vendredi 21 août 2026

[Track of The Day] Brooke Combe - Love Was Made of Stone

Mois après mois, single après single, Brooke Combe devient une habituée de ces pages. Il faut dire que, si elle ne réinvente pas la soul tant elle sonne comme échappée d'un studio Motown des années 60, les chansons de l'écossaise font mouche à chaque fois. Il y avait eu la découverte du très catchy How Can I Tell You? (To Love Me More) l'an passé, le Tears Won’t Lie à la vibe Marvin Gaye/ Tamm au printemps dernier ; il y a maintenant Love Was Made of Stone (en écoute aujourd'hui), dernier single en date paru début août, toujours produit par James Skelly de The Coral, et qui fait montre à nouveau ou plutôt qui confirme, s'il était besoin d'ailleurs, que Brooke Combe a un truc en plus. Et si d'aucuns argueront que ses compositions restent jusque là très scolaires et/ou trop sous influence, on leur répondra qu'il y a ici une élégance dans le chant, une idée sûre de composition, des orchestrations soignées et une voix délicieuse. Ce n'est pas donné à tous.

Album : -
Année : 2026
Label : Fontana Recordings

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Le clip de Love Was Made of Stone, dernier single en date de Brooke Combe :

jeudi 20 août 2026

[Track of The Day] Baxter Dury - Schadenfreude (feat. JGrrey)

Quatre heures du matin ce dimanche. La cousinade annuelle touche à sa fin dans un parc arboré et plutôt vert de la campagne ardéchoise. Le gin fizz coule à flots et nous sommes encore une quinzaine vaillants à bavasser et danser sur une playlist concoctée par une cousine de 22 piges, douée, dj autant dans l'âme et dans les faits (elle mixe régulièrement et commence à composer) qui, pendant son enfance, passait les mêmes soirées sur les genoux de votre serviteur à faire danser la famille. Soudain, voilà que se lance une chanson étonnante, très électro mais pop à la fois, mené par un chant spoken word en contrepoint d'une voix féminine lascive. Étonnante mais surtout aussi belle qu'efficace, à la production mouvante et cotonneuse.

Elle s'appelle Schadenfreude (en écoute aujourd'hui), porte très bien son nom et est l'œuvre de Baxter Dury, fils de Ian et artiste anglais que je ne fréquente plus depuis son 'Floor Show' de 2005 (et pourtant Cocaine Man, quelle chanson) sans trop savoir pourquoi (à dire vrai, j'ai même l'impression de systématiquement et volontairement zapper ses disques dès qu'ils me tombent sous l'oreille). Le morceau se trouve sur 'Allbarone', son dernier album en date publié il y a un an. Un disque magnifique et immédiat, très électro, plein de beats soignés et accompagnées de mélodies marquantes qui, si j'avais pris le temps de m'y intéresser, aurait fini sans doute dans le haut de mon panier 2025. Tout comme Schadenfreude, tube absolument irrésistible qui, sous ses airs torturés, ne veut vous aucun mal, bien au contraire.


Album : Allbarone
Année : 2026
Label : Heavenly Records / PIAS

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Schadenfreude de Baxter Dury et JGrrey est également en écoute ci-dessous :

Schadenfreude, chanson immense de 'Allbarone', l'album de Baxter Dury paru en 2025 :

 

mercredi 19 août 2026

[Track of The Day] Petey USA - I Will Do The Opposite

Savez-vous ce que l'on obtient lorsque l'on mélange le groupe Modest Mouse et la série Seinfeld ? La chanson en écoute du jour, I Will Do The Opposite ! L'œuvre d'un certain Peter Martin, créateur de contenu américain qui, au moment de la crise de COVID, a vu ses saynètes quotidiennes et humoristiques lui ouvrir la voie du succès et de la médiatisation. Puis celle de la musique, où il se produit depuis 2021 sous le nom de Petey, choix artistique tout sauf anecdotique puisque Petey USA (il vient récemment d'accoler l'acronyme de sa patrie à son alias, comme ça, sans vraie raison) vient de publier 'oooo', son cinquième album en six ans, rien que ça. Mais cette fois, sans l'aide d'un label (il était tout de même signé chez Capitol Records), deal beaucoup trop contraignant pour quelqu'un qui fait tout cela avant tout pour le fun.

Et donc, dans ce 'oooo' tout frais (le disque est sorti le 14 août), on trouve en sixième position I Will Do The Opposite. Une chanson qui sonne bon Modest Mouse (l'exubérance du chant, la puissance de sa production, sa mélodie, sa rythmique) et qui a été profondément inspiré par l'épisode "The Opposite" de la série Seinfeld, où Georges Constanza, bougon et déprimé comme à son habitude décide de faire exactement l'inverse de ce qu'il a toujours fait pour enfin s'en sortir. Une sorte de mise en abîme de la célèbre maxime attribuée à Albert Einstein « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent », évidemment hilarante à l'écran. Bien plus en tout cas de la chanson de Petey USA, qui est, elle, bien moins drôle, plus déprimée (« And I hate everything about my own life / Probably why I never get to sleep at night / Take me to the well / If memories are heaven then I wanna go to hell ») mais pourtant sacrément addictive. Merci George Constanza. Merci Isaac Brock et consorts.

Album : oooo
Année : 2026
Label :

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Will Do The Opposite de Petey USA est également en écoute ci-dessous :
 

Et pour le plaisir, quelques uns des meilleurs passages de "The Opposite", l'épisode 22 de la saison 5 de Seinfeld :

mardi 18 août 2026

[Track of The Day] Chanel Beads - Outside Your Life

Des artistes qui prennent des noms abscons ou d'autres qui s'affublent de noms si banals que trouver des informations à leur propos relève de la gageur, je connaissais. Mais ce que proposent aujourd'hui l'américain  Shane Lavers au travers de son projet Chanel Beads (qui est un trio au final), je n'avais - de mémoire - jamais vu ça. Car dans le genre, pour tromper et/ou embrouiller son monde, c'est parfait. Ainsi, au début de l'été, Chanel Beads a publié 'Your Day Will Come', son deuxième album, deux ans seulement après … 'Your Day Will Come', son premier album. Soit, le même et exact même nom. Et rien à voir ici avec une ressortie agrémentée de quelques inédits après une signature sur une plus grosse structure : Chanel Beads est signé chez Jagjaguwar depuis ses débuts. Non, c'est un choix, conscient et volontaire. Une volonté affichée qui s'expliquerait par l'idée de recommencer une histoire mais de façon différente. N'ayant pas écouté à ce jour le premier, je ne saurais le confirmer mais après tout, pourquoi pas ? Et puis, ils ont eu au moins le goût de ne pas publier la même pochette, c'est déjà ça.

Et donc ce 'Your Day Will Come' 2026 ? Un bel album de dream pop lancinante et texturée à mes oreilles, plus sûrement de l'hypnagogic pop si j'en crois les spécialistes, très Jagjaguwar dans l'esprit mais surtout très bien produit, aux rythmiques soignées, aux ambiances éthérées autant que surréalistes dans lequel on relèvera notamment Outside Your Life (en écoute aujourd'hui), chanson dont on croirait la mélodie langoureuse avoir été écrite par James Murphy et ses LCD Soundsytem.

Album : Your Day Will Come
Année : 2026
Label : Jagjaguwar

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Outside Your Life de Chanel Beads est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 12 août 2026

[Track of The Day] Wasuremono - Welcome Back

Groupe anglais originaire de Bradford-on-Avon et mené par Will Southward, laissez moi vous présenter Wasuremono (qui signifie « objet oublié » en japonais). Quatuor que je découvre sur le tard (leur première sortie remonte à 2018) et qui s'apprête à publier dans dix jours son cinquième album, 'Me And The Noise'.

Un disque qui s'annonce de la plus belle des manières avec Welcome Back (en écoute aujourd'hui), superbe chanson pop, entêtante à souhait, qu'on a envie d'embrasser et d'enlacer tant elle est joyeusement lumineuse, pleine d'emphase et de « na na na na na » qui ne demandent qu'à être chantés à tue-tête.

Album : Me And The Noise
Année : 2026
Label : Revolver Records / The Wilderness Records

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En plus des playlists Spotify, Tidal et YouTube (et non Deezer, allez savoir pourquoi) Welcome Back de Wasuremono est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Welcome Back, un des singles extraits de 'Me And The Noise', le prochain album de Wasuremono :

lundi 10 août 2026

[Track of The Day] Lucy Dacus - Clay Pigeons (Blaze Foley cover)

Si, comme moi, le nom de Blaze Foley ne vous dit rien, alors la chanson du jour est faite pour vous. Et le disque dont elle est tirée également. Car Blaze Foley fait partie de ces légendes américaines méconnues de la country et folk music, qui n'a pas eu une vie facile et dont la notoriété fut essentiellement postérieure à son décès. Une sorte de Jackson C. Frank américain, avec qui il partage une trajectoire anonyme et tragique.

Sans faire sa biographie tant il y a des choses à dire, sachez que Blaze Foley est né sous le nom de Michael David Fuller un jour de décembre 1949 en Arkansas mais qu'il a passé la majeure partie de sa vie au Texas, qu'il est le fils d'un père alcoolique, que dès l'âge de sept mois, il est atteint de la polio et que la maladie lui laissera une jambe plus courte que l'autre, qu'il tire son nom de scène du musicien de country Red Foley et de la stripteaseuse (mais pas que) Blaze Starr, qu'il a vécu un temps dans une maison dans les arbres avec l'amour de sa vie, Sybil Rosen, que la boisson a sans doute causé son insuccès et sa perte, qu'il était l'ami de Townes Van Zandt (ces deux dernières informations ont sans doute un lien d'ailleurs), qu'il n'a connu la notoriété que sur le tard grâce à la reprise à succès de son If I Could Only Fly par le duo Merle Haggard / Willie Nelson, qu'il n'a quasiment rien publié de son vivant, et qu'il est mort assassiné par le fils d'un ami au petit matin du 31 janvier 1989.

Mais depuis son décès, les choses ont changé. Reconnu, révéré (Lucinda Williams lui écrira une chanson dix ans après sa mort et dira de lui qu'il était « un génie et un perdant magnifique »), repris sur album (Kings of Leons, Whitney, Michael Cera) comme sur scène (The Tallest Man on Earth, Band of Horses, Great Lake Swimmers, Steve Gunn et j'en passe), Blaze Foley a même fait l'objet d'un biopic en 2018, "Blaze", encensé par la critique et réalisé par Ethan Hawke.

Quarante ans après son décès, il a donc droit à une nouvelle compilation hommage, 'Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley'. Treize compositions du texan reprises par, dans l’ordre d’apparition au tracklisting, Phosphorescent, Willie Watson, Cactus Lee et David Amram, Dylan Earl, Uncle Lucius, Riley Downing, Joshua Ray Walker, Twain, Angela Autumn, John R. Miller, John Moreland et Lydia Loveless, Lucinda Williams et, Lucy Dacus, qui reprend ici une des, semble-t-il, plus célèbres chansons de Blaze Foley, Clay Pigeons (en écoute aujourd'hui). L’histoire d’un homme qui prend un bus pour fuir ses problèmes et démarrer une nouvelle vie. Lucy Dacus en donne une version presque aussi dénudée que l'originale, mais que sa voix embellie encore plus de mélancolie. Une très jolie reprise, sans doute la meilleure du disque d'ailleurs, et une très belle porte d'entrée vers un artiste maudit que seule la mort aura su faire émerger de l'anonymat et des ténèbres.

Album : Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley
Année : 2026
Label : Lost Art Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Clay Pigeons de Blaze Foley par Lucy Dacus est également en écoute ci-dessous :
 

Pour ceux qui, comme moi, ne connaitraient pas Blaze Foley, voilà sa version de Clay Pigeons :

Autre reprise notable, celle de Phosphorescent qui s'approprie un des titres les plus célèbres de Blaze Foley, If I Could Only Fly :

La bande-annonce de "Blaze", le biopic que Ethan Hawke a consacré à Blaze Foley en 2018 :

vendredi 7 août 2026

[Track of The Day] Will Sheff - Always Everything

Est-ce une simple coïncidence ? Un plan marketing bien ficelé ? Une volonté des deux compères de se retrouver en compétition, face à face, juste pour se marrer ? Difficile à savoir. Mais les deux anciens d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg (on oublie que celui-ci n'est plus membre du groupe depuis 2008 et la sortie 'The Stands-In', quand bien même il a joué un petit rôle sur chaque disque suivant, aux chœurs là, au banjo ici) viennent de publier les nouveaux albums de leurs projets personnels respectifs à quelques semaines d'intervalle, après pourtant quatre ans d'absence de chaque côté.

Si l'on reviendra prochainement sur le nouveau Shearwater, disque très Talk Talk / Mark Hollis qui prend une belle épaisseur à chaque écoute, évoquons tout d'abord 'Extra Mile', le second album solo de Will Sheff (au look de plus en plus Lennon-ien) à travers Always Everything (en écoute aujourd'hui). Un morceau qui démarre comme une balade acoustique déprimée mais lumineuse et qui n'a de cesse de déployer ses ailes pour terminer sous la forme d'un blues héroïque et euphorique. Une chanson superbe qui, avec celle d'ouverture Extra Mile, tient le très haut du pavé de ce joli album, qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié à quel point Will Sheff est un compositeur talentueux et soigné.

Album : Extra Mile
Année : 2026
Label : Solid Ghosts Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Always Everything de Will Sheff est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de haute tenue de ce nouvel album de Will Sheff, voilà la chanson titre et d'ouverture Extra Mile :

jeudi 6 août 2026

[Track of The Day] Swash - Clay

Découvert grâce à Pierre (With A Messy Head, Carton Sonore) et repéré par le toujours debout et essentiel Hidden Bay Records qui sort le disque, voilà Swash, quatuor danois venu de Copenhague, et leur premier album après quasiment dix ans d'Ep et de singles épars. Un disque qui se nomme 'Powers of Ten' et qui ne compte que… neuf chansons - titre ironique sur la session d'enregistrement où, au bout du compte, un des dix morceaux enregistrés n'a pas réussi à passer le cut final.

En résulte un disque assez court (27 minutes), au son massif, nerveux et exalté, qui se balade de plage en plage dans le rock des années 90, qu'il soit indie, slacker, noise ou power (superbe Clay), le tout avec des élans grunge, des guitares puissantes et fuzz et même du Dinosaur Jr. tout craché (Surface Tension). De la belle ouvrage bruyante où les mélodies ne sont pas prises pour quantité négligeable et ont leur mot à dire. Un des meilleurs albums - et pas que rock - de l'année, sans l'ombre d'un riff.

NB : 'Powers of Ten' est donc signé chez Hidden Bay Records, qui publie le disque en K7 pour seulement 6€ - et l'album numérique à prix libre. Prix mini donc pour un micro-label à soutenir qui fait, comme beaucoup, un boulot remarquable et plus que jamais indispensable. 

Album : Powers of Ten
Année : 2026
Label : Hidden Bay Records

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Autre chanson tout à fait recommandable de 'Powers of Ten', premier album des danois de Swash, voilà Serving the Shapes :

mercredi 5 août 2026

[Track of The Day] Mock Media - Mock City Rock

Après la Nouvelle-Zélande hier, faisons place aujourd'hui au Canada avec Mock Media, quatuor originaire de Vancouver, et à 'Rat Bastard', leur troisième album sorti le 17 juillet dernier chez Mac's Record Label (le label de Mac Demarco) et Meat Machine. En tout cas à toute la partie clairement influencée par le post-punk fin 70s/début 80s et moins celle qui va chercher ses influences dans le reggae.

Ainsi, zappons City's of Fire ou Fell From The Top (mais qui séduiront à coup sûr tous les fans du genre), laissons de côté la bossa pop de White Lion et même Straight Line dont l'introduction me fait penser à Sinsemilia (si si) pour mieux nous concentrer sur les six autres chansons, et notamment ce triptyque d'ouverture Mock City Rock / Take It / Rat Bastard très séduisant, aux mélodies qui savent grandir, des guitares qui post-punk, un chant à plusieurs voix, entre Clash (Mock City Rock et son petit hommage à London Calling, que je ne peux croire autrement que volontaire), Television, Gang of Four et guitares eighties. Un trio très avenant pour débuter ce 'Rat Bastard' de Mock Media, disque qui, pour peu qu'on aime le reggae et ses affidés, devrait largement séduire son monde.

Album : Rat Bastard
Année : 2026
Label : Mac's Record Label / Meat Machine Records

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Autre très recommandable chanson de 'Rat Bastard' de Mock Media, voilà Take It :

Le clip de Mock City Rock, chanson d'ouverture de 'Rat Bastard' de Mock Media :

mardi 4 août 2026

[Track of The Day] Hemi Hemingway - Wings of Desire

Derrière cette silhouette en contre-jour sur fond d'orange flamboyant portant beau le chapeau de cowboy et ce nom d'Hemi Hemingway, ne se cache pas un artiste de country alternative venu du grand ouest américain mais un certain Shaun Blackwell, originaire de Wellington en Nouvelle-Zélande.

L'album habillé par cette bien trompeuse pochette est son second et se nomme 'Wings of Desire'. Un disque écrit avec l'encre des années 80, celles des productions massives qui flirtaient souvent à la limite du bon goût. Il y a un peu tout cela dans ce deuxième album de Hemi Hemingway : un disque moins épique que  grandiloquent, qu'aucuns diraient ampoulé, et qui ne brille pas toujours - musicalement en tout cas - par sa finesse. Pour autant, le disque s'ouvre par Wings of Desire (en écoute aujourd'hui), formidable chanson titre qui semble être tout droit sortie de l'esprit de Pulp et/ou de Jarvis Cocker - et pas seulement pour ses accents vocaux - et qui déborde tant de générosité et de classe que même un saxophone typique de l'époque n'arrive pas à la gâcher (et en devient même essentiel).

Album : Wings of Desire
Année : 2026
Label : PNKSLM Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Wings of Desire de Hemi Hemingway est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Wings of Desire, la chanson titre et d'ouverture du nouvel album de Hemi Hemingway :

lundi 3 août 2026

[Track of The Day] The Rolling Stones - Divine Intervention

Quel intérêt y a-t-il en 2026 à écouter le nouvel album des Rolling Stones, qu'on annonce être, comme à chaque fois d'ailleurs, leur meilleur depuis [insérer ici le dernier Stones qui vous a marqué] alors que la réalité est tout autre (il faut d'ailleurs absolument relire à ce propos le fabuleux papier de Fabrice Pliskin dans le Nouvel Obs en septembre 2023, voir plus bas) ? Pire, pourquoi chroniquer, encore plus dans ces pages, une chanson ou un album des Rolling Stones en 2026 ? Parce qu'il y a un côté malaisant qui s'en échappe.

'Foreign Tongues' donc, dernier album en date (voire dernier tout court, ces messieurs ne rajeunissant pas) de la bande à Jagger, soixante-quatre ans après leurs débuts - ce qui, ne nous mentons pas, force le respect. Un disque enlevé, qui sonne bien, qui sonne juste, avec quelques mélodies satisfaisantes (pour ne pas dire marquantes) et enjouées. Du rock'n'roll pas le plus finaud certes, mais moins old'n'roll que ce que l'on aurait pu croire, et qui a du caractère. Certes. Mais - car il y a un mais - tout ceci semble bien trop parfait pour un groupe d'octogénaires dont les chansons intéressantes depuis quarante ans se comptent sur les phalanges du pouce. Il flotte comme un air de tromperie sur la marchandise.

Il y a déjà la durée : une grosse heure, pour douze compositions originales et deux  reprises (de Amy Winehouse et Chuck Berry, sans aucun intérêt l'une comme l'autre), soit dans le top 5 des albums les plus longs de leur discographie. Étonnant ce regain d'inspiration non ? Il y a aussi la voix de Mick Jagger, qui vient de fêter ses 83 ans, qui sonne comme s'il en avait trente de moins ; le jeu de Keith Richards, qui entame pourtant sa dix-septième vie à 82 ans, qui ne semble pas avoir pris une ride ; et celui de Ron Wood, 79 printemps, qui se porte comme un charme. Ces gens là auraient-ils trouvé un élixir de jeunesse pour retrouver si ce n'est la verve de leurs vingt ans, au moins le dynamisme de leurs quarante ?

Mais plus globalement, il y a quelque chose de dérangeant à l'écoute de ce 'Foreign Tongues'. Tout sonne trop propre, trop juste, trop parfait, trop carré, trop énergique, trop sémillant et finalement, trop jeune, pour croire que ce ne soit que l'œuvre d'octogénaires. Alors on n'ira pas trop sur la partie intelligence artificielle, nouvelle donne qui commence déjà à infester la production actuelle entre des artistes peu scrupuleux prêts à tout pour retrouver le haut des charts, et des anonymes qui se croient (et se disent !) artistes juste parce qu'ils savent écrire un prompt : Jagger et Richards se défendent que l'IA ait été d'une façon ou d'une autre intégrée au processus de création (j'ai personnellement beaucoup de mal à y croire, mais bon, laissons leur le bénéfice du doute). Jetons alors un coup d’œil aux crédits de l'album. Et là, le constat est implacable : le personnel qui a œuvré en coulisse, que ce soit en studio ou derrière la console, est imposant. Et cela explique une bonne partie de ce sentiment de malaise à l'écoute du disque, tant on comprend que chaque chanson a du être décortiquée pour être ajustée au mieux, pour ne pas ternir l'image des Rolling Stones et de leurs 64 ans de carrière.

Bref, c'est tout cela qui m'empêche de prendre trop au sérieux ce 'Foreign Tongues', possible disque de chant du cygne d'un des grands groupes de l'histoire. Un album à la première écoute épatante mais qui très vite devient dérangeante (voire gênante) tant il me semble moins être des Rolling Stones que celui de techniciens de studios - très - doués. Et quand bien même la formidable chanson qu'est Divine Intervention (en écoute aujourd'hui), morceau que je n'arrive pas à ne pas adorer, enregistré avec le concours de Robert Smith (à la guitare) et Steve Winwood (au piano), qui est d'une efficacité folle (que voulez-vous, je ne suis pas à un paradoxe près). C'est dommage de ne pas accepter de vieillir.

NB : On relira avec gourmandise le magistral papier de Fabrice Pliskin paru dans le Nouvel Obs en septembre 2023, "Comment faire la critique du nouvel album des Rolling Stones (sans se fâcher avec Mick)"

Album : Foreign Tongues
Année : 2026
Label : Polydor

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Divine Intervention de The Rolling Stones, avec la participation de Robert Smith de The Cure à la guitare et de Steve Winwood au piano est également en écoute ci-dessous :
 

vendredi 31 juillet 2026

[Track of The Day] Nothing - never come never morning

Dans le dernier album en date de Nothing, vous trouverez tout ce qui a fait le succès jusque là du groupe de Philadelphie : du shoegaze à la sauce goth et indie rock, le tout saupoudré de noise pop, quelques balades rêveuses aussi. Enfin, tout ça, à partir de la plage deux. Car avant, il y a never come never morning (en écoute aujourd'hui), la chanson d'ouverture. Et c'est une incongruité, autant sur ce 'a short history of decay' que dans la discographie de Nothing.
 
Un morceau rarement (voire pas ? pour être honnête, je n'en ai pas le souvenir) vu chez eux, pop, ample (cette rythmique !), à la mélodie mélancolique, extrêmement aguicheuse, belle et efficace, où la voix de Domenic Palermo ressemblerait presque à un murmure. Une chanson étonnante donc pour Nothing mais magnifique, marquante aussi. Les fans les plus hardcore y trouveront sans doute à redire, voyant là un premier galop d'essai grand public pour ouvrir sa musique au plus grand nombre. D'autres, comme moi (on est pop ou on ne l'est pas après tout) y verront comme un excellent prologue à ce nouvel album,  s'il était besoin de le préciser, réussi évidemment. never come never morning ou une chanson étonnante qui ne ressemble pas à Nothing mais qui leur va pourtant très bien.

Album : a short history of decay
Année : 2026
Label : Run For Cover Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, never come never morning de Nothing :

Le clip de never come never morning, chanson d'ouverture de 'a short history of decay', le nouvel album de Nothing :

 

jeudi 30 juillet 2026

[Track of The Day] Josh da Costa - Shireen

Pendant très longtemps, un label de musique avait une couleur musicale qui lui était propre. Certes, il lui arrivait épisodiquement d'en dépasser les frontières (difficile de passer à côté d'un artiste marquant) mais fondamentalement, chacun restait dans sa sphère. Ce temps là, je ne vous apprends rien, est désormais révolu - et depuis quelques années déjà. Aujourd'hui, les maisons de disque ne s'embarrassent plus d'étiquettes et vont là où leurs coups de cœur leur disent d'aller.

Dernier exemple en date, Stones Throw Records. Ce n'est pas la première fois que le label de Peanut Butter Wolf, de Madlib, Aloe Blacc et autres de J Dilla quitte les sentiers hip-hop qui l'ont façonné. Vendredi dernier, la maison de disque angelinos a publié le premier album d'un certain Josh da Costa, californien lui aussi. Le  disque s'appelle 'New Wave Graveyard' et navigue entre synth-pop, jangle-pop, post-punk et pointe de shoegaze, le tout avec une patine totalement eighties. Bref, loin de 'Madvillain' ou 'Champion Sound' et plus proche en vérité d'un Benny Sings.

Et ce n'est pas un mal. Car 'New Wave Graveyard' est une grande réussite, sorte de capsule synthétique tout à fait réjouissante dans laquelle les réussites ne manquent pas (Skygirl, Slip By, 96 Year Old Girl). Mais comme il faut bien choisir (après tout, il s'agit de la rubrique "Track of The Day"), partons aujourd'hui sur Shireen, une chanson d'amour qui raconte, comme l'explique Josh da Costa lui-même, « le sentiment de soulagement qui vous envahit après avoir failli rompre avec quelqu'un », sur fond de jangle-pop un peu mutante, aux guitares comme saoules. Un énorme coup de cœur de cet été 2026 et, surtout, un très grand morceau de pop.

Album : New Wave Graveyard
Année : 2026
Label : Stones Throw Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Shireen de Josh da Costa est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'New Wave Graveyard' de Josh da Costa, voilà 96 Year Old Girl :

Le clip de Shireen, dernier single extrait de 'New Wave Graveyard' de Josh da Costa :

mardi 28 juillet 2026

[Track of The Day] Sharon Tate Modern - Parachute

Jeudi dernier. Alors que la saison des concerts est terminée pour cause d'été, le Sonic Lyon prolonge le plaisir avec la venue des anglais de Ulrika Spacek, leur dernier album 'EXPO' sous le bras (disque séduisant qui confirme tout le bien que l'on pensait d'eux), comme dernière date avant la rentrée de septembre. Et, le lyonnais étant semble-t-il plus aoutien que juillettiste, le concert est complet, la péniche comble. Et comme la canicule a décidé de prendre quelques jours de repos afin de récupérer, toutes les conditions sont réunies pour avoir une belle soirée.

Et ce fut le cas. Déjà donc avec Ulrika Spacek, déroulant un set pas loin d'être parfait, très juste, sonnant sur beaucoup de morceaux étonnamment (ce n'est pas vraiment le cas sur disque) comme Radiohead (deuxième génération) mais, si je puis me permettre et au risque de me mettre à dos les fans, en un peu moins prétentieux. Un concert d'une heure, juste le temps de confirmer que les anglais sont de sacrés musiciens et ont définitivement quelque-chose, en plus de bien belles chansons à leur actif (et pas que I Could Just Do It ou The Sheer Drop).

Mais Ulrika Spacek n'est pas la seule raison de cette belle soirée : Sharon Tate Modern y a également grandement participé - en ouverture. Un groupe lyonnais au nom pas loin d'être génial (comme le fera remarquer un ami, « un concert avec une première partie qui s'appelle Sharon Tate Modern ca me suffit pour y aller »), mené sur scène par grand échalas habillé en marcel, aussi gringalet que musculeux, dont la posture et la dégaine ne sont pas vains, ne tombent pas dans la pose outrancière et donnent au contraire un charme supplémentaire à la prestation d'ensemble. Sorte de mélange entre Magazine et Wire auquel on aurait rajouté un peu de Bowie par-ci, de Nick Cave des débuts par là et de Joy Division dans le fond, la musique de Sharon Tate Modern est en tout cas de haute tenue, carrée, cadrée, bien écrite, pleine de noirceur et pour autant enthousiasmante. Une petite révélation qu'on va commencer à suivre de très près. Cela tombe bien d'ailleurs, Sharon Tate Modern devrait sortir son deuxième album dans les prochains mois. Un disque jusque là sans nom mais sur lequel on devrait retrouver Parachute (en écoute aujourd'hui), chanson noisy et torturée aux guitares aiguisées et au texte aussi halluciné que désabusé.

Album : -
Année : 2026
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Parachute de Sharon Tate Modern :

Le clip de Parachute de Sharon Tate Modern :

lundi 27 juillet 2026

[Track of The Day] Get Well Soon - Goth 101

J'ai une théorie (sans doute fausse d'ailleurs) : à chaque fois qu'un groupe n'est pas satisfait de la qualité de son dernier album, il publie rapidement un nouveau single et/ou disque dans la foulée, comme pour le faire oublier et passer à autre chose. Est-ce le cas pour Get Well Soon ? Konstantin Gropper est revenu aux affaires fin mai dernier avec 'Minus the Magic', disque pas honteux loin de là mais trop en pilotage automatique et au final assez fallot pour enthousiasmer son monde - en tout cas le mien. Et il vient d'annoncer un neuvième album, 'SÉANCE', pour le 30 octobre prochain, soit moins de six après. Étonnant pour un artiste plus que discret depuis quatre ans.

Ce disque, que notre homme promet comme son « album gothique », se dévoile par un premier single, Goth 101 (en écoute aujourd'hui). Une chanson à l'ambiance sombre, à la production puissante qui rend la rythmique autant métronomique qu'organiques, où la mélodie, par sa beauté, et les chœurs sur la fin, arrivent à faire passer quelques bribes de lumières, quand bien même Get Well Soon répète comme un mantra « We, we can not escape ». Prometteur.

Album : SÉANCE
Année : 2026
Label : Scarlet Beast Records

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