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jeudi 5 mars 2009

The Lonely Island - Incredibad [Universal Republic]

Certains (beaucoup?) d’entre vous regardent peut-être régulièrement les élucubrations de trois joyeux drilles dans une émission américaine diffusée chaque semaine sur NBC. Son nom : The Saturday Night Live Show.

Dans cette émission, Andy Samberg, Akiva Schaffer et Jorma Taccone s’amusent à partir en vrille complet avec quelques guests de renom, la plupart du temps via des chansons aux paroles aussi débiles qu’hilarantes.

Devenus incontournables dans le paysage audiovisuel américain, les trois compères passent aujourd’hui au format album en compilant le meilleur des morceaux composés pour le show et en en intégrant d’autres. La plupart du temps, ce genre d’initiative se révèle souvent d’une inutilité crasse. Sauf ici.

Car ‘Incredibad’ des Lonely Island (leur nom de scène), s’il est un disque ovni, est surtout un album réussi où se mélangent hilarité générale et esthétique hip-hop mainstream pleine de fuck, dick, motherfuckers et autre bitch, produit, entres autres, par Sly & Robbie et Dj Nu-Mark. Rien de moins.

En 19 titres, Andy Samberg, Akiva Schaffer et Jorma Taccone emmènent dans leurs bagages des stars à faire pleurer d’envie plus d’un producteur : Natalie Portman (qui fait montre d’une hargne et d’une vulgarité irrésistible: «What you want Natalie? (To drink and fight!) What you need Natalie? (To fuck all night!)»), T-Pain (qui part sur un bateau avec les trois lurons et n’en reviens toujours pas avec sa voix autotunée à mort «Yeah, never thought I'd be on a boat // It's a big blue watery road //Poseidon, look at me, all hands on deck //Never thought I'd see the day // When a big boat coming my way // Believe me when I say I fucked a mermaid»), Julian Cassablancas (The Strokes), Norah Jones, Jack Black (qui nous présente un saxophoniste du Tennessee un peu timide). Bref, du délire à toutes les pistes.

Et surtout sur une. Celle qui a fait du trio des célébrités : Dick in a Box, avec Justin Timberlake en featuring (et à mourir de rire). Un titre et une vidéo qui a fait le tour du monde. L’histoire de deux mecs un peu débiles qui, dans une ambiance à la Santa Barbara, expliquent à leurs copines que le meilleur cadeau qu’ils puissent leur offrir, c’est... leurs bites dans une boite:

«Not gonna get you a diamond ring // That sort of gift don't mean anything // Not gonna get you a fancy car // Girl ya gotta know you're my shining star // Not gonna get you a house in the hills // A girl like you needs somethin' real // Wanna get you somethin' from the heart // Somethin' special girl // It's my dick in a box, my dick in a box babe»
.

Un titre qui prend toute son ampleur en vidéo. Car oui, ne le cachons pas, accompagné d’un clip (voir plus bas), ces titres là multiplient par dix leur potentiel d'hilarité.

Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: le disque se suffit à lui-même. Car en mariant hip-hop explosif (nerd et bas du front) et paroles stupides mais délirantes The Lonely Island font de cet ‘Incredibad’ une franche réussite.
Cet album tient musicalement la route tout du long (même leurs interludes sont funky comme ce Shrooms qui rend hommage à Super Mario) et voit l’auditeur s'esclaffer plus souvent qu’à son tour (certes à condition de comprendre un minimum l’anglais). Surtout, il consacre trois américains pétris d’humour et talent et amoureux de musique. Un Comedy-album crétin et de grande qualité en résumé. (sortie : 10 février 2009)

Son :
Myspace (tous les titres de ce 'Incredibad' sont en écoute. Mais vu que nous sommes ici chez Universal, ce ne sont que des extraits)
Site officiel

Nb : ‘Incredibad’ est disponible en version cd+dvd compilant 8 clips de chansons tirées de l’album. Rien de moins qu’un must-have.

Contrairement à d’habitude, il n’y aura pas de morceaux en écoute. Mais quatre clips. Le célébrissime Dick In a Box avec Justin Timberlake, I’m On a Boat avec T-Pain, l’hargneux Natalie's Rap et – peut-être – le meilleur des 19 titres, Jizz In My Pants (littéralement : «j’ai joui dans mon fut»). Un régal tout du long. Que vous pourrez savourer en lisant les paroles en anglais en cliquant ici (histoire aussi de passer outre la censure des mots un peu vulgaires).

The Lonely Island - Dick In a Box (feat. Justin Timberlake)




The Lonely Island - I'm On A Boat (feat. T-Pain)



The Lonely Island - Jizz In My Pants



The Lonely Island - Natalie's Rap


vendredi 3 novembre 2017

Man at War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care [-]

Comme quoi les belles découvertes ne tiennent pas à grand-chose. Alors que j’étais il y a quelques mois à la recherche d’informations sur Gregory and The Hawk, beau projet de Meredith Godreau dont j’avais apprécié les quelques albums qui étaient arrivés jusqu’à mes oreilles, j’étais tombé sur Fabric of Time, une chanson qu’elle partageait avec un certain Man at War. D’ailleurs, la chanson était de lui.

Le temps de remonter rapidement le fil, je découvre l’Ep dont est tiré cette chanson : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’. Un disque de six titres, dont la beauté m'aura, en moins d'une écoute, donné envie d'en savoir plus.

Man at War n’est pas un groupe mais un projet solo, celui de Ryan Rebo, un jeune homme né à Seattle, qui a vécu une partie de sa vie dans le Montana et qui est désormais installé à Portland. Après avoir passé quelques années à sortir quelques disques sous son vrai nom, (un Ep par ci, un album par là, quelques singles au milieu), Ryan Rebo a décidé il y a deux ans de se lancer dans un nouveau projet : Man at War donc.

Et si au départ, son premier Ep 'Número Uno' (2015) est enregistré à plusieurs (et notamment avec l’aide de Meredith Godreau de Gregory and The Hawk), Man at War devient vite un vrai projet solo, où Ryan Rebo joue de tout et se produit tout seul. Et donne naissance à ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', un vrai disque Do It Yourself, mais qui n’en connaît pas les écueils, et donc auto-produit.

N'y allons pas par quatre chemins : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ est un disque beau, tout simplement. La musique de Man at War navigue entre pop et folk (avec prédominance de la guitare et du piano), fourmille d’idées et de détails, de mélodies simples mais justes, de jolies productions (celle de Fabric of Time notamment, avec ce piano aussi aérien que plein de reverb) et d'instruments qui se répondent sans cesse. Mieux, Ryan Rebo rend l’ensemble si cohérent qu’on croirait entendre un groupe aguerri et plein d’envie au-dessus duquel planerait sa voix et ses compositions.

Quant aux paroles ? Bien que contenant le mot « God » dans son titre, et bien que porté par une pochette le représentant enfant lors d’un évènement religieux intitulé « Rainbows », les textes de de cet Ep de Man at War n’ont rien de sacré. Ou en tout cas, rien d’explicite.
Ryan Rebo dépeint tout au long des 6 chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ un personnage plein de question, à la recherche de l’amour, un peu désabusé (« Sometimes it gets so hard to believe in anything »I Guess I Showed You), qui s’interroge sur son pays (« “Proud to be an American” No not really, I’m just a citizen », Digital Mind), sur la société actuelle (« I can't say why we run around in little machines surrounded by material things that we don't need », Low Times), qui est avant tout perdu (« All alone and I don’t need to be but now I kinda wanna be alone » sur  On An Empty Street At Night, qui n’est pas sans rappeler le « I was afraid to be alone Now I'm scared that's how id like to be » d’Azure Ray) mais qui n'en oublie pas de distiller quelques références indie du meilleur effet (‘Crooked Rain, Crooked Rain’ de Pavement, ‘Goats Head Soup’ des Stones), le rendant encore plus attachant.

Tirant son nom, non pas de la très belle chanson longtemps restée inédite de Radiohead mais de celle de Daniel Johnston (« Daniel is a major hero of mine » dit-il), publiée sur ‘More Songs of Pain’ en 1983, Man at War est une véritable révélation. Une superbe découverte. Et 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep' un disque d'une douceur, d'une subtilité et d'une mélodicité à tomber par terre. Sans conteste une des plus belles choses entendues cette année.

Les américains ne semble pas s’intéresser (encore ?) à son cas (seriously America ?). Et alors qu'il prévoit de sortir son prochain disque au printemps prochain (« I am almost always working on something new », précise-t-il), puisse la France, terre d’asile des artistes américains talentueux et ignorés (entrez ici Jeff Buckley et autres Jude), lui ouvrir ses oreilles et ses bras : Man at War le mérite 1000 fois. (Sortie : 18 avril 2017)

Plus :
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est en écoute sur sa page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est à l’achat (en name your price) sur sa même page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est également en écoute sur Spotify mais malheureusement pas encore sur Deezer

Trois chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ de Man at War en écoute. Le sublime Fabric of Time, en duo avec Gregory and the Hawk (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Digital Mind, chanson qui ouvre l'Ep. Et le très beau Low Times pour finir : 





Non présente sur 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', voilà pour finir la reprise de Man at War de Daniel Johnston par Ryan Rebo, enregistrée en 2013. Évidemment, bien moins bancale et plus pop que l'originale, mais très réussie :


lundi 15 mars 2010

[Track of The Day] The Lonely Island - Boombox (feat. Julian Casablancas)

Un an après la sortie de leur premier album, les Lonely Islands font encore parler d'eux. La faute à la mise en vidéo de Boombox, la meilleure chanson de leur 'Incredibad', avec Julian Casablancas des Strokes en featuring, version paillettes.

Et après avoir réussi des clips hilarant avec Nathalie Portman, Justin Timberlake ou T-Pain (les vidéos sont ici, et ), Andy Samberg et ses potes du Saturday Night Live viennent de révéler leur nouvelle vidéo, celle de Boombox donc, conne et déjantée comme il faut, rendant un hommage appuyé aux transistors du milieu des années 80, gros comme une voiture balancant du gros son.

Définitivement, ces gens là sont complètement tarés.





Album: Incredibad
Année: 2009
Label: Universal Republic


(vous l'aurez compris, pas de titre dans le lecteur Grooveshark aujourd'hui, juste cette vidéo)

dimanche 27 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 30-11



Cela a beau être totalement futile (voyez l'avis d'Heebooh à ce propos ici), les tops continuent d'affluer (Playlist Society, le top 50 de Mr Meuble. No Music propose pendant ce temps là son top singles ET son top des oubliés de 2009; Toto débute le sien tandis que Rock It to the Moon présente sa sélection d'albums et d'Eps de l'année).
Et la suite ici de mon top albums 2009 donc, après la première partie (31 à 50). Avec à chaque fois (c'est le petit "+" bleu) un renvoi vers une chronique (la mienne ou d'un autre blog) et le lecteur grooveshark qui va bien en fin de papier.




30. Mélanie Pain – My Name [Cinq7]
Son premier album solo ‘My Name’ est une grande confirmation du talent de Mélanie Pain, découverte sur le 'First Date' de Villeneuve. Grain voix charmant, musicalement impeccable, Mélanie Pain compose des chansons pop classieuses (l’aide de Villeneuve ou 1973 y est pour beaucoup aussi), flirtant de ci de là avec la soul ou le cabaret. Et histoire de faire les choses bien, elle convie ici Thomas Dybdahl et surtout Julien Doré pour une chanson magnifique, Helsinki.
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29. Julie Doiron - I Can Wonder What You Did With Your Day [Jagjaguwar]
Avec Julie Doiron, c’est un coup sur deux. Après un ‘Woke Myself Up’ sympathique à défaut d’être renversant, la canadienne reprend les choses en main et sort un album dans la lignée qualitative de son indispensable ‘Goodnight Nobody’ avec ce ‘I Can Wonder What You Did With Your Day’. Tout en n’oubliant pas d’aller se lover le temps de quelques ritournelles dans le sable autour d’un beau feu de camp, Julie Doiron sort les griffes et les guitares. Un album joliment corsé.
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28. The Twilight Sad - Forget The Night Ahead [Fat Cat]
Ils ont l’accent qui va bien (ces ‘rrrr’). Ils jouent fort permettant ainsi à leurs compositions de prendre une ampleur incroyable. Ils aiment raconter des histoires où ne semble jamais percer le soleil. C’est un peu tout ça à la fois The Twilight Sad. Un combo écossais rock où basse classieuse (et vraie métronome), effets de pédales et productions aux oignons se disputent la plus grosse part du gâteau. Play It Loud !
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27. Sophia – There Are No Goodbyes [The Flower Shop]
Ami(e)s de la déprime bonsoir ! Robin Proper-Sheppard est de retour avec son groupe Sophia pour un nouvel album déprimant et mélancolique à souhait. Après un ‘Technology Won’t Save Us’, Sophia reprend de la bête avec ce ‘There Are No Goodbyes’ de haute tenue, fait de mélodies à déchirer les cœurs et de paroles à faire couler les larmes.
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26. Why ? – Eskimo Snow [Anticon]
Bien que mises en boite durant l’enregistrement de ‘Alopecia’, les chansons d’‘Eskimo Snow’ sont tout sauf des face-b ou des chutes de studios. Tout le contraire. Un changement de direction même, cet album étant clairement le plus «pop» de la discographie de Why?. Surtout, ‘Eskimo Snow’ semble être le côté clair d’‘Alopecia’, et la preuve (une fois de plus) que l’on tient là un des plus grands plus grands compositeurs de cette décennie (cette faculté – et facilité – à animer ses chansons de petits riens pour en faire de grandes mélodies). Ce type est fantastique.
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25. We Were Promised Jetpacks – These Four Walls [Fat Cat]
Attention : on tient peut-être le groupe de rock qui animera les charts de la décennie qui vient. We Were Promised Jetpacks : écossais d’origine, pratiquants dans l’église réformée du rock-post-punk-pop, rappelant aussi bien The Apparitions que The Wedding Present avec un soupçon de The Twilight Sad (et pas que pour l’accent). Et surtout capables sur ce premier album ‘These Four Walls’ de pondre des compositions d’une efficacité folle sans jamais tomber dans une facilité dans laquelle tombent beaucoup trop de groupes. Ces We Were Promised Jetpacks ont vraiment tout pour être énorme. On vous aura prévenu.
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24. Grand Duchy – Petits Fours [Cooking Vinyl]
Frank Black prend se femme Violet Clark par la main et l’emmène manger des ‘Petits Fours’. Un énième album passable et ennuyeux ? Non, un album 3 étoiles ! Mieux que ça même, une résurrection ! ‘Petits Fours’ m’a vraiment réconcilié avec le gros Francis et son indie-rock de la fin des années 80. Une ambiance terrible, une production qui met toutes les parties de guitares vraiment en valeur. Un retour passé assez inaperçu mais très réussi !
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23. Malcolm Middleton – Waxing Gibbous [Full Time Hobby]
Ce gars là est une vraie marotte. Pour l’instant je n’avais jamais été déçu par Malcolm Middleton depuis le lancement de sa carrière solo. Ce ‘Waxing Gibbous’ ne déroge pas à la règle. Alignant bluettes pop et tubes rock (Red Travellin’ Socks et Kiss at The Station notamment), l’ancien compère d’Aidan Moffat continue sur la lancée d’une discographie pour l’instant sans faille, toujours menée par cet accent si délicieux
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22. Japandroids – Post-Nothing [Unfamiliar]
Prenez un peu de rock. Saupoudrez de punk. Et faites cuire à noise doux pendant 35 mns. Voilà la recette du ‘Post-Nothing’, premier album de Japandroids, groupe de Vancouver, qui cache son jeu derrière une pochette d’un classicisme désuet. Un album qui frappe fort et juste. Ah tiens, un tympan…
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21. A Place To Bury Strangers - Exploding Head [Mute]
Passé chez Mute et une major après un premier essai détonnant, A Place to Bury Strangers convainc une nouvelle fois avec leur nouvel album 'Exploding Head’. A nouveau lové dans les bras d'une décennie plus que jamais à la mode, les américains tapent plus fort, joue plus juste. Rock-noise-pop lorgnant vers un mélange post-punk/shoegaze, avec guitares pleines d'effets et bruyantes, 'Exploding Head' porte vraiment bien son nom.
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20. Crocodiles – Summer of Hate [In The Red]
The Jesus and Mary Chain a du être le groupe le plus cité cette année sur le net tant de nombreux albums sont allés puiser chez les écossais une partie de l'inspiration. 'Summer of Hate' des Crocodiles ne déroge pas à la règle. Incisif, court, il mélange habilement du shoegaze et de la noisy-pop, en ajoutant des synthés bien vintage.
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19. The Mountain Goats - The Life Of The World To Come [4AD]
‘The Life Of The World To Come’, nouvel album de The Mountain Goats, est une surprise folk/folk-rock totalement inattendue. Entendons-nous bien : j’avais vraiment beaucoup aimé ‘Heretic Pride’, son dernier en date, mais celui-là est plus fort. Il n’a pas semblé aussi en forme que depuis ‘The Sunset Tree’. Un peu plus et il nous ferait retourner à la messe le père Darnielle.
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18. Fever Ray – st [Rabid Records]
Membre de The Knife, Karin Dreijer Andersson prend son envol et sort son premier album sous le nom de Fever Ray. Dark-pop pleine de synthé, finalement proche sans l’être de son groupe d’origine, elle compose là un disque de toute beauté, hypnotique, à l’ambiance lourde et lugubre. Une fièvre étouffante, dont même les clips sont en tous points formidables (l’achat de la version avec le dvd compilant les dits clips est une nécessité).
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17. Action Dead Mouse – Revenge of Doormats and Coasters [Greed Recordings]
Deuxième album de ces italiens de Bologne, et première franche réussite. Un grand coup de pied dans les noix et un ambitieux album de math-rock teinté de post-rock. Ici, il y a du Shellac, du Silver Mount Zion, le tout sous le patronage de Do Make Say Think. Presque essentiellement instrumental, ce ‘Revenge of Doormats and Coasters’ est un disque de haute-voltige, qui ne laisse jamais une seconde de répit à l’auditeur, mais qui n’oublie pas de se reposer sur des mélodies recherchées et exigeantes.
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16. Sufjan Stevens – The BQE [Asthmatic Kitty]
Depuis la sortie de ‘Come On Feel The Illinoise’, Sufjan Stevens nous mène en bateau : une participation à une compilation par-ci, un album de chutes de studio par là. Mais rien de bien concret en nouveauté. Dernière sortie discographique pour le petit génie, ‘The BQE’. Ou la concrétisation sur support physique de son hommage musical et visuel à la Brooklyn-Queens Expressway, une autoroute de New-York. Agrémenté d’un dvd présentant le film, cet album est somptueux. Uniquement instrumental, Sufjan Stevens compose là une musique de film passant de la comédie musicale à l’electro ou l’acid-jazz avec une finesse incroyable. Et que l’on peut appréhender comme la 3è pierre de son projet (qu’il rejette aujourd’hui) des 50 States’.
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15. Loney Dear – Dear John [Polyvinyl]
Si l’on en croit Emil Svanängen, ce ‘Dear John’ est son dernier album sous le nom de Loney Dear (il en a même perdu sa virgule). Et quel album ! Un disque qui s’échappe du folk pour aller vers des sonorités plus organiques et électroniques (80s powa !). Perclu de mélodies travaillées et de quelques titres endiablés, ce ‘Dear John’ est en tout cas un bien formidable point final d’un premier début de carrière.
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14. The Pains of Being Pure at Heart – st [Slumberland]
Le meilleur groupe anglais de l’année est… américain ! Shoegaze de Jesus and Mary Chain, noisy pop de My Bloody Valentine, pop de The Smiths, The Pains of Being Pure at Heart vient fouiller avec bonheur dans les années 80 pour en ressortir la quintessence. Ce premier album est une bien belle surprise, qui «sonne beaucoup comme» certes, mais dont la qualité des compositions ne se dément pas.
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13. Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle [Domino]
Penser qu’en 2009 un des albums de l’année serait composé par celui qu’on appelait Smog relevait de la gageure. Ce ‘Sometimes I Wish We Were An Eagle’ est étourdissant de beauté, de finesse et de douceur. Si dans 40 ans, un de vos petits-enfants vous pose la question «dis papy, c’est quoi qui était beau dans le monde en 2009», vous pourrez répondre «Sometimes I Wish We Were An Eagle de Tonton Bill Callahan».
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12. Crystal Antlers – Tentacles [Touch & Go]
‘Tentacles’ est un album où tout va très vite, où tout tape très fort. Mais jamais trop. Un disque d’artillerie lourde mais pas dans le sens pataud. Non. Les Crystals Antlers pour leur premier album conjugue le noise avec le grunge, le tout au passé composé de psychédélisme. Dernier album sorti par Touch & Go (même dans la mort, ce label au combien précieux aura su avoir bon gout), ‘Tentacles’ est un monument, d’une homogénéité rare dans ce genre musical.
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11. Barzin – Notes to an Absent Lover [Monotreme]
Plus proche d’un Tanakh ou d’un Lambchop, le nouveau Barzin est une bénédiction. ‘Notes to an Absent Lover’ est LE disque folk lumineux de l’année. Ajoutant quelques soupçons de pop dans ses compositions, enrobant le tout de jolies cordes et d’une production tout en retenue, Barzin séduit encore. Le pendant 2009 de l’album de The Sleeping Years.
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Et donc comme à chaque fois, un lecteur grooveshark compilant une chanson de chacun des 20 albums présentés ci-dessus, en commençant par le 30è pour finir au 11è:



lundi 20 décembre 2010

[Track of The Day] The Lonely Island - I Just Had Sex (feat. Akon)

Les Lonely Island sont de retour! Andy Samberg, Akiva Schaffer et Jorma Taccone qui sévissent depuis quelques années dans The Saturday Night Live Show sur NBC avaient sorti en 2009, sous le nom de The Lonely Island un premier album aussi hilarant qu'efficace: 'Incredibad'.
Un disque avec pléthore d'invités (Jack Black, Nathalie Portman, Julian Casablancas, T-Pain), de chansons débiles (Nathalie's Rap, le déjà mythique Dick in a Box avec Justin Timberlake, Boombox) et de vidéos à pleurer de rire.

Deux ans plus tard, le trio déjanté est de retour avec un second album, qui verra le jour en 2011. Et le premier extrait vient de sorti. Il s'appelle I Just Had Sex, est dans la lignée d''Incredibad' (aussi crétin que génial), convie Akon au micro, John McEnroe, Jessica Alba et Blake Lively (de Gossip Girl) au clip. Du tout bon sur toute la ligne, une fois de plus! Les Lonely Island sont toujours aussi cons et toujours aussi bons! 

Album: tba 
Année: 2011 
Label: Universal Republic

Vu que les chansons de The Lonely Island s'écoutent autant qu'elles se regardent, rien dans le lecteur Grooveshark mais le clip de I Just Had Sex. Sing along!



mardi 29 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 10-01


Alors qu'on attend toujours que le Naze Journal fasse le sien, Pandaocarré et Mick ont commencé leurs tops albums pendant qu'Arbobo met la dernière touche au sien. The Civil Servant en est quand à lui déjà à la sixième partie de son Ceci n'est pas un classement des albums de 2009. Lyle et sa belle idée (sorte de tournoi pour élire la chanson de l'année) en est au stade des 1/4 de finale, *Kris sort enfin de sa réserve et De La Lune On Entend Tout la joue badge vintage. Et pendant ce temps là, Sonic Eric prouve à son fils que "oui, j'écoute pas que des artistes décédés"!

Et moi me direz-vous? Ben voilà la dernière partie. Après les Eps et autres 7", après le Top chansons, après les 40 premiers disques (ici et ), voilà donc les dix albums qui auront le plus touché mon petit coeur de jeune trentenaire durant cette année 2009. De vraies découvertes, de gros coup de cœur et le disque parfait pour entamer une nouvelle décennie, que l'on passera sans Vic Chesnutt.


En bas du papier, vous trouverez un lecteur grooveshark, comme le veut la tradition.
2009 se referme donc pour I Left Without My Hat. Passez de bonnes fins (déjà!) de fêtes, profitez-bien, portez bien vos masques de grippés A, et rendez-vous en janvier 2010.



10. Jeffrey Lewis & The Junkyard – 'Em Are I [Rough Trade]
Accompagné de The Junkyard (le groupe de son frère Jack), Jeffrey Lewis sort enfin l’album cohérent que l’on attendait depuis 'The Last Time I Did Acid I Went Insane'. S’il ne perd pas de vue l’esprit anti-folk qui est depuis le départ le sien (il est quand même une des pierres angulaires du mouvement), Jeffrey Lewis pond là un '‘Em Are I' qui sent bon le rock bruitiste et les balades country-pop. Cet album, délicieux en tous points, est peut-être d'ailleurs son meilleur.
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09. Dominique A – La Musique [Cinq7]
Dominique A est là et plus que jamais là. Nouvel album et nouvelle réussite. Son ‘La Musique’, plus intimiste et sobre que ses derniers élans, est un vrai manifeste de pop. On retrouve un Dominique A sur le fil, enchainant mélodies travaillées et rythme effréné. Surtout il compose une chanson, refusée par Bashung, peut-être la plus belle de son répertoire, Immortels. Et, en cadeau, il offre un deuxième album, 'La Matière', presque aussi bon, en bonus disque. Ce mec est grandiose.
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08. Fuck Buttons – Tarot Sport [ATP]
Si Surf Solar est indéniablement un des grands hymnes de cette année 2009 (dont il faut écouter la version longue plutôt que la trop courte version single. Voir ), il ne faut pas croire que ce n’est que l’arbre qui cache une forêt. Au contraire, après un ‘Street Horrsing’ redoutable, les Fuck Buttons changent de registre, appellent Andrew Weatherall (un des types derrière Two Lone Swordsmen) à la production, invoquent les claviers hypnotiques et rendent une copie impeccable. Mélange de M83, Animal Collective et Black Dice, ce ‘Tarot Sport’ est un incroyable album festif et exigeant.
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07. Emmy The Great – First Love [Close Harbour]
Guest-vocal du premier album de Lightspeed Champion, Emmy The Great s’est émancipée et sort un premier album doux et beau, qui décrit avec talent un quotidien pas toujours rose. Entre folk, americana et country, la grande Emmy invoque les âmes de Nina Nastasia, Kimya Dawson ou Jenny Lewis. Sacrée parolière, Emmy The Great est une songwriter qui devrait rapidement compter.
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06. Animal Collective – Merriweather Post Pavilion [Domino]
Je vais presque finir par en avoir marre de toujours mettre Animal Collective dans mes tops de fin d’année. Sauf que je ne peux pas faire autrement. La faute à une inventivité sans fin, une certaine idée de la pop et de la musique assez unique. Plus mélodique, fait de beats électro et de toujours autant de psychédélisme, ‘Merriweather Post Pavilion’ propose une nouvelle évolution dans le son du groupe. Une de plus. Avec une grande réussite. Une de plus là aussi.
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05. The Lonely Island - Incredibad [Universal Republic]
L’album le plus crétin de l’année, peut-être même de la décennie. Les tauliers du Saturday Night Live Show, mené par ce taré de Andy Samberg composent un album hip-hop dopé aux lyrics aussi drôles que bien senties. Emmenant dans leur voyage Justin Timberlake (hilarant dans Dick in a Box), Natalie Portman (immense Natalie’s Rap), Julian Casablancas (voir ) T-Pain ou Norah Jones, The Lonely Island réussissent leur pari du comedy-album malin. Hilarant, musicalement béton et complété par quelques clips déjà mythiques, cet album est tout sauf ‘Incredibad’.
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04. Dear Reader – Replace Why With Funny [City Slang]
Dear Reader ou la douceur de l’année venue d’Afrique du Sud. Une vraie révélation qui m’a explosé à la figure un soir où ils ouvraient pour Get Well Soon à la Salle du Kao de Lyon. Ce ‘Replace Why With Funny’ est un magnifique album pop, extrêmement bien arrangé, qui rappelle par moments Fiona Apple. Toutes les chansons respirent ici finesse et délicatesse. Immense coup de cœur.
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03. Mumford & Sons - Sigh No More [Gentlemen of The Road]
Attention gros morceau. Voilà l’album qui peut résumer à lui seul tout un pan de la musique des années 2000. Pop-folk dans la lignée d'Arcade Fire ou de Noah and The Whale, on sent même du Beirut par ci et même du Springsteen là. Il y a tout sur ce ‘Sigh No More’ : des hymnes héroïques et euphoriques, des passages plus touchants. Du banjo, de la mandoline, énergique, efficace, poétique et tout simplement beau, cet album est une collection de perles dont il est très dur de se défaire. Avec Dear Reader, la très grande révélation de l’année.
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02. Vic Chesnutt - At The Cut [Constellation]
Depuis qu’il s’était mis en tête de travailler avec toute la confrérie canadienne du label Constellation, Vic Chesnutt semblait avoir retrouvé une seconde jeunesse. Si ‘North Star Deserter’ était déjà un album sublime, ‘At The Cut’ est d’un autre niveau encore. Plus que jamais post-rock-folk, Vic Chesnutt est ici à son sommet. Les Guy Picciotto, Thierry Amar et autres Efrim sont plus que jamais au service d’un maître à son apogée. Poignant et désespérément beau; 'At The Cut' est une nouvelle bénédiction. Et on pourrait dire la même chose de 'Skitter On Take Off', l'autre album du bonhomme enregistré avec Jonathan Richman.
Bref, un des plus beaux compositeurs qui soit, et qui a préféré tirer sa révérence un soir de noël 2009, nous laissant là, pantois, frissonnant et pleurnichant à chaudes larmes. Heureusement, il nous reste ses 'Is the Actor Happy?', 'Drunk' ou ce 'At The Cut' dont les chansons prennent un sens bien plus terrible qu'il y a encore 1 mois.
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01. Current 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain [Durtro Jnana]
Voilà un album terrifiant et incroyablement indispensable en cette année 2009. Current 93 compose ici la bande-son de la fin du monde, de la dévastation, de la destruction, du chaos, du néant. Dronesque, noisy, expérimental, acid-folk, avec guitares taillées en pointe et cordes brillantes mais lugubres, David Tibet et sa grande confrérie (de Rickie Lee Jones à James Blackshaw), pond là un chef d’œuvre dont on ne le pensait plus capable. Œuvre jubilatoire et exigeante, ‘Aleph at Hallucinatory Mountain’ est un bien bel album pour clore la décennie et ouvrir la suivante, sur des bases totalement nouvelles.
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Et comme à chaque fois, un lecteur Grooveshark reprenant un titre de chacun des albums présentés ci-dessus:

lundi 24 mars 2008

Track of The Day (18-24 mars 2008)

Une semaine toute en douceur, histoire de retrouver un peu de sérénité. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 24 mars 2008:

* L'Altra - Soft Connection [Aesthetics]
Une des petites pépites des années 2000 se nomme 'In The Afternoon' de L'Atra, groupe de Chicago. Un disque sorti en 2002, d'une douceur et d'une beauté à en faire frissonner plus d'un. J'aurais pu prendre n'importe quel des dix titres de cet album qui n'a toujours pas pris le semblant d'un début de ride en six ans. Merveilleux.
(disponible sur In The Afternoon, 2002)

Dimanche 23 mars 2008:
* Adam Green & Ben Kweller - Kokomo (Beach Boys cover) [Rough Trade]
Quand Adam Green s'acoquine avec Ben Kweller le temps d'un morceau, ça donne un hors du temps Kokomo, reprise du célèbre tube des Beach Boys. Savoureux.
(disponible sur Jessica Ep, 2003)


Samedi 22 mars 2008:
* REM - Nightswimming [WEA]
Dans la série 'classic rock', et alors que leur nouvel album va voir le jour (sera t-il aussi ennuyeux que leur dernières livraisons, toute la question est là) je voudrais un extrait de 'Automatic For The People' de REM, le pianesque et plein de cordes Nightswimming. Filez moi un mouchoir.
(disponible sur Automatic For The People, 1992)

Vendredi 21 mars 2008:
* The Cure - Friday I'm in Love [Fiction]
J'ai envie de pop. Genre un titre qui résumerait l'affaire en 3'30 et des brouettes. Friday I'm in Love des Cure s'impose. Et tant pis si l'album sur lequel ce titre est sorti ('Wish') est descendu depuis 15 ans par les puristes. Et en plus on est vendredi.
(disponible sur Wish, 1992)

Jeudi 20 mars 2008:
* Sandrine - Let The Love [Nettwerk]
Bizarrement, il est rarement question d'artistes féminines sur ce blog. Remédions donc à cela avec ce Love and Pain, très sixties, extrait du nouvel album Sandrine, 'Dark Fades Into The Light'. Un titre (et un disque) charmant, très loin d'être essentiel, que l'on se réservera pour les jours de matins calmes.
(disponible sur Dark Fades Into The Light, 2008)

Mercredi 19 mars 2008:
* Wolfman - For Lovers (feat. Pete Doherty) [Rough Trade]
Dans dix ans, quand on se souviendra de Pete Doherty, que restera t-il: ses déboires? le nombre de cure de désintoxication qu'il aura abandonné? Le nombre de lignes qu'il se sera envoyées dans les narines? Non. Car n'en déplaise aux esprits chafouins, ce mec là, derrière tous les excès qui le caractérisent aujourd'hui, est un putain de songwriter. Et s'il n'a pas totalement écrit ce For Lovers là, il est en grande partie responsable de sa qualité, juste un petit bonheur de pop song.
(disponible sur For Lovers Ep, 2003)

Mardi 18 mars 2008:
* CyrzLe Fer Forgé [Pias]
Les auteurs-compositeurs de talent, ça existe en France. La preuve avec Cyrz qui, dans un premier album certes inégal, trouvait quand même le moyen de pondre une merveilleuse de chanson à l'harmonica, Le Fer Forgé, porté par un texte sublime, tout en métaphore. Magistral.
(disponible sur Un Morceau de Mon Avenir, 2006)

mercredi 18 décembre 2024

Kelly Finnigan - A Lover Was Born [Colemine Records]

Il y a quelques semaines, alors que nous devisions entre deux dossiers sur nos derniers coups de cœur musicaux, lui dans tout ce qui est rap/hip-hop, moi tout ce qui touche plus au rock ou à la pop (quelle surprise), mon collègue Aymeric m'avait dit la chose suivante : « Tu devrais écouter Kelly Finnigan. Ce mec là est au-dessus de la mêlée dans tout le revival soul actuel où tout se ressemble et est d'un platitude sans nom ». Une analyse sévère, certes, mais au final assez juste. Surtout, un conseil des plus avisés.

Kelly Finnigan donc. Un américain d'une quarantaine d'années, originaire de San Francisco et qui en parallèle d'une carrière au sein de formations diverses (Destruments et Monophonics pour les plus connues) s'est lancé en 2019 dans une carrière solo qui ne fait pas les gros titres - ni les moyens d'ailleurs - mais dont la qualité n'est pas à remettre en cause.

'A Lover Was Born' est son troisième album, paru à l'automne dernier. Kelly Finnigan y chante divinement bien (il a ce grain et cette façon de chanter qu'avaient certains de ces glorieux devanciers dans les années 60/70), sait être aussi expansif que câlin ou tout en retenue (All That's Left, Count Me Out). Mais comme une belle voix ne suffit pas à faire de grandes chansons, notre homme s'est entouré d'une équipe de musiciens triés sur le volet pour mettre en musique ses compositions : Joe et Max Ramey de The Ironsides, Jimmy James, Sergio Rios, J-Zone et Joey Crispiano, des Dap Kings, le groupe de feue Sharon Jones.

Et le résultat est sans appel : chacune des onze compositions de l'album résonne de guitares et de basses savamment jouées, d'une rythmique soyeuse, de cuivres euphoriques et langoureux, de cordes légères et promptes à soumettre le premier des hésitants à d'autres plus tendus et aiguisées, de piano qu'on aurait piqué à un club de jazz et de chœurs propres à venir relever chacun de ses élans vocaux.

Plein de groove, de soul, de funk (superbe Chosen Few) et globalement de tout un son racé qui va chercher le meilleur de ce qui a fait la légende de ce genre musical, 'A Lover Was Born' est un album remarquable, qui voit Kelly Finnigan monter en gamme après ses deux premiers disques (dont un, vu que c'est la période, très recommandable album de Noël 'A Joyful Sound'), que ce soit au niveau de la production que des arrangements aussi classieux que amples. De Prove My Love en ouverture et son orchestration qu'on dirait venue de la fin des années 60 à Count Me Out, la superbe chanson de clôture, à la belle langueur et aux chœurs divins, en passant par le très cuivré His Love Ain't Real, Love (Your Pain Goes Deep) et ses cordes discrètes mais vraies pierre angulaire du morceau ou le sublime Cold World et son piano jazz qu'on dirait presque à contretemps, tout ici n'est que soul. Northern, Midwest, Pop, que sais-je encore et même tout ce que vous voulez. Mais pas de la commune, non. De la très grande Soul. (Sortie : 18 octobre 2024)

Plus :
'A Lover Was Born' de Kelly Finnigan est à l'écoute sur bandcamp
'A Lover Was Born' de Kelly Finnigan est à l'achat sur bandcamp
'A Lover Was Born' de Kelly Finnigan est à l'achat et l'écoute un peu de partout


Trois chansons de 'A Lover Was Born' de Kelly Finnigan en écoute aujourd'hui. Le choix a été dur mais partons en premier lieu sur Love (Your Pain Goes Deep), sans doute un des deux tubes de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Continuons avec le superbe Count Me Out, la chanson de clôture de 'A Lover Was Born'. Et finissons par Cold World, le morceau qui m'a renversé à la première écoute.