A l'époque de leurs premiers Eps et albums, I Like Trains s'écrivait en un seul mot: iLiKETRAiNS. Aujourd'hui, le groupe la joue «détaché». Pourquoi? Comment? J'ai raté trop d'épisodes pour le savoir.
D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, je n'ai pas un souvenir impérissable de leur premier album, 'Elegies to Lessons Learnt'. Non pas que ca soit mauvais - bien au contraire, je me souviens avoir beaucoup aimé cet album - mais juste que je n'en ai pas un souvenir immédiat.
'He Who Saw the Deep' est le second album des anglais de Leeds, toujours entre rock et post-rock percutant. Et il est immédiatement accrocheur. Un son carré mais pas agressif et une production plus voluptueuse que volubile.
Les I Like Trains aiment faire danser la mélancolie avec des guitares acérées et faire valser une noirceur délicate (toujours appuyée par cette voix bien sombre) avec des cordes toujours sorties à bon escient (et qui sont aussi un des atouts de cet album).
'He Who Saw the Deep' est un album qui ne paye pas de mine de prime abordmais qui est des plus agréables tant il est prenant et joliment tourné. Une jolie escapade en terrain onirique.
Ceci dit, je vous laisse, j'ai un 'Elegies to Lessons Learnt' à réécouter.
Album: He Who Saw the Deep Année: 2010 Label: Pledge Music
Le clip de A Father's Son, premier single de 'He Who Saw the Deep' :
Connaissez-vous la ville de Marfa aux États-Unis ? Siège du comté de Presidio, située tout à l’ouest du Texas, Marfa est une petite bourgade de quelques milliers d’âmes (moins de 2000 au dernier recensement) qui fut fondée à la fin du XIXè siècle initialement pour permettre le ravitaillement en eau des différents trains qui passaient dans le secteur ; et qui est devenue une ville où l’art contemporain y a bonne place. Et notamment le minimalisme.
Il n’est donc pas anodin que Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall, acteurs phares de la country music américaine (ou en tout cas, ils semblent l’être), connaissances de longue date et qui ont déjà travaillés ensemble, aient choisi ce lieu précis pour enregistrer leur premier album commun dans le désert environnant de Marfa et qu’ils lui aient donné le nom de 'The Marfa Tapes'. Car eux aussi font ici dans le minimalisme et le dénuement le plus total : deux micros, deux guitares acoustiques et les voix des trois pour chanter par dessus des mélodies qui ne s’en laissent pas compter.
Ici, pas de studio d'enregistrement pour Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall. Non. Tout au plus un vieux ranch perdu dans le désert ; un feu de camp avec le soleil qui part s’échouer au fond de la plaine, balançant avec lui quelques magnifiques couleurs chaudes ; ou l’arrière d’un pickup, avec quelques coyotes qui gémissent au loin. Et pas question de retoucher les voix, les notes ou de refaire vingt prises. Les trois compères connaissent leurs chansons, leurs guitares n’ont plus de secret pour eux. Alors ils ont fait très peu de prises pour chacune des quinze chansons qui composent 'The Marfa Tapes'. Sans rien couper de leurs petits ratés, de la voix qui s’amuse le temps de trois mots et d’un sourire qu’on imagine franc, des petites réactions qui concluent chaque morceau.
C’est là toute la force de Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall : avoir fait de 'The Marfa Tapes' un disque qui n’est pas retouché, qui ne recherche pas la perfection sonore, qui ne recherche pas le tube. Comme si les trois avaient décidé de revenir aux fondamentaux de la country et de la folk music : une guitare, une mélodie, des voix et des textes qui parlent de la terre, des Hommes, du désert, et d’amour (évidemment). Minimaliste oui. Et tellement ample à la fois.
'The Marfa Tapes' est un album qui est un peu dans l’esprit de 'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra, autre grand disque de 2021 enregistré au débotté, sans savoir vraiment où il va et où l’alchimie est comme innée. A la différence près qu’avec Miranda Lambert, Jack Ingram et Jon Randall, tout est beaucoup moins habillé et bien plus rustique. Mais n’en est pas moins touchant et incroyablement sincère. Le genre d’albums one-shot tombés du ciel, au temps suspendu et touchés par la grâce.Un disque pas corseté pour un sou, qui respire et vit. Comme le dit Miranda Lambert à la toute fin de I Don't Like It : « Beautiful... »(Sortie : 7 mai 2021)
Plus : 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall est à l'achat (en vinyle) ici 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall est, notamment, en écoute chez Spotify et Deezer Le documentaire 'The Marfa Tapes', consacré à cet album de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall, est à voir ici
Trois chansons de 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert et Jon Randall en écoute. I Don't Like It pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis le sublime The Wind's Just Gonna Blow. Et enfin le fun Homegrown Tomatoes :
Trois clips extraits de 'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall : Anchor, Tin Man et Am I Right or Amarillo :
'The Marfa Tapes' de Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall a également fait l'objet d'un documentaire, dont voici le trailer :