Affichage des articles triés par pertinence pour la requête marvin gaye. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête marvin gaye. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 30 janvier 2024

[Track of The Day] Jalen Ngonda - Come Around and Love Me

Avec ses histoires d'amour, sa voix haut perchée et ses orchestrations léchées et luxuriantes, Jalen Ngonda aura été une des révélations de 2023. Discrète au moment de la sortie du disque en septembre dernier mais de plus en plus prégnante à mesure que ses chansons commencent à infuser de partout. Il faut dire que son premier album 'Come Around and Love Me' a de quoi emballer les foules.

Originaire du Silver Springs dans le Maryland, Jalen Ngonda est depuis une dizaine d'années installé à Liverpool en Angleterre. Pourtant, c'est bien de ses origines américaines que vient sa musique, toute de Motown et de rhythm'n'blues vêtue. Pas étonnant que Daptone Records l'ait signé, eux qui avaient fait surgir de l'oubli Sharon Jones et Charles Bradley.

Sur ce premier album réussi, qui manque sans doute un peu de coffre en son milieu comme de savoir terminer ses chansons autrement que par un fade-out pour convaincre totalement, on trouve notamment That's All I Wanted From You, superbe morceau entre soul et rhythm'n'blues qui doit être amené, si tout va bien, à devenir un tube. Mais quand bien même, on lui préfèrera (d'un rien) Come Around and Love Me (en écoute aujourd'hui) qui ouvre l'album du même nom, merveilleuse chanson à l'orchestration qu'on dirait être une chute de studio du What's Going On? de Marvin Gaye. Le futur s'annonce plus que radieux pour ce jeune homme.

Album : Come Around and Love Me
Année : 2023
Label : Daptone Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Come Around and Love Me de Jalen Ngonda est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extrêmement réussie de 'Come Around and Love Me' de Jalen Ngonda, voilà That's All I Wanted From You :

 

Les clips de Come Around and Love Me et That's All I Wanted From You de Jalen Ngonda :

mardi 15 septembre 2009

Mayer Hawthorne - A Strange Arrangement [Stones Throw]

N’allez pas croire que je suis fan de revival, mais l’actualité est ainsi faite. Après du eighties «en veux tu en voilà je vous rajoute une guitare fuzz pour le même prix ma bonne dame?», voilà donc de la soul, choyée, cajolée, bichonnée par Stones Throw, un de mes labels préférés s’il en est (mais si vous suivez ces pages, vous avez du vous en rendre compte).

Depuis quelques années, l’industrie de la musique a su s’engouffrer dans un revival black des plus enthousiasmants. Mené par l’incroyable ‘Back to Black’ d’Amy Winehouse, aidés aux ailes par les finlandais des The Soul Investigators, empli de légèreté par le surprenant ‘Rockferry’ de Duffy, le courant a pris forme, et surtout soin de laisser sur le côté de la route les moins vrais du lot – tout du moins en grande partie. Surtout, il a confirmé que, selon moi, la soul est un courant phénoménal, peut-être le seul auquel le grand public n’adhère réellement que si la sincérité est présente.

De sincérité, Mayer Hawthorne n’en manque pas. Dernier petit prodige sorti de l’écurie de Madlib et de ses copains, ce blanc bec de 29 ans, et aux lunettes toutes carrées, est originaire d’Ann Arbor dans le Michigan. Un garçon initié très jeune à la black music par son père, féru du genre, et qui ne destinait aucunement à être chanteur mais plutôt musicien.

C’est d’ailleurs là que certains pourront trouver la petite faiblesse de ce ‘A Strange Arrangement’ , premier album du jeune homme: la voix. Une voix légère, au grain assez peu orthodoxe, loin des canons du genre. Précisons toutefois, qu'à mes yeux, elle devient rapidement un atout indéniable, une marque de fabrique, aux accents qui parfois rappellent le grand Marvin Gaye.

Musicalement par contre, notre homme est renversant dès les premières notes. En faisant montre d’une loyauté sans borne envers cette soul qui l’a fait vibrer toute sa vie, Mayer Hawthorne rappelle à lui tout l’imaginaire Motown, notamment celui des Supremes (dur de ne pas penser à You Can’t Hurry Love à l’écoute de Your Easy Lovin' Ain't Pleasin' Nothin' et à Baby Love sur One Track Mind) mais aussi le fantôme de Burt Bacharach (I Wish It Would Rain notamment). Mieux il refait vivre cette période avec talent, sans vantardise aucune, avec une production soignée (une foultitude de détails, comme ces notes de guitare discrètes mais bien présentes à la fin de The Ills par exemple), clappings, cuivres chaleureux et chœurs du meilleur effet.

Bref, il a tout d’un grand. Et si ‘A Strange Arrangement’ n’est pas le chef d’œuvre de l’année, il n’en reste pas moins un solide album de revival, par un jeune homme inspiré, dont les futures aventures discographiques seront très attendues sous mon couvre-chef.
Histoire de planter un point final à cette chronique et de vous prouver qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise, voilà ce que déclare Peanut Butter Wolf, fondateur de Stones Throw, dj et producteur à ses heures, à propos de Hawthorne: «I think Mayer is the only artist in the history of the label that I’ve signed after hearing only two songs». Le genre de compliment qu’il est difficile d’occulter et qui vous pose un artiste. (sortie: 9 septembre 2009)


Son :
Myspace (Deux chansons de ce ‘A Strange Arrangement’ en écoute)

Et en écoute, deux chansons, deux des plus belles. Le Burt Bacharach-ien I Wish It Would Rain et l’énergique The Ills (malheureusement plus en écoute).
Pour finir, deux clips. Le premier, celui de Just Ain't Gonna Work Out, titre sorti en single et gravé sur un vinyle rouge en forme de cœur (et qui est le point central de la vidéo). Et le second, celui de Maybe So Maybe No, qui surprend par son environnement actuel:

Mayer HawthorneJust Ain't Gonna Work



Mayer HawthorneMaybe So Maybe No



mardi 21 septembre 2010

Aloe Blacc - Good Things [Stones Throw]

Il y a certains artistes qui ont tellement de classe qu'égoïstement, parfois, on aimerait ne pas trop les voir dépasser le stade du confidentiel. Histoire qu'ils ne restent qu'à nous (et à quelques milliers d'autres seulement), qu'ils ne content leurs chansons qu'à nos oreilles et qu'ils n'aillent pas user leurs morceaux à coups de rotations lourdes en radio.

Garder Aloe Blacc pour soi va quand même être sacrément compliqué tant le buzz autour de son nom devient de plus en plus infernal - I Need a Dollar commence à être utilisé un peu partout en télé et en radio. Et nul doute que la sortie de 'Good Things', son deuxième album, va voir cette effervescence plus que naissante croitre de façon exponentielle.

Car l'heure de l'album est finalement arrivée. Et après avoir alléché le chaland avec un I Need a Dollar tubesque, une reprise divine de Femme Fatale du Velvet Underground ou, pour le fun, une relecture lascive de Billie Jean, Aloe Blacc devait confirmer tous les espoirs placés en lui.

Et c'est avec une classe déconcertante que notre homme y arrive. 'Good Things' est un album de soul pure, dans la grande tradition du genre, chaude, sensuelle, dans laquelle il fait bon se vautrer, et comme on n'en a pas entendu depuis… oula, ouais, au moins!

Ici, Aloe Blacc réussi tout ce qu'il entreprend. Il a su s'entourer d'un groupe merveilleux, Expressions and El Michels Affair, qui est le premier responsable de la qualité de ce 'Good Things'. Tous les musiciens sont au service d'Aloe Blacc et d'une justesse dingue: la basse est ronde, le piano sait être aussi virevoltant que discret (Mama Hold My Hand), les chœurs ne sont pas de simples backing-voices anodines comme on en croise trop souvent et l'orgue apporte un soupçon supplémentaire de vintage à l'affaire.
A chacune des chansons, qu'elle soit soul, lorgne vers le funk (Hey Brother) ou le r'n'b (Miss Fortune), Expressions and El Michels Affair déroule à Aloe Blacc un tapis rouge sur lequel il n'a plus qu'à balancer sans difficulté ses textes de sa délicieuse voix.

Sa voix est justement la seconde force de ce 'Good Things'. Douce, posée et calme, ne recherchant jamais un hypothétique exploit vocal, elle m'apparait ici tout du long comme la synthèse entre celles de Shuggie Otis et Marvin Gaye. Elle n'a peut-être pas - encore - la classe des deux maîtres, mais Aloe Blacc prouve tout au long des 50mns de l'album qu'il possède un bien bel organe.

Enfin, 'Good Things' respire la classe tout simplement. Que ce soit sur le choix de l'artwork (aussi classe que les deux premiers singles), sur celui de la reprise - un des plus beaux titres de l'ex-bande à Lou Reed - ou par l'hommage au It's a Man's Man's Man's World de James Brown (sur If I), Aloe Blacc fait montre d'un goût très sûr.

'Good Things' est une réussite dans les très grandes largeurs pour un disque qui fera date en 2010, à n'en pas douter. Et à l'image de sa pochette, cet album illumine la rentrée. Avec quelle classe! (sortie: 27 septembre 2010)


Son:
Myspace (Une chanson de ce 'Good Things' en écoute)
Site officiel d'Aloe Blacc

Deux titres en écoute. Le très cuivré et engagé Politician et le sublime If I (peut-être la plus belle chanson de ce 'Good Things'), qui voit donc Aloe Blacc s'amuser à piquer quelques notes du It's a Man's Man's Man's World de James Brown. (malheureusement plus en écoute)

Aloe Blacc est également en tournée en France cet automne. A mon avis, c'est immanquable:
11 Oct: Marseille @ Cabaret Aléatoire
12 Oct: Lyon @ L'Épicerie Moderne
13 Oct: Bordeaux @ Barbey Rock School
14 Oct: Paris @ Trabendo
15 Oct: Tourcoing @ Grand Mix 

samedi 8 novembre 2008

[Oldies] Rodriguez – Cold Fact (1970)

Quand un ami m’a présenté ce ‘Cold Fact’, j’ai d’abord cru à une blague en voyant la pochette : en quoi pourrais-je être intéressé par un album de rap hispanique à l’allure kitch sorti au début des années 90 ? En rien. Pour la simple et bonne raison que ce disque n’a pas 20 ans mais 40 et qu’il ne s’agit pas de rap, loin de là.

‘Cold Fact’ est un album de 1970, composé par Sixto Diaz Rodriguez, sorti sous le nom de Rodriguez, trésor oublié de la fin des années 60 – rien de moins – et réédité cette année par Light In The Attic. Un songwriter américain qui avait tout pour, au moins le temps d’un album, mettre le monde à ses pieds avec ses balades et son folk psychédélique. Mais il n’en fut rien. Une fois de plus dans cette rubrique.

Il y aurait beaucoup à dire sur notre homme. Mais on sait finalement peu de choses sur lui, à part qu’il est né en 1942, et qu’il est le sixième enfant (d’où son surnom de Sixto) d’une fratrie d’immigrés Mexicains.

L’histoire (connue) de Rodriguez démarre vraiment en 1967 avec la sortie de son premier single, I’ll Slip Away qui ne connait rien d'autre que l’anonymat. Trois ans d’inactivité plus tard, il signe chez Sussex Records, pour qui il enregistre deux albums, dont ce ‘Cold Fact’.

Un disque court comme le veut l’époque (32 minutes) et qui présente un Rodriguez qui se balade dans toutes les discographies des grands artistes de l’époque, allant faire un coucou à Dylan (superbe texte que celui de This Is Not A Song, It's an Outburst: Or, The Establishment Blues), revenant serrer la pince à Donovan, jammant avec Love (on jurerait que feu Arthur Lee est derrière les manettes), demandant conseil aux Beatles ou prennant un verre avec les producteurs de Motown.
‘Cold Fact’ est un peu tout cela à la fois. Un album de folk psyché, éclaboussé de pop et de blues (Gommorah (A Nursery Rhyme)), le tout aussi bien ancré sur son époque, les années 60 (sur la majorité du disque) que sur les années 70 (Only Good For Conversation) et entouré d’une production soulful, très Motown, au son très chaud (son I Wonder aurait pu sortir en single sur le label de Diana Ross et de Marvin Gaye).

Malgré la qualité d’écriture (il y dépeint une Amérique complètement désabusée) et de composition, ce disque sera un flop total. Comme le suivant, ‘Coming From Reality’, sorti en 1971. Enfin, aux Etats-Unis.

Car si son pays d’origine le snobe, d’autres vont au contraire lui vouer un véritable culte. A commencer par les Australiens, via Goose Recordings pour qui il sortira ‘Alive’ en 1979, un album live de sa tournée au pays des kangourous cette année là. Mais c’est surtout en Afrique du Sud qu’il connaîtra un succès fou, ses disques devenant platines, les salles de 5000 places débordants lors d’une tournée en 1998 qu’il fera dès qu’il y apprendra son incroyable célébrité (et ce même alors qu’il a arrêté toute production près de deux décennies plus tôt). L’apogée de cette arrivée sur le devant de la scène (on ne peut pas vraiment parler de retour), Rodriguez la doit à David Holmes qui l’inclut à sa compilation ‘Come Get It, I Got It’ de 2002 et à Large Professor, producteur de hip hop, qui sample son Sugar Man pour Nas et son You’re Da Man.

Depuis, Light in The Attic s’est emparé des droits et a ressorti de fort belle manière ‘Cold Fact’. Bien leur en a pris. Depuis quelques semaines, un buzz tout droit venu du net monte concernant cet album oublié. Et il est mérité. Espérons juste que le succès sera au rendez-vous. Histoire d’avoir une réédition digne de ce nom de ‘Coming From Reality’, le second (et dernier) album de Rodriguez, lui aussi totalement tombé dans l'oubli. Ce mec le mérite. Nos oreilles aussi.

Première sortie : 1970 [Sussex]
Réédition : 2008 [Light In The Attic]

Son :
Myspace (six titres dont quatre de ‘Cold Fact’)
Sugar Man en téléchargement gratuit (et légal) ici (click droit et enregistre sous l'ami).

Retrouvons également les bonnes habitudes avec trois titres en écoute dans le lecteur deezer ci-dessous. Un langoureux Crucify Your Mind, un roots Hate Street Dialogue et un Jane S Piddy et ses cordes délicieuses :


lundi 27 avril 2026

[Track of The Day] Brooke Combe - Tears Won’t Lie

Découverte en septembre dernier avec, comme disent les anglais, l'infectious How Can I Tell You? (To Love Me More), Brooke Combe est de retour avec une nouvelle chanson, Tears Won’t Lie. Un single dans la lignée de son prédécesseur, catchy à souhait, soul autant que pop, qui n'est pas sans évoquer Ain't No Mountain High Enough de Marvin Gaye et Tammi Terrell et qui a beaucoup de la patine Motown en lui. Que ce soit dans la (très) belle voix de l’écossaise, ses paroles (Now you’ve left with our love /Take a look at what you’ve done / Every day, every night / You see the truth written in my eyes), son orchestration, sa production et même le design de sa pochette - fut-elle uniquement digitale, ce single ne semblant pas voué à connaitre une sortie physique. Sans doute prélude à un deuxième album à venir, un an après un bien inoffensif 'Dancing at the Edge of the World', Tears Won’t Lie confirme en tout cas tout le potentiel de Brooke Combe.

Album : -
Année : 2026
Label : Fontana Recordings / Modern Sky UK

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Tears Won’t Lie de Brooke Combe est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Tears Won’t Lie de Brooke Combe :