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mardi 17 février 2009

Iran - Dissolver [Narnack]

J’aimerais parler de ce disque sans évoquer Tv On The Radio, mais cela va être délicat. Je l’annonce même déjà, c’est peine perdue. Car ce ‘Dissolver' – troisième album et premier en six ans – d’Iran, groupe originaire de San Francisco, a plus qu’un lien avec le groupe auteur de ‘Dear Science’ l’an passé.

Premièrement, il faut savoir que Kyp Malone, avant d’être le guitariste des Tv On The Radio, était celui d’Iran. Deuxièmement, la voix d’Aaron Aites a ce grain qui fait penser assez souvent à Tunde Adebimpe, le chanteur du groupe de Brooklyn. Troisièmement, c’est David Sitek, le responsable du son de ces derniers, qui est à la production.

Ceci posé, ‘Dissolver’ est-il pour autant un album caché de Tv On The Radio? Même pas mon capitaine. Enfin si, un peu. La production apporte bien un côté soul sur certains morceaux, les chœurs de Buddy ne sont pas arrivés là par hasard. Mais objectivement, c’est tout. Car le reste, Iran ne le doit qu’à lui-même.

Après deux premiers albums faisant la part belle à une indie-rock entre Pavement et Sebadoh, avec un côté expérimental très prononcé, le groupe a mis de la pop dans sa bière et a adouci le mouvement. Le côté lo-fi a (presque) disparu et la partie noise reste présente épisodiquement (et notamment sur le très bon Digital Clock and Phone, idéalement placé dans le tracklisting, juste après deux titres de grande classe).

‘Dissolver’ est un éloge aux longs morceaux rock inspirés (sublime Aiport ’99), aux titres rock courts et efficaces (le futur tube, I Can See The Future, qui s’envole suite aux coups de boutoirs de Kyp Malone). Surtout, cet album d’Iran est une ode à la guitare, aux riffs furieux. Tout du long, c’est elle qui joue le rôle de guide spirituel d’Iran.

Au-delà du rapprochement inévitable avec Tv On The Radio, ce nouvel album d’Iran est un vrai album d’indie-rock de très bon aloi, relevé de pop, qui devient rapidement, du fait de quelques titres fameux, assez entêtant. (sortie: 17 février 2009)

Son :
Myspace (Trois titres de ‘Dissolver’ en écoute)

Deux titres, pour vous faire une idée. Le sublime Airport ’99, long mais bon et qui passe par tous les états, et le rugueux Baby Let's Get High One Last Time Together (malheureusement plus en écoute):

Et en bonus track, le trailer de leur 'Buddy Ep', sorti début novembre 2008:


lundi 17 mars 2025

Kwoon - Odyssey [-]

Projet du parisien Sandy Lavallart, actif depuis 2006 et la sortie de 'Tales and Dreams' (petit chef d’œuvre post-rock-ien et de pop atmosphérique, et pas que pour I Lived on the Moon), Kwoon n'a cessé depuis lors de composer, de se produire (même dans des endroits insolites comme des flancs de volcans, des phares ou en haut de l'aiguille du Triolet sur le Mont-Blanc), et voir sa musique dépasser les frontières (il suffit d'aller sous n'importe quelle de ses vidéos pour se rendre compte que le groupe compte des fans aussi bien en France qu'en Russie, en Turquie qu'en Israël, aux États-Unis qu'en Iran, etc), même s'il reste un projet encore, et de façon incompréhensible, confidentiel.

Pourtant, malgré près de vingt ans d'activité, 'Odyssey' n'est étonnamment que le troisième album de Kwoon, le premier depuis un sombre mais si beau 'When The Flowers Were Singing...' en 2009. Un disque prévu initialement pour le printemps 2024, dont quelques chansons ont été égrainées depuis quelques années déjà (Life a même été chroniqué dans ces pages en mai 2020) et qui vient finalement tout juste de sortir, toujours sans label. Et l'attente valait le coup. Car si l'on est en terrain connu, le résultat est aussi immédiat que saisissant. Ouvert par un Leviathan puissant et riffeur (qui a des airs de MONO), enchainé par un superbe King of sea, en duo avec la trop rare Babet de Dionysos (et au clip magnifique), 'Odyssey' va dérouler de longues mélopées mélancoliques entre post-rock et pop rêveuse (si propres et si chères à Sandy Lavallart) voire ambiant (superbe Blackstar), toujours élégamment vêtues, avec comme matrice principale la mélancolie qui infuse tout du long. 

A l'instar de ses prédécesseurs, 'Odyssey' est un album magnifique, particulièrement cinématographique, parfois insaisissable, toujours délicat, où l'émotion est toujours à fleur de peau et qui sonne comme un voyage onirique, tout en apesanteur. Voyage dont le point d'orgue serait sans nul doute Jayne, chanson sublime à l'explosion finale et aux cordes tendues à se damner, qui résume à elle seule la musique et la carrière de Kwoon, groupe dont j'avais presque oublié la beauté et la flamboyance. (Sortie : 21 février 2025)

Plus :
'Odyssey' de Kwoon est en écoute sur sa page bandcamp
'Odyssey' de Kwoon est à l'achat sur sa page bandcamp
'Odyssey' de Kwoon est également, et notamment, en écoute sur Spotify, Deezer et Tidal


Trois chansons de 'Odyssey' de Kwoon en écoute. A tout seigneur tout honneur, commençons par l'éblouissant Jayne
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchaînons avec King of sea, en duo avec Babet. Et terminons par Wolves :


Depuis I Lived On The Moon, on sait que Kwoon réalise toujours de très beaux clips. Ceux de 'Odyssey' ne dérogent pas à la règle, que ce soit celui de Jayne et surtout celui de King of sea :