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mercredi 1 août 2012

[Track of The Day] The Olivia Tremor Control - NYC-25



On se dit qu'on oublie trop souvent de dire je t'aime aux personnes qu'on aime quand celles-ci passent de l'autre côté.
Dans un zapping musical toujours plus frénétique, on oublie également trop souvent de revenir aux fondamentaux. Et de réécouter les disques qui nous ont fait vibrer.

La mort soudaine de Bill Doss, à 41 ans, est un sacré coup dans la tronche. Et une replongée immédiate dans l’œuvre des trop méconnus Olivia Tremor Control (et pas que pour leur chef d’œuvre 'Music From the Unrealized Film Script, Dusk at Cubist Castle'), le tout surmonté d' un sentiment un peu honteux d'avoir depuis trop longtemps oublié d'écouter leurs disques.

Il y a des jours ratés. Il y a des semaines affreuses. Il y a des mois dégueulasses. Et il y a des étés pourris. Depuis hier, l'été 2012 en est un. Et pas qu'un peu.
Bon voyage M. Doss, votre voix et votre talent vont manquer.

mardi 28 février 2017

[Track of The Day] The Music Tapes - City of Lights

On ne le sait pas en France mais un des podcasts les plus écoutés l'an passé aux États-Unis (2 millions de téléchargements, ça vous pose un succès) s'appelle ‘The Orbiting Human Circus’ et est assez singulier, jugez plutôt : l'histoire du concierge - et chanteur à ses heures perdues - du tout dernier étage de la Tour Eiffel et qui va vivre pleins d’aventures en prenant part à un mystérieux show radio diffusé depuis le haut du monument le plus célèbre au monde

Derrière cette histoire, Julian Koster, ex-membre de feu Neutral Milk Hotel et de Elephant 6, collectif musical américain qui nous a apporté, entres autres, Olivia Tremor Control, of Montreal, Elf Power, Beulah ou the Apples in Stereo. Histoire à laquelle viennent s'ajouter quelques invités de marque, de John Cameron Mitchell (auteur, acteur et réalisateur américain qui avait participé au tribute de David Bowie monté par Amanda Palmer et Jherek Bischoff) à Mandy Patinkin (le Jason Gideon de la série 'Esprits Criminels' et qui est également, je l'apprends, chanteur lyrique) en passant par Tim Robbins (mais oui, l'acteur des 'Evadés' !).

De ce podcast de 8 épisodes de 30 mns environ (et à écouter ici), un Ep est sorti, 'The Orbiting Human Circus Ep' (pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple), qui est le 4è Ep de The Music Tapes - auquel on peut ajouter 4 albums et 2 singles, le tout en 22 ans de carrière.

Un disque composé de quatre chansons venues d’un autre temps : deux originales (City of Lights, en écoute aujourd'hui, et Where Evening's Dream Goes) ainsi que deux reprises : J'attendrai, l'adaptation française de la chanson de Dino Olivieri, chantée par Rina Ketty en 1938 mais rendue célèbre par Tino Rossi puis Dalida 40 ans plus tard ; et I've Got My Love to Keep Me Warm, tube composé par Irving Berlin et qui a été chanté par l’Amérique entière (de Billie Holiday à Rod Stewart, de Ella Fitzgerald à Bing Crosby, Frank Sinatra, Dean Martin ou encore Judy Garland et Doris Day).

Et le résultat est franchement brillant : enregistré avec des outils d'époque (un enregistreur à fil des années 30, une presse des années 40, un magnétophone des années 60), très lo-fi tout du long, aussi bien dans le chant que dans les arrangements, avec cuivres et accordéon au programme, ‘The Orbiting Human Circus Ep’ sonne véritablement comme si on l'avait enregistré en 1935, le côté pop en plus. Désarçonnant au départ mais rapidement bluffant, il n'est d'ailleurs pas à exclure qu'une suite voit le jour. Évidemment, si les aventures de ce fameux concierge continuent.

Album : The Orbiting Human Circus Ep
Année : 2017
Label : Merge

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En plus des lecteurs deezer et spotify à gauche, City of Lights de The Music Tapes est également en écoute ci-dessous :


Autre extrait de 'The Orbiting Human Circus Ep' de The Music Tapes, voilà la reprise de J'attendrai, en français évidemment, avec l'accent américain qui va bien :




mardi 11 décembre 2007

Apples in Stereo – New Magnetic Wonder [Simian]

C’est dingue comme en deux temps, trois mouvements et une lecture de leur bio, les Apples In Stereo m’ont paru éminemment sympathique. Et ce, avant même d’écouter une seule de leurs chansons. Jugez plutôt.

1 - leur nom leur vient d’une chanson de Pink Floyd. Mais pas tirée d’un album des années 70 ni même de 'The Wall' ou de 'The Dark Side of The Moon'. Que nenni chez ces Américains originaires du Colorado et de Denver : leur nom vient d’Apples and Oranges, un des tous premiers titres du Floyd, quand Barrett était encore aux commandes. On a vu pires références.

2 - le leader des Apples in StereoRobert Schneider – est le créateur d’Elephant 6, label ricain qui, depuis le début des années 90 (et malgré une interruption de quelques années), propose une structure pour indie bands talentueux et qui en veulent. Un collectif qui peut se targuer d'avoir dans ses rangs des groupes comme Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel, Of Montreal et autres Beulah. Bref, du lourd.

3 - Robert Schneider, toujours lui, est un très grand fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, allant même jusqu’à nommer son (puis celui d’Elephant 6) studio d’enregistrement "Pets Sounds Studio". Classe.

Bref, avant même d’avoir posé une esgourde sur ce ‘New Magnetic Wonder’, je savais déjà que j’allais aimer les Apples In Stereo. Une écoute complète de cet album, à première vue copieux mais seulement long d’une cinquantaine de minutes, plus tard, j’étais totalement conquis.

A l’heure où l’on se retrouve sans véritable meneuse de revue power-pop après l’abandon de Nada Surf l’an passé (avec un album bien décevant), la découverte des Apples in Stereo (qui compte toutefois déjà six albums à leur actif) est une bénédiction pour votre serviteur. Pop, pop-power, rock, la bande de Schneider arrive à faire de tons différents un disque d’une grande cohérence, avec des chansons à vous redonner le sourire, juste aérées par quelques plages de repos et/ou de transition façon interlude instrumentaux.

Et entre voix passées aux vocoder, chœurs dans tous les sens et guitares sautillantes partout, ‘New Magnetic Wonder’ est un disque qui fait du bien. De la power-pop de qualité. Pas étonnant que l’homme de goût qu’est Elijah Wood (le Frodon Saquet du Seigneur des Anneaux) ait fait de ce disque la première sortie officielle de son tout jeune label Simian Records. (sortie le 6 février 2007)

Son :
Myspace (Trois titres de cet album là et un autre de leur 'The Discovery of a World Inside the Moone’ de 2000)
Site officiel

Can You Feel It ouvre 'New Magnetic Wonder'. Beautiful Machine, Pts. 3-4 le (presque) referme. Une sorte de tour horizon rapide du disque avec deux titres sensiblement différents. (malheureusement plus en écoute).

Pour finir ce long post, deux vidéos, deux clips. Le premier est celui de 'Same Old Drag', assez hilarant. Et juste en dessous, celui d'Energy, tourné par Elijah Wood en personnne. Vintage 70s powa !





vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 30-11

Et voilà la suite, le classement du numéro 30 au numéro 11. Avec un titre par album en écoute, plus bas.



30. Thee, Stranded HorseChurning Strides [Talitres]
Sorte de réponse masculine (et française !) à Joanna Newsom, Thee, Stranded Horse est un disque fascinant. Parce que cet album là aurait pu être un truc chiant comme la pluie après un brushing. Et puis non. Basé autour de la kora, cet instrument africain qui sonne comme une rencontre entre une harpe et une mandoline, 'Churning Strides' est un peu le disque «je t’invite à un voyage. Et c’est moi qui paye» de l’année.


29. A Place to Bury Strangersst [Killer Pimp]
My Bloody Valentine rencontre New Order et dansent sur les cendres de Ian Curtis qui n’arretent de faire des aller-retours de son cercueil au devant de la scène. Noisy cold-wave shoegaze et tout le toutim. Voire même plus si affinités. On devrait réentendre parler de ces jeunes américains. Et rapidement.



28. BeirutThe Flying Cup Club [Ba Da Bing]
Après un premier album frais mais rapidement lassant, le névrosé Beirut franchit le cap du deuxième album avec élégance, talent et grâce, avec un 'Flying Cup Club' indéniablement beau. Toujours les mêmes ambiances d’Europe de l’Est et un opus qui gagne en cohérence et qui ne peut s’écouter que d’une traite au risque de passer à côté de pleins de choses.


27. Dinosaur JrBeyond [Domino]
Devant tous les échecs des reformations de groupes mythiques/à succès/légendaires, celle de Dinosaur Jr était un énorme risque : écorner l’image d’un des tous meilleurs groupes indé de la fin des années 80. Résultat ? Un bonheur. C’est carré, c’est propre et c’est réussi. La reformation qui fait plaisir, rock jusqu’au bout des ongles et intransigeant comme par le passé. Un exemple qu’on aurait aimé que les Stooges suivent.

26. Arcade FireNeon Bible [Merge]
Deuxième album plus qu’attendu après le formidable Funeral, Neon Bible’ m’a déçu aux premières écoutes. Les leaks de quelques chansons, deux mois avant la sortie, ça gâche un peu tout, quoiqu’on en dise. Et puis réenregistrer No Cars Go, je n’y voyais pas un intérêt énorme.
Il y a eu ensuite leur concert à Fourvière en juillet et il m’est rentré dans la peau. Et, ô surprise, ça ne m’a même pas fait mal. Et s’il est moins cohérent, il n’en reste pas moins très bon, avec quelques élans de pop grandiloquente mes amis, je vous dis que ça.

25. Chris Garneau - Music For Tourists [Absolutely Kosher]
Sorti au tout début de l’année, ce Music for Tourists est peut-être le premier disque que j’ai écouté en 2007. Et malgré les écoutes, malgré le temps, il aura tenu la route. Et bien. Un album tout au piano, au-dessus duquel vole l’ombre de Cat Power dont l’ami Chris Garneau pourrait être le pendant féminin. Ca ne respire pas la joie de vivre. On pourrait même dire que c’est complètement tristouille et déprimé. Mais c’est beau. Et histoire de finir en beauté, Garneau se pique au jeu de la cover et reprend plus qu'honorablement Between The Bars du grand et feu Elliott Smith.

24. LCD SoundsystemSound of Silver [DFA]
Les quelques écueils du premier album sont effacés. Et le second opus remporte la mise. Murphy et ses potos réussissent le tour de force de se renouveler sans changer de formule, toujours la même : du rock et dansant qui plus est, le tout sans concession. Et afin d’enfoncer le clou, 'Sound of Silver' a le don de compter en son sein le tube de cette année, 'All My Friends' (dont l’Ep du même nom est du même tonneau que l’album, pleins de remixes pertinents).

23. Iron & WineThe Shepherd's Dog [Sub Pop]
Sam Beam s’éloigne de son folk délicat et invite du monde sur son nouveau disque. Des instruments dans tous les sens, toujours ce même sens de la mélodie et un pop-folk inspiré avec des textes engagés bien comme il faut. Bref, l’homme se réinvente et sort un (nouveau) grand cru. Comme d’hab.



22. Justice - † [Ed Banger]
Depuis la sortie de leur remix tonitruant du Never Be Alone Again de Simian en 2003, on savait que Justice allait devenir énorme. La question était juste de savoir quand. 2007 aura donc été leur année. Et ‘†’ un album taille patron, d’une très grande cohérence, influencé à mort par Daft Punk (comme tous les artistes électro du moment, de Digitalism à Boys Noize) et qui savent pondre des tubes avec une régularité ahurissante. Album dancefloor (voire même plus) de l’année.

21. Apples in StereoNew Magnetic Wonder [Simian]
Inspiré par Pink Floyd (pour leur nom), potes de labels des Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel et autres Beulah, fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, les Apples in Stereo sont ma révélation power-pop de l’année. Des voix au vocoder, du rock, de la pop, le tout habilement aéré par quelques plages instrumentales, 'New Magnetic Wonder' est un bijou à vous donner le sourire, même un lundi matin, à 7h30 du matin, avec -7°C dehors.

20. Blonde Redhead – 23 [4AD]
Blonde Redhead poursuit son virage pop entamé avec Misery is a Butterfly et sort un disque détonnant. J’avais espéré un retour aux sources des débuts, quand on les comparait encore à Sonic Youth. Et puis finalement, ce style là leur va si bien. Quelle richesse mélodique ! Quel son ! Loin de faire une redite du précédent album, Blonde Redhead confirme qu’ils ont une classe folle. Et s’imposent définitivement (oui, vous me direz, ça fait un bail) comme un des groupes les plus passionnants de ces 15 dernières années. Pas moins.

19. Clap Your Hands Say Yeah! – Some Loud Thunder [Wichita]
Moi qui étais resté plus que circonspect à l’écoute de leur premier album, insupportable après 5 titres, je ne m’attendais pas à une telle claque. Car oui, ce nouvel album des Clap Your Hands Say Yeah! est un petit régal jubilatoire, blindé de mélodies et de jolis petites idées pour les enjoliver. Dans ce disque là, on retrouve un peu du 'Revolver' des Beatles, un peu de Pixies (le titre d’ouverture est un hommage flagrant), du Violent Femmes aussi. Et la voix, si désagréable sur le premier album, passe beaucoup mieux ici. Comme quoi, quand y a des chansons, c’est tout de suite plus intéressant…

18. Thurston MooreTrees Outside The Academy [Ecstatic Peace]
Deuxième album solo pour un des leaders du groupe rock le plus important des vingt dernières années, 'Trees Outside The Academy' est d’une grande sobriété, en commençant par la pochette où l’ami Thurston se prend pour Joey Ramone. Un disque qui sent, qui respire Sonic Youth, en plus pose et moins bruitiste, embellie par le joli violon de Samara Lubeski.

17. The Shape Of Broad MindsCraft Of The Lost Art [Lex]
Un disque de hip-hop à la personnalité toute entière. Quintette sur le papier, The Shape Of Broad Minds est en fait un duo : celui de jaWWAAD et Jneiro Jarel (et de ses trois autres noms de scène : Panama Black, Dr Who Dat et Rocque). Et deux bonshommes qui balancent des prods ciselés, entre jazz et hip-hop, assez psychédéliques et abstrackt et qui rappellent Madlib. Un album dans lequel il est dur de rentrer. Et autrement plus difficile d’en sortir.

16. Malcolm Middleton – A Brighter Beat [Full Time Hobby]
Deuxième album solo pour la moitié de (feu) Arab Strap. Un second opus qui tient la longueur cette fois, rock énervé faisant courbettes à quelques délicieuses chansons pop mélancoliques, le tout sous couvert d’écriture dépressive. Un disque charmant, pertinente solution pour lutter contre le toujours vivace trauma que la mort d’Arab Strap a engendré.


15. C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]
Deuxième opus d’un triptyque discographique de l’ami C-Rayz, ce 'Chorus Rhyme' est un bijou de hip-hop limite old-school, produit à la perfection, plein de punch-lines, de scractchs, de rimes percutantes. Et, cerise sur le pancake, C-Rayz et Parallel Thought pondent un titre dément, de quinze, avec plus de trente emcee qui se succèdent au micro. Grand. Mais alors grand hein.

14. Liars – st [Mute]
Quatrième album des New-Yorkais, peut-être leur plus accessible, plus brut et rock et moins torturé que par le passé. Un album enjoué, maîtrisé, nerveux, avec du tube (Plaster Casts of Everything bordel !) qui, s’il ne prend pas les risques des précédents, est encore une fois une confirmation de tout le talent de ces trois gugusses.



13. Low – Drums & Guns [Sub Pop]
Les années ont beau passer sur le trio américain, elles ne semblent pas avoir d’emprise sur eux. Les mesquins diront bien sur que leurs meilleures années sont derrière eux. Et cela voudra dire qu’ils n’auront pas écouté ce ‘Drums & Guns’ qui montre un groupe dans un état des plus intimiste, torturé, sombre et gentiment expérimental. Dave Fridmann aux manettes et un groupe peut-être pas à son apogée. Mais pas loin.


12. Pumice - Pebbles [Soft Abuse]
Malgré sa pochette de 'Benjamin Biolay en vacances à Cabours', Pumice joue dans la sphère tourmentée. Un disque délicieusement bruitiste, plein de pop déglingué et de larsen, avec du drone par-dessus tout ça (magique Spike/Spear). Un disque tourmenté, vraiment bon, parcouru de titres qui pourraient être des tubes et qui vous arrivent dans la gueule sans savoir comment.


11. Magik Markers – Boss [Ecstatic Peace]
Une voix (y a du Kim Gordon chez elle), du noise, une signature sur le label d’une des têtes de proue du rock indé: un disque coup de boule frontal. La bande à Moore est fan depuis un bail déjà. Et y a de quoi. Un disque surprenant, qui prend à revers son auditoire à chaque nouvelle chanson. Incroyable.




Comme précédemment, le lecteur deezer qui va bien:

lundi 30 décembre 2019

Bilan 2019 : Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »



Parce qu'on est le 30 décembre. Parce que le futur est à portée de main (oui, 2020, c'est vraiment le futur. En tout cas pour le moi de 1990 qui n'allait pas tarder à découvrir le collège). Et parce que j'aime ces traditions de « tops annuel » où les classements se bousculent un peu de partout (et dans tous les domaines) et où, quoique peuvent bien en dire les grincheux, on y découvre beaucoup de choses (la preuve ici), il est temps de passer au bilan 2019 de cette année musicale, et une nouvelle fois, en quatre étapes : une première (aujourd'hui) consacrés aux formats courts et aux compilations/rééditions. Une seconde, mercredi au petit matin, avec les 50 chansons de l'année, pile pour se remettre de sa gueule de bois. Et enfin, vendredi et dimanche, avec le classement des 40 meilleurs albums sortis ces 365 derniers jours. Le tout en toute subjectivité, évidemment.

Mais comme le veut la coutume, partageons quelques tops de blogs/sites amis (ou non) qui ont de belles choses à partager ou à découvrir :
Le top albums de la rédaction de Benzine
Le top album de La Musique à Papa
Le top 50 de Benoit, le créateur de Benzine, chez Hop-Blog

Cette année 2019 aura été une grande année pour les Ep, ces extended-play, trop courts pour être des albums, trop longs pour être des singles. J'ai l'impression qu'on revient un peu à ce format, assez parfait à mon sens (mon morceau musical préféré se trouve sur un Ep), et c'est tant mieux. D'ailleurs, comme je l'explique plus bas, si je m'entêtais moins à différencier les formats, nul doute qu'un des disques de la sélection ci-dessous se serait retrouvé quasiment tout en haut de mon top général. Quinze disques se trouvent ci-dessous, quelques beaux singles, des Ep renversants et une triplette de compilations/rééditions à écouter sans jamais s'en lasser. 
Au bas de ce papier se trouve, comme toujours, un lecteur pour écouter une chanson de chacun des disques chroniqués, histoire de se faire une idée de ce dont il est question. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)


7"

Olivier Rocabois - Ship of Women / Somewhere in a Nightmare 7" [-]
Un des 45-tours les plus romantiques de l’année qui soit. Olivier Rocabois, leader de All If, se lance en solo sous son propre nom et balance deux très belles chansons, pleines de cordes et de mélodies pop ouvragées, et Bowie en diable. Ouaté tout plein.


Sufjan Stevens - Love Yourself / With My Whole Heart 7" [Asthmatic Kitty]
Parce qu’on ne se refait pas. Parce qu'un top sans Sufjan Stevens serait surprenant dans ces pages. Parce que les mélodies sont là. Parce que Sufjan Stevens ne sort que rarement des 45-tours. Parce que la bonne cause (les profits sont reversés à la cause LGBTQ+). Parce que Love Yourself (chanson écrite en 1996) est sans doute une des chansons de l’année.


Extended Play (Ep)


Accident - Dernier Voyage Ep [Little John]
Duo composé des cousins de Romain Guerret d’Aline, Accident est un charmant voyage synthétiques, hypnotique et qui a une certaine idée de la pop à la française, avec de belles guitares qui viennent embellir le tout.


Daphni - Sizzling Ep [Jiaolong]
Alors que Caribou devrait revenir avec un nouvel album en 2020, il ne fallait pas passer à côté de 'Sizzlin', nouvel Ep de Daphni (son « moi électro »), remix à l’efficacité folle de Paradise, obscur groupe des Bermudes de 1981. Daphni augmente le rythme et transforme le groove, le funk voire le disco de Paradise en un ensemble dancefloor, presque house, auquel il est difficile de résister

Dry Cleaning - Boundary Road Snacks and Drinks Ep [It’s Ok]
Post-punk un peu arty, qui ne fait pas dans l'épate et qui ne recherche pas le tube à tout prix, porté par une voix qui chante moins qu’elle ne parle, presque détachée, Dry Cleaning est une des révélations anglaises de l’année. Deux Ep à ce jour, l’album ne devrait plus tarder.
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Hold Your Horses - Datsusara Ep [-]
Découvrir Hold Your Horses par leur dernier Ep avant fermeture, c’est tout de même ballot. Parce ce 'Datsusara Ep' est en tout point charmant, ambitieux, orchestré, presque orchestral par moments, aux petits détails ravissants, aux mélodies, chœurs et voix attachantes, lorgnant autant vers Silver Mt Zion que Modest Mouse ou le Arcade Fire des débuts. RIP.


Jaune - La Promesse Ep [-]
Il m’aura fallu un état comateux pour rentrer dans ce disque du batteur de Frànçois And The Atlas Mountains. Anodin au premier abord, il s’avère d’une classe folle avec son électronica mélancolique, ses trouvailles mélodiques et ce chant en français rappelant celui d’Albin de la Simone. Un des disques les plus écoutés de l'année par ici.


Papercuts - Kathleen Says Ep [Slumberland Records]
Parce que Kathleen Says était une des chansons les plus réussies de 'Parallel Universe Blues', leur album de 2018. Parce Comb In Your Hair est une nouvelle composition à la classe folle. Parce que la reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank est un joli tour de force, mettant à jour la version qu'aurait pu sortir le Velvet Underground s'il s'était attelé à la tâche à l'époque. Tous ces « parce que » vous donne un des plus beaux Ep de l’année.


Satellite Jockey - Modern Life Vol. 3 Ep [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Les lyonnais de Satellite Jockey finissent leur triptyque 'Modern Life' (voir ici et ) avec un dernier Ep de haute volée, qui plonge la tête la première dans les années 70, rend hommage à Olivia Tremor Control, amène un soupçon de musique du monde, tout en ne perdant rien de sa musicalité. Une des aventures discographiques les plus parfaites de ces dernières années.


Richard Youngs & Raül Refree - All Hands Around the Moment Ep [Soft Abuse]
Si Richard Youngs a sorti un album solo cette année, c’est vers cet Ep réalisé avec Raül Refree qu’est allé tout mon intérêt. Sans doute parce que plus voluptueux et arrangé, 'All Hands Around The Moment' est un magnifique voyage folk très habillé, où les cordent de chaque instrument vivent comme jamais.


Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]
Si je ne m’entêtais pas à différencier les « formats courts » des « formats longs » dans ces billets de bilan annuel, nul doute que ce premier Ep des anglais de Wych Elm aurait figuré sur mon podium 2019, tant son Pixies meets Breeders meets l’indie/alt rock fin-80s/début-90s est formidable. Alors, à défaut de mieux, on parlera de la plus grande révélation de l’année. Mais quel disque !


COMPILATIONS / REEDITIONS


Bob Dylan - The Rolling Thunder Revue: The 1975 Live Recordings [Columbia/Legacy]
Bob Dylan - Travelin’ Thru, 1967 – 1969: The Bootleg Series Vol. 15 [Sony/Legacy]
Cette année, deux coffrets ont permis de plonger à nouveau dans le passé glorieux de l'américain. Tout d'abord celui consacré à la tournée de 1975. De cette période, Sony avait déjà sorti en 2002 un Bootleg Series, le numéro 5, absolument génial, retranscrivant à merveille cette période où Dylan embarqua avec lui toute une ribambelle de musiciens, de chanteurs, d'amis (Joan Baez, Allen Ginsberg, Joni Mitchell, Mick Ronson, entre beaucoup d'autres) et plus largement tout ceux qui voulaient bien se joindre à lui, pour écumer les scènes des Etats-Unis avec un spectacle moins concert traditionnel que véritable spectacle de music-hall. Dix-sept plus tard, et à l'occasion de la sortie du film de Martin Scorsese sur cette tournée de 1975 ('Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story'), Sony publie l'ensemble des concerts enregistrés à l'époque, soit 14 disques. C'est faramineux oui, vertigineux aussi, et sans doute réservé aux fans, mais le résultat est très enivrant.
Le second coffret est plus folk/country et moins exhubérant, mais tout aussi intéressant car il s'agit des enregistrements de Dylan à Nashville, entre 1967 et 1969. Et sur trois disques s'étalent des sessions pour 'John Wesley Harding' et 'Nashville Skyline' ainsi que beaucoup de morceaux en duo avec Johnny Cash. Des moments d'histoire, forcément brillants. Ah, qu'il est doux d'être fan de Bob Dylan.



The Springfields - Singles 1986-1991 [Slumberland Records]
Totalement inconnu à mes oreilles, voilà The Springfields, groupe américain dont la courte carrière (de 1986 à 1991 donc) se voit compilée dans son entièreté par Slumberland Records. De l’indie-pop de la fin des années 80, tantôt jangle, tantôt power, toujours mélodique et dont on ne s’étonnera pas qu’elle fut le temps d’un single publiée par Sarah Records. Ca fait un trésor caché de moins et ce n’est pas le plus médiocre, loin de là.



Various Artists - Come On Up to the House: Women Sing Waits [Dualtone]
Evidemment, je ne suis pas le mieux placé pour considérer si cette compilation a du sens ou pas : je ne connais pas l'oeuvre de Tom Waits. Pour autant, porté par la version incroyable de justesse de Georgia Lee par Phoebe Bridgers, ce disque de 12 reprises - exclusivement féminines donc - aura commencé à m'entrouvrir les portes de l'univers de l'américain. Les puristes trouveront peut-être à redire, mais l'ensemble a une sacrée gueule.


Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue des quinze disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





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