lundi 31 décembre 2018

Bilan 2018 : Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »


Comme le veut la coutume, il était temps de s'atteler à cet exercice aussi vain que passionnant qu'est le bilan de l'année musicale écoulée. Car on est quand même le 31 décembre et que 2019 est à portée de main. Et comme chaque - presque - année, commençons comme d'habitude par un bilan des disques courts, des singles, des compilations et autres rééditions. 

Mais avant de dérouler tout ceci, allons donc voir ce qu'ont aimé les sites amis (ou non) :

Revenons donc à nos moutons. Quinze disques ici, comme j'en ai pris l'habitude depuis quelques années. Avec un peu de tout : un super groupe de filles aux talents incroyables, un chanteur échappé de ses cœurs purs, un barbu folkeux qui arrive à la toute fin de l'année avec une de ses plus belles chansons, le futur du rock, une compilation au casting XXL et trois géants de la musique coffrés. Enfin notamment. Bref, tout ce qui aura marqué mon année.

Et comme le veut la tradition, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés. 
Bonne(s) écoute(s) !


Extended Play (EP)

boygenius - boygenius Ep
Le super groupe de l’année (et peut-être des années à venir), c’est elles : Julien Baker, Lucy Dacus et Phoebe Bridgers. Trois personnalités, déjà très intéressantes quand elles officiaient chacune de leur cotés (avec une préférence pour Phoebe Bridgers), et qui le sont encore plus quand elles sont trois. L'effort était très attendu, et il ne déçoit pas tant les qualités de chacune rejaillissent dans les six chansons de cet Ep. Espérons que ce super groupe ne s'arrête pas là.
Label : Matador
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Cold Cave - You & Me & Infinity Ep
Première sortie (hors single) de Cold Cave depuis 2015, cet Ep est autant une surprise qu’une confirmation que Wesley Eisold a quelque-chose de particulier. Quatre titres, quatre sacrées chansons, dark au possible avec en point d’orgue un Glory parfait, aux nappes de synthés imparables.
Label : Heartworm
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Fort Jams - Far Out Ep
Depuis sa découverte, le label Plastic Jurassic (et ses quelques sorties) ne me déçoit jamais. Ce premier Ep de Fort Jams, artiste venu de Portland, plein de pop mélancolique et estivale, est en tout cas enthousiasmant. Tout est ici délicat, mélodiquement travaillé. Nul doute que ses prochaines livraisons seront attentivement suivies (en tout cas dans ces pages).
Label : Plastic Jurassic
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Jetstream Pony - Self-Destruct Reality Ep
Depuis ma découverte l’an passé de The Luxembourg Signal, c’est un des groupes parallèles de Beth Arzy qui attire tout mon intérêt : Jetstream Pony. Après un 45-tours remarqué, les anglais ont sorti en 2018 leur premier Ep, moins noise-pop que précédemment mais où leur indie pop (ou rock parfois) a des guitares épatantes et une rythmique d’une grande efficacité. Un groupe plus que jamais à suivre.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten
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The Natvral - Know Me More Ep
Derrière le nom de The Natvral se cache Kip Berman, l’homme derrière un des groupes préférés de ces pages (malgré son dernier album en plus que demi-teinte), The Pains of Being Pure at Heart. Ici, pas d’envolées particulières, on fait dans l’intime, dans le feutré parfois, entre folk et rock. Kip Berman est là, avec sa guitare, déroule ses chansons, avec une facilité indéniable et déconcertante. Et il en profite pour reprendre Suzanne de Leonard Cohen. Beau, simple, tout bêtement.
Label : Kanine Records
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The Yearning - Take Me All Over The World Ep
Premier gros coup de cœur de 2018, cet Ep de The Yearning fait dans la pop de chambre légère, joliment mise en musique (piano, trompette, xylophone, haut-bois, …), avec beaucoup de swing, de la bosa, des ambiances jazzy et de comédies musicales. Délicat et mélancolique jusqu’au bout des doigts, il est sans conteste mon Ep de l'année. Avec quelques chansons de plus, il aurait même fait un somptueux album de l'année.
Label : Elefant Records
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7" / 45-tours

Lou Barlow - Love Intervene / Don’t Like Changes 7"
Sorti à l’occasion du Record Store Day, épuisé depuis, ce 45-tours aura permis à l’homme de Dinosaur Jr., Sebadoh ou The Folk Implosion (choisis ton camp camarade) de planter là un des bijoux pop de l’année, où la toujours très belle voix de Lou Barlow fait merveille. Une chanson totalement imparable qu'on retrouvera sans nul doute dans quelques jours, dans un autre classement.
Label : Joyful Noise Recordings


Bonnie 'Prince' Billy & Naked Shortsellers - The Best of Folks / Harbour Men 7"
J’ai lâché depuis longtemps la carrière de Bonnie 'Prince' Billy, mais en écoutant son tout dernier 45-tours sorti le 21 décembre dernier, je me demande pourquoi. « Split 7" » comme on dit, ce disque est la concrétisation d’une amitié de 20 ans entre Will Oldham et Leo Meijer, néerlandais fan de l’anglais qui, à la fin des années 90 et dans un internet balbutiant, avait créé un site consacré à l’homme derrière Palace Brothers et autres pseudonymes. Un site devenu au fil des temps une vraie référence (Will Oldham lui même le qualifiera de « official unofficial website ») et créera une vraie amitié entre les deux personnages, qui nous amène à ce 45-tours. Bonnie 'Prince' Billie occupe la face-A d’une chanson sublime, belle et froid, tandis que Leo Meijer, accompagné de quelques acolytes (et du même Bonnie sur le 4è couplet) chante la non moins réussie Harbour Men. La surprise de toute fin d’année. Quand on vous dit qu’il faut toujours attendre pour faire ses tops de fin d’année.
Label : Tiny Room Records


Fontaines D.C. - Chequeless Reckless / Boys in the Better Land 7"
Si 2018 aura été l’année de la confirmation d’IDLES (on y reviendra dans quelques jours), 2019 pourrait/devrait être celle des Fontaines D.C., les petits frères irlandais du combo de Bristol. Auteurs de singles épatants sortis sur pas moins de quatre 45-tours singles cette année et parmi lesquels il a été difficile de trancher, leur punk/post-punk (ce qui est une facilité d’écriture car ils sont sans doute plus que cela) est d’une efficacité sans borne. En 2005 on aurait parlé de « next big thing ». Et on aurait eu raison.
Label : Trigger Party


Rat Columns - Sometimes We're Friends 7"
Premier 45-tours sorti par Slumberland pour fêter ses 30 ans d’existence en décembre 2019, ce disque de Rat Columns est une sacrée découverte. Mélodies aussi entêtantes que cold, avec une guitare qui ne cesse de prendre une place toujours plus grande quand elle n’est pas triste à pleurer ou suppléée par un violon plaintif, c’est même un grand cru.
Label : Slumberland Records


Sufjan Stevens - Lonely Man of Winter 7"
Que serait une année musicale sans une nouveauté de Sufjan Stevens ? Voilà donc Lonely Man of Winter, chanson composée à l’époque de la sortie du premier coffret de Noël  en 2006 (qui a connu, pour info, une édition vinyle cette année) et destinée uniquement au gagnant du concours « Xmas Song Xchange Contest » en 2007. Onze plus tard, le gagnant (Alec Duffy) publie la chanson (réenregistrée pour l’occasion) sur le label de Sufjan Asthmatic Kitty Records. Et vous savez quoi ? C’est évidemment magnifique.
Label : Asthmatic Kitty Records


COMPILATIONS


Sophie Calle - Souris Calle
Un jour, en 2014, la (entre autre) plasticiennne Sophie Calle a perdu son chat Souris. De la douleur de la perte de cet compagnon de route de 16 ans, est née une compilation. Trente-sept chansons, qui parlent toutes de Souris. Et qui sont signées par un casting XXL, ou plutôt XXXXXL, jugez plutôt : Alex Beaupain, Jarvis Cocker, Christophe, The National, Benjamin Biolay, Pharrell Williams, Florent Marchet, Michael Stipe, j’en passe et pas des moindres. Une compilation assez incroyable quand on y pense.
Label : Perrotin


REEDITIONS


The Beatles - The White Album - 50th Anniversary Edition
Forcément, pour ses 50 ans, nous nous devions d’avoir droit à une réédition du mythique « double-blanc » des Beatles. Sans grand intérêt en ce qui concerne le nouveau mix de l’album original (le coffret Mono fait très bien l'affaire et respecte sans doute bien plus l’œuvre originale), cette édition vaut pour les 3 disques de sessions et surtout pour les Esher Demos, soit 27 chansons de l’album en version acoustique (et d'autres qui finiront sur 'Abbey Road') Des démos de travail, absolument remarquables, que je n’avais jamais écouté et qui sont pour la plupart renversantes.
Label : Apple Records


Bob Dylan - More Blood, More Tracks: The Bootleg Series Vol. 14
Depuis que les fameuses Bootleg Series avaient publié les fameuses « Basement Tapes » et toutes les sessions de sa trilogie « rock » du milieu des années 60, la prochaine étape très attendue était forcément les sessions de 'Blood on the Tracks', chef d’œuvre des années 70, et l’histoire presque compliquée (voir ici). Sorti à l’automne dernier, ce coffret de 6 cds est un bonheur de chaque instant, où Dylan essaie, visite et revisite toutes les chansons du disque (et pas que), dans des versions différentes de l’originale, musicalement ou textuellement. Qu’il est bon d’être fan de Bob Dylan décidément...
Label : Columbia


Songs: Ohia - Love & Work - The Lioness Sessions
Depuis le décès de Jason Molina, Secretly Canadian, son label de toujours réédite à intervalles réguliers certaines de ses œuvres les plus marquantes (et c’est peu de le dire). Au tour de 'The Lioness', un de ses albums les plus réussis, sur lequel officient, entre autres, des membres d’Arab Strap. Et si le disque n’a pas pris une ride, c’est surtout pour le disque additionnel que réside l’intérêt de cette réédition, tant il est renversant et dont l’ensemble aurait même mérité de sortir sur un album en bonne et due forme : plus que jamais, avec un rien, Jason Molina fait un tout. Qu'est ce qu'il manque bordel...
Label : Secretly Canadian
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Comme promis, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus. En espérant que cela vous donne l'envie d'en savoir plus :




mercredi 12 décembre 2018

[Track of The Day] Okkervil River - The Dream and The Light

On va faire court (oui, c'est possible) aujourd'hui. Déjà parce que ce disque est sans doute passé dans pas mal d'oreilles vu qu'il date d'avril dernier. Et puis on ne va pas refaire tout le pédigrée d'Okkervil River, tant il a été fait de nombreuses fois dans ces pages (ici, , c'est comme vous voulez). Ni redire tout l'amour que je porte au groupe de Will Sheff et de Jonathan Meiburg, parti depuis.

On ne s'attardera pas non plus sur 'In The Rainbow Rain', leur dernier album en date, sans doute un des plus faibles de leur discographie. Pour autant, on est quand même chez Okkervil River et tout n'est pas à oublier. Parce qu'il y a un retour de flamme assez dingue sur The Dream and The Light, longue et ambitieuse chanson de près de 7 mns, dont la fin rappelle à quel point ce groupe est génial quand il se lâche complètement et qu'il semble moins en contrôle.

Album : In The Rainbow Rain
Année : 2018
Label : ATO


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Dream and The Light d'Okkervil River est en écoute ci-dessous :




lundi 10 décembre 2018

[Track of The Day] Cold Cave - Glory

Je n'aurais pas parié sur une telle trajectoire pour Cold Cave. Le groupe de Wesley Eisold (dont il est le seul maître à bord) avait quand même tout pour lui : deux premiers albums plutôt acclamés, tous deux sortis sur un label indépendant qui n'est pas le premier venu (Matador) et quelques chansons de haute volée (Villains of the Moon).

Oui mais voilà, alors qu'un nouvel album était sur les rails pour donner suite au très bon 'Cherish The Light Years' et sa synth-pop maquillée de cold-wave jusqu'au boutiste, rien. Enfin si, des singles, réguliers, souvent de qualité. Une compilation aussi. Mais rien de plus.

'You & Me & Infinity Ep' est la première sortie (hors single) de Cold Cave depuis 2015. Ce n'est donc pas rien. Accompagné d'une tournée (leur passage lyonnais il y a quelques semaines fut plutôt brillant, tenons le nous pour dit), cet Ep rend encore plus frustrant de voir le « groupe » se faire si discret. Car les quatre titres (dont deux avaient déjà été divulgués en 2016) sont de sacrées chansons, dark au possible, dont on ressortira le parfait de bout en bout Glory, et ses nappes de synthés imparables.

Album : You & Me & Infinity Ep
Année : 2018
Label : Heartworm


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Glory de Cold Cave est également en écoute ci-dessous :



Autre extrait de ce 'You & Me & Infinity Ep' de Cold Cave, Nothing is True but You, avec la voix d'Amy Lee qui répond à celle de Wesley Eisold :




Pour finir, le clip de Glory de Cold Cave :



vendredi 7 décembre 2018

[Track of The Day] Luje - The Log Lady

Dire que je l'attendais ce premier vrai « Ep » de Luje est un joli euphémisme. Pour tout dire, ma découverte avec le groupe un soir de première partie qu'ils assuraient pour les belges de Mountain Bike l'an passé sur la péniche lyonnaise du Sonic, avait été du genre à me faire considérer la relance de mon label Without My Hat Records, histoire de. Mais non.
Heureusement, le quintet lyonnais s'est très bien débrouillé tout seul. Depuis un Ep compilant quelques premiers singles composés ici et là, Luje est revenu avec un disque en bonne et due forme, 'Pablo 406 Ep', un label (Gauche Bas Records) et même une distribution.

Un deuxième Ep, moins rentre dedans que certains des premiers morceaux (génial Cover Me), avec des chansons aux élans de guitares et aux grandes mélopées de The Maccabees de 'Given to the Wild', langoureuses (tout ça pour ne pas dire lounge) comme Hang On (premier single de ce 'Pablo 406 Ep') ou rappelant carrément Air. Un premier (véritable) effort de grande tenue, très bien produit (quatre des membres sont ou étaient étudiants en musicologie, ça aide) et avec de forts beaux morceaux, au premier rang desquels The Log Lady, en écoute ce jour.

Album : Pablo 406 Ep
Année : 2018
Label : Gauche Bas Records

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Log Lady de Luje est en écoute ci-dessous :


Autre chanson tiré de ce 'Pablo 406 Ep' de Luje, voilà I Will Follow Your Soul :


Pour finir, voilà le clip de Hang On, le premier single de ce 'Pablo 406 Ep' de Luje :



mercredi 5 décembre 2018

[Track of The Day] FACS - Exit Like You

Voilà un disque de saison, pourtant sorti à la toute fin de l’hiver dernier. FACS ou la moitié de Disappears (Noah Leger et Brian Case) à laquelle on ajoute Alianna Kalaba. FACS ou un disque sec et froid comme un arbre mort perdu dans une plaine battue par le vent lors d’un hiver rigoureux.

Leur premier album s’appelle 'Negative Houses' et n’est pas à mettre dans les oreilles du premier dépressif venu, tant rien ne vient éclairer ce post-punk aux atours très cold. Minimal sans l'être, langoureux, noisy, porté par une basse profonde et une guitare aiguisée comme jamais, ce premier album de FACS est en tout cas brillant. Pas mal pour un disque aussi sombre.


Album : Negative Houses
Année : 2018
Label : Trouble in Mind Records

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Exit Like You de FACS est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson tirée de ce 'Negative Houses' de FACS, voilà Skylarking, qui ouvre l'album : 



lundi 3 décembre 2018

[Track of The Day] The Breeders - Nervous Mary

La première fois que j’ai écouté le cinquième et nouvel album des Breeders, je n’ai pas été convaincu. Je ne me souviens pas quand c’était. Mais je me rappelle que j’avais trouvé ça plat, sans saveur, sans titres forts. Sans doute venais-je de me lever. Sans doute n'avais-je pas pris mon café. Sans doute n'étais-je pas d'humeur.

Je raconte ça parce qu'il y a 105 jours, alors que j’arrivais en retard, un de mes collègues m’annonça que le concert des Breeders, la veille au soir au Transbordeur, avait été formidable. La Buze n'a fait que confirmer ce premier avis. Je savais qu’ils y passaient, mais je n’y étais pas allé. Trop cher (35€) et pas convaincu par leurs derniers albums, dont 'All Nerve'.

Alors, pour me rassurer et me convaincre que j’avais bien fait, moi, l'enfant des nineties, quoiqu’en dise la rumeur, j’ai réécouté l’album, profitant de la longue et interminable réunion commerciale du lundi matin à laquelle participaient mes coreligionnaires.

Et je me suis auto-traité de con. Parce que ce nouvel album de Breeders est vraiment bon. Parce que dans son genre, indie-rock échappé d’une décennie révolue mais qu’on remet au gout du jour, il est même dans le haut du panier. Parce que MetaGoth de The Breeders et ses faux-airs de Love Vigilantes de New Order est formidable (je l'aurais bien mis en écoute mais elle n'est pas dispo). Parce que la bande à Kim Deal ne m’avait pas autant épaté depuis 'Last Splash'. Et parce que les revoir à quelques encablures de chez moi, ce n’est sans doute pas pour demain.

Album : All Nerve
Année : 2018
Label : 4AD

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Nervous Mary des Breeders est également en écoute ci-dessous :


Autre très bon titre de ce 'All Nerve' des Breeders, voilà Spacewoman :


vendredi 30 novembre 2018

[Track of The Day] Maps of Jupiter - Architects

Pendant longtemps, Greed Recordings fut un de mes labels préférés. Et je ne me suis pas fait prier pour le faire savoir. Entre le choc que fut l'écoute de 'Necessary Alibis' de Moonman, les découvertes de Cornflakes Heroes (voir ici et ), de Delphine Dora, des belges de Guernica, des italiens d'Action Dead Mouse (voir et ici)  ou encore des français de General Bye Bye, Greed Recordings fut un de mes labels préférés, celui dont je guettais impatients les futures sorties.

Sauf que depuis 2012 et la parution de 'ä', troisième dernier album des fameux italiens d'Action Dead Mouse, Michel Malégeant, aux manettes de l'aventure, s'était fait très discret. Il y avait bien son projet personnel CABALE, mais rien jusque là de consistant à se mettre sous la dent.

C'est donc tout à ma joie que je fus il y a quelques semaines de cela quand Michel Malégeant (et Greed Recordings par la même occasion) rompit le silence en présentant son nouveau projet, Maps of Jupiter, avec un 'Firewalker Ep' de cinq titres, aux belles guitares où les ombres et influences de Blonde Redhead et The Notwist planent sur l'ensemble. Un bien joli retour (Architects, en écoute ce jour, en est la meilleure preuve). Et qui, à en croire l'intéressé, n'est que le début de nouvelles aventures.

Album : Firewalker Ep
Année : 2018
Label : Greed Recordings


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Architects de Maps of Jupiter, qui ouvre ce 'Firewalker Ep', est en écoute ci-dessous :  



Autre chanson de ce 'Firewalker Ep' de Maps of Jupiter, voilà Noone will ever know what it was all about :


Pour finir, le clip de Architects de Maps of Jupiter :



mercredi 28 novembre 2018

Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]

Malcolm Middleton n’est pas un homme têtu. Et c’est tant mieux. Sinon 'Bananas' serait sorti sans avoir jamais existé ; la faute à notre façon d’écouter de la musique. Mais rembobinons.

Il y a quelques mois de cela, Malcolm Middleton annonce qu’il va sortir son septième album. Celui-là s’appelle 'Bananas' donc, et fait suite à 'Summer of '13', un disque de 2016, sans doute le moins bon de sa discographie, sauvé tout de même par le bien joli Like John Lennon Said.

Les annonces se multiplient, mais rien de précis à se mettre sous la dent. Quand la date de sortie arrive, on ne trouve rien et nulle part : ni sur les plateformes de streaming traditionnelles, ni sur bandcamp ou soundcloud. Youtube ? Rien, non plus. Quelques rares critiques s’enthousiasment pour ce 'Bananas'. Mais impossible de confirmer la chose en écoutant le disque. Quid donc ?

Quelques temps après m’être étonné sur twitter de l’absence du disque, Malcolm Middleton m’écrit et m’explique que oui, ne pas mettre son disque en écoute sur internet est un vrai choix. Comme il le dit lui-même : « the album was made with vinyl in mind. It’s like making a vase, rather than a photo of a vase » (l'analogie est jolie).

Un choix artistique aussi rare qu’intransigeant (tous les groupes ne sont pas sur Spotify et compagnie, mais mettent au moins leurs disques en écoute sur bandcamp ou soundcloud) et qui renvoie à une époque révolue où on achetait souvent un album les yeux fermés, conseillés par la presse ou notre disquaire.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, cette époque est totalement révolue. Et que commercialement parlant, cette stratégie est du suicide. Et pour un artiste comme Malcolm Middleton, certes pas tout en haut de la vague de la hype mais pas le premier venu non plus, j'ai rarement vu aussi peu de retours.

Depuis, et même s’il l’avait précisé (« I’ll do cd and digital later to keep everyone happy though »), le disque est disponible de partout ! Et vous savez quoi ? C’est une bonne chose tant il est réussi. Après s'être essayé à plusieurs choses, avec plus ou moins de réussites (le réussi projet 'Human Don't Be Angry' et le disque du même acabit avec David Shrigley 'Music and Words', le plus dispensable 'Summer of '13' donc), Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', disque adoré dans ces pages s'il en est.

Il y a ici tout ce qui m'a toujours plu dans la carrière solo de l'ex-Arab Strap : des mélodies marquantes, des balades tuantes (il reste un des maîtres en la matière dès qu'il s'agit de composer des chansons belles mais à pleurer, la preuve avec Salamander Gray), du piano, une double-basse, des chansons qui finissent rarement là où elles ont démarré, des chemins de traverses, des tiroirs, des relances de ritournelles lorsqu'on sent qu'elles sont prêtes de s'éteindre, cette façon si délicieuse de dire « fuck-off », des textes aussi drôles que mélancoliques et emplis de peine, ces voix (notamment celle de Kenny Anderson, aka King Creosote) qui viennent sublimer l'ensemble, la production de Paul Savage (ex-Delgados), toujours à la production. Il y a un peu tout cela dans cet album de Malcolm Middleton. Un artiste on ne peut plus attachant à tous les niveaux. Et un putain de songwriter.

Hasard (?) du calendrier, un papier sur un ex-Arab Strap succède donc à un papier sur un ex-Arab Strap dans ces pages. C'est toujours bon à prendre. Encore plus quand, au détour d'une excellente interview (voir plus bas), j'apprends que Aidan Moffat et Malcolm Middleton, sont en train de travailler à un possible nouvel album d'Arab Strap : « so we’re writing at the minute, with a view to recording next year and releasing in 2020. We’ve no idea if it’s going to work, or if it’ll fit with the band or just be myself and Aidan ». Si c'est pas de la news ça. (Sortie : 28 septembre 2018)

Plus :
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'achat sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est à l'écoute sur sa page bandcamp
'Bananas' de Malcolm Middleton est également en écoute chez, notamment, Spotify et Deezer
Longue et très intéressante interview de Malcolm Middleton parue sur For The Rabbits. A propos de 'Bananas' mais de beaucoup d'autres choses. Et on y apprend donc qu'un nouvel album serait, possiblement, dans les tuyaux.

Trois chansons de ce 'Bananas' de Malcolm Middleton en écoute. Tout d'abord, Salamander Gray (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer), le père Middleton se pose là. Puis, Love Is A Momentary Lapse In Self-Loathing, sans doute le tube de l'album. Et pour finir Buzz Lightyear Helmet, longue de plus de 8mns :






mardi 27 novembre 2018

[Track of The Day] Aidan Moffat & RM Hubbert - Only You (Yazoo cover)

Dans quelques semaines (mais vous me direz, ça déjà commencé depuis fin octobre, va comprendre Charles), quand on tirera le bilan de l'année musicale 2018, il ne faudra pas oublier de mentionner 'Here Lies The Bodies', le très bel album d'Aidan Moffat et de RM Hubbert, dont je m'étais fait l'écho il y a quelques mois de cela.

Quelques mois plus tard, les deux compères écossais remettent le couvert pour un album de noël. Mais vu qu'on est en présence d'Aidan Moffat, c'est une certaine idée de ces célébrations. Le disque s'appelle 'Ghost Stories for Christmas' et il est défini comme ceci : « These are the ghosts of love, haunting happy homes and fairy-lit bars; these are the ghosts of memory, of haunted mirrors, pagan festivities, and unforgettable friends ».  

Deux morceaux ont jusque là vu le jour, A Ghost Story for Christmas (et ses grelots de noël) et une très belle reprise d'Only You de Yazoo. Un joli programme donc. Et puis de mieux qu'une voix écossaise pour bercer ses soirées hivernales ?

Album : Ghost Stories for Christmas
Année : 2018
Label : Rock Action


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Only You de Aidan Moffat & RM Hubbert est également en écoute ci-dessous :



A Ghost Story for Christmas d'Aidan Moffat & RM Hubbert est également à découvrir :



lundi 26 novembre 2018

[Track of The Day] The Innocence Mission - Star of Land and Sea

Mis en lumière par Sufjan Stevens en 2007 à l’occasion d’un « Concert à Emporter » de la Blogothèque où il reprenait leur Lakes of Canada perché sur un toit (voir plus bas), The Innocence Mission ne semble pas usé, fatigué et à court de mélodies.

Fondé en 1989, le trio (le couple Peris, Karen et Don, et Mike Bitts) malgré ses 30 années d'activité continue de sortir des albums. Et contrairement à pas mal de leurs contemporains, on dirait que leurs nouveaux disques sont encore plus beaux que les précédents.

Dernier exemple en date, 'Sun on the Square', album sorti chez Bella Union et en tous points splendide. Bien sûr, il y a la voix de Karen Peris, presque enfantine, qui fait toujours le charme de leurs compositions. Bien sûr, il y a les textes de la même Karen Peris, aussi tristes que plein d'espoirs. Bien sûr, il y a ces arrangements soignés et soyeux, rendant leur folk pleine d'ampleur. 

Mais surtout il y a une chanson : Star of Land and Sea (en écoute ce jour). A la première écoute, j'ai cru que Jonathan Donahue de Mercury Rev avait été invité au micro par The Innocence Mission. Et puis non. En fait, cette voix, c'est celle de Don Peris. Et cette chanson, assourdissante de beauté, c'est le plus bel hommage qui soit au 'Deserter's Songs' de Mercury Rev ; vingt ans après.

Album : Sun on the Square
Année : 2018
Label : Bella Union


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Star of Land and Sea de The Innocence Mission est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de ce 'Sun on the Square' de The Innocence Mission, voilà le très beau Shadow of the Pines, dont les quelques notes de piano d'introduction ne sont pas sans rappeler le prélude de Bach :



La reprise de Lakes of Canada de The Innocence Mission par Sufjan Stevens en 2007, lors d'un Concert à Emporter :




vendredi 23 novembre 2018

[Track of The Day] Agoria - Embrace (feat. Phoebe Killdeer)

Ma première rencontre (musicale s'entend) avec Agoria date de 2004, où, en fin de master, j'étais parti faire un stage de six mois chez PIAS. Là-bas, au service « promotion », j'avais en charge, entre autres choses, la promo (« province » évidemment, les dates parisiennes étant gérées par les attachés de presse) des tournées de Julie Delpy (pour son album éponyme), Sylvain Chauveau (pour 'Un Autre Décembre') et Agoria (il avait sorti l'année précédente 'Blossom'). Nos relations se sont limitées à quelques rares coups de téléphone pour caler quelques interviews ici et là avec les quotidiens régionaux, fanzines et autres radios locales.

Vous me direz, on a rarement fait pire niveau anecdote de pacotille. Mais que voulez-vous, il faut bien ouvrir un papier. Surtout quand on s'est éloigné, chaque année un peu plus de la scène électro actuelle.
Tout ça pour dire donc, que depuis, je n'ai pas arrêté de recroiser Sébastien Devaud, essentiellement en soirée ou en festival. Surtout qu'en tant que lyonnais, on a pu le voir à chacune des éditions de Nuits Sonores (forcément), et que ce furent à chaque fois de grands moments (son ping-pong avec Laurent Garnier en 2008 fut dantesque, le mix final des 10 ans impeccable).

Retomber sur lui au détour d'une news m'a donc poussé à écouter ce nouveau single, Embrace, annonciateur d'un album à venir en mars 2019. Un titre moins électro que pop voire digital-soul, très bien mené et sur lequel la voix de Phoebe Killdeer est délicieuse. Une chanson qui me rappelle bizarrement le Black Water d'Apparat ; et dont la beauté et la puissance prennent encore plus de force à la vision du clip, très fort, réalisé par la réalisatrice libanaise Jessy Moussallem (voir plus bas).

Album : Drift
Année : 2019
Label : Sapiens Recordings


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche, Embrace d'Agoria, avec Phoebe Killdeer au chant, est en écoute ci-dessous, via soundcloud ou son clip :