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vendredi 23 février 2024

[Track of The Day] Vampire Weekend - Capricorn

Groupe au succès certain au tournant des années 2000, avec A-Punk, tube qui aura fait date et qui continue de cartonner en synchro, Vampire Weekend est un groupe qui m'a toujours ennuyé. Je ne nie pas quelques qualités de compositions certes, mais rien n'y fait, je suis toujours passé à côté de leurs albums et n'ai jamais compris l'engouement dont il faisait l'objet.

Pourtant, les new-yorkais viennent d'annoncer la sortie d'un nouvel album pour le 5 avril prochain (leur cinquième et le premier depuis 2019). Il s'intitulera 'Only God Was Above Us'. Et si la référence à Dieu me fait d'avance freiner des quatre fers (le « was » laissant planer le doute, on n'est quand même pas chez The Welcome Wagon), je dois avouer que les deux premiers singles publiés en amont m'ont plus que tapé dans l'oreille. Deux chansons très riches, qui ont tout deux l’écho et la distorsion ancrées au coeur, et qui sont dans un style Vampire Weekend pur jus selon les fans (avis que je suis évidemment incapable de donner, n'ayant pas écouté le groupe depuis des années). A tel point qu'il est difficile de trancher entre la très belle balade Capricorn (en écoute aujourd'hui) et ses roulements de batterie, et l'énergique et pop Gen-X Cops.

Mais l'important est ailleurs. Pour la première fois, je suis hypé par un disque de Vampire Weekend. Seize ans après leur premier album. Il faut un début à tout. Il parait bien qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Album : Only God Was Above Us
Année : 2024
Label : Columbia Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Capricorn de Vampire Weekend est également en écoute ci-dessous :

Le second single extrait de 'Only God Was Above Us' de Vampire Weekend est à découvrir ci-dessous :

vendredi 14 octobre 2016

Islands - Taste [Manque Music]

Pourquoi apprécie t-on un disque ? A quel moment celui-ci passe de quelconque à intéressant à passionnant ? J'ai beau chercher, je n'ai toujours pas trouvé d'explication.

Mais je me pose une nouvelle fois la question à l'écoute de 'Taste', un des deux albums sortis simultanément par Islands cette année, groupe héros de votre serviteur et surtout de mes oreilles au milieu des années 2000.

Entendons-nous bien : bien que les ayant passablement délaissé et ne m'y intéressant que sporadiquement (quoique je me rends compte que j'en parle finalement pas mal dans ces pages), j'ai toujours l'espoir de retrouver la fougue de leur 'Return to the Sea' (voire de  'Who Will Cut Our Hair When We're Gone?' des Unicorns, dont 2/3 d'Islands est à la base originaire).

Et donc, 'Taste' ? Des premières écoutes vraiment pas emballantes, un disque qui déroule sans que l'oreille ne retienne grand chose. Une synth-pop un peu trop marquée à mon goût. Oui mais justement, lequel de goût ? Celui d'un vendredi soir ? D'un samedi après-midi ? Allez savoir.

Car il s'avère que quelques jours plus tard, bien que fatigué par une semaine éprouvante, j'ai lancé à nouveau ce 'Taste', sans trop savoir pourquoi, m'étant alors fait à l'idée que ce disque était raté. Et c'est pourtant là que j'en ai trouvé toute la magie. The Joke déjà m'a définitivement accroché l'oreille. En écoute aujourd'hui, cette chanson est le single qu'Islands devrait sortir pour promouvoir ce disque. Un morceau efficace et aux guitares dansantes, qui a tout d'un tube, certes marqué « années 2000 », mais qui donne envie de plus que dodeliner de la tête.

Le reste ? Finalement, le mélange réussi de sonorités pop « classiques » et d'élan synth-pop de qualité, leurs jolies basses (No Milk, No Sugar), leurs non moins belles guitares (une des forces de l'album de The Joke à Outspoken Dirtbiker, de Snowflake à The Weekend) la folie de leurs compositions (elle est peut-être passagère et bien moins présente que par le passé mais on la retrouve souvent au détours d'un pont ou d'une refrain), la production - parfaite de bout en bout, l'ombre de New Order qui passe dire bonjour de temps à autres, la voix de Nicholas Thorburn (seul rescapé du premier album et de l'aventure Unicorns), tout cela m'a plu.

Deux jours plus tard, le résultat est toujours aussi probant : ce disque d'Islands est - très - bon. Appelez ça de la nostalgie de retrouver un groupe qu'on a beaucoup aimé, parlez d'un alignement de planète fortuit, expliquez cela par une fatigue trop grande : 'Taste', sans être difficile d'accès mérite qu'on creuse plus profondément que quelques rapides premières écoutes. Un vrai grower. Et un vrai beau disque. (sortie : 13 mai 2016)


Son :
'Taste' est en écoute sur le bandcamp d'Islands
'Taste' d'Islands est en écoute également sur Spotify et Deezer
'Taste' est à l'achat sur le bandcamp d'Islands

Trois chansons de ce nouvel album d'Islands, comme le veut la tradition. The Joke, LE tube de 'Taste', également en écoute dans le lecteur Spotify à gauche. Mais aussi Carried Away (la chanson la plus synthétique de l'album avec Weekend) et Snowflake, l'autre titre fort de ces 12 chansons : 








mardi 8 juin 2010

Net Emergence 'Juin 2010': Every Man Has Your Voice, Tam Rush et Folks


C'est qu'il en existe de belles empoignades sur Net Émergence! Plus ce projet avance, plus il est passionnant. A chaque nouvelle sélection sa vérité. Et à chaque nouvelle édition, ses débats, ses arguments, sa mauvaise foi, son ironie et sa décision. L'édition de Juin 2010 de Net Émergence est une nouvelle fois de cet acabit là. Après de longues discussions, voilà le vainqueur ainsi que ces deux dauphins.


En troisième place, on retrouve Folks, groupe favori de Disso, malheureusement absente du jury ce mois-ci. J'avoue ne pas partager totalement son enthousiasme.
Sur leur myspace on peut lire «Folks était un quatuor. C'est maintenant un projet solo. Finies les guitares électriques et bonjour aux acoustiques». Dommage parce que l'acoustique, c'est bien, en abuser ca craint.
Quand Folks prend sa guitare comme unique compagnon, il est rapidement lassant et ne se détache pas d'un bons nombres de ces collègues naviguant dans les mêmes eaux. On sent bien une envie de la jouer comme Elliott Smith, mais cela prend difficilement. N'est pas The Tallest Man on Earth qui veut.
Folks est cependant beaucoup plus convaincant quand il ajoute des artifices qui sont tous sauf vains (One of those guys). D'ailleurs, la chanson la plus réussie est de loin 1,2,3. Bref, Folks, sans être renversant, reste surement un artiste à suivre. Une sorte de petit Kings of Convenience à la française en gros.
Myspace



Tam Rush rate d'un rien la première place. C'était un de mes favoris de la sélection. Et c'est une bien belle découverte! Tam Rush ou le mélange habile et très bien fait de beeps, de guitares qui crissent, de boucle, de trip-hop, le tout dans univers mélancolique. Et parfois même, une voix et un flow qui semblent vouloir se rapprocher de celle de Busdriver et de Mike Skinner sur certaines chansons s'invitent à la fête. Très chouette!
Myspace


C'est finalement Every Man Has Your Voice, favori d'Erwan cette fois là, qui déroche la timbale. J'avoue que j'ai mis du temps à vraiment savoir quoi en penser. D'un côté, il y a de jolies mélodies, une mélancolie belle comme tout. Et puis de l'autre, au bout de 4 chansons, on s'ennuie un peu. Ceci dit, et après réécoute, il serait malhonnête de ne pas leur reconnaitre un talent certain. Et même si pas une chanson ne se détache du lot (en tout cas dans ce que j'ai eu le loisirs d'écouter), on peut quand même miser sur eux dans l'avenir.
Myspace


Voilà donc pour le podium officiel. Mon choix cependant ne s'était pas porté ni sur Folks ni sur Every Man Has Your Voice. Je me permets donc un rapide focus sur les 2 groupes pour lesquels j'avais voté. Le premier (et grand vainqueur chez moi) est Radio Disorder. De la noisy-electro-pop séduisante, bien composée, aux montées intéressantes et aux belles mélodies. (myspace).
Le second est Weekend qui, hormis le fait qu'ils devraient légèrement bosser leur communication (s'ils souhaitent sortir de l'anonymat. S'ils veulent rester cachés, qu'ils ne changent rien), rappelle A Place to Bury Strangers. Weekend aime le strident, My Bloody Valentine et le noise. Vraiment intéressant même si on est pas encore au niveau des artistes précités. Mais de l'avenir. (myspace)


Voilà donc une nouvelle édition qui s'achève. Mais à peine celle de Juin 2010 est refermée que celle de Juillet est prête à être mise en orbite. A vous d'aller sur le site de Net Emergence, écouter, discuter, proposer, commenter.
Car l'âme de ce projet, après Valoche, c'est finalement tout le monde.

vendredi 30 septembre 2016

[Track of The Day] Malcolm Middleton - Like John Lennon Said

Qu'a t-il donc pris à Malcolm Middleton ? Voulait-il enterrer sa carrière solo pour mieux relancer celle d'Arab Strap ? Souhaitait-il sortir de la routine des guitares et des chansons pop ou rock ? Ou voulait-il simplement à faire ce qu'il avait envie ?

Car 'Summer of '13' est de ces albums dont on ne sait pas trop d'où ils viennent et surtout où ils vont. Sept ans après son dernier vrai album solo ('Waxing Gibbous'), Malcolm Middleton délaisse les guitares et plonge dans une électro-pop/folk pleine de beats à la finesse absente, comme si l'écossais souhaitait se rapprocher des productions qui se veulent plus actuelles (et qui, en plus, ne le sont pas).

Fort heureusement et parce que notre homme est grand compositeur, il y a quelques chansons à sauver, notamment Music Ticks et Like John Lennon Said (en écoute aujourd'hui), car elles savent se recentrer sur la mélodie et les paroles de Malcolm Middleton et s'éloigner (un peu) de ces sonorités qui ne lui vont pas au teint.

Plus globalement, c'est même à partir de cette chanson que l'album reprend un peu des couleurs et un certain goût, loin des premiers morceaux de ce 'Summer of 13'. Ça n'en fait pour autant pas un album réussi, mais cela a au moins le mérite de limiter la casse.

L'album existe aussi une version acoustique, indisponible si l'on n'a pas financé au départ ce 'Summer of 13' (Malcolm Middleton obligé de passer par ce biais pour sortir un disque, on aura tout vu). Mais il est à parier que les chansons présentes ici trouveraient un écrin un peu plus adapté.

Depuis, Malcolm Middleton a retrouvé son compère de toujours Aidan Moffat pour relancer Arab Strap le temps de quelques concerts (voire d'une tournée qui semble prendre peu à peu forme), pour proposer une relecture de The First Big Weekend (leur premier succès) justement nommé The First Big Weekend of 2016 (qui n'a objectivement rien de bien mémorable) et promouvoir la sortie d'une compilation de « secrets hits and rarities » le 30 septembre prochain. Nous en reparlerons.

Album : Summer of '13
Année : 2016
Label : Nude


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Like John Lennon Said, en écoute dans le lecteur spotify, est également à écouter sur le soundcloud de Malcolm Middleton :


mardi 3 novembre 2009

[Track of The Day] The Very Best - Kada Manja

Dans le joyeux monde du crossover et du brassage de cultures je voudrais The Very Best, collaboration entre un duo de producteurs anglais, Radioclit et le chanteur malawite Esau Mwamwaya.

Un trio qui avait fait parler de lui à la fin de l'année 2008 avec une mixtape dont beaucoup s'étaient enthousiasmé à son écoute. Ayant découvert le groupe sur le tard, j'avoue que l'emballement était bien mérité tant cette première sortie discographique des The Very Best tenait franchement la route, à coups de samples d'Architecture in Helsinki, d'Hans Zimmer, de TTC, M.I.A ou encore Michael Jackson.

Le succès aidant, le trio a décidé de s'atteler à la réalisation de son premier album, 'Warm Heart of Africa'. Un disque qui continue dans cette volonté de mixer sonorités africaines et occidentales, entre beats et world music.

Si l'on peut regretter une durée un peu longue, quelques creux regrettables, si l'on peut être franchement déçu à l'écoute de l'anecdotique Rain Dance avec M.I.A au chant, et si l'on peut garder une franche préférence pour la mixtape de décembre dernier, on avouera quand même que ce 'Warm Heart of Africa' est plutôt une réussite enivrante, festive et efficace.

Un album dont on ressortira trois chansons: celle en écoute aujourd'hui Kada Manja, Yalira (qui ouvre l'album) et l'excellent Warm Heart of Africa, interprétée par Ezra Koenig des Vampire Weekend (et dieu sait pourtant que ce groupe, ou tout ce qui s'y rattache, provoque chez moi au mieux un ennui total ou au pire une envie de rehausser les pourtant très mièvres UB40).

NB: A lire les deux très bonnes chroniques de Violette Roll et Mlle Eddie, à l'enthousiasme contagieux. 

Album: Warm Heart of Africa 
Année: 2009 
Label: Moshi Moshi

jeudi 1 septembre 2022

Cheekface - Too Much To Ask [-]

Dix-huit mois après We Need a Bigger Dumpster, single épatant - alors sans album - plein d'indie-rock et d'ironie mordante, bien dans le ton de son époque ; dix-huit mois après avoir égrainé au fil des semaines quelques nouveaux titres, Cheekface vient de décider de passer à la vitesse supérieure en publiant son troisième album, 'Too Much To Ask'.

Si vous ne connaissez pas Cheekface, mais que vous aimez l'indie-rock, un rien slacker, mais aussi l'humour un peu grinçant, nul doute que vous allez être servi. Surtout que ce nouvel album ne voit pas le trio de Los Angeles changer de direction : dans cet album un brin caustique, où le groupe continue de ne pas se prendre au sérieux (sans pour autant jamais se moquer de son auditoire), on y entend beaucoup de guitares, de l'indie-rock de qualité, des compositions de haute volée, du Jeffrey Lewis par ci, du Parquet Courts par là - et plus globalement toute cette clique là - et presque du Lewsberg (si si).
 
Si l'album se tient sacrément, autant par ses compos que par Greg Katz qui chante autant qu'il « joue » ses chansons, on retiendra tout de même quatre titres : We Need a Bigger Dumpster donc, mais aussi When Life Hands You Problems, garage-pop joué à cent à l'heure (et en 1'25" chrono), Next To Me (Yo Guy Version) et sa descente de manche sur le refrain qu'on aimerait revenir plus souvent, et surtout You Always Want to Bomb the Middle East, genre d'indie-pop ensoleillée, aussi politique que drôle (« You always want to bomb the Middle East on the weekend, when we could be cutting grass or eating cheese with your girlfriend, we could learn to read and write in Portuguese or Korean, but you always want to bomb the Middle East ») que se surprendra très vite à chanter à tue-tête - comme souvent chez eux. Décidément, Cheekface est vraiment un groupe à part sur la scène actuelle. On aurait tort de passer à côté. (Sortie : 2 août 2022)
 
Plus :
'Too Much To Ask' est également en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify
 
Trois chansons de 'Too Much To Ask' de Cheekface en écoute. Le très pop You Always Want to Bomb the Middle East (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis l'urgent When Life Hands You Problems. Et enfin Next To Me (Yo Guy Version) :
 


 
Pour finir, le clip de We Need a Bigger Dumpster de Cheekface, single découvert l'an passé, mais qui n'a rien perdu de sa classe :
 
 

jeudi 31 janvier 2008

MGMT - Oracular Spectacular [Columbia]

'This is our decision to live fast and die young / We've got the vision, now let's have some fun / Yeah it's overwhelming, but what else can we do? / Get jobs in offices and wake up for the morning commute?’. Voila comment débute Time to Pretend, le morceau qui ouvre ‘Oracular Spectacular’, le premier album de MGMT (duo de ptits gars de Brooklyn) et - surtout - une des merveilles de l'année 2008 qui s’ouvre à peine (et qu’il sera assez difficile de détrôner des plus hautes marches de mon podium de décembre prochain, je l’annonce avec onze mois d’avance).

Oh, bien sûr, je vous vois venir avec vos petits doigts levés et vos airs renfrognés : « euh didonc l’ami, tu disais pas déjà ça du British Sea Power y a à peine une semaine ? ». Oui, j’avoue. Mais c’est tout moi ça : quand j’aime, je m’enthousiasme, je m’emballe, j’aime être plein d’emphase pour des groupes qui me touchent. Et comme j'aime partager...

Alors oui, ce MGMT me plaît au plus haut point. Un disque foutraque dans le genre du Yeasayer (avec qui ils tournent d’ailleurs). Mais en mieux encore. Imaginez une seconde : un peu de Grandaddy, beaucoup de Sleepy Jackson (dans la voix et les ambiances), un poil de Beck, un brin d’Animal Collective (dans les rythmiques surtout) et du David Bowie (flagrant sur Weekend Wars et Handshake). En gros, de la pop psyché comme il faut, avec des synthés de partout, de la reverb comme s’il en pleuvait, une production aux oignons (merci Dave Fridmann), des références dans tous les sens - mais largement digérées - et un côté kitsch des plus savoureux.

‘Oracular Spectacular’ pue la classe, aligne les tubes et les grands morceaux – allez, au hasard, deux, comme ça : Kids (qui sent les remix à plein nez avec sa production electro) et Electric Feel (groovy et funky), voir plus bas – et des textes qui tiennent vraiment la route.

Comme celui du début de cette chronique. Car c’est peut-être aussi cela qui me plait chez ce groupe : ce j’m’en-foutisme auquel on aspire un peu tous, ce besoin de vivre plutôt que de suivre une voie toute tracée, cette nécessité de prendre des risques et de faire comme bon nous semble, de tout envoyer balader, les conventions et le reste, de ne pas vivre avec des regrets – car qu’y a-t-il que de pire que les regrets ?, d’oser et d’oser oser. Toujours. Voilà le sentiment qui transpire de cet album.
Et c’est assez paradoxal au final quand on pense que MGMT est la contraction de Management (leur ancien nom de scène) et que ‘Oracular Spectacular’ sort sur une bonne grosse major qui va bien. Une ambivalence qui joue sûrement aussi, inconsciemment.

Ces New-Yorkais semblent tellement vrais, tellement tarés (à voir absolument, plus bas : le clip de Time to Pretend, summum kitschouille, avec couleurs pétantes, troupeaux de zèbres sous ecsta et une bande de tarés fans de tir à l’arc. Du grand art) qu’on adhère automatiquement. ‘I'll move to Paris, shoot some heroin and fuck with the stars / You man the island and the cocaine and the elegant cars’, qu’ils disent dans Time to Pretend. Jeunes branleurs va.... bougez pas, j’arrive! (sortie: 22 janvier 2008)

Nb : l’album est sorti à l’automne 2007, mais de façon digitale. Physiquement, il n’est sorti qu’en 2008. Et comme un mp3 mal encodé ne remplacera jamais un disque bien physique, je considère donc qu’il est bien de 2008.

Nb2: il existe une cover-bis. A tel point qu'on ne sait laquelle utiliser. Je ne résiste pas à vous la coller ci-dessous. Parfaitement dans l'esprit:














Son :
Myspace
Site officiel

Pour bien faire, deux titres, comme d’habitude, Kids et Electric Feel, malheureusement plus en écoute:


Et pour finir, et comme promis, le clip de Time to Pretend (ça se voit que j’aime ce morceau, qui date pour info de 2005 et de leur premier et seul Ep, ou pas ?), décalé à souhait, avec un chat volant pour monture, des couleurs que l’on croyaient mortes avec les années 80 et un mauvais goût délicieux :



Et si vous voulez la vidéo en excellente qualité (et sur votre disque dur), cliquez-là. En plus, c'est tout ce qu'il y a de plus légal, ça provient de leur site officiel.

jeudi 24 avril 2025

[Track of The Day] Sacred Paws - Fall For You

Découvert à la fin du mois dernier, Sacred Paws est un groupe qui prend son temps : il aura fallu près de six ans pour voir le duo écossais composé de Eilidh Rodgers et Ray Aggs publier son troisième album. Celui-ci se nomme 'Jump Into Life' et fait dans l'indie-jangle-twee-pop. Mais pas à la cool. Plutôt euphorique, sur-vitaminée voire presque épileptique, où la guitare ne semble jamais vouloir jouer autrement que vite, encore plus vite, toujours plus vite. Le genre d'album qui sur la longueur m'épuise personnellement, mais qui pris par petites touches n'est pas exempt de qualité, de chouettes mélodies et donc de bonnes chansons. Du genre Save Somehting en ouverture ou Fall For You (en écoute aujourd'hui), un des singles de 'Jump Into Life', de la twee-pop sous speed qui sonne comme si les Allo Darlin' d'Elizabeth Morris (qui, soit dit au passage, viennent de se reformer) avaient fricoté avec le Vampire Weekend des débuts.

Album : Jump Into Life
Année : 2025
Label : Rock Action Records / Merge Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Fall For You de Sacred Paws est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Fall For You, un des singles extraits de 'Jump Into Life' de Sacred Paws :

mercredi 24 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 50-31


Et pour finir cette série de posts sur les tops, voilà donc mon top album 2008. Une belle année que celle-ci, portée par moi par deux immenses disques qui resteront. Beaucoup d'écoutes, de découvertes, de déceptions (le Islands à la première place de celles-ci), d'emballements médiatiques incompréhensibles (Vampire Weekend, je n'ai toujours pas saisi) mais surtout de grands disques. Bref, une année musicale de haute tenue qui tire sa révérence.

Voilà donc ce top 50, en trois parties. La première aujourd'hui (les albums classés de 31 à 50) , la suite demain et vendredi.
Et toujours, au bas de chaque papier, un lecteur avec un titre de chaque disque nommé.




50. Jeremy Messersmith - The Silver City [Princess Records]
Des fois, on tombe sur un disque, comme ça, parce qu'on aime la pochette. Jeremy Messersmith donc. Songwriter qui fait dans la pop bien habillée de cordes et de quelques cuivres pour l'hiver, nourrie de pas mal d'influences, de Jude à Elliott Smith en passant par les Beatles. Court mais bel album, porté par une jolie voix.
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49. The Last Shadow Puppets – The Age of Understatement [Domino]
La mode est au super groupe, notamment chez nos amis d'outre-atlantique. Les britanniques s'y sont donc mis. Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (The Rascals) s'apprécient et, pour le fun, sortent un disque sixties à la sauce Western, avec des cordes et des cuivres t'en veux t'en as. Un exercice de style certes, mais couplé à un vrai don de songwriting. Le tout est sacrément efficace.
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48. Choir of Young Believers – This Is For The White In Your Eyes [Tigerspring]
De la pop qui vient du Danemark, qui hésite entre pop symphonique et moments plus intimistes. C'est magnifique, c'est fou! Un disque long en bouche en plus, qui mérite plusieurs écoutes pour en déceler tous les contours. Plus les écoutes passent plus on découvre un riff, un arrangement passé inaperçu.
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47. Willard Grant Conspiracy – Pilgrim Road [Loose]
‘Pilgrim Road’ est un album qui vit et qui marque une rupture dans la discographie des Willard Grant Conspiracy . Avec ces compositions et ce travail d’écriture, le groupe crée une sorte d’opéra pop, où l'on imagine Robert Fischer et sa voix profonde raconter des histoires, au milieu d’une scène, un piano à queue dans un coin, son orchestre à ses pieds. Un très bel album donc (peut-être leur meilleur), ambitieux, et qui rappelle par moment l’œuvre de David Ackles. On a vu pire compliment.
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46. The Dodos – Visiter [French Kiss]
The Dodos. Son album 'Visiter'. Sa pochette dessinée par un des enfants d’une classe pour qui le groupe a joué quelques mois avant la sortie du disque. Son ambiance folk/psyché-folk/indie-rock-pop. Un beau voyage plein de rythmiques et de mélodies.
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45. Bon Iver – For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Un disque parfait pour rentrer dans l'hiver. Ou en sortir. Un disque de folk mélancolique et doux. Une voix prévenante (mais qui peut agacer), des ambiances travaillées, un album habité. Bref, de la belle ouvrage, grand cru, qui se termine, par une merveille de titre, For Emma, Forever Ago, comme un symbole de toutes leurs ambitions.
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44. Envelopes – Here Comes The Wind [Brille]
Envelopes est un quintet franco-suédois qui sorte là un vrai disque de rock bien construit, qui rappelle les fantômes des Talking Heads, des Pixies, avec un peu d'Alamo Race Track, sans pour autant négliger de rendre un hommage ironique à la plus grande égérie de la FM des années 80, Bonnie Tyler.
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43. Micah P. Hison – and the Red Empire Orchestra [Full-Time Hobby]
Troisième album pour le grand Micah P. Hinson. Et troisième fois que je le mets dans un de mes tops de fin d’année. Je ne peux pas faire autrement. L’américain, avec son songwriting à l’ancienne, arrive toujours à sortir des compositions d’une qualité incroyable, soit d’une simplicité folle (une guitare et sa voix singulière), soit pleines de cordes qui aiment venir tutoyer les sommets. Assez peu reconnu malgré son incroyable talent, son ‘And The Red Empire Orchestra’ est à savourer plus que de raisons.
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42. Jenny Lewis – Acid Tongue [Rough Trade]
On l’avait laissé sur une participation très réussie sur ‘Dumb Luck’, l’album de Dntel l’an passé. Quant à son premier album, il s’écoutait comme du petit lait : une farandole de douceurs pop, bien écrites sans être essentielles. De retour pour un deuxième album, la multicarte Jenny Lewis surprend son monde et pond un vrai second album. Entourée d’Elvis Costello et pourvue d'un talent certains pour les arrangements mêlant cordes et guitare sombre), ce 'Acid Tongue' est une réussite et un délice sans fin.
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41. James Yorkston and The Athletes – When The Haar Rolls In [Domino]
Enchaînant un troisième disque décevant et une compilation de raretés vraiment intéressante, revoilà James Yorkston and The Athletes avec un nouvel album qui renoue avec la splendeur de 'Just Beyond The River', magnifié par une production de Four Tet parfaite de bout en bout. Un disque lumineux de la part de l'écossais folkant et de ses acolytes, où les mélodies sont toutes plus à tomber les unes que les autres. Pour info, 'When The Haar Rolls In' est un disque qui ne libère vraiment tout ce qu'il a dans le ventre que sur des enceintes de qualité et pas du tout au casque.
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40. Born Ruffians - Red, Yellow and Blue [Warp]
Dans le monde merveilleux de la pop-folk débridée et tourmentée, voilà un groupe qui est bien plus qu'une curiosité et qui pourrait devenir (est devenu?) une des têtes de proue de ce mouvement. Signés sur Warp, largement influencé par les Animal Collective (essentiellement au niveau rythmique), les Born Ruffians sortent de leur schéma guitare/basse/batterie un disque nerveux, tendu, mélodiquement imparable.
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39. British Sea Power – Do You Like Rock Music? [Rough Trade]
Troisième album pour le combo originaire de Brighton. Ce 'Do You Like Rock Music?' est une sorte de synthèse entre leurs deux disques précédents. Du post-punk et de la pop. Des hymnes dans tous les coins, et toujours cette voix à deux doigts de défaillir. Un grand cru. Un très grand cru. Ce groupe semble plus inspiré que jamais.
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38. Enablers – Tundra [Lancashire and Somerset]
Si la musique des Enablers était une rêverie, celle-ci tournerait vite au cauchemar. Car elle est très sombre, comme habitée. Du rock, du blues, un brin de noise, mais qui semblent venir des ténèbres. Comme si la fin du monde allait venir. Pete Simonelli ne chante pas, il raconte. Et avec une voix de crooner. Tremblez, les démons ne sont pas bien loin.
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37. Adrian Crowley – Long Distance Swimmer [Tin Angel]
Disque d’une homogénéité pleine de diversité, ‘Long Distance Swimmer’ rappelle l'œuvre de James Yorkston and The Athletes, mais avec un côté plus sombre. Le genre d’album aux contours habités mais doux. Concis, précis, chaque titre fait mouche, emportés qu’ils sont par la voix, les arrangements et les mélodies d’Adrian Crowley. Irlande of folk.
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36. Cornflakes Heroes - Dear Mr Painkillers [Greed Recordings]
Deuxième album pour les Cornflakes Heroes. Passage difficile, surtout après un premier si réussi. Eh bien, quelle très belle surprise! Encore meilleur que le premier. Un putain de disque de rock indé anglo-saxon fait en France. Rock, punk, pop, moog, trompette, saturations, tout y passe, dans une cohérence et une homogénéité dingue. Grand disque. Et avec un très grand titre, Is Mother Right?.
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35. Madrugada – st [Malabar]
Sixième album – le cinquième studio – des Norvégiens de Madrugada qui fait suite au décès du guitariste Robert Burås, mort en juillet 2007 à 31 ans. Le résultat est jouissif. Un disque rock, assez bluesy, avec toujours cette voix à la Nick Cave-a-like. D'ailleurs cet album éponyme rappelle énormément 'Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus' de l'Australien et son opposition rock/pop, noir/blanc, ying/yang. Le pied est grand à l'écoute de ce sixième disque.
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34. Pale Young Gentlemen – Black Forest (Tra La La) [Science Of Sound]
Avec une voix (celle Michael Reseinauer) qui aime être haut-perchée, les Pale Young Gentlemen sortent un second album où mélancolie (bien aidé par la présence de violons et violoncelles) se dispute la plus grosse part du gâteau avec un côté dansant surprenant. Tantôt folk mais toujours pop, les compositions du groupe originaire du Wisconsin ont un cachet vraiment délicieux. Et des passages qui rappellent Midlake.
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33. Coldplay - Viva la Vida or Death and All His Friends [Parlophone]
J'ai beau vouloir, je n'arrive pas à ne pas aimer les sorties discographiques de Coldplay. Celle-ci ne fait pas exception. Excellemment bien produit par Brian Eno, la bande à Chris Martin change de registre et s’éloigne un peu du classicisme pop dans lequel il puisait son inspiration depuis le début. Malgré cela, rien ne change, Coldplay enchaîne les tubes, de Viva La Vida à Violet Hill et son intro longue de 40 secondes en passant par 42. Et une nouvelle fois, Coldplay prouve qu'il est bien plus qu'un groupe FM et de midinettes.
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32. Eugene McGuiness – st [Domino]
Entre rock, pop, glam, rockabilly, balades touchantes et belles orchestrations, Eugene McGuiness sort un premier album d’une grande maturité. Il me fait penser à une sorte d’Elliott Smith version 2010 (toutes proportions et tous styles gardés bien sûr): un même don pour la composition, une même voix pas anodine et un touché mélodique assez imparable. Bref, une des grandes découvertes de l’année. Ce mec là ira très loin.
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31. Adem – Takes [Domino]
Adem, ancien de Fridge, pour son troisième album, s'entiche de titres composés et chantés par d'autres. Et les reprend. Exercice délicat comme chacun sait mais dont il se sort magistralement. Que ce soit les œuvres de PJ Harvey, Yo La Tengo, Aphex Twin, Lisa Germano ou Björk (période 'Homogenic'), notre homme sublime ces compositions à coups de folk contemporain et lumineux. Splendide.
+



Et voilà le lecteur proposant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Classées de 50 à 31. Bonne(s) écoute(s)!



mardi 18 janvier 2011

Net Emergence 'Janvier 2011': A Fight for Love, Alaska Square, Phantom Buffalo



Après quelques vacances bien méritées, retour de Net Émergence, l'utopie musicale de Valery. Au programme pour cette session de janvier et première de l'année 2011, quatorze groupes aux genres une nouvelle fois divers. Ici du post-punk, là du rock marqué 90s, dans le coin du rock français à la Dolly. Globalement, une édition relevée avec des groupes qui auront chatouillés plus qu'agréablement mes oreilles.
Au final, et après moultes palabres, il y a donc eu (il faut bien trancher) un vainqueur et deux groupes pas loin d'emporter la mise. Présentation du podium.



Médaille de bronze: Phanthom Buffalo
Groupe découvert au 3è étage d'une maison de disque à l'époque de leur 'Shishimumu', Phantom Buffalo qui ne m'avait pas du tout touché à l'époque.
Mais on m'a dit l'an passé (et notamment Micka Choisi) que leur nouvel album valait le coup d'oreille. N'ayant pas pu le faire avant la fin d'année, séance de rattrapage. Et au final, c'est plutôt sympathique. Ça ne me retourne pas, j'avoue avoir du mal avec la voix mais mélodiquement ils sont plutôt présents.
Il aurait été dur à mes yeux d'en faire les vainqueurs de l'édition de janvier tant leur présence chez Rough Trade et les chroniques qu'ils ont pu récolter ici ou là depuis quelques semaines/lois en font peut-être plus qu'un groupe émergent. Mais leur présence sur le podium est plutôt logique.
Myspace


Médaille d'argent: Alaska Square


Pour le coup, Alaska Square est vraiment un groupe émergent. Parisien, il aura même été mon vrai coup de cœur de la sélection.
Alaska Square est un groupe qui a écouté Radiohead. Beaucoup écouté même. Sauf que plutôt que se plonger dans la discographie récente des Oxford Men chiante comme c'est pas permis, Alaska Square va prendre son influence du côté des premiers albums, notamment 'The Bends'.
Il y a sur ce 'Cosmodrive Ep' de vraies chansons et un vrai travail. Surtout, on a là un groupe qui n'hésite pas à lâcher la bride de ses guitares et trousser quelques mélodies bien tuantes. A découvrir, rapidement!
Bandcamp ('Cosmodrive Ep' en écoute complète et gratuite)
Crédits photo: Alex de La Forest


Médaille d'or: A Fight for love
Mais les grands vainqueurs de l'édition de janvier 2011, ce sont d'autres parisiens, les A Fight for Love. A la lecture de leur myspace précisant «Tropicale/Visual» dans l'onglet genre, j'ai eu peur: allait-on avoir droit à un ersatz français des affreux Vampire Weekend?
A part quelques secondes disséminées à quelques coin de certaines chansons, la réponse est non. A Fight for Love est une très belle découverte et qui a du cachet. Ils me font penser à un mélange entre MGMT et Avi Buffalo avec leurs belles chansons pop. Lonely Lions par exemple est un titre surprenant: il démarre comme quelque chose d'anodin et en deux temps trois mouvements, A Fight for Love emballe le tout. Chapeau!
Myspace


Pour finir, n'hésitez pas à aller écouter le reste de la sélection, en cliquant ici, car il y a là aussi de bien belles choses.

lundi 13 janvier 2014

Bilan 2013 : Top 50 'Albums': 50-31


Suite et fin du bilan de l'année 2013. Un début d'année particulièrement chargé qui explique le retard pris dans la publication de ces traditionnels tops (car le saviez vous, si tout ceci est bien futile, cela prend du temps).
Ainsi donc, après le Top 15 des Ep, 12", 7" et autres Compilations sur lesquelles il était bon, selon moi, de s'attarder en 2013 ; après le Top 50 des chansons que j'ai le plus appréciées, voilà donc le top album. Et comme à chaque fois, 50 disques selon moi marquant et qui auront fait cette année.

Mais avant de se plonger dans les 20 premiers (de la place 50 à la place 31), voilà une nouvelle fois quelques liens à visiter (c'est fortement conseillé) pour aller voir chez les voisins et autres copains ce qui a animé leur année :



Ceci fait, lançons nous donc dans la 1ère partie (sur 3) des albums selon moi les plus réussis (en tout cas de ce que j'ai pu écouter) de 2013. Avec au programme le Japon, un faux groupe mexicain, des filles rageuses, quelques retours inattendus et réussis et des confirmations toujours incroyables. Entre autres.
Comme à chaque fois, un « + » qui renvoie vers une chronique d'ici ou d'ailleurs pour en savoir plus. Et un « acheter » qui vous permettra de vous procurer l'album en question (petits prix garantis).
Et bien évidemment, au bas de ces 20 premiers disques, tout en bas du papier, un lecteur grooveshark avec une chanson tirée de chacun des albums présentés. Bonne lecture et surtout, bonne(s) écoute(s) !

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 30-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'




50. Taffy - Lixiviate [Club AC30]
Je suis très peu au fait des groupes japonais. Le seul marquant que je connaisse est Nagisa Ni Te, duo psyché-folk dont les quelques albums avaient bien tourné chez moi. Il n'y a rien de folk ou de psyché chez Taffy. Eux sont dans un esprit rock/shoegaze. 'Lixiviate' est leur second album. Un disque solide, qui les voit notamment reprendre de belle façon le tube des Cure Boys Don't Cry (en prenant tout le contraire de la bande à Robert Smith). Pas révolutionnaire, mais là n'est pas le propos. 


49. Étienne Daho - Les Chansons de l'Innocence Retrouvée [Polydor]
Parrain de toute la scène pop qui se développe à vitesse grand «V» dans notre beau pays, Étienne Daho aura sorti cette année un album beau et surprenant, surtout pour quelqu'un comme moi qui n'a jamais été fan que cela. Arrangements tuant avec de belles cordes, voix en symbiose avec les compositions, et mélodies tout autour du ventre, ce Daho là respire la classe. 



48. Rose Windows - The Sun Dogs [Sub Pop]
Les deux pieds enfoncés dans la terre fertile des années 70, les américains de Rose Windows distillent tout au long de leur premier album 'The Sun Dogs' une musique psychédélique, aux guitares aiguisées. Un disque sur lequel quelques glorieux anciens semblent s'être penchés (Black Sabbath, Pink Floyd). Et un album sorti chez Sub Pop mais qu'on aurait plus vu chez Jagjaguwar. 


47. Jackson and His Computerband - Glow [Warp]
Auteur d'un album fameux il y a de cela 8 ans ('Smash'), Jackson and His Computerband (on ne dira jamais assez comme ce nom est bien trouvé) sait prendre son temps. Il a bien fait. 'Glow' est un disque d'une efficacité folle, au son très rond et en mode montagne russe, alternant titres enlevés et morceaux plus smooth et cotonneux. Les puristes crieront sûrement à l'imposture. Je trouve ça pour ma part brillant.


46. Bill Callahan - Dream [Drag City]
Dans quelques semaines de cela, je vais enfin voir Bill Callahan sur scène. Et c'est peu dire que je l'attends. Bien sur pour Smog, bien sur pour ses albums précédents. Mais aussi pour ce petit bijou de 'Dream River', folk aussi nu que très arrangé, flirtant avec parfois une improvisation musicale qui lui sied bien. Et au-dessus de cela, cette voix, bien plus touchante et vibrante que n'importe quel crooner. 


45. Six. By Seven - Love and Peace and Sympathy [Borrowed Tune Motion Pictures]
Très produit,  le nouvel album de Six. By Seven (reformé avec Steve Hewitt, ex batteur de Placebo) rappelle plus souvent qu'à son tour les Doves ou Calla, notamment dans une première moitié absolument parfaite, aux élans rock imparables. 




44. David Ford - Charge [The Magnolia Label]
Ancien d'Easyworld, David Ford aura sorti son 4è album solo en 2013, 'Charge'. Pop américaine sertie de folk et de country, flirtant avec un côté FM qui n'est pas désagréable, ce disque est une belle découverte, portée par un Every Time des plus introspectifs. 



43. Savages - Silence Yourself [Matador]
Groupe de filles aussi énervées que charmantes, Savages est un voyage de furieux. 'Silence Yourself' est un album puissant, post-punk, avec mur de guitares, énergie de chaque instant et qui se termine sur une merveille de chanson, Marshall Dear, histoire que chacun se remette de ses émotions. Ce quatuor ira loin. 



42. Goldfrapp - Tales of Us [Mute]
Le retour que l'on attendait plus. Celui de Goldfrapp et de la voix diaphane d'Alison. Sans revenir au premier album (mais en restant dans une veine similaire) et en s'éloignant de ses choix artistiques précédents qui ne m'avaient jamais vraiment parlé, 'Tales of Us' met le beau est au centre de tout. Traversé par des morceaux sublimes (au premier rang desquels Drew), ce disque est une divine surprise.  


41. Weekend - Jinx [Slumberland]
A chaque année son album Slumberland Records. Ayant raté leur premier album 'Sports' en 2010, je me rattrape avec leur second, 'Jinx', auprès duquel je ne suis heureusement pas passé à côté. Un album de post-punk, aux guitares évidemment de sortie, à la rythmique froide pour un ensemble enrobé dans une production du même acabit.  Revival certes. Mais de haute tenue. 


40. Vision Fortune - Mas Fiestas con el Grupo Vision Fortune [Faux Discx]
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Vision Fortune n'est pas un groupe mexicain aimant les castagnettes. Non. Avec une rythmique essentielle à l'ensemble, les anglais de Vision Fortune sortent là un disque rock barré, répétitif mais extrêmement envoûtant. En un mot comme en cent : l'album le plus Liars de l'année. En plus de celui avec la pochette la plus drôle et moche à la fois.


39. Turin Brakes - We Were Here [Cooking Vinyl]
Le retour (dans mon radar personnel disons) le plus épatant de 2013, on le doit au duo Turin Brakes, disparu des radars. Chansons fortes, tracklisting bien pensé, titres poignants, envolées pop et mélodies pleines de belles ritournelles, 'We Were Here' est un disque pop évident de l'année.



38. Fuck Buttons - Slow Focus [ATP]
Après 2 albums encensés (voir par ailleurs et là aussi), le relatif anonymat dans lequel est sorti le 3è disque de Fuck Buttons est surprenant. Car le duo anglais enfonce ici le clou avec toujours un son massif (clair et lumineux), entre synth-pop apocalyptique, noise viscéral et electro organique. Plus que jamais, Fuck Buttons for President !


37. Fuzz - st [In The Red]
Découvert via la compilation 'Liverpool 2013' de Trouble in Mind, Fuzz est l'énième émanation de l'intenable et insatiable Ty Segall. Un groupe qui porte bien son nom tant la guitare éponyme est présente de partout. Garage mais surtout psychédélique à mort (on ne sort pas une pochette comme celle-ci pour rien), ce nouveau projet de Ty Segall est peut-être son plus réussi.


36. Radical Face - The Family Tree: The Branches [Nettwerk]
Certains diront que je suis trop fan, mais il n'empêche, tout ce que peut sortir Ben Cooper me touche énormément. Mieux, en s'éloignant de certains tics qui auraient pu devenir agaçant à la longue, Radical Face sur le deuxième album de son triptyque « The Family Tree » (il faut écouter le premier), et sans se départir du sac inépuisable de mélodies qui l'accompagne, continue de tracer le sillon d'une pop-folk lumineuse. On ne dira jamais assez merci à Nikon d'avoir eu du goût et de lui permettre une plus grande exposition.


35. The Polyphonic Spree - Yes It's True [Good Records]
C'est grâce à la grande générosité de ses fans que ce 4è album des Polyphonic Spree a pu voir le jour. Et une nouvelle fois, Tim Delaughter continue de mener sa confrérie avec les mêmes ingrédients que depuis le début de leur carrière : de la pop-baroque, de l'opéra-rock, des chansons à chanter à tue-tête et du plaisir, rien du plaisir.


34. Minks - Tides End [Captured Tracks]
Le groupe le plus anglais de l'année est donc américain. Ici, Minks rend hommage aux années 80 et aussi bien à New Order qu'aux Smiths, avec de grandes chansons à toutes les plages. Vous avez dit grand disque ?




33. Daughter - If You Leave [4AD]
Après des Eps convaincant en 2011 et 2012, Daughter passe au format album avec une facilité déconcertante. Maîtrisant à merveille les silences, le groupe mené par la voix d'Elena Tonra est dans chacune de ses compositions très juste et ne surjoue jamais une mélancolie factice. Daughter vient de se lancer dans le grand bain. Pas dit qu'ils en ressortent de si tôt. 


32. Thee Oh Sees - Floating Coffin [Castle Face]
Plus prolifique que Spencer Krug, Thee Oh Sees est revenu avec un nouvel album en 2013. Normal pour un groupe qui publie là son 20è disque (tous genres confondus) en 7 ans ! Dans la droite lignée de leurs (nombreux donc) précédents LP et Ep, 'Floating Coffin' propose un rock psyché dans tous les sens, et une grande énergie à revendre. Ces gens sont certes prolifiques. Mais rarement décevant. 


31. Low - The Invisible Way [Sub Pop]
Les années passent, les albums aussi et rien ne semble avoir de prise sur  Alan Sparhawk et Mimi Parker. La preuve avec 'The Invisible Way', qui continue le déjà très long chemin tracé par Low depuis ses débuts. Ces gens là ont une connexion directe avec la mélancolie, ce n'est pas possible autrement.



Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums» : 10-01 
Top 50 « Albums» : 30-11
Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



Comme promis, voilà donc un lecteur grooveshark présentant une chanson extraite de chacun des albums présentés ci-dessus. Soit 20 au total, dans l'ordre de présentation (de 50 à 31). Bonne(s) écoute(s) !