie très objectivement sans faille jusque là, de 'Who Killed Puck?' au dernier 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)', en passant par 'Advice from the Happy Hippopotamus' ou leur chef d'œuvre 'The Meaning of 8'. Rien à jeter, des tubes en pagaille. Et encore, j'en passe.
Cloud Cult, c'est surtout un couple, les Minowa, marqué par la disparition de leur jeune fils il y a des années de ça, et qui chantent, la gorge serrée, des paroles qu'ils semblent lui destiner à chaque morceau.

Preuve en est avec ce nouvel inédit, Running With The Wolves, qui ouvre l'Ep du même nom. Un Ep qui précède de quelques mois la sortie de 'Light Chasers', leur nouvel album à venir en aout prochain.
Running With The Wolves est un modèle de chanson pop. Un titre extrêmement tendu, sur la corde raide, d'une guitare lâchant ses décibels de douleurs pendant que la batterie très présente enfonce le clou.

Ce 'Running With The Wolves Ep' est complété par trois autres chansons, que l'on pouvait déjà retrouver sur une compilation sortie l'an passée, 'Lost Songs from the Lost Years' (dont, une reprise de Tambourine Man de Dylan, dans un très pur esprit Cloud Cult), et qui ne font pas tâche à côté de Running With The Wolves.

Cet Ep est en tout cas une bien belle mise en bouche. On reparlera assurément de leur 'Light Chasers' à sa sortie. Car je vous l'annonce d'ores et déjà, cet album sera beau et grand. Je n'imagine en tout cas pas autre chose. 

Album: Running With The Wolves Ep 
Année: 2010 
Label: Earthology 

'Running With The Wolves Ep' est disponible aussi bien en version digitale (pour 3$, soit à peine 2€) sur le site officiel de Cloud Cult, en cliquant ici.

jeudi 27 septembre 2007

Cloud Cult - The Meaning of 8 [Rebel Records]

A l’heure du développement durable et de la lutte contre le réchauffement de la planète, la découverte de Cloud Cult est peut-être plus qu’un simple hasard.

Voilà donc un groupe, formé à Minneapolis aux États-Unis en 2001, dont une grande partie de la vie est régi par l’écologie. Activistes protecteurs de l’environnement, leurs activités musicales sont toutes non-polluantes, du packaging de leurs albums (en papier recyclé) à leur studio d’enregistrement (dans le sous-sol de la maison du leader du groupe – Craig Minowa et de sa femme, membre de Cloud Cult également – écologiquement pensé) en passant par les concerts et autres tournées. Un vrai sacerdoce.

Mais au-delà de cet aspect un peu sectaire, Cloud Cult est une révélation en 2007. Et pour deux raisons. La première est éthique : connaissant une certaine notoriété aux États-Unis (des shows à New-York sold-out, ce genre de choses), ils ont toujours refusé de signer sur une grosse structure, rendant les sorties de leurs disques plus confidentielles qu’elles ne devraient l’être. Et ils n’ont, jusqu’à présent, jamais dérogés à leur ligne de conduite. Et très honnêtement, à l'heure du massacre en règle de la diversité musicale par Universal (notamment), ce genre d'attitude fait du bien.

La seconde raison est évidemment musicale. Cloud Cult est une révélation qui semble réduire, en moins de notes qu’il ne faut pour le dire, toutes les autres sorties discographiques de l’année à de vulgaires disques d’appoints. Car  'The Meaning of 8' est un grand album. Le genre de ceux dont on ne se remet pas facilement.

Et pourtant, il avait tout pour déplaire : une pochette hideuse (une constance chez le groupe), une vingtaine de titres, plus d’une heure de musique. Et finalement… tout tient la route, celle d’une pop alambiquée et baroque qui n’hésite pas à aller flirter avec des bas-côtés lo-fi, electro ou beaucoup plus nerveux.

Les morceaux ont des constructions qui n’arrêtent pas de changer, d’évoluer, de se contredire, des idées et des mélodies en contrebalançant d’autres. Comme si le groupe n’aimait pas la simplicité et la facilité. Et tentait de repousser encore un peu plus les limites du monde de la pop music. Et le plus invraisemblable dans tout cela, c’est que tout est fait dans une cohérence folle.

Des chœurs, des violons, des xylophones, des petits riens (ce souffle électronique répétitif sur Dance For The Dead) qui font des grands morceaux. Et comme si tous ces ingrédients ne suffisaient pas à faire de ce disque un chef d’œuvre (et de ce groupe une entité majeure de la musique actuelle), la vie en rajoute une couche. Histoire de.

A l’instar de leurs cousins Canadiens d’Arcade Fire et de leur premier album 'Funeral' marqué par le décès de nombreux membres des familles Butler et Chassagne, la mort plane tout au long de 'The Meaning of 8'. On y ressent tristesse, effondrement, perte de soi (cette voix tremblotante par moments).
Parent d’un jeune garçon décédé en 2002 à l’âge de deux ans, le couple Minowa ne s’en est réellement jamais remis. Et cela transpire dans l’écriture de Craig qui pond des titres à fleur de peau, se servant de son art comme thérapie.

De Take Your Medecine (un titre acerbe sur ces médecins qui voulaient le bourrer de médocs à la mort de son fils) à Song For The Deaf Girl (1’28 de silence) en passant par un Dance For The Dead bouleversant, tout y passe : la peur du vide, les lendemains pleins de tristesse infinie, l’espoir, la religion. Avec une pudeur, un tact et une vérité qui nous donneraient les larmes aux yeux.

Sorti début avril dernier, cet album ne m'a pas une seule seconde ennuyé, malgré les dizaines d'écoutes qui se sont succédées. Il m'a même ouvert les portes sur le reste de leur discographie qui n'a pas l'ombre d'une faille ou d'un ratage.

Chef d’œuvre parmi les très grands disques, 'The Meaning of 8' (8, comme le nombre de rayons qui composent la roue de la vie, ça ne s’invente pas) est un concentré de vie, de mort, de moments baroques et d’autres plus intimistes. Bref de musique comme on l’aime. Intègre, touche à tout de génie (oui, le mot n’est pas trop fort), Craig Minowa sort son grand œuvre.

Pour les raisons évoquées plus haut, ils ne donneront sans doute jamais de concert en Europe. Et ce disque ne sortira sûrement jamais en France. Mais il finira en haut, tout en haut des tops de fin d’année. Voire même plus haut encore. (Sortie : 10 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel 


Deux morceaux, histoire de, quand même hein : Dance for The Dead et Your 8th Birthday (malheureusement plus en écoute).

La vidéo de Chemicals Collide. Vous aussi, tombez amoureux :


mardi 11 mars 2008

Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel Group]

C’est dingue comme un rien vous change la vie. Prenez Cloud Cult, groupe dont j’avais découvert l’existence l’an passé par un forumeur ami en études au pays de l’Oncle Sam, via leur splendide ‘The Meaning of 8’. Une claque. Un coup de boule. La première écoute m’avait tellement marqué, les suivantes l’avaient tant confirmée que je n’avais pas eu d’autres choix que d’en faire mon album de 2007.

Un an presque jour pour jour, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Fondamentalement, Cloud Cult restent les mêmes : la pop étant leur rayon, ils continuent dans cette voie. Elle est toujours tourmentée, baroque, endiablée, déjantée. Il y a toujours des passages lo-fi, toujours quelques pointes d’électro, toujours ce rythme désormais reconnaissable entre mille, toujours cette voix (voire même plus souvent qu’à son tour ces voix) particulièrement touchante et toujours ces contre-pieds constants dans chaque morceau. Sauf que tout est moins poussé.

Cette fois, le groupe la joue plus simple, semble s’éloigner de la mort du fils Minowa qui lui pèse tant et qui habitait énormément ses premiers albums, sort une pochette moins hideuse que ses devancières, pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible.

Que ce soit avec No One Said It Would Be Easy (voir plus bas) qui ouvre ce ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’ – merveille de titre, peut-être le plus fort de l’album, avec un piano répétitif et aigue qui vous donne l’envie de vous jeter par la fenêtre, May Your Hearts Stay Strong – belle mélodie pop mariée à quelques scratchs, When Water Comes To Life – aux cordes somptueuses, tout est fait pour succomber. L’inverse serait étonnant. Et puis même, au cas où la beauté et le talent de ce groupe vous auraient échappé pendant les douze premiers titres, il restera toujours ce Love You All qui clôt l’album, histoire de bien enfoncer le clou.

Bref, mon histoire d’amour avec Cloud Cult n’est pas prête de s’arrêter. On n’a pas idée d’avoir autant d’idées à la minute, autant de mélodies dans la tête. Craig Minowa a tout d’un génie. Un jour le monde entier le saura. Et bizarrement, je me dis que ce jour ne devrait plus trop tarder. (sortie : 8 avril 2008)

NB : Ce disque ne sortira pas en France (en tout cas, il y a bien peu de chances). Il est disponible à l’achat en cliquant ici (et vu le cours du dollar en ce moment, vous auriez tort de vous en priver).

Son :
Myspace (deux titres en écoute de ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’)
Site Officiel

Comme d'habitude donc, deux chansons de l'album en question: Un No One Said It Would Be Easy merveilleux et un Journey Of The Featherless sautillant. Succombez. (malheureusement, plus en écoute).

jeudi 7 mars 2013

[Track of The Day] Cloud Cult - You're the Only Thing in Your Way

Chers Cloud Cult,

Il était temps de revenir à des choses plus simples. On avait bien senti que votre passion pour le vocoder et les sonorités électroniques pointait le bout de leur nez sur 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)', mais de là à en mettre un peu de partout sur 'Light Chasers', sérieusement ?

Votre dernier 'Love' me met en joie car il repart sur les bases qui m'ont fait tomber amoureux de vous, de vos arrangements, de vos chansons. Le vocoder a été rangé au placard. Les beaux arrangements, les belles cordes qui ne tombent pas à côté sont donc de retour et cela me plait.

Alors oui, 'Love' n'est sans doute pas votre meilleur album - on laissera ça à 'The Meaning of 8' (voir ici et ) ou 'Advice from the Happy Hippopotamus'. Vous vous lâchez un poil trop niveau emphase (et ce n'est pas toujours maitrisé), vous avez de belles idées mais qui ne sont pas menées à leur terme (Love & the First Law of Thermodynamics) et votre tracklisting est surprenant surprenant (pourquoi cet instrumental All the Things We Couldn't See réussi au demeurant, planté au milieu et casant la dynamique de l'album ?).

Mais ce 'Love', chers Cloud Cult, contient ce qu'il faut de belles mélodies, de chouettes idées, de cordes qui me plaisent et font vibrer mon petit coeur d'indie lover. De toutes façons, vous m'aviez eu avec cette sublime petite balade You're the Only Thing in Your Way, la chanson qui ouvre votre 'Love' (en écoute aujourd'hui).

Bref, en un mot comme en cent, je suis content de vous retrouver. Et désespère de vous voir un jour en concert en Europe (oui, le bilan carbone, tout ça tout ça, je sais).

Album :
Love
Année : 2013
Label : Earthology

Achat


En plus de You're the Only Thing in Your Way, le premier single de 'Love' est Good Friend, clip qui pourrait être totalement flippant avec une musique plus lente et calme :

vendredi 30 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (20-01)


Il y en avait vingt. Et voilà les vingt autres. La crème de la crème pour mes oreilles en cette année 2022. Loin de moi l'idée de dire qu'il s'agit là des meilleurs albums de l'année et que cette sentence est irrévocable. Car ce sont uniquement les albums que j'ai le plus écoutés de l'année. Ceux qui m'auront émerveillés, émus, enthousiasmés plus que de raison.

Mais avant d'aller plus loin dans l'exposé des disques en question, continuons notre traditionnel tour pour voir ce qui est ressorti de l'année 2022 chez les voisins - plus ou moins proches :
- Le bilan 2022 de Marc d’Esprits Critiques
- Les 50 meilleurs albums de 2022 selon The Revue
- Des artistes, des réalisateurs, des écrivains donnent leur bilan 2022 : c'est le très cool "Année des VIP" de Pop News
- Le best of 2022 de la rédaction de Stars Are Underground
- Le bilan de la rédaction d'Another Whisky For Mister Bukowski

Ils sont donc vingt à composer cette deuxième partie de mes albums de l'année. Vingt albums entre pop à chanter à plein poumons, mélancolie à tous les étages, folk bien ouvragé, rock et post-punk épatants, pop en équilibre précaire, quand elle ne voyage pas dans un expérimental cristallin, hip-hop sans frontière, chansons ethérées et vaporeuses, légende du néo-folk, garage à la sauce pop et en haut, tout en haut, un disque à la simplicité folle mais tellement puissant.
Et comme à chaque fois, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous, ainsi qu'un lecteur bandcamp pour le seul morceau absent des plateformes de streaming. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) et à dimanche pour le Top 50 singles (et la bonne année aussi).


 

20. Courting - Guitar Music [Pias Recordings]
Non, Courting n’est pas un énième groupe lambda de post-punk. Comme le laissaient présager leurs premiers singles, ils sont plus que cela. Car 'Guitar Music', son post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s et sa production maligne, cinglante et métallique, a tout pour leur permettre de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise.
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19. Cloud Cult - Metamorphosis [Earthology Records]
Six ans après 'The Seeker', Craig Minowa et ses Cloud Cult ont fait leur retour. Et avec ce qu’ils savent faire le mieux : des chansons qui respirent la pop par tous les pores, les mélodies attachantes, les orchestrations qui s’emballent. Et la mélancolie, toujours cette mélancolie qui s’immisce, s’étend et vous étreint.
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18. Micah P. Hinson - I Lie to You [Ponderosa]
Micah P. Hinson a toujours l’air aussi malheureux, mais dieu sait qu’il connaît l’art de la belle composition comme personne. 'I Lie to You' est sans doute un de ses albums les plus aboutis de toute sa discographie, un disque très beau où les chansons amples côtoient des titres plus simplement folk - et pas les moins réussis d’ailleurs.
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17. Marmalade Mountain - Strange Angels [Magic Nothing]
Découvert l’an passé avec un 'Ditties' purement folk, Zack Fischmann sous son alias Marmalade Mountain prend ses aises sur 'Strange Angels' son nouvel album. Un disque bien plus orchestré et produit que le précédent, qu’il n’aborde pas seul et où ses chansons folk sont magnifiées par une joyeuse bande de troubadours autour de lui.
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16. Surf Curse - Magic Hour [Atlantic Records]
En signant chez les pas vraiment indie Atlantic Records, le duo Surf Curse est devenu un quatuor. Et le résultat est imposant. Porté par quelques titres ébouriffants (Lost Honor ou Fear City notamment), une production qui sait mettre en valeur autant leurs mélodies que l’énergie de leurs compositions, 'Magic Hour' s’avère vite être un de ces petits bonheurs du quotidien, avec sa pop riffeuse, énervée et un rien slacker.
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15. Pumice - Phylis [Soft Abuse]
Amateurs de pop en équilibre précaire, le trentième album de Pumice est fait pour vous. Avec sa voix étouffée, ses instruments qui flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir, Pumice crée ici des structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour un ensemble cohérent dans son instabilité.
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14. Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky [Secretly Canadian]
'Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky' est le disque qui aurait du faire exploser Porridge Radio. Ce n’est pas encore vraiment le cas (la faute à l’absence d’un titre aussi puissant que Long ?) et pourtant, plus consistant que son prédécesseur (pourtant déjà très réussi), il est un disque d’une grande qualité, plein de passion et de rage, très bien écrit, avec pour tête de proue Dana Margolin, femme aussi incroyable sur disque que sur scène et une future star assurément.
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13. Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek]
Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de Tomberlin coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semblent sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth. Le plus de monde possible.
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12. Little Simz - No Thank You [Age 101 Music]
Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas. Et puis il y a les productions d'Inflo chiadées, les compositions solides et ce flow inimitable. Dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes. Si 'Sometimes I Might Be Introvert' était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut.
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11. Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music]
Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre de longs raccourcis, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée. Tout à la fois pop, rock, psyché, il intrigue, épate et parfois même émeut, que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur. Du grand Art.
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10. Richard Dawson - The Ruby Cord [Weird World]
Sur 'Peasant', Richard Dawson posait ses valises dans l’Angleterre du Moyen-Âge. Sur '2020', dans la même Angleterre mais à l’époque actuelle. Avec 'The Ruby Cord', il clôt son triptyque en se projetant dans un futur lointain. Et comme à chaque album, il le fait avec un incroyable sens de la composition folk, qu’elle soit longue et torturée (le premier titre fait plus de 40 mns !), ou qu'il s’engage dans des territoires plus orchestrés - qui rappelleraient presque par moment Sufjan Stevens - et aux choeurs majestueux. Une trilogie monumentale.
 

09. Freundliche Kreisel - Freundliche Kreisel [Stroom]
Très bien construit, évitant la redite et tenant son auditoire par des mélodies souvent cristallines que la voix de Karie Rich habille à merveille, voilà un album souvent minimaliste, plein de langueur et empreint d'expérimentations légères de la part d’un trio pour qui la scène expérimentale, ambiante et d’avant-garde n’a pas de secret. Un disque somptueux, captivant et enchanteur, à l’immédiateté assez folle.
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08. Team Me - Something In The Making [Propeller Recordings]

Avec Into The Wild et surtout Song For a Drummer lancés en éclaireurs l’an passé, il était presque sûr que les Team Me, de retour aux affaires, allaient satisfaire tous les amoureux de pop qui se respectent. Et de fait, avec ses mélodies en pagaille, ses refrains chantés à chœur plein et sa mélancolie doucereuse, 'Something In The Making' a souvent été un refuge pop ensoleillée tout au long de cette année 2022 pleine de grisaille. Un grand album dont il n’est pas facile de se passer.
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07. Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records]

Entre titres de leurs compositions et samples à foison (Randy & The Rainbows, Everly Brothers, Eddie Cochran), Panda Bear et Sonic Boom plongent dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé. Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear, en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear.
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06. Billy Woods - Aethiopes [Backwoodz Studioz]

Avec Preservation derrière la console qui amène autant de boucles répétitives, de samples que de productions venues de tous les continents sans que cela ne soit un frein à l'unité du disque, ramenant en studio quelques invités de prestige ne tirant jamais la couverture à eux (El-P, Quelle Chris), 'Aethiopes' de Billy Woods se révèle vite être un disque de hip-hop, souvent abstract, à la finesse et l'écriture impeccables. Très grand album.
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05. CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings]

Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise CMAT (pour les initiales de son nom: Ciara Mary-Alice Thompson) aura été une des révélations de mon année. Avec son canevas country pop, elle alterne ici tubes, balades country et petites douceurs mélancoliques, avec de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, des textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées.
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04. Current 93 - If A City Is Set Upon A Hill [HomAleph]
Perdu de vue depuis 2014 et un 'I Am the Last of All the Field That Fell' sombrement beau et qui m’avait enchanté, Current 93 et David Tibet auront fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2022. 'If A City Is Set Upon A Hill' est un disque somptueux, qui a les atours d’un disque neo-folk mais qui est bien plus que ça, et où ses mélodies lumineuses sur lesquelles David Tibet vient raconter ses histoires, font merveille.
 
 

03. Weird Nightmare - Weird Nightmare [Sub Pop]
Projet solo du leader de METZ, Alex Edkins, Weird Nightmare aura été un des disques qui aura le plus tourné cette année. Loin de la fureur de son groupe d’origine, on est ici entre garage-rock et indie où la pop a son mot à dire. Des compositions soignées, de la guitare en veux-tu, en voilà, des hymnes à chanter à tue-tête (Lusitania), ce premier album est impeccable de bout en bout. Immense coup de coeur.
 
02. Black Country, New Road - Ants From Up There [Ninja Tune]
Février 2022 ou « vie et mort d'un groupe ». Voilà ce qui pourrait être épitaphe de ce 'Ants From Up There' de Black Country, New Road, deuxième album mais le dernier avec son chanteur Isaac Wood qui, peu de temps après sa sortie, décidait pour des raisons de santé psychologiques de quitter ses six amis. Un choc tant sa voix en forme de montagnes russes, qui rappelle Bowie par moment, se marrie tellement bien avec ces compositions qui ici délaissent les guitares de 'For The First Time' (leur premier album) pour mieux exposer un côté folk-pop, aussi arty, orchestral que post-rock. Disque ambitieux et superbement composé, 'Ants From Up There' est en tout cas la mort d’un groupe. Son épitaphe. A lui de trouver leur nouvelle route pour ses aventures futures.
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01. Nina Nastasia - Riderless Horse [Temporary Residence]
 

C'est par quelques simples mots que Nina Nastasia est revenue aux affaires en avril dernier. Un texte pas loin d'être poignant qui explique les raisons de son absence pendant douze longues années. Elle y revient sur ses malheurs et sa très longue relation avec son producteur et compagnon qui n'a fait que de se détériorer au fil des ans, devenir malsaine, la coupant du monde, pour se terminer dans le drame, Nina Nastasia décidant finalement de le quitter, lui, préférant dans la foulée mettre un terme à ses jours.
Deux ans après les faits, l'américaine publie 'Riderless Horse', son septième album, et celui de mon année. Un disque très simple (elle est seule avec sa guitare) mais aux textes aussi touchants que durs, joyeux, tristes, bouleversants à bien des égards ; qui reviennent sur sa vie d'avant autant que sur ce qui s'ouvre devant elle. Comme elle le dit elle même : « Riderless Horse documents the grief, but it also marks moments of empowerment and a real happiness in discovering my own capability »
Produit par son ami de toujours Steve Albini, enregistré dans le plus simple appareil dans un phare, 'Riderless Horse' est l'album le plus dépouillé et à la fois le plus puissant de l'année. Sur Afterwards, le morceau qui clôt l'album, elle finit par ces mots : « Oh, how I wanna live ». Oh oui, vous pouvez madame. Vous devez même. Votre retour est une bénédiction. Bon retour à la vie Nina.
 
 
 
 
Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous, avec également un lecteur bandcamp pour le morceau extrait de l'album de Current 93, absent des plateformes de streaming (de la place 01 à 20) :
 
 
 

jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 30-11


Afin de rendre le tout plus lisible et moins lourd, voilà la partie 2, les albums classés de la place 11 à la place 30.
Et toujours, en bas, un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



30. Why? – Alopecia [Anticon]
J’ai du mettre huit mois à comprendre ce disque. Tout du moins à l’aimer. Restant sur l’exceptionnel ‘Elephant Eyelash’ (pour moi un des plus grands disques pop des années 2000), je ne m’attendais surement pas à autant de lenteur et de noirceur. C’est sûrement cela. Car mis à part un ou deux singles, le tout m’ennuyait. Et puis là, ces derniers temps, j’ai retenté ma chance. Et force est de constater que j’avais totalement tort. Non, Yoni Wolf n'est pas mort et continue de sortir de grandes compositions. Ce disque n’a peut-être pas à mes yeux la grandeur de son prédécesseur, mais il n’en est pas loin. Très habité, torturé, Why? gagne en profondeur et sort une sorte de synthèse entre le côté volontairement bancal d’’Oaklandazulasylum’ et le côté pop d’’Elephant Eyelash’. Grand album.
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29. Pumice – Quo [Soft Abuse]
Voilà à quoi cela sert de ne pas aller trop vite en besogne en fin d'année. Découverte de fin d’année, le nouvel album Pumice, artiste néo-zélandais, dont j’avais adoré le précédent ‘Peebles’, est une nouvelle fois une réussite. Pop déglingo, rock 60s noisy, le tout lo-fi à mort, avec un côté mélodieux plus prononcé que sur le disque précédent. Un régal.
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28. Tobacco – Fucked Up Friends [Anticon]
Un peu de lo-fi, beaucoup de synthés, du sample, des sons analogiques comme s'il en pleuvait, un background hip-hop mais une ambition pop, un délire psyché, un Aesop Rock qui vient poser - alors que ce 'Fucked Up Friends' est essentiellement instrumental, un album sacrément euphorisant, des clips qui démoulent. Bref, dans la galaxie hip-hop, Anticon reprend du poil de la bête avec ce Tobacco. Et sacrément même.
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27. Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]
Depuis le premier et unique album des Postal Service, il me manquait mon apport annuel d’electro-pop-cheap. 2008 m’aura apporté mon palliatif avec Styrofoam, belge de son état, ami de Ben Gibbard et Dntel (avec qui il a déjà collaboré). Un disque qui a de nombreuses accointances avec ‘Give Up’ et qui fait plaisir à entendre. Du tubes à tous les étages et une cohérence tout du long.
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26. Titus Andronicus – The Airing of Grievances [Troubleman Unlimited]
Alors qu'XL s'apprête à rééditer l'album et lui faire connaître une sortie mondiale, il faut que je dise tout le bien que je pense de cet album: ce 'The Airing of Grievances' a de faux-airs des premiers albums de Bright Eyes - quand Conor Oberst composait des titres à fleur de peau surlesquels il appréciait éructer - voire même de Kimya Dawson sur une chanson. De l'indie rock-punk-folk en gros. Et de bon aloi.
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25. ¡Forward, Russia! - Life Processes [Cooking Vinyl]
Deuxième (et dernier, le groupe a splitté depuis) album des ¡Forward, Russia!, moins brutal que le premier. Un disque qui prend son temps pour amener l'auditeur à point avant de le prendre à la gorge à coups de déferlantes de riffs et de ne plus le lâcher. Un album qui s'autorise quelques dérapages réussis vers le post-rock. Un 'Life Processes' qui, sans une production aussi "lisse" sur Welcome to the Moment (the rest of your life), le titre qui ouvre l'album, aurait fini tout en haut des charts de fin d'année. Il n'en est finalement pas très loin.
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24. Foals – Antidotes [Transgressive]
Sorte de mix entre The Rapture, Battles et les !!!, les Foals sortent un premier album absolument irrésistible, qui fait lever la tête et donne envie de bouger beaucoup plus. Les titres s'enchaînent, la basse sautille, la rythmique est implacable: Ça sonne ça sonne ça sonne. Et ça envoie sévère. Ces anglais sont des dj à gratte.
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23. Fleet Foxes - st [Sub Pop]
J'ai mis du temps à rentrer dedans. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et j'estimais que la hype était démesurée. Et puis un soir, les yeux embrumés, la voix rocailleuse, un mouchoir à la main, j'ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Et j'ai vu la lumière. Cet album est somptueux, ce groupe est divin. En fait, c'est juste magistral, produit à la perfection. Rien d'extraordinaire de prime abord. Mais en fait, si c'est à tomber par terre et à la renverse... Du folk pastoral à vous rendre fou de dieu.
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22. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]
L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants, où, entre pop, electro et hip-hop, leurs cœurs balancent.
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21. Noah and The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
Un album de pop folk, entre Beirut, Micah P. Hinson, Jens Lekman et Adam Green (pour la voix). Beau disque, mélodieux dans tous les coins, de ces londoniens de Twickenham, pleins de clapping, chœurs et cordes qui pleurent. Clairement une de mes découvertes de l'année.
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20. Son Lux - At War With Walls And Mazes [Anticon]
La musique de Son Lux (Ryan Lott pour les intimes) est pesante, oppressante, doit autant à la pop qu'au hip-hop, mais est surtout d'une beauté froide. Très mélodique, masquée par un brouillard de basses, la musique de Son Lux se révèle au fur et à mesure des écoutes. Et prouve qu'elle a tout d'une grande.
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19. Autistic Daughters - Uneasy Flowers [Kranky]
Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup Tanakh par moments.
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18. Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]
Premier album d'un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, 'Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon' est un disque d'une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (il y en a beaucoup, mais elles ne sont pas un obstacle à la qualité de ce disque), des arrangements (divins!) que des mélodies troussées à merveille. Pop, rock, post-rock, mâtiné de musiques de l'Est: c'est un vrai régal. Un des grands disques, inspirés, de 2008.
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17. Okkervil River - The Stand-Ins [Jagjaguwar]
Ce qui ressort à l'écoute de ce nouvel album des Okkervil River c'est qu'on a enfin retrouvé la bande à Will Sheff. Vraiment je veux dire. Non pas que les quelques précédents albums soient mauvais. Juste qu'ils manquaient un petit quelque chose pour que je sois totalement convaincu. Suite de 'The Stage Names', 'The Stand-Ins' est un concentré de folk-rock (géant Lost Coastlines) de folk, de pop et d'Americana. Peut-être rarement aussi inspirés les Okkervil River.
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16. Girl Talk – Feed The Animals [Illegal Art]
Gregg Gillis est plus connu sous le nom de Girl Talk. Son style? Une utilisation sur-massive de samples de tous bords (pop, rock, electro, hip-hop, mainstream) et un mash-up de tout cela. Sur son quatrième album, ils utilisent plus de 300 (!!) samples très courts; et il y en a pour tous les gouts: du Sexy Boy de Air au Gimme More de Britney, du Purple Haze de Jimi Hendrix au Paranoid Android de Radiohead en passant par Ice Cube, Spank Rock, The Cure, Queen, Of Montreal, The Velvet Underground ou Prince. Le mix de l'année, une relecture originale et euphorique de l'histoire de la musique contemporaine; et l'album le plus bandant de l'année, largement.
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15. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]
Ce n’est pas avec leur tout nouveau ‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis sur Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante, d'un noise destructeur et d'une tension à couper au couteau. Plus que jamais un des groupes essentiels des années 2000.
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14. Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie [Alien8]
Aidan Baker et ses 113 sorties discographiques en 8 ans (!) s'acoquine avec Tim Hecker le temps d'un album à la texture sonore incroyable et qui a pour but de construire une cathédrale sonique absolue. 'Fantasma Parastasie' est un disque tout en apesanteur, fait de déluge de riffs, de drones contemplatifs et d’électro ambiante. Un chef d'œuvre du genre.
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13. Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel]
Un an presque jour pour jour après ‘The Meaning of 8’, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Si Cloud Cult restent les mêmes (pop tourmentée, baroque, endiablée, déjantée aux passages lo-fi, aux pointes d’électro, et ces contre-pieds constants dans chaque morceau), ils la jouent cette fois plus simple. Semblant s’éloigner de la mort du fils Minowa qui pèse tant dans les paroles du groupe et sortant une pochette moins hideuse que ses devancières, Cloud Cult pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible. Et l’album est d’une qualité une nouvelle fois étonnante.
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12. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
Mix entre une electro à la Autechre, Battles et les !!!. Le tout, uniquement instrumental. De la batterie, une basse bien funky (froide) et des nappes. Voilà en gros 'O Soundtrack My Heart', premier album sur Warp de Pivot. Un disque très cohérent et homogène. Totalement euphorisant, assurément addictif, il faut écouter Pivot.
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11. Malcolm Middleton – Sleight of Heart [Full Time Hobby]
Loin de son électrique ‘A Brighter Beat’, Malcolm Middleton met les choses à plat et au calme, presque en acoustique, convie Paul Savage (feu Delgados) à la batterie, Barry Burns (Mogwai) au piano, rappelle Jenny Reeve pour les chœurs féminins, reprend joliment Jackson C. Frank et pond une des chansons d'amour déçu les plus déchirantes qu'il m'a été donné d'entendre (Love Comes In Waves). Somptueux de bout en bout.
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Ci-dessous, un lecteur reprenant une chanson de chacun des albums cités ci-dessus. Classées de 30 à 11. Bonne(s) écoute(s)!