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lundi 21 avril 2008

Track of The Day (15-21 avril 2008)

Une semaine placée sous le signe du travail, de l'acharnement, de la déception, des voyages, d'un tour de France. Ce qui explique le manque cruel de nouveautés. Mais bon, tant que y a du bon hein... (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)

Lundi 21 avril 2008:
* Coldplay - 'Til Kingdom Come [Parlophone]
Entre les anti et les pros de Coldplay, je suis clairement positionné dans la seconde catégorie. Parce qu'ils savent sortir des mélodies qui tuent. Parce qu'ils parent leurs albums de chansons plus mémorables les unes que les autres. Et parce qu'ils sont capables de pondre des choses simples et belles comme ce 'Til Kingdom Come, hidden track sur leur dernier 'X&Y'.
(disponible sur X&Y, 2006)

Dimanche 20 avril 2008:
* The Postal Service - Against All Odds (Phil Collins cover) [Lakeshore Records]
Ben Gibbard & Dntel en 2004, au lieu de bosser sur leur nouvel album qui ne verra sans doute jamais le jour, sortaient une reprise de Against All Odds de l'horrible Phil Collins, pour la bande originale de 'Wicker Park'. Ils ont bien fait, leur version vaut bien mieux que toutes les versions que l'empaffé de batteur chauve pourra jamais sortir.
(disponible sur Wicker Park OST, 2004)

Samedi 19 avril 2008:
* Autour de Lucie - Je Reviens [BMG]
Porté par la belle voix de la (aussi) très belle Valérie Leulliot, retombons dans ce Je Reviens de l'an 2000. Une chanson toujours aussi aérienne, huit ans, après, toujours aussi réussie. Toujours aussi touchante.
(disponible sur Faux Mouvement, 2000)


Vendredi 18 avril 2008:
* Rapture - Transfixion [Century Media]
Ne confondons pas: ce groupe là n'a rien à voir avec les faiseurs de tubes à la Olio ou Get Myself Into It. Non. C'est juste un groupe de métal (FM? Pas FM? Ma connaissance du métal étant plus que limitée, je dois avouer n'en savoir rien) finlandais découvert, par hasard, en 2003 avec leur 'Songs For The Withering', plus jouissif tu meurs.
(disponible sur Songs For The Withering, 2003)

Jeudi 17 avril 2008:
* Sophia - Where Are You Now? [Flower Shop]
Robin Proper-Sheppard a un talent certains: celui de faire des balades tuantes. Alors oui, leur 'Technology Won't Save Us' de 2006 n'est certainement pas leur meilleur album, ni même un disque vraiment bon. Mais on y trouve des merveilles comme Where Are You Now?. Que demande le peuple, donc?
(disponible sur Technology Won't Save Us, 2006)

Mercredi 16 avril 2008:
* Gorillaz - 19-2000 (Soulchild Remix) [Parlophone]
Sorti sur l'album 'G-Sides' (collections de faces-b du premier album de Gorillaz), ce remix de 19-2000 par Soulchild, un des tubes de ce premier opus éponyme, est d'une vigueur et d'une fraicheur sans nom. Voilà l'été.
(disponible sur G-Sides, 2002)


Mardi 15 avril 2008:
* Gilles Gabriel - Flou de Toi [Love Records]
Alain Chabat, pour le film des auteurs 'Message à Caractère Informatif', se tape un délire revival sous le nom de Gilles Gabriel, ex-stars des 80s, se fout de la poire des chanteurs de variétoches à cheveux longs de cette époque là et sort une chanson qui rentre par une oreille pour ne plus en ressortir. "Flouuuuuuuuu de toi, complètement flou en moi". Tube de l'été 2008 assuré.
(disponible sur La personne aux deux personnes BOF, 2008)

dimanche 11 novembre 2007

[Oldies] David Ackles - American Gothic (1972)

De toute sa vie, David Ackles n’aura jamais su quoi faire, n’aura jamais su sur quel pied danser, passant d’une activité à son opposée en un claquement de doigts. Une débauche d’énergie qui le priva sûrement d’un succès musical qu’il aurait mille fois mérité.

Car oui, David Ackles est un artiste à la trajectoire fluctuante. Né en 1937 dans l'Illinois au sein d'une famille baignée par le monde artistique (un grand père comédien de music-hall et une grand-mère à la tête d’un quatuor féminin), il débute – très jeune – comme acteur au sein de séries américaines des années 40. Quelques années plus tard, il se tourne vers l’université, part étudier la littérature à Édimbourg, avant de revenir aux États-Unis empocher son diplôme de cinéma.

Il fait montre rapidement de grandes capacités artistiques, aussi bien pour le ballet que pour la comédie musicale ou le théâtre. Malgré cela, et alors qu’il écrit déjà pour la télévision, il devient détective privé puis gardien de nuit (!). On évoque même le fait qu’il ait pu faire quelques séjours en prison. Bref, une image brouillée, une ligne de vie qui part dans tous les sens, sans jamais arriver à s’arrêter sur une activité en particulier.

A la fin des années 60, il rentre chez Elektra, un des labels les plus importants de l’époque – au catalogue assez fascinant, arrivant à regrouper en son sein, notamment, Love, les Doors, le MC5 ou encore les Stooges.
La différence entre David Ackles et les groupes pré-cités, c’est que lui n’arrive pas comme artiste maison. Mais uniquement comme songwriter. Jac Holzman, fondateur d’Elektra, a en effet beaucoup aimé Blue Ribbons, un titre composé par notre homme, mais ne se voit pas lui confier plus.

Les mois passent et finalement, David Ackles arrive, à force de persuasion, à obtenir un contrat qui donnera naissance à trois albums. Un triptyque acclamé par tous les critiques du monde mais qui ne vendra jamais rien (ou presque).

'American Gothic' conclut cette trilogie (qui n’en est pas une). Un disque miraculeux, en forme d’apogée artistique, assez déroutant, et dont il est difficile de se remettre. Un album produit merveilleusement par le pourvoyeur de tube d’Elton John, Bernie Taupin, avec Robert Kirby aux arrangements (célèbre pour avoir travaillé sur le ‘Five Leaves Left’ de Nick Drake) et le London Symphony Orchestra pour backing-band.

Un album qui est en quelque sorte un résumé des multiples carrières artistiques d’Ackles. Folk ou pop, ce disque est surtout influencé par l’opéra ou le théâtre, arrivant ici et là à recréer des ambiances qui sont propres à ces univers là (Oh California!, voir par ailleurs) : ces passages de cordes, ces cuivres n’attendant que la réponse d’un ténor, ces vocalises stupéfiantes.

Stupéfiant, 'American Gothic' l’est également par sa description sans concession des États-Unis, entre déclarations d’amour et critiques acerbes, toute en vérité (le plus bel exemple restant ce Montana Song de dix minutes qui ferme l’album, où l’on découvre les États-Unis vu par les yeux des pionniers), même s’il s’octroie de temps à autres quelques jolies balades beaucoup moins virulentes.

Largement influencé par Jacques Brel ou Frank Sinatra (cette emphase dans les paroles et dans le chant, ces constructions de morceaux), 'American Gothic' est un chef d’œuvre. Derek Jewell, un des plus influents critiques musicaux de l’époque, décrit même l’album, dans une chronique restée célèbre, comme le « Sergent Pepper of Folk ». Rien que ça.
Mais au-delà de ces considérations comparatives, ce disque fait partie de ces albums qui demandent plusieurs écoutes pour vraiment s’en imprégner. Et comprendre à quoi on a à faire. Un disque romantique, inspiré, judicieusement bonifié par un London Symphony Orchestra qui ne fait qu’un avec le piano de David Ackles. Un disque qui n’aura pas connu le succès espéré et qui sonnera le glas de la collaboration avec Elektra.

Des années plus tard, Phil Collins (!) et Elvis Costello, entre autres, lui tresseront des couronnes de louanges. Et on jurerait entendre du David Ackles chez la grande Joanna Newsom. Mais cela n’y changera rien. Lui d'ailleurs s’en foutait sûrement, reparti qu’il était à suivre et découvrir d’autres vies artistiques. Mais il aurait sans doute aimé, comme il l’expliquait au milieu des années 90, retravailler avec Bernie Taupin, sur quelques morceaux. Le temps et un cancer auront finalement raison de ces retrouvailles. Entre tous les génies oubliés et disparus, ça doit être un bordel magnifique là haut…

Première sortie : 1972 (Elektra)
Réédition : 2005 (Elektra)


Pour bien faire, trois titres en écoute. Je dois avouer avoir eu du mal à choisir les trois titres. Je pense qu’ils sont plutôt représentatifs du disque: Oh California!, Love's Enough et Montana Song :