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vendredi 25 avril 2014

[Track of The Day] Florent Marchet - Ma Particule Élémentaire

Florent Marchet aime l'alternance. Voyez plutôt : après un premier album 'Gargilesse' en 2004 rempli de jolies chansons sans lien apparent, le berrichon avait sorti ce qui reste un des grands chefs d’œuvre des années 2000 avec 'Rio Baril', ou la vie un peu dépressive/déprimante d'un provincial.
'Courchevel' avait suivi en 2010, un disque loin du concept album qui faisait - notamment - la force de 'Rio Baril'.

La logique voulait donc que son 4è album (si l'on omet son autre chef d’œuvre 'Frère Animal' avec Arnaud Cathrine et ses 'Noël's Songs') soit un concept album. Et c'est le cas. 'Bambi Galaxy', drapé de sons analogiques et synthétiques, raconte l'histoire d'un homme qui doit évacuer une terre en pleine décomposition pour aller sauver (sa famille et l'humanité) à bord d'une navette.

Surprenant, déroutant de prime abord (pour moi, Florent Marchet c'est avant tout les arrangements délicieux de 'Rio Baril', où cuivre et cordes croisent le fer tout du long), mais finalement bien plaisant. Lorgnant parfois du côté du Philippe Katerine de 'Robots Après Tout' (Héliopolis) ou Alain Souchon (Bambi Galaxy), confectionnant quelques tubes pop (Que Font Les Anges ? Space Opera) Florent Marchet ne se dépare pas de ses idées noires et de ses paroles sombres et de quelques uns de ses tics qui lui vont si bien (ces chansons où il raconte plus qu'il ne chante).

Long en bouche, anxiogène par moment (Apollo 21), 'Bambi Galaxy' est plutôt une réussite. La dernière chanson est d'ailleurs là pour relever encore plus l'ensemble : Ma Particule Élémentaire (en écoute ce jour) est en effet un petit bijou, mariage entre le Florent Marchet de 'Rio Baril' et celui de 'Bambi Galaxy'. Bref, le Sufjan Stevens français se porte bien.

Album : Bambi Galaxy
Année : 2014
Label : PIAS

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Le clip de Apollo 21, le premier single de ce nouvel album de Florent Marchet :



Le clip de Heliopolis, le deuxième single de 'Bambi Galaxy' :

jeudi 16 octobre 2008

Arnaud Cathrine et Florent Marchet – Frère Animal [Editions Verticales]

‘Frère Animal’, c’est l’histoire d’une ville imaginaire inventée par Arnaud Cathrine et Florent Marchet. Un endroit où la SINOC (Société Industrielle Nautique d’Objets Culbuto) règne en maître, pourvoyant emplois, salaires et cadre de vie à ses habitants, telle une Mère Nourricière comme l’appellent ses employés.

‘Frère Animal’, c’est surtout l’histoire de Thibaut, jeune garçon un brin déprimé, qui se laisse vivre, et dont l’envie de travailler chez SINOC est aussi forte que de rencontrer le Père Recruteur, le très arrogant DRH.
Thibaut, c’est un peu tout l’opposé de Benjamin, son ami d’enfance, un gros con démago qui voit son poste chez SINOC comme l’aboutissement d’une vie, se voilant la face sur le pouvoir et l’omnipotence que peut avoir cette entreprise sur ses employés, semblable à celle que peut avoir une secte sur ses fidèles. Un gentil soldat au service d’une logique économique implacable qu’il n’imagine pas en somme.
Il y a aussi Renaud, le frère de Thibaut. Un homme qu’il déteste pour tout ce qu’il représente. Cette ville. Ses échecs. Ce chemin de vie tout tracé qui lui intime de mettre ses pas de ceux de son père. Et il y a Julie, la petite amie de Thibaut (chantée par Valérie Leulliot d’Autour de Lucie), seule lumière dans sa nuit, amoureuse comme jamais et qui ne rêve que de Bruxelles, d’arts et de culture.

‘Frère Animal’, c’est un peu tout cela à la fois. Un second album-concept de suite pour Florent Marchet et Arnaud Cathrine après le somptueux ‘Rio Baril’ de l’an passé, qui dépeignait, avec talent, la vie, les tourments, les doutes, les peines et les joies d’un jeune homme dans une ville (déjà) imaginaire.
Mais c’est surtout un roman-musical (publiée aux Éditions Verticales, cette œuvre est disponible dans la bibliothèque d’un libraire et non pas dans les bacs d’un disquaire) d’une noirceur incroyable. Une critique virulente et imagée d’un projet industriel où la valeur travail est le socle de tout. Où l’individu n’est rien. Où l’on porte au pinacle des objets à fond ronds en leur faisant croire qu’ils vont sauver l’humanité. Un disque où le cynisme tient le premier rôle. Un livre où les textes, étalés sur 90 pages, prennent encore plus de poids imprimés.

‘Frère Animal’ est un concept-album gigantesque, terrifiant dans sa façon de raconter et de se retrouver confronté à une vie que l’on connaît (ou qu’on a le sentiment de connaître). D’entendre les phrases de ce DRH chargé du recrutement, raciste et odieux. De sentir la détresse de cet employé modèle viré pour cause d’âge avancé. De côtoyer au plus près une machine industrielle qui détruit chaque jour un peu plus des employés en faisant mine de les cajoler. De comprendre la manipulation médiatique.

‘Frère Animal’, c’est tout ça : l’histoire d’un jeune homme qui tente de sortir des griffes d’une broyeuse économique et d’un chemin tout tracé. Le tout posé sur une musique pop, fidèle aux deux premiers albums de Florent Marchet, les orchestrations de cuivres et cordes en moins. ‘Frère Animal’ est un très grand album. Et un livre inspirant. Qui donne à réfléchir. Autant qu’il terrifie, tant la vision est juste et pourrait être transposée au monde réel dans lequel nous nous débattons chaque jour un peu plus. (parution : 6 mars 2008)


Son :
Myspace (Trois titres de ‘Frère Animal’ en écoute)
Site Officiel


Trois titres exceptionnellement. Un titre avec Florent Marchet au micro, pop énervée, pour La Traduction. Un second, Entre Les Mailles du Filet, avec la belle Valérie Leulliot au chant. Et enfin, un morceau plus «parlé» d'Arnaud Cathrine, Le Martinet où le discours du DRH, le Père Recruteur, digne de celui d’un gourou d’une sect (malheureusement plus en écoute).
Ces titres là ont-ils une raison d’exister sans 16 autres ? Peut-être pas. Mais espérons qu’ils vous donneront l’envie de vous jeter chez votre libraire le plus proche.

Et pour finir, le clip de La chanson du DRH :


vendredi 4 février 2022

[Track of The Day] Florent Marchet - De Justesse

Combien de fois par jour nous plaignons nous de ne pas avoir de chance, de ne pas être verni ? Vous savez, ces matins avec ce camion poubelle devant vous qui s'arrête tous les dix mètres alors que vous êtes déjà en retard ; ces feux rouges qui se multiplient alors que vous devriez être au boulot depuis vingt minutes ; ce chauffage qui tombe en panne en plein hiver avant que votre lave-linge lâche à son tour le lendemain ; ce foutu tirage de l'EuroMillions qui vous donne les quatre premiers numéros mais pas le cinquième ni les deux étoiles et vous fait gagner 14,5 € au lieu des 127 millions mis en jeu. Bref, ce genre de foutaises où l'on pense que l'on est maudit sans trop réellement savoir pourquoi.
 
Pourtant, à bien y réfléchir, ne sommes nous pas de sacrés veinards d'être encore là trente, quarante ou soixante ans plus tard ? En ce qui me concerne, j'ai plutôt tendance à le penser. Parce que oui, après réflexion, je peux sans hésitation dire que pendant les quarante-deux années de ma vie, j'ai été chanceux à bien des égards. 
Chanceux à 5 ans lorsqu'un soir, alors que je prenais un bain avec ma petite sœur de trois ans ma cadette et que, les pieds dans l'eau, j'étais en train de lui sécher les cheveux au sèche-cheveux, mon père était rentré dans la pièce et sans crier ni paniquer devant pourtant la scène d'électrocution qui nous attendait, avait débranché la prise à la vitesse de l'éclair, avant de m'engueuler et de nous prendre dans ses bras.
Chanceux à 14 ans d'avoir eu ma petite sœur à mes côtés pour me raisonner alors que dans un élan dépressif aigu et fatigué des moqueries continuelles sur ma taille et mon corps qui tardait à entrer dans l'adolescence, j'étais monté sur le rebord de la fenêtre de ma chambre située au deuxième étage de l'immeuble où nous habitions, prêt à faire une connerie.
Chanceux à 30 ans, un soir de début d'été, d'avoir escaladé des rochers abruptes au petit matin d'une soirée bien trop longue et alcoolisée, pour rejoindre un promontoire situé à huit mètres de haut, pour sauter dans une rivière, remonter à la surface, recommencer une seconde fois, comme pour mieux tirer le diable par la queue, et de m'en sortir indemne.
Chanceux encore de toutes ces soirées trop arrosées où, inconscient comme jamais, je suis rentré au volant sur plusieurs kilomètres sans tuer ni moi ni une autre personne,
 
Des exemples comme ceux-ci, j'en ai cent, j'en ai mille, j'en ai dix-mille - et vous aussi sans doute. Ces moments, aussi anecdotiques que marquants, où le destin s'est suspendu un instant et a décidé de me laisser une énième chance de m'en sortir en se disant sans doute que j'allais bien finir d'arrêter de jouer au con.

C'est tout ceci qui est au programme de De Justesse, le nouveau single de Florent Marchet, artiste aimé de ces pages depuis la sortie de 'Rio Baril', chef d'œuvre absolu de pop à la française et jamais égalé depuis sa sortie en 2007. Un Florent Marchet discret - en solo - depuis huit ans déjà et 'Bambi Galaxy', et qui revient là avec un titre à la mélodie mélancolique et sublime, où il raconte des souvenirs qui parleront à tous (certains de ceux qu'il énumère nous les avons tous vécus, voir plus haut) où tout s'est joué à rien et où l'on s'en sort de justesse. Une chanson magnifique, chantée de cette voix qui n'a pas bougé et qui manquait, où l'insouciance de l'enfance se confronte à la peur irrépressible de parents jamais préparés au pire et qui espèrent que la vie ne sera pas trop dure avec leur progéniture en leur permettant à chaque fois de s'en sortir. Fut-ce de justesse.

Album : Garden Party
Année : 2022
Label : Nodiva

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, De Justesse de Florent Marchet est également en écoute via son clip ci-dessous :

lundi 3 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 50-31



Après une semaine de noël et de réveillon à bourlinguer d'Ardèche en Bretagne, suite et fin des traditionnels top de fin d'année. Des tops qui ont continué d'affluer pendant la semaine, notamment celui de Dans Le Mur du Son (auquel je n'aurais pas participé, perdu que j'étais au fin fond des Côtes d'Armor), de Feu à Volonté (singles cette fois), de Francky de Muzik&Cultures ou de La tête à Toto. Et pendant ce temps là, Des Chibres et des Lettres nous aura pondu pour sa part un Flop 2010.

Quant à ce blog, après le top Ep et autres 7", après un top 50 singles, place maintenant au top 50 albums, comme chaque année, divisé en trois parties.
Il est à noter qu'au bas de chaque article, vous retrouverez un lecteur grooveshark proposant une chanson de chacun des albums évoqués au-dessus. Et au bas de chaque chronique, un petit plus vous emménera vers une chronique, d'ici ou d'ailleurs, si vous voulez en savoir plus.

La première partie débute maintenant, en tout cas, juste après vous avoir souhaité mes meilleurs vœux pour l'année qui s'ouvre.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


50. Clogs – The Creatures in the Garden of Lady Walton [Brassland]
'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents de la part de Clogs mais qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer en invitant un instrument très rare jusque là chez eux : la voix. Résultat très convaincant où les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose primordiale chez Clogs.
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49. Canasta – The Fakeout, the Tease and the Breather [-]
Découvert grâce à feu Bopper, Canasta est un groupe de Chicago qui aura sorti en 2010 son deuxième album... toujours à sa façon vu que le groupe n’est incroyablement pas signé. Pourtant leur pop qui sait être aussi épique qu’intimiste a de quoi ravir plus d’une oreille. Car il y a ici plus d’une belle chanson et de refrains à fredonner que sur beaucoup d'albums encensés ici et là.
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48. The Bamboos – 4 [Tru-Throughs]
Originaire de Melbourne, The Bamboos aligne, dans un déluge de cuivres, des titres aussi bien uniquement instrumentaux que chantés par la belle voix de Kylie Auldist. Naviguant entre soul et funk, tirant son inspiration de décennies cultes pour le genre (Like Tears In Rain n’aurait pas fait tâche sur les compilations 'Motown Dance Party', tant son rythme est une euphorique invitation à la danse) est une belle découverte qui ne s'estompe pas malgré les écoutes.
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47. Cabins – Bright Victory [Ivy League]
Quatuor australien, les Cabins auront fait pour leur premier sortie discographique, dans le court mais l’incisif. Un album à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues pour mieux imposer une ambiance lourde dans ses morceaux. Avec toujours un vrai souci.
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46. Avi Buffalo – st [Sub Pop]
Premier album pour Avi Buffalo, groupe originaire de Long Beach. Un disque alternant entre chansons pop-folk plutôt classique et pop capable d'élans inattendus, presque à tiroirs (notamment sur les deux derniers morceaux). Un groupe qui fait penser, notamment à cause de la voix qui survole l’album, à une version pop-folk de MGMT. Belle découverte.
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45. Allo Darlin’ – st [Fortuna Pop!]
Cette découverte, je la dois à Discobloguons qui aura su se montrer suffisamment persévérant. Et il aura bien eu raison. Pas ébouriffante aux premières écoutes mais rapidement rafraichissante comme tout, leur twee-pop (c’est l’année) est quand même du meilleur effet, portée qu’elle est par une bien jolie voix.
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44. Laura Veirs – July Flame [Bella Union]
C’est qu’on aurait presque oublié que Laura Veirs a publié un album en 2010. Et pourtant, il mérite le détour. Un album simple, globalement acoustique bien que largement arrangé. Alors certes, un album de miss Veirs, c’est peu ou prou la même chose que les précédents. Mais ‘July Flame’ est, justement, un beau retour de flamme de la part de l’américaine. Et puis pouvons nous décemment nous plaindre d’avoir à disposition autant de belles compositions ? Non. Donc on prend. Et plutôt deux fois qu’une.
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43. Erik Arnaud – L'Armure [Matrice]
Copain de cordée de Florent Marchet, Erik Arnaud reprend sa carrière discographique personnelle. Tout au long des 10 chansons de l'album, très sombres, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).
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42. Eluvium – Similes [Temporary Residence]
Après un coffret aussi hors de prix que magnifique, Eluvium, un des maitres des chansons éthérées et ambiantes, revient avec un nouvel album qui marque une rupture avec ses précédentes livraisons. Matthew Cooper se met effectivement à chanter, et il le fait plutôt bien d’ailleurs. Mais loin de s’enorgueillir de cette nouvelle orientation, Eluvium laisse ici la musique au centre de tout, sa voix n’étant qu’un ajout et un atout de plus à apporter aux chansons de ce décidément talentueux bonhomme.
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41. Tom McRae – The Alphabet of Hurricanes [Cooking Vinyl]
Pendant longtemps, le seul album vraiment valable de Tom McRae a été son premier. Depuis, le britannique allait de déception en déception, édulcorant chaque fois un peu plus ce qui faisait le sel de ses compositions. ‘The Alphabet of Hurricanes’ casse la spirale infernale dans laquelle Tom McRae s’était installé et prouve que notre homme a du talent. Sombre et mélancolique, cet album montre un Tom McRae inspiré, triste comme la pluie et qui semble avoir retrouvé son stylo magique.
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40. Black Mountain – Wilderness Heart [Jagjaguwar]
Produit, entre autres, par Randall Dunn (producteur notamment de Sunn o))), Boris ou Earth), 'Wilderness Heart', troisième album des Black Mountain, aura été une bonne surprise tant leur second disque m’avait déçu. Jouant moins la carte de l’exercice de style comme avant, le combo de Vancouver séduit immédiatement avec son rock stoner et psychédélique. Une sorte de rencontre entre les Queens of The Stone Age et les Stooges, les claviers vintage en plus.
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39. Math and Physics Club – I Shouldn't Look As Good As I Do [Matinée]
Coincés et à l’étroit dans leur coccinelle bleue, Math and Physics Club est le type de groupe pour lequel il est très facile de tomber sous le charme : bluettes genre Belle and Sebastian, folk-pop innocente et légère, compositions optimiste et lumineuses. Mais ne croyez pas qu’il s’agit ici d’un disque facile et interchangeable : on ne tombe pas aussi fou d’un album de ce genre là comme ca.
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38. Johnny Cash – American VI: Ain't No Grave [American]
Sixième et dernière sortie des collaborations entre Johnny Cash et Rick Rubin, ‘American VI: Ain't No Grave’ est tout sauf le raclage de fonds de tiroir de trop. Car, bien que très proche de ses dernières heures, Johnny Cash dans son style inimitable, arrive par le biais de nouvelles compositions ou de reprises opportunes, à faire vibrer les cœurs. La mort n’est pas loin et rôde autour de cet album. Et pourtant il semble qu’elle n’arrivera jamais à son but tant la force des interprétations de Cash est inaltérable.
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37. Le Futur Pompiste – st [Shelflife]
Derrière ce nom un peu idiot se cache un groupe finlandais que j’avais découvert un soir de discussion dans un salon plein d’oiseaux bleus en 2003. Depuis cette époque et malgré la qualité de leur premier album, rien. Sept ans plus tard, je retombe sur ce groupe au hasard d’une news quelconque. Le Futur Pompiste n’a rien perdu de sa qualité de compositions, sorte de Stereolab a-like. Bien au contraire.
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36. Florent Marchet – Courchevel [Nodiva]
Allongé sur une peau de bête, affublé d’une fine moustache que n’auraient pas reniés certains footballeurs allemands des années 80, Florent Marchet serait-il tombé du côté obscur de la force, à n’être qu’une caricature de ce qu’il souhaite se moquer ?
Que neni ! Disque court, ‘Courchevel’ est empreint à nouveau de belles chansons aussi touchantes que grinçantes, au-dessus desquelles plane toujours cette vision désabusée (ou presque) de la vie. Et prouve s’il en était besoin que Florent Marchet reste un artiste majeur français.
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35. Ólafur Arnalds – ... And They Have Escaped The Weight Of Darkness [Erased Tapes]
Ólafur Arnalds aura été en 2010 une découverte. Un soir de journée ratée, je suis tombé chez Kris sur une chanson de cet album et j’ai été subjugué : compositions mélancoliques et déchirantes sur lit de cordes, le tout menées par un piano aussi omniprésent que discret. ‘... And They Have Escaped The Weight Of Darkness’ est un album sublime mais triste. Et Ólafur Arnalds le pendant pop de Max Richter.
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34. Laura Marling - I Speak Because I Can [Virgin]
Faisant tourner les têtes de pas mal de groupes (Noah and The Whale il y a quelques années, Mumford and Sons aujourd'hui), Laura Marling n’est en rien une arriviste. Mais une artiste accomplie dont les diverses sorties discographiques de cette année m’auront stupéfié un peu plus. ‘I Speak Because I Can’ a été la première de celles ci. Un album fade de prime abord mais qui se dévoile rapidement, porté par la voix forte de Laura Marling. Et puis quelqu’un qui ose reprendre avec tant de justesse Jackson C. Frank ne peu être que quelqu'un de bien.
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33. Baths - Cerulean [anticon]
Si l’on met de côté Why ?, ca faisait presque un moment que je n’avais pas été touché par un disque de chez anticon. Nouvelle signature d’anticon, Baths est en tout cas le genre de disque qui donne envie de se lover dans une piscine de coton. Et, accessoirement, la rencontre de Daedelus et de The Avalanches, avec un brin d'Animal Collective au-dessus de tout ca.
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32. Villagers - Becoming a Jackal [Domino]
A l'époque, première écoute, je n’avais pas du tout été emballé. Et puis devant des avis dithyrambiques, j’ai ressayé. Et je suis tombé plus que sous le charme. Le premier album de Villagers (Conor O'Brien à la ville, irlandais de son état, aperçu chez The Immediate) est vraiment superbe. Des compositions et des mélodies touchantes qui ne tombent jamais dans le pathos, le tout entouré d’une production bien ronde comme il faut. Sacrés débuts !
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31. Madlib – Madlib Medecine Show [Madlib Invazion]
Producteur émérite et défricheur musical professionnel, Madlib s’est lancé à la fin 2009 dans un projet un peu fou : sortir douze compilations/mix-tapes à sa sauce, traitant à chaque fois d’un thème musical défini : musique brésilienne, africaine, reggae, disco, etc… le tout, à la sauce Madlib, forcément.
S’il ne réussit pas son pari d’en sortir douze (neuf compilations ont «seulement» vu le jour pour le moment), artistiquement c’est de haut niveau. Pas tout le temps certes, mais globalement ces compilations ‘Madlib Medecine Show’ sont ambitieuses, détonantes, rarement ennuyeuses et proposent là un véritable voyage musical. Et dans le genre GO de luxe, on ne pouvait rêver mieux que Madlib.
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Et pour finir donc, un lecteur permettant d'écouter un morceau de chacun des 20 albums présentés ci-dessus :




vendredi 24 décembre 2010

Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


Le top des blogueurs à la grande élégance avait ouvert les hostilités et depuis les tops tombent comme à gravelotte. Chez Requiem pour un Twister, chez Blake ou chez Cecile ou Benjamin. Tandis que La Buze fait son top des concerts qu'il a ... raté en 2010!

Car oui, comme toute fin d'année qui se respecte et comme le veut la tradition, voilà donc le top de fin d'année. En tout cas, le mien. Histoire de faire un bilan de l'année écoulée, de ce que j'ai aimé, adoré et écouté plus que de raisons.


Comme à chaque fois dans ces pages, tout va se passer en trois parties:

1) Une sélection de 20 Eps, 7", Compilations et tout le tralala

2) Une sélection de 50 chansons/singles

3) Une sélection de 50 albums pour finir, les 50 à mes oreilles


Vous trouverez un lecteur grooveshark en bas de chaque top présentant une chanson de chacun des disques présentés. En espérant que chacun y trouve son compte en chouettes ritournelles.


Ainsi, pour débuter, petit retour sur une année riche en formats courts et en compilations. Une sélection qui met de côté les rééditions (j'aurais pu citer celles d'Arab Strap, mais il faut bien faire quelques choix) pour mieux se concentrer sur une flopée d'Ep exquis et autres 7" de haute tenue. Notamment.


Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'


7"










Je pourrais sélectionner bien plus de quatre seven-inch. Mais l’affaire serait un peu longue. Et il faut savoir trancher.
Commençons donc avec un peu de soul et la sublime reprise de Femme Fatale du Velvet Underground par Aloe Blacc, servie dans un très bel écrin (Aloe Blacc – Femme Fatale 7" – Stones Throw – +).

On enchaîne par LE groupe qui fait le plus honneur à ce très beau format qu’est le 45 tours ces dernières années, The Pains of Being Pure at Heart, auteur cette année de deux sorties de très grande qualité, mais dont la plus récente est au-dessus. Deux chansons qui laissent présager du meilleur pour leur nouvel album à venir, plus shoegaze-noisy rock que jamais. (The Pains of Being Pure at Heart – Heart In Your Heartbreak 7" – Slumberland – +)

On continue avec le duo canadien de Japandroids et leur garage-punk-noise (que sais-je encore). Moins bruyant que leur 'Post-Nothing', 'Heavenward Grand Prix 7"' a un côté noise-pop plus prononcé. Et est d'une efficacité qui vous prend aux oreilles pour ne plus vous lâcher. (Japandroids Heavenward Grand Prix 7" Polyvinyl)

Et que dire de la belle Laura Marling et de sa guitare folk qui rend un vibrant hommage à deux monstres de la musique que sont Jackson C. Frank et Neil Young ? Merci, tout bêtement (Laura Marling – Blues Run The Game 7" – Third Man Records – +)











12"

A chaque année son groupe qui fera l’année 2011. Le grand gagnant de 2010 est Wu Lyf (World Unit/Lucifer Youth Foundation), originaire de Manchester et très mystérieux sur son identité, pour qui le net semble avoir pris fait et cause depuis quelques semaines déjà. Auteur d’un premier 12" intriguant avec lo-fi empreint d’ambiance de cathédrale et voix habitée et décharnée, les Wu-Lyf sont quelque part la rencontre entre le Animal Collective des débuts (certes en beaucoup moins expérimental) et Mark E. Smith. Plus que très prometteur. (Wu Lyf – Heavy Pop 12"+)



S'il n'a pas la folie du leader de The Fall, Simmo, chef de troupe des Souvaris, est tout de même fou. Simmo aime aussi les bisous. Et la France. D’ailleurs, c'est tout Souvaris qui aime notre contrée hexagonale. A tel point que le groupe partage l’affiche avec Sincabeza, combo girondin, sur un ‘Clown Jazz 12"’, disque qui voit les anglais de Nottingham s’éloigner du post-rock de leurs débuts pour mieux embrasser une musique aussi rock, math, noise que jazz qui leur va bien. Et vu que Sincabeza via son punk et son atmosphère tendue fait le boulot, vous comprenez pourquoi ‘Clown Jazz 12’’’ se retrouve dans ce top 20. (Souvaris / Sincabeza – Clown Jazz (Split 12") – Gringo – + )


Stupéfiant. ‘Archer on the Beach 12"' de Destroyer est stupéfiant. Un disque qui voit Dan Bejar inviter Tim Hecker et Loscil pour deux chansons d’ambiant splendides où le leader du groupe canadien se met littéralement au service de ses deux invités d’un jour. Deux très longs morceaux dont un Grief Point renversant (Dan Bejar parle, Loscil s’occupe du reste). (Destroyer – Archer on the Beach 12" – Merge – +)




C'est l'électro qui clôt ce quatuor de 12". Vu que leur première collaboration avait été fructueuse, l’allemand Boys Noise et l’anglais du Bosphore Erol Alkan ont remis ça pour un split 12’’ qui mêle aussi bien puissance sonore que longues montées lancinantes s’achevant dans de grandes déflagrations. Et à chaque fois, l'efficacité en point de mire. (Boys Noize / Erol Alkan – Avalanche/Lemonade 12" – Phantasy Sound – + )





Ep












La large sélection des Eps débute par ‘Leaves Eclipse The Light Ep’ d’Eluvium, disque qui fait suite au très bon ‘Similes’ où Eluvium (aka Matthew Cooper) se découvrait un organe vocal sur des compositions toujours éthérées et planantes. Ici, trois chansons, dont une originale (de près de 11 mns) et un remix aussi subtil que divin de Four Tet. (Eluvium – ‘Leaves Eclipse The Night Ep’ – Temporary Residence – +)

Un titre qu'Eluvium peut partager avec Low qui propose de télécharger gratuitement depuis quelques semaines son ‘Live at Eindhoven Ep’, enregistré en janvier 2009 dans une église. Low, un groupe qui à chaque nouvelle sortie semble repousser toute épreuve du temps. Car ces quatre titres live sont un bonheur absolu. Fins, habités, ces versions live sont à l’image de Low : essentielles. (Low – ‘Live at Eindhoven Ep’+)

Vous voulez un autre artiste essentiel ? Prenez Florent Marchet alors. Continuant à alimenter sa belle discographie, albums après albums, Florent Marchet a sorti de sous sa peau de bête six chansons de noël. Souvent comparé à Sufjan Stevens, le berrichon suis la même voie que l’américain. Il aurait eu tort de se priver : son Ep propose des relectures de classiques bien trouvées, avec en point d’orgue une bien belle version instrumentale et électrique de Petit Papa Noël. (Florent Marchet & Le Courchevel Orchestra – Noël's Songs Ep – Nodiva – +)

Mondrian n’est pas aussi confirmé que Florent Marchet. Forcément, ils viennent de sortir leur premier disque. Mais si leurs prochains essais discographique ont le coffre de leur ‘Pop Shop Ep’, nul doute qu'ils perceront très vite. Voilà un disque épatant où se mêle clappings, banjos, piano et chant en anglais ; Bref, le symbole d’une pop française (ou frenchy) qui se porte comme un charme. (Mondrian – Pop Shop Ep+)

Troisième disque français de ce top, ‘3’ de Rien est le premier disque d’un triptyque annonçant la soit-disant fin du groupe en 2014. Rock, qu’il soit post, math ou prog, ‘3’ voit les grenoblois tracer leur route sur fond d’hyper espace, avec toujours ce soin si particulier accordé à la production de leurs compositions. Ces gens là ont définitivement TOUT pour eux. (Rien – 3 – Amicale Underground – +)












L’autre qui a tout pour lui, c’est Sufjan Stevens. Auteur d’un retour aussi fracassant qu’inattendu, un des héros de l’auteur de ces lignes aura commencé par amadouer son auditoire par un des Ep les plus longs de l’histoire (60mns, 8 titres !), véritable retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres. Enivrant. (Sufjan Stevens – All Delighted People Ep – Asthmatic Kitty – +)

Depuis leur premier album, les Mumford and Sons sont devenus de vrais chouchous de ces pages. Leurs mélodies, leur entrain, tout me plait chez eux. Sous le nom de The Wedding Band, le groupe a sorti un 4 titres, disponible uniquement en vinyle (et à leurs concerts), entre folk, country et musique traditionnelle. Qui donne envie d’en écouter bien plus. (The Wedding Band – The First Dance Ep)

Première sortie de Warmest Chord, label formé notamment par des ex-Rough Trade, 'Evertide Ep' a été un coup de foudre eighties instantané. J'ai découvert ce groupe d'un seul homme (Jack Tatum) par ce biais là. Et sur les trois titres, ce voyage sur les terres du shoegaze, d'une pop quelque peu rêveuse et d'ambiances rappelant certaines des Cure, est bien plus qu'agréable. (Wild Nothing - Evertide Ep - Warmest Chord)

Mais s’il ne devait rester qu’un seul Ep sur cette année 2010, cela serait assurément lui : la collaboration entre Mumford and Sons, Laura Marling et le collectif indien Dharohar Project. Un mélange de mélodies anglo-saxonnes avec ambiances indiennes. A moins que cela soit l’inverse. Décapant, très inspiré, efficace comme rarement, cet Ep ne contient que quatre chansons. Mais même après des dizaines et des dizaines d’écoutes, il est toujours aussi difficile de s’en passer. Ah, Meheni Rachi... (Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project – Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project Ep – Island – +)











Compilations


Plongée remarquable dans l’œuvre d’avant-garde de David Sylvian, ‘Sleepwalkers’ est une compilation comme on en fait que trop rarement. Intelligente, foisonnante, passionnante, elle est une formidable porte d’entrée dans l’esprit talentueux de cet indie-crooner auteur de certains de mes plus beaux émois. Histoire de faire les choses bien, la pochette de l’album est en totale adéquation avec la compilation qu’elle orne. Must-have. (David Sylvian – Sleepwalkers – SamadhiSound – +)



Très talentueux eux aussi, les Piano Magic continuent leur petit bonhomme de chemin, alignant les albums comme si de rien n’était. Leur dernière livraison en date est une compilation faites maison où le groupe anglais propose une relecture plus acoustique de certaines de ses plus belles chansons. Aventure qui aurait pu s’avérer vaine et poussive. Il n’en est rien, loin de là. (Piano Magic – Home Recordings – Second Language)



La découverte des Carissa’s Wierd, je la dois à J-P de Next Music qui au détour d’un papier m’avait converti en moins d’une chanson qu'il ne faut pour le dire à ce groupe de Seattle. Il faut dire que leur pop/pop-rock, leurs mélodies tristes mais belles, pleines de cordes et portées par de jolis grains de voix très harmonieux, sont extrêmement touchants. Séparé depuis 2003, Carissa’s Wierd aura sorti cette année ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’, au titre qui reflète bien l’esprit de leurs chansons. Une compilation qui vaut le détour. (Carissa’s Wierd – ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’ – Hardly Art)



Histoire de faire les choses bien, et comme prévu, voilà un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessous. Bonne(s) écoute(s)!




jeudi 8 juillet 2010

[Track of The Day] Florent Marchet - Benjamin

J'ai un ami espagnol (dont je vous laisse imaginer la teneur en joie de son appel d'hier soir) qui ne cesse de répéter depuis que je l'ai rencontré qu'il a … 25 ans. Alors qu'il en a 32. Ainsi, chaque année, on célèbre son 25è anniversaire, invariablement. Beaucoup pour la blague mais également un peu pour le sérieux de l'affaire, tant il semble convaincu qu'il a encore aujourd'hui 25 ans.

Benjamin, un des héros du nouvel album de Florent Marchet, 'Courchevel', semble avoir beaucoup de problèmes, et notamment le même que mon ami. Il est, à en croire l'auteur de 'Rio Baril', resté coincé à une époque bénie, où il était étudiant et qu'il n'avait pas à se soucier du reste («depuis le temps qu'il fête ses vingt ans»).

Premier single extrait de son nouvel album à venir (le 11 octobre, mais repoussé depuis 8 mois déjà), Benjamin est une belle porte d'entrée à ce 'Courchevel' que j'attends plus qu'impatiemment. Et qui prouve par la même que Florent Marchet n'a pas changé son fusil d'épaule et qu'il reste, avec Arnaud Fleurent-Didier, un des tous meilleurs storyteller français du moment ('Rio Baril' ou 'Frère Animal' sont là pour le prouver, au cas où). 

Album: Courchevel 
Année: 2010 
Label: PIAS

lundi 12 septembre 2011

[Track of The Day] Florent Marchet - Ground Zero

Il y a beaucoup d'évènements importants qu'on oublie. Et d'autres aussi importants mais parfois tout aussi anodin qui restent gravés dans nos mémoires. On se souvient de tout: de l'endroit où l'on était, aux personnes à qui l'on a parlé, nos réactions sur le moment.

Je me souviens de l'annonce de la mort de Bérégovoy car un épisode de Beverly Hills avait été coupé pour un flash spécial (jamais vu la fin de cet épisode soit dit en passant). Je me rappelle de l'annonce de la mort d'Yves Montand (et pourtant même mes parents n'étaient pas fans), coincé que j'étais dans la voiture parentale, sous la pluie, arrêté à un feu rouge.
La majorité a sans doute oublié ces deux évènements mais moi, bizarrement, ces deux annonces se sont imprimées dans ma mémoire pour je ne sais quelle(s) raison(s).

Par contre, tout le monde se souvient de ce qu'il faisait au moment où il a appris les attentats du 11 septembre.
Pour ma part, je rentrais du boulot, j'allais commencer à faire ma valise pour partir vivre un an dans le trou du cul de l'Angleterre (Coventry, here I come), j'étais passé rapidement au McDo pour ne pas avoir à me faire à bouffer. Je ne l'ai jamais mangé d'ailleurs.
Je suis resté scotché comme tous devant ma télé, ne comprenant pas trop ce qu'il se passait, je n'ai pas compris non plus quand le deuxième avion a percuté la seconde tour. Ni quand celles-ci se sont effondrées. Je me suis dit que ceux qui avaient fait ça allaient en prendre plein la tête. Et je me suis amusé à entendre les revendications les plus insolites.

Florent Marchet lui aussi se souvient de ce moment. Et pour "l'anniversaire" des 10 ans de ces attentats, il a composé une petite chanson, sobrement intitulée Ground Zero. D'aucuns y verront un opportunisme mal placé. J'y entends pour ma part surtout une bien jolie chanson.

Album: -
Année: 2011
Label: -



Ce Ground Zero de Florent Marchet est également disponible au format Soundcloud ci-dessous (et à télécharger gratuitement en cliquant sur la petite flèche noire). (malheureusement plus en écoute)

jeudi 25 février 2010

Erik Arnaud - L'Armure [Matrice]

Erik Arnaud est un homme qui prend son temps. Entre son deuxième album 'Comment Je Vis' et ce 'L'Armure' s’est écoulé 8 ans. Huit longues années durant lesquelles il n'aura pas fait que roupiller à poil sur un matelas dégueulasse avec Neil Young en guise de Jiminy Cricket, mais plutôt à passer de l’autre côté de la vitre pour travailler, notamment, avec Karl-Alex Steffen (un mec bourré de talent, dont le premier ‘Billet Express’ avait beaucoup tourné dans mes oreilles) ou 
avec son vieux compère Florent Marchet sur ‘Rio Baril’ et le livre-disque ‘Frère Animal’ (sur lequel il viendra également poser sa voix).



Huit longues années pour se reconstruire en tant qu’en artiste et pour se remettre de son éviction de chez les affreux Labels en 2004.
Et comment se remettre sur les rails? En deux temps: tout d'abord en créant sa propre structure, Matrice, nommée en hommage à Gérard Manset dont Erik Arnaud est grand fan; puis en signant un deal avec les toujours très surs Monopsone (on leur doit des albums de Laudanum, de Giardini di Mirò ou le premier Abstrackt Keal Agram) pour la sortie de 'L'Armure'. Trois étapes donc et qui sont à l’origine de ce nouvel album très réussi.

Ne connaissant alors que la partie émergée de l’iceberg, ‘L’Armure’ est ma première rencontre avec Erik Arnaud, . Et quelle belle rencontre!
Sur un disque assez court (même pas 35 mns), il propose un album rock mais à la géométrie variable. Car si Rocco, Cheval (sublime chanson d’entrée), Combat ou la reprise de Vies Monotones de Manset sont bien des morceaux rock, Erik Arnaud en profite aussi pour la jouer plus pop. Une pop aussi bien enthousiasmante (excellent Richard Cordoba, Nous Vieillirons Ensemble) ou plus introspective et déprimée (Nous Sommes, Abigaël), voire carrément éthérée (L’Armure, qui clôt l’album).

Tout au long de ses 10 chansons, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).

Un univers que l’on retrouve également dans ‘C’est Pas L’Enfer Ep’, un mini-album sorti l’an passé, déjà chez Matrice et Monopsone et disponible gratuitement sur le site officiel d’Erik Arnaud, et qui se veut le parfait complément de ce ‘L’Armure’.

On pourra lui reprocher (je suis taquin) de parfois en faire un peu trop vocalement parlant. Mais oubliera vite ce petit détail, pour retenir surtout qu'Erik Arnaud (en tout cas quand on vient de le découvrir comme moi) est aussi doué derrière les manettes qu’aux commandes d’un album de rock français, aux textes intelligents et noirs.

J’espère en tout cas qu’il ne me fera pas mentir avec la sortie de ‘Courchevel’, nouvel album de Florent Marchet à venir, où il est une de fois de plus impliqué. (sortie : 1er Février 2010)

Bien que l’album doit se trouver en vente un peu partout, vous pouvez également le commander ici. Histoire de soutenir Monopsone, petit label aux choix artistiques gros comme ça.

Son :
Myspace (un mash-up de ‘L’Armure’ en écoute)
Site officiel (3 chansons de 'L'Armure' en écoute)

Deux chansons en écoute. Cheval, qui ouvre ‘L’Armure’, un tube en devenir, et le presque acoustique et rapidement entêtant Abigaël (malheureusement plus en écoute).