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lundi 27 novembre 2023

Pascal Comelade / Ramon Prats / Lee Ranaldo - Velvet Serenade [Staubgold / Cougouyou Music]

'Velvet Serenade', c'est l'histoire d'un groupe mythique, The Velvet Underground, dont l'importance fut telle qu'elle a donné lieu à une anecdote, devenue maxime avec le temps, qui veut que chaque personne qui a acheté l'album à la banane à l'époque a monté un groupe par la suite. Un groupe majeur des années 60, créé sous la coupe d'Andy Warhol et qui va faire naitre trois artistes majeurs : John Cale, Nico et Lou Reed.

'Velvet Serenade', c'est l'histoire d'un livre, 'Linger On: The Velvet Underground' du journaliste espagnol Ignacio Juliá, qui entre 1978 et 2022 a interviewé tous les membres du Velvet Underground et en a fait un livre, une somme même, que l'auteur considère être définitive à propos du groupe et de ceux qui l'ont composé.

Mais pour boucler la boucle et aller au bout de son idée, Ignacio Juliá a également souhaité, selon ses propres termes, « relive the New York band's original dynamics, that creative friction between an American noise guitare player and a poet, Lou Reed, and a radical, lyrical European pianist and songwriter, John Cale ». Alors quelques mois avant la publication de son livre, il a eu l'idée de rendre musicalement hommage au groupe en demandant le concours de Pascal Comelade et Lee Ranaldo de Sonic Youth (pas le dernier admirateur du Velvet), rapidement rejoint par le batteur Ramon Prats. D'où la naissance de 'Velvet Seranade'. La résultante de tout cela. Son aboutissement.

Matérialisé le temps de quelques répétitions et d'un unique concert à Banyoles en Espagne en avril 2022, ce « live » (qui ne sonne pas comme tel) voit donc un trio connaisseur, dévoué et talentueux rendre hommage au Velvet Underground et, notamment, à Lou Reed (sur les six chansons, cinq ont été écrites par Reed ; la sixième, Lou's Blues est une composition de Lee Ranaldo) en tout juste 35 minutes.

Mais qu'il n'y ait pas de méprise : 'Velvet Serenade' n'est pas un simple disque de reprise du Velvet Underground (comme l'indique d'ailleurs dans le livret de l'album Ignacio Juliá : « The three constructed what I had asked for, not a tribute concert made of more or less faithfull covers but a new thing »). Plutôt une relecture de l’œuvre des new-yorkais, un peu à l'image de sa très belle pochette, hommage à Andy Warhol, dont les photos sont tirées d'un film de 1977 d'Ignacio Juliá où il était déjà question du Velvet.

C'est All Tomorrow's Parties qui ouvre notre affaire dans une version très dénudée et instrumentale (comme quasi tout le disque), mené par les claviers lumineux de Pascal Comelade pendant que l'orage s'annonce derrière. Orage qui débaroule sur What Goes On, où les guitares viennent faire la nique à un piano martelé, avant que que I’m Waiting for the Man s'annonce dans une version très répétitive aux larsens bien sentis. Lou's Blues est presque une respiration (qu'on aurait bien vu chanté par Jeff Buckley d'ailleurs), un blues évanescent et aérien. Puis Ocean, chanson du premier album de Lou Reed mais qui aurait pu (du ?) se retrouver sur 'Loaded' du Velvet Underground, voit Lee Ranaldo prendre le micro d'aise et avec ses deux acolytes donner une version des plus Velvetienne à l'ensemble, avec un Ramon Prats faisant sonner ses cymbales et un Pascal Comelade affûtant ses claviers pour mieux les sublimer sur l'immense Femme Fatale, dernier morceau de 'Velvet Serenade', dans une version à la beauté évidente, aux quelques côtés déstructurés mais qu'on aurait rêvé avoir comme compagnon de sommeil lorsque nous étions enfants.

Les dernières notes s'évanouissent à peine que la conclusion est implacable : 'Velvet Serenade' n'est rien d'autre qu'un des plus grands disques hommage à l’œuvre du Velvet Underground jamais sortis. Car il réinvente leurs chansons, les fait passer par d'autres états et montre à quel point elles sont intemporelles et sont d'immenses compositions. N'étant pas un spécialiste de la bande à Warhol, je ne sais pas ce qu'en penseront les puristes. Mais j'ai du mal à ne pas croire que Lou Reed et ses anciens comparses n'aient - ou n'auraient - pas aimé cette réinvention de certains de leurs classiques. Immense disque. (Sortie : 5 mai 2023)

Plus :
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est à l'écoute sur le bandcamp de Staubgold
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est à l'achat sur le bandcamp de Staubgold
'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer


Trois morceaux de 'Velvet Serenade' de Pascal Comelade, Ramon Prats et Lee Ranaldo en écoute aujourd'hui. What Goes On (parue sur The Velvet Underground en 1969) ouvre le bal, avec son délicieux attelage clavier/guitare (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la longue relecture de Ocean. Avant de finir par la sublime version de Femme Fatale :

jeudi 24 juin 2010

[Track of The Day] Aloe Blacc - Femme Fatale (The Velvet Underground cover)

La chronique du premier album d'Aloe Blacc, 'Good Things', est disponible ici (ainsi que deux chansons en écoute).

Aloe Blacc
est un homme de gout. Après son I Need a Dollar entre soul et r'n'b marqué du sceau des années 70, après que cette chanson a été sélectionnée par HBO comme générique de sa nouvelle série 'How To Make It in America', voilà que le père Aloe Blacc se permet de reprendre une des chansons les plus célèbres du répertoire du Velvet Underground - groupe essentiel s'il en est - Femme Fatale.

Ici, Femme Fatale est beaucoup plus sombre, plus noire que dans la version originale chantée par Nico. Et Aloe Blacc rend une copie parfaite. Sa reprise soul est tout bonnement magistrale, d'une très belle tenue, rappelant le grand Al Green.

Mieux, sa voix suave et sensuelle glisse sur la rythmique parfaite du groupe qui lui sert de backing-band (sûrement le même que sur I Need a Dollar), et qui semble savoir mieux que quiconque faire vibrer ses cuivres sans les emmener dans le rouge, le tout avec une dextérité et une intelligence rare aujourd'hui. Classe.

Femme Fatale (aujourd'hui distribué en 7", voir plus bas) sera présente sur le prochain album d'Aloe Blacc 'Good Things', dont on attend toujours la date de sortie. Plus les chansons se découvrent et plus on se dit qu'on devrait avoir à faire avec un petit bijou de disque.

Album: Femme Fatale 7"
Année: 2010
Label: Stones Throw


Le Femme Fatale d'Aloe Blacc est disponible gratuitement et légalement sur le site de Stones Throw, ici même.
Mais mieux, on peut acheter le 7" qui contient cette reprise du Velvet Underground, là encore sur le site de Stones Throw, en cliquant là.

jeudi 20 avril 2017

[Track of The Day] Half Japanese - Wherever We Are Led

Passé totalement sous mon radar personnel et toujours en activité, voilà Half Japanese, groupe américain fondé en 1975 autour des frères Fair (Jad et David), dans une veine art-punk et dont le premier album fut triple (rien que cela). 
Ignorant jusqu’à l’existence de ce groupe jusqu’à il y a quelques semaines, je ne vais pas m’étendre plus que cela sur l’histoire des Half-Japanese. Tout juste puis-je ajouter, entre autres choses, que Moe Tucker du Velvet Underground a produit deux de leurs albums (fin 80s / début 90s), qu’il existe un documentaire sur eux qu’on m’a conseillé de regarder (« Half Japanese: The Band That Would Be King », sorti en 1993), que seul Jad Fair est aux commandes du groupe en 2017 et que 'Hear The Lions Roar' est leur 16ème album (le 3è en 4 ans !).

Un album assez peu marquant, inégal, se perdant assez souvent dans des chansons assez quelconques, la production n'aidant pas (on sent vraiment le chant détaché du reste de la musique), mais on se doit de relever quelques titres (Heart The Lions Roar ou le flegmatique The Preventers) et d'écouter jusqu'à plus soif Wherever We Are Led, titre d’ouverture carré et concis (tout le contraire de ce qu'est le groupe à ce que j'ai pu en lire) qui n'est pas sans rappeler les Flaming Sideburns. Pour en savoir plus sur Half-Japanese, leur évolution et sur ce 'Heart The Lions Roar', je vous renvoie à la chronique de l'album chez Pitchfork.

Album : Heart The Lions Roar
Année : 2017
Label : Fire Records

Acheter


En plus des lecteurs Deezer et Spotify, Wherever We Are Led qui ouvre cet album des Half-Japanese est également en écoute ci-dessous :



Heart The Lions Roar, qui donne son nom à cet album d'Half Japanese, est également en écoute ci-dessous :


Enfin, le clip de Attack Of The Giant Leeches, premier single tiré de 'Heart The Lions Roar' :


lundi 16 mars 2026

[Track of The Day] Olivia Rodrigo - The Book of Love (The Magnetic Fields cover)

En 1995, l'ONG War Child avait lancé lancé la compilation 'HELP' pour venir en aide aux population en guerre (c'est la guerre en ex-Yougoslavie qui avait déclenché le mouvement). Un disque de vingt morceaux, devenu mythique avec le temps sans doute plus pour son casting (une bonne partie de la britpop de l'époque, Massive Attack, Sinéad O'Connor, The Chemical Brothers) que pour la qualité de ses chansons (seul le merveilleux Lucky de Radiohead, alors totalement inédit, sortait du lot).

Trente ans plus tard, la période actuelle étant plus que jamais désespérante, War Child relance sa belle initiative avec la petite sœur de 'HELP', la simplement - et forcément - nommée 'HELP(2)'. Au générique, un éventail assez large d'artistes d'aujourd'hui (Young Fathers, Wet Leg, Nilüfer Yanya, Big Thief, The Last Dinner Party, Black Country, New Road, Kae Tempest, English Teacher, Fontaines D.C.) ou presque (Pulp, Depeche Mode, Anna Calvi, Bat For Lashes, Foals), dont une bonne tripotée déjà mentionnés dans ces pages.

A l'instar de sa devancière, 'HELP(2)' est alléchante sur le papier, mais le résultat est le même : il y a peu de choses à sauver dans cette compilation qui n'est pas loin d'être un supplice à écouter - un supplice d'ennui, mais un supplice quand même. Ce n'est pas que c'est laid ou raté, c'est juste que c'est insipide au possible, sans âme, sans intérêt. Un éventail de chansons qui ressemblent plus à des face-B à peine potables qu'autre chose (mention spéciale au morceau de Pulp) quand ce ne sont pas des reprises lénifiantes (Sunday Morning du Velvet Underground par Beth Gibbons, Lilac Wine de Jeff Buckley par Arooj Aftab et Beck), portées par une production lourdingue au possible.

Pas grand chose à sauver donc, à quelques exceptions près (Parasite de English Teacher et Graham Coxon, Sunday Light avec Anna Calvi, Nilüfer Yanya, Dove Ellis et Ellie Rowsell) et notamment la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo (en écoute aujourd'hui). Parce que l'originale est merveilleuse (l'américaine prouve une nouvelle fois son très bon goût), et parce que cette version en apesanteur, tout en délicatesse, qu'Olivia Rodrigo chante très justement, est belle comme tout (bien aidée en cela par Graham Coxon à la guitare et Ed Harcourt au piano). C'est peu mais c'est déjà ça. Ah, qu'on est loin de 'Dark Was The Night' ...

NB : Malgré tous ses défauts, n'oublions pas le but de cette compilation : amasser des fonds pour aider les populations (et surtout les enfants) des pays en guerre. Et c'est plus que louable. On peut aider l'ONG War Child en achetant 'HELP(2)' ou en faisant des dons directement sur le site de War Child.

Album : HELP(2)
Année : 2026
Label : War Child Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo, avec Ed Harcourt et Graham Coxon à la musique, est également en écoute ci-dessous :

mardi 2 décembre 2008

The Decemberists – Always the Bridesmaid: A Singles Series [Rough Trade]

(suite à la suppression du texte par blogger (voir 'WebSheriff fais moi peur'), je le reposte donc, à la date initiale. A la différence près que les deux titres en écoute se trouvent au format deezer. Bonne lecture!).


On avait laissé The Decemberists avec un ‘The Crane Wife’ en 2006, concept album plutôt réussi n’hésitant pas à aller lorgner prêt d’un rock rappelant tantôt les Pink Floyd, tantôt les Who. Mais on gardait surtout en tête leur ‘Picaresque’ l’année d’avant ou même leurs deux premiers albums. Car ils ne sont jamais meilleurs que quand ils officient dans ce qu'ils ont toujours fait: du pop-folk teinté de rock, de cuivres, de cordes et d'extravagance.

Deux ans donc plus tard, revoilà la bande à Colin Meloy. Avant de sortir son nouvel album – un opera-rock qui portera le nom de ‘Hazards of Love’ (où l’on devrait retrouver Shara Worden de My Brightest Diamond et Becky Stark, la voix de Lavender Diamond) – qui devrait être disponible au printemps 2009, The Decemberists sortent trois singles-eps sous le nom 'Always the Bridesmaid: A Singles Series'. Sept titres au total, trois disques différents (et collector) qui résument en quelques notes la discographie du groupe.

Premier seven-inch, ‘Valerie Plame’ est un duo de chansons qui rappelle les premiers albums jusqu'à 'Picaresque', avec notamment un titre éponyme (du nom de l’agent de la CIA dont l’identité avait été révélée par le New-York Times) enlevé qui se finit avec des chœurs qui ont un je-ne-sais-quoi de ceux de Hey, Jude des Beatles.

Le volume II de ces 'Always the Bridesmaid: A Singles Series', ‘Days of Elaine’, se rapproche plus de ce que le groupe proposait sur ‘The Crane Wife’. Les deux titres sont excellents (Days of Elaine et sa guitare électrique pleine de riffs est addictive), notamment la reprise du Velvet Underground, I'm Sticking With You, qui résonne encore plus que l’originale comme une jolie comptine.

Enfin le dernier volume, ‘Record Year’ (du nom du premier morceau), est moins nerveux, moins fougueux que le reste. Record Year est une chanson calme, d’une beauté fracassante (le mélange des cordes, des notes du banjo et de la voix de Meloy fait merveille) tandis que Raincoat, qui finit l’affaire, n’est rien d’autre qu’un guitare-voix absolument délicieux.

Bref, en sept titres (dont une version longue de Days of Elaine) et 3 Eps, The Decemberists font une sorte de tour d’horizon de leur discographie et rassurent tout leur monde en prouvant qu’ils n’ont rien perdu de leur songwriting. On peut attendre avec calme – mais impatience – ce 'Hazards of Love'.

(Sortie :
Volume I ‘Valerie Plame’ : 14 octobre 2008
Volume II ‘Days of Elaine’ : 4 novembre 2008
Volume III ‘Record Year’ : 2 décembre 2008)

Son :
Myspace (un titre de ces ‘Always The Bridesmaid: A Singles Series’ en écoute).
Site officiel

Et deux titres en écoute. Le déjà classique dans leur discographie Valerie Plame ainsi qu’un Days of Elaine très réussi, pour cette fois dans un lecteur deezer (malheureusement plus en écoute).

jeudi 11 décembre 2008

Top 6 "Drug"

Comme je l’expliquais dans un billet du 14 février dernier, à l’occasion de la Saint Valentin, «l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse». Après avoir traité de la déception amoureuse (voir ici), il est temps de passer à un sujet tout sauf tabou dans la musique, la drogue. En plus, j'avais promis.

Car oui, le sujet est vaste et regorge de chansons traitant de toutes sortes de stupéfiants. Bien sûr, il y a tous les classiques des artistes des années 60/70, traitant aussi bien de la cocaïne (J.J. Cale, Clapton, Johnny Cash), que de l’héroïne (The Velvet Underground, Brown Sugar des Rolling Stones), sans oublier le LSD (Lucy in the Sky with Diamond des Beatles évidemment, Purple Haze de Jimi Hendrix) ou les champignons et toute la clique de drogue hallucinogènes (White Rabbit des Jefferson Airplane). Il aurait été facile de reprendre ces titres là, d’en choisir les six meilleurs et d’en faire un top. Car ce sont toutes des grandes chansons.

Mais il existe bien d’autres morceaux traitant du sujet (et pas que des drogues douces), et dans tous les styles, du hip-hop au folk, de l’electro au rock. Et comme j'ai plutôt envie de vous proposer des titres moins connus mais d'aussi bonne qualité.
Prenons par exemple Jack The Ripper et son I Was Born a Cancer qui nous raconte son «divine holocauste» en parlant de la fumée de sa camel qui vient chatouiller quelques notes de guitare et de violons. Ou Baxter Dury qui «wear friendly smiles» sur Cocaine Man et sa guitare lancinante ; The Who et leur histoire triste à pleurer de cet homme dépendant au whisky qu’ils racontent avec leur touché si reconnaissable.

Et puis il y a les autres : Madlib et MF Doom qui évoquent, pleins d’images dans la bouche, un de leurs sujets préférés, la weed ; les !!! qui reprennent une bien belle chanson des Magnetic Fields, au titre très explicite (Take Ecstasy With Me) et la font durer deux fois plus longtemps par rapport à l’originale, comme une seconde invitation à gober avec eux ; et enfin Vitalic et un de ses premiers titres, You Prefer Cocaine, exubérant et efficace, comme toujours.

Bref, un tour rapide du monde de la drogue, entre fumée de cigarettes, alcool à gogo, roulage de joints, ligne de coke et gobage d’ecstasy. A quelques heures de noël, ce n’est pas forcément trop dans l’esprit. But who cares vu qu’on plane à 10 000 ?



Tracklisting:
Jack The Ripper - I Was Born a Cancer (Ladies First, 2005)
Baxter Dury - The cocaine man (FloorShow, 2004)
The Who - Whiskey Man (A Quick One, 1966)
Madvillain - America's Most Blunted (Madvillainy, 2004)
!!! - Take Ecstasy With Me [Magnectic Fields cover] (Take Ecstasy With Me 12")
Vitalic - You Prefer Cocaine (Poney Ep, 2004)
















Et pour finir, exceptionnellement dans un Top 6, un clip qui résume bien le sujet: celui de E-Talking des Soulwax (le côté rock des 2 Many Dj's). Une de mes vidéos préférées. Un clip fascinant, très drôle et bien évidemment interdit de diffusion télé :


vendredi 24 décembre 2010

Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


Le top des blogueurs à la grande élégance avait ouvert les hostilités et depuis les tops tombent comme à gravelotte. Chez Requiem pour un Twister, chez Blake ou chez Cecile ou Benjamin. Tandis que La Buze fait son top des concerts qu'il a ... raté en 2010!

Car oui, comme toute fin d'année qui se respecte et comme le veut la tradition, voilà donc le top de fin d'année. En tout cas, le mien. Histoire de faire un bilan de l'année écoulée, de ce que j'ai aimé, adoré et écouté plus que de raisons.


Comme à chaque fois dans ces pages, tout va se passer en trois parties:

1) Une sélection de 20 Eps, 7", Compilations et tout le tralala

2) Une sélection de 50 chansons/singles

3) Une sélection de 50 albums pour finir, les 50 à mes oreilles


Vous trouverez un lecteur grooveshark en bas de chaque top présentant une chanson de chacun des disques présentés. En espérant que chacun y trouve son compte en chouettes ritournelles.


Ainsi, pour débuter, petit retour sur une année riche en formats courts et en compilations. Une sélection qui met de côté les rééditions (j'aurais pu citer celles d'Arab Strap, mais il faut bien faire quelques choix) pour mieux se concentrer sur une flopée d'Ep exquis et autres 7" de haute tenue. Notamment.


Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'


7"










Je pourrais sélectionner bien plus de quatre seven-inch. Mais l’affaire serait un peu longue. Et il faut savoir trancher.
Commençons donc avec un peu de soul et la sublime reprise de Femme Fatale du Velvet Underground par Aloe Blacc, servie dans un très bel écrin (Aloe Blacc – Femme Fatale 7" – Stones Throw – +).

On enchaîne par LE groupe qui fait le plus honneur à ce très beau format qu’est le 45 tours ces dernières années, The Pains of Being Pure at Heart, auteur cette année de deux sorties de très grande qualité, mais dont la plus récente est au-dessus. Deux chansons qui laissent présager du meilleur pour leur nouvel album à venir, plus shoegaze-noisy rock que jamais. (The Pains of Being Pure at Heart – Heart In Your Heartbreak 7" – Slumberland – +)

On continue avec le duo canadien de Japandroids et leur garage-punk-noise (que sais-je encore). Moins bruyant que leur 'Post-Nothing', 'Heavenward Grand Prix 7"' a un côté noise-pop plus prononcé. Et est d'une efficacité qui vous prend aux oreilles pour ne plus vous lâcher. (Japandroids Heavenward Grand Prix 7" Polyvinyl)

Et que dire de la belle Laura Marling et de sa guitare folk qui rend un vibrant hommage à deux monstres de la musique que sont Jackson C. Frank et Neil Young ? Merci, tout bêtement (Laura Marling – Blues Run The Game 7" – Third Man Records – +)











12"

A chaque année son groupe qui fera l’année 2011. Le grand gagnant de 2010 est Wu Lyf (World Unit/Lucifer Youth Foundation), originaire de Manchester et très mystérieux sur son identité, pour qui le net semble avoir pris fait et cause depuis quelques semaines déjà. Auteur d’un premier 12" intriguant avec lo-fi empreint d’ambiance de cathédrale et voix habitée et décharnée, les Wu-Lyf sont quelque part la rencontre entre le Animal Collective des débuts (certes en beaucoup moins expérimental) et Mark E. Smith. Plus que très prometteur. (Wu Lyf – Heavy Pop 12"+)



S'il n'a pas la folie du leader de The Fall, Simmo, chef de troupe des Souvaris, est tout de même fou. Simmo aime aussi les bisous. Et la France. D’ailleurs, c'est tout Souvaris qui aime notre contrée hexagonale. A tel point que le groupe partage l’affiche avec Sincabeza, combo girondin, sur un ‘Clown Jazz 12"’, disque qui voit les anglais de Nottingham s’éloigner du post-rock de leurs débuts pour mieux embrasser une musique aussi rock, math, noise que jazz qui leur va bien. Et vu que Sincabeza via son punk et son atmosphère tendue fait le boulot, vous comprenez pourquoi ‘Clown Jazz 12’’’ se retrouve dans ce top 20. (Souvaris / Sincabeza – Clown Jazz (Split 12") – Gringo – + )


Stupéfiant. ‘Archer on the Beach 12"' de Destroyer est stupéfiant. Un disque qui voit Dan Bejar inviter Tim Hecker et Loscil pour deux chansons d’ambiant splendides où le leader du groupe canadien se met littéralement au service de ses deux invités d’un jour. Deux très longs morceaux dont un Grief Point renversant (Dan Bejar parle, Loscil s’occupe du reste). (Destroyer – Archer on the Beach 12" – Merge – +)




C'est l'électro qui clôt ce quatuor de 12". Vu que leur première collaboration avait été fructueuse, l’allemand Boys Noise et l’anglais du Bosphore Erol Alkan ont remis ça pour un split 12’’ qui mêle aussi bien puissance sonore que longues montées lancinantes s’achevant dans de grandes déflagrations. Et à chaque fois, l'efficacité en point de mire. (Boys Noize / Erol Alkan – Avalanche/Lemonade 12" – Phantasy Sound – + )





Ep












La large sélection des Eps débute par ‘Leaves Eclipse The Light Ep’ d’Eluvium, disque qui fait suite au très bon ‘Similes’ où Eluvium (aka Matthew Cooper) se découvrait un organe vocal sur des compositions toujours éthérées et planantes. Ici, trois chansons, dont une originale (de près de 11 mns) et un remix aussi subtil que divin de Four Tet. (Eluvium – ‘Leaves Eclipse The Night Ep’ – Temporary Residence – +)

Un titre qu'Eluvium peut partager avec Low qui propose de télécharger gratuitement depuis quelques semaines son ‘Live at Eindhoven Ep’, enregistré en janvier 2009 dans une église. Low, un groupe qui à chaque nouvelle sortie semble repousser toute épreuve du temps. Car ces quatre titres live sont un bonheur absolu. Fins, habités, ces versions live sont à l’image de Low : essentielles. (Low – ‘Live at Eindhoven Ep’+)

Vous voulez un autre artiste essentiel ? Prenez Florent Marchet alors. Continuant à alimenter sa belle discographie, albums après albums, Florent Marchet a sorti de sous sa peau de bête six chansons de noël. Souvent comparé à Sufjan Stevens, le berrichon suis la même voie que l’américain. Il aurait eu tort de se priver : son Ep propose des relectures de classiques bien trouvées, avec en point d’orgue une bien belle version instrumentale et électrique de Petit Papa Noël. (Florent Marchet & Le Courchevel Orchestra – Noël's Songs Ep – Nodiva – +)

Mondrian n’est pas aussi confirmé que Florent Marchet. Forcément, ils viennent de sortir leur premier disque. Mais si leurs prochains essais discographique ont le coffre de leur ‘Pop Shop Ep’, nul doute qu'ils perceront très vite. Voilà un disque épatant où se mêle clappings, banjos, piano et chant en anglais ; Bref, le symbole d’une pop française (ou frenchy) qui se porte comme un charme. (Mondrian – Pop Shop Ep+)

Troisième disque français de ce top, ‘3’ de Rien est le premier disque d’un triptyque annonçant la soit-disant fin du groupe en 2014. Rock, qu’il soit post, math ou prog, ‘3’ voit les grenoblois tracer leur route sur fond d’hyper espace, avec toujours ce soin si particulier accordé à la production de leurs compositions. Ces gens là ont définitivement TOUT pour eux. (Rien – 3 – Amicale Underground – +)












L’autre qui a tout pour lui, c’est Sufjan Stevens. Auteur d’un retour aussi fracassant qu’inattendu, un des héros de l’auteur de ces lignes aura commencé par amadouer son auditoire par un des Ep les plus longs de l’histoire (60mns, 8 titres !), véritable retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres. Enivrant. (Sufjan Stevens – All Delighted People Ep – Asthmatic Kitty – +)

Depuis leur premier album, les Mumford and Sons sont devenus de vrais chouchous de ces pages. Leurs mélodies, leur entrain, tout me plait chez eux. Sous le nom de The Wedding Band, le groupe a sorti un 4 titres, disponible uniquement en vinyle (et à leurs concerts), entre folk, country et musique traditionnelle. Qui donne envie d’en écouter bien plus. (The Wedding Band – The First Dance Ep)

Première sortie de Warmest Chord, label formé notamment par des ex-Rough Trade, 'Evertide Ep' a été un coup de foudre eighties instantané. J'ai découvert ce groupe d'un seul homme (Jack Tatum) par ce biais là. Et sur les trois titres, ce voyage sur les terres du shoegaze, d'une pop quelque peu rêveuse et d'ambiances rappelant certaines des Cure, est bien plus qu'agréable. (Wild Nothing - Evertide Ep - Warmest Chord)

Mais s’il ne devait rester qu’un seul Ep sur cette année 2010, cela serait assurément lui : la collaboration entre Mumford and Sons, Laura Marling et le collectif indien Dharohar Project. Un mélange de mélodies anglo-saxonnes avec ambiances indiennes. A moins que cela soit l’inverse. Décapant, très inspiré, efficace comme rarement, cet Ep ne contient que quatre chansons. Mais même après des dizaines et des dizaines d’écoutes, il est toujours aussi difficile de s’en passer. Ah, Meheni Rachi... (Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project – Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project Ep – Island – +)











Compilations


Plongée remarquable dans l’œuvre d’avant-garde de David Sylvian, ‘Sleepwalkers’ est une compilation comme on en fait que trop rarement. Intelligente, foisonnante, passionnante, elle est une formidable porte d’entrée dans l’esprit talentueux de cet indie-crooner auteur de certains de mes plus beaux émois. Histoire de faire les choses bien, la pochette de l’album est en totale adéquation avec la compilation qu’elle orne. Must-have. (David Sylvian – Sleepwalkers – SamadhiSound – +)



Très talentueux eux aussi, les Piano Magic continuent leur petit bonhomme de chemin, alignant les albums comme si de rien n’était. Leur dernière livraison en date est une compilation faites maison où le groupe anglais propose une relecture plus acoustique de certaines de ses plus belles chansons. Aventure qui aurait pu s’avérer vaine et poussive. Il n’en est rien, loin de là. (Piano Magic – Home Recordings – Second Language)



La découverte des Carissa’s Wierd, je la dois à J-P de Next Music qui au détour d’un papier m’avait converti en moins d’une chanson qu'il ne faut pour le dire à ce groupe de Seattle. Il faut dire que leur pop/pop-rock, leurs mélodies tristes mais belles, pleines de cordes et portées par de jolis grains de voix très harmonieux, sont extrêmement touchants. Séparé depuis 2003, Carissa’s Wierd aura sorti cette année ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’, au titre qui reflète bien l’esprit de leurs chansons. Une compilation qui vaut le détour. (Carissa’s Wierd – ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’ – Hardly Art)



Histoire de faire les choses bien, et comme prévu, voilà un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessous. Bonne(s) écoute(s)!




jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 30-11


Afin de rendre le tout plus lisible et moins lourd, voilà la partie 2, les albums classés de la place 11 à la place 30.
Et toujours, en bas, un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



30. Why? – Alopecia [Anticon]
J’ai du mettre huit mois à comprendre ce disque. Tout du moins à l’aimer. Restant sur l’exceptionnel ‘Elephant Eyelash’ (pour moi un des plus grands disques pop des années 2000), je ne m’attendais surement pas à autant de lenteur et de noirceur. C’est sûrement cela. Car mis à part un ou deux singles, le tout m’ennuyait. Et puis là, ces derniers temps, j’ai retenté ma chance. Et force est de constater que j’avais totalement tort. Non, Yoni Wolf n'est pas mort et continue de sortir de grandes compositions. Ce disque n’a peut-être pas à mes yeux la grandeur de son prédécesseur, mais il n’en est pas loin. Très habité, torturé, Why? gagne en profondeur et sort une sorte de synthèse entre le côté volontairement bancal d’’Oaklandazulasylum’ et le côté pop d’’Elephant Eyelash’. Grand album.
+

29. Pumice – Quo [Soft Abuse]
Voilà à quoi cela sert de ne pas aller trop vite en besogne en fin d'année. Découverte de fin d’année, le nouvel album Pumice, artiste néo-zélandais, dont j’avais adoré le précédent ‘Peebles’, est une nouvelle fois une réussite. Pop déglingo, rock 60s noisy, le tout lo-fi à mort, avec un côté mélodieux plus prononcé que sur le disque précédent. Un régal.
+



28. Tobacco – Fucked Up Friends [Anticon]
Un peu de lo-fi, beaucoup de synthés, du sample, des sons analogiques comme s'il en pleuvait, un background hip-hop mais une ambition pop, un délire psyché, un Aesop Rock qui vient poser - alors que ce 'Fucked Up Friends' est essentiellement instrumental, un album sacrément euphorisant, des clips qui démoulent. Bref, dans la galaxie hip-hop, Anticon reprend du poil de la bête avec ce Tobacco. Et sacrément même.
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27. Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]
Depuis le premier et unique album des Postal Service, il me manquait mon apport annuel d’electro-pop-cheap. 2008 m’aura apporté mon palliatif avec Styrofoam, belge de son état, ami de Ben Gibbard et Dntel (avec qui il a déjà collaboré). Un disque qui a de nombreuses accointances avec ‘Give Up’ et qui fait plaisir à entendre. Du tubes à tous les étages et une cohérence tout du long.
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26. Titus Andronicus – The Airing of Grievances [Troubleman Unlimited]
Alors qu'XL s'apprête à rééditer l'album et lui faire connaître une sortie mondiale, il faut que je dise tout le bien que je pense de cet album: ce 'The Airing of Grievances' a de faux-airs des premiers albums de Bright Eyes - quand Conor Oberst composait des titres à fleur de peau surlesquels il appréciait éructer - voire même de Kimya Dawson sur une chanson. De l'indie rock-punk-folk en gros. Et de bon aloi.
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25. ¡Forward, Russia! - Life Processes [Cooking Vinyl]
Deuxième (et dernier, le groupe a splitté depuis) album des ¡Forward, Russia!, moins brutal que le premier. Un disque qui prend son temps pour amener l'auditeur à point avant de le prendre à la gorge à coups de déferlantes de riffs et de ne plus le lâcher. Un album qui s'autorise quelques dérapages réussis vers le post-rock. Un 'Life Processes' qui, sans une production aussi "lisse" sur Welcome to the Moment (the rest of your life), le titre qui ouvre l'album, aurait fini tout en haut des charts de fin d'année. Il n'en est finalement pas très loin.
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24. Foals – Antidotes [Transgressive]
Sorte de mix entre The Rapture, Battles et les !!!, les Foals sortent un premier album absolument irrésistible, qui fait lever la tête et donne envie de bouger beaucoup plus. Les titres s'enchaînent, la basse sautille, la rythmique est implacable: Ça sonne ça sonne ça sonne. Et ça envoie sévère. Ces anglais sont des dj à gratte.
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23. Fleet Foxes - st [Sub Pop]
J'ai mis du temps à rentrer dedans. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et j'estimais que la hype était démesurée. Et puis un soir, les yeux embrumés, la voix rocailleuse, un mouchoir à la main, j'ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Et j'ai vu la lumière. Cet album est somptueux, ce groupe est divin. En fait, c'est juste magistral, produit à la perfection. Rien d'extraordinaire de prime abord. Mais en fait, si c'est à tomber par terre et à la renverse... Du folk pastoral à vous rendre fou de dieu.
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22. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]
L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants, où, entre pop, electro et hip-hop, leurs cœurs balancent.
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21. Noah and The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
Un album de pop folk, entre Beirut, Micah P. Hinson, Jens Lekman et Adam Green (pour la voix). Beau disque, mélodieux dans tous les coins, de ces londoniens de Twickenham, pleins de clapping, chœurs et cordes qui pleurent. Clairement une de mes découvertes de l'année.
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20. Son Lux - At War With Walls And Mazes [Anticon]
La musique de Son Lux (Ryan Lott pour les intimes) est pesante, oppressante, doit autant à la pop qu'au hip-hop, mais est surtout d'une beauté froide. Très mélodique, masquée par un brouillard de basses, la musique de Son Lux se révèle au fur et à mesure des écoutes. Et prouve qu'elle a tout d'une grande.
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19. Autistic Daughters - Uneasy Flowers [Kranky]
Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup Tanakh par moments.
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18. Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]
Premier album d'un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, 'Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon' est un disque d'une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (il y en a beaucoup, mais elles ne sont pas un obstacle à la qualité de ce disque), des arrangements (divins!) que des mélodies troussées à merveille. Pop, rock, post-rock, mâtiné de musiques de l'Est: c'est un vrai régal. Un des grands disques, inspirés, de 2008.
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17. Okkervil River - The Stand-Ins [Jagjaguwar]
Ce qui ressort à l'écoute de ce nouvel album des Okkervil River c'est qu'on a enfin retrouvé la bande à Will Sheff. Vraiment je veux dire. Non pas que les quelques précédents albums soient mauvais. Juste qu'ils manquaient un petit quelque chose pour que je sois totalement convaincu. Suite de 'The Stage Names', 'The Stand-Ins' est un concentré de folk-rock (géant Lost Coastlines) de folk, de pop et d'Americana. Peut-être rarement aussi inspirés les Okkervil River.
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16. Girl Talk – Feed The Animals [Illegal Art]
Gregg Gillis est plus connu sous le nom de Girl Talk. Son style? Une utilisation sur-massive de samples de tous bords (pop, rock, electro, hip-hop, mainstream) et un mash-up de tout cela. Sur son quatrième album, ils utilisent plus de 300 (!!) samples très courts; et il y en a pour tous les gouts: du Sexy Boy de Air au Gimme More de Britney, du Purple Haze de Jimi Hendrix au Paranoid Android de Radiohead en passant par Ice Cube, Spank Rock, The Cure, Queen, Of Montreal, The Velvet Underground ou Prince. Le mix de l'année, une relecture originale et euphorique de l'histoire de la musique contemporaine; et l'album le plus bandant de l'année, largement.
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15. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]
Ce n’est pas avec leur tout nouveau ‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis sur Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante, d'un noise destructeur et d'une tension à couper au couteau. Plus que jamais un des groupes essentiels des années 2000.
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14. Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie [Alien8]
Aidan Baker et ses 113 sorties discographiques en 8 ans (!) s'acoquine avec Tim Hecker le temps d'un album à la texture sonore incroyable et qui a pour but de construire une cathédrale sonique absolue. 'Fantasma Parastasie' est un disque tout en apesanteur, fait de déluge de riffs, de drones contemplatifs et d’électro ambiante. Un chef d'œuvre du genre.
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13. Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel]
Un an presque jour pour jour après ‘The Meaning of 8’, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Si Cloud Cult restent les mêmes (pop tourmentée, baroque, endiablée, déjantée aux passages lo-fi, aux pointes d’électro, et ces contre-pieds constants dans chaque morceau), ils la jouent cette fois plus simple. Semblant s’éloigner de la mort du fils Minowa qui pèse tant dans les paroles du groupe et sortant une pochette moins hideuse que ses devancières, Cloud Cult pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible. Et l’album est d’une qualité une nouvelle fois étonnante.
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12. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
Mix entre une electro à la Autechre, Battles et les !!!. Le tout, uniquement instrumental. De la batterie, une basse bien funky (froide) et des nappes. Voilà en gros 'O Soundtrack My Heart', premier album sur Warp de Pivot. Un disque très cohérent et homogène. Totalement euphorisant, assurément addictif, il faut écouter Pivot.
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11. Malcolm Middleton – Sleight of Heart [Full Time Hobby]
Loin de son électrique ‘A Brighter Beat’, Malcolm Middleton met les choses à plat et au calme, presque en acoustique, convie Paul Savage (feu Delgados) à la batterie, Barry Burns (Mogwai) au piano, rappelle Jenny Reeve pour les chœurs féminins, reprend joliment Jackson C. Frank et pond une des chansons d'amour déçu les plus déchirantes qu'il m'a été donné d'entendre (Love Comes In Waves). Somptueux de bout en bout.
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Ci-dessous, un lecteur reprenant une chanson de chacun des albums cités ci-dessus. Classées de 30 à 11. Bonne(s) écoute(s)!