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jeudi 10 février 2011

Anna Calvi - Anna Calvi [Domino]

Anna Calvi ou la petite jeune femme qui fait débat. A ma droite, les amoureux de cette londonienne, nouvelle venue sur la scène musicale indé et signée chez Domino, qui voient en elle une nouvelle Patti Smith ou PJ Harvey, qui aiment son charme, sa voix et son premier album. Une fan-base qui compte, hormis les médias classiques qui lui ont tous (ou presque) tressés des lauriers ici ou à l'étranger, des gens bien comme Nick Cave, Brian Eno ou même… Jessica Alba (oui je sais, pour cette dernière, on s'en fout).

A ma gauche, ses détracteurs. Ceux qui trouvent qu'elle geint plus qu'elle ne chante, qu'elle n'est qu'un ersatz de PJ Harvey ou d'autres "rockeuses" passées, que ses chansons ne sont que des resucées bien fadasses de titres et de mélodies déjà mille fois entendus. Et que l'emballement médiatique (le nerf de la guerre est là) autour de cette jeune femme est totalement injustifié. Des détracteurs qu'on découvre essentiellement sur le net et dans la blogosphère.

Où est la vérité? A mes oreilles, au milieu. Milieu plus même. Car même si je m'attendais ici à quelque-chose de plus écorché, de plus punk, de plus hurleur; même si je ne suis pas totalement convaincu par ce premier album d'Anna Calvi; même si je lui trouve quelques temps faibles et des passages qui auraient mérités d'être plus rentre dedans, j'avoue avoir été plutôt conquis, aussi bien par la voix de l'anglaise (elle chante bien, n'en fait pas des caisses alors qu'il y avait matière à), ses compositions (de Desire à First We Kiss, de Suzanne & I à No More Woods) que par son rock sombre, électrique, rêche voire parfois voluptueux.

Plus que PJ Harvey (et dont l'ancien comparse Rob Ellis est présent à la production de cet album d'Anna Calvi, ceci expliquant sans doute cela) ou Patti Smith citées ici ou là, j'y vois personnellement plus l'ombre de Jeff Buckley (The Devil) et surtout de Chrissie Hynde autant dans le chant dans des certaines orientations musicales un peu plus lourdes.

Finalement, beaucoup de réactions face à son disque sont la preuve que l'industrie musicale et tout ce qui gravite autour a bien changé. Certains encensent un album honnête, tentant de surfer sur un buzz pour vendre plus. Et d'autres détruisent l'affaire à coups de critiques assassines pleines de mauvaise foi, en reprochant en filigrane à Anna Calvi de ne pas avoir sorti un album révolutionnaire et qui fera date dans l'histoire de la musique.

Je ne pense pas qu''Anna Calvi' est un album qui restera. Ce n'est en rien un chef d'œuvre et encore moins une bouse. Juste une belle entrée en matière pour - ce qui ne gâche rien - un joli bout de femme qui est en train de poser les bases d'une future discographie qui pourrait s'avérer être vraiment intéressante. Cette fille a quelque-chose. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Quatre chansons d''Anna Calvi' en écoute)
Site officiel

Deux chansons en écoute. Le presque susurré No More Woods et le Pretenders-ien Desire. (malheureusement plus en écoute)


Et pour finir le «clip» de Jezebel, premier single d'Anna Calvi sorti à l'automne dernier :




samedi 24 novembre 2007

[Oldies] Van Morrison – Saint Dominic's Preview (1972)

Comment se remet-on de la sortie d’un chef d’œuvre ? Combien de groupes n’ont jamais su réembrayer après avoir sorti un album essentiel ? Combien sont les destinées crashées sur l’autel d’un disque essentiel, et perclues ensuite de sorties plus insipides les uns que les autres ? Beaucoup. Beaucoup trop.
Quand, en 1968, Van Morrison sort son deuxième album, ‘Astral Weeks’, il met le monde de la musique à genoux par un charisme énorme et un talent hors-norme. Un disque essentiel des années 60 et de la musique contemporaine, entre rythm&blues, jazz (il s’entoure de grands musiciens de l’époque) et musique celtique. Et le meilleur de son auteur.

Il n’a pourtant pas 23 ans. Mais sa carrière est déjà longue comme le bras, ceci expliquant cela. Né en Irlande du Nord en 1945, il fonde son première groupe à l’âge de onze ans avant de créer, quelques années plus tard, Them qui obtiendra une belle notoriété grâce à quelques tubes restés dans les mémoires, Gloria étant le plus fameux d’entre eux, magnifié qu’il sera en 1975 sur le ‘Horses’ de Patti Smith.

Bref, quand à 23 ans, Van Morrison sort ‘Astral Weeks’, ce n’est pas débutant. C’est sûrement pour cela qu’il va se remettre en selle rapidement après la sortie de son saint graal. Quatre ans et trois albums plus tard, et alors qu’il vient d’écrire – peut-être – la plus belle chanson d’amour de l’histoire de la musique (Tupelo Honey pour ne pas la nommer), Van Morrison sort ‘Saint Dominic's Preview’.

Un disque qu’il enregistre avec vingt musiciens, changeant de line-up à chaque nouveau morceau. Et pourtant, tout est cohérent et loin d'être une collection de chansons mises bout à bout, comme on pouvait craindre. Non. ‘Saint Dominic's Preview’ est même un album essentiel dans la carrière du grand Van. Charnière en quelque sorte, bilan musical qui voit se côtoyer, en sept titres (une habitude chez lui) du rythm-and-blues, de la soul-pop qui flirte avec le gospel, un peu de jazz, un brin de country et quelques passages limite mystiques comme il savait si bien le faire en 1968.

Et histoire de gâter son auditoire, Van Morrison réserve la dernière plage de l’album à Almost Independence Day (voir plus bas), un titre d’une dizaine de minutes qui n’aurait pas dépareillé sur ‘Astral Weeks’. Un morceau magnifique qui rappelle un autre titre majeur de la musique des seventies : le Wish You Were Here des Pink Floyd, sorti trois ans plus tard sur l’opus du même nom. On ne criera pas du tout au plagiat, mais on reste assez circonspect à l’écoute. Car il y a des ambiances, des constructions qui sont trop évidentes pour ne pas penser une seconde que la bande de David Gilmour ne s’est pas inspirée de Van Morrison.

Et ils auraient d’ailleurs eu tort de se priver. Car ‘Saint Dominic's Preview’, s’il n’est pas un chef d’œuvre, est tout sauf une œuvre mineure de Van Morrison. Et quand on connaît le talent et la carrière du bonhomme, vous comprendrez aisément la place qu’occupe cet album dans ma discothèque idéale… Pas loin derrière ‘Astral Weeks’ en somme.

Première sortie : 1972 (Mercury)
Dernière réédition : 1997 (Mercury)


Son:
Site Officiel

Trois titres en écoute, comme toujours pour les oldies. Le poppy Gypsy suivi du titre éponyme avant de finir par Almost Independence Day, aux pré-relents floydien :


 

jeudi 20 octobre 2011

[Track of The Day] Damien Rice - One (U2 cover)

Q Magazine, mensuel britannique aux gouts aussi douteux que parfois étonnants, a annoncé il y a quelques semaines de cela qu'il allait sortir une compilation de reprises de U2 à l'occasion des 20 ans d''Achtung Baby', disque encensé s'il en est mais qui ne m'a jamais renversé. Un disque de covers au nom alambiqué, 'AHK-toong BAY-bi Covered'. Mais soit.

Jack White, Depeche Mode, Garbage, Nine Inch Nails, Patti Smith et Damien Rice devaient être de la partie. Soit encore.

Ce dernier devait reprendre, je vous le donne en mille, One, la très belle chanson de U2. Pourquoi pas. Mais il faut avouer que dans le genre cliché, on ne fait pas mieux. Damien Rice qui cover One, c'est The Tallest Man on Earth qui reprend Dylan.

Sauf que. Car oui il y a un sauf que, Damien Rice, plein de talent qu'il est, remporte tous les suffrages avec cette reprise de One. Alors certes, ça reste dans la veine de l'originale, mais en plus sombre et le père Damien ne s'autorisant aucun éclat de voix comme se le permettait Bono à l'époque.

Une reprise qui ne fera pas pleurer dans les chaumières, contrairement à ce que devait penser la rédaction de Q, mais une chanson qui prouve que Damien Rice reste un artiste de haute tenue. 

Album: AHK-toong BAY-bi Covered 
Année: 2011
Label: Q Magazine

vendredi 4 mars 2022

[Track of The Day] En Attendant Ana - I'm a Man You Don't Meet Every Day (The Pogues cover)

Il y a deux ans de cela, La Blogothèque (qu'on ne présente plus) avait lancé une série d'enregistrements et de vidéos en proposant à dix groupes de reprendre une chanson à l'univers opposé du leur. Intitulé "Reprise", et avec pour mot d’ordre « Que reste-t-il de l’esprit punk », ces vidéos avaient été diffusées à l'époque sur France Télévision, partenaire du programme.
Alors que la saison 2 de "Reprise" est actuellement en diffusion (voir ici), les dix premiers morceaux (sans doute pour capter une audience internationale) viennent de débarquer sur Youtube. Avec au programme Arlo Parks qui reprend Patti Smith, Asgeir The Stranglers ou encore We Hate You Please Die qui s’approprie Bad Girls de M.I.A. (l'ensemble des vidéos est à regarder ici).
 
Mais c’est surtout la reprise de I'm a Man You Don't Meet Every Day qui a attiré mon oreille. Traditionnel - écossais ou irlandais, c'est selon - composé dans les années 1880s, popularisé par The Pogues en 1985, il est repris ici par En Attendant Ana, groupe dont on ne dira jamais assez le plus grand bien.
 
Passé à côté en 2020 et mis sur ma route par le toujours sûr Ben Laredo (ses playlists de coups de coeur mensuels valent le détour), la version d'En Attendant Ana a tout de la reprise épatante : elle s'éloigne du traditionnel originel (devenu avec le temps une chanson à boire) pour mieux épouser un rythme plus pop et nerveux. Introduit par la voix de Margaux Bouchaudon, un orgue et une trompette plaintifs, cette version s'emballe en effet aussi sec avec une guitare qui monte et qui descend, et une basse formidable qui donne un relief rock et presque punk à l'ensemble. Le genre de reprise parfaite dont on aurait sans doute fait un tube à une autre époque. Et qui mériterait de l'être, même deux ans après.

Album : -
Année : 2020
Label : -

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I'm a Man You Don't Meet Every Day des Pogues repris par En Attendant Ana est en écoute ci-dessous, interview du groupe incluse :