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lundi 19 décembre 2022

Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Savez-vous qui sont Nyx et Nótt ? Toutes deux sont des déesses personnifiant la nuit, chacune dans leur mythologie propre, grecque pour la première, nordique pour la seconde. Aidan Moffat a décidé d'allier les deux dans sa nouvelle aventure solo avec Nyx Nótt, un nom qui lui sied à merveille - lancé en 2020 avec un premier album 'Aux pieds de la nuit' (oui, en français s'il vous plait), il y avait un côté obscur et nuiteux qui se dégageait de ses compositions.

'Themes From' ne déroge pas à la règle de ce projet totalement instrumental. Moins sombre que son prédécesseur, ce nouvel album de Nyx Nótt va chercher cette fois son inspiration dans la... télévision (la pochette rétro en diable donne une première indication). Et ce n'est pas une surprise quand on connaît le bonhomme : fut une époque où Aidan Moffat passait ses nuits à commenter sur Twitter ce qu'il voyait en direct à la TV. Et c'était piquant, corrosif et très souvent drôle.

A la base, 'Themes From' aurait du être une suite de courts morceaux (Moffat parle de 90 secondes) singeant les génériques de télévision. Mais l'idée s'avérant vite « too gimmicky and silly », ce deuxième album de Nyx Nótt part finalement sur des morceaux plus amples, plus longs en bouche, qui samplent - ou s'inspirent, ce n'est pas très clair - des thèmes existants que les moins de vingt ans, etc. Résultat, un album de huit titres qui retranscrit l'idée qu'Aidan Moffat se fait des musiques d'ambiance ou des génériques de différents genres d'émissions ou de films de télévisions ; du porno (Porno, langoureux et jazzy chic), au thriller (Thriller, aux violons tendus où on entendrait presque un peu de Silver Mt Zion) en passant par les émissions d'aventure (Swashbuckler et sa rythmique martiale), d'enquêtes criminelles (Hardboiled et son ambiance mystérieuse) ou de documentaires (épatant Docudrama, morceau merveilleux dans sa construction et son exécution, aux violons délicieusement enivrants). Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, qu'Aidan Moffat qualifie drôlement mais justement de « walk through a neon Soho after a few cocktails ».

Difficile de ne pas voir dans ce 'Themes From' autre chose qu'un hommage appuyé à toutes ces compositions télévisuelles qui, sans que l'on s'en rende compte, habillent nos fin de journée, nos soirées, nos nuits, qui nous accompagnent tout au long de notre vie et font quelque-part partie de nous (qui n'a pas régulièrement en tête un générique de série, de jeu télévisé ou d'émissions de reportages ?). Mais au-delà de cela, loin d'Arab Strap (quoiqu'il y a quelques réminiscences ici de 'Monday at the Hug & Pint') ou de Gentle Sinners, le groupe qu'il a formé cette année James Graham, le chanteur de The Twilight Sad, 'Themes From' de Nyx Nótt s'avère surtout être un disque brillant, malin et sacrément bien composé. (Sortie : 2 décembre 2022)

Plus :
'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est à l'achat sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est également à l'achat ici

'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer

Trois morceaux de 'Themes From' de Nyx Nótt en écoute aujourd'hui. Docudrama pour débuter, une des « chansons » de mon année assurément (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Thriller pour continuer. Et Swashbuckler pour finir :

Le clip de Thriller de Nyx Nótt :

mardi 13 décembre 2022

Little Simz - No Thank You [Age 101 Music]

Très tôt échaudée par les aventures malheureuses de quelques consœurs et confrères, Little Simz se tient depuis le début de sa carrière loin des majors et autres maisons de disques, préférant publier sa musique directement sur son propre label, Age 101 Music. Ce choix ô combien estimable lui vaut peut-être un succès moindre que ce qu'elle serait en droit d'espérer (dans un monde normal, Introvert aurait du être un tube mondial) mais lui confère une liberté totale, loin des règles édictées par une industrie toujours plus bancale. Et cette liberté, elle vient de prouver qu'elle était pleine et entière.

Acclamée après un 'Sometimes I Might Be Introvert' époustouflant en 2021, n'importe quel autre artiste aurait sorti la cavalerie, le plan de comm' ciselé avec un marketing pensé jusque dans ces moindres détails. Pas Little Simz. Elle préfère au contraire prendre tout le monde à rebours. Après voir annoncé en milieu de semaine dernière par quelques mots engagés (« emotion is energy in motion. honour your truth and feelings. eradicate fear. boundaries are important. ») qu'un nouvel album allait sortir, voilà que l'anglaise, sans coup férir et en prenant tout le monde de court a divulgué ce lundi le fameux disque en question, en le publiant sur tout ce que compte Internet de plateformes streaming : 'No Thank You'.

Acheter le disque ? Pour l'instant ça ne semble pas possible. Un tube évident ? Aucun vraiment et la moitié des chansons de 'No Thank You' dépassent les cinq minutes. Un clip (et diable que les siens sont réussis pourtant) pour pousser un des morceaux ? Que nenni. Non Merci, comme l'annonce le titre de l'album. Little Simz concentre notre attention sur la musique, seulement la musique, rien que la musique. Parce qu'au final il n'y a rien de plus important.

Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas.

Le deuxième fait marquant de ce 'No Thank You', c'est son imposante classe. Rien n'est laissé au hasard. On n'est pas là face à un disque au rabais, publié à la va vite pour surfer une quelconque hype ou son Mercury Prize remporté il y a de cela quelques semaines. Les productions d'Inflo (à nouveau) sont chiadées, les compositions sont solides et Little Simz rappe comme personne, avec ce flow inimitable, tout au long des dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul - et où parfois on jurerait entendre des samples de certaines productions de Gainsbourg - qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes.

Si 'Sometimes I Might Be Introvert' était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut. Et qui avec la sortie si tardive de 'No Thank You' réalise un formidable pied de nez à tous les sites qui publient leurs bilans musicaux annuels chaque année un peu plus tôt. Quoiqu'ils en disent, non, l'année ne s'arrête pas début novembre. La preuve, un des meilleurs disques de 2022 est sorti un 12 décembre. Merci Little Simz. (Sortie : 12 décembre 2022)

Plus :
'No Thank You' de Little Simz est notamment à l'écoute sur Spotify et Deezer


Trois chansons de 'No Thank You' de Little Simz en écoute aujourd'hui. Heart On Fire (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog), X et enfin Silhouette :



jeudi 1 décembre 2022

The Mountain Goats - Bleed Out [Merge Records]

Pendant les semaines de confinement qui ont touché une très grande partie de la planète, vous et moi avons passé nos journées enfermés à écouter de la musique, à faire du pain, à regarder des séries, lire des bouquins, à réapprendre à glander pour mieux confirmer que le travail n'était vraiment pas une fin en soi. Les artistes eux ont enchaîné les Facebook live, les concerts sur leurs balcons, ont enregistré des disques de confinement et... ont fait comme nous au final.

Général en chef des aimés The Mountain Goats, John Darnielle lui s'est plongé dans le cinéma. Surtout dans le cinéma d'action, qu'il a consommé en grande quantité. En très grande quantité même à le croire. Des films aussi bien des années 60 que des années 80 qui lui ont donné envie d'écrire un album sur ces fameux action-movie si chevillés au corps de la culture américaine.

Mais plutôt que de centrer ses histoires (il y en a douze) autour du héros qui dézingue les méchants et sauve la veuve et l'orphelin, Darnielle a préféré s'attacher aux anti-héros. Aux méchants en tous genres, de ceux qui crient vengeance et font couler le sang, de ceux plus taiseux qui se tapissent dans l'ombre pour réaliser leurs méfaits ou des nobody mis dans d'inextricables situations à devoir choisir entre deux solutions tout aussi affreuses l'une que l'autre.

Plongeant aussi bien dans l'action-movie classique que film de mafieux, faisant quelques références évidentes (une chanson est nommé First Blood, titre original du film 'Rambo') ou évoquant de vrais psychopathes (Make You Suffer), il est ici question autant de menaces que de casses, autant d'otages à la merci d'un flingue que de fuites en voitures. Avec à chaque fois, en toile de fond, le mot vengeance écrit en lettres de sang.
Des histoires pas avares de paroles bien senties (un exemple parmi tant d'autres, que John Darnielle considère même comme une de ses toutes meilleurs : « We may run out of bullets, we're never going to run out of hostages », sur Hostages), qui ont pour base les clichés du genre et que Darnielle et ses Mountain Goats font vivre par de sacrés élans rock très maitrisés et efficaces (Training Montage ou Wage Wars Get Rich Die Handsome, deux bons tubes à mettre en tête de gondole, Need More Bandages), de la pop joliment troussée (Bones Don't Rust, Incandescent Ruins, Extraction Point et son cuivre langoureux) et de la balade belle à pleurer (Bleed Out, superbe chanson sur l'inéluctabilité de la mort, et qui clôt l'album du même nom).

C'est tout cet ensemble qui fait que 'Bleed Out' se révèle vite être un concept album de haute tenue, sans doute un des meilleurs albums de The Mountain Goats, et surtout un de ses plus immédiats. Décidément, l'âge n'a pas de prise sur le talent, l'écriture et l'imagination de John Darnielle (Sortie : 19 août 2022)

Plus :
'Bleed Out' de The Mountain Goats est en écoute sur leur page bandcamp
'Bleed Out' de The Mountain Goats est à l'achat sur leur page bandcamp
'Bleed Out' de The Mountain Goats est disponible également ici
'Bleed Out' de The Mountain Goats est notamment en écoute sur Deezer et Spotify

Trois chansons de 'Bleed Out' de The Mountain Goats en écoute aujourd'hui. Training Montage, ouverture de l'album à l'efficacité immédiate (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Hostages et l'histoire d'une prise d'otages. Et enfin le sublime Bleed Out :

Trois clips et/ou vidéos tirés de 'Bleed Out' de The Mountain Goats : Training Montage, Wage Wars Get Rich Die Handsome et Make You Suffer :

lundi 21 novembre 2022

MGMT - 11•11•11 [MGMT Records]

Petite curiosité que ce live de MGMT que vient de publier le groupe sur son propre label (après avoir quitté Columbia). De un parce que MGMT en concert n'a pas une grand réputation sur scène (vu une seule fois en 2008. Je n'avais pas tenu vingt minutes avant de prendre mes cliques et mes claques). De deux parce que le live date du 11 novembre 2011. Onze ans pour sortir un concert des cartons ? Vraiment ? Oui vraiment. Car celui-ci est particulier.
 
En 2011, le Guggenheim Museum demande à MGMT s'ils veulent bien venir jouer lors d'une rétrospective consacrée à Maurizio Cattelan, plasticien italien alors célébré par le musée new-yorkais. Le groupe accepte mais plutôt que de venir jouer quelques uns de leurs nombreux tubes, il décide de composer un set spécial de 45 minutes avec uniquement des chansons inédites
 
Et puis plus rien. Jusqu'au 11 novembre dernier où, onze ans pile après la seconde des deux dates prévues, MGMT a décidé de publier '11•11•11', l'enregistrement officiel de cette soirée, mixé par le groupe et Dave Fridmann. Le résultat ? Brillant. Et ce n'est pas franchement une surprise, MGMT sortant de 'Congratulations' et étant alors à l'apogée de sa créativité (assertion qui n'est en rien une critique sur la suite de leur carrière). Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
Évoquant plus souvent qu'à son tour Air (Forest Elf époque 'Moon Safari', Unfriend époque '10000hz Legend'), MGMT livre ici un live très cohérent à tel point qu'il est difficile de ressortir une chanson plutôt qu'une autre (mais tout de même, on notera Tell It To Me Like It Is, longue et lente montée hypnotique et psychée qu'un gimmick pop des plus délicieux vient parachever)

Le public présent au Guggenheim Museum les 10 et 11 novembre 2011 était-il au courant que MGMT n'allait pas jouer Time To Pretend, Kids, Flash Delirium, Siberian Breaks et autres Electric Feel mais dix chansons inédites et, les fans confirmeront ou pas, jamais rejouées depuis ? Sans doute pas, mais à en croire les applaudissements qui éclatent quand Under The Porch et sa country psychédélique prennent fin, ils n'ont pas été déçus de la surprise. Onze ans plus tard, moi non plus. (Enregistrement : 11 novembre 2011 - Sortie : 11 novembre 2022)

Plus :
'11•11•11' de MGMT est à l'écoute sur leur page bandcamp
'11•11•11' de MGMT est à l'achat sur leur page bandcamp
'11•11•11' de MGMT est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
Pour commander la version vinyle de '11•11•11' de MGMT, cliquez ici
 
Trois chansons de '11•11•11' de MGMT en écoute aujourd'hui. Tell It To Me Like It Is, le meilleur morceau de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Forest Elf, tout de Air vêtu. Et enfin, Under The Porch, country sous cachetons :
 

 

jeudi 3 novembre 2022

Pumice - Phylis [Soft Abuse]

L
e texte qui présente ce nouvel album de Pumice commence ainsi : « Pumice returns with an exquisite experimental bathroom sink pop record in hand ». « Bathroom sink pop » : c'est vrai que cela va bien aux néo-zélandais et leur plus de trente ans d'activité au compteur, dont les compositions ubuesques, déglinguées et accidentées ne les ont jamais quittés.

'Phylis' est, si l'on en croit Rate Your Music, leur trentième album. Très loin de connaître leur immense discographie, affirmons tout de go (spoiler alert) que celui-ci n'a pas à rougir de la comparaison avec quelques uns de leurs glorieuses sorties précédentes (Ah, 'Pebbles'...).

'Phylis' n'est pas un disque qui fait semblant. Un album aux voix qu'on dirait - donc - sorties d'un tuyau, où les instruments multiples et pour tous les goûts (du melodica au ukulele en passant, et en en oubliant, par le violon et autre orgue) flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir. Pumice crée ici des structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour un ensemble cohérent dans son instabilité.
 
Pour peu qu'on aime ce genre de pop en équilibre branlant et qui aime faire un pas de côté, 'Phylis' se révèle très vite absolument délicieux, aussi bien dans sa construction que dans les mélodies qu'il dévoile, toujours travaillées et jamais délaissées ni abandonnées au bon vouloir d'instruments cabossés. 
Pumice en profite d'ailleurs pour dévoiler quelques vrais moments de grâce comme l'ouverture presque pop A Car for a Kennel, le brillant Hurdles + Curdles (For Kaaterama) qui erre dans bien des états (de quelques notes répétitives de country à du stoner lourd et pesant), le lumineux, simple et splendide Ley Lines of Kneecaps et surtout l'impeccable Feelings Are for When You're Alone, climax de 'Phylis' et un des plus beaux titres à guitare de l'année. Un grand disque instable en somme. (Sortie : 14 octobre 2022)
 
 
Plus :
'Phylis' de Pumice est à l'achat sur leur page bandcamp
'Phylis' de Pumice est en écoute, notamment chez Spotify et Deezer
 
Trois chanson de 'Phylis' de Pumice en écoute aujourd'hui. Feelings Are for When You're Alone pour ouvrir le bal, magnifique titres à guitares (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Ley Lines of Kneecaps, sublime balade lumineuse. Et enfin A Car for a Kennel, la chanson d'ouverture et peut-être la plus pop du disque :
 


mardi 11 octobre 2022

Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music]

B
ien que son nom et ses albums soient très souvent revenus dans mes radars, dans les influences d'untel ou dans les recommandations nombreuses qu'on m'a fait depuis 25 ans, je n'ai jamais cherché à en savoir plus sur Pascal Comelade, compositeur français qui va tranquillement sur ses 70 ans. 
Et pourtant, le peu que je connais de lui m'a toujours enthousiasmé. Le peu en question, c'est l'album 'Traité De Guitarres Triolectiques (À L'Usage Des Portugaises Ensablées)' qu'il a sorti avec les Limiñanas en 2015 (et accessoirement sans doute le meilleur disque à ce jour du groupe de Perpignan). Le genre de chose emballante, aussi bien sur album que sur scène.

Autant vous dire que 'Le non-sens du rythme' est comme une première pour moi. Et on a vu pire comme premier rencard. Avec l'aide de quelques invités triés sur le volet qui viennent participer avec leur guitare électrique, leur trompette ou leur violoncelle, Pascal Comelade livre ici un disque de pop (à moins que ce soit de rock ? Ou de psyché ? Tout cela à la fois en quelques sortes) à la beauté stupéfiante et qui regorge d'idées.
Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre des chemins de traverse, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée (épique Nothing but U et ses 11'30").

Tout à la fois pop, rock, psyché (si tant est qu'on doive accoler un style à ses compositions), Pascal Comelade intrigue, épate et parfois même émeut (Cimetière de la Photographie, le genre de balade piano/violoncelle d'une beauté à même de faire pleurer), que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur.
'Le non-sens du rythme' est du grand Art, parfois sur un pas mais qui ne perd jamais l'équilibre, et que j'ai du mal à ne pas lire autrement que comme une magnifique déclaration d'amour à la musique. (Sortie : 9 septembre 2022)
 
Plus :
'Le non-sens du rythme' de Pascal Comelade est à l'écoute sur sa page bandcamp 
'Le non-sens du rythme' de Pascal Comelade est à l'achat sur sa page bandcamp
'Le non-sens du rythme' de Pascal Comelade est à l'écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
 
Trois chansons de 'Le non-sens du rythme' de Pascal Comelade en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, Cimetière de la photographie, sublime balade au piano, et une des plus belles compositions écoutées cette année (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis El mal ja esta fet et son électricité lumineuse. Et enfin le non moins magnifique Musique hypertrophique des remontoirs :
 


mardi 20 septembre 2022

The Beths - Expert In A Dying Field [Carpark Records / Ivy League Records]

Quelques jours après les attentats de novembre 2015, Slate avait demandé à quelques journalistes, artistes et autres blogueurs de raconter leur premier concert après le massacre (« Le soir où nous sommes retournés au concert »). Pour moi, c'était huit jours après l'impensable, à l'occasion d'un concert de Kurt Vile dans une Épicerie Moderne peut-être pas tétanisée mais pas vraiment sereine non plus.

A une toute autre échelle, le concert de The Beths au Périscope de Lyon fut lui aussi, pour moi, le concert d'après. Celui de l'après Covid. Celui de l'après-confinements. Celui de l'après restrictions. Il y en avait bien eu quelques uns depuis que la chape de plomb s'était fissurée, mais pas d'aussi enthousiasmants, pas d'aussi libérateurs, pas d'aussi insouciants et plein de plaisir.
 
Dans cette - nouvelle - petite salle du Périscope, Liz Stokes et ses compères avaient emballé leur monde avec leur power-pop élancée, efficace et lumineuse. Avec une timidité touchante, ils avaient aligné les tubes (et notamment Not Running et Happy Unhappy, les joyaux de leur couronne) puis commencer à égrainer les chansons de leur troisième album, alors à venir, 'Expert In A Dying Field'. Et il fallait les voir touchés de comprendre que leurs nouveaux morceaux faisaient mouche, et même plus que ca parfois comme avec Silence Is Golden, que le public, venu en nombre ce soir là, s'était amusé à chanter et répéter comme un mantra, bien après que les instruments se furent tus, obligeant le groupe à relancer la machine le temps de quelques mesures pleine d'euphorie.

Six mois ont passé depuis ce concert et 'Expert In A Dying Field' a enfin vu le jour. C'était vendredi dernier et comme prévu, l'album est une nouvelle fois séduisant. Silence Is Golden est bien un des tubes du disque (et pas le seul d'ailleurs) et l'ensemble tient bien la route, entre power-rock aux quelques touches émo, des mélodies efficaces et, évidemment, les textes de Liz Stokes, qui parlent ici autant de rupture que d'amour, largement au-dessus du lot.
 
Malgré tout, et à l'instar de leur album précédent 'Jump Rope Gazers', on regrettera parfois cette production un peu trop massive et sans grâce, qui alourdit quelques unes de leurs chansons pourtant élégantes. Bien sûr, toutes ne sont pas impactées (comme Knees Deep, qui, selon le groupe, est le morceau qui a sauvé 'Expert In A Dying Field' et qui a relancé la machine), mais tout de même, c'est dommage : la voix de Liz Stokes et ses compositions mériteraient un peu plus de légèreté et de finesse. (Sortie : 16 septembre 2022)


Plus :
'Expert In A Dying Field' de The Beths est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Expert In A Dying Field' de The Beths est à l'achat sur leur page bandcamp
'Expert In A Dying Field' de The Beths est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
Tim Burgess vient de leur consacrer une Tim's Twitter Listening Party à 'Expert In A Dying Field' de The Beths. A découvrir ici.
 
 
Trois chansons de 'Expert In A Dying Field' de The Beths en écoute aujourd'hui : Knees Deep (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube), Your Side et Silence Is Golden. Un sacré trio de d'indie hits :
 


 
Trois singles ont été extraits de 'Expert In A Dying Field' de The Beths : Silence Is Golden, Knees Deep et Expert In A Dying Field. Voici leurs clips :
 


mardi 13 septembre 2022

Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records]

D
écidément, cet homme n'en a jamais assez. Après plus de vingt ans d'une carrière qui l'aura vu sortir quelques chefs-d’œuvre, que ce soit en solo (l'évident 'Person Pitch') ou avec ses compères d'Animal Collective ('Merriweather Post Pavilion', 'Strawberry Jam' et autres 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished' pour n'en citer que trois), et quelques albums plus confidentiels mais pour autant très réussi (tout le monde semble être passé à côté de la beauté de 'Buoys'), Noah Lennox aka Panda Bear continue son petit bonhomme de chemin dans la pop psyché et hallucinée avec son nouvel album 'Reset'
 
Mais cette fois, il n'est pas seul au générique et partage l'affiche avec Peter Kember, plus connu sous le nom de Sonic Boom ; un artiste dont Panda Bear est fan depuis l'adolescence et qui est devenu au fil des ans un ami et un collaborateur précieux (il a produit deux de ses albums). 
 
Pour 'Reset', l'ex-Spacemen 3 et l'ex-Animal Collective ont décidé de plonger tête la première dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60. Et de sampler à tout va, en prenant quelques éléments d'une mélodie pour mieux la faire tournebouler. Prenez Livin' In The After. Le sample vient de Save The Last Dance For Me, une chanson Drifters publiées en 1960. Panda Bear et Sonic Boom prennent la mélodie de base, introduisent le violon de la fin du morceau original dès le début pour mieux porter la voix pleine de reverb de Panda Bear pendant que Sonic Boom assure les boucles répétitives et hypnotiques. Le résultat ? Un titre sans âge à la beauté immédiate, qui évoque un genre de Something Stupid de Frank et Nancy Sinatra, mais à une voix et enregistré à la mode psyché.

Entre titres de leurs compositions (dont certaines font penser aux Magnetic Fields de Stephin Merritt, mais sous acide) et samples à foison donc (des Everly Brothers à Eddie Cochran en passant par Randy & The Rainbows dont le duo reprend le tube Denise, rajoute quelques « pom-pom-pom-pom » fredonnés par Sonic Boom en arrière plan pour mieux le rendre merveilleux), le reste est du même acabit, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé.
 
Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear (qui n'a peut-être jamais aussi bien chanté qu'ici), en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit en tout cas sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear. (Sortie : 12 août 2022)
 
 
Plus :
'Reset' de Panda Bear & Sonic Boom est à l'écoute sur leur bandcamp
'Reset' de Panda Bear & Sonic Boom est à l'achat sur leur bandcamp
'Reset' de Panda Bear & Sonic Boom est également en écoute chez Spotify et Deezer
 
Trois chansons de 'Reset' de Panda Bear & Sonic Boom en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, Livin' in the After et son violon virevoltant piqué aux Drifters (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Edge of the Edge et ses « pom-pom-pom-pom ». Et enfin, Everything’s Been Leading to This, avec Sonic Boom au chant :

 
 
 
Trois chansons de 'Reset' de Panda Bear & Sonic Boom ont été clipées jusque là : Edge of The Edge, Danger et Go On :
 

 

vendredi 9 septembre 2022

Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek]

C'est un fait établi : on va rarement à un concert pour la première partie. Pourtant, le 1er octobre prochain à L'Epicerie Moderne, j'irai avec plaisir voir Angel Olsen présenter sur scène son dernier - et réussi - album en date 'Big Time', mais je n'aurais sans doute d'oreilles et d'yeux que pour Tomberlin, qui ouvrira la soirée.

Américaine de de 27 ans originaire de Brooklyn, cette dernière a en effet sorti un de ces petites douceurs mélancoliques et déchirantes au début du printemps dernier. Un disque nommé 'I don’t know who needs to hear this...' où l'on trouve onze chansons qui prennent leur temps et que Tomberlin chante d'une voix belle, qui n'en fait jamais trop, ne se met jamais dans ses retranchements, pour mieux toucher, séduire, enivrer.

A l'image de sa pochette, sobre, entre clarté et obscurité, où elle n'occupe qu'à peine un quart de la place disponible, comme pour s'effacer, disparaître, Tomberlin ne se départit jamais de sa langueur, de ses silences (et qu'ils sont beaux), de ses douleurs tout au long des cinquante minutes de 'I don’t know who needs to hear this...'. Et même si quelques chansons rompent avec tout cela (Stoned et Happy Accident, nerveuses à souhait), c'est tout un univers mélancolique, fait autant de guitare, de piano suspendu que flûte, clarinette et autre saxophone, qui vous enserre le coeur, le corps et les sentiments - il n'est d'ailleurs pas étonnant d'avoir quelques réminiscences des débuts de Damien Rice, quand la voix de Lisa Hannigan venait habiller quelques unes de ses compositions, sur le sublime Idkwntht qui clôt l'album du même nom.

Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de l'américaine coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semble sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth Tomberlin. Le plus de monde possible. (Sortie : 29 avril 2022)
 
Plus :
'I don’t know who needs to hear this...' est en écoute sur le bandcamp de Tomberlin
'I don’t know who needs to hear this...' est à l'achat sur le bandcamp de Tomberlin
'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin est également en écoute, notamment, chez Spotify et Deezer
 
Trois chansons de 'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin sont en écoute aujourd'hui. Le splendide et délicat Memory au synthé hypnotique (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Easy, la chanson d'ouverture parfaite pour rentrer dans son univers. Et enfin Idkwntht, avec Felix Walworth en contrepoint, plein d'une ambiance jazzy délicieuse :



 
Trois clips parmi ceux publiés depuis la sortie de 'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin : Happy Accident, Sunstruck et Idkwntht.
 
 

jeudi 1 septembre 2022

Cheekface - Too Much To Ask [-]

Dix-huit mois après We Need a Bigger Dumpster, single épatant - alors sans album - plein d'indie-rock et d'ironie mordante, bien dans le ton de son époque ; dix-huit mois après avoir égrainé au fil des semaines quelques nouveaux titres, Cheekface vient de décider de passer à la vitesse supérieure en publiant son troisième album, 'Too Much To Ask'.

Si vous ne connaissez pas Cheekface, mais que vous aimez l'indie-rock, un rien slacker, mais aussi l'humour un peu grinçant, nul doute que vous allez être servi. Surtout que ce nouvel album ne voit pas le trio de Los Angeles changer de direction : dans cet album un brin caustique, où le groupe continue de ne pas se prendre au sérieux (sans pour autant jamais se moquer de son auditoire), on y entend beaucoup de guitares, de l'indie-rock de qualité, des compositions de haute volée, du Jeffrey Lewis par ci, du Parquet Courts par là - et plus globalement toute cette clique là - et presque du Lewsberg (si si).
 
Si l'album se tient sacrément, autant par ses compos que par Greg Katz qui chante autant qu'il « joue » ses chansons, on retiendra tout de même quatre titres : We Need a Bigger Dumpster donc, mais aussi When Life Hands You Problems, garage-pop joué à cent à l'heure (et en 1'25" chrono), Next To Me (Yo Guy Version) et sa descente de manche sur le refrain qu'on aimerait revenir plus souvent, et surtout You Always Want to Bomb the Middle East, genre d'indie-pop ensoleillée, aussi politique que drôle (« You always want to bomb the Middle East on the weekend, when we could be cutting grass or eating cheese with your girlfriend, we could learn to read and write in Portuguese or Korean, but you always want to bomb the Middle East ») que se surprendra très vite à chanter à tue-tête - comme souvent chez eux. Décidément, Cheekface est vraiment un groupe à part sur la scène actuelle. On aurait tort de passer à côté. (Sortie : 2 août 2022)
 
Plus :
'Too Much To Ask' est également en écoute, notamment, sur Deezer et Spotify
 
Trois chansons de 'Too Much To Ask' de Cheekface en écoute. Le très pop You Always Want to Bomb the Middle East (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis l'urgent When Life Hands You Problems. Et enfin Next To Me (Yo Guy Version) :
 


 
Pour finir, le clip de We Need a Bigger Dumpster de Cheekface, single découvert l'an passé, mais qui n'a rien perdu de sa classe :
 
 

lundi 30 mai 2022

Oceanator - Nothing's Ever Fine [Big Scary Monsters / Polyvinyl Record / Plastic Miracles]

Oceanator avait bien disséminé quelques promesses. Mais de là à publier un disque comme 'Nothing's Ever Fine' ? Ce n'était tout de même pas écrit. Car si le premier album de l'Américaine, 'Things I Never Said', était plutôt convaincant dans l'ensemble, il ne manquait pas de défauts : des mélodies redondantes, une empathie un peu trop prononcée pour des guitares lourdes, manquant de finesse, et des chansons fortes réduites à la portion congrue (pour ainsi dire deux : The Sky Is Falling et I Would Find You).

'Nothing's Ever Fine' est, donc, d'un tout autre calibre. Et confirme que 'Things I Never Said' n'était qu'une gentille mise en bouche. Elise Okusami a monté son exigence de plusieurs crans, et à tous les niveaux. 
 
Après un instrumental qui donne le ton du disque (Morning) et une première chanson Nightmare Machine, toute de REM vêtue, Oceanator va en effet dérouler un disque aux compositions bien plus solides que par le passé. Bien aidé par un tracklisting cohérent et qui n'aurait pas pu être mieux agencé, 'Nothing's Ever Fine' va ancrer son inspiration et son environnement dans un rock qu'on daterait du début des années 90, mais qui n'hésite pas à faire quelques incursions dans un punk à roulettes des plus efficaces, et qui n'oublie de saupoudrer l'ensemble de pop, comme pour mieux éviter la redite et effacer les défauts de son précédent album.
 
Mais surtout, il y a cette production, assurée par le frère d'Elise Okusami, d'une justesse incroyable, que d'aucuns trouveront typée, mais qui a le mérite de faire ressortir à chaque fois le meilleur des compositions de sa sœur, qui ne sont jamais dénuées d'ambition.

Plein de petits hook pour relancer ses chansons (à tout seigneur tout honneur, nommons ici le pont formidable de Beach Days (Alive Again) qu'on aimerait entendre durer des heures, voir plus bas), malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent. (Sortie : 8 avril 2022)

Plus :
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est en écoute sur sa page bandcamp
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est à l'achat sur sa page bandcamp
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est également à l'achat ici
'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer

Trois chansons de 'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator en écoute. A tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec Beach Days (Alive Again) (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Enchaînons avec The Last Summer, l'autre grande chanson de l'album. Et finissons par Summer Rain, belle balade électrique pleine d'écho :
 
 
 
 
Les clip de The Last Summer et Bad Brain Daze, premiers singles extraits de 'Nothing's Ever Fine' d'Oceanator :
 

lundi 9 mai 2022

CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings]

Je me plaignais récemment du fait que j'avais du mal à trouver cette année des albums qui me plaisent de bout en bout. Oui, il y en a, mais assez peu, surtout comparé aux années précédentes. Mais l'arrivée du printemps change la donne.

Dernier coup de coeur en date, 'If My Wife New I'd Be Dead' d'une artiste irlandaise du nom de CMAT. Évacuons tout de suite l'incongruité de ce nom : il s'agit uniquement des initiales des prénoms et du nom de la dame en question, à savoir Ciara Mary-Alice Thompson. CMAT donc.
 
'If My Wife New I'd Be Dead' est son premier album. Un disque à la naissance difficile mais nécessaire pour celle qui a toujours su qu'elle serait une pop star. Et difficile de lui donner tort à l'écoute de ses douze chansons : elle a déjà tout d'une grande.
 
Si les influences ici sont clairement country (on n'ouvre pas son premier album par une chanson nommée Nashville par hasard), CMAT n'en fait pas pour autant un sacerdoce mais plus une source d'inspiration, qu'elle distille tout du long. Car 'If My Wife New I'd Be Dead' est avant tout un disque pop. Et un sacrément bien foutu d'ailleurs, plein de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, de textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées, d'amours déçus, déchus et de mal-être général, contrebalançant l'optimisme qui se dégage de beaucoup de ses mélodies
 
Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise alterne ici tubes (Every Bottle (Is My Boyfriend), I Wanna Be a Cowboy, Baby! ou No More Virgos, seule chanson qui s'échappe de ce canevas country-pop avec sa vibe electro qui lui va bien au timbre), balades country (Geography Teacher, I'd Want U) et petites douceurs mélancoliques (Lonely, Peter Bogdanovich qui fait penser à Tele Novella).
 
Alors certes, ce n'est peut-être pas avec 'If My Wife New I'd Be Dead' que CMAT explosera à la face du monde. Mais il y a fort à parier que c'est une question de temps pour l'ancienne fan numéro 1 (c'est elle qui le dit) des anglais de Bombay Bicycle Club (le guitariste Jamie MacColl devint même son premier manager). De là à connaître le succès de ces deux principales influences, Dolly Parton et Katy Perry ? Et pourquoi pas ? (Sortie : 25 février 2022)
 
NB : Initialement sorti sur bandcamp, 'If My Wife New I'd Be Dead' en a été supprimé dernièrement. De là à penser qu'un label important ait décidé de sortir l'album de CMAT, il n'y a donc qu'un pas.

Plus :
'If My Wife New I'd Be Dead' de CMAT est à l'achat sur son site officiel
'If My Wife New I'd Be Dead' de CMAT est également à l'achat un peu de partout ici
Quelques chansons de 'If My Wife New I'd Be Dead', sorties en single à intervalles réguliers depuis 2020, sont en écoute sur le bandcamp de CMAT
'If My Wife New I'd Be Dead' de CMAT est notamment en écoute chez Spotify et Deezer
 
 
Trois chansons de 'If My Wife New I'd Be Dead' de CMAT en écoute aujourd'hui. Et trois tubes disons le clairement. No More Virgos, seule chanson qui s'éloigne de la tonalité country-pop de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Every Bottle (Is My Boyfriend). Et enfin le smooth et à chanter à tue-tête I Wanna Be a Cowboy, Baby! :


Trois clips de 'If My Wife New I'd Be Dead' de CMAT à voir ci-dessous : 2 Wrecked 2 Care, No More Virgos et Lonely. Notons d'ailleurs que sa page youtube en référence d'autres, ainsi que toutes les paroles des chansons de l'album :