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mardi 25 mars 2025

Willow Avalon - Southern Belle Raisin' Hell [Assemble Sound / Atlantic]

Jordi Cruyff fut footballeur professionnel comme son père et joua lui aussi au FC Barcelone. Bronny James est aujourd’hui un joueur des Los Angeles Lakers, comme sa légende de père. Sean et Julian Lennon, Jakob Dylan ont tous suivi les voies tracées par leurs pères. Tous ont - ou font - carrière, sans grand succès, en n’ayant pas le dixième du talent de leurs paternels et en n’arrivant jamais à se départir de leurs écrasantes auras.

Il n’est pas dit que l’histoire se répète pour Willow Avalon, fille de, comme son nom ne l’indique pas, Jim White, musicien américain à ne pas confondre avec son homonyme australien, artiste si ce n'est révéré dans ces pages, tout au moins largement estimé, tant il a joué dans des groupes (Dirty Three, Boxhead Ensemble ou plus récemment The Hard Quartet) ou travaillé avec des artistes (Nina Nastasia, Tanakh, Mark Kozelek, Jess Ribeiro, Phosphorescent, pour n’en citer que très peu) qui ont marqué l’auteur de ces lignes.

Fille d’un musicien indépendant, loin des spotlights et d’un succès colossal, on pourrait croire que la vie de Willow Avalon fut celle d’une enfant de la balle. Il n’en est rien. Comme le raconte très bien "How Jim White Helped His Bluebird Spread Her Wings", un long et excellent article de Max Blau du Sunday Long Read en juin 2020 (donc bien avant que notre héroïne du jour se lance dans le grand cirque musical), la vie de Willow Avalon n’a pas été simple et de tout repos. Une enfance compliquée suite au divorce de ses parents alors qu’elle était très jeune, une famille qui se déchire notamment autour de sa garde, un père au départ absent mais qui fait tout pour être le plus présent possible (sur son album de 2004 'Drill a Hole in That Substrate and Tell Me What You See', Jim White lui chantait tout l’amour qu’il lui portait sur le très beau Bluebird (son surnom) : « And I pulled you close and held you in my arms / Yes, salvation wears a thin disguise 'cause I can see the heaven in your eyes / And I thank God them years I searched were not in vain / Finally found someone to love more than the rain / Bluebird I love you more than the rain »), une adolescence compliquée faite de rebellions, d’incompréhension, de déménagements réguliers et soudains, d’indépendance sans doute prématurée et de choix de vie tendancieux pour subvenir à ses besoins (elle a loué ses services auprès d’hommes généreux pour qu’ils profitent de sa compagnie, sans pour autant, c’est à noter, que cela n’implique de relations sexuelles tarifées).

A l’âge adulte, Willow Avalon a trouvé l’apaisement. Elle a fini par faire la paix avec son père (de son côté, son père a fait la paix avec lui-même) et a pu se lancer dans la musique, chose qui l’a évidemment accompagnée toute sa vie et pour laquelle elle a quelques prédispositions. Quelques singles pour débuter, une signature (excusez du peu) chez Atlantic Records pour un premier Ep 'Stranger' en février de l’année dernière, puis quelques nouveaux singles marquants (Homewrecker, Tequila or Whiskey, Country Never Leaves) qui l’ont mis sur la carte de la country-pop américaine, genre en plein effervescence aux États-Unis, et enfin un premier album début janvier 2025, dont le titre 'Southern Belle Raisin' Hell' semble faire écho à son premier quart de siècle.

Porté par une belle pochette, bien plus naturelle, réelle et moins lisse que celles de ses singles précédents où elle apparaissait comme une poupée fabriquée par une IA lambda, 'Southern Belle Raisin' Hell' s’ouvre par Something We Regret et ces quelques vers : « I love you like sugar, you love me like sex, put us both together, we'll do something we regret ». Des mots et une mélodie endiablée qui posent le décor et résument à eux seuls la teneur de ce premier album : un disque de country, souvent pop, parfois folk, aux relents rock (la chanson titre Southern Belle Raisin' Hell) et mélancoliques, qui ne manque ni de grandes mélodies (les trois singles cités plus haut mais aussi le simple et touchant Want Me Now, The Actor et ses belles guitares et surtout Blue Bird, sans doute la meilleure chanson du disque, à l’amorce d’un classicisme banal mais que la mélodie, imparable et immédiate transcende) ni de textes malins, où Willow Avalon parle d'amour, de ruptures et d'abandon, d'alcool, de conneries de jeunesse, et chante d'une voix belle, lumineuse et un rien kinky.

En 2017, Jim White avait terminé son album 'Waffles, Triangles & Jesus' en enregistrant Sweet Bird Of Mystery, une chanson qu’il avait écrite pour sa fille vingt ans auparavant. Sur l’enregistrement, on peut entendre une très jeune Willow Avalon chanter quelques mots. Sur 'Southern Belle Raisin' Hell', cette dernière n'a pas l'air d'avoir fait appel à son père. Sans doute pour mieux s’émanciper de sa tutelle musicale, sans doute surtout pour garder cette indépendance qu’elle semble avoir chevillée au corps. Mais ce n'est que partie remise, tant il est évident que père et fille chanteront un jour ensemble, leurs univers musicaux et leur histoire personnelle faisant que. Et contrairement à beaucoup d'autres enfants d'artistes, ce jour là, il y a fort à parier que la star, ce sera la fille, Willow Avalon, dont le succès futur ne fait pas vraiment de doute à l'écoute de ce très réussi 'Southern Belle Raisin' Hell'. (Sortie : 17 janvier 2025)

Plus :
'Southern Belle Raisin' Hell' de Willow Avalon est en écoute un peu de partout ici
'Southern Belle Raisin' Hell' de Willow Avalon est à l'achat en vinyle ici
L'article "How Jim White Helped His Bluebird Spread Her Wings" de Max Blau publié sur Sunday Long Read en juin 2020, passionnant de bout en bout, est à lire ici.

Trois chansons de 'Southern Belle Raisin' Hell' de Willow Avalon en écoute aujourd'hui. Baby Blue pour débuter et sa ritournelle qui reste en tête (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Something We Regret et son « I love you like sugar, you love me like sex, put us both together, we'll do something we regret ». Et enfin The Actor et ses belles guitares :



Le clip de Baby Blue, dernier single extrait de 'Southern Belle Raisin' Hell' de Willow Avalon :

lundi 20 novembre 2017

[Track of The Day] Conor Oberst - Empty Hotel by the Sea

Il y a encore quelques années, les disques de Bright Eyes brillaient de mille feux. Puis, peu à peu, Conor Oberst et ses copains ont perdu la flamme, leurs derniers albums ne contenant que de simples flammèches. Et ce projet a été mis entre parenthèses.
La carrière de Conor Oberst ne s’est pour autant pas arrêtée, et vu son talent de compositeur comme de parolier, c'eut été ballot vous admettrez.
Il a ainsi multiplié les disques que ce soit sous son propre nom, accompagné de The Mystic Valley Band ('Outer South') ou formant le temps d'un album un super groupe, Monsters of Folk, dont l'intérêt se limita finalement aux membres le composant (Conor Oberst donc, Jim James, M. Ward et Mike Mogis). Rien de bien remarquable en somme. L’an passé, Conor Oberst a sorti ‘Ruminations’, son sixième album solo. Un disque guitare-harmonica-piano-voix assez dénudé, très cru, joli et que sombre mais assez anodin au final.

Mais l'américain semble tenir énormément à ce disque vu qu’il a décidé de lui donner une seconde vie en le réenregistrant entièrement en compagnie d'un groupe cette fois (ce qui, soit dit en passant, n'est pas vraiment la norme dans ce sens là). Et ce sont les Felice Brothers qui s'y sont collés, plus Jim Keltner, batteur qui a officié sur bon nombres de disques ces dernières décennies, dont certains de Neil Young, Bob Dylan, John Lennon, George Harrison et même... Starmania.

A l'écoute de 'Salutations' (c'est donc le nom de cet album full band), une chose est sûre : si la pochette est plus lumineuse que celle de 'Ruminations', l'homme qui flotte a priori sans vie au milieu de sa piscine nous rappelle vite que les chansons sont les mêmes (agrémentées de sept nouveaux titres), et qu'on n'est pas là pour rigoler.

Sans doute trop long, l'ensemble prend en tout cas un second souffle bienvenu. Et cela va définitivement au teint et surtout la voix de Conor Oberst. Mieux, les sept chansons supplémentaires se révèlent être parmi les meilleures du disque ; Empty Hotel by the Sea, en écoute aujourd'hui, est d'ailleurs la plus réussie (et est une sorte de suite textuelle au Let's Not Shit Ourselves (To Love and to Be Loved) de Bright Eyes).
Plus Dylanien que jamais sur certains passages (Napalm en est le meilleur exemple, et à tous les niveaux), Conor Oberst ne ressuscite peut-être pas avec ‘Salutations’ ses Bright Eyes. Mais il en ranime l'esprit lors de quelques - courts - passages.
Espérons que ceux-ci lui donneront envie de relancer la machine d'un des groupes qui m'a procuré certains de mes plus beaux émois musicaux des années 2000. Parce que franchement Conor, ça fait bientôt 7 ans, il est temps mon gars.

Album : Salutations
Année : 2017
Label : Nonesuch


Acheter


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Empty Hotel by the Sea de Conor Oberst est également en écoute ci-dessous :


mercredi 25 mars 2020

[Track of The Day] Bright Eyes - Persona Non Grata

C'est qu'ils se seront fait désirer les bougres. Neuf ans qu'ils auront mis pour revenir aux affaires. Alors oui, 'The People's Key', malgré l'excellent Shell Games, n'était pas leur meilleur album - loin s'en faut. Mais de là à mettre le groupe sous cloche ?

Vous me direz, ceci aura permis à leur tête de proue Conor Oberst d'aller vadrouiller en solo, mais aussi à droite avec The Mystic Valley Band, à gauche avec Jim James et M. Ward pour Monsters of Folk et dernièrement avec Phoebe Bridgers pour le très grower projet Better Oblivion Community Center. Mais à bien y regarder, rien qui ne valait ce qu'il pouvait proposer jusque là avec ses acolytes Mike Mogis et  Nate Walcott.

Les Bright Eyes sont donc de retour, eux qui avaient teasé leur monde au tout début de l'année en lançant leur compte instagram. Il se disait de source sûre qu'un album était sur le feu. Il l'est 3 mois plus tard, même si l'on en sait pas plus pour le moment. Avant d'en dire plus dans quelques temps, le groupe ravive sa flamme en publiant un premier titre, Persona Non Grata, sans rien ajouter d'autres (à part que la tournée du printemps était évidemment annulée). Et on se contentera de cette première chanson avec de la belle cornemuse, dépressive à souhait et très dans l'air du temps, où l'alchimie entre les trois compères opère toujours et où on retrouve le Conor Oberst qu'on a tant aimé.

Album : -
Année : 2020
Label : Dead Oceans


En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), Persona Non Grata de Bright Eyes est également en écoute ci-dessous :



vendredi 24 juillet 2009

[Track of The Day] Monsters of Folk - Say Please

Les gus ne doutent de rien: Monsters of Folk. Rien de moins. Nom un peu pompeux pour un nouveau super groupe, formé, excusez du peu, de Conor Oberst et de son compère Mike Mogis de Bright Eyes, Jim James de My Morning Jacket et de M.Ward. A lire la liste des membres, on les excuse déjà de ce nom un poil péremptoire.
Formé durant une tournée commune - ou presque - des trois groupes, ces Monsters of Folk déboulent sans crier gare avec un premier album éponyme.
Tout est pour le moment réuni pour que cet album soit une réussite. Say Please, le premier extrait, est d'ailleurs assez alléchant, même lorsqu'il va flirter dangereusement avec quelques riffs un peu lourdingues, heureusement sans tomber dans l'excès.
On restera toutefois prudent: les super groupes, c'est toujours très bien sur le papier. Mais sur la longueur c'est autre chose. Réponse le 22 septembre prochain. 

Album: Monsters of Folk 
Année: 2009 
Label: Shangri-La Music

On peut télécharger gratuitement et légalement ce Say Please des Monsters of Folk en allant ici et si on n'est pas trop benêt.

mercredi 5 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 30-11


La blogosphère n'en finit plus de présenter ses tops. Et elle a bien raison! Arbobo a donc sorti son top, en 3 parties (les disques cools, les disques plus que cools, le gros 4 des disques top top cools), Lyle aussi avec notamment un numéro 1 qui a vraiment de la gueule, tout comme Benoit de Hop-Blog (forcément classe avec un surprenant numéro 2) tandis que Matador propose de revenir sur l'année 2010 en un clin d'œil!

En ce qui concerne ce blog, deuxième partie de mon top albums de l'année, avec les albums classés de 11 à 30. Avec comme à chaque fois, un lecteur tout en bas de l'article présentant une chanson de chacun des albums listés.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010



30. Frightened Rabbit – The Winter of Mixed Drinks [Fat Cat]
Parent pauvre médiatique d’Écosse, Frightened Rabbit n’en est pas moins un des groupes les plus intéressants du pays d'Arab Strap. Plus que jamais folk-rock, ‘The Winter of Mixed Drinks’ est un album très efficace, concentré d’hymnes indie qu’il est difficile de ne pas chanter à tue-tête.
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29. Caribou – Swim [Merge]
Pop psychédélique pleine d'électro, le dernier album de Caribou est un euphorisant de taille. Porté par 9 chansons, 'Swim' va piocher aussi bien du coté de Four Tet (et de son folktronica) que de Junior Boys voire par instants d'Animal Collective. Grand album, ouvert et fermé par deux chansons absolument sublimes.
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28. Jim O'Rourke – All Kinds of People Love Burt Bacharach [AWDR]
Jim O’Rourke a raison : tout le monde aime Burt Bacharach. Et il le prouve en rendant un vibrant hommage à l’œuvre du maître. Ainsi, Jim O’Rourke convie quelques amis (Thurston Moore notamment) et quelques artistes nippons (dont la très grande majorité sont d’intéressantes découvertes) pour mieux reprendre quelques standards de Bacharach. Des relectures fidèles et respectueuses mais ne manquant pas de sève. Le grand Burt en aura été touché pour sur.
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27. The Magnetic Fields – Realism [Nonesuch]
Troisième et dernière étape d'une «no-synth trilogy», 'Realism' est un disque qui s'échappe des contours tortueux de 'Distortion' pour mieux se jeter dans une british-folk de la fin des années 60 des plus délicates. Production soignée, cuivres, cordes (dont une harpe), clavecin et mélodies délicieuses, ce 'Realism' respire la classe et aurait eu son mot à dire à l’époque où ce mouvement était à son apogée. C’est dire.
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26. Janelle Monáe – The ArchAndroid [Atlantic]
Elle aurait pu être une chanteuse de plus, capable de sortir des tubes incroyables et des albums décevants (entrez ici Gwen Stefani, Rihanna et autres Nelly Furtado version 2). Si Tightrope était plus qu’un tube, Janelle Monáe n’en a elle pour autant pas oublier de tenir la longueur sur album. ‘The ArchAndroid’ est un disque qui évite les écueils des artistes susnommées, ne lésinant pas sur les mélodies et les arrangements malins ; et ne se limitant pas au seul Tightrope pour renverser les têtes.
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25. Joanna Newsom – Have One On Me [Drag City]
Qui aurait prédit qu’une harpiste serait une des plus grandes stars de la scène indie actuelle? Je ne suis même pas sur que Joanna Newom elle-même y aurait pensé.
Et pourtant, la grande prêtresse de la folk, c’est elle. Une musique lumineuse sur lesquels viennent se poser des textes de plus en plus chantés et de moins en moins couinés. ‘Have One On Me’ est un album très long (triple album) mais dont l’écoute (en plusieurs fois) s’avère être un enchantement répété.
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24. Ted Leo and the Pharmacists – The Brutalist Bricks [Matador]
Avec sa pochette, avec un label comme Matador, difficile de s’imaginer ‘The Brutalist Bricks’ autrement que marqué par les années 90. Ted Leo and the Pharmacists aura été une sacrée découverte en 2010 pour votre serviteur, surtout pour un groupe officiant depuis de nombreuses années déjà. Rock à guitares enjouées et qui aiment riffer, cet album est une sorte d’hommage à une décennie dont Matador fut longtemps un des portes paroles.
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23. The Roots - How I Got Over [Def Jam]
Ce 'How I Got Over' est d'une délicatesse et d'un touché surprenant qu'on ne connaissait pas chez les partenaires des ?uestlove. Naviguant entre soul, ambiance jazzy et titres r'n'b, invitant du beau monde, de John Legend à Monsters of Folk en passant par Joanna Newsom (la voix nasillarde de la belle dans un monde de beats vaut le détour), The Roots ralentissent le tempo et proposent un nouvel album apaisé et d'une grande cohérence. La régalade en somme.
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22. The Ex - Catch My Shoe [Ex]
Pour un 30è anniversaire, quoi de mieux qu’un nouvel album ? Et un grand disque s’il vous plaît? The Ex, six ans après son dernier album en date (et qui était déjà bon comme c’est pas permis), remet le couvert avec un ‘Catch My Shoe’ qui voit notamment la rencontre de leur post-punk avec des cuivres hispanisants. Moins rendre dedans de prime abord que leurs derniers essais (en tout cas en général) mais pas moins bon.
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21. John Roberts - Glass Eights [Dial]
Electro ? House? Deep-house ? Je n’en sais trop rien au final. Sûrement les trois à la fois. En tout cas, ‘Glass Eights’ (découvert grâce à B2B de Chroniques Électroniques, dont la critique de l’album se trouve en cliquant sur le « + » en dessous de ce texte), par ses beats, la subtilité de ses changements de rythmes, sa production impeccable et ses mélodies, m’aura éminemment touché cette année.
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20. Aberfeldy – Somewhere to Jump From [Tenement]
Petit frère de ‘Young Forever’ et ‘Do Whatever Turns You On’, ‘Somewhere to Jump From’ aura mis quatre années pour sortir des doigts et du cerveau des Aberfeldy. Malgré cette période bien trop longue, le résultat est à la hauteur des espérances. Les écossais reprennent leurs ingrédients favoris (bluettes pop ensoleillées) et font de ce troisième album un disque charmant à tous niveaux, qui replace les Aberfeldy successeurs désignés des Belle and Sebastian qui n’en finissent plus de tourner en rond.
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19. Crocodiles – Sleep Forever [Fat Possum]
Tout en gardant une base noisy-pop teintée de shoegaze (ou l'inverse) qui faisait le charme de leur premier effort (salué ici), les Crocodiles pour leur deuxième album ‘Sleep Forever’ insufflent plus de pop (voire de soleil), de rock, la joue moins sombre, moins «cheap», plus porté vers l'attaque, avec une production plus efficace et accessible. Le tout paraîtra peut-être trop propre à certains (la production de James Ford y est pour beaucoup) mais les Crocodiles franchissent le Rubicon avec une grande aisance.
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18. Max Richter – infra [130701]
Prince de la musique de chambre électronisée, Max Richter aura sorti en 2010 son meilleur album depuis son chef d’œuvre de 2004, ‘The Blue Notebooks’. Il s’appelle ‘infra’ et est une suite de variations léchées de cordes et de pianos sur lesquelles vient se poser des distorsions radiophoniques. Exact opposé musical au final, mais complémentarité intelligente qui ne fait que ressortir un peu plus le beau de ses mouvements. Un, deux, trois ? Frissonnez.
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17. General Bye Bye – Girouette [Greed Recordings]
A chaque année son très bel album Greed Recordings. En 2010, ce sont les parisiens de General Bye Bye qui remportent la palme avec un premier effort à saluer. Un disque de rock nerveux, aux constructions alambiquées, où une influence toute Blonde Redhead-ienne (bien que Philippe, chef de cette tribu, s’en défende) plane au-dessus des compositions. Une preuve de plus que le rock en France, c’est possible.
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16. GonjaSufi - A Sufi and a Killer [Warp]
Album de l’année pour soixante blogueurs réunis, ‘A Sufi and a Killer’ est sans nul doute le disque le plus ouvert que j’aurais écouté en 2010. Pop psychédélique, rock débraillé, soul sous acides, funk organique, tout ici se succède pour former pourtant un ensemble on ne peut plus cohérent. Rajoutez à cela une voix presque caméléon, capable de s’adapter à chaque rythme offert sur un plateau par Flying Lotus, Gaslamp Killer et Mainframe, et vous tenez un des albums de l’année. Évidemment.
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15. Jeremy Messersmith – The Reluctant Graveyard [-]
‘The Reluctant Graveyard’ et sa pochette tragi-comique aurait été écrit par Elliott Smith qu’il aurait déjà reçu un succès critique et commercial. Car il y a beaucoup de choses qui rappelle l’auteur de ‘Either/Or’. Capable d’une finesse et d’un touché pop irréfutable, Jeremy Messersmith confirme – et de quelle manière ! – tout le talent qui vit dans ses mains.
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14. Arnaud Fleurent-Didier – La Reproduction [Columbia]
Il y eut l’aventure Notre Dame. Puis l’aventure French Touche, petit label parisien qui aura eu du nez pour sortir ‘Portrait du Jeune Homme en Artiste’, un des chefs d’œuvre (à mes yeux) des années 2000, le genre d’albums de pop à la française comme on en fait trop rarement.
Il y a aujourd’hui l’aventure major avec ‘La Reproduction’, un disque annoncé par l’inoxydable France Culture et qui est une réussite. Délaissant les aventures d’un jeune trentenaire en mal d’amour et d’affection pour mieux recentrer son propos sur la famille, Arnaud Fleurent-Didier parvient à force de textes finement écrits et d’orchestrations pop de grandes tenues à sortir un album d’une grande maturité. Et, c’est le plus important, d’une grande beauté.
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13. The Idyllists – st [Talking Bird]
Un de mes coups de cœur de l’année. Non signés, les américains de The Idyllists prouvent avec ce deuxième album toute l’incohérence de leur situation. Car ces gens là ont une vraie capacité à composer de bonnes chansons pop voire rock, un brin matinées de folk, et à créer plus souvent qu’à leur tour de véritables hymnes à découvrir (Empire State, Let’s Fly Away). Une sorte de Libertines pop et américain.
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12. Future Islands – In Evening Air [Thrill Jockey]
Il y a d’abord ce son marqué 80s. Il y a ensuite cette voix qui rappelle celle de Kurt Wagner de Lambchop. Il y a enfin ces compositions qui se valent presque toutes tant elles sont de très haut niveau. Car bien que porté par le splendide Swept Inside, ‘In Evening Air’ compte bien plus de tubes (Walking Through That Door, Vireo’s Eye, Long Flight) en son sein que bons nombres d’albums sortis cette année.
Un disque magnifique qui rend un vibrant hommage à une bien belle décennie en sortant un album qui n’aurait vraiment pas dépareillé à l’époque.
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11. Aloe Blacc – Good Things [Stones Throw]
Entouré par un groupe cinq étoiles, alternant les chansons pop-soul et soul-pop venues d’une autre époque, et n’hésitant pas à s’engager via ses textes, Aloe Blacc avec son deuxième album ‘Good Things’ n’aura pas déçu tout ceux qui attendaient, comme moi, ce disque de pied ferme après quelques singles de très haute tenue (I Need a Dollar, Femme Fatale). Mieux : il aura confirmé sur scène cette année tout le talent qui vit dans son corps.
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Et comme prévu, vu qu'il est quand même plus simple de (re)découvrir un album avec du son, un lecteur compilant une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessus:


mardi 23 décembre 2008

Top 75 'Chansons 2008'


Après les Eps, 7" et autres compilations, il est temps de passer au top "chansons" de l'année. Comme l'an passé, et vu que j'ai écumé beaucoup de sillons cette année, j'ai choisi de présenter un top 75. Car si je n'ai pas été touché (loin de là) par tous les disques que j'ai écouté, beaucoup contenaient de petites merveilles.
Le meilleur exemple est l'album de Dancing Mice, groupe écossais de son état, qui aura sorti un 'Eroded' d'un ennui sans nom... mais qui débute par une merveille de revival songs et qui rend un hommage aux 80s assez magistral, comme rarement entendu ces derniers temps d'ailleurs, It's Abnormal.

Le top 20 (hormis les trois premiers) est presque totalement interchangeable, suivant l'humeur. Et au final donc, un classement des 75 chansons qui m'auront fait vibrer, danser, pleurer, frissonner, voire bien plus, en 2008
Un top 75, en écoute comme à chaque fois au bas de ce papier, cette fois en un seul et même lecteur en un lecteur et quelques vidéos youtube.

Demain, Top Albums-1ère partie.


75. James – Bubbles [Mercury]
74. Lightspeed Champion – Dry Lips [Domino]
73. Late of The Pier – Focker [Parlophone]
72. Feeder – Miss You [Echo]
71. The Automatic – Steve McQueen [B-Unique]
70. Metronomy – The End Of You Too [Because Music]
69. Melpo Mene – Hit The Boys [Imperial]
68. Human Highway – Moody Motorcycle [Secret City]
67. Earlimart – Town Where You Belong
66. The Black Keys – Psychotic Girl [Nonesuch]

65. Sebastien Tellier – Divine [Discograph]
64. The Young Republic – Girl From The Northern States [End Of The Road]
63. Destroyer – Foam Hands [Merge]
62. The Gutter Twins – God's Children [Sub Pop]
61. Estelle (feat. Kanye West) – American Boy
60. The Decemberists – Valerie Plame [Rough Trade]
59. Gregory And The Hawk – Stone Wall Stone Fence [Fat Cat]
58. A Weather – Spiders, Snakes [Team Love]
57. The Twillight Sad – Cold days from the birdhouse [Fat Cat]
56. Air France – Collapsing outside your doorstep [Sincerely Yours]

55. The Tallest Man on Earth – Honey Won't You Let Me In
54. Piano Magic – Vacancies [Make Music Mine]
53. The Helio Sequence – Broken Afternoon [Sub Pop]
52. The Futureheads – The Beginning of The Twist [Null]
51. The Last Shadow Puppets – Separate And Ever Deadly [Domino]
50. British Sea Power – Lights out for darker skies [Rough Trade]
49. Envelopes – Party [Brille]
48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix) [ABKCO]
47. Bon Iver – For Emma [Jagjaguwar]
46. The Black Kids – I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]

45. The Wedding Present – I lost the monkey [Talitres]
44. BoB – Lonely People [Grand Hustle]
43. Eugene Mcguinness – Moscow State Circus [Domino]
42. Jenny Lewis – Sing a Song For Them [Rough Trade]
41. Born Ruffians – I Need a Life (Four Tet Remix) [Warp]
40. datA – Rapture [Ekleroshock]
39. Guernica – Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini [Vlas Vegas]
38. Santogold – L.E.S Artistes [Downtown]
37. Broken Records – Lies [Distiller]
36. Port O'Brien – Fisherman's son [City Slang]

35. Sufjan Stevens – Joy to The World [-]
34. The Kills – Black Balloon [Domino]
33. Iron & Wine – Arms of a thief [Transgressive]
32. Ladytron – Runaway [Nettwerk]
31. Adem – Oh My Lover [Domino]
30. Morley – Call On Me [Polydor]
29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix) [City Slang]
28. Justice – Phantom II (live) [Ed Banger]
27. Noah and The Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
26. Fleet Foxes – Your Protector [Sub Pop]

25. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
24. Sons & Daughters – Killer (Adamski cover) [Domino]
23. The Magnetic Fields – California Girls [Nonesuch]
22. Cornflakes Heroes – Is Mother Right? [Greed Recordings]
21. Oasis – The Shock of The Lightning [Big Brother]
20. Nada Surf – See These Bones [Barsuk]
19. The Sleeping Years – Dressed For Rain [Talitres]
18. Styrofoam – My Next Mistake (feat. Jim Adkins) [Nettwerk]
17. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Letter From God To Man [Sunday Best]
16. Ladyhawke – Magic [Modular]

15. Alain Bashung – Tant de Nuits [Barclay]
14. Hot Chip – Ready For The Floor [DFA]
13. Coldplay – Viva La Vida [Parlophone]
12. Duke Spirit – Send a Little Love Token [You Are Here]
11. Parenthetical Girls – Windmills Of Your Mind (Michel Legrand cover) [Tomlab]
10. Kiko – Slave of My Mind [Different]
09. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – BlindBlindBlind [Constellation]
08. Tv On The Radio – Lover's Day [4AD]
07. Wolf Parade – Kissing The Beehive [Sub Pop]

06. MGMT – Kids (Soulwax Remix) [Columbia]
05. Okkervil River – Lost Coastlines [Jagjauwar]
04. Malcolm Middleton – Love Comes In Waves [Full-Time Hobby]
03. Dancing Mice – It's Abnormal [Squeak Audio]
02. Cloud Cult – No One Said It Would Be Easy [Rebel Group]
01. MGMT – Time to Pretend [Columbia]





















Sept titres sont introuvables sur Spotify. Mais ils sont en écoute ci-dessous :

12. Duke Spirit – Send a Little Love Token



29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix)
 




36. Port O'Brien – Fisherman's son
 


37. Broken Records – Lies
 



44. BoB – Lonely People




48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix)
 


64. The Young Republic – Girl From The Northern States
 
 

dimanche 8 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 10-01



Avant d'en finir avec 2011 et de faire un petit bilan - rapide - de l'année, encore quelques top de fin d'année piochés dans la blogosphère musicale française (j'en ai sûrement oublié beaucoup. N'hésitez pas à donner vos tops/liens dans les commentaires) :
Derrière La Fenêtre
Le Naze Journal de Mbfsc2

Il donc temps pour moi de refermer l'année 2011. Pas dans l'idée de l'oublier, mais plus de voir ce que va pouvoir nous proposer 2012.

Parce que 2011 aura été une belle année, une nouvelle fois. Il est toujours délicat de classer des disques (au-delà du fait que cela a sans doute une utilité bien vaine). Mais cette année, ce fut bien complexe tant les disques (aux univers bien différents) qui m'auront fait vibrer auront été légions.

Mais au-delà de l'aspect musical de 2011, c'est du côté du graphisme que le monde de la musique aura retrouvé des couleurs. Il y aura eu à mes yeux profusions de très beaux artwork, très bien pensés. Souvent simple, parfois plus élaborés, ils ont tous en commun d'avoir Du 'Kaputt' de Destroyer en passant par le 'Ravedeath, 1972' de Tim Hecker, les albums de Craft Spells, Banjo or Freakout, Rivulets, Nicolas Jaar, Lykke Li, Sister Crayon, Wye Oak, Ensemble, ou Over The Rhine, la liste est longue des groupes qui auront su remettre cette année et plus que par le passé (récent) les beaux artwork au goût du jour.

Pour beaucoup des albums présentés ci-dessous, je n'ai pas évoqué la moindre ligne dans ces pages durant 2011. La faute à une année pourrie dans tous les sens du terme à un niveau personnel. La faute aussi à un manque d'idées pour traiter comme il se doit des albums si forts et si grands. Ainsi, vous trouverez (comme depuis le début de ces tops) un petit "+" vous renvoyant vers des chroniques éclairées, très bien écrites, et qui expliquent parfaitement à quels disques nous avons à faire ici.

En tout cas, le dix albums présentés ci-dessous ne sont pas des albums que je vais oublier de si tôt. Et comme ils l'auront fait toute l'année, ces dix disques vont encore tourner souvent sur ma platine.

Mais plutôt que blablater à n'en plus finir, passons donc à ce top 10.
Une fin de bilan 2011 qui me donne l'occasion de vous remercier de venir lire dans ces pages quelques bafouilles musicales tout au long de l'année. Et de vous souhaiter à nouveau tout le meilleur pour 2012.
Bonne lecture et bonne(s) écoutes (au bas du billet, dans le lecteur grooveshark, mais vous commencez à avoir l'habitude).


Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'



10. The Roots - Undun [DefJam]
Vingt-cinq années de carrière derrière eux et pourtant une envie et une ambition sans cesse renouvelée: The Roots est une énigme. Car comment comprendre qu'un groupe aussi important et qui a déjà quasiment tout dit peut avoir l'idée d'un concept album contant les aventures de Redford Stephens, personnage fictif (inspiré du Redford de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' de Sufjan Stevens), jeune garçon noir d'un ghetto américain et à la destinée tragique?
Mieux, comment peut-il sortir avec 'Undun' un de ses plus beaux albums, plus soul qu'hip-hop, lorgnant un peu plus vers l'indie (la présence de Sufjan Stevens pour une reprise de Redford (For Yia-Yia & Pappou) donc), comme ça? Quoi? Le talent? Ah ouais tiens, le talent. Ça doit être ça.
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09. The Dears – Degeneration Street [DangerBird]
Je n’ai jamais été fan des Dears. Même de leur ‘No Cities Left’ loué ici et là. Mais il faut bien dire que j’aurais tout au long de 2011 lentement mais sûrement changé mon fusil d’épaule. ‘Degeneration Street’, ce cinquième album est peut-être l’album d’où s’échappe le plus la notion de plaisir. Des guitares (comme d’hab), une inspiration chopée – notamment – chez le Pulp de Jarvis Cocker, des mélodies à chanter à tue-tête et des chansons solides. Du tout bon tout du long.
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08. Puressence – Solid State Recital [Caserta Red]
Auteur d’un des disques les plus réussis des années 90 (je pense qu’on est deux à penser cela, avec Lyle), on avait un peu perdu de vue les Puressence. Car depuis ‘Only Forever’, je ne peux pas dire qu’ils m’avaient fait vibrer. Et j’ai été bien pris par surprise par ce ‘Solid State Recital’, album de brit-pop/rock d’une grande tenue, aux hymnes imparables. La voix de James Mudriczki est toujours pleine d’émotion. Et les mélodies ne sont pas en restes. Grand disque mélancolique pour grand groupe, méconnu ou mésestimé - c’est selon.
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07. Stranded Horse – Humbling Tides [Talitres]
Deuxième album pour l'ancien Encre, Yann Tambour. Et s’il perd son Thee, il ne perd pas sa kora, cet instrument malien qui rappelle la harpe et la mandoline. ‘Humbling Tides’ amène un poil de pop dans les circuits et quelques cordes pas piquées des vers. Pour un ensemble beau, langoureux, léger autant que pesant, que Stranded Horse sait rendre ample malgré le côté intimiste de la chose. En un mot comme en cent, sublime.
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06. Cold Cave – Cherish The Light Years [Matador]
Cet album de Cold Cave contient 9 chansons. Et autant de tubes. Beaucoup trouvent (ou trouveront) cet album putassier au possible, prenant autant à The Human League ou New Order qu'à la scène post-punk en général.
Mais il est pour moi un régal sans nom. ‘Cherish The Light Years’ ou l’album le plus efficace de 2011. A danser sans modération, le doigt collé au synthé.
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05. Hausckha – Salon des Amateurs [Fat Cat]
Un des très grands absents des tops de fin d’année à mes yeux. Hauschka a pourtant sorti là un album des plus électros et des plus fins qui soit. Tout en gardant une trame très classique (on ne se renie pas), Hausckha balance tout du long de ce ‘Salon des Amateurs’ des morceaux où la répétition des rythmes et l’empilage des sons donne à l’ensemble une folie que n’aurait pas renié Four Tet. Très grand album organique. Et splendide.
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04. Bill Wells and Aidan Moffat – Everything's Getting Older [Chemikal Underground]
Non content d’être un des comptes twitter les plus à suivre, Aidan Moffat m’aura soufflé cette année. Avec Bill Wells, jazzman de son état croisé ici ou là depuis quelques années, le plus cynique des écossais aura sorti un disque en tous points remarquables. ‘Everything's Getting Older’ est un mélange savoureux et délicat de musique jazzy de Bill Wells et la voix écossaise nonchalante d’Aidan Moffat, chantant et/ou débitant ses histoires bien sombres pour être honnêtes. Mieux, le duo s’amuse à pondre, au débotté, une chanson pop du meilleur effet, Glasgow Jubilee.
Et si l’écoute seulement de l’album se suffit à elle-même, elle prend encore une toute autre ampleur les paroles à la main. Entre la carrière solo de Malcolm Middleton et celle d’Aidan Moffat, je crois qu'Arab Strap peut reposer sur ses deux oreilles.
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03. Low – C’Mon [Sub Pop]
Les groupes pouvant se targuer d’avoir une discographie sans faille ne sont pas nombreux. Low est un de ceux là, qui plus est après ce ‘C’Mon’, clairement un des meilleurs albums du duo Sparhawk/Parker. Slowcore, pop, presque soul par moment, composé de chansons parmi leurs meilleures (Especially Me, tuante, et le blues-slowcore renversant de Nothing but Heart, pour ne citer que ces deux là), ‘C’Mon’ est un album bouleversant et qu’il faut avoir écouté en 2011.
Vu en concert il y a deux mois de cela à Lyon. 1h15 de show. Un régal. Un public figé et abasourdi par la classe de ce qu’il venait de recevoir.
Alors oui, il y a ‘Things We Lost in Fire’. Evidemment. Mais ce ‘C’Mon’ n’est pas si loin que cela du chef d’œuvre de Low. Quel groupe. Mais quel groupe!
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02. Tim Hecker – Ravedeath, 1972 [Kranky]
A mes oreilles, Tim Hecker a une discographie sans faille. Aussi bien en solo qu'avec d'autres (comme avec Aidan Baker en 2009).
Pour ‘Ravedeath, 1972’, Tim Hecker s’est inspiré d’une photo. Celle de l’artwork. Il s’agit d’étudiants du MIT qui, en 1972, s’était amusé à balancer du haut d’un immeuble un piano. Pourquoi ? Pour rien.
Il en résulte une musique entre ambiant/noise, sombre, que l’on pourrait qualifier de redondante si l’on passait rapidement mais qui est pleine d’aspérité. Une musique exigeante, bruitiste mais délicate, aux contours cotonneux et à l’ambiance mélancolique.
Je ne pensais que cela pouvait être possible de faire mieux, mais je pense que Tim Hecker vient de pondre là son meilleur album. C’est dire !
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01. Kieran Hebden, Steve Reid and Mats Gustafsson – Live at the South Bank [Smalltown Superjazzz]
Début décembre, au détour d’une chronique, j’apprends que dans un anonymat assez fou est sorti un live rassemblant Kieran Hebden (héros de ces pages), Steve Reid (batteur de génie disparu au printemps dernier) et Mats Gustafsson (saxophoniste suédois qui a collaboré avec une pléiade d’artistes, dont les plus célèbres se nomment Jim O’Rourke, Sonic Youth et The Ex).
Pour être franc, mon album de l’année devait se décider entre le ‘C’Mon’ de Low et le ‘Ravedeath, 1972’ de Tim Hecker. Et puis est arrivé ce live. Qui a mis les choses au point.
Enregistré en juin 2009, à Londres, ‘Live at the South Bank’ est un enregistrement live dantesque qui rendrait presque les collaborations Steve Reid/Kieran Hebden pour de gentils amuse-bouches.
Deux disques, 6 titres et plus d’1h20 de jam, de free jazz, de batterie démoniaque, d’electronica répétitive et de saxophone dévastateur. Sur ‘Live at the South Bank’, l’univers de ces trois protagonistes prend une ampleur folle pour créer une musique délirante, habitée, dérangeante et hypnotique. On ressort véritablement lessivé de l’écoute de cet album live. Mais il y a un tel souffle, une telle inventivité, un tel magnétisme qui s’en ressort qu’on y retourne aussitôt.
Bordel, la musique, c’est ça ! Et c’est pour des moments comme celui-ci qu’on en écoute.
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Comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark présentant une chanson ou un titre des 10 albums présentés au-dessus (il n'y en a que 9 pour le moment. Le 10è arrive très rapidement):





Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'