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lundi 27 novembre 2023

Pascal Comelade / Ramon Prats / Lee Ranaldo - Velvet Serenade [Staubgold / Cougouyou Music]

'Velvet Serenade', c'est l'histoire d'un groupe mythique, The Velvet Underground, dont l'importance fut telle qu'elle a donné lieu à une anecdote, devenue maxime avec le temps, qui veut que chaque personne qui a acheté l'album à la banane à l'époque a monté un groupe par la suite. Un groupe majeur des années 60, créé sous la coupe d'Andy Warhol et qui va faire naitre trois artistes majeurs : John Cale, Nico et Lou Reed.

'Velvet Serenade', c'est l'histoire d'un livre, 'Linger On: The Velvet Underground' du journaliste espagnol Ignacio Juliá, qui entre 1978 et 2022 a interviewé tous les membres du Velvet Underground et en a fait un livre, une somme même, que l'auteur considère être définitive à propos du groupe et de ceux qui l'ont composé.

Mais pour boucler la boucle et aller au bout de son idée, Ignacio Juliá a également souhaité, selon ses propres termes, « relive the New York band's original dynamics, that creative friction between an American noise guitare player and a poet, Lou Reed, and a radical, lyrical European pianist and songwriter, John Cale ». Alors quelques mois avant la publication de son livre, il a eu l'idée de rendre musicalement hommage au groupe en demandant le concours de Pascal Comelade et Lee Ranaldo de Sonic Youth (pas le dernier admirateur du Velvet), rapidement rejoint par le batteur Ramon Prats. D'où la naissance de 'Velvet Seranade'. La résultante de tout cela. Son aboutissement.

Matérialisé le temps de quelques répétitions et d'un unique concert à Banyoles en Espagne en avril 2022, ce « live » (qui ne sonne pas comme tel) voit donc un trio connaisseur, dévoué et talentueux rendre hommage au Velvet Underground et, notamment, à Lou Reed (sur les six chansons, cinq ont été écrites par Reed ; la sixième, Lou's Blues est une composition de Lee Ranaldo) en tout juste 35 minutes.

Mais qu'il n'y ait pas de méprise : 'Velvet Serenade' n'est pas un simple disque de reprise du Velvet Underground (comme l'indique d'ailleurs dans le livret de l'album Ignacio Juliá : « The three constructed what I had asked for, not a tribute concert made of more or less faithfull covers but a new thing »). Plutôt une relecture de l’œuvre des new-yorkais, un peu à l'image de sa très belle pochette, hommage à Andy Warhol, dont les photos sont tirées d'un film de 1977 d'Ignacio Juliá où il était déjà question du Velvet.

C'est All Tomorrow's Parties qui ouvre notre affaire dans une version très dénudée et instrumentale (comme quasi tout le disque), mené par les claviers lumineux de Pascal Comelade pendant que l'orage s'annonce derrière. Orage qui débaroule sur What Goes On, où les guitares viennent faire la nique à un piano martelé, avant que que I’m Waiting for the Man s'annonce dans une version très répétitive aux larsens bien sentis. Lou's Blues est presque une respiration (qu'on aurait bien vu chanté par Jeff Buckley d'ailleurs), un blues évanescent et aérien. Puis Ocean, chanson du premier album de Lou Reed mais qui aurait pu (du ?) se retrouver sur 'Loaded' du Velvet Underground, voit Lee Ranaldo prendre le micro d'aise et avec ses deux acolytes donner une version des plus Velvetienne à l'ensemble, avec un Ramon Prats faisant sonner ses cymbales et un Pascal Comelade affûtant ses claviers pour mieux les sublimer sur l'immense Femme Fatale, dernier morceau de 'Velvet Serenade', dans une version à la beauté évidente, aux quelques côtés déstructurés mais qu'on aurait rêvé avoir comme compagnon de sommeil lorsque nous étions enfants.

Les dernières notes s'évanouissent à peine que la conclusion est implacable : 'Velvet Serenade' n'est rien d'autre qu'un des plus grands disques hommage à l’œuvre du Velvet Underground jamais sortis. Car il réinvente leurs chansons, les fait passer par d'autres états et montre à quel point elles sont intemporelles et sont d'immenses compositions. N'étant pas un spécialiste de la bande à Warhol, je ne sais pas ce qu'en penseront les puristes. Mais j'ai du mal à ne pas croire que Lou Reed et ses anciens comparses n'aient - ou n'auraient - pas aimé cette réinvention de certains de leurs classiques. Immense disque. (Sortie : 5 mai 2023)

Plus :
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est à l'écoute sur le bandcamp de Staubgold
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est à l'achat sur le bandcamp de Staubgold
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer


Trois morceaux de 'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo en écoute aujourd'hui. What Goes On (parue sur The Velvet Underground en 1969) ouvre le bal, avec son délicieux attelage clavier/guitare (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la longue relecture de Ocean. Avant de finir par la sublime version de Femme Fatale :

lundi 10 mars 2008

Track of The Day (04-10 mars 2008)

Un peu de son black (ça faisait longtemps), quelques nouveautés et avant-premières ainsi qu'une reprise des plus délicates. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).


Lundi 10 mars 2008:

* Sebastien Tellier - La Ritournelle [Recordmakers]
La France a donc choisi Sebastien Tellier pour la représenter à l'Eurovision. On se fout de cette compétition à deux sous certes, mais ça fait quand même plutôt plaisir de voir un gars comme lui sur le devant de la scène. Histoire donc de célébrer l'évènement (et parce que je n'ai toujours pas écouté son tout nouveau 'Sexuality'), replongeons nous dans sa Ritournelle qui l'a rendu (presque) célèbre. Toujours aussi délicieux.
(disponible sur Politics, 2003)

Dimanche 9 mars 2008:
* The Kills - Black Balloon [Domino]
Sur leur nouvel album, 'Midnight Boom', The Kills y sont surprenant et s'écartent de ce qui a fait leur succès avec leur deux premiers opus. Il n'empêche que Alison Mosshart (dit VV) et Jamie Hince (aka Hotel) y sont très convaincants. La preuve avec ce Black Balloon, tout en douceur.
(disponible sur Midnight Boom, 2008)

Samedi 8 mars 2008:
* Feeder - Miss You [Echo]
Alors que le trio est toujours en studio, ce premier titre du prochain album (prévu pour cette année) vient de faire son apparition sur le net. Un Miss You nerveux et concis, tubesque à mort, qui devrait enfin faire de Feeder un des groupes à succès des prochains mois.
(disponible sur leur futur nouvel album, 2008)

Vendredi 7 mars 2008:
* The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) [Ninja Tune]
En 2005, The Herbaliser rendait hommage à Serge Gainsbourg avec ce titre sobrement intitulé Serge, sur lequel Katerine vient poser sa voix dans un déluge de cordes à la Melody Nelson. Grand moment.
(disponible sur Take London, 2005)

Jeudi 6 mars 2008:
* Danger Mouse & Jemini - The Only One [Lex]
Premier album à faire éclater le talent dingue de Danger Mouse, le 'Ghetto Pop Life' avec Jemini (ce dernier au flow, lui à la prod) s'imposera à la fin de la décennie comme un des meilleurs disques hip-hop de son temps. Fin, pas gling-gling pour un sou, encore moins vulgaire: juste énormément bon.
(disponible sur Ghetto Pop Life, 2003)

Mercredi 5 mars 2008:
* Dub Incorporation - Life (feat. Tiken Jah Fakoly) [Productions Speciales]
Les Stéphanois de la Dub Incorporation invitent Tiken Jah Fakoly sur leur premier album. En résulte ce duo reggae-mais-pas-que Life d'une efficacité sans borne, entre accents africains et chants kabyles.
(disponible sur Diversité, 2003)


Mardi 4 mars 2008:
* Keren Ann - Hallelujah [Delabel]
La belle Keren Ann reprend le Hallelujah de Leonard Cohen (ou plutôt la version de John Cale, à peine différente de l'originale) et la pond à sa sauce. Intimiste, charmante. Comme elle.
(disponible sur Keren Ann (Bonus CD), 2007)

mercredi 17 février 2016

[Track of The Day] Animal Collective - Golden Gal

Si l'on omet un 'Centiped Hz' plutôt décevant, la carrière discographique des Animal Collective a de quoi faire rougir bon nombre de ses contemporains. Influence et groupe majeur de la décennie passée, les américains, en évolution constante, auront assené tout au long des années 2000 des albums essentiels cherchant à toujours plus explorer et expérimenter d'autres univers sonores.

Quatre ans après leur dernier album donc, revoilà donc Animal Collective avec un nouveau disque sous le bras. Cette fois, le groupe se présente en trio avec Avey Tare, Panda Bear et Geologist, Deakin ayant passé son tour cette fois-ci.

L'album se nomme 'Painting With' et sort ce vendredi. Ce que l'on sait à son propos, c'est qu'il a été diffusé une fois en entier à l'aéroport de Baltimore en novembre dernier;  que Colin Stetson et John Cale seront de la partie; qu'il aura trois pochettes distinctes (une pour chaque membre du groupe); et qu'il puise son inspiration dans le cubisme.

Le reste ? Trois morceaux (sur 12) ont vu le jour : l'hypnotique et nappé - et assez peu passionnant - Lying in the grass, Floridada hymne pop psychédélique complet, à la rythmique épileptique, et depuis quelques jours Golden Gal. Un vrai tube, sorte de petit frère presque apaisé de Brothersport, à la mélodie travaillée et à la production soignée - très beau travail notamment sur la voix d'Avey Tare (si je ne dis pas de bêtises) qui chante d'ailleurs ici comme un vrai chanteur pop. Pour le reste, les réponses sont prévues pour vendredi.

Album : Painting With
Année : 2016
Label : Domino

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Golden Gal, en plus d'être en écoute dans le lecteur 8Tracks à gauche, est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Golden Gal :



Enfin, celui de Floridada. Attention cependant : mêmes les Animal Collective précisent au début de la vidéo que ce clip n'est pas forcément conseillé aux gens souffrant d'épilepsie. Après visionnage, on comprend pourquoi. Psyché on vous dit :