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mardi 9 décembre 2014

[Track of The Day] EAST. - Never Be Afraid

Suis un mauvais patriote  ? Pas au niveau national non, mais au niveau local. Car en plus de 7 ans désormais que ce blog existe, je n'ai (enfin je crois, j'ai beau chercher je ne me souviens pas) jamais parlé d'un groupe lyonnais dans ces pages.

Moi, le lyonnais de naissance, qui en est parti de nombreuses fois avant d'y revenir à chaque fois, qui parle de groupes venant de Grande Bretagne, d'Italie, d'Espagne, du Japon, du Canada, de Russie et de groupes français arrivant d'un peu partout sur la carte de l'hexagone, je n'ai jamais évoqué la musique d'un groupe lyonnais. Jamais.

Pour quelles raisons ? Je ne sais pas trop à dire vrai, car la scène locale est plutôt en forme, qu'il y aurait beaucoup de choses à dire et que cela ne date pas d'hier. Et puis non, rien, pas une news ou un titre. Je me désespère moi même.

Commençons donc à réparer cette erreur en nous intéressant à EAST., trio lyonnais (disons actuel, tous ne sont pas nés ici), qui œuvre pour la sainte et belle chapelle du post-punk tant chérie dans ces pages.

EAST. a sorti au début du mois de novembre, 'Violence In The Flowers', nouvel Ep annonciateur d'un premier album à venir courant 2015. Quatre titres, 22 minutes au compteur, tous chantés en anglais, dans une veine post-punk mais où l'électro vient pointer le bout de son nez quand la basse, la guitare et les synthés n'en font qu'à leur tête.

Les deux pieds bien ancrés dans une époque majestueuse, les EAST. enfilent les moments de bravoure (notamment sur Disappear in the Noise, longue chanson de plus de 7mns particulièrement bien menée), portés par une rythmique froide (forcément, il n'y a pas de batteur) et des strates qui se rajoutent au fur et à mesure (parfait Never Be Afraid).

Un bel Ep en somme, à découvrir en live ce mardi soir au Ninkasi Kafé de Gerland, à Lyon. Vous savez ce qu'il vous reste à faire pour vous remettre de la Fête des Lumières.

Album : Violence In The Flowers Ep
Année : 2014
Label : -

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Never Be Afraid est également en écoute sur le bandcamp de EAST., et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute) 

En plus de Never Be Afraid, Disappear in the Noise est à écouter également ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute) 


Enfin, à voir aussi, le très beau clip de Never Be Afraid :

jeudi 1 septembre 2022

Cheekface - Too Much To Ask [-]

Dix-huit mois après We Need a Bigger Dumpster, single épatant - alors sans album - plein d'indie-rock et d'ironie mordante, bien dans le ton de son époque ; dix-huit mois après avoir égrainé au fil des semaines quelques nouveaux titres, Cheekface vient de décider de passer à la vitesse supérieure en publiant son troisième album, 'Too Much To Ask'.

Si vous ne connaissez pas Cheekface, mais que vous aimez l'indie-rock, un rien slacker, mais aussi l'humour un peu grinçant, nul doute que vous allez être servi. Surtout que ce nouvel album ne voit pas le trio de Los Angeles changer de direction : dans cet album un brin caustique, où le groupe continue de ne pas se prendre au sérieux (sans pour autant jamais se moquer de son auditoire), on y entend beaucoup de guitares, de l'indie-rock de qualité, des compositions de haute volée, du Jeffrey Lewis par ci, du Parquet Courts par là - et plus globalement toute cette clique là - et presque du Lewsberg (si si).
 
Si l'album se tient sacrément, autant par ses compos que par Greg Katz qui chante autant qu'il « joue » ses chansons, on retiendra tout de même quatre titres : We Need a Bigger Dumpster donc, mais aussi When Life Hands You Problems, garage-pop joué à cent à l'heure (et en 1'25" chrono), Next To Me (Yo Guy Version) et sa descente de manche sur le refrain qu'on aimerait revenir plus souvent, et surtout You Always Want to Bomb the Middle East, genre d'indie-pop ensoleillée, aussi politique que drôle (« You always want to bomb the Middle East on the weekend, when we could be cutting grass or eating cheese with your girlfriend, we could learn to read and write in Portuguese or Korean, but you always want to bomb the Middle East ») que se surprendra très vite à chanter à tue-tête - comme souvent chez eux. Décidément, Cheekface est vraiment un groupe à part sur la scène actuelle. On aurait tort de passer à côté. (Sortie : 2 août 2022)
 
Plus :
'Too Much To Ask' est également en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify
 
Trois chansons de 'Too Much To Ask' de Cheekface en écoute. Le très pop You Always Want to Bomb the Middle East (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis l'urgent When Life Hands You Problems. Et enfin Next To Me (Yo Guy Version) :
 


 
Pour finir, le clip de We Need a Bigger Dumpster de Cheekface, single découvert l'an passé, mais qui n'a rien perdu de sa classe :
 
 

jeudi 1 janvier 2015

Bilan 2014 : Top 15 « 7", 12", Ep & Compilation »


Je crois que je n'arriverais jamais à faire autrement : il faut que je publie mes tops de fin d'année toujours tard. Toujours très tard. Pas forcément par choix (même si la parution de ce genre de bilan mi-novembre ou même début décembre m'a toujours interpellé), mais plus par manque de temps. Bref.
Les top de fin d'année ou la tradition pour clôturer une belle année (musicale s'entend). Beaucoup trouvent ça ringard, idiot, inutile. Mais comme j'aime à le répéter, ce petit exercice que j'effectue depuis plus d'une dizaine d'années me plaît toujours autant. J'aime surtout pouvoir mettre en avant des disques que j'ai beaucoup apprécié, certains n'ayant pas eu à mon goût l'exposition qu'ils auraient du avoir. Et 2014 n'aura pas fait exception.

Mais avant de dérouler ce bilan, quelques petits liens de blogs, amis ou non, qui ont eux aussi publiés leurs bilans. Car la découverte est partout :


Une nouvelle fois, ce bilan de l'année se fera en trois temps et cinq publications. D'abord, aujourd'hui, en ce premier jour de l'année 2015 (que je vous souhaite belle, foisonnante, insatiable, musicale, culturelle et surtout heureuse), la première partie : un retour sur les formats « courts » et les compilations qui auront séduits mes oreilles. Quinze disques, avec des confirmations, des disques beaux à en - littéralement - pleurer, des découvertes incroyables.

Et évidemment, en bas de ce papier, un lecteur streaming pour écouter une chanson de chacun des 15 disques présentés ci-dessous. Bonne lecture et surtout, bonne(s) écoute(s) ! 

Pour rappel :
Bilan 2014 : Top 50 « Chansons »
Bilan 2014 : « Albums » (50-31)
Bilan 2014 : « Albums » (30-11)
Bilan 2014 : « Albums » (10-01)


7-inch / 45-tours

Songs: Ohia - Journey On: Collected Singles
Pour sa 200è sortie, Secretly Canadian n'aura pas fait les choses à moitié. A l'occasion du Record Store Day, le label en a profité pour rendre un sublime hommage à Jason Molina, décédé un an plus tôt. Résultat ? Une compilation magnifique de neuf 45-tours de Songs: Ohia, avec beaucoup de chansons sorties sur des splits 7" et autres compilations tout au long de sa carrière. Le résultat est étourdissant de classe. Il y a ici d'ailleurs parmi les plus belles compositions de Songs: Ohia qui étaient jusque là inconnues à mes oreilles.
'Journey On: Collected Singles' est un coffret essentiel pour qui aime Songs: Ohia, Jason Molina ou tout simplement vibrer à l'écoute d'une voix rare et d'une guitare, acoustique ou électrique. Et c'est accessoirement, et de loin, le plus bel objet discographique de 2014.
Label : Secretly Canadian


We Are Catchers - Tap Tap Tap 7’
Vraie révélation de cette année (mais on y reviendra dans quelques jours), l'anglais Peter Jackson, qui officie sous le nom de We Are Catchers, m'aura renversé de ses mélodies superbes. Mieux, il se permet de mettre en face-b de son unique single 'Tap Tap Tap' une chanson qui est bien plus qu'une chute de studio It Gets Me Through (en écoute plus bas).
Label : Domino Records


12-inch

The Pains of Being Pure at Heart - Abandonment Issue 12"
Auteur d'un album une nouvelle fois inspiré (on y reviendra dans le top album), The Pains of Being Pure at Heart (aka « le meilleur groupe du monde ») aura profité d'une réédition opportuniste de son label Fierce Panda pour sortir 'Abandonment Issue', collection de chansons qui, comme le disaient ironiquement Kip, leader du groupe : « four (...) songs that weren't good enough ». Une démo, une face-b et trois inédits, dont la qualité en dit long sur tout le talent qui traversent ce groupe essentiel.
Label : -


Rivulets - Ride on, Molina 12"
Plus d'un an que Jason Molina est donc  mort. En lui rendant un très bel hommage, Rivulets m'aura rappelé, au cas où je l'aurais oublié, que le maître d’œuvre de Songs: Ohia était un artiste à part, et sans nul doute un de mes favoris. Et nul doute que la longue montée électrique de 7mns de Ride On, Molina aurait plu à Jason Molina lui même.
Label : Jellyfant Records


Extended Play


The Creases - Gradient Ep
L'an dernier, ce duo australien m'avait mis une énorme claque avec son excellent single I Won't Wait. J'attendais que Rough Trade sorte l'album dans la foulée. Et puis non rien. C'est Liberation Music qui s'occupe de la suite, via un Ep uniquement. Avec une production moins cradingue que plus lisse, avec un chant plus posé et toujours un grand sens de la mélodie qui marque, le groupe ne perd pas pour autant de son charme, tant leurs talents de compositeurs n'ont pas disparus. Espérons que 2015 soit enfin l'année de passage à l'album pour les Creases, groupe en train de devenir, doucement mais sûrement, une de mes valeurs sûres.
Label : Liberation Music

EAST. - Violence in the Flowers Ep
La France, en plein essor musical, aurait tort d'oublier les lyonnais de EAST. et leur post-punk abrasif chanté en anglais, où quelques pointes d'électro viennent faire joujou avec une basse, une guitare et des synthés détonants. Morceaux de bravoure, rythmique froide et sur de leur fait, EAST. donnent rendez-vous en 2015, année de sortie de leur premier album.
Label : -

The Grouch x Eligh x CunninLynguists - The WinterFire Ep
Fort d'un nouvel album sur lequel nous reviendrons dans quelques jours, les CunninLynguists auront terminé leur année comme ils l'auront commencé : avec un très bon disque. En s'acoquinant avec The Grouch et Eligh (rappeurs inconnus à mes oreilles), le trio pose là un disque d'une grande efficacité, où le micro circule bien et s'échappe un peu de l'ambiance traditionnelle CunninLynguists-ienne. Grand cru.
Label : Knolan Ryan Productions

Ed Harcourt - Time of Dust
Longtemps délaissé, Ed Harcourt aura fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2013 avec un 'Back into the Woods' toujours aussi beau (et dernièrement allongé de quelques titres bonus). Mieux, il confirme tout le bien que je pense à nouveau de lui avec un mini-album/Ep 'Time of Dust' magnifique, avec le piano comme pièce centrale, au milieu duquel trône un sublime The Saddest Orchestra (It Only Plays For You) qui m'aura accompagné toute l'année.
Label : CCCLX

Public Access T.V. - Rebounder EP
Entre Angleterre et États-Unis, la musique de Public Access T.V. connaît depuis cet été un début de hype bien méritée. La faute à ce 'Rebounder Ep', parfait 4 titres de power-pop dansant et tubesque. Trio mené par l'ancien de Be Your Own Pet John Eartherly, signé sur un label anglais, Public Access T.V. a en tout cas prouvé qu'en 6 chansons (quatre ici, deux sur un 'In The Mirror 7"' tout aussi épatant), le futur pouvait compter sur lui.
Label : Gudrun Records

Radical Face - The Bastards 3 Ep
Ben Cooper, aka Radical Face, s'approche de la fin de son double triptyque. Si le 3è tome de ses aventures 'The Family Tree' n'est pas encore sorti, il a mis un terme à celui de 'The Bastards', collection d'Ep courts (trois chansons à chaque fois) et à télécharger gratuitement. Radical Face ne change pas sa façon de faire, avec son folk très mélodieux et aux nombreux clappings. Trois chansons merveilleuses qui viennent remplir une discographie déjà bien remplie et quasi sans faille.
Label : -


RIEN1
Premier groupe musical à avoir décidé du jour de sa mort le jour de sa création, RIEN vient de tirer sa révérence avec une dernière tournée et un dernier EP, le bien nommé '1', qui fait suite à '3' et '2'. Peut-être le plus réussi des trois, entre mélancolie, douces mélodies, humour pince sans rire (Dernières volontés) et un titre magistral La Défaite des Vainqueurs aux faux-airs de dEUS. Ce groupe était assez unique. Et s'il n'y a donc plus rien pour RIEN, RIEN restera.
Label : Amicale Underground

Compilation

Various Artists - France 2014
Sorti à l'occasion du Record Store Day, 'France 2014' est un EP (vinyle uniquement) présentant 6 groupes français qui pourraient/devraient faire parler d'eux en 2014, ou plus tard. Une chanson par artiste, trois chansons par face. Et de belles découvertes. Si Aline n'en est pas une, son instrumental La Rivière Est Profonde est parfait. Quant aux suivants, de De La Romance à Skittle Alley en passant par les Parlor Snakes, Mrs Good et Rebels of Tijuana, ils furent tous de véritables grandes découvertes.
Label : Hands and Arms / Eyes Minded

Courtney Barnett -The Double EP: A Sea of Split Peas
Dans la galaxie des jeunes femmes à guitares, mon cœur penche vers Courtney Barnett plutôt que Angel Olsen. La faute à la compilation présentant ses deux premiers Ep (sortis en 2012 et 2013). Deux disques sans faute de goût, où l'australienne raconte ses histoires en faisant montre de son talent en mélangeant rock, folk et même country. Son premier album est très attendu, tout au moins dans ces pages.
Label : Marathon Artists

GravenhurstOfferings: Lost Songs 2000 - 2004
En 2004, Warp avait eu la bonne idée de sortir à grande échelle 'Flashlight Seasons', deuxième album de Nick Talbot, aka Gravenhurst, qui avait vu le jour chez Red Square. J'en avais alors profité pour réaliser une interview de notre homme, ma deuxième en tant que jeune chroniqueur (à lire ici).
Dix ans plus tard, Warp toujours sort une compilation des premières chansons de Gravenhurst. Le disque est sublime, la compilation est passionnante.
Quelques jours plus tard, la compilation se transforme en disque recueil. Nick Talbot passe l'arme à gauche à 37 ans. Après le choc, l'incompréhension et la tristesse, reste donc cet album, et toute la discographie de haute tenue qu'il avait publiée jusque là. Reste aussi les souvenirs, d'un homme à lunettes, timide, presque gêné d'être interviewé pour son art en 2004. Gravenhurst manque. Et il manquera longtemps.

Label : Warp Records
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Various Artists - Anthologie Souterraine
Après 30 ans de bons et loyaux service, Planet Claire, l'émission de radio d'Aligre FM a mis cet été la clé sous la porte. Pour mieux repartir sur Radio Campus Paris. Laurent Bajon et Benjamin Caschera sont tous deux à l'origine de « La Souterraine » ou les nouveaux défricheurs de la scène musicale française. Projet passionnant, éclectique et surtout exigeant, il est résumé dans un premier coffret de 4 cds (40 groupes, 40 chansons), à acheter pour presque rien ou à télécharger en « pay what you want ». Un must-have qui prouve à quel point la scène française est d’une grande vitalité. Une sorte de compilation 'Nuggets', mais à la française. Confirmation dans 30 ans.

Label : -


Pour rappel :
Bilan 2014 : Top 50 « Chansons »
Bilan 2014 : « Albums » (50-31)
Bilan 2014 : « Albums » (30-11)
Bilan 2014 : « Albums » (10-01)


Lire c'est bien mais écouter c'est quand même mieux. Ainsi, une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus est en écoute dans le lecteur ci-dessous :

jeudi 23 avril 2009

Various Artists - Score! 20 Years of Merge Records: The Covers! [Merge]

Il y a plusieurs façons d’aborder une compilation de reprises: soit on se focalise sur les reprises en elle-même et on compare le tout aux versions originales (voir ici). Soit on prend ça comme un album lambda, rempli de nouvelles compositions, en ne s’attardant que sur les versions qui frappe nos tympans, sans jamais se préoccuper du passé.

Pour parler de ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’, j’ai choisi la seconde solution. Pour deux raisons: la première est que je ne connais pas tous les morceaux repris ici et issus du catalogue de Merge.
La seconde est que certaines versions sont tellement belles qu’il serait de mauvais goût de vouloir les comparer aux versions originales.

Merge a donc vingt ans. Et pour célébrer ça, le label de Caroline du Nord – créé en 1989 par Laura Ballance et Mac McCaughan pour sortir les albums de leur groupe, Superchunk – met les petits plats dans les grands en conviant vingt-deux artistes (tous non-signés chez Merge) à reprendre vingt compositions plus ou moins mythiques du label.

Au programme des réjouissances donc, Bright Eyes qui chante un sublime Papa Was a Rodeo (écrit à la base par The Magnetic Fields) dans un mélange de folk, de country et d'airs hawaïens, The Apples In Stereo se permet le luxe de chiper le temps d’à peine 2 mns un titre des Neutral Milk Hotel, Bill Callahan (Smog) - dont on évoquera plus que très prochainement le nouvel album dans ces pages - se prend pour Vic Chesnutt sur Santa Maria, The New Pornographers évoquent presque les Jam sur Don’t Destroy This Night tandis qu’Okkervil River surprend son monde avec All Your Little Suckers et sa boite à rythme. Ajoutez à cela les présences de Death Cab For Cutie, The Mountain Goats ou encore de Broken Social Scene et vous pouvez vous faire une idée du plateau très intéressant réuni autour de ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’.

Cependant, un titre attire en particulier l’attention. Une chanson que Cécile avait déjà évoquée ici. Sauf que contrairement à elle, je trouve ce morceau renversant : The National est encore dans le bon wagon : tout y est, des arrangements à la voix, tout transpire la classe. Mieux, St Vincent, artiste qui ne m’a jamais franchement transcendé, y livre une prestation splendide de tenue, de délicatesse et de discrétion.

Tirée à 7500 exemplaires et aux fonds récoltés reversés à une association caritative, aussi bien rock que pop, folk que country, ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers!’ est un projet qui tient la route, peut-être pas du niveau de ‘Dark of The Night’ certes, mais qui a quand même sacrément de la gueule sur certains passages. Moi qui avouais ne pas aimer les compilations il y a peu, j’en suis pour mon argent. (sortie: 7 avril 2009)


Tracklisting:
01. Quasi - Beautiful Things [3Ds cover]
02. Les Savy Fav - Precision Auto [Superchunk cover]
03. The Shins - Plenty Is Never Enough [Tenement Halls cover]
04. St. Vincent and the National - Sleep All Summer [Crooked Fingers cover]
05. Broken Social Scene - Complications [The Clean cover]
06. Ryan Adams - Like a Fool [Superchunk cover]
07. Bright Eyes - Papa Was a Rodeo [The Magnetic Fields cover]
08. Lavender Diamond - New Ways of Living [Destroyer cover]
09. The Apples in Stereo - King of Carrot Flowers Pt. 3 [Neutral Milk Hotel cover]
10. Laura Cantrell - Cowboy on the Moon [Lambchop cover]
11. Bill Callahan - Santa Maria [Versus cover]
12. Barbara Manning - Through With People [Portastatic cover]
13. The Mountain Goats - Drug Life [East River Pipe cover]
14. The New Pornographers - Don’t Destroy This Night [The Rock*A*Teens cover]
15. Tracey Thorn and Jens Lekman - Yeah! Oh, Yeah! [The Magnetic Fields cover]
16. The Hive Dwellers - My Noise [Superchunk cover]
17. Ted Leo & the Pharmacists - The Numbered Head [Robert Pollard cover]
18. Okkervil River - All You Little Suckers [East River Pipe cover]
19. Death Cab for Cutie - Kicked In [Superchunk cover]
20. Times New Viking - Neighborhood #1 [Arcade Fire cover]

Nb: Pour commander le disque, c’est ici (site officiel de Merge) ou (entre autres).

Son:
Page officielle (ce ‘Score! 20 Years of Merge Records: The Covers’ y est en écoute intégrale)


Vingt titres au total. Et quatre titres en écoute : le sublime titre de St. Vincent & The National, Sleep All Summer, enchainé avec celui de Broken Social Scene Complications. Puis retour à Conor Oberst et ses Bright Eyes pour Papa Was a Rodéo avant de conclure par la voix majestueuse de Bill Calllahan sur Santa Maria. Enjoy. (malheureusement plus en écoute).

lundi 16 décembre 2024

Godfather Don - Thesis [HHV Records]

La chanson la plus évidente de 'Thesis' de Godfather Don à mettre en une en ce lundi aurait été Full Court Press, le morceau qui ouvre l'album. Un titre qui va emprunter sa mélodie au Melody de l''Histoire de Melody Nelson' de Serge Gainsbourg et dont l'américain fait le meilleur des usages. Mais si ce titre sait nous aguicher d'entrée, il n'est rien d'autre que la superbe ouverture d'un des meilleurs albums de l'année.

Car Full Court Press n'est pas le seul moment mémorable de ce nouvel album de Godfather Don, nom plus que sérieux du hip-hop estampillé East-Coast et ancien acolyte de  Kool Keith dans les années 90. C'est plutôt une formidable rampe de lancement d'un 'Thesis', pourtant long (seize titres en soixante-huit minutes) mais que notre homme, à coups de flow soigné et de samples bien sentis et souvent très mélodieux, tient tout du long.

Si tout l'album est fameux dans une veine boom bap (notre homme vient de la côte Est) mais qui ne manque pas d'effluves jazz (Godfather Don se destine désormais à une carrière de saxophoniste de jazz, ceci explique peut-être cela), et si l'on aurait pu mettre en avant .32 Shots et sa basse qui saccade, Definite et son gimmick féminin délicieux, ou les deux morceaux de clôture Recognize et Chekmate, on ressortira en priorité une Sainte Trinité : The Blessing, The Power and The Glory et Thesis. Trois chansons qui s'enchainent en milieu d'album et qui montrent autant le savoir faire de Godfather Don que sa qualité à aller chercher des samples de qualité, qu'on n'attendait pas (The Power and The Glory sonne comme une orchestration d'Aznavour) et à savoir en tirer le meilleur - et souvent la mélancolie.

'Thesis' est un très grand album, qui sonne à l'ancienne mais qui ne fait pas daté pour autant. Un disque brillant et inspiré, même souvent imparable, où Godfather Don s'occupe de tout, du flow comme de la production et des samples, avec le touché de celui qui sait, qui a l'expérience de compositeur, de producteur et qui sait aller piocher dans tous les genres pour affirmer son propos. A part 'El Leon' de CRIMEAPPLE & Preservation, je n'ai rien entendu d'aussi inspiré en hip-hop cette année. (sortie : 30 août 2024)

Plus :
'Thesis' de Godfather Don est à l'écoute sur bandcamp
'Thesis' de Godfather Don est à l'achat sur bandcamp
'Thesis' de Godfather Don est à l'achat et à l'écoute un peu de partout

Trois chansons extraites de 'Thesis' de Godfather Don. The Blessing pour ouvrir le bal (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Full Court Press et son sample de Gainsbourg. Et enfin The Power and The Glory

dimanche 1 janvier 2023

Bilan 2022 : Top 50 « Chansons »


Parce qu'il faut bien finir. Parce que tous ces tops, ça commence à bien faire. Parce que, ça y est, 2022 est très officiellement dans le rétro (et on ne la regrettera pas). Pour tout ça, mettons un point final à cette année avec le traditionnel Top 50 "chansons" (ou morceaux, ou singles, c'est vous qui voyez), ou plus simplement les cinquante titres qui auront fait de ces douze derniers mois 

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, un petit tour chez les copines et copains (ou pas) :
- Les 100 chansons de l’année selon Said The Gramaphone
- « La maison et le monde : le Top 2022 de Jean-Marie Pottier »
- Les 50 chansons de l’année selon The Quietus
- Les 20 albums de 2022 par l'essentiel For The Rabbits
- Le bilan de Ben Laredo en une playlist de 30 chansons pour 30 albums

Il est donc question de cinquante chansons aujourd'hui pour conclure ce top 2022 et ouvrir l'année 2023 (que je vous souhaite par ailleurs la plus belle). Cinquante titres qui m'auront autant enthousiasmé que touché. Avec des balades belles à pleurer, des morceaux qui ne demandent qu'à être que des hymnes rock, des chansons françaises sans frontière, de la soul mâtinée de hip-hop, du post-punk d'excellent aloi, du suédois, du grec, de l'algérien avec un zeste gallois, des choeurs fameux, de la power-pop à tomber. Et un numéro un totalement instrumental, à la mélodie et aux cordes merveilleuses. Bonne(s) écoute(s) !

 

50. Whitney K - Song For a Friend
49. Animal Collective - Strung With Everything
48. Swami John Reis - Ride The Wild Night
47. Lewsberg - Six Hills
46. !!! - Storm Around The World (feat. Maria Uzor)

45. Sports Team - Unstuck
44. Imarhan - Adar Newlan (feat. Gruff Rhys)
43. Lightning In A Twilight Hour - Leaf Fall Is Over
42. Oneida - I Wanna Hold Your Electric Hand
41. Disq - Prize Contest Life

40. Sea Power - Two Fingers
39. Teletype - Everything Everything
38. The Lounge Society - No Driver
37. Body Type - Buoyancy
36.  Cloud Cult - One Way Out of a Hole

35. Pete Astor - English Weather
34. MGMT - Tell It to Me Like It Is
33. Black Country, New Road - Bread Song
32. Jockstrap - Greatest Hits
31. Courting - Famous

30. Cheekface - You Wanna Bomb The Middle East
29. Porridge Radio - Birthday Party
28. Pusha T - Dreaming of The Past (feat. Kanye West)
27. Moddi - Tranøy fyr
26. Jane Weaver - Oblique Fantasy

25. Beyonce - Alien Superstar
24. San Fermin - Tired of Loving You
23. Danger Mouse & Black Thought - Belize (feat. MF DOOM)
22. Weird Nightmare - Lusitania
21. Kevin Morby - A Random Act of Kindness

20. CMAT - No More Virgos
19. Surf Curse - Lost Honor
18. La Maison Tellier - Atlas
17. BAMBARA - Little Wars
16. Bill Callahan - Naked Souls

15. The Beths - Knees Deep
14. Crack Cloud - Please Yourself
13. Panda Bear & Sonic Boom - Livin’ In The After
12. Bazooka - Δικιά Μου Αλήθεια (Dikia Mou Alithia)
11. Little Simz - Heart on Fire

10. Hudson Mohawke - Is It Supposed
09. Florent Marchet - Freddie Mercury
08. Anna Tivel - Black Umbrella
07. Team Me - Every Little Dream
06. Sprints - Literary Mind

05. Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce - Oiseau (feat. Bertrand Belin)
04. Pascal Comelade - Cimetière de la photographie
03. U.S. Girls - So Typically Now
02. Get Well Soon - I Love Humans
01. Nyx Nótt - Docudrama


 

Vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait qu'un intérêt très limité, ci-dessous, vous trouverez non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube. Bonnes écoutes !

mardi 11 septembre 2012

[Track of The Day] The Pains of Being Pure at Heart - Jeremy (The Magnetic Fields cover)

Si je porte en très haute estime le combo Dylan-Four Tet-Sufjan Stevens, j'ai du mal à me déclarer « fan » d'un groupe ou d'un artiste. Disons que c'est plutôt rare chez moi.

Le seul groupe dont j'attends les nouvelles sorties avec impatience, dont je possède tous les Lp et les 45 tours (à un près), dont je connais toutes les chansons par cœur (c'est mon côté midinette) est The Pains of Being Pure at Heart (je crois avoir évoqué chacune de leur moindre sortie dans ces pages).

Et ce qui tombe bien, c'est qu'ils font parler d'eux pour deux raisons:
- La première est qu'ils viennent nous rendre une nouvelle petite visite en Europe. Et qu'en plus, ils passent par Lyon. Après un concert bruyant et réussi au Sonic, les voilà arriver à L'Epicerie Moderne (dont la programmation jusqu'à décembre est à tomber). Et pour 14€. Oui madame.

- La seconde est qu'ils embarquent dans leur tour-bus un nouveau 7", avec deux reprises au programme: My Life is Wrong de East River Pipe's (groupe inconnu à mon bataillon personnel) en face-B et Jeremy des formidables The Magnetic Fields (qu'un jour on louera plus qu'on ne le fait timidement aujourd'hui) en face-A.

Leur reprise, toutes guitares dehors, est un petit bonheur pop, tranchant fondamentalement avec l’originale de la bande à Stephen Merritt. Fan je vous dis.

Album: Jeremy 7"
Année: 2012
Label: Slumberland



Pour ceux qui voudraient en savoir plus, Peggy Wang (chanteuse de The Pains of Being Pure at Heart) explique les raisons de cette reprise de Jeremy. Très chouette papier à lire ici.

Jeremy est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

Et pour finir, histoire de bien faire les choses, voilà la version originale de Jeremy, version The Magnetic Fields donc :



lundi 21 août 2017

[Track of The Day] Decibelles - All Wet

On ne sent rend peut-être pas vraiment compte vu d’ailleurs, mais il se passe quelque-chose à Lyon ces derniers temps. Plus qu’un frémissement, c’est très palpable : la scène lyonnaise est d’une vigueur épatante dernièrement.

Bien sûr, il y a eu les EAST., les Rank et autres Israël Regardie ces dernières années. Mais ce à quoi on assiste dernièrement est vraiment alléchant. Vous me direz, les Decibelles (car c’est d’elles dont il est question aujourd’hui) ne sont pas des nouvelles dans le game. Formé en 2011, le trio a déjà à son actif un split single (avec EinZweiDreiVier!), un Ep de remixes et deux albums (‘Pedro Joko’ en 2011, ‘Sleep Sleep’ en 2015).

Et bien que les ayant croisé à quelques reprises lors de concerts lyonnais (la dernière fois en juin dernier où les Décibelles ouvraient pour Thee Oh Sees à L’Épicerie Moderne), je n’avais jusque là jamais mis les oreilles sur leurs productions. Erreur réparée avec leur troisième album est sorti cette année. Il s’appelle ‘Tight’, contient 10 titres pour 31 mns et fait donc dans le concis et le claquant.

Entre rock nerveux, punk hurlé et passages vraiment pop, alternant l’anglais et le français, le trio sort un disque vraiment solide, aussi intransigeant qu’attachant.Tout est ici maitrisé et emballant, avec de grands moments (Witchy Babes, All Wet, et plus globalement toute la face-B).
En fait, le seul vrai « problème » de Decibelles à mes yeux reste leur nom, un peu trop facile pour être marquant. Mais bon, c'est un détail. Et comme elles le disent sur Le Seum qui clôt ce 'Tight' : « J’vais pas faire de la poésie car j’en ai rien à foutre ». Tant mieux, c’est pas ce qu’on demandait.

Album : Tight
Année : 2017
Label : Kidnap Music
 

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify dans la colonne de gauche, All Wet des Decibelles est en écoute ci-dessous :



Autre chanson marquante de ce ‘Tight’ des Decibelles, Super Fish :



Pour finir, le clip du premier single, Mess, qui ouvre ‘Tight’ :



mercredi 3 mars 2021

[Track of The Day] David Gray - Dún Laoghaire

Que vous le vouliez ou non, que vous aimiez ou pas David Gray, vous avez eu au moins une de ses ritournelles dans les oreilles et dans la tête. Mais si souvenez-vous : « If you want it, come and get it, crying out loud ; the love that I was giving you was never in doubt » et autres « Sail away with me honey, I put my heart in your hands. Sail away with me honey now, now, now ». 'White Ladder' - album de qualité et qui vieillit bien au demeurant - fut un tel raz de marée à l'époque (sept millions de disques vendus), qui plus est essoré à l'extrême par East West durant près de trois ans, qu'il est difficile d'être passé à côté. 

Perdu de vue depuis 23 ans, David Gray continue, près de 30 ans après le début de sa carrière, de squatter les studios d'enregistrements ; et avec une belle régularité d'ailleurs. 'Skellig' est son treizième album. Sans doute trop long pour un disque folk finalement assez peu habillé et aux chansons qui s'éternisent un peu trop, il n'en recèle pas moins quelques jolies ritournelles (Dún Laoghaire, en écoute aujourd'hui, Accumulates, All The We Asked For notamment), de belles mélodies et la voix de David Gray qui n'a pas bougé d'un iota en un quart de siècle - voire perd un peu de ce côté affecté qui pouvait en agacer certains à l'époque. 'Skellig' n'est pas le disque de l'année, ni même du mois ou de la semaine, mais il y a assez ici pour en faire un bon album de fin de soirée, quand les rues ont retrouvé leur silence et que la ville impose son implacable solitude.

Album : Skellig
Année : 2021
Label : Laugh A Minute Records / IHT Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Dún Laoghaire de David Gray est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson extraite de 'Skellig' de David Gray, voilà All The We Asked For :

 

Pour finir, le clip de Heart and Soul, un des singles extraits de 'Skellig' de David Gray :