Le LCD Soundsystem des débuts vous manque ? Alors la chanson du jour est faite pour vous. Elle s'appelle Elevate et est l'œuvre de Holy Fuck. Placée en troisième position du nouvel album (le sixième) du quatuor canadien, elle a tout ce qui faisait la beauté des compositions des new-yorkais, époque 'Sound of Silver', quand le groupe était à son sommet et que James Murphy s'imposait comme un des personnages emblématiques de la décennie d'alors.
Une chanson magnifique, qui n'est pas sans rappeler un des titres majeurs de LCD Soundsystem, Someone Great, avec sa basse protubérante et profonde, son ambiance lascive et hypnotique qui ne cesse de monter en tension sur fond d'indietronica du meilleur effet. Sacré morceau.
Dire qu'Arab Strap fait un sans faute depuis sa reformation est un doux euphémisme tant ces -désormais - vieux briscards de Moffat et de Middleton ont publié deux albums qui s'inscrivent dans le haut du panier d'une discographie qui ne manque pourtant pas de grands moments. Deux ans après le dernier en date, 'I'm Totally Fine With It 👍 Don't Give A Fuck Anymore 👍', revoilà les deux écossais avec un nouvel album, 'Half-Told Tales', prévu pour septembre prochain, que le duo promet à la croisée des chemins de beaucoup d'influences (disco, métal, post-rock, spoken word, folk, électro).
Un disque qui commence à se dévoiler avec You You You, premier single où, sur fond de mélodie mélancolique pleine de beats et d'une guitare qui se la joue hero sur la dernière partie, Aidan Moffat déclame ses vers de son accent écossais si délicieux où il est question de temps qui passe, de corps qui s'affaissent (« I’ve got pills for breakfast every day, to keep my pains and fears at bay »), d'ennui (« I’m always bored, it seems nothing excites me – my own limbic system fights me! ») , et de peur de l'avenir pour soi et ses enfants, d'un ressentiment contre beaucoup de choses qui font notre société d'aujourd'hui mais que nous alimentons bien malgré nous (« And if you’re streaming this song on Spotify, then we both fund weapons-grade AI »), avec comme seule échappatoire, « lui », « elle » ou plus sûrement « nous », comme semble vouloir le dire l'index qui jaillit de la pochette. Bref, You You You ou le retour des patrons.
Album : Half-Told Tales Année : 2026 Label : Rock Action Recordings
Dans la rubrique "Next Big Thing", je voudrais Pigeon, quintette anglais venu du Kent dont le premier album commence à faire beaucoup de bruit. Et il faut admettre que ce 'OUTTANATIONAL' a effectivement de quoi séduire. Parce qu'il y en a pour tous les goûts : de l'afro dance/funk/beat, du proto reggae, du dub en pâmoison, des effluves de jazz, quelques touches de Bowie (Future Country), du post-punk circa new-wave quand elle n'est pas no, et plus globalement une ambiance très eighties. Peut-être aussi que le chant de Falle Nioke, chanteur et percussionniste guinéen (dont l'accent français s'entend d'ailleurs) qui a semble-t-il tout connu (la misère, la vie de musicien itinérant en Afrique, la prison même), n'y est pas étranger.
Il n'est en tout cas pas étonnant de voir le buzz s'emparer de 'OUTTANATIONAL' qui, s'il n'est pas un chef d’œuvre, est un premier effort solide, porté par une basse superbe et quelques grandes chansons dont, surtout, un immense tube, Black James Dean (en écoute aujourd'hui), sorte de post-punk comme en transe synthétique, où le chant de Falle Nioke (en anglais pour le refrain, en dialecte africain pour les couplets) habité et de plus en plus exalté fait merveille.
Album : OUTTANATIONAL Année : 2026 Label : Memphis Industries
Comme percuté par le succès de 'Singing Saw', Kevin Morby avait mis du temps à retrouver si ce n'est la raison (après tout, il publie les chansons qu'il souhaite) au moins l'inspiration qui le caractérisait tant en 2016. Trois albums pour rien - ou presque - et enfin, la lumière au bout du tunnel avec 'This Is A Photograph'en 2022 qui voyait l'américain revenir à ses fondamentaux et retrouver l'allant de ses débuts.
Mais 'This Is A Photograph', disque réussi s'il en est, était loin d'être un aboutissement et ressemblait plus à une rampe de lancement vers des lendemains qui chanteraient encore plus. Des jours attendus qui viennent de se concrétiser sur 'Little Wide Open' sorti vendredi dernier. Un disque de folk-rock et d'americana en forme de renaissance où on peut le dire sans se tromper : Kevin Morby est définitivement de retour. Et en très grande forme.
Produit par Aaron Dessner de The National (et cela s'entend sur la rythmique), ce huitième album de l'américain n'est peut-être pas son plus abouti (trop long, il se perd un peu en route sur sa seconde partie) mais ses chansons comptent sans doute parmi ses meilleures, de l'ouverture de Badlands (avec Justin Vernon de Bon Iver) au lumineux Javelin, de la sublime Natural Disasters (en duo avec Lucinda Williams) à la non moins belle chanson titre en passant par le mélancolique Field Guide For The Butterflies en conclusion. Mais celles-ci ne sont rien à côté de 100,000 (en écoute aujourd'hui), pinacle de 'Little Wide Open', construit autour d'un gimmick à la guitare, et qui prend peu à peu de l'ampleur pour mieux finir dans un fracas électrique inattendu et absolument jubilatoire.
Album : Little Wide Open Année : 2026 Label : Dead Oceans
Si la découverte de 'Pratts & Pain'avait été un très grand coup de cœur où Royel Otis sonnait comme la réponse australienne à Will Toledo et ses Car Seat Headrest, sa suite '(hickey)' à peine dix-huit mois plus tard, avait été une petite douche froide tant il était quelconque, tournait à vide, et n'était même pas sauvé par quelques rares fulgurances bien senties (Say Something et Car).
Est-ce la signature du duo australien sur une major ? Est-ce parce que, toujours sur la route, Royel Maddell et Otis Pavlovic avaient enregistré ce deuxième album à la va vite, entre deux concerts ? Où est-ce juste qu'ils n'avaient tout simplement plus d'inspiration et n'avaient des chansons que pour un album (ce ne serait pas les premiers) ?
Si les deux premières hypothèses sont tout à fait plausibles (notamment la seconde), il semble qu'on puisse d'ores et déjà rayer la troisième. Car leur nouveau single Sweet Hallelujah (en écoute aujourd'hui) montre qu'ils en ont encore sous la pédale. Mieux, il voit le duo de Sydney changer de cap, s'échapper de son indie-rock et indie/jangle pop habituels pour passer à la balade mélancolique et ambitieuse, à la production ample, quasi symphonique, et qui n'est pas sans rappeler MGMT. Rien n'est donc perdu pour Royel Otis, loin de là.
Découvert au tournant des années 2010 et perdu de vue tout juste après ('Synthetica'en 2012), Metric n'a pas attendu que je me ré-intéresse à eux pour continuer sa carrière : quatre albums et la bande-originale de 'Cosmopolis' de David Cronenberg depuis. Et voilà le cinquième, 'Romanticize The Dive', publié fin avril, avec toujours la même équipe au générique dont, évidemment, Emily Haines, ex Broken Social Scene, au chant.
Et il faut avouer que ces retrouvailles sont tout à fait réjouissantes. Non pas que 'Romanticize The Dive', bien qu'il soit réussi, soit le disque de l'année ou même du mois. Mais Metric prouve à nouveau sa capacité à composer des chansons catchy au possible, notamment sur sa face-A, d'une efficacité sans faille et qui accouche de titres aux faux-airs de tubes, aux mélodies engageantes et efficaces (Wild Rut et Time Is A Bomb, en écoute aujourd'hui, pour ne citer qu'eux)... pour peu évidemment qu'on aime la synth-pop, la dance-pop, l'indie rock, l'électropop et les productions qui ne font pas vraiment dans la finesse.
Album : Romanticize The Dive Année : 2026 Label : Metric Music International / Thirty Tigers
Il n'y a rien de plus frustrant de découvrir un groupe et de se rendre compte que celui-ci se baladait dans les rues de votre ville quelques semaines plus tôt seulement. Énième et dernier exemple en date, les canadiens de Private Lives qui étaient sur la scène du Trokson le 21 mars. Un quatuor originaire de Montréal qui, après un deuxième album publié l'an passé chez les américains de Feel It Records (à qui l'on doit la découverte des Sweeping Promises) s'offre le premier 45-tours de sa carrière, cette fois chez les autrichiens de Bachelor Records - signature qui explique sans doute cette tournée européenne très allemande (douze dates), belge (Bruxelles
comme seul point de chute) et française (Lille, Sorgues étonnamment et
Lyon donc).
Deux chansons au programme, Think I'm Coming Around en face-A, à laquelle il ne manque que « Gabba Gabba Hey », et Television
Faces en face-B (et en écoute aujourd'hui), entre punk et power-rock dont les riffs ne sont pas sans rappeler les Libertines des deux premiers albums. De la belle ouvrage qui fait espérer que ce rapide passage lyonnais des Private Lives n'est pas le dernier.
Album : Think I'm Coming Around 7" Année : 2026 Label : Bachelor Records
Très séduit par leur premier album, j'étais intimement persuadé que Outer World allait connaître la même trajectoire que les Sweeping Promises, groupe dont il sonnait comme un petit frère psyché. Que nenni. En deux ans, le duo américain composé de Tracy Wilson et Kenneth Close n'a pas donné suite - ou alors si peu, un single et c'est tout.
Et puis, contre toute attente, revoilà Outer World avec un nouveau single, qu'on imagine sans effort comme le premier indice d'un prochain deuxième album. Court (tout juste deux minutes), enregistré avec quatre membres supplémentaires qui prennent en charge basse, guitare, batterie et autres voix additionnelles, il s'appelle La Dimora et poursuit le chemin ouvert par 'Who Does the Music Love?' avec basse profonde, nappes, psychédélisme soigné et toujours la belle voix de Tracy Wilson pour mener la danse. Un réussite qu'il faut espérer avoir des lendemains.
Toujours foisonnante, et dans tous les styles, la scène anglaise n'en finit pas de sortir des groupes intéressants, attachants, emballants, quand ils ne sont pas les trois à la fois. Dernier exemple en date, Langkamer, quatuor qui ne vient pas de l'autre pays du fromage mais de Bristol, ville rendue célèbre par le duo Portishead / Massive Attack au mitan des années 90.
Pourtant ici, rien de trip-hop dans la musique de Langkamer, mais de l'indie-rock qui convole en juste noces avec un peu d'alternative country et ambiances slacker. Leur quatrième album, 'No', court (onze chansons pour même pas trente minutes) se tient d'ailleurs plutôt bien, entre titres enlevés (Crows, tube évident, en écoute aujourd'hui, quelque part entre We Were Promised Jetpacks et Frightened Rabbit), superbes balades (The Summer That I Hit The Wall), morceaux plus nonchalants et production qui a du chien. Assez pour imposer du Langkamer avant de faire un malheur.
Découverte en septembre dernier avec, comme disent les anglais, l'infectious How Can I Tell You? (To Love Me More), Brooke Combe est de retour avec une nouvelle chanson, Tears Won’t Lie. Un single dans la lignée de son prédécesseur, catchy à souhait, soul autant que pop, qui n'est pas sans évoquer Ain't No Mountain High Enough de Marvin Gaye et Tammi Terrell et qui a beaucoup de la patine Motown en lui. Que ce soit dans la (très) belle voix de l’écossaise, ses paroles (Now you’ve left with our love /Take a look at what you’ve done / Every day, every night / You see the truth written in my eyes), son orchestration, sa production et même le design de sa pochette - fut-elle uniquement digitale, ce single ne semblant pas voué à connaitre une sortie physique. Sans doute prélude à un deuxième album à venir, un an après un bien inoffensif 'Dancing at the Edge of the World', Tears Won’t Lie confirme en tout cas tout le potentiel de Brooke Combe.
Album : - Année : 2026 Label : Fontana Recordings / Modern Sky UK
Il y a des disques qu'on a envie d'aimer dès les premières secondes de la toute première chanson. Prenez 'Mosquito', le nouvel et quatrième album des suédois de Hater, groupe croisé plus qu'écouté jusque-là. Il s'ouvre par Landslide (en écoute aujourd'hui), morceau qui emballe son monde en moins de temps qu'il ne faut pour lire cette phrase : une batterie en entrée, des guitares particulièrement mélodieuses et qui ne manquent pas de chien, une basse qui ne paye pas de mine mais à la beauté et l'importance réelles (comme souvent me direz-vous), un rythme aussi lancinant qu'énergique mais particulièrement envoûtant, la voix belle et sûre de Caroline Landahl (épatante notamment sur les couplets). Le tout sublimé par une production très soignée, ronde et chaleureuse, qui fait honneur à cette composition. Une chanson généreuse en somme, à l'image du reste de 'Mosquito', vrai beau disque d'indie-pop et d'indie-rock aux touches shoegaze de la part d'Hater (qui porte ici bien mal son nom) qui, dès qu'il s'égare en moments plus anecdotiques, se reprend en remettant toujours la mélodie au centre de tout.
Album : Mosquito Année : 2026 Label : Fire Records
En ouverture de 'We Are Together Again', le trente-et-unième album de Bonnie "Prince" Billy sous ce moniker (seul ou avec d'autres), on trouve Why is the Lion?, chanson de folk très orchestrée, mélancolique, lumineuse et aérienne. Trente-six minutes plus tard, et alors que le disque est sur le point de tirer sa révérence, c'est sa sœur jumelle qui prend la main. Mais une sœur, si ce n'est plus austère, sans doute plus sèche, quoique diablement belle.
Bride of the Lion (en écoute aujourd'hui) reprend les mêmes paroles (ou quasiment) que Why is the Lion?, en garde globalement la structure (seuls quelques couplets sont inversés) mais l'ambiance est plus dépouillée, plus à l'os. Plus courte de deux minutes, elle ne laisse pas de place à la gloriole, à une orchestration ample et remise au rancart la flûte qui baguenaudait précédemment. Tenue par la guitare de Bonnie "Prince" Billy et ses quelques accords, Bride of the Lion est plus sobre, plus introspective aussi, mais n'oublie pas une seconde la beauté, que ce soit par sa mélodie simple mais rayonnante, ses chœurs resserrés qui la parsèment tout du long, et cette guitare électrique aux riffs nerveux qui, sur la dernière partie, la voit totalement s'épanouir. Une beauté pure.
Album : We Are Together Again Année : 2026 Label : Domino Records / No Quarter Records
Sur l'indispensable coffret 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966' consacré à la trilogie électrique de Bob Dylan, on trouve sur le disque 2 une démo de Desolation Row, tout au piano - et à l'harmonica. Incomplète (elle fait tout juste deux minutes, soit neuf de moins que l'originale), cette version est pourtant remarquable. Sublime même. Et si la version connue de tous est un des plus grands bijoux composés par le Zim, j'aurai toujours ce regrets de voir l'américain abandonner cette démo en cours de route, comme peu convaincu.
Girl from the North Country est un autre chef d’œuvre de Bob Dylan. Comme beaucoup, il n'existe pas - à ma connaissance en tout cas - de version « piano » de ce standard vieux de plus de soixante ans. Alors, à défaut, c'est l'immense Pascal Comelade qui s'y colle pour son prochain album à venir 'Métaphysique Du Hit-Parade', compilation de douze de ses meilleures reprises réalisées durant sa carrière (The Modern Lovers, The Rolling Stones, Jimi Hendrix, The Gun Club, Faust et j'en passe) auxquelles le catalan a ajouté deux inédits, enregistrés pour l'occasion : la reprise de Come As You Are de Nirvana. Et donc, celle de Girl from the North Country de Bob Dylan, en version courte (1'36" au compteur) mais belle comme tout, lancinante et mélancolique comme jamais. En un mot comme en cent : superbe.
Album : Métaphysique Du Hit-Parade Année : 2026 Label : Week—End Records
En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Girl from the North Country de Bob Dylan par Pascal Comelade est également en écoute ci-dessous :
Derrière le nom Makthaverskan se cache un groupe originaire de Göteborg. Derrière cette pochette un rien horrifique et cette typo qui rappelle les codes du black métal se trouve 'Glass and Bones', leur cinquième album. Et celui-ci n'a strictement rien de métal - et quel qu'il soit d'ailleurs. On est plutôt ici sur un mélange entre post-punk et jangle-pop, qu'on aurait assorti d'ambiances dream-pop et un rien gothiques. Le tout est porté par la voix assez criarde de Maja Milner qui pourrait en épuiser certains sur le chemin. Et cela serait dommage car 'Glass and Bones', sans être exceptionnel, est un disque solide qui a le bon goût de proposer des mélodies soignées, d'où se dégage pas mal de mélancolie, et des morceaux souvent enlevés. Ceci dit, comme Makthaverskan offre en ouverture Pity Party (en écoute aujourd'hui), la meilleure chanson de l'album, ceux qui abandonneront en cours de route n'auront finalement pas tout perdu.
Album : Glass and Bones Année : 2026 Label : Welfare sounds & records
Quatuor originaire de Londres, The Early Years a derrière lui une carrière longue de vingt années. Pourtant, ils n'ont à ce jour publié que deux albums et le troisième est dans les tuyaux pour le 22 mai prochain. Une discographie famélique donc … mais sans doute tout à fait voulue.
En 2006, The Early Years sort chez Beggars Banquet son premier album, éponyme. Succès au moins d'estime, le groupe n'enchaîne pas et attend… dix ans pour publier la suite, sobrement intitulée 'II'. Et puis plus rien… jusqu'à il y a quelques semaines où David Malkinson, Roger Mackin, Brendan Kersey et Phil Raines ont annoncé la sortie de leur troisième album, 'Modern Moonlight'. Trois disques en vingt ans, étalés sur trois décennies : soit The Early Years est le groupe qui compose le plus lentement du monde. Soit ces sorties décennales sont tout sauf une coïncidence.
Quoiqu'il en soit, le quatuor revient et a déjà lancé en éclaireur deux singles en amont de la sortie, dont A New Way of Living (en écoute aujourd'hui), la chanson qui ouvrira 'Modern Moonlight'. Et quel titre dites moi ! Drivé par une basse envoutante, A New Way of Living de The Early Years est à chercher quelque part entre Ceremony de New Order (il jour il faudra qu'on fasse la liste des chansons que ce morceau incroyable a inspiré) et All My Friends de LCD Soundsystem. Un petit régal de la part d'un groupe dont il nous reste à découvrir le troisième album. Et ce que cache cette passion des années en 6.
Album : Modern Moonlight Année : 2026 Label : Sonic Cathedral
Jamais avares de délicieuses douceurs pop, le duo franco-australo-briochin Maxwell Farrington & Le SuperHomard est de retour, deux petites années après un joli 'Please, Wait...'. Et une nouvelle fois, les deux compères prouvent qu'ils ne sont jamais aussi bons que quand il sont ambitieux dans leurs compositions. J'en veux pour preuve la chanson du jour, Lorène, nouvel extrait de 'Window Tax',
leur troisième album à venir le 26 avril prochain.
Un morceau ample et
généreux, à la mélodie pleine d'allant, où la production de Christophe Vaillant (aka Le SuperHomard) faite de cordes magnifiques
est un cocon merveilleux pour la voix de crooner de Maxwell Farrington
et celle de Lily Buchanan, qui joue les chœurs en contrepoint. Une
chanson orchestrale somptueuse, sorte de petite sœur de Begging's Not My Business, qui s'ouvre comme une fleur, en majesté, dans sa dernière partie.
Si vous avez un petit coup de mou, si les peines s'accumulent, si la météo qui passe du printemps à l'automne en un claquement de doigts vous déprime, si la situation internationale vous donne envie de vous pendre, il n'est sans doute pas conseillé d'écouter le nouvel album de Maria Taylor, 'Story's End'. Non pas qu'il ne soit pas réussi (car il l'est) mais parce que ce n'est pas dit que ce soit là que vous trouviez les ressorts nécessaires pour vous relever.
Il faut dire que la dame sait y faire en terme de chansons pleines de mélancolie qui touchent au plus profond; que ce soit en solo comme aujourd'hui ou avec sa comparse Orenda Fink dans les si belles Azure Ray. Signé sur Million Stars le label de Conor Oberst, compagnon de route de longue date, 'Story's End' est déjà le huitième album de Maria Taylor et il ne déroge donc pas à la règle. Il y a toujours ces chansons aussi belles que tristes, il y a toujours ces arrangements soignés, ces cordes délicates, ces mélodies douces et qui parfois bouleversent, il y a ces chansons comme en apesanteur parfois, il y a ces textes plein d'espoir ou de regrets, de peine comme de bonheur, il y a toujours cette voix soyeuse et qui vous donne envie de pleurer tant elle semble transpirer de peine, de nostalgie et de sincérité, sans pour autant être affectée ou surjouée. Il y a tout cela ici. Et notamment Shades Of Blue (en écoute aujourd'hui), sans doute la meilleure chanson de 'Story's End', et aussi la plus enlevée, à l'orchestration qui fait des miracles et où Maria Taylor chante d'une voix d'or et à nulle autre pareille.
Album : Story's End Année : 2026 Label : Million Stars