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vendredi 11 avril 2025

Marble Sounds - Core Memory [Mayway Records]

Elle n'a beau avoir que 11,7 millions d'habitants, ne faire que 31 000 km² de superficie, on a parfois tendance à l’oublier, mais la Belgique est vraiment l’autre pays de la pop. Si les exemples sont légions sur les trente dernières années (je ne vous ferais pas l’insulte ici de les nommer), la source semble intarissable et les spécimen continuent d’affluer. Dernier exemple en date, Marble Sounds. Un groupe (belge donc) formé à la fin des années 2000 autour de Pieter Van Dessel et qui vient de publier son sixième album, 'Core Memory'.

Un disque qui frappe avant tout par la beauté de sa pochette. Œuvre de Elke Verschatse, elle est l'aboutissement du travail réalisé sur les visuels des singles sortis en amont (An Emotional High, If You Would Prove Me Wrong Now et Give or Take a Few) : un design minimaliste et géométrique, des couleurs vives et chaudes ; une esthétique qui rappelle évidemment certaines œuvres de Peter Saville et qui surtout colle parfaitement avec le titre de l'album, 'Core Memory', nom qui vient d'un livre de photographies consacré à l'évolution des ordinateurs de leur création à nos jours, publié en 2007 par Mark Richard et que Pieter Van Dessel a découvert lors d'une visite au Computer History Museum de la Silicon Valley aux États-Unis.

Et la musique dans tout ça ? Aguichante dès les premières notes de An Emotional High, morceau d'ouverture du genre qui vous happe instantanément avec ses nappes pleines de mélancolie, elle ne relâche son étreinte qu'aux toutes dernières notes de A Place to Call Mine. Marble Sounds démontre tout au long de 'Core Memory' un vrai talent pour déployer des chansons pop pleines de synthé, de magnifiques guitares et de basses profondes, souvent marquantes, accrocheuses quand elles ne sont pas carrément excitantes, tout en étant touchant dès que le tempo ralentit, que les balades prennent le lead et que l'ambiance se fait plus intimiste (le superbe Give or Take a Few, tout au piano et qui est, pour la petite histoire, une sorte de réponse au tube A Thousand Miles de Vanessa Carlton de 2002).

Extrêmement bien construit, sombre autant que lumineux, pas avare de grands moments (An Emotional High donc, Hear Me Talking ou Not All Is Vain, tube de l'album qui ne cesse de prendre de l'ampleur tout du long et qui se finit en sorte d'électro-pop dansante à souhait), relevant chaque morceau d'un pont diablement efficace (comme s'il était besoin), rappelant plus souvent qu'à son tour les Postal Service autant que Wolf Parade de 'Cry Cry Cry' (If You Would Prove Me Wrong Now), et s'autorisant même un Catch It Alive presque FM mais très efficace, 'Core Memory' de Marble Sounds fait partie de ces disques immédiats et parfaits, qui placent les mélodies et la mélancolie au-dessus de tout et s'y tiennent et dont la qualité des dix compositions ne se dément jamais, faisant mouche à chaque nouvelle écoute. Un coup de cœur immense et assurément un des très grands albums de 2025. (Sortie : 7 mars 2025)


Plus :
'Core Memory' de Marble Sounds est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Core Memory' de Marble Sounds est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Core Memory' de Marble Sounds est à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'Core Memory' de Marble Sounds en écoute aujourd'hui. Hear Me Talking pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog), son énergie et ses belles guitares. Puis le morceau d'ouverture An Emotional High. Et enfin, last but not least, Not All Is Vain, tube évident de l'album :

A ce jour, une seule chanson de 'Core Memory' de Marble Sounds a été clipée. Mais pas la plus laide, vu qu'il s'agit de An Emotional High :

lundi 21 avril 2008

Track of The Day (15-21 avril 2008)

Une semaine placée sous le signe du travail, de l'acharnement, de la déception, des voyages, d'un tour de France. Ce qui explique le manque cruel de nouveautés. Mais bon, tant que y a du bon hein... (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)

Lundi 21 avril 2008:
* Coldplay - 'Til Kingdom Come [Parlophone]
Entre les anti et les pros de Coldplay, je suis clairement positionné dans la seconde catégorie. Parce qu'ils savent sortir des mélodies qui tuent. Parce qu'ils parent leurs albums de chansons plus mémorables les unes que les autres. Et parce qu'ils sont capables de pondre des choses simples et belles comme ce 'Til Kingdom Come, hidden track sur leur dernier 'X&Y'.
(disponible sur X&Y, 2006)

Dimanche 20 avril 2008:
* The Postal Service - Against All Odds (Phil Collins cover) [Lakeshore Records]
Ben Gibbard & Dntel en 2004, au lieu de bosser sur leur nouvel album qui ne verra sans doute jamais le jour, sortaient une reprise de Against All Odds de l'horrible Phil Collins, pour la bande originale de 'Wicker Park'. Ils ont bien fait, leur version vaut bien mieux que toutes les versions que l'empaffé de batteur chauve pourra jamais sortir.
(disponible sur Wicker Park OST, 2004)

Samedi 19 avril 2008:
* Autour de Lucie - Je Reviens [BMG]
Porté par la belle voix de la (aussi) très belle Valérie Leulliot, retombons dans ce Je Reviens de l'an 2000. Une chanson toujours aussi aérienne, huit ans, après, toujours aussi réussie. Toujours aussi touchante.
(disponible sur Faux Mouvement, 2000)


Vendredi 18 avril 2008:
* Rapture - Transfixion [Century Media]
Ne confondons pas: ce groupe là n'a rien à voir avec les faiseurs de tubes à la Olio ou Get Myself Into It. Non. C'est juste un groupe de métal (FM? Pas FM? Ma connaissance du métal étant plus que limitée, je dois avouer n'en savoir rien) finlandais découvert, par hasard, en 2003 avec leur 'Songs For The Withering', plus jouissif tu meurs.
(disponible sur Songs For The Withering, 2003)

Jeudi 17 avril 2008:
* Sophia - Where Are You Now? [Flower Shop]
Robin Proper-Sheppard a un talent certains: celui de faire des balades tuantes. Alors oui, leur 'Technology Won't Save Us' de 2006 n'est certainement pas leur meilleur album, ni même un disque vraiment bon. Mais on y trouve des merveilles comme Where Are You Now?. Que demande le peuple, donc?
(disponible sur Technology Won't Save Us, 2006)

Mercredi 16 avril 2008:
* Gorillaz - 19-2000 (Soulchild Remix) [Parlophone]
Sorti sur l'album 'G-Sides' (collections de faces-b du premier album de Gorillaz), ce remix de 19-2000 par Soulchild, un des tubes de ce premier opus éponyme, est d'une vigueur et d'une fraicheur sans nom. Voilà l'été.
(disponible sur G-Sides, 2002)


Mardi 15 avril 2008:
* Gilles Gabriel - Flou de Toi [Love Records]
Alain Chabat, pour le film des auteurs 'Message à Caractère Informatif', se tape un délire revival sous le nom de Gilles Gabriel, ex-stars des 80s, se fout de la poire des chanteurs de variétoches à cheveux longs de cette époque là et sort une chanson qui rentre par une oreille pour ne plus en ressortir. "Flouuuuuuuuu de toi, complètement flou en moi". Tube de l'été 2008 assuré.
(disponible sur La personne aux deux personnes BOF, 2008)

lundi 11 décembre 2023

Buck 65, doseone, Jel - North American Adonis [A Purple 100 / Handsmade Records]

Cette année 2023 aime faire ressurgir le passé dans nos vies un peu trop établies. Après avoir vu ressortir des cartons l'album oublié de Danger Mouse & Jemini au cours de l'été dernier, voilà qu'un autre disque, mythique pour certains, refait surface. Ou plutôt fait surface. Et son histoire est folle. Je vous la résume ici.

Nous sommes en 1998, à Cincinnati. Buck 65 retrouve doseone dans l'appartement qu'il partage avec Why?. Les deux ont l'ambition, en plus de participer à "Scribble Jam" (un évènement annuel hip-hop où se retrouvaient les meilleurs rappeurs, dj et autres graffeurs américains du moment), d'enregistrer un disque ensemble, avec Jel à la production. Deux jours plus tard, le tout est en boite, l'album a un nom ('North American Adonis') et une pochette (confiée à Nic Klein, illustrateur qui débute et ami de Buck 65). Ne reste plus qu'à Jel à mixer et éditer l'ensemble avant de balancer tout ça dans les bacs.

Et puis... rien. La machine sur laquelle tout a été enregistré rend l'âme, sans que personne n'ait pu sauvegarder quoique ce soit. Ou si peu : les premiers enregistrements ont été faits sur un 4-tracks appartenant à Odd Nosdam (toute la clique Anticon de l'époque est décidément impliquée dans ce disque) mais le trio est très vite passé sur une autre machine, qui a donc crashé.

Rapidement, ces quelques bribes finissent par arriver sur Internet. Une qualité très moyenne, un son étouffé mais quelques fulgurances qui laissent entrevoir ce que cela aurait pu donner. Et c'est tout. Buck 65, doseone et Jel continuent leur petit bonhomme de chemin et lancent véritablement leurs carrières respectives, pendant que le temps s'occupe de créer la légende - underground - autour de ce disque mort-né.

Il y a un an, sur son blog, Buck 65 publie un billet où il raconte l'histoire de ce 'North American Adonis' (d'où est tiré ce résumé). Il revient longuement sur les différentes étapes de sa création, explique que c'est le seul album de toute sa carrière qu'il a perdu et finit par ces mots : « I honestly think it would have been an underground classic ».

Est-ce ce papier qui a déclenché la suite ? Ou était-elle déjà dans les tuyaux ? On ne le saura jamais mais il y a un mois, Buck 65 a publié un second billet à propos de 'North American Adonis'. Cette fois, pour dire qu'il allait enfin voir le jour. Il raconte ainsi que doseone, Jel et lui-même se sont réunis pour reprendre ce qu'il restait des brouillons de l'époque pour finaliser l'album comme ils l'avaient envisagé. Que Nic Klein, pourtant devenu un célèbre dessinateur pour Marvel Comics, a accepté que le trio utilise sa pochette d'origine tout en insistant pour lui donner un coup de frais. Et que le magasin/label d'Oakland Handsmade Records en a fait presser 300 exemplaires en vinyle (la version digitale étant laissée à A Purple 100 le propre label de doseone). Dix jours plus tard, le disque est disponible de partout et la version physique devient sold-out en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (espérons d'ailleurs que nos trois acolytes décideront de sortir une version CD pour combler tout ceux qui sont passés à côté).

A l'écoute, il s'avère très vite que 'North American Adonis' n'est pas un remaster des premiers enregistrements, mais un tout nouvel album, aux fondations et à la structure vieille de vingt-cinq ans. D'époque ne restent que quelques bribes de production et surtout la majorité des beats de Jel, que ce dernier avait eu la prescience de sauvegarder. Le reste ? Rien qui n'avait été entendu jusque là. Le trio a fait appel à ses vieux souvenirs pour reconstituer ce qu'ils avaient créé en deux jours, début juin 1998.

'North American Adonis' est un disque à l'ancienne, construit autour d'un tuner de radio qui parcourt la bande FM et qui s'arrête de temps en temps dès qu'il capte une station. Toute la production est l’œuvre de Jel (sauf deux skits, laissés à Mr. Dibbs, un des fondateurs de "Scribble Jam", évènement à qui l'on doit en partie l'existence de cet album) qui balance ses sons et ses scratchs avec toujours les mêmes fluidité et dextérité, aussi old-school qu'actuels. Les raps sont évidemment l'affaire de doseone et Buck 65 qui se renvoient la balle comme à leurs meilleures années, sur des textes totalement réécrits pour l'occasion, aussi bien pour être plus en phase avec notre époque que parce que les originaux sont, eux aussi, introuvables.

Et tout cela fait de 'North American Adonis' un disque saisissant. Et s'il n'est pas passéiste pour un sou, il est comme une capsule temporelle qui nous ramène au tournant des années 2000, au meilleur d'Anticon, quand ce label était une référence et que ses membres étaient les meilleurs agents hip-hop de l'époque et dominaient, si ce n'est le monde, au moins leur monde. « I honestly think it would have been an underground classic » disait Buck 65. Il avait foutrement raison. (Sortie : 24 novembre 2023)

Plus :
'North American Adonis' de Buck 65, doseone et Jel est en écoute sur bandcamp
'North American Adonis' de Buck 65, doseone et Jel est à l'achat sur bandcamp
'North American Adonis' de Buck 65, doseone et Jel est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
L'histoire de 'North American Adonis' de Buck 65, doseone et Jel est racontée en deux épisodes sur le blog de Buck 65 (et son résumé dans cette chronique vient évidemment de là) :
"North American Adonis" (partie 1)
"25 Years In The Making : The North American Adonis rises!" (partie 2)

Trois morceaux de 'North American Adonis' de Buck 65, doseone et Jel en écoute aujourd'hui. Ouvrons le bal avec le dark Not Weird (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Continuons avec Purist. Et finissons avec Alive In a Landfill :

Pour les curieux, voilà le 'North American Adonis' « original », soit le peu de ce qui a été sauvé d'avant le crash. Et qui traine sur internet depuis 25 ans :

mardi 4 décembre 2007

Pumuckl - Carbone [Rain Cloud]

Alors que l'année touche à sa fin, alors que l'on peaufine son 'top albums 2007', revenons quelques instants sur un des disques de l'an passé. Un album auto-produit (en tout cas à l'époque puisqu'il a depuis trouvé un petit label indé) absolument divin, l’œuvre d'un jeune français touche à tout et au son mélodique très sur.

Pourquoi revenir là-dessus me direz-vous? Premièrement parce que l'artiste mérite franchement le détour, deuxièmement parce qu'à part sur certains webzine ce disque est honteusement passé inaperçu, troisièmement parce que cet album là revient régulièrement sur ma platine et enfin, dernièrement parce qu'il vient de se remettre au travail pour donner une suite à son 'Carbone' de 2006.

"Il", c'est Pumuckl (aka Stéphane Lherault), orléannais de son état. Un mec bluffant, tout simplement. Auteur de (déjà) quelques bonnes sorties au début des années 2000, il a donc donné suite l'an passé à son 'Sommeil Léger Ep' qui nous avait émoustillé les écoutilles. Et quelle suite!

Au programme, 5 titres presque entrelacés. Les quelques errements que l’on pouvait trouver sur son précédent disque (une production qui n’osait parfois pas assez et qui freinait des quatre fers là où il aurait fallu lâcher les chevaux), sont balayés, emportés par un son cristallin, lumineux qui donne une classe et une beauté renversante à l’ensemble. Tout scintille et brille d’une évidence et d’une clarté rare.

Les ambiances sont planantes, avec ce je-ne-sais-quoi de Sigur Ros. Mais Pumuckl conserve ce brin de folie qui lui sied si bien, comme sur Buprénorphine (voir plus bas), qui amoncelle scratchs et petites touches électros sous couvert de chœurs avant de lâcher la cavalerie avec quelques accords de guitares tendues à souhait.

En fin d’album, il donne même naissance au petit frère du titre Sommeil Léger, qui ouvrait l’Ep du même nom (et que j'avais mis en écoute dans la partie 'Track of The Day' avec Une Vie = Une Seconde (voir plus bas bis)). Un morceau qui devrait/aurait du faire un tube si l’industrie du disque ne marchait pas sur la tête. Pumuckl y chante en français, toujours avec ce même brin de voix à la Dominique A, le tout mené par une mélodie répétitive du meilleur effet.

Un an plus tard, le constat reste le même: 'Carbone' est un album ravissant, planant. Divin même. Ce type là a de l’or dans les pognes. Et même si ses disque ont une durée plutôt réduite à chaque fois (à peine une demi-heure ici), ils ne sont rien d’autres qu’un éternel émerveillement à chaque nouvelle écoute. Un jour, Pumuckl connaîtra le succès. Un jour, les gens se rendront compte de son talent. Vous ne pourrez pas dire que vous n’aurez pas été prévenu.

Son:
Site Officiel
Myspace (deux titres de 'Carbone', deux titres de 'Sommeil Léger Ep')
Le dernier titre en date

Pour acheter le disque, cliques ici l'ami(e)

Et histoire de faire les choses dans le bon ordre, deux titres en écoute, Buprénorphine et Une Vie = Une Seconde, malheureusement plus en ligne.

jeudi 26 décembre 2024

Bilan 2024 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »


Jeudi 26 décembre oblige, et pour respecter la tradition de ce blog de près de vingt ans, il est temps de passer au bilan de cette année 2024. Un travail sans doute un peu vain pour beaucoup mais une habitude chez moi à laquelle j’apprécie toujours autant répondre, un quart de siècle après ma première fois, tant tout cela permet, ne serait-ce qu'à moi, de trier le bon grain de l’ivraie et d’en ressortir le meilleur. Un bilan qui se déroulera comme à chaque fois en quatre temps : aujourd’hui, tout ce qui à trait aux formats courts, aux rééditions et autres compilations. Samedi, la première partie du top album (avec les disques classés de 21 à 40). Lundi, la suite de ce top album (avec les disques classés de 1 à 20). Et enfin, le 1er janvier, les 50 chansons qui auront fait mon année, à écouter au réveil d'un jour de l’an que l'on imagine plein d'excès.

Mais avant d’aller plus loin, regardons un peu (là aussi, comme le veut la tradition) quels bilans ont tiré les sites amis (ou non) de cette année 2024 :
- Les meilleures rééditions de 2024 selon Treble
- Le bilan vraiment annuel de Sun Burns Out
- Les 10 Ep de l’année de Sound of Violence
- Les rééditions de 2024 selon Raven Sings The Blues
- Le top 2024 des contributeurs du Gospel

Ouvrons donc le bal avec les meilleurs singles, Ep et autres rééditions de l’année 2024. Avec une nouvelle fois beaucoup de 45-tours, un artiste habitué de ces pages (que voulez-vous, on est fan ou on ne l’est pas), la réédition d’un disque plus qu’immense et deux compilations à vous mouiller les yeux. C’est à lire ci-dessous. Et comme lire sans écouter quand on parle de musique est un peu dommage, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des seize disques proposés ici. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !


Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)



7" / Single numérique

Moreish Idols - Pale Blue Dot 7" [Speedy Wunderground]
Difficile de ne pas célébrer le cinquantième 45-tours du label londonien Speedy Wunderground. Et encore plus quand le disque en question compte une de leurs meilleures sorties. Pale Blue Dot, une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construite sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau de Moreish Idolsqui fait plus qu'honneur à ce label ô combien indispensable.
No Drama - Papershop / A City Within 7" [Hidden Bay Records / Araki Records / Bus Stop Press / Seitan's Hell Bike Punks / Stonehenge Records (FR) - Brainwasher Records (DE) - Anything Bagel (US) - Wood of Heart (JP)]
Nouveau single pour le quatuor toulousain No Drama (qui compte notamment Manon Raupp d'Hidden Bay Records), avec autant de guitares acérées, de gimmick accrocheur, de langueur électrique que d'explosions exquises pour satisfaire tout amateur de rock à la sauce 90s. Très recommandé (et à un prix tout mini).
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Chappell Roan – Good Luck, Babe! [Island Records]
En l’espace de quelques mois, l’américaine Chappell Roan est passée des premières parties d’Olivia Rodrigo à remplir des stades et à être la tête d’affiche de nombreux festivals l’été prochain. La faute à Good Luck, Babe!, tube en or massif avec son ambiance rétro eighties, son refrain qui éclate, sa voix qui monte haut et qui emporte son monde avec elle. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup des tubes d’une (désormais) superstar qui sont sortis en 45-tours ? Pour une fois que je ne suis pas à la traîne niveau tubes grand public...
Laetitia Sadier & Storefront Church - La Langue Bleue 7" [Duophonic Super 45s]
Laetitia Sadier n'aura pas arrêté cette année. Et c'est peut-être sur ce duo avec les américains de Storefront Church qu'elle a été à son meilleur. La Langue Bleue, une chanson ample, à l'orchestration imposante mais léchée, à la beauté cinématographique, qui n'est pas sans rappeler quelques esthètes français du genre (Vannier, Legrand). Sublime.
RVG - Don't Take It Badly / Pet Sematary Double-A Single [Fire Records]
Don't Take It Badly dans une veine jangle-pop en face-A, Pet Sematary, une reprise d'une chanson des Ramones, en face-B : si les australiens de RVG ne sont pas revenus avec un nouvel album (après tout, 'Brain Worms' ne date que de 2023), ils ont fait les choses bien avec ce 45-tours malheureusement uniquement numérique. Deux chansons où la voix et la présence de Romy Vager font toute la différence.
Cindy - Swan Lake 12" [Tough Love Records]
Si je leur reconnais beaucoup de qualités, je n'avais jamais été renversé par les albums des californiens de Cindy, que je trouvais un peu trop ronronnant sur la longueur. Mais cette année, en resserrant leur propos sur un 12" de six chansons, toujours comme hors du temps, le groupe de San Francisco, mené et porté par la voix de Karina Gill et ses airs de Nico, emporte totalement l'adhésion.
The Decemberists - Joan In The Garden [Y.A.B.B. Records]
The Decemberists ont une carrière longue comme le bras. Alors pour leur nouvel album, à contre courant de ce qui se fait généralement, ils ont poussé Joan In The Garden comme second « single » de leur album alors à venir. Une chanson de quasi vingt minutes qui imagine Jeanne d’Arc avoir ses visions. Une chanson très longue donc qui voit Colin Meloy et son groupe mener ça de main de maître, passer du folk au rock et même près de cinq minutes d’expérimentations, et clôturer de façon audacieuse et remarquable son dernier album. Mais vous me direz : que vient faire un extrait d’un album dans cette section là ? Tout simplement parce que cette chanson a été pressé en 12" à l’occasion de quelques listening parties lancées par leur propre label. Certes, la production s’est limitée à quatorze (oui, 14) exemplaires et n’a jamais été mis en vente, mais ce pressage existe. Il a donc toute sa place ici.
Antenna - Antenna Ep [Urge Records]
Nouveau projet de l'australien Tim 'Shogun' Wall (ancien chanteur de Royal Headache), Antenna aura publié son premier Ep en 2024. Et si je devais classer tous les disques cités dans ce premier papier « bilan », ce disque serait sans doute tout en haut. Avec cinq chansons pour douze minutes, qui débordent d'énergie, de garage punk frénétique aux reflets power-pop, 'Antenna Ep' est un disque impeccable, catchy où la voix de Tim Wall est incroyable de présence, de justesse et d'émotion.
Bar Italia - The Tw*ts Ep [Matador Records]
Cet Ep n’atteint sans doute pas la classe de 'Tracey Denim' et 'The Twits', leurs deux albums publiés l’an passé et qui les avait vus vraiment éclore à la face du monde. Pour autant, avec cet Ep (malheureusement uniquement numérique) et ses quatre chansons (dont trois inédits), le trio Bar Italia prouve qu’il est décidément au-dessus de la mêlée.
Junior Varsity - My Star Ep [Key Records]
Porté par ce qu'il faut bien appeler un banger qui dit tout en même pas trois minutes (imparable Cross The Street dont on reparlera dans le top singles), ce nouvel Ep de Junior Varsity, entre pop  pourrait enfin permettre au duo californien de voir leur carrière prendre une nouvelle envergure. Disque d'indie-pop très dansante et qui n'est pas sans rappeler le début des années 2000. A suivre de près.
MF Doom – MM..Food (20th Anniversary Edition) [Rhymesayers Entertainment]
On le cite assez peu lorsqu'on évoque la discographie de MF Doom, mais s'il a bien une chose que cette réédition aura permis cette année, c'est de se rendre compte que derrière l'évident (et intouchable) 'Madvillainy', 'MM.. Food' est sans doute le meilleur album de MF Doom (oui, devant 'Operation: Doomsday' ou 'Vaudeville Villain'). Le plus chiadé niveau prod, avec le storytelling le mieux foutu et les samples les plus raccords avec son rap et son discours. Et si l'on ne tombera pas de notre chaise  à l'écoute des bonus (toutefois pas inintéressants), si l'on regrettera que la pochette originale ait été remplacée par une nouvelle plus quelconque, l'essentiel est à chercher ailleurs : le retour sur le devant de la scène d'un album plus que majeur de l'histoire du hip-hop et des années 2000.
Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]
Compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015 et financé par crowdfunding, 'La lune sera bleue' aura marqué un premier retour pour Aline, sur scène et dans les bacs, avant peut-être d'autres nouvelles chansons et aventures. Un catalogue d'inédits qui montre à quel point Aline était un groupe au-dessus de la concurrence.
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Broadcast - Distant Call: Collected Demos 2000-2006 [Warp]
Broadcast - Spell Blanket: Collected Demos 2006-2009 [Warp]
Quatorze ans depuis la disparition de Trish Keenan. James Cargill, son compagnon, continue d'essayer de perpétuer sa mémoire. Et il l’aura très bien fait avec ces deux superbes compilations de démos, l'une pour la période 2000-2006 (avec des chansons qui finiront sur leurs albums de l’époque), l'autre pour les trois années suivantes (avec ici des chansons qui auront du finir sur leur cinquième album). C'est évidemment beau, intime mais aussi touchant et prouve à quel point Trish Keenan, sa voix et sa douceur manquent dans le paysage actuel.
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Bob Dylan - The Complete Budokan 1978 [Columbia Records]
Bob Dylan - The 1974 Live Recordings [Columbia Records]
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, aucune surprise de trouver dans cette sélection les deux nouvelles rééditions de Bob Dylan publiées cette année par Columbia. Surtout qu'une nouvelle fois, tout est passionnant à fouiller, des quatre disques de ses concerts au Japon ou ses vingt-sept disques (27 !) de la tournée de 1974 avec The Band. C'est évidemment beaucoup trop pour quelqu'un qui apprécie tout juste Dylan et donc réservé aux fans hardcore. Et comme j’en suis un, c'est une nouvelle fois (et c'est toujours le cas depuis que les Bootleg Series ont commencé) absolument indispensable.
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Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)


Comme promis, deux players (Spotify et Deezer), également disponibles ci-dessous, proposant chacun une chanson de quinze disques évoqués ici, la seizième (No Drama) étant disponible avec son lecteur bandcamp. Bonne écoute !

mercredi 30 décembre 2020

Bilan 2020 : Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Alors oui, cette année fut a bien des égards détestable. Fatiguante aussi. Et carrément éreintante. Ces deux confinements, ces couvre-feux, cette peur qui s'insinue de toute part, ces gens qu'on ne peut plus prendre dans ses bras, ces apéros qu'il vaut mieux faire virtuellement qu'autour d'une table baignée de bière renversée, ces soirées sans dj, sans musique, sans transpiration et sans danse, ces salles de concerts irrémidablement closes et sans doute pour encore longtemps, ces rassemblements interdits.
Mais parce qu'il faut toujours essayer de tirer quelque-chose de postif d'une situation déprimante, célébrons ce qui m'aura fait tenir tout au long de cette année 2020 et m'aura empêché de sombrer dans la folie ou la dépression. Et tirons donc le bilan de cette année musicale, en quatre étapes comme le veut la tradition.
 
Avant de détailler cette première partie du bilan annuel consacrée aux formats courts (Ep, 7", 12") et autres compilations et rééditions, et comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins ce qui se trame pour voir ce qu'ils tirent eux de cette si particulière année 2020 :
Les 10 albums de l'année chez Benzine
Les 10 albums de l'année chez La Musique à Papa
Les 20 Ep de l'année chez les précieux For The Rabbits
Les choix de la rédaction de Section 26
Les 50 albums de l'année selon la rédaction de Stereogum 
 
Quinze disques au programme donc pour cette première partie du bilan annuel. Quinze disques parmi les meilleurs écoutés cette année, avec quelques futurs grands, un retour et un départ attendus, des classiques qui retrouvent ces pages à chaque fois (on ne se refait pas), un album de 2019 qui à quelques mois près aurait fini sans doute très près du haut de mon top albums et quelques sexagénaires qui accèdent à une reconnaissance méritée mais quarante années trop tard. Tout est détaillé ci-dessous et, pour bien faire les choses, en bas de page, se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


7"

Arab Strap - The Turning of Our Bones 7" [Rock Action Records]
Après 15 ans passés loin de l’autre, Malcolm Middleton et Aidan Moffat ont décidé de réveiller la bête Arab Strap et de s’offrir un nouveau tour de chant. Avant un nouvel album prévu pour le printemps 2021, les deux compères ont relancé l’affaire avec un 45-tours qui aura confirmé que malgré les années, le duo n’a rien perdu de son talent mélodique et de son humour. Un disque tout Arab Strapien, porté par sa face-A, The Turning of Our Bones, son ambiance sombre, sa mélodie implacable, la guitare de Malcolm, la voix si écossaise d'Aidan, ses arrangements délicats, ce pont parfait et ses paroles noires, brillantes, pleine d'allusions sexuelles, d'alcool et de retour à la vie. « Back from the dead » comme ils disent !
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Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always 7" [Double Double Whammy / Heavenly Recordings]
Ultime chant du cygne pour The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes qui aura le plus marqué mes années 2000. Et il leur est offert par Hatchie. L’australienne a invité la bande à Kip Berman sur la face-A de son dernier single qui la voit reprendre Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un point final savoureux. Merci pour tout.
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King Creosote - Susie Mullen 7" [Domino Records]
Retour de King Creosote pour un 45-tours épatant. Si la face-B est une très belle balade mélancolique et totalement dans une veine qu’on connait à l’écossais, Susie Mullen est une chanson sidérante de sa part. Une sorte d'orgie de synthé, de rythmiques et de pop, presque électro, de près de 5 mns, pied au plancher, à la très grande efficacité, où les cris répétés en fond resteront longtemps dans votre tête. Tube, point.
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Caleb Landry Jones - I’m On Top of The World 7" [Sacred Bones]
Absentes de 'The Mother Stone', les deux chansons de ce 45-tours n’y auraient pourtant pas fait tâche. On retrouve toute cette pop-psyché et baroque que Caleb Landry Jones adore. Deux morceaux qui partent dans un sens, sont sur le point de trébucher avant de répartir vers l'avant, plus généreux que jamais. De la pop grandiloquente, aux accents de cabaret, et une nouvelle fois renversante.
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12"

Sufjan Stevens - America 12" [Asthmatic Kitty]
'The Ascension' de Sufjan Stevens aura cette année totalement divisé les fans de l’américain. Une grande partie sera passé à côté. L’autre aura succombé. Mais il y a une chose sur laquelle tous s’accordent : ce 45-tours/12-inch maousse (24 mns). Peut-être pas pour la chanson titre America, qui termine 'The Ascension', mais pour My Rajneesh, sa face-B, chanson issue des sessions de 'Carrie & Lowell' de Sufjan Stevens, et sans conteste un des plus grands morceaux qu’il a écrit jusque là.
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EP

Do Nothing - Zero Dollar Bill Ep [Exact Truth]
Premier Ep pour ce quatuor de Nottingham. Du post-punk-pop-punk aux faux airs de Maximo Park, et au chanteur incroyable, grande force de ce 'Zero Dollar Bill Ep', capable de passe du chant au spoken-word en un vers, d'hurler comme d'être touchant en quelques notes. Un Ep prometteur et preuve d’un très gros potentiel.
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Floating Room - Tired and True Ep [-]
Sur ce 'Tired and True Ep', Floating Room fait parler l'indie-rock tout en ayant quelques airs de slow-core. De belles mélodies, de belles guitares, de beaux cuivres pour mieux relever le tout et une production aux petits oignons qui met autant en valeur les guitares que la voix de Maya Stoner, la femme derrière ce projet.
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Hobby - Hobby Ep [Hidden Bay Records / RDS REC HH]
Anciennement Deaf Parade, Hobby est un quintet venu de partout et installé à Paris. Leur Ep est un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.
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Hotel Lux - Barstool Preaching Ep [Nice Swan Records]
Originaire de Southampton, voilà un quintet qui ne se prend pas au sérieux : entre rock et post-punk blasé, voix qui oscille entre le chant et un parlé lad plein de charme, cet Ep d’Hotel Lux est une sacrée révélation de 2020, qui se termine par Ballad of You & I, une des meilleures chansons de l’année, pop cette fois, entre orgue, guitares et trompettes.
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Jeanines - Things Change Ep [Where It’s A Is Where You Are]
Auteur d'un joli premier album court et charmant en 2019, le duo new-yorkais Jeanines n’aura pas mis beaucoup de temps à donner de ses nouvelles avec cet Ep sorti à la fin de l’hiver. Un disque moins jangle que son prédécesseur, plus brut mais délicieux à bien des égards, notamment sur Less and Less, chanson où plane l'ombre du Velvet Underground des débuts, quand la bande à Lou Reed s'était entichée de Nico.
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Nightshop - The Fountain Ep [Salinas Records]
Je ne sais pas ce que j'ai, mais plus mon intérêt pour Kevin Morby diminue (il est quasiment inexistant désormais), plus celui pour les membres de son groupe augmente. L'an passé il y eut Hand Habits, le beau projet de Meg Duffy. Et cette année il y a la découverte de Nightshop, ou le projet de Justin Sullivan, qui a officié comme batteur chez l'américain. Difficile d'ailleurs de ne pas croiser dans ce fort bel Ep l'influence certaine de Kevin Morby que ce soit dans le chant ou dans les mélodies. Mais le Kevin Morby, emballant et inspiré de l'époque de 'Singing Saw'.
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Peel Dream Magazine - Moral Panics Ep [Tough Love]
Non content d’avoir sorti un des meilleurs albums de l’année (on y reviendra), les Peel Dream Magazine (quel formidable nom) auront publié dans la foulée ce 'Moral Panics Ep', aux chansons tirées de sessions de 'Agitprop Alterna'. Un disque à la personnalité sensiblement différente, moins rageuse et plus calme mais pas moins mélodique.
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REEDITION

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]
Si j’avais découvert cet album de Kiwi Jr. plus tôt, nul doute qu’il aurait fini très haut de mon Top Albums 2019. Mais soyons précis : bien qu’arrivé dans nos contrées européenes en janvier 2020, 'Football Money' est en réalité sorti en 2019 chez Mint Records. Et se retrouve donc dans la partie « réédition » de ce bilan annuel.
Il y a sur ce premier album des canadiens de Kiwi Jr. tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee'. La suite arrive dans quelques semaines, chez Sub Pop cette fois.
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Jason Molina - Eight Gates [Secretly Canadian]
Sans doute que ce disque aurait mérité d’être dans le top album. Mais il est toujours délicat de savoir si l’oeuvre présentée ici est bien celle qu’aurait souhaité voir publiée Jason Molina s’il avait été encore parmi nous. Donc, insérons la dans cette partie réédition, même si 'Eight Gates' n’en est pas véritablement une non plus.  Ce qui est toutefois sûr, c’est que cet album est le premier posthume. Un disque de neuf chansons, les dernières que Jason Molina a enregistrées, et qui prend ses racines dans un long séjour effectué à Londres dans la deuxième moitié des années 2000. Une période assez hallucinée qui verra l'américain prétendre s'être fait piquer par une araignée très venimeuse et, en plein repos forcé, faire la connaissance de perruches vertes (on les entend sur le disque) qui, dit-on, seraient ni plus ni moins que les descendantes de celles que Jimi Hendrix, un jour d'ennui, relâcha dans le ciel de Londres. Un disque proprement habité.
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COMPILATION

Various Artists - Strum & Thrum: The American Jangle Underground 1983-1987 [Captured Tracks]
Toujours à la pointe, Captured Tracks aura lancé une nouvelle série de compilation cette année, 'Excavations'. La première est consacrée à la scène indie américaine du milieu des années 80. Le label a sélectionné parmi les meilleurs de ces groupes qui n’auront pas passé le cut et seront restés toute leur carrière de simples outsiders. Vingt-huit groupes, vingt-huit morceaux, de la guitare dans tous les sens et quelques groupes qui auraient mérité un autre futur que celui d’attendre 40 ans pour faire vraiment parler d’eux.
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Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, un morceau de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :