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mercredi 27 décembre 2017

AVIONS - Loner [Bad Health Records / Les Briques du Néant / Ligature / Napalm Trees / Teenage Hate Records]

Il va sans doute m’en manquer, mais sauf erreur de ma part, ce troisième album d’AVIONS (oui, en majuscule) est sorti via pas moins de… cinq labels ! Avec, dans l’ordre alphabétique pour ne pas faire de jaloux : Bad Health Records, Les Briques du Néant, Ligature, Napalm et Teenage Hate Records. Rien que ça.

Mais qui sont donc ces AVIONS ? Rien à voir avec le groupe des années 80 (qu’on aurait d’ailleurs tort de limiter à leur tube Nuits Sauvages). Un trio composé de Luc, Anthony et Simon, lyonnais à la base mais éparpillé désormais entre Lyon, Paris et Bruxelles.

‘Loner’ est leur troisième album et est sans doute un des premiers disques sortis cette année vu qu’il a vu le jour officiellement le 4 janvier dernier. Et c’est également sans doute le premier disque sur lequel j’ai flashé au début 2017, sans pour autant savoir quoi en dire. Il est donc assez logique que je finisse les chroniques de cette année en parlant du premier disque que j’ai acheté et aimé.

Dans la lignée d’une scène lyonnaise plus vivante que jamais (j’y reviendrais à nouveau courant janvier), AVIONS est le disque le plus rentre dedans de l’année (avec celui des Decibelles évidemment). Punk à roulettes (appellation tout sauf négative chez moi) mâtiné de grunge et lorgnant vers une power-pop racée (à moins que ce soit l’inverse), chanté dans un anglais très convaincant, les AVIONS vont puiser une grande partie de leur inspiration et de leur son dans les années 90 (JC Satan aurait d'ailleurs dit d'eux : « le meilleur groupe des années 90 que j’ai entendu depuis les années 2000 » et c'est sans doute une bien bonne définition).
Enchaînant chansons démarrant pied au plancher et balades mid-tempo remplies de chœurs (What’s so Fun ?, Sunday Shirt ou Raised in the Darkest Forest, in the secret of the Black Arts, hommage au morceau du même nom de Anasazi Holocaust ?), ‘Loner’ est d’une efficacité dingue.

Qu'ils se posent en branleurs que ce soit via le clip de Van Halen ou les paroles de Moms and Punks (« I’m wasting I’m wasting my life everyday »), ou en héritier de Green Day deuxième génération (formidable Satan Only Knows qui clôt 'Loner'), les AVIONS réussissent là un sacré tour de force dont l'urgence n'a d'égale que la qualité.

Orné d’une pochette qu’on dirait être le pendant de l’album éponyme d’Alice in Chains en 1995, intelligemment produit et mixé par Antoine Nouel, guitariste des Satellite Jockey (dont on sent la patte à de nombreux moments, comme l'arrivée du xylophone sur Viper, exemple parmi tant d'autres), ‘Loner’ est en tout cas une révélation dont j'aurais bien mis du temps à trouver quoi en dire. Mais surtout un groupe qui mériterait d'exploser bien plus loin que nos simples frontières lyonnaises.  (Sortie : 4 janvier 2017)

Plus :
‘Loner’ d’AVIONS est en écoute sur leur bandcamp
‘Loner’ d’AVIONS est également en écoute celui de :
‘Loner’ est à l'achat en version vinyle et/ou numérique sur le bandcamp d'AVIONS et également sur celui des 5 labels pré-cités.
A noter que 'Loner' des AVIONS est à l'achat en version K7 (3€) chez Ligature
Enfin, les AVIONS sont en interview ici et en disent plus sur ce 'Loner'

Trois chansons de ce 'Loner' d'AVIONS en écoute (pour info, aucune d'entre elle n'est disponible sur Spotify ou Deezer). Ouvrons les hostilités avec Days of Thunder, parfaite mise en bouche. Continuons à hurler que l'on perd notre temps avec Moms & Punks. Et finissons par Satan Only Knows : 




Pour finir, voilà le clip fait de pas grand chose de Van Halen des AVIONS :



mardi 5 décembre 2017

The Sapphics - Camel Toes [-]

Il était temps qu’il arrive ! Trois ans après avoir lancé le groupe et deux ans après un ‘Blood Cells Ep’ pas piqués des vers, The Sapphics sortent enfin leur premier album ‘Camel Toes’.

Formé de moitié par Guillaume et Clément de Nine o’Nine (sortie WHM005 pour ceux qui s’en souviennent), The Sapphics est un quintet limogeaud qui ne fait pas vraiment dans la porcelaine.

Au programme de ‘Camel Toes’, 11 titres et 30 mns de rock/punk pied au plancher, avec trois premiers titres qui savent parfaitement installer le décor : des guitares Nirvana-esque pour lancer les hostilités avant d’enchaîner avec deux des titres fort de l’album, Stay High, Get Loaded et surtout Split My Blood Cells et son excellent clip (voir plus bas).
Stoner-psyché sur Lay Down..., capable de disséminer une respiration au bon moment (la très jolie bluette pop Stay Up All Night) ou de punkiser les Franz Ferdinand (Little Blondie), ’Camel Toes’ est un disque très bien produit (le travail sur les voix est vraiment réussi, que ce soit le chant principal ou les chœurs, puissants et imposants), qui a un vrai caractère, une belle unité et une sincérité qui transpire par tous ses sillons.

Orné d’une pochette sorte de pendant féminin de ‘Sticky Fingers’ des Rolling Stones, The Sapphics continuent également de cultiver un vrai imaginaire visuel (les clips de Boredom Queen et Split My Blood Cells sont vraiment à voir !) et un univers en décalage avec ce que peut représenter un groupe de rock de 5 mecs dans l'esprit collectif (Sapphic signifie lesbienne en argot et, comme le dit Guillaume, « tout notre projet repose sur mythe de l’androgynie »).

Mais surtout, The Sapphics, qui définissent leur musique comme de la « sauvagerie pop », viennent de sortir un premier album des plus solides. Car oui, concis, inspiré et rempli de vraies bonnes chansons, 'Camel Toes' tape juste et bien. A confirmer sur scène, notamment lors de leur Release Party le 6 janvier prochain à l'Olympic Café (Paris) ou le 26 janvier au Trokson à Lyon. (Sortie : 1er décembre 2017)


Plus :
‘Camel Toes’ de The Sapphics est en écoute sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est à l’achat sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est également en écoute (notamment) sur Spotify et Deezer

Trois titres de ‘Camel Toes’ de The Sapphics en écoute aujourd’hui. Boredom Queen (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne gauche de ce blog), Little Blondie et son côté Franz Ferdinand punk et Stay Up All Night, la balade pop légère du disque :







Pour finir, deux clips de The Sapphics, à voir vraiment : celui de Boredom Queen (premier single de 'Camel Toes') et celui de Split My Blood Cells et toutes ses références à la pop culture (mais pas que) :



lundi 6 novembre 2017

Satellite Jockey - Modern Life vol.1 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records / Pop Club]

Dans la série « nos lyonnais ont du talent », laissez-moi présenter pour ceux qui ne les connaîtraient pas Satellite Jockey, sextet pop originaire d'Annecy mais depuis installé à Lyon.

Moins influencé par Blur que ce que pourrait faire croire son titre, 'Modern Life vol. 1' joue plutôt dans la cour d'une pop ouvragée des années 60. Mais pas que. Car les Satellite Jockey ne se limitent pas à une relecture de quelques inspirations classiques de cette époque là. Il y a de tout dans ce ‘Modern Life vol.1’ : du Beatles évidemment, du Love d'Arthur Lee assurément, du Elliott Smith forcément, mais aussi The Thrills et pas mal de Sleepy Jackson (Copernicus la chanson qui ouvre l’album aurait très bien pu trouver sa place sur 'Lovers', le premier des deux albums des australiens).

Composé de 11 titres, 'Modern Life vol.' est construit en deux parties. Une première très enlevée, qui s'achève sur un Long is the Road aux guitares volontiers solistes, avant un Opacity à tiroir, s'ouvrant sur un folk racé et lumineux, avant qu'une fin en forme de reggae futuriste prenne le relai ; pour mieux le passer à des chansons plus calmes et pas moins belles, où le mélange des voix qui se répondent fait merveille.

Très joliment produit, 'Modern Life vol.' des Satellite Jockey se distingue surtout par sa capacité à faire intervenir beaucoup d'instruments, avec une si grande justesse. Au-delà des classiques guitare/basse/batterie, le groupe amène avec lui trombone, contrebasse, sitar, clavecin et autre erhu (instrument traditionnel chinois), pour ne citer qu'eux. Et le résultat sonne merveilleusement bien : il suffit d'écouter l'arrivée de la trompette sur Long is the Road ou le clavecin en maître d’œuvre sur Modern Life (qui n'est pas sans rappeler le 'First' des Bee Gees) pour s'en convaincre.

Disséminant clin d’œils sixties ici et là (on ne me fera pas croire que l’aboiement du chien sur You Hide From Love, que faire sonner la sitar comme sur The Ones You Dares ou balancer un « hare krishna » sur Inside est totalement fortuit), chantant dans un anglais ne sonnant pas français pour un sou, intégrant un peu de bossa sur ~~~~~ (oui, elle s'appelle comme cela) et s'entêtant à faire progresser leurs chansons sans jamais s’appesantir sur une simple mélodie, aussi efficace soit-elle, les Satellite Jockey sortent là un disque pop classieuse, de grande qualité, qui aurait sans doute fait plus de bruit s'il avait eu l'étiquette « Canada » ou « Brooklyn » accolée sur sa bio.

Si l'on s'attache au titre 'Modern Life vol.1', ce nouvel album des Satellite Jockey est donc appelé à avoir une suite. Et vu comme ce disque m'obsède depuis 6 mois, c'est plutôt une excellente nouvelle. (Sortie : 21 avril 2017)

Plus :
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est en écoute intégrale sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est à l’achat sur leur bandcamp
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est également en écoute sur Deezer et sur Spotify (notamment)
‘Modern Life vol.1’ de Satellite Jockey est enfin à l'achat sur chacun des quatre labels impliqués dans cet album : Another Record, ABRecords, Montagne Sacrée Records et Le Pop Club Records.

Trois titres de ce 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey. Commençons par Long is the Road (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Enchaînons par Modern Life, magnifique conclusion de l'album. Et finissons avec United Nations et son côté Love :





Pour conclure, soyons fous, voilà les trois clips de 'Modern Life vol.1' de Satellite Jockey : celui de Copernicus (qui ouvre le disque), Opacity (la chanson pivot) et le tout dernier en date, Misery :





vendredi 3 novembre 2017

Man at War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care [-]

Comme quoi les belles découvertes ne tiennent pas à grand-chose. Alors que j’étais il y a quelques mois à la recherche d’informations sur Gregory and The Hawk, beau projet de Meredith Godreau dont j’avais apprécié les quelques albums qui étaient arrivés jusqu’à mes oreilles, j’étais tombé sur Fabric of Time, une chanson qu’elle partageait avec un certain Man at War. D’ailleurs, la chanson était de lui.

Le temps de remonter rapidement le fil, je découvre l’Ep dont est tiré cette chanson : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’. Un disque de six titres, dont la beauté m'aura, en moins d'une écoute, donné envie d'en savoir plus.

Man at War n’est pas un groupe mais un projet solo, celui de Ryan Rebo, un jeune homme né à Seattle, qui a vécu une partie de sa vie dans le Montana et qui est désormais installé à Portland. Après avoir passé quelques années à sortir quelques disques sous son vrai nom, (un Ep par ci, un album par là, quelques singles au milieu), Ryan Rebo a décidé il y a deux ans de se lancer dans un nouveau projet : Man at War donc.

Et si au départ, son premier Ep 'Número Uno' (2015) est enregistré à plusieurs (et notamment avec l’aide de Meredith Godreau de Gregory and The Hawk), Man at War devient vite un vrai projet solo, où Ryan Rebo joue de tout et se produit tout seul. Et donne naissance à ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', un vrai disque Do It Yourself, mais qui n’en connaît pas les écueils, et donc auto-produit.

N'y allons pas par quatre chemins : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ est un disque beau, tout simplement. La musique de Man at War navigue entre pop et folk (avec prédominance de la guitare et du piano), fourmille d’idées et de détails, de mélodies simples mais justes, de jolies productions (celle de Fabric of Time notamment, avec ce piano aussi aérien que plein de reverb) et d'instruments qui se répondent sans cesse. Mieux, Ryan Rebo rend l’ensemble si cohérent qu’on croirait entendre un groupe aguerri et plein d’envie au-dessus duquel planerait sa voix et ses compositions.

Quant aux paroles ? Bien que contenant le mot « God » dans son titre, et bien que porté par une pochette le représentant enfant lors d’un évènement religieux intitulé « Rainbows », les textes de de cet Ep de Man at War n’ont rien de sacré. Ou en tout cas, rien d’explicite.
Ryan Rebo dépeint tout au long des 6 chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ un personnage plein de question, à la recherche de l’amour, un peu désabusé (« Sometimes it gets so hard to believe in anything »I Guess I Showed You), qui s’interroge sur son pays (« “Proud to be an American” No not really, I’m just a citizen », Digital Mind), sur la société actuelle (« I can't say why we run around in little machines surrounded by material things that we don't need », Low Times), qui est avant tout perdu (« All alone and I don’t need to be but now I kinda wanna be alone » sur  On An Empty Street At Night, qui n’est pas sans rappeler le « I was afraid to be alone Now I'm scared that's how id like to be » d’Azure Ray) mais qui n'en oublie pas de distiller quelques références indie du meilleur effet (‘Crooked Rain, Crooked Rain’ de Pavement, ‘Goats Head Soup’ des Stones), le rendant encore plus attachant.

Tirant son nom, non pas de la très belle chanson longtemps restée inédite de Radiohead mais de celle de Daniel Johnston (« Daniel is a major hero of mine » dit-il), publiée sur ‘More Songs of Pain’ en 1983, Man at War est une véritable révélation. Une superbe découverte. Et 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep' un disque d'une douceur, d'une subtilité et d'une mélodicité à tomber par terre. Sans conteste une des plus belles choses entendues cette année.

Les américains ne semble pas s’intéresser (encore ?) à son cas (seriously America ?). Et alors qu'il prévoit de sortir son prochain disque au printemps prochain (« I am almost always working on something new », précise-t-il), puisse la France, terre d’asile des artistes américains talentueux et ignorés (entrez ici Jeff Buckley et autres Jude), lui ouvrir ses oreilles et ses bras : Man at War le mérite 1000 fois. (Sortie : 18 avril 2017)

Plus :
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est en écoute sur sa page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est à l’achat (en name your price) sur sa même page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est également en écoute sur Spotify mais malheureusement pas encore sur Deezer

Trois chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ de Man at War en écoute. Le sublime Fabric of Time, en duo avec Gregory and the Hawk (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Digital Mind, chanson qui ouvre l'Ep. Et le très beau Low Times pour finir : 





Non présente sur 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', voilà pour finir la reprise de Man at War de Daniel Johnston par Ryan Rebo, enregistrée en 2013. Évidemment, bien moins bancale et plus pop que l'originale, mais très réussie :


lundi 30 octobre 2017

Chad VanGaalen - Light Information [Sub Pop]

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Ou qui ne prennent pas le temps d'écouter. Imbécile je l’ai été un long moment avec Chad VanGaalen. La faute à un ‘Skelliconnection’ en 2006 qui ne m’avait vraiment pas plu. Et pourtant, l’étiquette Sub Pop était déjà là. Et comme un imbécile, j’avais laissé là le canadien aller jouer avec ses mélodies lo-fi qui ne me touchait pas le moins du monde.

Sa venue à Lyon pour défendre son nouvel album aura donc eu raison de mon entêtement. Car avant d’aller le voir jouer sur scène, j’ai écouté ‘Light Information’, son dernier (et sixième) album en date. Je ne parlerai peut-être pas de révélation mais pour le coup, ce disque est un sacré coup de tête bien placé dans mon entêtement à ne pas m’intéresser à cet artiste.

Brinquebalant, pleins de guitares, de mélodies accrocheuses et même de tubes potentiels (évident Old Heads, vrai tube indie en puissance, avec une mélodie catchy au possible qui débarque au moment du refrain, mais aussi Mind Hikacker’s Curse, qui ouvre l'album), le tout porté par une production (qui me rappelle par moment celle de George Martin pour les Beatles) qui donne un corps à toutes ses chansons, ‘Light Information’ est un disque épatant. Pop (il y a du Fab 4 dans cet album et un je ne sais quoi qui me fait dire qu’Elliott Smith aurait très bien pu écrire ce genre d’album s’il était encore parmi nous), wave par moments mais noisy-lo-fi à la fois, il rabat mon caquet.

Et sur scène, c'est sans doute encore mieux. Accompagné d'un batteur aux faux airs de Newman de Seinfeld, d'un bassiste et d'un guitariste en version cheap de Jay Mascis/Lou Barlow, Chad VanGaalen, calé sur un côté de la scène, balance ses chansons comme s'il était dans les années 90. Et rappelle furieusement Pavement (et pas parce que sa voix sonne comme celle de Malkmus).

Je ne sais pas si le reste de la discographie de Chad VanGaalen sur laquelle je ne me suis jamais penchée vaut le coup, mais ce ‘Light Information’, depuis sa découverte, est un album épatant. Et qui grow, qui grow, qui grow… (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est à l'achat sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute (notamment) sur Deezer et Spotify

Trois titres de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen. A tout seigneur tout honneur, Old Heads, le tube certifié de ce disque (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis, Mind Hikacker’s Curse, la chanson qui ouvre l'album. Et pour finir, Static Shape, la chanson qui clôt 'Light Information' de Chad VanGaalen :





Enfin, le clip de Pine and Clover, le premier single de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen :


mardi 24 octobre 2017

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers [Full Time Hobby]

Comme tout le monde, je me souviens exactement ce que je faisais le 11 septembre 2001. Comme tout le monde, je sais exactement où j’étais et avec qui lors des attentats contre Charlie Hebdo ou au Bataclan. 
Moins comme tout le monde, je sais exactement où je me trouvais lorsque j’ai appris la mort d’Yves Montand (je ne sais pas par contre pourquoi son décès m’a autant marqué) ou celle de Bérégovoy (ça, c’est parce qu’un épisode de Beverly Hills 90210 avait été coupé par un flash spécial de TF1 pour annoncer la nouvelle).

Encore moins comme tout le monde, je sais exactement où j’étais le soir où j’ai découvert Micah P. Hinson. C’était un soir de septembre 2004, rue de Dunkerque à Paris. J'étais dans ma chambre et grâce à saint Souleek, j’avais récupéré ‘The Gospel of Progress’, le premier album du texan. Et aussi ‘Funeral’ d’Arcade Fire. Les deux le même soir. Et deux artistes dont je n'avais jamais entendu parler. J’avais enchainé l’écoute de ces disques, qui venaient de sortir à une semaine d’intervalle. Une soirée comme on peut en connaitre parfois où la foudre s’abat sur vous alors que vous n’avez rien demandé. Je me souviens m’être dit que les deux groupes allaient forcément connaitre le succès - oui, même Micah P. Hinson. Il se dégageait tellement de choses de ses compositions qu'il ne pouvait en aller autrement.

Treize ans plus tard, Arcade Fire est une des têtes de proue de l’industrie musicale actuelle, rempli des salles toujours plus grandes en moins de temps qu’il faut pour le dire. Et ‘Funeral’ est considéré (à juste titre) comme un des disques marquant des années 2000 (et plus largement encore).
De l'autre côté, ‘The Gospel of Progress’ ne fera parler de lui que lorsque l'on s'amusera à réviser les années 2000. Et Micah P. Hinson, s’il sort des albums à un rythme régulier, est très loin des têtes d’affiches des festivals et unes des magazines.

Pour autant, l’homme à lunettes qu’il est continue de jouer sur scène. Il passait d’ailleurs par Lyon samedi soir au Groom, nouvelle petite salle lyonnaise (confirmant par la même la folle vitalité actuelle de l’offre musicale entre Rhône et Saône), pour venir défendre son dernier album, le neuvième, ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’.

Il arrive sur scène, devant une salle très remplie. Il commence à parler avec elle, d’une voix trainante, raconte quelques anecdotes tout en s’accordant, puis lance le concert. Il déroule ses chansons à la guitare, qu’il porte de sa belle voix, et n’en est que très touchant. Entre chaque morceau, il s’adresse à l’audience, raconte d’autres histoires. On sent que notre homme n’est pas en très grande forme, qu’il a sûrement un peu bu, sans doute trop, et qu’il ne respire pas la joie de vivre.

Et rapidement, le côté touchant des débuts se transforme en vrai malaise. Parlant autant qu’il joue, devisant sur June Carter, enchaînant sur, littéralement, l’arrivée au monde de son enfant, avant d’évoquer Trump ou encore les armes à feu, Micah P. Hinson semble en avoir gros sur la patate et en vouloir à la terre entière. Pire, pas épatant musicalement, le texan n'arrive pas à noyer cette psychanalyse improvisée en quelque-chose d’autre que gênant.

Dommage, car ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’ est une des très jolies choses écoutées en 2017. Un vrai bel album, qu’il porte de sa voix profonde et reconnaissable entre mille, entre chant, (quelques) parties parlées et plages instrumentales. Un « modern folk opera » (l’expression est de lui) qui raconte les histoires d’une famille, entre vie, mort, moments de bonheur et tragédies. Mais surtout un disque délicatement mis en musique (cordes et piano surtout), produit avec une finesse impeccable ; un bonheur de mélodies tristes en somme.
Et surtout, un album qui méritait mieux que cette prestation. Ceci dit, vu le talent qu’il a dans les mains, les mélodies simples mais belles qu’il sait créer et un chef d’œuvre à son crédit, Micah P. Hinson lui aussi aurait sans aucun doute mérité mieux. Foutue destinée. (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Presents The Holy Strangers' est en écoute sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' est à l'achat sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons en écoute tirées de ce 'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson. The Darling, bijou de chanson folk presque susurrée (également en écoute dans les lecteurs Deezer et Spotify de la colonne gauche de ce blog). Puis Lover's Lane, entre Johnny Cash et Lee Hazlewood. Puis le bel instrumental qu'est The Years Tire On :





lundi 9 octobre 2017

Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]

Il y a des chansons qui sont tellement incroyables qu’elles ont la fâcheuse tendance d’écraser de leur force l’album dans lequel elles se trouvent. Et qui empêchent d'apprécier un disque dans sa globalité. Deux exemples marquant chez moi : le Bloodbuzz Ohio de The National et le Bullets de Tunng. Mais il en existe évidemment plein d'autres.

Et puis, il y a d'autres chansons, tout aussi fortes mais dont la puissance réside dans le fait qu’elles rendent le reste de l’album encore plus beau (un exemple parmi des milliers, No One Said It Would Be Easy de Cloud Cult).

Lazarus Online, la chanson qui ouvre le nouvel album des canadiens de Wolf Parade est à ranger dans la deuxième catégorie. D’une puissance incroyable, d’une mélodie à se damner, avec un piano comme hanté, celle-ci ouvre la voie de façon magistrale à la suite du disque.

Un disque qui voit la reformation du duo Spencer Krug/Dan Boeckner, six ans après leur split faisant suite à un 'Expo 86' sans réelle saveur. Loin d’avoir abandonné leurs innombrables projets parallèles, les Wolf Parade se sont remis en selle, et de quelle manière, avec ‘Cry Cry Cry’, leur 4è album, et sans doute leur meilleur avec ‘At Mount Zoomer’.

Car passé Lazarus Online, magnifique ouverture donc, le duo va dérouler dix autres chansons aux mélodies imparables pleines de guitares sublimes, de synthés, de piano, de cuivres. Véritable synthèse des appétences musicales de Spencer Krug et Dan Boeckner, rendant même de discrets hommages aussi bien à Bowie (Lazarus Online) qu'à Leonard Cohen (« But it's all inside the heart and Marianne won't let them near it » sur Valley Boy), ‘Cry Cry Cry’ est un disque impeccable et qui réussit à mélanger avec une grande subtilité textes désabusés et mélodies dansantes (voire festives) et enivrantes.

Un retour par la très grande porte donc pour les Wolf Parade, à l'instar de LCD Soundsystem, la sincérité dans la démarche en plus, le cynisme de James Murphy en moins. ‘Cry Cry Cry’, album de l’année ? On fera le point dans quelques semaines, mais on en sera sans doute pas très loin. (Sortie : 6 octobre 2017)

Plus :
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est (notamment) à l'achat sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur Deezer et Spotify (et bien d'autres)
Le site officiel de Wolf Parade


Trois chansons de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade. Lazarus Online (également en écoute dans le lecteur Deezer et Spotify dans la colonne de gauche), Incantation et Weaponized :
 





Pour finir, deux clips tirés de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade  : Valley Boy et You're Dreaming :

Wolf Parade - Valley Boy


Wolf Parade - You're Dreaming



vendredi 12 mai 2017

Sufjan Stevens - Carrie & Lowell Live [Asthmatic Kitty]

J’ai eu la chance de voir Sufjan Stevens trois fois en concert. Une pour son premier concert français, au Point Éphémère en 2005, quelques mois après la  sortie de l’indépassable 'Come On Feel The Illinoise'. Un concert où tout le groupe était déguisé en cheerleaders.
La seconde fois c’était à l’Olympia en 2011 pour ce concert dantesque, épatant, ébouriffant, lors de la tournée pour 'The Age of Adz' et 'All Delighted People Ep'.
La troisième fois, c’était l’an passé, au Radiant, à Caluire-et-Cuire, à côté de Lyon pour la tournée de 'Carrie & Lowell', l’album dédié à sa mère et à son beau-père.

Un disque d’une simplicité et d’une beauté renversante, composé de chansons qui tutoient le sublime comme rarement depuis 'Come on Feel The Illinoise'. Le concert qui en avait découlé donc (setlist ici), dans une salle bondée, assise, silencieuse et respectueuse, avait été un beau moment mais en montagnes russes. Un début parfait, intimiste comme il faut. Puis une partie centrale où Sufjan Stevens usait et abusait d’effets pas toujours bienvenus : si la réorchestration de 4th of July était très réussie (même en version dub, cette chanson resterait de toutes façons parfaite), d’autres moments étaient beaucoup plus dérangeants, se réduisant souvent en gloubiboulga indigeste (la palme étant décernée à un Blue Bucket of Gold interminable mais aussi à un I Want to Be Well massacré dans sa première partie et dingue de beauté dans sa seconde). 
Enfin, la fin du concert et son rappel voyait Sufjan Stevens revenir à la raison avec un enchainement de chansons merveilleuses (excusez du peu : Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, Sister, Heirloom, The Dress Looks Nice on You, Futile Devices, Casimir Pulaski Day), avant de se terminer par un Chicago (forcément) nu comme un ver, mais à la perfection inégalée.

Dix-huit mois après cette tournée, Sufjan Stevens sort une version live de son 'Carrie & Lowell'. Enregistré au North Charleston Performing Arts Center en Caroline du Nord, ce live ne fait pas dans la mesure puisqu’il compile 16 titres pour près de 90 mns de musique. Plus court que la version lyonnaise, 'Carrie & Lowell Live' recense les 11 chansons de l’album original (plus une version outro de Blue Bucket of Gold), deux chansons de 'The Age of Adz' (Futile Devices, Vesuvius), une de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' (Redford (For Yia-Yia & Pappou)) et une reprise du Hotline Bling de Drake, totalement dispensable.

Et en resserrant son format, Sufjan Stevens évite quelques écueils entendu lors de son concert lyonnais. Moins fantasque sur quelques passages (à part l’outro de Blue Bucket of Gold en fait), plus fin dans l’ensemble, grandement mené par une ambition acoustique générale et immensément brillant sur de très nombreux passages, il emporte largement la mise. Le seule regret au final est que 'Carrie & Lowell Live' ne soit disponible qu’en version digitale (à un 12’’ de Blue Bucket of Gold / Hotline Bling près). On a vu déception plus grande, oui. (Sortie : 28 avril 2017)

Son :
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est à l'achat digital sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Blue Bucket of Gold / Hotline Bling 12"' est en précommande sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons tirées de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens en écoute ce jour. Should Have Known Better, selon moi la plus belle chanson de 'Carrie & Lowell', à presque égalité avec 4th of July (deuxième titre en écoute). Et pour finir, le magnifique All of Me Wants All Of You.






Enfin, Asthmatic Kitty a mis en ligne la version vidéo de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens. Et c'est à voir ci-dessous :


vendredi 5 mai 2017

British Sea Power - Let the Dancers Inherit the Party [Golden Chariot]

Chouchous de mes oreilles bien avant la création de ces pages, les British Sea Power garderont une place à part chez moi. Je crois que j'ai du parler - quasiment - de tous leurs albums sortis depuis la création de ce blog et je suis incapable de dénigrer un seul de leurs disques (même s’il faut bien reconnaître qu'avec le recul et toute fan-attitude mise de côté, 'Valhalla Dancehall', par exemple, n’est pas franchement remarquable).

Après des années chez Rough Trade (pour info, le groupe le plus longtemps signé sur la mythique structure anglaise), British Sea Power s’est émancipé (par choix ?) et vient de sortir son nouvel album ‘Let the Dancers Inherit the Party’ sur sa propre structure « Golden Chariot », après un passage par la case crowdfunding (dieu que cette mode m’agace).

A l’annonce de la sortie de ce sixième album (studio s'entend, je ne compte pas les bande-originales ou le disque de 2015 où ils réarrangeaient leurs meilleurs titres), je savais bien que je n’y retrouverais pas les élans de leur deux premiers albums parfait ('The Decline of British Sea Power' et 'Open Your Heart') mais j’avais espoir.

Espoir nullement déçu tant 'Let the Dancers Inherit the Party' fait montre d’un groupe qui n’a rien perdu de sa verve ni de ses guitares. Certes plus hero que par le passé (et donc moins post-punk) mais toujours romantiques, celles-ci ont encore de la ressource, du tube et de la mélodie à dévoiler (Bad Bohemian, single évident, International Space Station, Saint Jerome ou Don’t Let The Sun Get In The Way).

Bien construit, n’oubliant jamais les chansons mélancoliques (Want to Be Free, Eletrical Kittens, Praise For Whatever), 'Let the Dancers Inherit the Party' est un solide album de la part des British Sea Power, qui va puiser son l’imaginaire dans les années 80, aussi bien au niveau des paroles, des titres des chansons (The Voice of Ivy Lee) que de sa pochette inspirée par les travaux du Dadaist allemand Kurt Schwitters (merci wikipédia).

En fait, le seul véritable bémol de 'Let the Dancers Inherit the Party' (au delà d'un Keep On Trying (Sechs Freunde) peu inspiré) est le peu de place accordé à la voix de Hamilton, tant Yan truste 8 titres sur les 11 (chantés) de l’album. Rien de bien curieux, cela a toujours été le cas et l’organe de Yan est une des vraies forces des British Sea Power (essoufflé, toujours sur la rupture, comme entre deux extinctions de voix) ; mais j'ai aussi beaucoup d'affection pour celle d'Hamilton et un partage plus équitable des deux n'aurait pas été pour me déplaire (les trois chansons qu’il porte lui vont particulièrement bien, mention spéciale à What You’re Doing).

Reste donc 'Let the Dancers Inherit the Party', un bel album, bien construit qui voit les British Sea Power remettre le travail sur le métier, pondre un tube qui pourrait faire mouche (Bad Bohemian et ses très belles guitares). Manque plus qu'une tournée française qui ne se contenterait pas que de Paris. Mais c'est sans doute trop en demander. (Sortie : 31 mars 2017)

Son :
'Let the Dancers Inherit the Party' de British Sea Power est à l'achat ici ou
La version digital 'Let the Dancers Inherit the Party' de British Sea Power est disponible ici
'Let the Dancers Inherit the Party' de British Sea Power est en écoute chez Spotify et Deezer


Trois chansons en écoute ce jour de ce 'Let the Dancers Inherit the Party' de British Sea Power : Bad Bohemian (également en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche, intro comprise). Ensuite le très smooth Eletrical Kittens. Et enfin Keep On Trying (Sechs Freund) :





Pour finir, deux clips, ceux des deux premiers singles tirés de 'Let the Dancers Inherit the Party' de British Sea Power : Bad Bohemian et Keep On Trying (Sechs Freund) :



mercredi 5 avril 2017

Grandaddy - Last Place [30th Century]

Autant le dire tout de suite, Grandaddy et moi ça n'a jamais été une histoire d'amour. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas touché par leurs albums, bien au contraire, 'The Software Slump' est un bel album, 'Under The Western Freeway' est un magnifique disque - et leur sommet pour moi. Mais 'Sumday' m'avait assez ennuyé, 'Just Like the Fambly Cat' ne m'avait en rien touché (mais pour être honnête je ne lui ai jamais vraiment donné sa chance).
Et depuis la pause du groupe, je n'avais accordé qu'assez peu d'intérêt à la carrière solo de Jason Lytle, véritable maître à bord du navire Grandaddy. 

Disons que je ne suis pas un fan hardcore. Leur retour avec un nouvel album ne m'a donc pas plus excité que cela. Je n'attendais rien de précis de ce 'Last Place' et c'est peut-être aussi pour cela que je suis tombé sous le charme. On est ici évidemment en terrain connu, on sait bien qu'on a à faire avec Grandaddy, la voix de Jason Lytle est toujours aussi belle et particulièrement juste, et ses mélodies comme faites de collages sont toujours une réussite.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il manque de défauts : un manque de finesse sur quelques titres (Evermore, Brush with the Wild, quelques guitares sur la toute fin de A Lost Machine) alors que j'ai toujours trouvé que c'était là une des forces du groupe ; quelques titres de remplissages (The Boat is in the Barn, Chek Injin). Mais l'ensemble est globalement enivrant, notamment sur toute la partie finale, où Grandaddy en profite pour confirmer qu'ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils font dans la balade mélancolique, pleine de collage et de multiplications de strates sonores (This is the Part, le dépouillé et acoustique Songbird Son, Jed the 4th, A Lost Machine).

'Last Place' est finalement à l'image de la discographie de Grandaddy : un album assez inégal, mais dont les défauts sont tout sauf rédhibitoires, et qui a tout pour être un grower comme on dit. Il faut dire qu'avoir un compositeur comme Jason Lytle à sa tête, ça aide. (Sortie : 3 mars 2017)

NB : Je vous conseille la lecture de cette très longue et intéressante de Jason Lytle réalisée par Greg Bog pour Benzine Mag. Une interview où le grand manitou de Grandaddy prend le temps de s'expliquer sur l'histoire du groupe et de cet album. A lire ici.

Son : 
'Last Place' de Grandaddy est à l'écoute sur Spotify et Deezer
Le site officiel de Grandaddy, évidemment en grande partie dédié à 'Last Place'
'Last Place' de Grandaddy est à l'achat ici


Quatre titres en écoute de ce 'Last Place' de Grandaddy. Tout d'abord, This is the Part (également en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche). Puis le magnifique A Lost Machine. Ensuite Way We Won't, le single de l'album. Enfin, Evermore (bien que too much à mes oreilles) :








jeudi 16 mars 2017

Why? - Moh Lhean [Joyful Noise]

Ça ne sera donc pas pour cette fois. Pourtant, j’y ai cru. Mais non. Héros de mes années 2000 avec ‘Oaklandazulasylum’ et surtout ‘Elephant Eyelash’ (on aurait pu mettre ‘Alopecia’ et ‘Eskimo Snow’ aussi dans le lot), sans doute l’album pop de la décennie, Yoni Wolf, l’homme derrière Why?, n’a depuis cessé de me décevoir. Comme s’il avait perdu le mojo.

Entendons-nous bien : les disques de Why? depuis ‘Eskimo Snow’ ne sont pas mauvais, il y a toujours une chanson à prendre, quelques élans qui voient Yoni Wolf et ses acolytes retrouver leur lustre d’antan. Mais au final, leurs disques sont devenus quelconques.

Cinq ans après ‘Mumps, Etc.’, trois après un ‘Golden Tickets Ep’ que je n’ai même pas écouté, j’ai eu envie d’y croire à l’annonce de la sortie de ‘Moh Lean’. Parce qu'ils ont pris leur temps. J'ai eu envie d’espérer un retour de l’inspiration. Alors qu'en fait, non. Enfin, pas vraiment.

‘Moh Lhean’ n’est pas un mauvais album. Comme sur ses prédécesseurs, on y trouve quelques chansons bien troussées (Easy, en écoute ce jour, This Ole King, Proactive Evolution au hasard) mais l’ensemble manque de corps et de mélodies marquantes. Trop « acoustique », avec un singulièrement de rythme, il souffre surtout d'une production insipide, passe-partout et sans relief ; 'Moh Lhean' sonne à mes oreilles comme un disque d’easy-listening dont le seul intérêt est d’habiller une pièce silencieuse et vide de quelques notes de musique. Bref, inoffensif.

Mon avis très mitigé sur cet album me fait me poser quelques questions, tant les chroniques à son sujet sont globalement très positives (de Pitchfork à The Line of Best Fit en passant par PopMatters) voire dithyrambiques (je vous conseille celle de Greg Bod chez Benzine). Peut-être que j’en attends trop de Why?. Peut-être que j’espère retrouvé le Yoni Wolf foutraque de ‘Oaklandazulasylum’ ou celui emballant de ‘Elephant Eyelash’, disque rempli de petits détails pop dans tous les coins, de mélodies enivrantes, mix absolument parfait entre une virtuosité pop et une voix (de canard) hip-hop . Peut-être qu’au final, Why? a décidément tout dit, tout fait, à mes oreilles en tout cas. Il n’est jamais bon d'espérer de la part de quelqu'un des élans d’il y a 10 ans. Mais je serai encore là dans 3 ans pour leur prochain album. Foutue nostalgie à la con. (Sortie : 3 mars 2017)

Son :
'Moh Lhean' est en écoute sur le bandcamp de Why?
'Moh Lhean' de Why? est également à l'achat sur le même bandcamp
'Moh Lhean' est en écoute aussi bien chez Spotify que chez Deezer

Bien que peu marquant, on peut ressortir 3 chansons de ce 'Moh Lhean' de Why?, toutes en écoute ci-dessous. Tout d'abord, Easy, en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche. Puis Proactive Evolution (qui fait beaucoup penser à Yeasayer) et enfin This Ole King qui ouvre l'album. Soit ses 3 premières chansons (dans le désordre) :





vendredi 10 février 2017

Foxygen - Hang [Jagjaguwar]

Foxygen est décidément un duo à part dans le monde de la musique actuel, qui ne semble pas avoir de vrai plan de carrière écrit et qui ne semble surtout que suivre son instinct et ses envies. La preuve avec leur cinquième album 'Hang', une des premières grosses sorties de 2017.

Un disque qui contraste totalement avec le précédent '... And Star Power', album gargantuesque au possible (24 morceaux en 82 mns) et adoré dans ces pages, foutraque, fourre-tout de rock sixties, de psychédélisme débridé, de glam-rock lo-fi et de chansons folk vacillantes.

'Hang' prend le complet contre-pied. Cette fois, Foxygen fait court (8 chansons en 32 mns) et remise son lo-fi et un Do It Yourself qui lui allait bien au teint (leur premier album enregistré dans un vrai studio, forcément ça aide) pour pondre un disque extrêmement - bien - produit, plein de cordes, de cuivres et d'ambitions léchées qui plonge la tête la première dans les années 70, entre soul, glam, pop très orchestrée et euro-pop.
On ne s'étonnera donc pas de croiser du Stevie Wonder (ces toutes premières notes de Follow The Leader), une mélodie qui rappelle le My Sweet Lord de George Harrison (Avalon), un peu d'ABBA (toujours Avalon), un peu d'americana (On Lankershim), des mouvements glam à la Bowie (un peu sur tous les titres), des ambiances théâtrales ou tout droit sorties d'un cabaret (America, parmi d'autres), quelques idées à la Burt Bacharach, du 'American Gothic' de David Ackles, des moments guitar hero (formidable Rise Up) ou des tonalités vocales qui rappellent aussi bien Bowie, Jagger qu'Iggy Pop.

Oui, 'Hang' est un peu tout cela à la fois. Mais pour autant, n'est-ce qu'un hommage appuyé feignant et où la patte de Foxygen n'apparaît pas ? Bien au contraire ! En consacrant une certaine idée de la chanson à tiroirs, en multipliant les idées et les directions au sein d'un même morceau (America sans doute la plus marquante à ce niveau là, mais loin d'être la seule), en passant de l'emphase à la discrétion, d'un chant maniéré à une voix plus pop, Foxygen marque de son empreinte de 'Hang' foisonnant.

Entouré par un véritable orchestre (où l'on trouve de tout, jugez plutôt : saxo (alto ou ténor), clarinettes, flûtes, trompettes, bugles, trombones, violons, violoncelles, tuba, hautbois ou une harpe) composé de pas moins de 35 membres, pour leur permettre de mettre en musique leurs grandioses idées, Foxygen compose ici 8 titres vibrant, qui parlent aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, toujours avec ce côté perché et psychédélique.

Reste la question qui divise - car 'Hang' divise, oui : les Foxygen se foutent-ils de nous ? Et sont-ils vraiment sincères ? N'ont-ils pas eu la folie des grandeurs ? Tout est tellement poussé à l'extrême, tout est tellement à l'opposé de leurs dernières livraisons que l'on peut se poser la question. Ne font-ils que singer une époque disparue depuis longtemps pour mieux se moquer de ses élans parfois pompeux ? Ou ont-ils simplement eu envie et le talent pour se plonger corps et âmes dans une période qu'ils affectionnent particulièrement ('... And Star Power' allait déjà piocher, mais de manière plus brute, dans ces années là ?) et n'en ressortir que le meilleur ?

Ces pages trancheront évidemment pour la seconde option tant 'Hang' respire les mélodies travaillées, les mouvements parfaits. Et la musique plus simplement.
Et puis pourquoi se seraient-ils embêtés à inviter les Lemon Twigs (dont Jonathan Rado a produit le premier album 'Do Hollywood' sorti l'an dernier), Steven Gregory Drozd des Flaming Lips ; ou encore Matthew E. White pour s'occuper des arrangements ? Non, décidément, Foxygen ne se fout pas de nous. Non, Foxygen vient juste de sortir un album magistral, ambitieux de bout en bout, bourré de références et rempli d'idées et de mélodies remarquables. Un 'Hang' dont on reparlera, et pas que cette année. Diable que ces deux là ont vraiment beaucoup trop de talent pour leurs coreligionnaires. (Sortie : 20 janvier 2017)

Son :
'Hang' est à l'achat sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' est (partiellement) à l'écoute sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' de Foxygen est en écoute chez Spotify et Deezer

Exceptionnellement quatre titres en écoute. Tout d'abord Trauma (uniquement disponible dans les lecteurs Deezer et Spotify à gauche), grandiose et plus épique chanson de 'Hang'. Puis ci-dessous America, longue chanson qui voit Foxygen passer par pleins de tiroirs. Follow The Leader, qui ouvre l'album ; et enfin On Lankershim, qui n'aurait pas dépareillé sur les radios FM américaines de 1974 :







Pour finir, deux clips tirés de 'Hang' de Foxygen. Celui de Follow The Leader. Puis celui de On Lankershim :