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mercredi 1 janvier 2025

Bilan 2024 : Top 50 « Chansons »


2024 est donc terminé. Sans doute pas la meilleure des années mais vraiment pas la pire quand on pense à certaines de ses devancières. En tout cas, musicalement parlant, il y a une nouvelle fois eu de quoi faire. J'en veux pour preuve le bilan des formats courts, les quarante albums qui ont habillé mon année (partie 1 et partie 2). Et niveau chansons, 2024 n'est pas en reste, tant il y en a eu beaucoup qui m'ont marqué, pour plein de raisons et dans tous les styles. Car oui, c'est leur du traditionnel top 50 de mes chansons de l'année, à découvrir le 1er janvier, avec une petite balle qui passe doucement mais sûrement de gauche à droite dans votre crâne (en tout cas, je vous le souhaite).

Mais avant tout, et comme le veut la tradition, un petit tour dans le voisinage pour voir ce qui a fait l'année de sites amis, ou non :
- Les 100 chansons de l’année de Small Albums
- Les 100 chansons 2024 de Stars Are Underground
- Les 100 chansons de l’année de l’indispensable (et à soutenir) The Quietus
- La playlist 2024 d’Addict Culture
- Les 100 meilleures chansons de 2024 de Sean de Said The Gramophone
- Les deux mixes traditionnels de fin d’année de Starsky : ruelles ici, avenues
- Le mix 2024 de Matthieu Gandin de Random Songs
- Les 30 albums "Pop, Rock, Folk" de l'indispensable Hop Blog

Cinquante chansons. Et deux en bonus. Il faut dire que Céline Dion qui reprend L'Hymne à L'Amour en haut de la Tour Eiffel et le Parade de Victor Le Masne ne sont pas des morceaux qui m'auront laissé insensibles, l'un m'ayant totalement bouleversé un soir pluvieux de fin juillet en était l'apothéose d'une cérémonie d'ouverture incomparable, l'autre ayant habité mon imaginaire pendant les quinze jours suivants. Comme elles ont définitivement marqué mon année à leur manière, difficile de ne pas les inclure.
Quand au reste, ce fut une sélection bien difficile tant il y avait beaucoup de candidats à cette liste dans une année prolifique en très beaux morceaux. Et il y en a beaucoup qui sont restés sur le carreau. Ici, vous trouverez tout ce qui m'a fait vibrer : de l'électro à danser et à chanter à tue-tête, des chansons langoureuses et pleines de riffs, du rock nerveux mais souvent ciselé, de la balade à tomber, quelques vieux de la vieille, de l'arrangement chiadé, de la belle ouvrage et un duo de tête très difficile à départager, qui se tient dans un mouchoir de poche. Évidemment, lire le nom de cinquante chansons aurait peu d'intérêt, donc au bas du billet se trouvent trois lecteurs Spotify, Deezer et YouTube pour écouter chacune d'entre elles. Bonne(s) écoute(s) et bonne année !


Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



50 +2. Victor Le Masne - Parade
50 + 1. Céline Dion - Hymne à l'Amour (Edith Piaf cover - Live aux Jeux Olympiques de Paris 2024)

50. Cola - Pulling Quotes
49. Savage Mansion - Total Colombia
48. Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa)
47. The Libertines - Night Of The Hunter
46. OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse

45. Antenna - Antenna State
44. Monobloc - Where Is My Garden
43. The Decemberists - Oh No!
42. Ella Thompson - Let There Be Nothing
41. Oneida - Reason to Hide

40. Edna Million - Barking Dogs (feat. Ernst Molden)
39. Lily Seabird - Waste
38. Nap Eyes - Feline Wave Race
37. Bashy - How Black Men Lose Their Smile
36. Beak> - Hungry Are We

35. Phosphorescent - Impossible House
34. Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn)
33. Adrianne Lenker - Ruined
32. Mercury Rev - There's Always Been A Bird In Me
31. Middle Kids - Highlands

30. Laura Marling - Patterns
29. Sam Lee - Bushes and Briars
28. Metz - Entwined (Street Light Buzz)
27. The Lemon Twigs - My Golden Years
26. Green Day - Bobby Sox

25. Snowy Band - Weeks & Months
24. Moreish Idols - Pale Blue Dot
23. Flower Face - Biblical Love
22. The Vaccines - Another Nightmare
21. The Miserable Rich - Crows

20. Jess Ribeiro - The Trees and Me
19. Chappell Roan - Good Luck, Babe!
18. MGMT - Loss of Life
17. Bill Ryder-Jones - This Can't Go On
16. Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)

15. King Hannah - Somewhere Near El Paso
14. Omega Violet - Island N°2
13. Mannequin Pussy - I Got Heaven
12. Jamie xx - All You Children (feat. The Avalanches)
11. Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Meilleur (feat. Jeanne Added)

10. Mammoth Penguins - Here
09. Geordie Greep - Holy, Holy
08. Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging’s Not My Business
07. The Rhythm Method - I Love My Television
06. Corridor - Mourir Demain

05. Junior Varsity - Cross The Street
04. EggS - At The End Of The Road
03. MJ Lenderman - She's Leaving You
02. Lady Blackbird - Like a Woman
01. Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All



Bilan 2024 :
Top « Albums » (20-01)
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »



Et comme promis, ci dessous, trois players (Spotify, Deezer et YouTube) avec chacune des cinquante chansons listées ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !

lundi 29 juillet 2024

[Track of The Day] Bashy - How Black Men Lose Their Smile

Vendredi soir, moi qui étais prêt à dézinguer comme jamais ces Jeux Olympiques de Paris 2024 en commençant par cette cérémonie d'ouverture que je présageais, comme toutes ses devancières (ou quasi), chiante et longue comme la pluie, à ma plus grande surprise, je suis tombé des nues. Et j'ai été subjugué par ce moment de plus de 3h30, grandiose, prodigieux, extraordinaire, plein d'allant, de modernité, d'inventivité, de beauté et de classe. Une cérémonie d'ouverture absolument incroyable dont il est difficile de savoir quel moment a été  le plus marquant : Aya Nakamura et la Garde Républicaine ? Le tableau « Synchronicité » avec ces danseurs entourés d'or ? Gojira qui fait exploser la Conciergerie ? Les dix femmes en or ? La Marseillaise d'Axelle Saint-Cirel ? Le catwalk transformé en Dj Set de l'Olympe ? L'arrivée du bateau français sur un duo Que Je T'Aime / Lettre à France ? Le cheval qui galope sur la Seine ? La Tour Eiffel qui scintille au son de Supernature de Cerrone ? Les derniers relais ? La vasque d'une beauté folle qui s'élève dans le ciel de Paris après avoir été allumée par deux légendes ? L'apothéose de L'Hymne à l'Amour chantée par Céline Dion à vous donner des frissons comme jamais ? Faites votre choix, moi j'en suis bien incapable tant j'ai succombé à cette cérémonie à nulle autre pareille et qui n'est pas prêt de sortir de ma mémoire.

Pas encore totalement remis pour être tout à fait honnête, c'est, dans un autre genre, un morceau tout aussi fort qui ouvre cette semaine dans ces pages. Il s'appelle How Black Men Lose Their Smile et est l’œuvre de Bashy, rappeur anglais qui après dix ans à faire l'acteur vient de revenir à ses premières amours ce début juillet en publiant son troisième album - le premier depuis 2011. Une chanson puissante (son titre en dit déjà beaucoup) en forme de manifeste qui, sur une prod dub aux trompettes comme ivres, raconte comment nos sociétés occidentales ont réussi à casser les espoirs de la population noire, comment par leur racisme elles ont tout fait pour réduire son histoire à la portion congrue, comment elles ont tout fait pour l'invisibiliser et ne lui donner que peu d'échappatoire et comment elles ont réussi (« That’s how Black men lose their life, the world has made me hate myself, I’m scared of men that look like me, self hatred rooted so deep, him or I, I must protect myself, I’m going grave or I’m going jail, that’s How Black Men Lose Their Smile »). Le flow de Bashy, qui rappelle sur quelques intonations celui de Roots Manuva, est racé, précis, percutant et rend parfaitement justice à ses paroles ciselées et sans faux semblant. Immense chanson et sommet d'un album qui n'en manque pourtant pas.

Album : Being Poor is Expensive
Année : 2024
Label : Bish Bash Bosh Music

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, How Black Men Lose Their Smile de Bashy est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de grande qualité de 'Being Poor is Expensive' de Bashy, voilà Lost in Dreams, avec le featuring de Roses Gabord :

jeudi 18 octobre 2007

Pierre Lapointe - La Forêt des Mal-Aimés [Audiogram]

Alors que je suis toujours en pleine replongée dans les disques sortis l'année dernière, parlons un peu musique francophone avec ce deuxième album du québécois Pierre Lapointe, 'La Forêt Des Mal-Aimés'.

Ah, je vous vois venir: « Oula, québécois, mon dieu, au secours, Céline Dion, Natasha St-Pier, Hélène Ségara (oui, non bon, elle, elle est française. Mais elle pourrait être québécoise vu ses facilités en beuglement), Garou, j'en rajoute deux qui nous font 100 et je vous rends trente ». L'inconscient collectif français est en effet implacable : un canadien qui parle notre langue est québécois. Et un québécois qui chante dans la langue de Molière, ça rappelle invariablement les produits du dessus.

Et pourtant, en une écoute (même distraite) de cette Forêt des mal-aimés, on se rend vite compte qu'on a tout faux. Et que les préjugés c'est bien. Mais qu'il faut savoir les laisser tomber. Car cet album de Pierre Lapointe est loin, très loin, de la variétoche qui submerge depuis dix ans toutes les ondes radios de l'hexagone (ah, heureux peuple allemand).

Là, on parle de songwriting. De concept album. De belles chansons. De chouettes arrangements. De production impeccable (et intelligente !). De textes délicieux. D'une voix qui ne s'efforce pas à hurler tous les trois pieds.
Ce Pierre Lapointe (dont le genre musical n'a rien à voir avec son homonyme français des années 50) a un talent dingue. Et aligne en une heure environ des compositions tantôt tubesques (Deux Par Deux Rassemblés et ses violons sautillants, L'endomètre Rebelle voir plus bas), tantôt pop (Qu'en Est-Il De La Chance?), tantôt introspectif (25-1-14-14, bijou de tendresse, tout au piano).

Les cordes, les textes, la voix (avec ce léger accent qu'on sent poindre tout au long du disque) et surtout ce piano, fer de lance du disque, tout cela tient sacrément la route. Et 'La Forêt Des Mal-Aimés' s'avère rester, même un an après, comme le meilleur album francophone de 2006. Une galette qui redonne foi en la patrie du caribou. (Sortie : 11 septembre 2006)


Son:
Myspace (non officiel mais avec quatre titres en écoute, dont deux de cet album là)
Site Officiel (album en écoute en streaming mais dans une qualité très moyenne).

Et sinon, deux titres parmi mes favoris, dont Le Lion Imberbe, littéralement à tomber (
malheureusement plus en ligne).

Le clip de
Deux Par Deux Rassemblés, absolument kitsch (malheureusement plus en ligne).