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vendredi 3 novembre 2017

Man at War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care [-]

Comme quoi les belles découvertes ne tiennent pas à grand-chose. Alors que j’étais il y a quelques mois à la recherche d’informations sur Gregory and The Hawk, beau projet de Meredith Godreau dont j’avais apprécié les quelques albums qui étaient arrivés jusqu’à mes oreilles, j’étais tombé sur Fabric of Time, une chanson qu’elle partageait avec un certain Man at War. D’ailleurs, la chanson était de lui.

Le temps de remonter rapidement le fil, je découvre l’Ep dont est tiré cette chanson : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’. Un disque de six titres, dont la beauté m'aura, en moins d'une écoute, donné envie d'en savoir plus.

Man at War n’est pas un groupe mais un projet solo, celui de Ryan Rebo, un jeune homme né à Seattle, qui a vécu une partie de sa vie dans le Montana et qui est désormais installé à Portland. Après avoir passé quelques années à sortir quelques disques sous son vrai nom, (un Ep par ci, un album par là, quelques singles au milieu), Ryan Rebo a décidé il y a deux ans de se lancer dans un nouveau projet : Man at War donc.

Et si au départ, son premier Ep 'Número Uno' (2015) est enregistré à plusieurs (et notamment avec l’aide de Meredith Godreau de Gregory and The Hawk), Man at War devient vite un vrai projet solo, où Ryan Rebo joue de tout et se produit tout seul. Et donne naissance à ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', un vrai disque Do It Yourself, mais qui n’en connaît pas les écueils, et donc auto-produit.

N'y allons pas par quatre chemins : ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ est un disque beau, tout simplement. La musique de Man at War navigue entre pop et folk (avec prédominance de la guitare et du piano), fourmille d’idées et de détails, de mélodies simples mais justes, de jolies productions (celle de Fabric of Time notamment, avec ce piano aussi aérien que plein de reverb) et d'instruments qui se répondent sans cesse. Mieux, Ryan Rebo rend l’ensemble si cohérent qu’on croirait entendre un groupe aguerri et plein d’envie au-dessus duquel planerait sa voix et ses compositions.

Quant aux paroles ? Bien que contenant le mot « God » dans son titre, et bien que porté par une pochette le représentant enfant lors d’un évènement religieux intitulé « Rainbows », les textes de de cet Ep de Man at War n’ont rien de sacré. Ou en tout cas, rien d’explicite.
Ryan Rebo dépeint tout au long des 6 chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ un personnage plein de question, à la recherche de l’amour, un peu désabusé (« Sometimes it gets so hard to believe in anything »I Guess I Showed You), qui s’interroge sur son pays (« “Proud to be an American” No not really, I’m just a citizen », Digital Mind), sur la société actuelle (« I can't say why we run around in little machines surrounded by material things that we don't need », Low Times), qui est avant tout perdu (« All alone and I don’t need to be but now I kinda wanna be alone » sur  On An Empty Street At Night, qui n’est pas sans rappeler le « I was afraid to be alone Now I'm scared that's how id like to be » d’Azure Ray) mais qui n'en oublie pas de distiller quelques références indie du meilleur effet (‘Crooked Rain, Crooked Rain’ de Pavement, ‘Goats Head Soup’ des Stones), le rendant encore plus attachant.

Tirant son nom, non pas de la très belle chanson longtemps restée inédite de Radiohead mais de celle de Daniel Johnston (« Daniel is a major hero of mine » dit-il), publiée sur ‘More Songs of Pain’ en 1983, Man at War est une véritable révélation. Une superbe découverte. Et 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep' un disque d'une douceur, d'une subtilité et d'une mélodicité à tomber par terre. Sans conteste une des plus belles choses entendues cette année.

Les américains ne semble pas s’intéresser (encore ?) à son cas (seriously America ?). Et alors qu'il prévoit de sortir son prochain disque au printemps prochain (« I am almost always working on something new », précise-t-il), puisse la France, terre d’asile des artistes américains talentueux et ignorés (entrez ici Jeff Buckley et autres Jude), lui ouvrir ses oreilles et ses bras : Man at War le mérite 1000 fois. (Sortie : 18 avril 2017)

Plus :
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est en écoute sur sa page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est à l’achat (en name your price) sur sa même page bandcamp
‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care’ de Man at War est également en écoute sur Spotify mais malheureusement pas encore sur Deezer

Trois chansons de ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’ de Man at War en écoute. Le sublime Fabric of Time, en duo avec Gregory and the Hawk (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Digital Mind, chanson qui ouvre l'Ep. Et le très beau Low Times pour finir : 





Non présente sur 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep', voilà pour finir la reprise de Man at War de Daniel Johnston par Ryan Rebo, enregistrée en 2013. Évidemment, bien moins bancale et plus pop que l'originale, mais très réussie :


lundi 30 juillet 2018

[Track of The Day] Ryan Rebo - Boogieman

Coup de cœur éclatant de l’an passé avec son projet Man at War (je me permets d’insister : écouter ce 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care', c'est un album somptueux), Ryan Rebo reprend son nom de ville pour poursuivre ses aventures discographiques. Au programme, un '7 Songs In The Key of Z' qui verra le jour au tout début 2019 et qu’il commence à dévoiler.

Première chanson : Boogieman. Une chanson ample, mélodiquement menée par un synthétiseur et un titre qui évoque, selon Ryan Rebo lui-même, « ces peurs irrationnelles qui amènent panique et anxiété, choses contre lesquelles j'ai dû lutter. Le Boogieman de la chanson est plus un « feeling » qu'autre chose, la personnification de cette peur insaisissable qui est constamment sur nos talons ».

L'ensemble de '7 Songs in the Key of Z' sera d'ailleurs dans la même veine, vu que Ryan Rebo y évoquera aussi bien les désordres psychiques que les besoins de s'échapper de la réalité. Tout un programme, qu'il égrainera donc sur 3 chansons (et trois clips) avant la sortie officielle du disque. Et entre ce très accrocheur et réussi Boogieman et le miracle de Man at War, il y a dans ces pages beaucoup d'attente. Beaucoup beaucoup.
 
Album : 7 Songs In The Key of Z
Année : 2018
Label : -

Acheter

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Boogieman de Ryan Rebo est en écoute ci-dessous :


Le clip de Boogieman de Ryan Rebo, qui met en scène donc le thème mental qu'il va développer tout du long de '7 Songs In The Key of Z' :


samedi 30 décembre 2017

Bilan 2017 : Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »


Après deux ans sans bilan (il faudra que je les finisse un jour d’ailleurs), retour aux bonnes vieilles habitudes avec les traditionnels top de fin d’année, qui fleurissent un peu partout depuis plus d’un mois. Comme le veut la tradition, cela se passera en trois temps : aujourd’hui le top des « Ep & Co ». Puis le top « Morceaux » et enfin le top 50 des albums qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant cela, quelques liens vers d’autres tops de sites ou de blogs voisins (ou non) :
Hop-Blog
Pinkushion (Rédaction)
La Musique à Papa
Last Stop ? This Blog !
New Noise

Voilà donc la première partie, qui présente donc mes 15 EP, 45-tours, compilations et autres rééditions favoris de l’année. De belles découvertes, des confirmations toujours plus nombreuses et deux disques qui auraient mérités de figurer tout en haut d’un classement de tous formats confondus. C’est ci-dessous.
 
Pour info, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés.
Bonne(s) écoute(s) !

Extended Play (Ep)


Animal Collective - Meeting of The Waters Ep
La preuve qu’il faut toujours attendre un peu avant de faire le bilan d’une année. Mis au courant fin novembre par Ariane qu’Animal Collective avait sorti dans l’année deux nouveaux Ep, j’ai eu la chance de me rattraper. Deux beaux disques dont ma préférence va fortement vers 'Meeting of The Waters Ep'. Un disque contemplatif à souhait, aussi bricolé qu’aérien, avec seulement Avey Tare et Geologist aux manettes. Et même sans Panda Bear et Deakin, le duo en profite pour publier une des plus belles chansons de l’histoire du groupe, Man of Oil. Rien que ça oui.
Label : Domino

Barbarie Boxon - Ciel Bleu Ep 
Ma découverte avec Freaksville Records aura été une grande source de réjouissance. Car en plus de Benjamin Schoos (voir plus bas), ce label belge m’aura permis de tomber amoureux du duo Barbarie Boxon, auteur de son deuxième disque en sept années d’activité. Pop pas toujours linéaire, aux influences aussi Gainsbourgienne que Tricatel-ienne, elle est excessivement ensorcelante.
Label : Freaksville Records

Man At War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep
Véritable coup de cœur foudroyant, Man at War est un artiste dont on fait encore très peu de cas, que ce soit chez nous ou chez lui, à Portland. Pourtant, Ryan Rebo a des mélodies à faire pâlir plus d’un artiste aujourd’hui. Son ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’, plein de pop, de folk et de mélodies simples et justes, est une des plus belles choses entendues cette année. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le premier.

The Music Tapes - The Orbiting Human Circus Ep
Julian Koster, ex-membre de feu Neutral Milk Hotel et de Elephant 6, est derrière ce projet anachronique, né d’un podcast à succès aux États-Unis. Enregistré avec des outils d'époque (un enregistreur à fil des 30s, une presse des 40s, un magnétophone des 60s), très lo-fi que ce soit dans le chant ou dans les arrangements, agrémentés de cuivres et d’accordéon, reprenant également le fameux J’attendrai, 'The Orbiting Human Circus Ep' sonne comme s’il venait tout droit de 1935. Et c’est aussi beau que passionnant.
Label : Merge

Kamasi Washington - Harmony of Difference Ep
Saxophoniste californien de 34 ans, Kamasi Washington m’était jusqu’alors inconnu. Acheté sur les éloges d’amis, son ‘Harmony of Difference Ep’ n’aura eu besoin que de quelques minutes pour s’imprimer dans mon pavillon. Jazz soulful au possible, ce disque respire la classe et les influences aussi bien étalées qu’assimilées. Mieux, il garde le meilleur pour la fin en composant Truth, chanson de 14 mns, qui fait déjà figure de classique. 'Harmony of Difference Ep' aurait été un LP, il aurait sans doute fini sur le podium de mon top album. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le second.
Label : Young Turks


7" - 45-tours

Jetstream Pony - Like You Less 7"
Projet parallèle de Beth Arzy, chanteuse de The Luxembourg Signal, Jetstream Pony est une formation qui devrait faire parler d’elle en 2018. Car mis sur orbite par ce 'Like You Less 7"', il serait vraiment dommage de passer à côté de ces deux chansons, tantôt noise-pop (comme si Broadcast avait enregistré ses albums en 1986), tantôt mené par une guitare lourde rappelant furieusement les Wedding Present.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten

The Luxembourg Signal - Laura Palmer 7"
Découvert grâce à leur venue au Paris Pop Fest, The Luxembourg Signal est un septet américain originaire de Portland (décidément, quelle année !) qui aura illuminé mes oreilles notamment grâce à ce 45-tours et surtout grâce à Laura Palmer, sa face-A, sublime titre de six minutes entre dream-pop, indie-pop et shoegaze, au final merveilleux qui voit s’empiler les guitares. Nul doute qu’on retrouvera sa trace dans quelques jours, pas loin de la tête de mon « top singles ».
Label : Shelflife Records

Jason Molina - The Black Sabbath Covers 7"
Secretly Canadian, en plus de bichonner les rééditions de ses albums avec Songs: Ohia, propose depuis deux ans des 45-tours inédit de Jason Molina, décédé depuis 5 ans bientôt. L’an passé, ils avaient mis en lumière l’américain reprenant Townes Van Zandt. Cette année, c’est au tour de Black Sabbath. Deux chansons très courtes, simples et intimistes mais dont quelques secondes suffisent à comprendre pourquoi Jason Molina manque plus que jamais.
Label : Secretly Canadian

Sufjan Stevens - Tonya Harding 7"
En 2017, on aura donc appris que Sufjan Stevens est fan (et on est encore loin de la vérité) de Tonya Harding, patineuse américaine pas comme les autres dont le principal fait de gloire fut de tenter de faire casser les jambes de sa compatriote et équipière de l’époque, Nancy Kerrigan. Il lui a ainsi composé une chanson, qu’on retrouve dans deux versions différentes sur ce 45-tours (à sortir physiquement dans quelques semaines). Dans la veine de son magnifique 'Carrie & Lowell', ce 'Tonya Harding 7"' est d’une douce et aérienne beauté qui transpire la sincérité.
Label : Asthmatic Kitty


COMPILATION

Matinée Recordings - Matinée Idols
Afin de fêter ses 20 ans, le label de Santa-Barbara Matinée Recordings n’aura pas eu l’idée du siècle : sortir une compilation de titres des artistes issus de son roster. Mais qui en a cure ? Le résultat est passionnant. Tous les groupes présents ont participé avec soit un nouveau morceau, un inédit perdu dans des sessions d’enregistrements oubliées ou via un ré-enregistrement d’un de leurs anciens titres. Et le résultat est de qualité, rempli de chansons classes au romantisme plein de guitares. De l'indie-pop de grande qualité en somme.
Label : Matinée Recordings

Olive Grove Records - From Olive Us To Olive You
Compilation de Noël sortie juste avant les fêtes, 'From Olive Us To Olive You' est un disque caritatif composé par des artistes essentiellement venus du roster d’Olive Grove Records, le label derrière tout cela. Pop, twee et tout le toutim, cet album est tellement réussi qu’il se pourrait qu’on le ressorte bien plus souvent que deux semaines par an.
Label : Olive Grove Records

Benjamin Schoos - Profession Chanteur
Comment ai-je fait pour passer à côté de ce Benjamin Schoos depuis 5 ans ? Comment ai-je pu ne pas voir son nom mentionné ici et là par d’autres, bien plus au courant que moi ? Car Benjamin Schoos tient depuis sa découverte le haut du pavé dans la chanson francophone (notre homme est belge) dans mon panthéon personnel actuel. Rappelant à la fois Bertrand Burgalat pour les idées pop, Charlélie Couture ou encore Alain Chamfort, s'entourant de featuring de grande classe (Je ne vois que vous avec Laetitia Sadier est un miracle à elle toute seule), Benjamin Schoos, via ce 'Profession Chanteur', best-of de ses trois précédents albums, est une découverte essentielle.
Label : Freaksville

Sufjan Stevens - The Greatest Gift
Oui, encore Sufjan Stevens. Je ne cite jamais deux fois le même groupe/artiste dans ces tops de fin d’année, mais là, je n’ai pas eu le choix. La faute à une année remplie pour un des artistes préférés de ces pages. 'The Greatest Gift' est un disque compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites tirées de 'Carrie & Lowell'. Et quand des chutes de studios sont de cette qualité et de cette beauté là, on sait deux choses : que l’artiste en question ne nous prend pas pour des pigeons. Et qu’on a affaire à un des plus grands.
Label : Asthmatic Kitty
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RÉÉDITION 
 
Jambinai - Differance
Jambinai est un trio sud-coréen dont le premier album sorti en 2012 aura été réédité cette année par Bella Union. Dans une ambiance post-rock, parfois quasi-folk ou métal, composé à partir d’instruments traditionnels, Jambinai rappelle aussi bien Deafheaven que Mono. Mieux, le groupe n’oublie jamais de distiller des mélodies. Grande découverte.
Label : Bella Union


Radiohead - OKNOTOK 1997-2017
Devenu chiant comme la pluie depuis 15 ans à quelques rares fulgurances près, il ne faudrait pas oublier qu’à une époque, Radiohead était intouchable. Et la réédition de leur chef d’œuvre et album majeur 'Ok Computer' est venue nous le rappeler. Si tout a déjà été dit sur l’album en question, attardons nous quelques lignes sur la partie 'NOTOK' de cette réédition, qui contient les faces-b de l’époque mais surtout trois inédits enfin dévoilés, et dont le très attendu Lift se fait voler la vedette par un I Promise et un Man of War merveilleux. Oui, à l’époque, Thom Yorke et sa bande marchaient sur l’eau.
Label : XL Recordings


Chose promise, chose due, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.


lundi 22 juillet 2019

[Track of The Day] Ryan Rebo - Space Real Estate

Cela aura pris un peu plus de temps que prévu, mais le nouvel Ep de Ryan Rebo a donc vu le jour fin mai dernier. Après deux premières chansons lancées en amont (Boogieman et We All Invent Ourselves), l'américain a livré l'ensemble qui, comme prévu, s'appelle '7 Songs In The Key of Z'. Des cinq nouvelles chansons, c'est Space Real Estate qui a surtout attiré mon oreille : une très jolie balade, à la mélodie triste et à la composition pop qui prend une belle ampleur tout du long.
 
Et puis il n'est jamais inutile de reparler de 'I'm A Rainbow, A Promise of God's Care', un autre Ep de Ryan Rebo, sorti sous le nom Man at War, et un de mes disques favoris de 2017.

Album : 7 Songs in the Key of Z
Année : 2019
Label : -


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Space Real Estate de Ryan Rebo est également en écoute ci-dessous :



mercredi 21 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (50-31)



Si tout avait été normal, ce top albums de l'année 2014 aurait du voir le week-end du 10 janvier. J'avais pris un peu de retard après les top «formats courts » et « chansons ». Et puis il est arrivé ce qui est arrivé et j'avoue que j'ai eu du mal à encaisser le choc, comprendre et parler d'autres choses.

Mais bon, il faut bien repartir de l'avant. Quand bien même Cabu, Wolinski, Charb et les autres. Ainsi donc, passons maintenant à la partie consacrée aux meilleurs albums (selon votre serviteur évidemment) de 2014, le tout en trois parties comme le veut la tradition : du numéro 50 au 31, du numéro 30 au numéro 11. Et enfin les 10 premiers.

Avant cela, quelques liens de sites amis (ou non) sur lesquels je vais souvent poser mes yeux et mes oreilles :

Ainsi donc, après le top « 7", 12", Ep & Compilation » et le top « Chansons » (toujours en écoute), passons au top albums avec ces cinquante disques qui auront rythmés mon année de diverses façons.

Première partie aujourd'hui avec les 20 « derniers » (je n'aime pas ce terme tant ces 50 disques comptent tous pour moi), avec des groupes pop au futur succès public, un barbu en pleine renaissance, des japonais bruyants, un français eighties, des canadiens furieux, des écossais toujours brillant, un gallois excentrique et un lyonnais de Roubaix.

Au bas de chaque disque, vous trouverez un lien vers une chronique de l'album en question (d'ici mais souvent d'ailleurs) ainsi qu'un lien renvoyant vers un magasin en ligne au prix très compétitif pour acheter le disque. Car oui, écouter de la musique, c'est bien, acheter des disques c'est bien aussi.

Également, au bas de ce long papier, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s). Et n'hésitez pas à rajouter vos tops en commentaires !

Pour rappel :



50. Black English - No [Arts & Crafts]
Jusqu'à peu, le groupe s'appelait 'No'. L'album 'El Prado'. Et puis une confusion avec un jeune groupe punk de Los Angeles a forcé le groupe à changer et à devenir les Black English. Découvert en première partie de Yann Tiersen il y a quelques mois de cela, Black English est un sextet, sorte de mélange entre The National (pour la voix profonde qui a quelques airs de Matt Berninger) et Coldplay (avant que ceux-ci aillent se prostituer auprès de tout ce qui existe de plus dégueulasse dans l'industrie musicale actuelle). Un premier essai consistant, déroulant régulièrement quelques chansons très efficaces. Le charisme du chanteur Bradley Hanan Carter aidant, on devrait entendre parler de ce groupe assez rapidement.



49. Arthur Beatrice - Working Out [Polydor]
Premier album pour ce groupe découvert il y a 2 ans en première partie de Beach House, Arthur Beatrice n'en finit pas de me séduire. On ne criera pas au génie, mais ce premier album des londoniens est dans la lignée de leur Ep de l'an passé. Pop, belles mélodies, ambiance ouatée, et quelques sonorités électroniques pour donner du corps à l'ensemble. Séduisant disais-je.



48. The War on Drugs - Lost in the Dream [Secretly Canadian]
Dans la foulée de Mark Kozelek, The War on Drugs est devenu le nouveau groupe qu'il est de bon ton de détester en 2014. Affublés de surnoms débiles comme « Dire Straits des années 2010 », les américains auront pourtant sorti un disque sûr de lui cette année. Évidemment les guitares trainent parfois en longueur, évidemment, il y a ici un côté rock héroïque. Mais les compositions et les chansons sont là. Et c'est quelqu'un qui chérit le live de Dire Straits 'On The Night' plus que de raisons qui vous le dit : il n'y a rien de Dire Straits dans cet album.



47. Twin Peaks - Wild Onion [Grand Jury]
Aveu terrible : je n'ai jamais jeté le début d'un œil sur Twin Peaks. Internet étant mon ami, j'aurais sans doute l'occasion prochainement de me rattraper, David Lynch ayant annoncé la reprise de sa série mythique pour 2016.
Le seul Twin Peaks que je connais vient de Chicago et est un quatuor d'indie rock aux allures de groupe punk. 'Wild Onion' est leur deuxième album (en 2 ans) ; avec seize chansons au programme. Rien de bien révolutionnaire mais une belle réjouissance à écouter les chansons courtes et concises (quatre seulement de plus de 3mns) de ce qui ressemble bien à de jeunes branleurs, mais talentueux.



46. Jessica93 - Rise [Teenage Menopause]
Avec son nom qu'on dirait tout droit sorti d'un chat caramail, Jessica93 n'a pourtant rien d'une gamine qui vous aurait accosté par un « ASV ? ». Geoffroy Laporte, l'homme qui se cache derrière Jessica93 (il fait tout), est plutôt du genre à balancer des pralines dans les oreilles de ses auditeurs. Entre shoegaze, cold-wave, boite à rythme et guitares bouclées. Avec le saint patronage des Cure.



45. Allah Las - Worship The Sun [Innovative Leisure]
Quatuor californien, Allah-Las aura confirmé en 2014 les jolis espoirs que l'on plaçait en eux il y a 2 ans à la sortie de leur premier album. Gardant la même ligne de conduite, les Allah-Las continue de plonger leur musique au sein des années 60, mélangeant habilement garage-rock et pop ensoleillée. Rétro sans l'être, les Allah-Las deviennent une valeur sûre.



44. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Fuck Off Get Free We pour Light on Everything [Constellation]
Quatre ans après leur dernier album, deux ans après leur dernier Ep en date, la bande d'Efrim a enfin eu envie de donner de plus amples nouvelles. En résulte un 'Fuck Off Get Free We pour Light on Everything' puissant et porté par une chanson délicieuse et pleine de frissons dans la plus pure tradition Silverienne (What We Loved Was Not Enough). La reformation de Godspeed You Black Emperor semble les avoir remis dans le bon sens après un 'Kollaps Tradixionales' plutôt faiblard. Tant mieux.



43. I Love You But I've Chosen Darkness - Dust [Monopsone]
Deux albums et un Ep en 13 ans d'existence, on ne peut pas dire que les texans de I Love You But I've Chosen Darkness soient prolifiques. Ainsi, 8 ans après premier album 'Fear is On Our Side', voilà le retour du quatuor. Dans la droite lignée de son premier album. Post-punk toujours élégant, aux compositions entre gris clair et sombre obscur. Et avec toujours la même grâce.






42. Current 93 - I Am the Last of All the Field That Fell (A Channel) [The Spheres]
A l'instar de Michael Gira, David Tibet continue sa carrière avec grandeur et sans décadence. Auteur ces dernières années d'albums somptueux l'ayant remis en selle (voir ici ou ), David Tibet, ses Current 93 et sa pelletée d'invités (de Nick Cave à John Zorn en passant par James Blacksaw et Antony Hegarty d'Anthony and The Johnsons), remetten le couvert pour une nouvelle descente poétique dans les noirceurs de l'âme, avec de longues chansons (une moyenne de 6 minutes) avec le piano toujours et évidemment en pièce centrale. Sombrement beau.



41. Arandel - Solarispellis [InFiné]
Petit prodige français de l'électro mais très discret, on ne sait pas qui est Arandel. Mais ceci importe peu. Car 4 ans après un 'In D' envoutant, le voilà de retour, toujours chez InFiné, pour un hommage aux années 70.
Comme pour le précédent album, Arandel se donne une grande ambition : n'utiliser que des instruments classiques et autres synthés analogiques. Contrainte qui n'en est pas une tant ce nouvel album semble habité. Bien que différent, 'Solarispellis' n'est peut-être pas du niveau d''In D' mais on n'en est toutefois pas très loin.



40. Fear of Men - Loom [Kanine]
Indie-pop qui aime les guitares, Fear of Men est un groupe à côté duquel j'étais passé l'an passé. Rattrapage en 2014 avec 'Loom', deuxième album du quatuor de Brighton, très réussi, sorte de synthèse entre The Magnetic Fields et Broadcast sur beaucoup de titres. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.



39. Ought - More Than Any Other Day [Constellation]
Premier album pour les canadiens de Ought, et sortie directe chez Constellation, excusez du peu. Pétri d'influence (Talking Heads par ci, The Fall par là), 'More Than Any Other Day' est avant toutes choses un premier album décapant de post-punk aux morceaux longs et travaillés. Et quitte à faire une analogie bêtasse, je dirais que Ought est l'alter-ego post-punk de Clap Your Hands Say Yeah (évidemment, la voix y est pour beaucoup, mais quand même).



38. Avi Buffalo - At Best Cuckold [Sub Pop]
En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait sur son deuxième album 'At Best Cuckold' une belle revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie par-ci, du Elenaor Friedberger par là, et du Sufjan Stevens au milieu de tout cela (évident Overwhelmed with Pride). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions. Joli classique de 2014.



37. Champs - Down Like Gold [PIAS]
Originaire de l'île de Wight où Dylan is Dylan et che Viva Donovan, les frères Champion (d'où le Champs) font dans la pop joliment ouvragée sans pour autant négliger quelques passages plus fok. Leur premier album 'Down Like Gold' est un beau premier jet qui devrait plaire à tous les amoureux de belle pop. Mieux, les deux frangins semblent être des rapides : leur prochain album est prévu pour dans quelques semaines.



36. Shellac - Dude Incredible [Touch & Go]
Sixième album pour le groupe de Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer. Et il aura fallu attendre 7 ans. Il faut dire que les Shellac prennent leur temps et surtout n'ont pas vraiment de plan de carrière arrêté et décident d'enregistrer quand l'envie est là. Tant mieux, car à chaque fois, le choc est aussi frontal que délicieux. Shellac ne change pas son fusil d'épaule. Et pond là un disque plus math rock que jamais, évidemment produit au cordeau.



35. MONO - The Last Dawn / Rays Of Darkness [Pelagic]
Difficile de dissocier ces deux albums - parus simultanément - de MONO, les 8è et 9è des japonais. Difficile car ils ne font véritablement qu'un. Que ce soit sur 'The Last Dawn' ou 'Rays of Darkness', pourtant présentés comme le yin et le yang, tout n'est que noirceur et mélancolie, comme toujours avec MONO, avec guitares aux riffs rageurs, fûts martelés avec précision et force, et même voix caverneuse. Mais les japonais savent s'adonner aussi au calme, certes sans volupté, avec des passages très Godspeed You ! Black Emperor (magnifique Surrender). Grands crus.



34. Amen Dunes - Love [Sacred Bones]
Damon McMahon (aka Amen Dunes) aura été une de mes découvertes de 2014. Sur son quatrième album 'Love', aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim de Thee Silver Mt. Zion, l'américain égrène ses chansons longues, folk et psychédéliques, lorgnant parfois même sur des titres plus rock. Ajoutez à cela une production pleine d'écho, et vous obtenez un disque obsédant.



33. Gruff Rhys - American Interior [Turnstile]
Existe t-il aujourd'hui un artiste comme Gruff Rhys ? Que ce soit sur cet album (ou l'histoire fantasmée de John Evans parti à la recherche du Prince Madoc, gallois qui aurait découvert l'Amérique 300 ans avant Christophe Collomb) ou sur scène (dans un show drôle, parfois même hilarant, où le gallois est capable de tenir un auditoire avec une simple gratte acoustique et quelques 45-tours), la question se pose clairement. Chapeau Mister Rhys.



32. The Twilight Sad - Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave [Fat Cat]
Le meilleur groupe écossais depuis quelques années confirme qu'il est bien le meilleur groupe écossais depuis quelques années (je ne peux faire plus clair).  Sombre et nerveuse, leur musique l'est toujours autant, se déclinant en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et basse métronome. Et non content d'avoir signé un des disques de l'année, ils peuvent se targuer d'avoir le plus bel artwork de 2014. Easy, comme souvent avec eux.



31. Eels - The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett [E Works]
En 1996, comme tout mon lycée, j'étais tombé en pâmoison devant le premier album de Eels, 'Beautiful Freaks', l'album au bébé avec des yeux énormes. J'avais suivi la suite de ses aventures d'un peu plus loin, avant de lâcher progressivement, lassé. Et puis est arrivé cet album, 'The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett'. Un disque d'une douceur et d'une noirceur à ne pas écouter quand le moral est dans les chaussettes. Mais un disque beau. Mais triste, on n'a pas idée.

Comme promis, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !