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lundi 29 février 2016

[Track of The Day] The Limiñanas - Garden Of Love (feat. Peter Hook)

Vendredi soir, The Limiñanas ouvraient leur tournée avec Pascal Comelade par une date au Transclub. Une affluence réduite pour un groupe qui semble peiner à se faire un nom chez nous alors qu'il a réussi à le faire à l'étranger (cf. le trailer en bas de ce post).

Cette tournée est l'occasion de deux choses : jouer live les morceaux composés avec Pascal Comelade l'an passé dans le très instrumental et réussi 'Traité de Guitarres Triolectiques (à l usage des portugaises ensablées)', mais aussi d'annoncer un nouvel album à venir en avril, 'Malamore'. Une prestation convaincante d'1h15, pleine de guitares. Les Limiñanas passent en revue pas mal de leurs chansons, intègrent ici et là quelques instrumentaux, jouent sans doute des nouveaux titres à venir (ma connaissance du groupe se limitant à 'Costa Blanca' et leur 'Down Underground LPs 2009/2014' découvert sur le tard, rien ne me permet de le confirmer) avec un Comelade apportant une touche mélodique, même si assez limitée.

Un ensemble sixties et psyché (forcément) qui tient franchement la route ; encore plus quand toute cette joyeuse bande part dans de longs moments très rock, à la tonalité presque électro. Un très bon moment donc, qui pourrait annoncer un futur réjouissant.

'Malamore' sortira chez Because début avril, et a déjà deux premiers titres : ATHEN I.A (voir plus bas) et Garden Of Love, avec Peter Hook à la basse et au chant (enfin aux « nananananana »). Une chanson moins psyché que leurs albums précédents, mais à la mélodie et à la nonchalance touchantes.

Pascal Comelade. Peter Hook. Leur album précédent chez Trouble in Mind. Décidément, ces jeunes gens savent s'entourer. Ne reste plus à se faire un nom à la maison.

Album : Malamore
Année : 2016
Label : Because Music

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En plus du lecteur 8Tracks, Garden Of Love est aussi en écoute sur le soundcloud des Limiñanas :


Second extrait de 'Malamore', ATHEN I.A, instrumental d'une minute à écouter sur le bandcamp des Limiñanas :


Enfin, le trailer de 'Malamore', le nouvel album des Limiñanas :

vendredi 11 septembre 2009

[Track of The Day] Bad Lieutenant - Sink or Swim

Après de multiples embrouilles, après des départs et des retours pour quelques albums bien plus que juste sympathiques, cette fois la chose semble être entendue: New Order est officiellement mort. Le départ de Peter Hook en 2006 - suite à une énième divergence d'opinion avec ces deux acolytes - a scellé le sort du groupe qui a sorti le single le plus tuant des années 80, voire plus, Blue Monday.
Faute de continuer sous leur nom originel (et ils ont bien raison), Bernard Sumner et Stephen Morris ont décidé de remettre le couvert, mais sous le nom de Bad Lieutenant (leur premier album, 'Never Cry Another Tear' devrait voir le jour le 12 octobre prochain) et en incorporant - en plus de Phil Cunningham - un certain Jake Evans (dont j'avoue ne rien savoir).
Alors certes, on ne remplace pas un bassiste comme Peter Hook comme ça. Il n'empêche, à l'écoute du premier titre disponible, Sink or Swim, une chanson qu'on dirait sortie des sessions de 'Waiting For The Siren's Call', pas extravagante mais rapidement catchy, j'ai envie d'y croire.
En plus Sumner est presque convaincant et aguicheur: «I'm very proud of it; it's a very good album. It's pretty guitary, too, because we've got three guitarists in the band». Croisons donc les doigts: «New Order est mort? Vive Bad Lieutenant comme on dit. 

Album: Never Cry Another Tear 
Année: 2009 
Label: Triple Echo

Ce premier single de Bad Lieutenant est à télécharger gratuitement et légalement en allant sur le site du groupe.

lundi 22 janvier 2018

[Track of The Day] The Limiñanas - Dimanche (feat. Bertrand Belin)

Longtemps ignorés par chez nous mais adoubés par les américains (on ne sort pas un disque chez Trouble in Mind en étant français par le plus grand des hasards), la carrière des Limiñanas va peut-être prendre enfin son envol.

Enfin. Il faut dire que leur précédent disque 'Malamore', le premier à vraiment connaître une juste exposition n'était pas le plus réussi, ce qui n'a pas du aider.
Sur 'Shadow People', leur nouvel album qui vient de sortir, le duo de Perpignan semble retrouver une hargne, une fougue et une production moins lisse qui lui va bien mieux au teint.

Toujours porté par un psychédélisme sixties (d'aucun diront yé-yé), un chant/parlé gainsbourg-ien, et quelques hommages stylistiques (New Order, avec la basse de Peter Hook époque 'Get Ready' sur The Gift, Pink Floyd ou Air sur De La Part des Copains), leurs chansons accueillent bon nombre d'invités, et autant dire qu'ils ne sont pas là pour faire le nombre, tous apportant quelque-chose ; que ce soit Peter Hook donc, bien plus intéressant sur The Gift qu'il ne l'était sur Garden of Love, Emmanuelle Seigner (Shadow People) ou Anton Newcombe sur le vénéneux Istanbul Is Sleepy qui, à l'automne dernier, augurait le meilleur pour ce nouvel album.

Mais c'est surtout Dimanche avec Bertrand Belin qui retient l'attention. Une chanson orgueilleuse, nerveuse, presque droguée, qui aime jouer avec les mots : « J’ai une amie Vicky, son vrai nom est Suzy, on l’appelle Sue, je l’appelle Vi ».

Alors oui, on attendra un peu pour savoir si 'Shadow People' peut s'asseoir à la même table que 'Costa Blanca', mais à l'heure d'aujourd'hui, on est sur un disque passionnant dont l'apogée est une chanson nommée Dimanche.

NB : Pour en savoir plus sur The Limiñanas, la lecture de ce papier de Libération est conseillée
 
Album : Shadow People
Année : 2018
Label : Because Music

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Dimanche de The Limiñanas avec la voix de Bertrand Belin est en écoute dans le clip classieux ci-dessous :


Nouveau single de The Limiñanas, voilà la chanson qui donne son nom à l'album, Shadow People, avec Emmanuelle Seigner au chant :



Enfin, voilà Istanbul Is Sleepy, avec Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre à la voix :


jeudi 19 mars 2009

Handsome Furs – Face Control [Sub Pop]

S’ils sont les leaders de Wolf Parade, un des groupes les plus passionnants qui soit (et auteur l’an passé d’un album épatant, ‘At Mount Zoomer’), Dan Boeckner et Spencer Krug sont, à l'instar de leur ami Dan Bejar, du genre hyperactifs. Des auteurs qui ne savent pas rester en place et dont le manque d’activité semble être pour eux quelque chose auquel ils n’ont pas envie de se frotter. En tout cas pas pour le moment.

Plutôt que de se limiter à une seule et même entité, les deux en créent d’autres pour pouvoir alimenter leur soif infinie de musique. Ainsi, Spencer Krug est à la tête de pas moins de quatre autres groupes, dont Sunset Rubdown, Frog Eyes ou encore Swan Lake. Des entités aux albums sympathiques mais assez inégaux finalement, où le père Kruger se perd régulièrement en expérimentations pas toujours bienvenues.

Le cas de Dan Boeckner est différent. Lui préfère tabler sur un seul groupe parallèle: Handsome Furs. Et force est de constater qu’il a plutôt raison de ne pas s’éparpiller plus que de raisons tant ce side-project est le plus intéressant de ceux ayant émergés de Wolf Parade.

Après un premier album (‘Plague Park’) aux prises de risques minimes mais au résultat étonnant, le groupe, formé par le couple Boeckner (lui à la guitare et au micro, elle au synthé et à la rythmique), revient donc aux affaires, une nouvelles fois chez Sub Pop, avec ‘Face Control’ d’un tout autre acabit.

Enregistré principalement en Europe de l’Est en Russie, on jurerait pourtant qu’il a été conçu sous les projos de l’Haçienda, avec Bernard Sumner et Peter Hook en chef d’orchestre. Car si les premières secondes de l’album (Legal Tender), rappellent Lcd Soundsystem (impression qui revient régulièrement tout au long de l’album), très vite on se rend compte que c’est surtout New Order qui est la principale influence de ce ‘Face Control’. Toutes les pistes de cet album respirent le groupe mythique de Manchester, aussi bien pour le côté dancefloor synthétique, pour la rythmique froide et robotique que pour la guitare acérée et agressive de Dan Boeckner.

A tel point qu’on frôle parfois le plagiat, notamment à deux moments: All We Want, Baby, Is Everything a plus qu’un peu de Temptation dans les veines. Quant à Nyet Spasiba (voir plus bas), il se permet de rendre hommage (ou pomper c’est selon) à Blue Monday en reprenant son beat, peut-être le plus célèbre de l’histoire. Rien que cela.

Toutefois, malgré son manque de tube planétaire (tout le monde n’a pas dans sa besace un Age of Consent ou un Ceremony), 'Face Control' s'impose largement quand même comme un excellent album (seule la pochette est ratée. Mais Peter Saville ne peut pas être partout). Plus cohérent que certains des albums de New Order, il est le mix réussi d’electro-pop synthétique aux relents de new-wave, le tout à la sauce canadienne. En quelque sorte, l’album que pourrait sortir la bande à Sumner si James Murphy s’attelait à la production. (sortie : 9 mars 2009)

Son :
Myspace (‘Face Control’ y est en écoute complète!)

Deux titres en écoute: un Legal Tender, qui ouvre l'album, où l'on croise Lcd Soundsystem et New Order, puis Nyet Spasiba et son beat Blue Monday (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de I’m Confused, hommage du groupe à Resident Evil :

Handsome FursI’m Confused


mercredi 28 octobre 2020

[Track of The Day] Gorillaz - Désolé (feat. Fatoumata Diawara)

Client à l'époque du premier mais surtout du second album ('Demon Days'), les Gorillaz de Damon Albarn m'ont depuis plutôt perdu. Difficile de s'y retrouver dans ces suites ininterrompues de featuring plus ou moins bienvenus ou ces albums à l'homogénéité difficile à déceler.

'Song Machine, Season 1 : Strange Timez' a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise : ce nouvel album de Gorillaz sera une collection de chansons. Et c'est le cas. Remplis de featuring jusqu'à la lie (au moins un sur chacun des 17 titres, de Beck à ScHoolboy Q, de St. Vincent à JPEGMAFIA en passant par Peter Hook, Unknown Mortal Orchestra ou Georgia) et une nouvelle fois pas tous passionnants loin de là, ce disque ne brille pas non par sa cohérence globale.

Pour autant, il y a quelques belles choses à picorer ici, et notamment du côté des anciens (les chansons avec Robert Smith et Elton John sont surprenamment parmi les meilleures). Mais aussi surtout Désolé, avec la participation de la malienne Fatoumata Diawara. Certes, le morceau est sorti en février dernier, mais je ne le découvre que maintenant et il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Car Désolé et une grande chanson pop chantée en anglais, en français et en bambara (une des langues nationales du Mali), que Gorillaz habille joliment d'un rythme léger mais entêtant et d'une mélodie comme d'ailleurs où la voix toujours aussi magnifique de la malienne fait merveille.

Album : Song Machine, Season 1 : Strange Timez
Année : 2020
Label : Parlophone

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Désolé de Gorillaz, avec la présence de Fatoumata Diawara, est également en écoute ci-dessous :

 

Le clip de Désolé de Gorillaz d'où il ressort un vrai plaisir partagé entre Fatoumata Diawara et Damon Albarn :

 

 

lundi 19 avril 2010

[Track of The Day] Lcd Soundsystem - You Wanted a Hit

La nouvelle pochette de 'This Is Happening', le troisième album de Lcd Soundsystem me rappelle énormément celle de 'Low/Life' de New Order. Je ne sais pas pourquoi, je trouve qu'elles ont vraiment un lien esthétique. De là à imaginer James Murphy se rapprocher de la bande à Peter Hook et Bernard Sumner? A voir.

Ce qui caractérise ce 'This is Happening' c'est surtout son côté extrêmement pop, bien plus que sur les deux premiers albums. Et si cela ne se voit pas forcément dans la durée des morceaux (un seul, sur neuf, de moins de 6 mns!), on le ressent vraiment à l'écoute des chansons.

'This is Happening' sonne aussi bien que ses devanciers (une très grande force du groupe) et les premiers titres qui avaient vu le jour sur le net et qui étaient assez décevants prennent toute leur ampleur à l'écoute de l'album.
Un disque qui reste dans la grande tradition de Lcd Soundsystem, à savoir très dansant, entre rock et beat synthétiques. Et s'il ne possède pas un titre de la force de All My Friends (on ne peut pas pondre un des titres de la décennie tous les matins), 'This is Happening' contient ce qu'il faut quand même pour vibrer et dodeliner de la tête, You Wanted a Hit en tête.

Alors oui, certains ont déjà levé quelques lièvres (Drunk Girls qui pique pompe la mélodie de White light/White Heat du Velvet Underground, All I Want qui a beaucoup du Heroes de Bowie, ce genre de choses). Mais à dire vrai, je n'en ai cure, tant James Murphy et ses Lcd Soundsytem arrivent à me faire rentrer dans leur univers avec une facilité déconcertante.

Bref, 'This is Happening' est un album qui se révèle rapidement indispensable au fil des écoutes. Une bien beau point final à une des aventures musicales les plus passionnantes de ces 15 dernières années, avec You Wanted a Hit en point d'orgue, morceau qui me hante depuis une semaine, et la chanson idéale pour accueillir dans ce monde désormais sans avion la petite Elisa, chtit bouchon de quelques kilos à peine et née cette nuit. 

Album: This is Happening 
Année: 2010 
Label: DFA 

'This is Happening' est en écoute complète sur le site officiel de Lcd Soundsytem. Cliquez ici pour vous délecter de la chose.

jeudi 30 septembre 2021

[Track of The Day] Massage - In Gray & Blue

Il y a ces premières notes de guitares de jangle pop. Et puis très vite, il y a cette basse qui les rejoint. Une ligne basse qu'on dirait sortie des doigts de... non, ne nous emballons pas, et n'allons pas trop vite en besogne. Et puis d'un coup, cette voix, qu'on dirait... non. Enfin si. Tout de même. Les écoutes se succèdent et pourtant, difficile de ne pas entendre du New Order sur In Gray & Blue, sommet de 'Still Life', deuxième album, très réussi par ailleurs, du quintet Massage.

Alors oui, la fibre est plus jangle-pop chez les californiens, et la production aurait été plus chiadée chez les mancuniens. Mais In Gray & Blue a des atours (ce gimmick à la basse, cette voix, ce clavier) qui laissent imaginer ce qu'auraient pu donner les retrouvailles de Bernard Sumner et Peter Hook s'ils avaient décidé d'enterrer un temps la hache de guerre et de mettre leurs ego et leurs bouquins de côté. Mais c'est peut-être mieux ainsi. Et dans le même temps un peu triste de voir qu'il y a plus de New Order dans In Gray & Blue de Massage que dans tous les albums de New Order depuis 20 ans.

Album : Still Life
Année : 2021
Label : Bobo Integral

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, In Gray & Blue de Massage est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extraite de 'Still Life' de Massage, voilà Made of Moods :

Le clip d'Half a Feeling de Massage, premier single extrait de 'Still Life' :

vendredi 18 mai 2012

[Track of The Day] New Order - Sunrise

Ce dimanche soir, en clôture de la dixième édition de Nuits Sonores, deux groupes cultes seront au programme. Mudhoney d'un côté, New Order de l'autre.

Bien que trop jeune à l'époque de leurs exploits sonores, New Order est un groupe culte pour moi. Le genre à me damner à chaque nouvelle écoute de 'Low-Life', 'Brotherhood' et autres 'Power, Corruption & Lies'. Il me tarde de voir enfin la bande à Sumner, bien qu'amputée de Peter Hook boudant dans son coin.

Alors oui, c'est une reformation sans l'être (deux albums dans les années 2000, des lost-tapes à venir), on n'est plus en 1985, mais qu'importe: je suis prêt à prendre un pied monstrueux.

Et je répète (sans trop y croire) que si New Order ne joue pas Sunrise dimanche soir, je tue un chaton.

Album: Low-Life
Année: 1985
Label: Factory

jeudi 10 septembre 2009

Blank Dogs – Under and Under [In The Red]

Il y a à peine un mois, j’étais tombé sur le derrière en découvrant le groupe d’un seul homme, Blank Dogs. Son ‘Seconds 12’’’, à l’imaginaire tout droit sorti de chez Factory, m’avait vraiment emballé. François de chez Kennel The District m’avait vivement conseillé de me jeter sur son deuxième album ‘Under and Under’. Ce que j’ai fait, vu que je suis bien élevé et que je fais confiance au gars François. Et je ne le regrette pas une seconde tant cet album confirme tout le potentiel qu'on sentait poindre sur le 12" précité.

Pourtant, de prime abord, ce ‘Under and Under’ pourra en rebuter plus d’un : un son cheap, une batterie très minimale, un synthé du même acabit, le tout dans une ambiance extrêmement lo-fi. Pourtant, dès la deuxième écoute, on est comme happé par les chansons et le talent de l’homme derrière ce projet, Mike Sniper.

Naviguant dans les eaux troubles d’un post-punk plein de distortion, cachant sa voix derrière une tonne d’effets, flirtant plus que sérieusement avec une new-wave d’une classe absolue, rappelant aussi bien les Cure, Joy Division ou New Order (par moments, on croirait entendre une ligne de basse de Peter Hook), voire même Radiohead (les quelques premières secondes The New Things font énormément penser à Airbag), Blank Dogs propose là un album de très haute volée qui, cerise sur le gâteau, est signé chez les formidables In The Red Records.

Il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte que la fin de la première décennie du siècle est propice à un revival 80s. 2009 sera peut-être l’apogée de ce mouvement. Car avec des albums du niveau de ‘Face Control’ des Handsome Furs, l'éponyme de The Pains of Being Pure at Heart et de cet ‘Under and Under’ de Blank Dogs (dans des univers différents) il faudra être fort pour faire mieux. (sortie: 26 mai 2009)

Son :
Myspace (Deux titres en écoute de ce ‘Under and Under')

Deux titres en écoute, comme le veut la tradition. The New Things pour le côté post-punk, Tin Birds pour le côté new/cold-wave (malheureusement plus en écoute).
Et pour finir, la vidéo, totalement dans l’esprit, de Setting Fire to Your House:


jeudi 26 février 2026

By Storm - My Ghosts Go Ghost [deadAir]

En février 1980, alors qu'AC/DC vient de publier Highway to Hell, son plus grand single, et devient un mastodonte du rock'n'roll, Bon Scott s'étouffe dans son vomi et meurt à l'âge de 33 ans. Moins de six mois plus tard, le groupe des frères Young a un nouveau chanteur, Brian Johnson, et publie 'Back In Black', le deuxième album le plus vendu de l'histoire.

En mai 1980, Ian Curtis, jeune homme torturé s'il en est, se pend dans sa cuisine à seulement 23 ans. Incapables de continuer sous le nom Joy Division, Peter Hook, Bernard Sumner et Stephen Morris  partent fonder un nouveau groupe, New Order, en se réinventant à coups de new-wave et de synth-pop dansantes, au succès planétaire.

En octobre 1991, un jour seulement après l'avoir annoncé, Freddie Mercury meurt du SIDA. Pendant quelques temps, les rumeurs circulent sur la possibilité pour Brian May, Roger Taylor et John Deacon de continuer l'aventure Queen avec un nouveau chanteur (George Michael et Axl Rose étaient évoqués dans les cours de récréation) mais le trio n'en fera rien, préférant annoncer la fin d'un des plus grands groupes du monde et capitaliser sur leur discographie gargantuesque : une telle voix et une telle personnalité sont irremplaçables.

Trois exemples, parmi beaucoup d'autres, trois façons de rebondir après la mort d'un des membres de son groupe. Trois manières, pas meilleures ou pires qu'une autre, pour savoir quoi faire après. Continuer ? S'arrêter ? Rebooter ?

Les américains d'Injury Reserve ont eu à trancher ce débat en juin 2020. Ce trio établi à Phoenix au début des années 2010, auteur de mixtapes remarquées et d'un album remarquable, a du faire face au décès soudain de Stepa J. Groggs, un des deux MC du groupe. Que faire pour RiTchie et Parker Corey, les deux membres survivants ? D'abord terminer le second album qu'Injury Reserve était en train d'enregistrer à l'époque, puis le publier quelques mois plus tard sous le nom de 'By the Time I Get to Phoenix'. Avant de se mettre en retrait, réfléchir à la meilleure manière de donner une suite à l'aventure et honorer leur ancien compère.

Il aura fallu deux ans à RiTchie et Parker Corey pour trouver la solution. Exit le nom Injury Reserve, trop lié à Stepa J. Groggs, et bonjour à By Storm. Un nom venu de la dernière chanson de 'By the Time I Get to Phoenix', Bye Storm. Pour symboliser cette transition, le désormais duo publie en août 2023 une vidéo de plus de dix minutes, présentant deux clips : celui de Bye Storm, plein d'archives vidéos de Stepa J. Groggs, puis, dans la continuité, celui de Double Trio, le premier vrai single de ce nouveau projet. Et puis plus rien pendant dix-huit mois, jusqu'en février 2025 : By Storm publie alors une nouvelle chanson, Zig Zag, prémices d'un premier album sous cette nouvelle entité, le bien nommé 'My Ghosts Go Ghost'.

Dans ce disque, il est en effet question de fantômes. Celui des productions passées d'Injury Reserve pour commencer. Car si le hip-hop de By Storm est toujours abstrackt et expérimental, le tempo est plus lent, construit sur des arpèges de guitares aux atours folktronica et indus, où glitch et beats se la jouent minimalistes, pendant que soul et jazz passent une tête de temps à autre.

D'autres fantômes traversent 'My Ghosts Go Ghost'. Ceux de la vie passée de RiTchie, qui raconte qu'il est sur le point de devenir papa, et tout ce que cela signifie : ces concessions, cette vie moins contraignante qui lui échappe, voire cette jalousie pour ce futur enfant à naître (Can I Have You For Myself?) ; ceux d'une industrie musicale qui a totalement périclité et qui ne permet plus aux artistes talentueux de s'en sortir, de vivre de l'art, obligés qu'ils sont de cumuler scène et petit boulot pour subvenir aux besoins de leur famille.

Évidemment, le fantôme le plus marquant de 'My Ghosts Go Ghost' est bien celui de Stepa J. Groggs. Mais n'attendez pas que By Storm fasse dans l'évocation pompière ou vienne étaler son chagrin à la face de son auditoire. Non, le duo rend hommage à son ami avec touché et pudeur, évoquant lui ou sa disparition au détour d'allusions sibyllines, métaphoriques voire cryptiques. Et son absence se cristallise merveilleusement sur le morceau In My Town. Une chanson de sept minutes, faite d'une ambiance assez ténébreuse, où RiTchie rappe, percutant et ciselé, son texte fustigeant l'industrie musicale, Live Nation et la difficulté de joindre les deux bouts ; en contrechamp une voix aérienne, comme évanescente, répète et psalmodie quelques uns de ses vers. Et alors que le refrain vient de se terminer, alors que le deuxième couplet devrait prendre la suite... rien. Personne au micro. La voix en arrière-plan se tait, la chanson laisse dérouler sa mélodie, sans qu'une rime ne vienne la perturber. Comme si By Storm avait conscience que cette seconde partie aurait du appartenir à Stepa J. Groggs et qu'en son absence, il valait mieux laisser la musique continuer seule, sans ses mots.

'In My Town' est l'apogée de 'My Ghosts Go Ghost', qui pourtant ne manque pas de grandes chansons : And I Dance, qui transpire de mélancolie mais a tout d'un tube, le lumineux GGG en conclusion, le curieux mais si addictif Zig Zag, Dead Weight et ses boucles hypnotiques, la formidable ouverture Can I Have You For Myself?Grapefruit et son beat répétitif et obsédant, le taiseux et embrumé Best Interest sur lequel vient rapper sur un couplet Billy Woods, seul invité de l'album, ou Double Trio 2, suite de leur tout premier single, presque grandiloquent. 

'My Ghosts Go Ghost' est un disque impressionnant de la part de By Storm, comme construit sur plusieurs niveaux musicaux, plein de strates qui se superposent ou s'emboitent, le tout produit avec une justesse folle par Parker Corey. Un album de hip-hop d'avant-garde, d'une écriture, d'une beauté et d'une finesse renversantes. Un disque de catharsis aussi. Et un merveilleux hommage à leur meilleur ami. La mort, c'est de la merde. Mais ça débouche parfois sur des miracles. (Sortie : 30 janvier 2026) 

Plus :
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute un peu de partout ici
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le site de deadAir, en version vinyle ET cd

Trois chansons de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm en écoute aujourd'hui. A tout seigneur, tout honneur, In My Town pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis And I Dance, à la mélancolie superbe et à ses atours de tube. Et enfin, GGG, la chanson de conclusion, presque pop :


A ce jour, quatre clips ont été tirés de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm. En voilà deux, l'immense In My Town et And I Dance. En bonus, la vidéo qui a fait la transition entre Injury Reserve et By Storm. Un clip de dix minutes avec une première partie consacrée à Bye Storm, la dernière chanson de 'By The Time I Get To Phoenix', dont la vidéo rend hommage à Stepa J. Groggs, et une seconde, enchainée avec Double Trio, le premier morceau composé par By Storm :