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lundi 4 septembre 2023

[Track of The Day] Beirut - So Many Plans

La dernière fois que j'ai parlé dans ces pages de Zach Condon, l'homme derrière Beirut, nous étions en 2007. Ce blog n'avait alors que quelques mois, les « Track of The Day » tenaient en quatre, cinq lignes et un seul papier récapitulatif les présentait toutes (le lundi matin). De son côté, Beirut venait de publier 'The Flying Cup Club', très convaincant second album après un premier opus plutôt encensé par la critique mais qui m'avait laissé sur ma faim.

Seize ans c'est aussi - jour pour jour ! - l'âge de ce modeste blog musical, lancé le soir du 4 septembre 2007 par une chronique de 'V-Live', album live sidérant de Vitalic enregistré un an plus tôt à Bruxelles dans la moiteur d'une Ancienne Belgique furieuse et enthousiaste et dans laquelle se trouvait votre serviteur. Le premier de près de 2000 billets (si l'envie d'écrire quelques bafouilles quotidiennes ne me quitte pas d'ici là, on devrait atteindre ce nombre l'an prochain), sans doute le double en chansons mises en ligne, et à ce jour pas loin de 200 abonnés cumulés aux playlists Deezer et Spotify (je ne m'explique toujours pas la si grande différence de « likes » entre les deux plateformes).

Alors, histoire de fêter ce nouvel anniversaire, écoutons donc So Many Plans, premier extrait de 'Hadsel',  nouvel album de Beirut à sortir le 10 novembre prochain. Parce que la chanson est belle et bien ordonnée. Parce que la mélancolie de ces cuivres, où l'on reconnait instantanément la patte de Zach Condon, fait toujours mouche. Et parce que cet album sortira chez Pompeii Records (le propre label de Beirut) et que c'est un nom absolument merveilleux.

Album : Hadsel
Année : 2023
Label : Pompeii Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, So Many Plans de Beirut est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 3 mars 2008

Track of The Day (26 février-03 mars 2008)

Quelques oubliés de 2007, un grand titre de 2006 et une merveille de tube de 2008. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 3 mars 2008:
* Dominique A - Le Courage des Oiseaux (Live) [Cinq7]
L'immense Dominique A a donné corps, en 2007, à un album live assez miraculeux, suite à la sortie de 'L'Horizon' l'année précédente. Un live très réussi qui restitue bien tout la classe de cette tournée magistrale, très rock. La version de son célèbre Le Courage des Oiseaux en est la meilleure preuve.
(disponible sur Sur Nos Forces Motrices, 2007)

Dimanche 2 mars 2008:
* Alaska In Winter - Close Your Eyes - We Are Blind (feat. Beirut & Choir) [Regular Beat]
Une des belles découvertes de fin d'année dernière. Bienvenue dans les froides contrées de l'Alaska. Beirut version grand nord, avec quelques touches d'electro. D'ailleurs, l'ami francophile est présent sur ce titre là, qui clôt leur premier album.
(disponible sur Dance Party in The Balkans, 2007)


Samedi 1er mars 2008:
* The Chemical Brothers - The Pills Won't Help You Know (feat. Midlake) [Virgin]
The Chemical Brothers ont tendance à bien m'ennuyer depuis la sortie de leur 'Come With Us' il y a quelques années de cela. Mais comme à chaque fois, il y a toujours un titre à ressortir sur leurs albums. Sur leur 'We Are The Night' de l'an passé, c'est leur tout dernier titre, celui où Midalke est invité. On a vu pire conclusion...
(disponible sur We Are The Night, 2007)

Vendredi 29 février 2008:
* Magnolia Electric Co. - The Old Horizon [Secretly Canadian]
Le toujours prolifique Jason Molina, en 2006, pondait ce The Old Horizon totalement habité, au piano d'où il ressort une grande tristesse. Pourtant, ce titre se trouve sur l'album 'Fading Trails', plus léger à l'écoute, plus happy que ses prédécesseurs. Sauf ce titre donc.
(disponible sur Fading Trails, 2006)

Jeudi 28 février 2008:
* Spoon - Don't Make Me a Target [Merge]
Album découvert assez tardivement pour ma part (le titre ne m'ayant pas bizarrement donné trop envie de m'y plonger), je rattrape le retard, me jette dedans régulièrement avec délice. Comment ne pas écouter un disque comme ça quand il commence par un titre comme Don't Make Me a Target? Impossible. Juste impossible.
(disponible sur Ga Ga Ga Ga Ga, 2007)

Mercredi 27 février 2008:
* Iron & Wine and Calexico - Burn That Broken Bed [Touch & Go]
En 2006, Iron & Wine et Calexico, le temps d'un mini-album, m'avait mis à genoux. On retient souvent de cette collaboration le splendide He Lays In The Reins. A juste titre. Mais comme ce disque est entièrement plein de merveilles, autant écouter un titre moins "connu" (tout est relatif) comme ce bijou qu'est Burn That Broken Bed où la trompette Calexic-ienne fait merveille tout du long.
(disponible sur In The Reins, 2006)

Mardi 26 février 2008:
* Morley - Call On Me [Polydor]
Je ne connais pas la demoiselle ou la dame qui se cache derrière le pseudo de Morley. Jamais entendu parler d'elle. Mais son Call On Me, entendu l'autre jour au détour d'un rayon de disque, m'a scotché. Je reviendrais sur l'album s'il y a lieu. Mais ce titre là est déjà un bonheur tout simple et sans fin.
(disponible sur Seen, 2008)

vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 30-11

Et voilà la suite, le classement du numéro 30 au numéro 11. Avec un titre par album en écoute, plus bas.



30. Thee, Stranded HorseChurning Strides [Talitres]
Sorte de réponse masculine (et française !) à Joanna Newsom, Thee, Stranded Horse est un disque fascinant. Parce que cet album là aurait pu être un truc chiant comme la pluie après un brushing. Et puis non. Basé autour de la kora, cet instrument africain qui sonne comme une rencontre entre une harpe et une mandoline, 'Churning Strides' est un peu le disque «je t’invite à un voyage. Et c’est moi qui paye» de l’année.


29. A Place to Bury Strangersst [Killer Pimp]
My Bloody Valentine rencontre New Order et dansent sur les cendres de Ian Curtis qui n’arretent de faire des aller-retours de son cercueil au devant de la scène. Noisy cold-wave shoegaze et tout le toutim. Voire même plus si affinités. On devrait réentendre parler de ces jeunes américains. Et rapidement.



28. BeirutThe Flying Cup Club [Ba Da Bing]
Après un premier album frais mais rapidement lassant, le névrosé Beirut franchit le cap du deuxième album avec élégance, talent et grâce, avec un 'Flying Cup Club' indéniablement beau. Toujours les mêmes ambiances d’Europe de l’Est et un opus qui gagne en cohérence et qui ne peut s’écouter que d’une traite au risque de passer à côté de pleins de choses.


27. Dinosaur JrBeyond [Domino]
Devant tous les échecs des reformations de groupes mythiques/à succès/légendaires, celle de Dinosaur Jr était un énorme risque : écorner l’image d’un des tous meilleurs groupes indé de la fin des années 80. Résultat ? Un bonheur. C’est carré, c’est propre et c’est réussi. La reformation qui fait plaisir, rock jusqu’au bout des ongles et intransigeant comme par le passé. Un exemple qu’on aurait aimé que les Stooges suivent.

26. Arcade FireNeon Bible [Merge]
Deuxième album plus qu’attendu après le formidable Funeral, Neon Bible’ m’a déçu aux premières écoutes. Les leaks de quelques chansons, deux mois avant la sortie, ça gâche un peu tout, quoiqu’on en dise. Et puis réenregistrer No Cars Go, je n’y voyais pas un intérêt énorme.
Il y a eu ensuite leur concert à Fourvière en juillet et il m’est rentré dans la peau. Et, ô surprise, ça ne m’a même pas fait mal. Et s’il est moins cohérent, il n’en reste pas moins très bon, avec quelques élans de pop grandiloquente mes amis, je vous dis que ça.

25. Chris Garneau - Music For Tourists [Absolutely Kosher]
Sorti au tout début de l’année, ce Music for Tourists est peut-être le premier disque que j’ai écouté en 2007. Et malgré les écoutes, malgré le temps, il aura tenu la route. Et bien. Un album tout au piano, au-dessus duquel vole l’ombre de Cat Power dont l’ami Chris Garneau pourrait être le pendant féminin. Ca ne respire pas la joie de vivre. On pourrait même dire que c’est complètement tristouille et déprimé. Mais c’est beau. Et histoire de finir en beauté, Garneau se pique au jeu de la cover et reprend plus qu'honorablement Between The Bars du grand et feu Elliott Smith.

24. LCD SoundsystemSound of Silver [DFA]
Les quelques écueils du premier album sont effacés. Et le second opus remporte la mise. Murphy et ses potos réussissent le tour de force de se renouveler sans changer de formule, toujours la même : du rock et dansant qui plus est, le tout sans concession. Et afin d’enfoncer le clou, 'Sound of Silver' a le don de compter en son sein le tube de cette année, 'All My Friends' (dont l’Ep du même nom est du même tonneau que l’album, pleins de remixes pertinents).

23. Iron & WineThe Shepherd's Dog [Sub Pop]
Sam Beam s’éloigne de son folk délicat et invite du monde sur son nouveau disque. Des instruments dans tous les sens, toujours ce même sens de la mélodie et un pop-folk inspiré avec des textes engagés bien comme il faut. Bref, l’homme se réinvente et sort un (nouveau) grand cru. Comme d’hab.



22. Justice - † [Ed Banger]
Depuis la sortie de leur remix tonitruant du Never Be Alone Again de Simian en 2003, on savait que Justice allait devenir énorme. La question était juste de savoir quand. 2007 aura donc été leur année. Et ‘†’ un album taille patron, d’une très grande cohérence, influencé à mort par Daft Punk (comme tous les artistes électro du moment, de Digitalism à Boys Noize) et qui savent pondre des tubes avec une régularité ahurissante. Album dancefloor (voire même plus) de l’année.

21. Apples in StereoNew Magnetic Wonder [Simian]
Inspiré par Pink Floyd (pour leur nom), potes de labels des Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel et autres Beulah, fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, les Apples in Stereo sont ma révélation power-pop de l’année. Des voix au vocoder, du rock, de la pop, le tout habilement aéré par quelques plages instrumentales, 'New Magnetic Wonder' est un bijou à vous donner le sourire, même un lundi matin, à 7h30 du matin, avec -7°C dehors.

20. Blonde Redhead – 23 [4AD]
Blonde Redhead poursuit son virage pop entamé avec Misery is a Butterfly et sort un disque détonnant. J’avais espéré un retour aux sources des débuts, quand on les comparait encore à Sonic Youth. Et puis finalement, ce style là leur va si bien. Quelle richesse mélodique ! Quel son ! Loin de faire une redite du précédent album, Blonde Redhead confirme qu’ils ont une classe folle. Et s’imposent définitivement (oui, vous me direz, ça fait un bail) comme un des groupes les plus passionnants de ces 15 dernières années. Pas moins.

19. Clap Your Hands Say Yeah! – Some Loud Thunder [Wichita]
Moi qui étais resté plus que circonspect à l’écoute de leur premier album, insupportable après 5 titres, je ne m’attendais pas à une telle claque. Car oui, ce nouvel album des Clap Your Hands Say Yeah! est un petit régal jubilatoire, blindé de mélodies et de jolis petites idées pour les enjoliver. Dans ce disque là, on retrouve un peu du 'Revolver' des Beatles, un peu de Pixies (le titre d’ouverture est un hommage flagrant), du Violent Femmes aussi. Et la voix, si désagréable sur le premier album, passe beaucoup mieux ici. Comme quoi, quand y a des chansons, c’est tout de suite plus intéressant…

18. Thurston MooreTrees Outside The Academy [Ecstatic Peace]
Deuxième album solo pour un des leaders du groupe rock le plus important des vingt dernières années, 'Trees Outside The Academy' est d’une grande sobriété, en commençant par la pochette où l’ami Thurston se prend pour Joey Ramone. Un disque qui sent, qui respire Sonic Youth, en plus pose et moins bruitiste, embellie par le joli violon de Samara Lubeski.

17. The Shape Of Broad MindsCraft Of The Lost Art [Lex]
Un disque de hip-hop à la personnalité toute entière. Quintette sur le papier, The Shape Of Broad Minds est en fait un duo : celui de jaWWAAD et Jneiro Jarel (et de ses trois autres noms de scène : Panama Black, Dr Who Dat et Rocque). Et deux bonshommes qui balancent des prods ciselés, entre jazz et hip-hop, assez psychédéliques et abstrackt et qui rappellent Madlib. Un album dans lequel il est dur de rentrer. Et autrement plus difficile d’en sortir.

16. Malcolm Middleton – A Brighter Beat [Full Time Hobby]
Deuxième album solo pour la moitié de (feu) Arab Strap. Un second opus qui tient la longueur cette fois, rock énervé faisant courbettes à quelques délicieuses chansons pop mélancoliques, le tout sous couvert d’écriture dépressive. Un disque charmant, pertinente solution pour lutter contre le toujours vivace trauma que la mort d’Arab Strap a engendré.


15. C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]
Deuxième opus d’un triptyque discographique de l’ami C-Rayz, ce 'Chorus Rhyme' est un bijou de hip-hop limite old-school, produit à la perfection, plein de punch-lines, de scractchs, de rimes percutantes. Et, cerise sur le pancake, C-Rayz et Parallel Thought pondent un titre dément, de quinze, avec plus de trente emcee qui se succèdent au micro. Grand. Mais alors grand hein.

14. Liars – st [Mute]
Quatrième album des New-Yorkais, peut-être leur plus accessible, plus brut et rock et moins torturé que par le passé. Un album enjoué, maîtrisé, nerveux, avec du tube (Plaster Casts of Everything bordel !) qui, s’il ne prend pas les risques des précédents, est encore une fois une confirmation de tout le talent de ces trois gugusses.



13. Low – Drums & Guns [Sub Pop]
Les années ont beau passer sur le trio américain, elles ne semblent pas avoir d’emprise sur eux. Les mesquins diront bien sur que leurs meilleures années sont derrière eux. Et cela voudra dire qu’ils n’auront pas écouté ce ‘Drums & Guns’ qui montre un groupe dans un état des plus intimiste, torturé, sombre et gentiment expérimental. Dave Fridmann aux manettes et un groupe peut-être pas à son apogée. Mais pas loin.


12. Pumice - Pebbles [Soft Abuse]
Malgré sa pochette de 'Benjamin Biolay en vacances à Cabours', Pumice joue dans la sphère tourmentée. Un disque délicieusement bruitiste, plein de pop déglingué et de larsen, avec du drone par-dessus tout ça (magique Spike/Spear). Un disque tourmenté, vraiment bon, parcouru de titres qui pourraient être des tubes et qui vous arrivent dans la gueule sans savoir comment.


11. Magik Markers – Boss [Ecstatic Peace]
Une voix (y a du Kim Gordon chez elle), du noise, une signature sur le label d’une des têtes de proue du rock indé: un disque coup de boule frontal. La bande à Moore est fan depuis un bail déjà. Et y a de quoi. Un disque surprenant, qui prend à revers son auditoire à chaque nouvelle chanson. Incroyable.




Comme précédemment, le lecteur deezer qui va bien:

mardi 25 septembre 2007

Top 6 "Eastern Europe"

Et de quatre. Une nouvelle rubrique. Oui, je sais, au rythme où ça va, bientôt, on sera à cent. Rassurez-vous, je compte m'arrêter à un moment. Mais bon, l'autre soir, je suis retombé sur ce bouquin dans ma bibliothèque:

Très honnêtement, mon livre de chevet. D'île déserte. D'une vie. Ma vie. En fait, Rob, c'est moi. Ses déboires amoureux, c'est moi. Sa vie un peu ratée, c'est moi. Ses choix, sa passion pour la musique, ses manies insupportables avec ses disques, c'est moi. Son besoin de toujours tout classer, c'est encore moi.

Ah, ces fameux top 5 des meilleures premières chansons d'album, des meilleurs titres d'Elvis Costello, tout ça m'a donné l'envie... de faire la même chose. Oui, je ne suis qu'un plagieur. J'ai un peu honte mais vu que je l'avoue honteusement devant vous, un peu moins quand même. Mais toujours un peu. Donc ça sera un top 6. Pour montrer qu'on a beau avoir oublié notre chapeau (faudrait quand même penser à aller le chercher), on n'en reste pas moins inventif (ou pas en fait).

Donc top 6 disions nous. Histoire de mettre en ligne quelques morceaux oubliés, connus ou non, mais qui ont tous un lien entre eux.

Et pour commencer, et alors que j'écoutais 'Sarajevo' de Max Richter dans ma voiture (oui, Max Richter en voiture, c'est très bien, ça calme les nerfs), je me suis dit qu'un top 6 « des morceaux qui ont pour titre une ville des pays l'est », ça pouvait avoir de la gueule. Et il en a d'ailleurs je trouve.

Six chansons donc. Un vrai tour d'Europe de l'est. On commence par un somptueux voyage à Prague grâce à un Damien Rice nerveux comme il faut ; on enchaîne par le classique arrêt à Varsovie avec Warsaw de Joy Division, puis en route pour Bratislava et c'est Beirut qui conduit. On file ensuite à Odessa pour retrouver Aesop Rock et Dose One en guides VIP, avant de faire 1000 bornes vers l'ouest et découvrir Belgrade selon Jean-Louis Murat. Et on finit sur une voix cristalline en plein coeur de Sarajevo, avec Max Richter à la baguette.

Bien sûr, on trouvera sûrement à redire, des "titres oubliés que t'aurais jamais dû oublier -Twist-, il va t'en cuire", des morceaux plus électro (si vous avez des idées, je suis preneur). Et justement, c'est le but. J'attends vos propositions, vos remarques, nos points d'accords, d'achoppements aussi. Et vos propositions pour les prochains top 6 (qui arrivera de temps à autre, de façon aléatoire). A vos souvenirs et vos jaquettes de cédés donc. 







Tracklisting:
Damien Rice - Prague (O - 2003)
Joy Division - Warsaw (An Ideal for Living Ep - 1978)
Beirut - Bratislava (Gulag Orkestar - 2006)
Aesop Rock feat. Dose One - Odessa (Appleseed - 1999
)
Jean-Louis Murat - Belgrade (Mus
tango - 1999)
Max Richter - Sarajevo (Memoryhouse - 2003)

















jeudi 11 septembre 2008

Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]

Vous avez déjà imaginé ce que pourrait donner une réunion, dans un même lieu (disons un studio d’enregistrement pour être original) d’Arcade Fire, Beirut, The National, Venus, Arab Strap et Radiohead, qui n’auraient alors qu’un seul but en tête : enregistrer un disque en commun et qui leur ressemble à tous ? Hormis le fait que cela pourrait tourner rapidement en une guerre de tranchées et d’égos assez délicate à gérer, cette assemblée aurait une chance d’accoucher de quelque chose qui ressemblerait à ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’, le premier album de Get Well Soon.

Get Well Soon. Le groupe d’un seul homme, Konstantin Gropper, multi instrumentiste de 25 ans, qui suit des études de philosophie (ce qui se ressent beaucoup dans les paroles de l’album) à Berlin. Qui après quatre Eps – passés inaperçus, en tout cas du côté d’I Left Without My Hat – et deux années à travailler dessus, sort enfin son premier disque, et chez City Slang s’il vous plaît!

Un premier opus aux mélodies qui font mouche. ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’ est une très grande réussite, une de celles qui figureront tout en haut de mon top de fin d’année. Un disque riche. Très riche. D’influences – essentiellement celles citées plus haut – parfaitement digérées et qui n’étouffent pas l’inspiration de son auteur ; d’arrangements délicats ; de cordes et de cuivres divins ; de quatorze titres et d’une heure (pile !) de musique, mais qui s’avèrent tout sauf un tue-le-disque, comme trop souvent avec les albums qui ne veulent jamais finir.

Au fur et à mesure que l’album s’égrène, on retrouve dans cet album taille patron la trompette de Beirut, la folie d’Arcade Fire, la voix de Thom Yorke, la pop belge de Venus, les mélodies de The National, les ambiances contemplatives de certaines musiques de film et un peu de musique classique. Un melting-pot déroutant mais assumé, qui navigue entre pop, rock, musiques d’Europe de l’Est et post-rock. Toujours avec ce souci mélodique et de l’arrangement parfait. A tomber on vous dit. (sortie : 18 janvier 2008)

Son :
Site officiel
Myspace (six titres de ‘Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon’ dont la reprise d’Underworld, Born Slippy)

Deux titres en écoute : Christmas In Adventure Parks et son banjo entêtant, et We Are Safe Inside While They Burn Down Our House, un titre que Radiohead auraient pu écrire s’ils ne s’étaient pas endormis sur leurs lauriers (malheureusement, plus en écoute).


Et pour finir le clip de If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting, datant de 2007 (peut-être le morceau au plus grand potentiel de single, titre qui prouve surtout que je ne suis pas le seul à avoir des problèmes de chapeau), ainsi que celui de Witches! Witches! Rest Now In The Fire:

Get Well SoonIf This Hat Is Missing I Have Gone Hunting




Get Well Soon Witches! Witches! Rest Now In The Fire



jeudi 28 décembre 2023

Bilan 2023 : « Albums » (40-21)


Après tous les disques "hors album" (7", 12", Ep, Réédition et Compilation), place à la deuxième partie de ce bilan annuel. Un second billet consacré à vingt premiers albums qui auront rythmé mon année et qui auront durablement habité mes oreilles.

Mais avant cela, allons voir les choix et autres coups de coeur des voisins :
- Le bilan 2023 de Marc d'Esprits Critiques 
- Le classement de la rédaction de Section 26
- Le toujours essentiel top 100 de l’année de The Quietus
- Les meilleurs albums de 2023 selon Daily Bandcamp
- La playlist 2023 d’Addict Culture
 
Vingt albums disais-je. Ceux classés de la 21è à la 40è place. Avec des confirmations, des habitués (que voulez-vous, on ne se refait pas), des français à l'électro-math-rock chevillée au corps, des revenants, un disque oublié dans des cartons depuis vingt ans, quelques premiers albums prometteurs, de la pop, du hip-hop, du folk et même de la musique brésilienne.

Les vingt disques sont à découvrir ci-dessous. Et, comme à chaque fois, histoire que vous puissiez mettre des chansons sur ces quelques mots, au bas de ce billet se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun de ces vingt albums. Bonne lecture et bonne écoute !
 



40. En Attendant Ana – Principia [Trouble in Mind Records]

Porté par un single fantastique (Wonder, genre de banger absolu qu'on rêve de vivre en live), 'Principia' est peut-être (sans doute ?) le meilleur album d'En Attendant Ana à ce jour. Plus sûr que jamais de ses compositions aux mélodies très attachantes, le plus américain des groupes français actuels fait fort et continue de s'imposer outre-Atlantique (il est dans les dix meilleurs albums de 2023 de Time Magazine), attendant de recevoir la reconnaissance qu'il mérite dans nos contrées.
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39. Sam Burton – Dear Departed [Partisan Records]

Saveurs sixties/seventies, orchestrations soyeuses et léchées, basses ronde à faire décoller du sol, ambiances cotonneuses qui cajolent et rassurent (et qui rappellent par moments Rodriguez) et production ouatée : 'Dear Departed' est un disque charmant aux cordes enveloppantes et dans lequel on aimera s'abandonner.
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38. Melenas – Ahora [Trouble In Mind Records]
Changement de direction pour les quatre filles de Melenas qui s'éloignent de l'indie-rock/garage-rock de leurs débuts pour mieux embrasser une synth-pop qu'elles semblent maitriser comme personne. 'Ahora' est un disque catchy à souhait et assez bien composé pour ne pas être écrasé par Bang, ce qui n'est pas rien tant ce single répétitif et hypnotique est incroyable.
37. Gaz Coombes – Turn The Car Around [Hot Fruit Recordings]

Porté par le somptueux Don't Say It's Over, ce quatrième album solo de Gaz  Coombes est sans contestation possible le meilleur de l'ancien Supergrass. Un disque qui transpire la pop par tous les pores et contient son lot de mélodies à fredonner plus que de raison.
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36. Animal Collective – Isn't It Now? [Domino Records]

Oui, Animal Collective est un habitué de mes tops de fin d’année. Mais que voulez-vous, ces (plus si) jeunes gens m’impressionnent à chaque fois. Et c’est encore le cas avec 'Isn't It Now?'. S’il ne révolutionnera pas de prime abord leur discographie, cet album est en réalité une drogue à l’accoutumance. Un disque brillant, extrêmement bien produit, à la première partie classic Animal Collective mais qui dès Defeat renvoie beaucoup de monde à ses chères études en faisant des pas de côtés, en explorant d'autres territoires et en ravivant plus que jamais la flamme du groupe.
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35. Parquet – Sparkles & Mud [Carton Records]

Toute dernière découverte de l’année, voilà les français de Parquet et leur premier album qui sonne comme une beigne qu’on prendrait en pleine tronche sans avoir rien demandé. Savant mélange de rock/math-rock et électro, 'Sparkles & Mud' est d’une puissance et d’une irrésistibilité folle. Et ce, tout du long de ses 1h07, ce qui n’est pas rien.
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34. Beirut – Hadsel [Pompeii Records]
Dans un anonymat certain, Zach Condon est revenu cette année, après quelques albums bien peu inspirés et loin du talent qu’on l’avait vu étaler à ses débuts. 'Hadsel', c’est du Beirut pur jus, comme on se le rappelle et comme on se l’imagine, avec de belles mélodies, de la mélancolie qui imprègne chaque chanson, le tout avec sa voix si reconnaissable et si touchante à la fois.
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33. Califone – Villagers [Jealous Butcher Records]

Disque qui se cherche autant qu'il essaie de nous perdre, 'Villagers' est un nouveau bel album de la part des chicagoans de Califone, aux compositions qui ne font jamais dans la facilité mais toujours dans le beau, et sur lesquelles plane la voix de Tim Rutili, reconnaissable entre mille.
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32. Treeboy & Arc – Natural Habitat [Clue Records]
A chaque année son groupe de post-punk anglais prometteur. Faites donc place à Treeboy & Arc, quintet de Leeds qui aura mis quatre ans pour peaufiner ce premier album, post-punk dans l'âme donc et qui laisse entrevoir quelques sacrées promesses, avec des compositions sûres et de qualités et dont la gestion des deux guitares est un petit régal.
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31. Lucas Santtana
O Paraíso [No Format]
Entre musique brésilienne, pop, électro pas envahissante, jazz et belles orchestrations, 'O Paraíso' de Lucas Santtana m'aura accompagné toute l'année. Un album plein de doigté et de légèreté, qui se sera avéré un peu plus délicieux à chaque nouvelle écoute.
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30. boygenius – The Record [Interscope Records]
Le bien nommé 'The Record' est le premier album de boygenius, attendu depuis cinq ans et un premier Ep prometteur. Un disque dont l'évidence ne saute pas aux oreilles à la première écoute, mais qui se révèle être rapidement fait du bois des grands albums. L'alchimie entre Julien Baker, Phoebe Bridgers et Lucy Dacus est évidente, chacune se partageant les compositions (dans leurs styles reconnaissables), le chant (les deux autres en soutien) et les mélodies. Un album qui ne déçoit pas et qui aligne les très beaux moments. Quelles reines.
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29. Danger Mouse & Jemini – Born Again [Lex Records]

Enregistré dans la foulée de 'Ghetto Pop Life' en 2003, 'Born Again' avait été remisé au placard, la faute à 'The Grey Album' de Danger Mouse et de toutes les poursuites qui s'en étaient suivies. Vingt ans plus tard, le disque a enfin vu le jour. Un disque dans la droite lignée de son prédécesseur, qui voit Danger Mouse ciseler quelques productions pas piquées des verts (Brooklyn Bazquiat, World Music) sur lesquelles Jemini vient poser ses mots et son flow, tantôt calme, tantôt frénétique, mais toujours juste.
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28. Pascal Comelade / Lionel Limiñana / Marie Limiñana – Boom Boom [Berreto Music / Because Music]

Disque quasi exclusivement instrumental, 'Boom Boom' sonne une nouvelle fois comme une récréation pour Pascal Comelade, Lionel et Marie Limiñana (qui apparaissent ici sous leur vrai nom et non sous celui de The Limiñanas) mais que les trois comparses ne prennent pour autant pas par dessus la jambe. Guitares électriques et fuzz, cordes, palanquée de claviers (piano, orgue électrique, melodica, cymbalum) sont au programme de ce disque tout à fait séduisant dès les premières écoutes, et carrément éblouissant sur quelques passages, notamment dès que Comelade est au centre du jeu.
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27. Sweeping Promises – Good Living Is Coming For You [Feel It Records / Sub Pop]

Le duo formé de Lira Mondal et Caufield Schnug continue donc son petit bonhomme de chemin aux virages faits de post-punk, d'art-rock, de production cabossée et de "single mic technique" comme marque de fabrique sur ce nouvel album, encore plus radical que le précédent. Mais pas de méprise : les Sweeping Promises ne cachent pas un manque de talent derrière de la reverb et une production brute. Ce sont avant tout de sacrés compositeurs. Sauf que sonner propre, les Sweeping Promises s'en foutent. Ils restent intransigeants. Qu'ils en soient remerciés.
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26. Hayden – Are We Good [Arts & Crafts]

Malgré des décennies de carrière derrière lui, Hayden est toujours là, sa guitare sous le bras, ses chansons en bandoulières. Pour son neuvième album (le premier en huit ans) il a écrit certaines de ses plus belles chansons (Are We Good, Miss Fort Erie, Window Washer Blues) et même un vrai grand tube (On A Beach, en duo avec Feist), apogée parfaite d'un disque délicieux.
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25. Tele Novella – Poet's Tooth [Kill Rock Stars]

Avec toujours à l'esprit cette ambiance d’hier et d’aujourd’hui, le duo Tele Novella aura donné naissance en 2023 au petit frère du merveilleux 'Merlynn Belle' de 2021. Un disque qui en suit les mêmes tracés et les mêmes contours, avec des mélodies pop soignées qui prennent souvent à bras le corps une country-folk que Natalie Ribbons n’hésite pas à cajoler de sa si belle voix.
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24. The Sprouts – Eat Your Greens [Tenth Court]

Quatuor de Melbourne, The Sprouts aura sorti en 2023 son premier album, 'Eat Your Greens', disque qui a les atours d'un Ep (dix chansons, 28 minutes) et qui fait dans l'indie-pop un rien jangle, pleine de mélodies à fredonner, le tout dans une ambiance lo-fi délicieuse. Ces Australiens quand même...
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23. Joanna Sternberg – I've Got Me [Fat Possum Records]

Naviguant dans les eaux de l’anti-folk comme de celle d’une indie-folk joliment arrangée où le piano prend une place bienvenue, ce deuxième album de la folkeuse new-yorkaise Joanna Sternberg est un des bonbons de l’année 2023. Un disque très bien écrit, pas dénué d’humour où fleurent bon la mélancolie et les coeurs brisés.
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22. Flyying Colours – You Never Know [Poison City Records / Club AC30]

Sur ce disque extrêmement bien construit, produit avec soin, mené par des motifs de guitares répétitifs et des gimmicks irrésistibles, sans doute pour la première fois, les Flyying Colours trouvent l'équilibre parfait entre leurs amours shoegaze (qui imprègnent leurs chansons depuis leurs débuts) et une pop engageante et mélodique. Délicieux album.
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21. The Tubs – Dead Meat [Trouble In Mind Records]

Pour peu que vous aimiez les chansons pleines de guitares qui débaroulent et s'enroulent les unes autour des autres, la jangle qui s'acoquine avec de la power-pop, l'indie-pop à guitares des années 80, un rythme échevelé, alors ce premier album de The Tubs est fait pour vous.
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Comme promis, ci-dessous deux lecteurs (Spotify ou Deezer, choisissez votre camp) présentant une chanson de chacun des vingt disques ci-contre. Dans l'ordre croissant. Bonne écoute !