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vendredi 12 mai 2017

Sufjan Stevens - Carrie & Lowell Live [Asthmatic Kitty]

J’ai eu la chance de voir Sufjan Stevens trois fois en concert. Une pour son premier concert français, au Point Éphémère en 2005, quelques mois après la  sortie de l’indépassable 'Come On Feel The Illinoise'. Un concert où tout le groupe était déguisé en cheerleaders.
La seconde fois c’était à l’Olympia en 2011 pour ce concert dantesque, épatant, ébouriffant, lors de la tournée pour 'The Age of Adz' et 'All Delighted People Ep'.
La troisième fois, c’était l’an passé, au Radiant, à Caluire-et-Cuire, à côté de Lyon pour la tournée de 'Carrie & Lowell', l’album dédié à sa mère et à son beau-père.

Un disque d’une simplicité et d’une beauté renversante, composé de chansons qui tutoient le sublime comme rarement depuis 'Come on Feel The Illinoise'. Le concert qui en avait découlé donc (setlist ici), dans une salle bondée, assise, silencieuse et respectueuse, avait été un beau moment mais en montagnes russes. Un début parfait, intimiste comme il faut. Puis une partie centrale où Sufjan Stevens usait et abusait d’effets pas toujours bienvenus : si la réorchestration de 4th of July était très réussie (même en version dub, cette chanson resterait de toutes façons parfaite), d’autres moments étaient beaucoup plus dérangeants, se réduisant souvent en gloubiboulga indigeste (la palme étant décernée à un Blue Bucket of Gold interminable mais aussi à un I Want to Be Well massacré dans sa première partie et dingue de beauté dans sa seconde). 
Enfin, la fin du concert et son rappel voyait Sufjan Stevens revenir à la raison avec un enchainement de chansons merveilleuses (excusez du peu : Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, Sister, Heirloom, The Dress Looks Nice on You, Futile Devices, Casimir Pulaski Day), avant de se terminer par un Chicago (forcément) nu comme un ver, mais à la perfection inégalée.

Dix-huit mois après cette tournée, Sufjan Stevens sort une version live de son 'Carrie & Lowell'. Enregistré au North Charleston Performing Arts Center en Caroline du Nord, ce live ne fait pas dans la mesure puisqu’il compile 16 titres pour près de 90 mns de musique. Plus court que la version lyonnaise, 'Carrie & Lowell Live' recense les 11 chansons de l’album original (plus une version outro de Blue Bucket of Gold), deux chansons de 'The Age of Adz' (Futile Devices, Vesuvius), une de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' (Redford (For Yia-Yia & Pappou)) et une reprise du Hotline Bling de Drake, totalement dispensable.

Et en resserrant son format, Sufjan Stevens évite quelques écueils entendu lors de son concert lyonnais. Moins fantasque sur quelques passages (à part l’outro de Blue Bucket of Gold en fait), plus fin dans l’ensemble, grandement mené par une ambition acoustique générale et immensément brillant sur de très nombreux passages, il emporte largement la mise. Le seule regret au final est que 'Carrie & Lowell Live' ne soit disponible qu’en version digitale (à un 12’’ de Blue Bucket of Gold / Hotline Bling près). On a vu déception plus grande, oui. (Sortie : 28 avril 2017)

Son :
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est à l'achat digital sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Blue Bucket of Gold / Hotline Bling 12"' est en précommande sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons tirées de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens en écoute ce jour. Should Have Known Better, selon moi la plus belle chanson de 'Carrie & Lowell', à presque égalité avec 4th of July (deuxième titre en écoute). Et pour finir, le magnifique All of Me Wants All Of You.






Enfin, Asthmatic Kitty a mis en ligne la version vidéo de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens. Et c'est à voir ci-dessous :


vendredi 8 décembre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Tonya Harding (in Eb major)

Mercredi, alors que la France perdait son héros national, Sufjan Stevens sortait deux versions d’une même chanson consacrée à Tonya Harding, la patineuse américaine à l’origine du plus gros scandale de ce sport lorsqu’elle avait envoyé quelqu'un tenter de fracasser à coups de barre à mines les jambes de Nancy Kerrigan, son équipière (et concurrente) d’alors en sélection nationale, ce juste avant les Jeux Olympiques de Lillehammer de 1994.

Dernièrement, dans le monde merveilleux de l'Internet, nous étions d'ailleurs quelques uns à deviser sur le sujet à l’occasion de la future sortie d’un biopic consacré à Tonya Harding (bande-annonce plus bas). Et nous nous étonnions que, pour un pays si enclin à mettre sur pellicule le moindre moment de gloire ou de descente aux enfers de ses concitoyens, il n’y avait pas eu à ce jour un film retraçant l’histoire tumultueuse (car l’histoire de Tonya Harding ne s’arrête évidemment pas au cassage de jambes de sa compatriote) de cette patineuse pas comme les autres.

Ce film va donc voir le jour et s’appellera ‘I, Tonya’. Sufjan Stevens, qui semble sincèrement aimer la patineuse de l’Oregon, a offert au producteur du film deux versions d’une chanson, simplement nommée Tonya Harding. Mais il semblerait que l’équipe du film ne lui ait pas trouvé de place. Pourtant (et le clip le prouve, voir plus bas), cette chanson, en plus d’être une vraie déclaration d’amour à la patineuse («  So fight on as you are My American princess May God bless you with incense You’re my shining American star »), possède une vraie force cinématographique.

Que ce soit dans sa version D Major ou Eb Major, Sufjan Stevens continue ici de tracer le sillon de ‘Carrie & Lowell’. Délicat, chanté d'une voix presque aérienne, Tonya Harding est une belle composition, dont la sincérité de Sufjan Stevens transpire de toutes parts.
Ces deux morceaux s'accompagnent aussi d'un long texte intitulé « Tonya Harding, My Star » revenant sur la vie de la championne américaine et sur les raisons de l'attachement de Sufjan Stevens à la star déchue (à lire ici), lui qui avoue essayer d'écrire sur elle depuis l'âge de 15 ans.

Ce Tonya Harding (qui sortira en 45-tours début 2018) prouve en tout cas que plus les années passent et plus Sufjan Stevens aime à sortir des chansons comme ça, au débotté. Ne suivant que son instinct et souhaitant autant partager ses nouveaux albums, des disques live, des compilations de chutes de studios que des inédits vieux de 10 ans. Qu'il en soit remercié à nouveau.

Album : Tonya Harding 7''
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Tonya Harding (in Eb major) de Sufjan Stevens, très dépouillée, est également en écoute ci-dessous :



Tonya Harding (in D Major), l'autre version de ce 45-tours, plus orchestrée et plus lente, est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Tonya Harding (in D Major), sur des images de la patineuse en 1990 lors des championnats de patinage des États-Unis :




Pour finir, la bande-annonce de ‘I, Tonya’, le film à venir sur Tony Harding, sans chanson de Sufjan Stevens donc :



mardi 16 septembre 2014

[Track of The Day] Sufjan Stevens - A Little Lost (Arthur Russell Cover)

On dira ce qu'on veut, mais rien ne détrônera la radio. Comme à mon habitude, hier soir j'étais branché sur les ondes de France Musique pour écouter l'émission hebdomadaire de Vincent Théval Label Pop. Et à un moment donné, sans crier gare, après Kraftwerk, bim, un nouveau Sufjan Stevens.

Bon, calmons nous, ce n'est pas une nouvelle composition. Mais quand même ! Il s'agit là d'une reprise d'Arthur Russell pour une compilation à l'artiste new-yorkais qui sort le 20 octobre prochain. Arthur Russell, américain mort du sida en 1992 à l'âge de 41 ans, était un artiste a plusieurs vies, entre minimalisme, expérimental, arty-pop et productions disco. Le tout sans se départir (la plupart du temps) de son violoncelle.

Personnellement, j'ai découvert Arthur Russell via la réédition de 'World of Echo' en 2005 par Rough Trade (magnifique album s'il en est); un artiste pas toujours facile d'accès cependant (j'ai mis un peu de temps à l’apprivoiser), mais dont on sent toute l'importance et l'influence aujourd'hui, quand bien même il n'est pas cité à longueur d'interview.

Sufjan Stevens reprend A Little Lost, une chanson en forme de belle déclaration d'amour tirée de 'Another Thought', un disque posthume de 1994 compilant beaucoup de ses chansons restées inédites à l'époque ; chanson que l'on retrouve sur 'The World of Arthur Russell', compilation de Soul Jazz en 2003 qui aura remis notre homme sous la lumière (encore et toujours faiblarde) des projecteurs.

Je ne pensais pas que la version de Sufjan Stevens était déjà en écoute, mais si, et depuis fin juillet dernier. Ça m'apprendra à travailler les mois d'été tiens.
Et, ô surprise, Sufjan Stevens s'en sort divinement bien. Et pourtant, ce n'était pas gagné. Sa version tranche franchement avec l'originale (en écoute plus bas) ; et alors que le A Little Lost d'Arthur Russell ressort comme une belle chanson pop, entre guitare acoustique et son inusable violoncelle, Sufjan Stevens prend le pari des beats qui lui colle à la peau depuis quelques années déjà. Et en s'appuyant sur des parties différentes de la mélodie qu'Arthur Russell, il fait de sa version une belle chanson pop, très ample, où un clavier lumineux tranche avec une production plus pesante.

Mais à le lire, ce n'est pas une surprise, tant il semble apprécier, aussi bien A Little Lost que le travail d'Arthur Russell (merci à Pitchfork) :

« I like “A Little Lost” because it’s all about kissing. I love kissing. If I could kiss all day, I would. I can’t stop thinking about kissing. I like kissing more than sex because there’s no end to it. You can kiss forever. You can kiss yourself into oblivion. You can kiss all over the body. You can kiss yourself to sleep. And when you wake up, you can’t stop thinking about kissing. Dammit, I can’t get anything done because I’m so busy thinking about kissing. Kissing is madness! But it’s absolute paradise, if you can find a good kisser.

Arthur’s music is all over the place, but most of it seems to be about embracing darkness (loneliness) and ambiguity (confusion) with the biggest bear hug in the world. Catharsis! He didn’t give a shit about fads or fashion even as he was influenced by popular music, club music, and all that shitty art music at the Kitchen. He kind of cobbled it all together to create his own diverse musical language, He was funny as shit (a wordsmith, a master of the innuendo), but also dead serious (and blunt) about the deepness of his feelings, unafraid to express affection in his songs, without pandering or cliche. Arthur was real as shit. You can’t fake realness. »

Tout est dit. Reste donc plus qu'à écouter, réécouter et encore écouter cette version de Sufjan Stevens. Se (re)plonger dans l’œuvre (peu pléthorique de son vivant, plus importante depuis) d'Arthur Russell. Et de découvrir cette compilation qui convie du beau monde à l'hommage, d'Hot Chip à Arcade Fire, de Robyn à Phosphorescent en passant par les Scissor Sisters, Cults et Devendra Banhart. Le tout sous le haut patronage de Red Hot Organization, déjà responsable d'une compilation encensée en ces pages, 'Dark Was The Night'. Où apparaissait déjà un Sufjan Stevens (chanson en écoute ici). Tiens donc...


Album : Master Mix: Red Hot + Arthur Russell
Année : 2014
Label : Yep Roc.

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La reprise d'A Little Lost par Sufjan Stevens est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

La version d'A Little Lost par Arthur Russell est quant à elle en écoute ici :


lundi 8 octobre 2012

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Christmas Unicorn

Certes la news n'est pas très fraiche (cinq jours. Et cinq jours en Internet Time, c'est  comme célébrer la victoire de la France à la Coupe du Monde 1998 en mars 1999), mais elle mérite d'être une nouvelle fois relayée.
Comme on pouvait si attendre après quelques vidéos un brin surréalistes postées ces dernières semaines sur son site, Sufjan Stevens va donner suite au premier coffret de noël sorti en 2006.

Un second coffret compilant les volumes 6 à 10, dont certains avaient vu le jour sur le net grâce à quelques amis indélicats (rappelons que ces chansons de noël sont à la base écrites et confectionnés pour la famille et les amis de Sufjan Stevens, uniquement).

'Silver & Gold (Songs for Christmas #6-10)' (puisque c'est le nom de ce coffret) se composera donc de 5 disques, près de 60 chansons et verra la participation, excusez du peu, de Aaron et Bryce Dessner (The National), Richard Reed Parry (Arcade Fire) ou une partie de Danielson Famile, entre autres. On devrait à mon sens retrouver autant une folk classique et qui a fait le succès de Sufjan Stevens que la pop délirante de 'The Age of Adz'.

Le tout sortira le 13 novembre prochain. Et sera disponible aussi bien en version digitale, cd que lp.

Mais puisque aujourd'hui, sans extrait à offrir tu n'es qu'un salaud, Sufjan Stevens propose de découvrir ce 'Silver & Gold (Songs for Christmas #6-10)' par un premier morceau, Christmas Unicorn, qui sera la chanson numéro 58 du coffret (et surement la dernière d'ailleurs) et qui combine les deux périodes de notre homme, folk et pop futuriste.

Et attention les yeux: 12'28" au compteur, une montée progressive, presque répétitive qui se termine sur un hommage au Love Will Tear Us Apart de Joy Division avec un sublime canon de cinq minutes et totalement irrésistible.

Bref, Sufjan Stevens a abandonné son projet fou de sortir un album sur chacun des états des Etats-Unis d'Amérique. Mais il n'avait pas précisé que c'était pour mieux composer la cartographie musicale du Pôle Nord. On ne va pour autant pas s'en plaindre.

Album: Silver & Gold (Songs for Christmas #6-10)
Année: 2012
Label: Asthmatic Kitty



Christmas Unicorn est en écoute également sur le bandcamp de Sufjan Stevens. Ou en téléchargement (contre une adresse mail) ici-même.



Toutes les informations quant à l'achat ou au pré-commande de ce 'Silver & Gold (Songs for Christmas #6-10)' sont disponibles ici.

vendredi 13 octobre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Wallowa Lake Monster

Sorti il y a déjà deux ans, 'Carrie & Lowell' n'en finit plus de continuer d'exister. Depuis, celui-ci aura en effet eu droit à une version live (lire ici) à laquelle viendra s'ajouter dans quelques semaines 'The Greatest Gift' (malheureusement uniquement disponible au format digital), une mixtape compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites et exclues du tracklisting final : The Hidden River of My Life, City of Roses, The Greatest Gift et Wallowa Lake Monster, en écoute ce jour.

Seul 'Come on Feel The Illinoise' avait eu droit à ce traitement de faveur, avec la sortie en 2006 de 'The Avalanche', une compilation de chutes de studio. Ce qui en dit beaucoup sur l'importance que porte Sufjan Stevens à 'Carrie & Lowell'.

Wallowa Lake Monster donc. Une chanson de plus de 6 mns, très belle (évidemment), dans l'esprit de 'Carrie & Lowell', mais avec plus d'emphase ; et qui explique pourquoi ce titre ne s'est pas retrouvé sur l'album original. Une chanson où il toujours question de la mère de Sufjan Stevens, mais de façon plus poétique et métaphorique. La chanson se termine d'ailleurs par ces mots :  « As we wait for the waters to reside, her remarkable stoicism and her pride, when the dragon submerged we knew she had died ».

Notons aussi que Sufjan Stevens vient de s'essayer à la musique de film vu qu'il a composé trois chansons pour 'Call Me By Your Name', un long métrage de Luca Guadagnino, à sortir ces prochaines semaines (au moins aux États-Unis). Fin d'année chargée pour l'homme de Detroit.

Album : The Greatest Mix
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify dans la colonne de gauche, Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :


Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est aussi disponible ici :



La bande-annonce de 'Call Me By Your Name', où l'on peut donc entendre une partie d'une des trois chansons composées par Sufjan Stevens :



mardi 7 septembre 2010

Sufjan Stevens - All Delighted People Ep [Asthmatic Kitty]

Quand le compère Sufjan Stevens revient aux affaires, il ne fait pas semblant. Ne s'étant pas jeté dans la gueule du loup qui l'attendait au sortir du succès de 'Come On Feel The Illinoise' en 2005 , notre homme avait su se faire discret depuis quatre ans.
Et puis là, au sortir d'un été chaud comme un mois de mars, le sosie de Ted Mosby - de How I Met Your Mother - annonce un nouvel Ep, 'All Delighted People Ep'. Et cinq jours plus tard, un nouvel album, 'The Age of Adz'. Boum, ça, c'est fait: la relève de son chef d'œuvre de 2005 (dernier album chanté jusque là) est donc arrivée.

Vu qu'on ne sait finalement pas grand chose de ce dernier (à un I Walked près, en écoute ici), concentrons donc sur 'All Delighted People Ep', splendide sortie de retour.

Avec ce nouveau disque, Sufjan Stevens fait fort en se permettant de sortir un des Ep les plus longs de l'histoire de la musique avec près de 60mns (pour 8 chansons!).
Et forcément avec une telle longueur, une question se pose: pépère aurait-il fondu un plomb? Et son 'All Delighted People Ep' est-il une vaste fumisterie pleine de grandiloquence ridicule ou simplement un coup de génie?

Même en mettant mon admiration sans borne pour ce bonhomme de côté, je suis obligé de répondre «coup de génie». Et pourtant, il y a bien ici de l'emphase, mais rien de suranné, rien de sur-joué. Non. Sufjan Stevens compose des chansons inspirées et solides, n'hésitant à partir très haut, très fort, pour mieux revenir sur terre en deux accords que lui seul semble détenir.

All Delighted People (sorte de bijou folk à tiroir de près de 12 mns où Sufjan rend hommage au Sound of Silence de Simon & Garfunkel) ou sa version classic rock (plus courte et électrique), Djohariah (immense chanson de 17 mns à l'intro longue et incroyablement fascinante, toute en montée et en pression), Enchanting Ghost ou Arnikaou, toutes ces chansons sont de grandes compositions permettant à Sufjan Stevens de faire un retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres enivrants.

Récemment Matt Berninger, chanteur de The National, déclarait que son groupe avait participé à l'enregistrement du prochain disque de Sufjan Stevens. Et annonçait sans coup férir: «it's sounding incredible». Espérons qu'il parlait de 'The Age of Adz': on sait désormais que 'All Delighted People Ep' est un disque extraordinaire. (sortie: 20 août 2010)


'All Delighted People Ep' est disponible pour le moment en version numérique, pour 5$, en cliquant ici. Heureusement, Sufjan Stevens a anonncé que l'Ep verra le jour physiquement en double-LP (!) en décembre prochain.

Son:
Myspace
Site officiel chez Asthmatic Kitty

Deux chansons de 'All Delighted People Ep' en écoute aujourd'hui: l'intro et la conclusion de ce disque: All Delighted People (Original Version) et Djohariah. Elles ouvrent et ferment l'Ep, sont longues, mais méritent vraiment l'écoute. (malheureusement plus en écoute)

mardi 19 janvier 2021

[Track of The Day] CARM - Song of Trouble (feat. Sufjan Stevens)

CJ Camerieri est un nom qui ne vous dira sans doute rien, mais la trompette de ce new-yorkais a sans doute déjà atteint vos oreilles vu qu'il a officié sur quelques albums remarqués des têtes d'affiche de la pop music de ces 15 dernières années. On a donc pu le croiser sur le dernier album de The Tallest Man On Earth, sur le coffret de Noël 'Silver & Gold' de Sufjan Stevens (la trompette sur The Child With The Star On His Head c'est lui), sur le second album ('Bon Iver, Bon Iver') et le dernier ('i,i') de Bon Iver, sur Conversation 16 du 'High Violet' de The National, mais aussi chez Martha Wainwright, John Legend, Poliça, Chris Garneau ou encore Serengeti. To name a few comme disent nos voisins.

Rien d'étonnant donc que pour son premier effort solo sous le pseudonyme CARM, il se soit entouré d'une ribambelle d'artistes et pas les moins fameux, jugez plutôt du casting (je vous le mets au complet, histoire de) : Sufjan Stevens, Shara Nova (My Brightest Diamond), Justin Vernon, Georgia Hubley et Ira Kaplan de Yo La Tengo, Lupin, Cliff Rhymes et Benson Ramsey (The Pines), pour ce qui est du chant. Et Mouse on Mars, Francis Starlite, Jake Hanson, Mike Boschen, Chris Bierden (Poliça), Mark McGee, Amati, Joe Westerlund, Dustin Zahn, Alex Nutter, Trever Hagen, Nick Camerieri, Hideaki Aomori, Mick Rossi, Bryan Nichols, Rob Moose (Antony And The Johnsons) et Gabe Cabezas. Cela est un name-dropping de compétition mais si tous les noms ne me sont pas familiers, avouez tout de même que le casting a une sacrée gueule.

Et après dévoilé les chansons avec Justin Vernon, Shara Nova, Georgia Hubley et Ira Kaplan, CARM a mis en ligne Song of TroubleSufjan Stevens oeuvre (notamment) derrière le micro. Une chanson au texte sublime, à l'ambiance toute Sufjaniene (on dirait qu'elle sort droit des sessions de 'Carrie & Lowell'), à la production cotonneuse et étouffée et à la beauté implacable où Sufjan Stevens chante merveilleusement bien - comme il est de coutume chez lui dès qu'il s'agit de chansons à la mélancolie douce. Un Song of Trouble qui ouvrira cet album de CARM (quand Land avec Justin Vernon le fermera), qui promet beaucoup et qui sera à découvrir dans son entièreté dès ce vendredi. Hâte.

Album : CARM
Année : 2021
Label : 37d03d

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Song of Trouble de CARM, avec au chant Sufjan Stevens, est également en écoute ci-dessous :

Les paroles de Song of Trouble de CARM et Sufjan Stevens sont à découvrir ici : 

Autre chanson extraite de cet album éponyme de CARM, voilà Land, avec Justin Vernon au chant : 

jeudi 14 septembre 2023

[Trackf of The Day] Sufjan Stevens - Will Anybody Ever Love Me?

Soixante-neuf secondes. C'est exactement le temps qu'il m'aura fallu pour rendre les armes. Une minute et même pas dix secondes pour faire rentrer ce nouveau single de Sufjan Stevens dans mon inconscient. Et voir les larmes me monter aux yeux, en plein open-space, coincé derrière mon ordinateur à essayer d'aller au bout d'une journée bien trop longue pour être honnête.

Est-ce la beauté de ce break annonçant le refrain, après une ouverture tout en banjo et piano discret qui m'a mis dans cet état là ? Ou est-ce plutôt ces quelques mots qui donnent le titre à cette chanson, « Will Anybody Ever Love Me? », en forme de supplique comme désespérée, chantée par une voix qui semble sur le point de s'écrouler ? Sans doute un peu des deux - et certainement l'un plus que l'autre.

Ce deuxième single du plus qu'attendu 'Javelin' promis pour le 6 octobre prochain touche au plus profond. Parce qu'il annonce les choses simplement, remet l'essentiel au centre de la table. Parce qu'il le fait de manière simple autant que grandiose, que ce soit dans sa mélodie (qui rappelle, comme à chaque fois, à quel point Sufjan Stevens n'est jamais aussi bon que quand il navigue dans des eaux folk dont il connait les courbures sur le bout du sextant), dans ses arrangements (évidemment écrits mais aussi tous joués ici par l'américain) ou dans ses trois voix féminines qui se mêlent à cette si belle complainte. 

Alors certes, l'auteur d''Illinoise' a peut-être une vision et une lecture plus profonde de son texte. Celui-ci a probablement un sens plus spirituel (notre homme ayant semble-t-il une relation contrastée avec la religion). Possiblement oui. Mais à dire vrai, l'important est ailleurs et est à chercher dans les émotions que les mots et la mélodie de Will Anybody Ever Love Me? arrivent à procurer ; sans hésitation aucune une des plus belles chansons jamais composées par Sufjan Stevens.

Album : Javelin
Année : 2023
Label : Asthmatic Kitty Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Will Anybody Ever Love Me? de Sufjan Stevens :

Le clip de Will Anybody Ever Love Me? de Sufjan Stevens :

lundi 24 juin 2024

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Went Dancing With My Sister

Les rééditions ne sont pas l'apanage des gros labels. Beaucoup d'ailleurs en ont pris leur parti depuis quelques années. Notamment Asthmatic Kitty Records. Et difficile de leur en vouloir quand on a comme figure de proue un artiste majeur (et accessoirement son co-fondateur) comme Sufjan Stevens et quelque-uns de ses albums (tout aussi majeurs) dans son back catalogue.

Un an après la réédition de 'Michigan' et un an avant celle d''Illinoise' (que je vais évidemment commander, comme à chaque fois), Asthmatic Kitty Records vient de publier une Deluxe Edition de 'Seven Swans'. Un très bel objet semble-t-il mais musicalement sans grande nouveauté par rapport aux rééditions précédentes (oui, vous imaginez bien qu'il y en a eu d'autres). Notons juste que deux des chansons bonus Waste of What Your Kids Won't Have et I Went Dancing With My Sister (sauf erreur, toujours pas de Borderline, face-B de The Dress Looks Nice On You, sorti à l'époque) sont désormais disponibles pour la première fois en digital et également sur flexi disc (après avoir été un gravées en 45-tours lors d'éditions précédentes, ce qui avait tout de même plus de gueule vous en conviendrez). Pas de nouveauté à proprement parler donc, mais nous sommes lundi, il y a du banjo, il s'agit de Sufjan Stevens et en ces temps troublés, ça ne peut pas faire de mal.

Alors, comme en septembre 2007, j'avais déjà mis à l'honneur Waste of What Your Kids Won't Have dans ces pages, faisons place aujourd'hui à I Went Dancing With My Sister, autre chanson bonus et face-B tout à fait délicieuse.

Album : Seven Swans (Deluxe Edition)
Année : 2024
Label : Asthmatic Kitty Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Went Dancing With My Sister de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :

Autre « bonus » de cette Deluxe Edition de 'Seven Swans', voilà Waste of What Your Kids Won't Have de Sufjan Stevens :

mardi 6 décembre 2022

[Track of The Day] Danielson & Sufjan Stevens - Worried Shoes (Daniel Johnston cover)

Toujours à l'affût de la moindre nouvelle de Sufjan Stevens, j'en étais venu à croire que la toute dernière chanson à avoir fait son apparition le concernant était une nouveauté. Que nenni mes bons amis. Car contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette reprise du Worried Shoes de Daniel Johnston par Danielson et Sufjan Stevens date de 2006. Elle avait été composée pour la compilation 'I Killed The Monster (21 Artists Performing The Songs Of Daniel Johnston)' publiée sur le label new-yorkais Second Shimmy. Dernière tout ça, Kramer, un compositeur, musicien et producteur américain, notamment connu pour avoir produit les deux premiers albums de Low, des disques de Galaxie 500, d'Half Japanese... et '1990' et 'Artistic Vice' de Daniel Johnston au tournant des années 90.

Dix-sept plus tard - et un peu moins de quatre après le décès de Daniel Johnston-, Kramer a remasterisé les vingt-et-une chansons de cette compilation et va la republier en partie (ses onze reprises préférées seront pressées sur vinyle pour la première fois) et dans sa totalité (en digital et en K7), le tout orné d'une nouvelle pochette.

Pour le moment, seulement la reprise de Worried Shoes a filtré. Et ce sont Danielson et Sufjan Stevens qui il y a dix-sept ans s'y étaient donc collés. Totalement disparue des Internet depuis des années, il faut bien avouer que le résultat est exaltant. S'éloignant - évidemment - du côté lo-fi à l'extrême de la chanson originale et si chevillé aux chansons de Daniel Johnston, la réduisant quasiment de moitié, les deux compères d'alors (Danielson était notamment à la production de 'Seven Swans', le reste de la Danielson Famile jouait sur le disque) sortent là une version ample, très travaillée et très touchante. Une superbe version qui prouve à quel point Daniel Johnston était un sacré compositeur.

Album :  I KILLED THE MONSTER - The Songs of Daniel Johnston
Année :
2006 / 2023

Label :
Shimmy-Disc

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, la reprise du Worried Shoes de Daniel Johnston par Danielson et Sufjan Stevens est également en écoute ci-dessous :

Le clip de la reprise de Worried Shoes de Daniel Johnston par Danielson et Sufjan Stevens : 

Pour finir, remettons nous donc la version originale de Worried Shoes, chantée par Daniel Johnston :

vendredi 23 décembre 2022

[Track of The Day] Rosie Thomas - We Should Be Together (feat. Sufjan Stevens)

Il est donc temps de refermer cette année 2022.  Et quoi de mieux pour cela que 1) une chanson de Noël et 2) une chanson où officie Sufjan Stevens ? Allons donc écouter We Should Be Together, nouveau single de Rosie Thomas, dont il avait été question dans ces pages en janvier dernier pour une reprise de All is Full of Love de Björk, avec déjà comme participant, ô surprise... Sufjan Stevens.

Il faut dire que les deux sont amis de longue date, lui, produisant certains de ses albums, elle, l'invitant plus souvent qu'à son tour à venir chanter ou jouer avec elle sur ses chansons. Rien de bien anormal donc de les voir à nouveau partager une mélodie et le micro, qui plus est pour une chanson de Noël, thème cher au coeur de l'américain.

Un We Should Be Together à la structure toute Sufjan-ienne (même si c'est Rosie Thomas qui l'a composé), à la mélancolie pleine de solitude mais dans laquelle résident quelques bulles d'espoir. Le genre de morceau idéal donc pour clore la seizième année de ce blog. Et lancer le bilan annuel avec ces top albums, singles et consorts, qui débarquera, si on m'en laisse le temps, lundi matin. D'ici là, passez un bon réveillon.

Album : -
Année : 2022
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, We Should Be Together de Rosie Thomas et Sufjan Stevens est également en écoute ci-dessous :

Le clip de We Should Be Together de Rosie Thomas et Sufjan Stevens :

jeudi 4 octobre 2018

[Track of The Day] Gallant - TOOGOODTOBETRUE (feat. Sufjan Stevens & Rebecca Sugar)

Ma seule rencontre avec le dénommé Gallant date de l’album live de Sufjan Stevens pour célébrer la tournée 'Carrie & Lowell'. Et c’est peu dire que la performance du chanteur américain reprenant Hotline Bling de Drake ne m’avait pas convaincu. Pourtant, la seule sortie physique que connue 'Carrie & Lowell Live' fut... un 12'' composé de deux chansons, avec en face-B ce fameux Hotline Bling.

Il faut croire que Sufjan Stevens et Gallant ont beaucoup de choses à faire ensemble puisque ces deux là se retrouvent à nouveau (accompagnés de Rebecca Sugar, créatrice de « Steven Universe »), mais cette fois pour un single du second, TOOGOODTOBETRUE (oui, en majuscule et tout accroché). Et l’effet est pour le coup totalement différent.

Du r'n'b particulièrement délicieux, à la belle mélodie et où la voix de Sufjan Stevens est d’une grande beauté. Qui confirme à quel point ce dernier n'aime rien de plus que ce genre de sonorités. Sans crier gare, TOOGOODTOBETRUE fait mouche en même pas 4 mns. Je ne suis pas sûr que j'aurais pu trouver mieux pour le 1300è papier publié sur ce blog.

Album : This Song Does Not Fit Ep
Année : 2018
Label : Mind of a Genius Records

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), TOOGOODTOBETRUE de Gallant avec les participations de Sufjan Stevens et Rebecca Sugar est également en écoute ci-dessous, via soundcloud ou son clip :




jeudi 17 octobre 2013

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Take Me

Comme il le fait depuis des mois, Sufjan Stevens continue de diffuser, à intervalles pas vraiment réguliers, des morceaux qu'ils retrouvent coincés au fond d'un dossier de son ordinateur. Dernière (re)trouvaille en date ? Take Me, et pas plus tard qu'hier.

Une apparition soudaine en réaction à sa lettre à Miley Cyrus - dont je n'arrive toujours pas à saisir le vrai sens - ? Peut-être. Mais à dire vrai, on s'en fout un peu.

Pas de panique, Take Me n'est pas l'annonce de l'arrivée de la suite de 'The Age of Adz'. Non. Take Me est, selon les dires de Sufjan Stevens lui même : « repetitive lo-fi pop demo I found under my desk...goes nowhere ». Oui, goes nowhere, il l'écrit.

Sufjan Stevens est donc un gentil modeste. Car ce Take Me est un vrai plaisir, aux allures d'ambiant, aux accents répétitifs et à la mélodie qui prime sur tout le reste, comme à chaque fois. Une chanson qui n'aurait pas fait tâche sur 'The Age of Adz'.

Cela ne va peut-être nulle part pour le moment. Mais espérons que, justement, ça ne soit que « pour le moment ». Car, alors qu'en cette année 2013 où l'on fête les 10 ans d'un de ses chef d'oeuvres ('Greetings From Michigan, The Great Lake'), un virage délicat et en apesanteur de cet acabit me plairait beaucoup.

Album : -
Année : découverte en 2013
Label : -


En plus du lecteur grooveshark bleu, Take Me est également en écoute sur le soundcloud de Sufjan Stevens, ci-dessous :


lundi 15 novembre 2010

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Want to Be Well

Certains crient à l'imposture, d'autres au génie: le dernier album de Sufjan Stevens, 'The Age of Adz' est sans nul doute le disque qui fait le plus débat de cet automne 2010 - dans le monde indé, cela va sans dire. Ailleurs, c'est de savoir si Florent Pagny a fait encore pire que ses précédentes livraisons (indice: cette fois, il ne massacre pas Jacques Brel, ce qui est déjà pas mal).

De mon côté, sans crier au génie (ce que j'ai pourtant déjà fait à propos de l'américain), je trouve que son dernier album en date est une très grande réussite. 'The Age of Adz' est un disque long en bouche, dont les premières écoutes sont assez déstabilisantes pour un fan de l'œuvre de Sufjan Stevens.

Ici, l'auteur de 'Come On Feel The Illinoise' fait intervenir dans ses compositions une sorte d'electro très cheap, assez lourdingue de prime abord et qui se pose en façade de beaucoup des compositions.
Mais tout cela, c'est avant que l'alchimie opère, que tout ce qui a fait son succès se révèle être bien présent: balade folk lumineuses, mélodies à tomber, souci du détail, cordes et cuivres en pagaille.

'The Age of Adz' est un disque magnifique à mes oreilles, qui se découvre un peu plus à chaque nouvelle écoute et qui contient certaines des meilleures compositions de Sufjan Stevens (I Want to Be Well, en écoute aujourd'hui, et l'incroyable Impossible Soul et ses 25 minutes pour 5 mouvements, notamment).
Un album sombre (il raconte beaucoup d'amours déçus) qui voit Sufjan Stevens prendre des risques, ne pas se résigner à surfer ni rester l'éternel auteur d'un album justement éternel. Il y a effectivement quelque chose de génial chez ce type. 

Album: The Age of Adz 
Année: 2010 
Label: Astmatic Kitty

Dans Le Mur du Son s'est amusé à chroniquer ce 'The Age of Adz'. Quatre chroniques donc, aux avis bien tranchés. A lire en cliquant ici!

mardi 5 mars 2013

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Give a Little Love

Sufjan Stevens fait partie de ces artistes qui ont tout compris au nouveau monde de la musique : il a un bandcamp où il est très simple d'acheter ses albums; tous ses disques se trouvent en écoute sur les principales plateformes de streaming, de spotify à deezer; son site internet est un tumblr tout sauf institutionnel (et un peu wtf pour un artiste de ce rang là); et il sait distiller régulièrement des démos, des chansons oubliées au fond d'un séquenceur.

Avant dernier exemple en date (depuis vendredi dernier, Sufjan Stevens a publié une des premières démos de Casimir Pulaski Day, une des chansons phares de son 'Come on Feel The Illinoise'. A écouter ici) avec Give a Little Love, outtakes/demos (lui même ne semble pas savoir) retrouvée on ne sait comment et où et qui, selon Sufjan Stevens lui même, viendrait des sessions d'enregistrement de 'All Delighted People', l'Ep qui avait précédé de quelques semaines 'The Age of Adz' en 2010.

Give a Little Love est en tout cas une chanson créée à cette époque là, sans nul doute. Mais à dire vrai, je la verrais plus comme un titre abandonné de 'The Age of Adz', avec son intro rappelant furieusement Impossible Soul, et cette voix trafiquée et ces chœurs.

Mais loin d'être un essai raté, Give a Little Love est un petit bonheur, notamment dans sa partie centrale et ces chœurs qui montent, qui se croisent, se quittent pour mieux se retrouver, un peu dans l'esprit de Christmas Unicorn de noël dernier. A écouter. Et à aimer. D'urgence.

Album : -
Année : 2013
Label : -



En plus d'être dans le lecteur Grooveshark rouge à droite, Give a Little Love est également en écoute sur le tumblr de Sufjan Stevens (cliquer ici) et dans le lecteur soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


jeudi 19 février 2009

A Red Hot Compilation – Dark Was The Night [4AD]

Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.
D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.

Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.

Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).

Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.

Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)

Son :
Site officiel
Myspace (Un titre de ce ‘Dark Was The Night’ en écoute)

Acheter le disque ici


Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose GonzalesCello Song (Nick Drake cover)
The NationalSo Far Around The Bend
Sufjan StevensYou Are The Blood (Castanets cover)
Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)


Tracklisting:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine
02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver - Brackett, WI
05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend
07. Yeasayer - Tightrope
08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine
12. The Decemberists - Sleepless
13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell
15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)

Disc 2
01. Spoon - Well-Alright
02. Arcade Fire - Lenin
03. Beirut - Mimizan
04. My Morning Jacket - El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch - Another Saturday
11. Riceboy Sleeps - Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace
13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out
16. Kevin Drew - Love Vs. Porn

jeudi 24 janvier 2013

[Track of The Day] Sufjan Stevens - The 50 States

Et un Sufjan Stevens en chasse un autre. Alors que Christmas Unicorn disparait de la playlist Grooveshark (dans la colonne de droite de ce blog), c'est une nouvelle chanson d'un des héros de ces pages qui prend sa place.

Car Sufjan Stevens, sans crier gare, vient de lâcher via son site/blog/tumblr la version studio de 'The 50 States', la chanson qui ouvrait les concerts de la tournée de 'Come on Feel The Illinoise', où le sieur Sufjan était déguisé en pom-pom-boy, entourée de pom-pom-girls.

Une chanson qui nous replonge dans une époque bénie où Sufjan Stevens avait mis le monde à genoux le temps d'un disque sublime et qui n'a toujours pas pris une ride. Ce The 50 States est un délice. « Pack up your bags, it's never too late... ».

Album : -
Année : 2013 (sortie officielle)
Label : -


The 50 States est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)