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mardi 22 février 2011

Stranded Horse - Humbling Tides [Talitres]

Sortie de la profondeur de la rivière Niger, revoilà la kora de Yann Tambour, l'homme derrière Encre mais surtout de Thee Stranded Horse. Enfin, Stranded Horse tout court, notre homme ayant préféré abandonné en cours de route le Thee que ne lui sied peut-être pas si bien.

'Humbling Tides' est le second album de Stranded Horse et la suite d'un premier 'Churning Strides' (chronique de l'époque ici) délicieux à plus d'un titre. Et une fois de plus, il est basé sur la kora, cet instrument malien qui n'est pas sans rappeler notre harpe occidentale, même si les sonorités qui s'échappent de l'instrument africain sont plus tendues, plus sèches.

Loin de ressortir un copié-collé de son premier album, Stranded Horse modifie sur 'Humbling Tides' quelque peu son propos en intégrant subtilement violons (celui de la violoniste de Mansfield Tya) et violoncelle sur quelques unes de ses compositions et en mettant un peu de pop dans le moteur. Et le résultat n'en est que plus beau.

D'ailleurs, la force de 'Humbling Tides' tient dans ce fait: cette capacité qu'a Stranded Horse à faire évoluer sa musique, de lui faire prendre corps. Et si 'Churning Strides' était l'album de la découverte et de l'exploration sonore - basé sur de très solides compositions, 'Humbling Tides' me fait plus l'effet de l'album de la maturité, malgré tout le cliché que cette expression peut comporter.

Qu'il chante en anglais (de façon claire, presque sautillante) ou en français (un chant plus étouffé qui cache volontairement la diction de certains mots au creux de ses joues, comme pour mieux les garder mystérieux), Stranded Horse réussit en tout cas son pari.
'Humbling Tides' est un très bel album - le plus beau écouté en 2011 pour le moment, supérieur à son prédécesseur, ce qui n'est déjà pas rien. Plus encore, ses paroles sont ici véritablement portées une musique belle, langoureuse, légère autant que pesante et qu'il sait rendre ample malgré son côté très intimiste. Bref, du ravissement à tous les étages. (sortie: 24 janvier 2011)

Nb: Stranded Horse est en concert à Lyon mercredi soir à Grnd Zero Gerland pour présenter, entre autres, ce 'Humbling Tides'. Et sûrement pour pas cher mon fils. Plus d'infos ici.

Envie d'en savoir plus? Allez donc lire les très bonnes chroniques de Benjamin, de Thom, de Benoit ou encore de Mmarsu.


Son:
Myspace (Trois chansons de 'Humbling Tides' en écoute)
Page officiel de Stranded Horse chez Talitres


Deux chansons en écoute. Shields pour vous mettre par terre, They've unleashed the hounds for the wedding pour vous faire frissonner. (malheureusement plus en écoute)

vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 30-11

Et voilà la suite, le classement du numéro 30 au numéro 11. Avec un titre par album en écoute, plus bas.



30. Thee, Stranded Horse – Churning Strides [Talitres]
Sorte de réponse masculine (et française !) à Joanna Newsom, Thee, Stranded Horse est un disque fascinant. Parce que cet album là aurait pu être un truc chiant comme la pluie après un brushing. Et puis non. Basé autour de la kora, cet instrument africain qui sonne comme une rencontre entre une harpe et une mandoline, 'Churning Strides' est un peu le disque «je t’invite à un voyage. Et c’est moi qui paye» de l’année.


29. A Place to Bury Strangers – st [Killer Pimp]
My Bloody Valentine rencontre New Order et dansent sur les cendres de Ian Curtis qui n’arretent de faire des aller-retours de son cercueil au devant de la scène. Noisy cold-wave shoegaze et tout le toutim. Voire même plus si affinités. On devrait réentendre parler de ces jeunes américains. Et rapidement.



28. Beirut – The Flying Cup Club [Ba Da Bing]
Après un premier album frais mais rapidement lassant, le névrosé Beirut franchit le cap du deuxième album avec élégance, talent et grâce, avec un 'Flying Cup Club' indéniablement beau. Toujours les mêmes ambiances d’Europe de l’Est et un opus qui gagne en cohérence et qui ne peut s’écouter que d’une traite au risque de passer à côté de pleins de choses.


27. Dinosaur Jr – Beyond [Domino]
Devant tous les échecs des reformations de groupes mythiques/à succès/légendaires, celle de Dinosaur Jr était un énorme risque : écorner l’image d’un des tous meilleurs groupes indé de la fin des années 80. Résultat ? Un bonheur. C’est carré, c’est propre et c’est réussi. La reformation qui fait plaisir, rock jusqu’au bout des ongles et intransigeant comme par le passé. Un exemple qu’on aurait aimé que les Stooges suivent.

26. Arcade Fire – Neon Bible [Merge]
Deuxième album plus qu’attendu après le formidable ‘Funeral’, ‘Neon Bible’ m’a déçu aux premières écoutes. Les leaks de quelques chansons, deux mois avant la sortie, ça gâche un peu tout, quoiqu’on en dise. Et puis réenregistrer No Cars Go, je n’y voyais pas un intérêt énorme.
Il y a eu ensuite leur concert à Fourvière en juillet et il m’est rentré dans la peau. Et, ô surprise, ça ne m’a même pas fait mal. Et s’il est moins cohérent, il n’en reste pas moins très bon, avec quelques élans de pop grandiloquente mes amis, je vous dis que ça.

25. Chris Garneau - Music For Tourists [Absolutely Kosher]
Sorti au tout début de l’année, ce ‘Music for Tourists’ est peut-être le premier disque que j’ai écouté en 2007. Et malgré les écoutes, malgré le temps, il aura tenu la route. Et bien. Un album tout au piano, au-dessus duquel vole l’ombre de Cat Power dont l’ami Chris Garneau pourrait être le pendant féminin. Ca ne respire pas la joie de vivre. On pourrait même dire que c’est complètement tristouille et déprimé. Mais c’est beau. Et histoire de finir en beauté, Garneau se pique au jeu de la cover et reprend plus qu'honorablement Between The Bars du grand et feu Elliott Smith.

24. LCD Soundsystem – Sound of Silver [DFA]
Les quelques écueils du premier album sont effacés. Et le second opus remporte la mise. Murphy et ses potos réussissent le tour de force de se renouveler sans changer de formule, toujours la même : du rock et dansant qui plus est, le tout sans concession. Et afin d’enfoncer le clou, 'Sound of Silver' a le don de compter en son sein le tube de cette année, 'All My Friends' (dont l’Ep du même nom est du même tonneau que l’album, pleins de remixes pertinents).

23. Iron & Wine – The Shepherd's Dog [Sub Pop]
Sam Beam s’éloigne de son folk délicat et invite du monde sur son nouveau disque. Des instruments dans tous les sens, toujours ce même sens de la mélodie et un pop-folk inspiré avec des textes engagés bien comme il faut. Bref, l’homme se réinvente et sort un (nouveau) grand cru. Comme d’hab.



22. Justice - † [Ed Banger]
Depuis la sortie de leur remix tonitruant du Never Be Alone Again de Simian en 2003, on savait que Justice allait devenir énorme. La question était juste de savoir quand. 2007 aura donc été leur année. Et ‘†’ un album taille patron, d’une très grande cohérence, influencé à mort par Daft Punk (comme tous les artistes électro du moment, de Digitalism à Boys Noize) et qui savent pondre des tubes avec une régularité ahurissante. Album dancefloor (voire même plus) de l’année.

21. Apples in Stereo – New Magnetic Wonder [Simian]
Inspiré par Pink Floyd (pour leur nom), potes de labels des Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel et autres Beulah, fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, les Apples in Stereo sont ma révélation power-pop de l’année. Des voix au vocoder, du rock, de la pop, le tout habilement aéré par quelques plages instrumentales, 'New Magnetic Wonder' est un bijou à vous donner le sourire, même un lundi matin, à 7h30 du matin, avec -7°C dehors.

20. Blonde Redhead – 23 [4AD]
Blonde Redhead poursuit son virage pop entamé avec ‘Misery is a Butterfly’ et sort un disque détonnant. J’avais espéré un retour aux sources des débuts, quand on les comparait encore à Sonic Youth. Et puis finalement, ce style là leur va si bien. Quelle richesse mélodique ! Quel son ! Loin de faire une redite du précédent album, Blonde Redhead confirme qu’ils ont une classe folle. Et s’imposent définitivement (oui, vous me direz, ça fait un bail) comme un des groupes les plus passionnants de ces 15 dernières années. Pas moins.

19. Clap Your Hands Say Yeah! – Some Loud Thunder [Wichita]
Moi qui étais resté plus que circonspect à l’écoute de leur premier album, insupportable après 5 titres, je ne m’attendais pas à une telle claque. Car oui, ce nouvel album des Clap Your Hands Say Yeah! est un petit régal jubilatoire, blindé de mélodies et de jolis petites idées pour les enjoliver. Dans ce disque là, on retrouve un peu du 'Revolver' des Beatles, un peu de Pixies (le titre d’ouverture est un hommage flagrant), du Violent Femmes aussi. Et la voix, si désagréable sur le premier album, passe beaucoup mieux ici. Comme quoi, quand y a des chansons, c’est tout de suite plus intéressant…

18. Thurston Moore – Trees Outside The Academy [Ecstatic Peace]
Deuxième album solo pour un des leaders du groupe rock le plus important des vingt dernières années, 'Trees Outside The Academy' est d’une grande sobriété, en commençant par la pochette où l’ami Thurston se prend pour Joey Ramone. Un disque qui sent, qui respire Sonic Youth, en plus pose et moins bruitiste, embellie par le joli violon de Samara Lubeski.

17. The Shape Of Broad Minds – Craft Of The Lost Art [Lex]
Un disque de hip-hop à la personnalité toute entière. Quintette sur le papier, The Shape Of Broad Minds est en fait un duo : celui de jaWWAAD et Jneiro Jarel (et de ses trois autres noms de scène : Panama Black, Dr Who Dat et Rocque). Et deux bonshommes qui balancent des prods ciselés, entre jazz et hip-hop, assez psychédéliques et abstrackt et qui rappellent Madlib. Un album dans lequel il est dur de rentrer. Et autrement plus difficile d’en sortir.

16. Malcolm Middleton – A Brighter Beat [Full Time Hobby]
Deuxième album solo pour la moitié de (feu) Arab Strap. Un second opus qui tient la longueur cette fois, rock énervé faisant courbettes à quelques délicieuses chansons pop mélancoliques, le tout sous couvert d’écriture dépressive. Un disque charmant, pertinente solution pour lutter contre le toujours vivace trauma que la mort d’Arab Strap a engendré.


15. C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]
Deuxième opus d’un triptyque discographique de l’ami C-Rayz, ce 'Chorus Rhyme' est un bijou de hip-hop limite old-school, produit à la perfection, plein de punch-lines, de scractchs, de rimes percutantes. Et, cerise sur le pancake, C-Rayz et Parallel Thought pondent un titre dément, de quinze, avec plus de trente emcee qui se succèdent au micro. Grand. Mais alors grand hein.

14. Liars – st [Mute]
Quatrième album des New-Yorkais, peut-être leur plus accessible, plus brut et rock et moins torturé que par le passé. Un album enjoué, maîtrisé, nerveux, avec du tube (Plaster Casts of Everything bordel !) qui, s’il ne prend pas les risques des précédents, est encore une fois une confirmation de tout le talent de ces trois gugusses.



13. Low – Drums & Guns [Sub Pop]
Les années ont beau passer sur le trio américain, elles ne semblent pas avoir d’emprise sur eux. Les mesquins diront bien sur que leurs meilleures années sont derrière eux. Et cela voudra dire qu’ils n’auront pas écouté ce ‘Drums & Guns’ qui montre un groupe dans un état des plus intimiste, torturé, sombre et gentiment expérimental. Dave Fridmann aux manettes et un groupe peut-être pas à son apogée. Mais pas loin.


12. Pumice - Pebbles [Soft Abuse]
Malgré sa pochette de 'Benjamin Biolay en vacances à Cabours', Pumice joue dans la sphère tourmentée. Un disque délicieusement bruitiste, plein de pop déglingué et de larsen, avec du drone par-dessus tout ça (magique Spike/Spear). Un disque tourmenté, vraiment bon, parcouru de titres qui pourraient être des tubes et qui vous arrivent dans la gueule sans savoir comment.


11. Magik Markers – Boss [Ecstatic Peace]
Une voix (y a du Kim Gordon chez elle), du noise, une signature sur le label d’une des têtes de proue du rock indé: un disque coup de boule frontal. La bande à Moore est fan depuis un bail déjà. Et y a de quoi. Un disque surprenant, qui prend à revers son auditoire à chaque nouvelle chanson. Incroyable.




Comme précédemment, le lecteur deezer qui va bien:

dimanche 8 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 10-01



Avant d'en finir avec 2011 et de faire un petit bilan - rapide - de l'année, encore quelques top de fin d'année piochés dans la blogosphère musicale française (j'en ai sûrement oublié beaucoup. N'hésitez pas à donner vos tops/liens dans les commentaires) :
Derrière La Fenêtre
Le Naze Journal de Mbfsc2

Il donc temps pour moi de refermer l'année 2011. Pas dans l'idée de l'oublier, mais plus de voir ce que va pouvoir nous proposer 2012.

Parce que 2011 aura été une belle année, une nouvelle fois. Il est toujours délicat de classer des disques (au-delà du fait que cela a sans doute une utilité bien vaine). Mais cette année, ce fut bien complexe tant les disques (aux univers bien différents) qui m'auront fait vibrer auront été légions.

Mais au-delà de l'aspect musical de 2011, c'est du côté du graphisme que le monde de la musique aura retrouvé des couleurs. Il y aura eu à mes yeux profusions de très beaux artwork, très bien pensés. Souvent simple, parfois plus élaborés, ils ont tous en commun d'avoir Du 'Kaputt' de Destroyer en passant par le 'Ravedeath, 1972' de Tim Hecker, les albums de Craft Spells, Banjo or Freakout, Rivulets, Nicolas Jaar, Lykke Li, Sister Crayon, Wye Oak, Ensemble, ou Over The Rhine, la liste est longue des groupes qui auront su remettre cette année et plus que par le passé (récent) les beaux artwork au goût du jour.

Pour beaucoup des albums présentés ci-dessous, je n'ai pas évoqué la moindre ligne dans ces pages durant 2011. La faute à une année pourrie dans tous les sens du terme à un niveau personnel. La faute aussi à un manque d'idées pour traiter comme il se doit des albums si forts et si grands. Ainsi, vous trouverez (comme depuis le début de ces tops) un petit "+" vous renvoyant vers des chroniques éclairées, très bien écrites, et qui expliquent parfaitement à quels disques nous avons à faire ici.

En tout cas, le dix albums présentés ci-dessous ne sont pas des albums que je vais oublier de si tôt. Et comme ils l'auront fait toute l'année, ces dix disques vont encore tourner souvent sur ma platine.

Mais plutôt que blablater à n'en plus finir, passons donc à ce top 10.
Une fin de bilan 2011 qui me donne l'occasion de vous remercier de venir lire dans ces pages quelques bafouilles musicales tout au long de l'année. Et de vous souhaiter à nouveau tout le meilleur pour 2012.
Bonne lecture et bonne(s) écoutes (au bas du billet, dans le lecteur grooveshark, mais vous commencez à avoir l'habitude).


Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'



10. The Roots - Undun [DefJam]
Vingt-cinq années de carrière derrière eux et pourtant une envie et une ambition sans cesse renouvelée: The Roots est une énigme. Car comment comprendre qu'un groupe aussi important et qui a déjà quasiment tout dit peut avoir l'idée d'un concept album contant les aventures de Redford Stephens, personnage fictif (inspiré du Redford de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' de Sufjan Stevens), jeune garçon noir d'un ghetto américain et à la destinée tragique?
Mieux, comment peut-il sortir avec 'Undun' un de ses plus beaux albums, plus soul qu'hip-hop, lorgnant un peu plus vers l'indie (la présence de Sufjan Stevens pour une reprise de Redford (For Yia-Yia & Pappou) donc), comme ça? Quoi? Le talent? Ah ouais tiens, le talent. Ça doit être ça.
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09. The Dears – Degeneration Street [DangerBird]
Je n’ai jamais été fan des Dears. Même de leur ‘No Cities Left’ loué ici et là. Mais il faut bien dire que j’aurais tout au long de 2011 lentement mais sûrement changé mon fusil d’épaule. ‘Degeneration Street’, ce cinquième album est peut-être l’album d’où s’échappe le plus la notion de plaisir. Des guitares (comme d’hab), une inspiration chopée – notamment – chez le Pulp de Jarvis Cocker, des mélodies à chanter à tue-tête et des chansons solides. Du tout bon tout du long.
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08. Puressence – Solid State Recital [Caserta Red]
Auteur d’un des disques les plus réussis des années 90 (je pense qu’on est deux à penser cela, avec Lyle), on avait un peu perdu de vue les Puressence. Car depuis ‘Only Forever’, je ne peux pas dire qu’ils m’avaient fait vibrer. Et j’ai été bien pris par surprise par ce ‘Solid State Recital’, album de brit-pop/rock d’une grande tenue, aux hymnes imparables. La voix de James Mudriczki est toujours pleine d’émotion. Et les mélodies ne sont pas en restes. Grand disque mélancolique pour grand groupe, méconnu ou mésestimé - c’est selon.
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07. Stranded Horse – Humbling Tides [Talitres]
Deuxième album pour l'ancien Encre, Yann Tambour. Et s’il perd son Thee, il ne perd pas sa kora, cet instrument malien qui rappelle la harpe et la mandoline. ‘Humbling Tides’ amène un poil de pop dans les circuits et quelques cordes pas piquées des vers. Pour un ensemble beau, langoureux, léger autant que pesant, que Stranded Horse sait rendre ample malgré le côté intimiste de la chose. En un mot comme en cent, sublime.
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06. Cold Cave – Cherish The Light Years [Matador]
Cet album de Cold Cave contient 9 chansons. Et autant de tubes. Beaucoup trouvent (ou trouveront) cet album putassier au possible, prenant autant à The Human League ou New Order qu'à la scène post-punk en général.
Mais il est pour moi un régal sans nom. ‘Cherish The Light Years’ ou l’album le plus efficace de 2011. A danser sans modération, le doigt collé au synthé.
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05. Hausckha – Salon des Amateurs [Fat Cat]
Un des très grands absents des tops de fin d’année à mes yeux. Hauschka a pourtant sorti là un album des plus électros et des plus fins qui soit. Tout en gardant une trame très classique (on ne se renie pas), Hausckha balance tout du long de ce ‘Salon des Amateurs’ des morceaux où la répétition des rythmes et l’empilage des sons donne à l’ensemble une folie que n’aurait pas renié Four Tet. Très grand album organique. Et splendide.
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04. Bill Wells and Aidan Moffat – Everything's Getting Older [Chemikal Underground]
Non content d’être un des comptes twitter les plus à suivre, Aidan Moffat m’aura soufflé cette année. Avec Bill Wells, jazzman de son état croisé ici ou là depuis quelques années, le plus cynique des écossais aura sorti un disque en tous points remarquables. ‘Everything's Getting Older’ est un mélange savoureux et délicat de musique jazzy de Bill Wells et la voix écossaise nonchalante d’Aidan Moffat, chantant et/ou débitant ses histoires bien sombres pour être honnêtes. Mieux, le duo s’amuse à pondre, au débotté, une chanson pop du meilleur effet, Glasgow Jubilee.
Et si l’écoute seulement de l’album se suffit à elle-même, elle prend encore une toute autre ampleur les paroles à la main. Entre la carrière solo de Malcolm Middleton et celle d’Aidan Moffat, je crois qu'Arab Strap peut reposer sur ses deux oreilles.
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03. Low – C’Mon [Sub Pop]
Les groupes pouvant se targuer d’avoir une discographie sans faille ne sont pas nombreux. Low est un de ceux là, qui plus est après ce ‘C’Mon’, clairement un des meilleurs albums du duo Sparhawk/Parker. Slowcore, pop, presque soul par moment, composé de chansons parmi leurs meilleures (Especially Me, tuante, et le blues-slowcore renversant de Nothing but Heart, pour ne citer que ces deux là), ‘C’Mon’ est un album bouleversant et qu’il faut avoir écouté en 2011.
Vu en concert il y a deux mois de cela à Lyon. 1h15 de show. Un régal. Un public figé et abasourdi par la classe de ce qu’il venait de recevoir.
Alors oui, il y a ‘Things We Lost in Fire’. Evidemment. Mais ce ‘C’Mon’ n’est pas si loin que cela du chef d’œuvre de Low. Quel groupe. Mais quel groupe!
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02. Tim Hecker – Ravedeath, 1972 [Kranky]
A mes oreilles, Tim Hecker a une discographie sans faille. Aussi bien en solo qu'avec d'autres (comme avec Aidan Baker en 2009).
Pour ‘Ravedeath, 1972’, Tim Hecker s’est inspiré d’une photo. Celle de l’artwork. Il s’agit d’étudiants du MIT qui, en 1972, s’était amusé à balancer du haut d’un immeuble un piano. Pourquoi ? Pour rien.
Il en résulte une musique entre ambiant/noise, sombre, que l’on pourrait qualifier de redondante si l’on passait rapidement mais qui est pleine d’aspérité. Une musique exigeante, bruitiste mais délicate, aux contours cotonneux et à l’ambiance mélancolique.
Je ne pensais que cela pouvait être possible de faire mieux, mais je pense que Tim Hecker vient de pondre là son meilleur album. C’est dire !
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01. Kieran Hebden, Steve Reid and Mats Gustafsson – Live at the South Bank [Smalltown Superjazzz]
Début décembre, au détour d’une chronique, j’apprends que dans un anonymat assez fou est sorti un live rassemblant Kieran Hebden (héros de ces pages), Steve Reid (batteur de génie disparu au printemps dernier) et Mats Gustafsson (saxophoniste suédois qui a collaboré avec une pléiade d’artistes, dont les plus célèbres se nomment Jim O’Rourke, Sonic Youth et The Ex).
Pour être franc, mon album de l’année devait se décider entre le ‘C’Mon’ de Low et le ‘Ravedeath, 1972’ de Tim Hecker. Et puis est arrivé ce live. Qui a mis les choses au point.
Enregistré en juin 2009, à Londres, ‘Live at the South Bank’ est un enregistrement live dantesque qui rendrait presque les collaborations Steve Reid/Kieran Hebden pour de gentils amuse-bouches.
Deux disques, 6 titres et plus d’1h20 de jam, de free jazz, de batterie démoniaque, d’electronica répétitive et de saxophone dévastateur. Sur ‘Live at the South Bank’, l’univers de ces trois protagonistes prend une ampleur folle pour créer une musique délirante, habitée, dérangeante et hypnotique. On ressort véritablement lessivé de l’écoute de cet album live. Mais il y a un tel souffle, une telle inventivité, un tel magnétisme qui s’en ressort qu’on y retourne aussitôt.
Bordel, la musique, c’est ça ! Et c’est pour des moments comme celui-ci qu’on en écoute.
+ / buy


Comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark présentant une chanson ou un titre des 10 albums présentés au-dessus (il n'y en a que 9 pour le moment. Le 10è arrive très rapidement):





Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'

mercredi 10 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (20-01)



Avant de mettre un point final à mon année musicale 2017, finissons notre petit tour d'horizon (partiel, j'en ai bien conscience) des « bilans de l'année » des blogs amis et voisins :

Voilà donc les 20 albums qui m'auront le plus marqué en 2017. De superbes révélations françaises (et lyonnaises), des disques beaux, souvent à en pleurer, une découverte essentielle pour mes oreilles, du melting-pot absolument brillant et un album aussi court que fabuleux, produit par un duo d'américains que rien ne semble arrêter. 
Et comme d'habitude, une chanson de chaque disque présenté ci-dessous est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer plus bas. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21



20. H-Burns - Kid We Own The Summer [Vietnam]
Rock lumineux et ambiances mélancoliques (la chanson titre qui ouvre l’album en est la meilleure preuve) au programme de ce nouvel album du romanais. Montant encore d’un cran dans la qualité, H-Burns s’impose (s’il était besoin) comme un des mètres étalon du genre américain, en vo certes, mais à la française.


19. Julien Baker - Turn Out The Lighs [Matador]
Acheté sans écoute préalable sur les bons conseils de Walleum, ce premier album de Julien Baker (rien à voir avec « Les Frères Scott ») est en tout cas d’une beauté sidérante, où l’urgence perce derrière son chant et ses mélodies. Une douceur punk très personnelle et aux accents émo.


18. Raoul Vignal - The Silver Veil [Talitres]
Premier album folk élégant et lumineux de la part du lyonnais Raoul Vignal, et c'est Talitres, toujours à l'affût, qui sort le tout. Entre Kings of Convenience, Stranded Horse, sous le haut patronage de Nick Drake, voilà un bien beau disque, à l'ambiance impeccable.


17. Beach Fossils - Somersault [Bayonet]
Rarement emballé par le trio de Brooklyn, 'Somersault' est une révélation. Leur ambition, leur son plus pop, plus rond et leurs belles orchestrations m’auront beaucoup séduit. Dépourvu de fautes de goûts, ce quatrième album des Beach Fossils a même de faux-airs de réponse new-yorkaise au 'Hang' des californiens de Foxygen.
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16. ENTRANCE - Book of Changes [Thrill Jockey]
Hors du temps, anachronique, 'Book of Changes' est le premier album en 13 ans de Guy Blakeskee qui officie sous le nom d’ENTRANCE. Folk, pop, subtilement arrangé, avec de beaux chœurs, des violons aussi efficaces que discrets, portés par une belle guitare, voilà un des disques les plus beaux écoutés cette année.


15. Percolator - Sestra [Penske]
Kraut-rock, shoegaze, noise-pop, noise-rock, drones, guitares fuzz, reverb', rythmiques martiales, mélodies lumineuses : voilà tout ce qui est au programme de ce premier album de Percolator, trio irlandais auteur d’un disque tonitruant.

14. State Broadcasters - A Different Past [Olive Grove Records]
Sur leur troisième album en 8 ans, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques, pop-songs à la I'm From Barcelona, rappellent tantôt leurs cousins de Dancing Mice, le Spinto Band ou le grand ordonnateur qu'est Sufjan Stevens. Mieux, ils convient à leur festin pop, en plus des traditionnels piano, guitares et basses, de la harpe, de l'accordéon, du trombone et du violoncelle. Parfait.


13. Valparaiso - Broken Homeland [Zamora Label] 
Mené par d’anciens Jack The Ripper, ce premier album de Valparaiso aura invité sur son album sans doute le plus beau casting de 2017 : Howe Gelb, Shannon Wright, Marc Huyghens (Venus), Josh Haden (Spain), Dominique A et autres John Parish (par ailleurs producteur du disque). Très beau voyage musical qui dévoile peu à peu son americana tantôt langoureuse, tantôt électrique.


12. Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris - Noplace [Gizeh Records] 
Composé avec Thor Harris (batteur de Swans) et Simon Goff (violoniste anglais), ce nouvel album d’Aidan Baker (le cinquième de l’année !) est un disque langoureux, uniquement instrumental, rempli de longues mélopées lancinantes, extatiques. Un ticket pour un voyage ambient en apesanteur, avec pour seules armes guitare, violon et batterie.

 

11. St. Vincent - MASSEDUCTION [Loma Vista]
L'ex de Polyphonic Spree et du groupe de Sufjan Stevens ne m'a jamais vraiment touché avec ses albums solo. Pourtant, son dernier en date 'MASSEDUCTION' m'aura happé avec sa pop-électronique aux accents mainstream, où les tubes sont nombreux (Los Ageless, New York) et derrière lesquels se cachent des textes personnels et sombres.


10. The Luxembourg Signal - Blue Field [Shelflife]
J'ai beau tourner ça dans tous les sens, The Luxembourg Signal est sans conteste MA révélation de 2017. Renversé par leur superbe 'Laura Palmer' (un de mes 7" de l'année, mais surtout mon single 2017), 'Blue Field', leur second album, ne saurait pas être résumé à cette chanson imparable. Septet, le groupe sait produire une pop aussi rêveuse que nerveuse et endiablée, pleine de guitares. Brillant.
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09. AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]
Dans une année lyonnaise plus que réjouissante, AVIONS est sans doute le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce ne soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, et puisant leur inspirations dans les années 90, ce 'Loner' a un sacré chien (oui, elle est facile).


08. The Magnetic Fields - 50 Song Memoir [Nonesuch]
Pour ses 50 ans, Stephin Merritt, pas avare de compositions, s'est dit qu'il allait sortir un album retraçant les 50 années de sa vie. Ce qui nous donne donc un coffret de 5 disques de 10 chansons et 2h30 de musique. On passe ici par tous les états. Et le résultat est magnifique, comme souvent. Textes profonds ou anecdotiques, sérieux ou plein de dérisions, chansons travaillées ou presque ivres, le meneur des Magnetic Fields accompagne l'ensemble de belles mélodies et de sa voix reconnaissable entre mille. Un disque qui, à l'instar de '69 Love Songs' devrait être une source de découverte intarissable. Happy Birthday Stephin.


07. Phoebe Bridgers - Stranger in the Alps [Dead Oceans]
S'il fallait élire le disque le plus touchant de l'année, sans nul doute que ce serait le 1er album de Phoebe Bridgers. Un disque mélancolique à souhait, où elle dévoile des compositions simples mais toujours belles, sur fond de guitares et piano grave. Et quand elle prend ses aises, elle n'en est que plus convaincante.


06. Max Richter - Three Worlds: Music From Woolf Works [Deutsche Grammophon] 
Disque construit autour de trois livres de l’écrivaine Virginia Woolf, il est à la base la bande-originale d'une création théâtrale. Album magnifique qui voit Max Richter revenir à ses premières amours et mélanger musique néo-classique et littérature ('The Blue Notebooks' et  Franz Kafka, 'Songs from Before' et Haruki Murakami), 'Three Worlds: Music From Woolf Works' se termine par une chanson de plus de 20 mns absolument superbe et qui sait prendre son temps.


05. Richard Dawson - Peasant [Domino]
Se posant en véritable conteur, l'anglais Richard Dawson plonge sa folk (avant, progressive ou orchestrale, c'est selon) dans le moyen-âge et une contrée du nord de l'Angleterre actuelle, désormais disparue. Chaotique, pleine de clappings, de chœurs, de guitares sur le fil de la justesse, parfois effleurées, souvent maltraitées, la musique de Richard Dawson et de ses compagnons est ensorcelante à souhait. Sans aucun doute, le plus beau disque de l'écurie Domino sorti en 2017


04. Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]
Là où le côté calculé du retour des LCD Soundsystem m'a empêché d'apprécier le 'American Dream' de la bande à Murphy, le retour des Wolf Parade respire la sincérité ; et est particulièrement imparable. S'ouvrant sur une chanson divine et synthétisant à merveille les appétences musicales de Spencer Krug et de Dan Boeckner, 'Cry Cry Cry' réussit à marier avec une grande subtilité des textes désabusés à des mélodies dansantes et enivrantes.


03. Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]
Joliment produit, très bien mis en musique, ce nouvel album des Satellite Jockey est l'album pop de mon année 2017. Disséminant clin d’œils sixties ici et là, chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey auront sorti un disque de pop classieuse, de grande qualité, et qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée à sa bio.


02. James Holden & The Animal Spirits - st [Border Community]
Véritable découverte, cet album de James Holden & The Animal Spirits est un disque totalement instrumental mais flamboyant en de nombreux points. Melting-pot de sonorités et d'influences (musique orientale, (free) jazz, expérimental, électro, folk sous-acide, des saxophones ivres, etc), enregistré en une prise live pour chaque morceau, il est surtout d'une consistance et à la fois d'une facilité d'écoute autant sidérante que déconcertante.


01. Foxygen - Hang [Jagjaguwar]


Sans hésitation, le disque le plus brillant de 2017 est le nouvel album des Foxygen, duo américain habitué de ces pages. 'Hang' est un album prodigieux, qui contraste totalement avec leur gargantuesque '... And Star Power', leur précédent disque. Ici, 8 chansons en 32 mns. Mais quelles chansons !
Parlant aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, les Foxygen auront su soigner l'habillage de leurs chansons : un orchestre complet les entoure, auquel viennent se joindre les Lemon Twigs, Matthew E. White et autres Steven Gregory Drozd des Flaming Lips.
Surtout, en plongeant la tête la première dans une pop racée, qui tient autant de l'americana, du glam que des comédies musicales à l'ancienne, le duo aura sorti en 2017 un disque aussi ambitieux que réussi, aux mélodies impeccables et à la mise en musique parfaite.


Comme de coutume, une chanson de chaque disque présenté ci-dessus est en écoute dans un lecteur Spotify et un lecteur Deezer. Sauf pour AVIONS, indisponible sur ces deux plateformes. Bonne(s) écoute(s) ! 






Bilan 2017 :
Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 40-21