lundi 5 octobre 2026

[Track of The Day] James Yorkston - Hard Times Of Old Edinburgh

Quoiqu'en dise sa si belle voix que le temps n'a pas altéré, James Yorkston fête cette année ses vingt-cinq ans de carrière chez Domino Records, label de toujours, qui avait publié en 2002 'Moving Up Country' et qui était encore là l'an passé pour le joli 'Songs for Nina and Johanna'. Domino qui a publié toutes les itérations de James Yorkston : sous son nom seul, avec ses Athletes ('Just Beyond the River' forever), avec le contrebassiste anglais de jazz Jon Thorne et l’indien Suhail Yusuf Khan (Yorkston/Thorne/Khan) et plus récemment sa renaissance avec The Second Hand Orchestra (sublime 'The Wide, Wide River') et sa prolongation avec Nina Persson et Johanna Söderberg.

Cette compilation, joliment nommée 'La Magnifica' est prévue pour le 27 novembre prochain. Double, elle comptera dix-neuf morceaux, qui traversent toute la discographie de notre homme, et se conclura par deux inédits, The Time Was Short, But I Was Happy et Hard Times Of Old Edinburgh (en écoute aujourd'hui), chanson lumineuse, comme souvent avec James Yorkston, enregistrée une nuit lors des sessions pour 'Songs for Nina and Johanna' et qui évoque son adolescence et son arrivée à Édimbourg, il y a désormais bien longtemps... 

Album : La Magnifica
Année : 2026
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, l'inédit Hard Times Of Old Edinburgh de James Yorkston est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Hard Times Of Old Edinburgh, un des deux inédits présents sur la compilation 'La Magnifica' célébrant les 25 ans chez Domino Records de James Yorkston :

mercredi 30 septembre 2026

Urlaub in Polen - Objects, Beings & Parrots [Tapete Records]

Si j'avais eu du courage, j'aurais fait une vraie chronique de 'Objects, Beings & Parrots' d'Urlaub in Polen. J'aurais sans doute commencé en parlant de son nom, que tous ceux qui ont fait un jour Allemand LV2, même en ayant tout oublié depuis, auront su traduire par « vacances en Pologne ». Je m'imagine bien embrayer sur l'imaginaire parfois tenace sur l'Europe de l'Est, et évidemment sa version soviétique, faite de grisaille, de béton gris, de bâtiments imposants, à l’architecture brutaliste, et de gens toujours habillés chaudement, même en plein été (quoique, à bien y réfléchir, l'été là bas ne devait pas exister). J'aurais ajouté que Urlaub in Polen n'a strictement rien de polonais mais est un duo allemand originaire de Cologne (ce qui n'aide pas à contrer cet imaginaire construit à une époque heureusement révolue), composé de Georg Brenner et Jan Philipp Janzen, dont l'essentiel de la discographie est à retrouver dans les années 2000, mais qui depuis 2020 s'est remis à travailler ensemble.

Évidemment, j'aurais précisé que 'Objects, Beings & Parrots' est le second album de reformation d'Urlaub in Polen, qu'il est un de ceux qui m'a accompagné le plus cet année - et pas uniquement parce qu'il est sorti le 23 janvier dernier. Parce que son mélange de krautrock, d'indietronica, d'indie-rock, de post-punk et aux quelques touches de dub, est totalement imparable (et ce même quand ils prennent quelques chemins de traverses surprenants comme sur l'étonnant et très beau Jaki's Love Time, balade folk au cuivre majestueux), qu'il est particulièrement bien composé, bien construit (Abacus en introduction, quelle merveilleuse idée), remarquablement produit, et que guitare comme rythmique sont ici pas loin d'être époustouflantes, chacune dans leur genre. A bien y réfléchir, j'aurais sans doute ajouter un mot sur la très belle pochette qui l'entoure, une des plus réussies de 2026. Et j'aurais terminé mon laïus que le disque est sorti chez Tapete Records, gage de qualité.

J'aurais pu vous dire tout ça. Surtout que cette chronique est dans les tuyaux depuis un bail. Mais que voulez-vous, cette rentrée est éreintante. Alors plutôt que faire trop long, comme souvent, je vais simplement me contenter de vous conseiller très fortement l'écoute de 'Objects, Beings & Parrots', un des meilleurs albums de 2026. De vous plonger dans son univers, d'être conquis par ses mélodies, d'être happé par la construction de ses morceaux, d'être hypnotisé par sa batterie si bien mis en lumière, d'être épaté par sa guitare, toujours soignée, toujours juste. En espérant que vous soyez à votre tour renversés par Washing Machine, immense chanson qui résume à elle seule ce nouvel album de Urlaub in Polen tant elle ne cesse de se réinventer, et dans laquelle je ne peux m'empêcher d'entendre un peu de Sonic Youth - groupe qui vient de fêter cette année les 30 ans de son album du même nom. Coïncidence ? Je ne crois pas. Car après tout, pourquoi faire long quand les chansons se suffisent à elles mêmes ? (Sortie : 23 janvier 2026)

Plus :
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat sur leur page bandcamp
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat sur le site de Tapete Records
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat et à l'écoute
un peu de partout

Trois chansons en écoute de 'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen. Washing Machine (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog), la meilleure chanson de l'album et une des grandes de 2026. Ensuite Abacus, qui ouvre 'Objects, Beings & Parrots'. Et enfin Opposite Day :

mardi 29 septembre 2026

[Track of The Day] untitled (halo) - easy rider

Histoire de clarifier la moindre méprise, indiquons tout de suite que untitled (halo) est un groupe qui existe, qu'il est même un trio devenu quatuor sur les derniers mois, et qu'il s'apprête à publier son premier album éponyme chez Dirty Hit Records le 6 novembre prochain. Précision à mon sens utile, car à l'heure où l'on devient suspicieux sur chaque nouveau groupe, sur chaque nouvelle chanson ou sur chaque nouvel auteur, le clip de leur dernier single en date, easy rider, pourrait nous en faire douter. Propre sur lui, très beau, léché, sans doute trop pour être honnête, où chacun des quatre membres (plus un cinquième larron inconnu au bataillon) ne semble pas spécialement à l'aise, comme figé, il y a quelque-chose de factice qui s'en dégage. 

Et ce d'autant plus qu'il y a un grand décalage avec la chanson qu'il habille. Car avec son intro qui rappelle 1979 des Smashing Pumpinks, son shoegaze d'un fort bon aloi, noisy comme il faut, ses guitares qui fuzzent, son côté malin (ces voix masculines, comme métal, qui répondent à celle, plus éthérée, de Ariana Mamnoon), easy rider a un côté plus sale et nerveux que son clip très lisse, qu'on dirait créé par IA, ne le laisse suggérer. Et quand bien même sa production massive et presque trop parfaite, cette chanson est une sacrée réussite de la part d'untitled (halo), groupe au nom certes bizarre mais qui existe bien, et n'est pas une création venue d'un quelconque prompt écrit par un nerd en mal d'occupation.

Album : untitled (halo)
Année : 2026
Label : Dirty Hit

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, easy rider de untitled (halo) est également en écoute ci-dessous :

Le clip de easy rider, un des singles du premier album de untitled (halo) :

lundi 28 septembre 2026

[Track of The Day] Francis of Delirium - Higher

Quasiment vingt ans pour ce blog et pourtant, il n'avait jamais été question jusque là d'un groupe basé au Luxembourg. Pas étonnant me direz-vous vu la taille du pays (2500 km2, 700 000 habitants) mais tout de même. Le groupe en question se nomme Francis of Delirium et est le projet d'une certaine Jana Bahrich, jeune femme née au début du siècle en Belgique et qui a pas mal vadrouillé avant de s'installer avec sa famille au Grand Duché. Pourtant, si sa culture est européenne, sa musique l'est moins à l'écoute de son deuxième album 'Run, Run Pure Beauty'.
 
D'inspiration nineties, ce disque a des effluves de grunge (dont on la dit friande) et surtout d'indie-rock à la sauce américaine (ne vous étonnez pas si ses chansons vous rappellent parfois Lucy Dacus et ses copines de boygenius), le tout chanté d'une jolie voix, qui navigue sur toute la gamme et n'hésite pas à monter dans les hauteurs de belle façon. Et le résultat est tout à fait épatant, car très bien construit, ambitieux même par moments, pas avare de grandes chansons (Higher, en écoute aujourd'hui, pour ne citer qu'elle, sans doute la plus marquante et immédiate de 'Run, Run Pure Beauty') et bien plus consistant que beaucoup de disques d'outre-Atlantique récents qui singent plus qu'ils ne réinventent les années 90. Un album très réussi donc et dont la découverte me permet de compléter ma carte de pays évoqués par ce blog. Ça ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir.

Album : Run, Run Pure Beauty
Année : 2026
Label : Dalliance Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Higher de Francis of Delirium est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait remarquable de 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium, voilà It's a Beautiful Life, qui clôt l'album : 

Le clip de Higher, un des singles extraits de l'album 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium :

mardi 22 septembre 2026

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Catherine Wheel

Je l'ai déjà dit dans ces pages : je vois des sosies partout. Oh, rassurez-vous, rien à voir avec un quelconque syndrome de Capgras (et heureusement d'ailleurs). Non, juste une sorte d'habitude, d'aucuns diront déviance, à trouver beaucoup de ressemblance dans à peu près tout le monde. Des sosies surtout « à peu près » vous diront mes amis - et ils n'auront sans doute pas tort.

Et si cela se concentre essentiellement au niveau du physique, cela m'arrive régulièrement au niveau musical : une mélodie me fait penser à telle autre (du genre j'entends un peu de Nuit Magique de Catherine Lara sur les quelques premières notes de Untitled 1, le morceau qui ouvre '( )' de Sigur Ros, oui oui), une ligne de basse rappelle un titre vieux de quarante (je l'avoue, c'est souvent New Order), quelques riffs qui me renvoient à de vieux disques. Plus rarement par contre, une voix me fait énormément penser à une autre. Et cela vient tout juste de m'arriver à l'écoute d'un album sorti vendredi dernier, et c'est assez saisissant pour dire le moins.

Le disque en question est 'These Killing Times', le dernier en date de Emma Ruth Rundle, qui commence à faire parler de lui. A raison parce que, si ce n'est le meilleur de l'américaine à ce jour (j'ai toujours beaucoup d'affection pour son 'Marked for Death' de 2016), c'est sans doute le plus « beau », le mieux encapsulé surtout et le mieux produit. Un disque réussi donc mais dont le chant d'Emma Ruth Rundle me fait énormément penser ici à... Alanis Morissette. Oui, l'autrice de 'Jagged Little Pill' (accessoirement un des disques de ma vie et qui a profondément marqué mon adolescence) dont j'entends les inflexions vocales un peu de partout (et pas que dans le « Sing Hallelujah » qu'elle chante au début du second couplet de Catherine Wheel, la chanson du jour) mais aussi dans l'ambiance générale qui, bien que plus sombre et slowcore évidemment, à ce je ne sais quoi de la canadienne aux 75 millions de disques vendus. Et si cela en fera rire beaucoup, si cela n'est sans doute à nouveau qu'un sosie « à peu près », vocal celui-là, il n'empêche que depuis vendredi, plus les écoutes défilent (car répétons le, 'These Killing Times' est un très bel album), plus l'impression demeure, et commence sérieusement à s'enraciner.

Album : These Killing Times
Année : 2026
Label : Errant Child Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Catherine Wheel de Emma Ruth Rundle est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de nouvel album d'Emma Ruth Rundle, voilà Powerless, qui ouvre 'These Killing Times' :

lundi 21 septembre 2026

[Track of The Day] Ganser - Futuretripping

Si votre rentrée manque de lignes de basse de qualité, alors précipitez vous sur le nouveau single des chicagoans de Ganser, vous allez être servis. Il s'appelle Futuretripping, n'est - pour l'instant en tout cas - rattaché à aucun futur nouvel album (il faut dire que leur précédent, 'Animal Hospital', ne date que de l'année dernière), et, tout au plus est une façon de célébrer leur départ en tournée avec les Bikini Kill. Mais tout ça n'a pas bien d'importance tant l'essentiel est ailleurs.

Car Futuretripping est une sacrée chanson de la part du groupe d'Alicia Gaines et Brian Cundiff, portée - donc - par une basse fantastique qui vous martèle la tête, par des guitares moins noisy que par le passé chez eux, des claviers euphorisants et des paroles bien dans leur époque (« You can borrow tomorrow / I know a guy / He's got a connection / but he’s hard to find »). Un super single de la part de Ganser, saisissant, endiablé, percutant et dansant à souhait.

Album : -
Année : 2026
Label : Felte Records

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Le clip de Futuretripping, nouveau single de Ganser :

vendredi 18 septembre 2026

[Track of The Day] Personal Trainer - Bone

Direction les Pays-Bas et Amsterdam aujourd'hui avec Personal Trainer et son nouvel album, 'Human Assholes' (la pochette est à l'avenant) - le troisième pour être précis, prouvant par la même que s'il est une découverte, Willem Smit, l'homme derrière ce projet, n'est en rien un nouveau venu. Un disque qui alterne indie-pop (surtout) et indie-rock, qu'ils soient des années 90 comme des années 2000/2010 et rappelle autant Eels, Grandaddy, moins Pavement que Stephen Malkmus, ainsi que toute une tripotée de groupes qui aiment la pop soignée et joliment ouvragée. 

Assez banal de prime abord, 'Human Assholes' se révèle finalement - et assez vite - tout à fait charmant, peu exempt qu'il est de belles mélodies bien travaillées, souvent traversées par une jolie mélancolie (superbe Barely Guillaume). Et si l'on regrettera qu'il se traîne un peu en longueur, on saluera avant tout la qualité de cet album de Personal Trainer et de bon nombre de compositions, à commencer par Bone (en écoute aujourd'hui), très belle chanson qui, dans sa deuxième partie, n'est pas sans rappeler une esthétique propre à dEUS.

Album : Human Assholes
Année : 2026
Label : Bella Union

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Autre chanson notable de 'Human Assholes' de Personal Trainer, voilà Barely Guillaume :

Pour finir, le clip de Moping, un des singles extraits de 'Human Assholes' de Personal Trainer, chanson qui a beaucoup de Eels en elle :

mercredi 16 septembre 2026

[Track of The Day] Nia Archives - This Could Be...

On avait quitté 'Silence Is Loud' avec une Nia Archives photographiée en gros plan, pleine face, avec comme un début de grimace sur le visage, la bouche ouverte sur une dent en or, une autre aux motifs de l'Union Jack et un piercing au nez au premier plan. Et on la retrouve dix-huit mois plus tard sur la pochette de son deuxième album 'Emotional Junglist', couchée à l'intérieur d'un canapé, comme tentant de se protéger dont ne sait quoi avec les coussins du sofa, les yeux dans le vague, les cheveux noirs de jais et lissés, avec pour seuls bijoux des bagues moins clinquantes que fantaisies.

Que s'est-il passé entre ces deux pochettes ? L'amour, évidemment, le thème le plus central de l'histoire de la musique (et de la vie en général d’ailleurs). Sur 'Emotional Junglist', Nia Archives y raconte un coup de coeur, l'euphorie des débuts, la construction d'une histoire, puis, forcément, la rupture, les tourments et la tristesse qui vont avec, avant de parvenir à faire le deuil de cette relation, de vouloir de rebondir et de s'extraire de cette situation.

Est-ce tout ceci qui explique que la jeune anglaise, si elle se nourrit toujours autant de jungle, s'ouvre plus à d'autres styles et leur donne une place de choix ? Sans doute. Car ce deuxième album a beaucoup de pop et d'indie-rock en son sein et sans doute moins de beats furieux que par le passé. A nouveau produit en grande partie par Ethan P. Flynn, 'Emotional Junglist' est un disque qui, s'il ne manque pas de morceaux nerveux, enflammés et dansant (surtout dans une première partie, remarquable par ailleurs), est plus apaisé que par le passé sans pour autant tomber dans un sentimentalisme ou une mélancolie facile qu'auraient pu lui dicter son thème général. Et si l'on regrettera que l'album se perde un peu en longueur, voire se répète parfois, il a assez de bonnes chansons pour ne pas faire la fine bouche. Comme This Could Be... (en écoute aujourd'hui), morceau pop que Nia Archives chante merveilleusement bien et dont les nappes du refrains me font invariablement penser aux Cure.

Album : Emotional Junglist
Année : 2026
Label : Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, This Could Be... de Nia Archives est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson extraite de 'Emotional Junglist' de Nia Archives, voilà Around Tha Bend :

lundi 14 septembre 2026

[Track of The Day] TVOD - Bottomless Pit

A chaque début de septembre son concert de rentrée. Pour 2026, le titre revient aux new-yorkais de TVOD (pour Television Overdose) venus présenter sur la scène du Sonic leur deuxième album 'The Farm', prévu pour début octobre. Un sextet tout foufou, souriant, enthousiaste et à l'énergie communicative, au punk et post-punk efficaces, joués dans une cale surchauffée autant par l'ambiance que par l'ultime soirée de la sixième canicule lyonnaise de l'été (ce qui fera dire au leader du groupe Tyler Wright « you don't know AC in France ? » alors que le groupe transpirait sur scène et que la climatisation suait à grosses gouttes au milieu de la salle).

Au programme de ce set court (quarante minutes, rappel compris) de TVOD, beaucoup de générosité, de super moments (Party Time de leur premier album) et, évidemment, quelques singles de ce 'The Farm' à venir dont Bottomless Pit (en écoute aujourd'hui), punk brut et bruyant, et Meetings, plus post-punk dans l'âme. Deux chansons qui ne réinventent ni le rock, ni le punk, ni le post-punk, mais qui le font bien, de la part d'un groupe à suivre et qui était sans doute le parfait candidat pour lancer comme il se doit cette saison musicale 2026-2027 entre Rhône et Saône.

Album :
The Farm
Année : 2026
Label : Mothland / Get Better Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bottomless Pit de TVOD est également en écoute ci-dessous :

Autre single extrait de 'The Farm' de TVOD, voilà Meetings :

Le clip de Bottomless Pit, un des singles extraits de 'The Farm' de TVOD :

vendredi 11 septembre 2026

[Track of The Day] pyncher - One Day

Sans aucun lien avec des londoniens de Pynch, pyncher est également un quatuor, lui aussi anglais mais originaire de Manchester. Un groupe à la discographie famélique jusque là (un seul album au compteur, publié l'an passé) mais dont la dernière sortie en date, 'I Really Mean It This Time Ep', mérite qu'on leur accorde un intérêt plus que certain. La faute notamment à One Day (en écoute aujourd'hui), chanson d'ouverture de l'EP et qui fait montre d'un vrai talent chez pyncher pour composer des titres accrocheurs, endiablés et auxquels il est difficile de résister. Car One Day, sa nervosité, ses riffs tendus, son énergie et sa mélodie efficace en bandoulière, est de cet acabit. Pour tout dire, je suis à deux doigts de qualifier cette chanson de tube. Allez, oublions les deux doigts : One Day EST un tube.

Album : I Really Mean It This Time Ep
Année : 2026
Label : Heist or Hit

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, One Day de pyncher est également en écoute ci-dessous :

Le clip de One Day, la chanson d'ouverture de 'I Really Mean It This Time Ep' de pyncher :

jeudi 10 septembre 2026

[Track of The Day] Ned Collette - Nothing Rare

De Ned Collette, je me souviens de la première écoute de 'Old Chestnut', son album de 2018. Un long voyage folk, bouleversant, renversant et hypnotisant. Un choc beau et puissant et la révélation de cette année là (deuxième de mon bilan 2018, ce qui est tout à fait anecdotique j'en conviens mais qui à mes oreilles veut dire quelque chose).

Huit ans et un album en 2024 (le bien joli 'Our Other History') plus tard, l'australien est de retour avec 'Mixed Light', un disque qui porte bien son nom tant il brille de différents feux. Et qui saute d'état en état avec une facilité confondante, aidé parfois par quelques interludes de passages. D'un socle contemporary et progressive folk (Bonnie Prince Billy est même de la partie le temps du court In the Kitchen) proposant quelques petites merveilles du genre (Sleep Song à la basse à tomber, Curious Thing), qui s'égare même le temps d'un magnifique Mammon dans l'acid-folk, Ned Collette ajoute à son œuvre quelques essences de jazz subtiles et parfois étourdissantes (le superbe Paper Night et sa seconde partie délicieusement psyché) un peu d'indie-pop aux contours eighties (sublime Commandeered Parade) voire ivres (The Light Is Growing Old), et termine son aventure par un beau et contemplatif Miami Shadows.
 
Mais l'acmé de ce très bel album est à trouver sur Nothing Rare (en écoute aujourd'hui), longue chanson de plus de cinq minutes de pop comme de guingois qui se pare peu à peu de shoegaze nerveux et bruyant. De la belle ouvrage pour le berlinois d'adoption. Une nouvelle fois. Une énième fois.

NB : Notons que 'Mixed Light' de Ned Collette est disponible en France chez Microcultures en cliquant ici 

Album : Mixed Light
Année : 2026
Label : It Records / Feeding Tube Records / Open Square

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Nothing Rare de Ned Collette est également en écoute ci-dessous :

Autre remarquable chanson tirée de 'Mixed Light' de Ned Collette, voilà Paper Night :

mardi 8 septembre 2026

Chat Pile - Who Loves The Sun [The Flenser]

Quand on ne le confond pas avec le Kansas voisin, lorsque l'on évoque à l'état de l'Oklahoma et à sa capitale Oklahoma City, on pense inévitablement aux tornades (152 en 2024 !), à l'attentat de 1995 de Timothy McVeigh, ou, pour peu que l'on s'intéresse au basket en général et à la NBA en particulier, Shai Gilgeous-Alexander, Sam Presti ou Mark Daigneault, héros du premier titre de la jeune franchise du Thunder contre de bien malchanceux Pacers en 2025. Et c'est à peu près tout. Je ne sais pas si Chat Pile arrivera à être une référence de leur ville ou de leur état, mais autant vous dire qu'ils sont sans conteste la meilleure chose qui soit arrivée à l'Oklahoma depuis bien longtemps.

Découvert tout début 2025 par la grâce de bilans de fin d'année qui n'avaient d'oreilles que pour leur second album 'Cool World', j'avais pris une claque énorme, semblable à celle de 'Ordinary Corrupt Human' de Deafheaven et de son sensationnel Canary Yellow. Deux ans plus tard, Chat Pile est de retour avec 'Who Loves The Sun' - titre tout aussi ironique que son prédécesseur. Et la baffe est encore bien plus violente.

Je ne suis sans doute pas le plus à même pour parler de ce type d'album tant le métal (dans son acception la plus large) n'est pas mon cœur d'écoutes, mais 'Who Loves The Sun' est un disque absolument extraordinaire, d'où s'échappent une rage, une puissance, une noirceur, une profondeur, un désespoir voire un dégoût absolument fous. Extrêmement bien produit, menant grand train entre sludge metal, post-hardcore, noise rock et grunge, prenant son temps dans un slowcore hurlant (sensationnel Same Rules qui rappelle leur album collaboratif de l'an passé avec Hayden Pedigo), terminant même par une sorte de folk sous tension et faussement apaisé (October All the Time), qui gutture autant qu'il chante, le tout construit sur des mélodies et des petits hooks tuants (Intruder), des attaques de guitares imparables et une basse profonde incroyable, ce disque de Chat Pile est renversant du début à la fin.

Je ne sais pas ce qu'en pensent les puristes du genre mais arriver à publier un album aussi ambitieux, retors tant il vous emmène dans un sens pour mieux pour faire repartir dans l'autre et bien loin de l'étiquette métal qu'il serait facile de leur accoler, n'est pas donné à tout le monde. Surtout lorsque l'on sort d'un disque comme 'Cool World'. La marche était haute et Chat Pile a pourtant réussi à la passer. Nul doute qu'en fin d'année, 'Who Loves The Sun' récoltera des lauriers bien mérités. (Sortie : 4 septembre 2026)

Plus :
'Who Loves The Sun' de Chat Pile est en écoute sur leur page bandcamp
'Who Loves The Sun' de Chat Pile est à l'achat sur leur page bandcamp
'Who Loves The Sun' de Chat Pile est en écoute notamment chez Spotify, Deezer ou Tidal
'Who Loves The Sun' de Chat Pile est à l'achat, pour ce qui est de l'Europe, chez les nantais de Force Majeure


Trois chansons de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, débutons par le meilleur morceau de l'album, Intruder 
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchainons par l'incroyable Same Rules. Avant de clôturer notre affaire par le faussement apaisé October All the Time :

Deux clips tirés de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile, ceux de Shrine et de Same Rules :

lundi 7 septembre 2026

[Track of The Day] The Jayhawks - Keeping Our Heads Above Water

Si mes souvenirs d'adolescents me remontent une critique dithyrambique de leur 'Hollywood Town Hall' dans Rock&Folk - disque que je n'avais pourtant pas acheté (10 francs d'argent de poche hebdomadaire obligeaient à faire des choix), ma vraie rencontre avec The Jayhawks date de leur 'Rainy Day Music', disque majeur de mon année 2003, et pas uniquement pour Save It For A Rainy Day. A l'époque, le groupe de Minneapolis avait déjà vingt ans de carrière dans les pattes. En 2026, il en a vingt-trois de plus - et des changements de line-up nombreux dont je vous fais grâce.

Pourtant, à l'écoute de 'Sanctuary Park' leur tout nouveau et tout frais nouvel album, cela ne s'entend pas. Loin d'être mémorable, ce disque reste tout à fait charmant. Les harmonies vocales sont belles, les mélodies joliment troussées, et Bob Erzin, derrière la console, met tout cela en boite sans flonflon, avec doigté. Du pur easy-listening pop, qui tend certes parfois vers un rock à la grand-papa (mais plutôt bien fait), entre éclats lumineux de pop (superbe Keeping Our Heads Above Water en ouverture et en écoute aujourd'hui), americana chiadée (pas avares de bons riffs longs en bouche) et country-folk de bon aloi. Rien de bouleversant mais ce 'Sanctuary Park' est un disque élégant de The Jayhawks et qui sied bien aux matinées compliquées pleines et de cerveaux embrumés.

Album : Sanctuary Park
Année : 2026
Label : Sham / Thirty Tigers

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Keeping Our Heads Above Water de The Jayhawks est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson notable de ce nouvel album de The Jayhawks, voilà la chanson titre Sanctuary Park :

jeudi 3 septembre 2026

[Track of The Day] The Olivia Tremor Control - Advice from the Oceans

S'il y a quelque chose que je n'avais pas dans mon bingo 2026, c'est bien le retour de The Olivia Tremor Control. Groupe mythique, à la discographie courte mais immense, matrice de Neutral Milk Hotel et tête de proue avec Apples In Stereo du génial et si indé label Elephant 6 (que je croyais lui aussi mort et enterré), il avait cessé, à quelques rares singles près, toute activité depuis belle lurette (plus de vingt ans). Il faut dire que les décès de deux des piliers et accessoirement voix principales du groupe (Bill Doss brutalement en 2012, Will Cullen Hart en 2024) n'avait pas aidé.

Pour autant, les membres restants avaient envie de donner une vraie fin à l'aventure de The Olivia Tremor Control. Pour dire au revoir aux fans et adieu à leurs potes décédés. Et eux donc de finaliser le troisième album du groupe, disque dont la genèse remonte au tournant des années 2010, quand la bande d'Athens (en Georgie) s'était remise de ses disputes intestines et avait commencé à retravailler et à enregistrer ensemble. A l'époque, beaucoup de choses avaient été mises sur bandes (Will Cullen Hart parlait même de trois faces enregistrées mais à retravailler) mais la mort soudaine de Bill Doss avait mis un clou quasi définitif dans le cercueil du projet comme du groupe.

Ce fameux troisième album va donc voir le jour le 23 octobre prochain. Il sortira sous le nom de 'The Same Place', sera habillé d'une pochette qui rappelle par bien des aspects leur grand œuvre 'Music from the Unrealized Film Script: Dusk at Cubist Castle' et s'annonce par Advice from the Oceans (en écoute aujourd'hui), un premier single de toute beauté et touchant au possible (Will Cullent Hart est au chant, Bill Doss en support et pas loin derrière), qui transpire de pureté et de tendresse. Ce disque final et testament donc promet beaucoup. On ne mesure pas la chance, en 2026, de pouvoir enfin mettre l'oreille sur de nouvelles compositions de The Olivia Tremor Control, au complet. Merci aux survivants et à Elephant 6 d'avoir su faire ce travail de mémoire jusqu'au bout. Il est essentiel.

Album : The Same Place
Année : 2026 
Label : The Elephant 6 Recording Co.

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Advice from the Oceans de The Olivia Tremor Control :
 

mercredi 2 septembre 2026

[Track of The Day] Jackie West - Offer

Credit cover :  Tatiana Halina Olenka
Découvert grâce à Ben (dont les playlists mensuelles sont toujours indispensables) qui venait de la croiser en première partie du concert que les anglais de Brown Horse donnaient à l'Union Pool de New-York, faisons place aujourd'hui à l'américaine Jackie West, à son deuxième album 'Silent Century' sorti en février dernier, et surtout à Offer (en écoute aujourd'hui), le premier single extrait de celui-ci en août 2025. Et autant vous dire que cela relève de la gageure car il dure 9'31" - plutôt osé à une époque où le public ne rêve que de formats toujours plus courts. 

Offer fait donc près de dix minutes. Une longue balade folk aux éclats rock où Jackie West tantôt parle, tantôt chante, pendant que ses doigts divaguent sur des cordes de guitare, et que basse et batterie, toutes deux métronomes, tiennent le cap et le tempo avec pas mal de groove. Chanson superbe, enregistrée en une prise, hypnotique, presque épique et pleine de langueur, qui ferme de la plus belle des manières 'Silent Century', joli album qui prend de l'épaisseur à chaque nouvelle écoute et dont les aspérités sont vraiment à découvrir.

Album : Silent Century
Année : 2026
Label : Ruination Record Co.

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Autre chanson remarquable de 'Silent Century' de Jackie West, voilà Course of Action :

mardi 1 septembre 2026

[Track of The Day] The Spook School - Falling

Nous sommes le 1er septembre 2026 et la chanson du jour sortira sur un album de... 2027. Je sais, c'est très tôt, même assez ridicule dans l'idée, surtout quand on sait toutes les chansons et disques dont j'ai envie de parler et aux chroniques desquels je dois m'atteler depuis des semaines. Oui mais voilà, ce Falling des écossais de The Spook School est tellement emballant que je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour en parler.

Il s'agit là du premier extrait du quatrième album de The Spook School à venir officiellement le 29 janvier prochain (date de la sortie physique du disque, la version digitale est prévue pour novembre), soit quasiment neuf ans jour pour jour après le précédent - ce qui est dans l'industrie musicale actuelle équivaut à environ deux siècles et demi. Pourquoi tant de temps ? Parce que (je l'apprends) le quatuor s'était séparé en 2019 et vient de décider de se reformer. Et autant vous dire qu'il n'est pas là pour faire de la figuration. En tout cas à en croire, donc, Falling (en écoute aujourd'hui), chanson qui en 2'39" fonce tête baissée, droit au but, plein d'une énergie pop-punk folle aussi implacable qu'imparable.

Album : Like A Heartbeat
Année : 2027
Label : Alcopop! Records / Slumberland Records

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Le clip de Falling, premier extrait de 'Like A Heartbeat', le nouvel album à venir de The Spook School :