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lundi 28 juillet 2008

Track of The Day (22-28 juillet 2008)

Une semaine placée une nouvelle fois sous le signe de la nouveauté, à peine troublée par deux "presque" vieilleries magiques. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 28 juillet 2008:
* George Harrison - Horse To The Water [Warner]
Quelques semaines avant sa mort, George Harrison avait écrit et enregistré ce Horse to The Water, pour son ami Jools Holland, musicien émérite et présentateur d'un show live à la télé anglaise comme on n'a jamais su en faire chez nous. Un titre (le dernier de sa carrière) d'une vigueur et d'une classe folle, alors même que le crabe finissait d'aiguiser ses pinces autour du corps du grand George.
(disponible sur Small World, Big Band, 2001)

Dimanche 27 juillet 2008:
* Jeff Buckley - Hallelujah/I Know It's Over (Live) [Columbia]
Pire que Jimi Hendrix, le travail de Jeff Buckley a été violé, mis en lambeaux par une mère avide d'argent et de gloire. Et si les premières sorties posthume de Buckley fils ont de la gueule (ce 'Mystery White Boy Tour', le 'Live @ Sin-é'), le reste franchement rire. Ou pleurer. Reste des versions comme celle-ci, un Hallejlujah couplé à quelques strophes de I Know It's Over des Smiths, enregistré en 1995 à Seatlle.
(disponible sur Mystery White Boy Tour, 2000)

Samedi 26 juillet 2008:
* Miossec - La Non-Demande en Mariage [Mercury]
Aujourd'hui, j'ai deux très bons amis qui se passent la bague au doigt. En leur honneur, la plus belle chanson d'amour française qui soit, écrite par Georges Brassens, reprise avec un brio fou par Miossec: La Non-Demande en Mariage. Mes meilleurs vœux!
(disponible sur Les Oiseaux de Passage, 2001)

Vendredi 25 juillet 2008:
* Clinic - The Witch [Domino]
Les Clinic enchaînent les disques depuis quelques années. Et force est de constater que ce sont souvent le même genre de disque. Mais vu qu'ils le font bien, on ne va pas bouder notre plaisir à l'écoute ce 'Do It!'. Qui plus est à l'écouter de ce The Witch, aux faux-airs de Sympathy For The Devil des Rolling Stones.
(disponible sur Do It!, 2008)

Jeudi 24 juillet 2008:
* Calexico - Two Silver Trees [Touch & Go]
Enfin! Après un très bon 'Garden Ruin', qui s'échappait de la routine dans laquelle le groupe s'était (un peu) enfermé, Calexico revient avec un nouvel album, 'Carried to Dust', le 9 septembre prochain. Histoire de patienter, Touch & Go propose en téléchargement gratuit un premier titre, Two Silver Trees (clique droit et enregistre sous l'ami(e)). Un titre tronqué certes (il manque une dizaine de secondes. Pas fou le label!), mais annonciateur d'un grand cru une nouvelle fois. Miam miam miam!
(disponible sur Carried to Dust, 2008)

Mercredi 23 juillet 2008:
* Santogold - You'll Find a Way [Downtown]
Premier album solo pour cette Américaine. Et première réussite. Car son 'Santogold' est un disque bourré de tubes jusqu'à la lie, entre pop, rock, hip-hop et ragga (oui oui, rien que ça). Ça sonne comme du M.I.A, ça a l'air d'être du M.I.A, c'est plus accessible que du M.I.A. Putassier et efficace, cet album est une sucrerie dont on va se délecter longtemps. Et sans crier "Pull Up" pour autant.
(disponible sur Santogold, 2008)

Mardi 22 juillet 2008:
* Against Me! - Borne on the FM Waves of the Heart (feat. Tegan Quin) [Sire]
Ouch! Ce quatrième album des ricains de Against Me! est un "in your face Twist" magistral. Sorti en 2007, réédité cette année par Fargo, ce disque est un concentré qui se veut punk mais qui est résolument rock. Produit par Butch Vig (le mec derrière 'Nevermind' et membre de Garbage) avec ce son si particulier qui est le sien, 'New Wave' est un concentré d'énergie et d'hymnes essentiels. Ce Borne on the FM Waves of the Heart (avec Tegan Quin de Tegan and Sara) est peut-être le titre le plus pop de cet album jouissif comme jamais.
(disponible sur New Wave, 2007)

jeudi 9 avril 2026

[Track of The Day] Cut Worms - Shut In

Il y a de jolies choses dans 'Transmitter', le nouvel album de Cut Worms, nom derrière lequel se cache l'américain Max Clarke. De l'indie-rock léger qui tend vers le folk-rock et quelques bribes de country disséminées ici et là. Et surtout de belles inspirations distillées tout du long : un peu du My Sweet Lord de George Harrison sur la chanson d'ouverture Worlds Unknown, pas mal de Elliott Smith dans tout le cœur de l'album - et donc, forcément, un peu de Beatles aussi, quelques essences de Wilco (Jeff Tweedy est à la production). Rien de fondamentalement renversant certes, mais des mélodies qui restent dans la tête, des compositions qui n'ont pas à rougir et un ensemble joliment troussé.

Étonnamment, en fin de 'Transmitter', Cut Worms change son fusil d'épaule, décale la guitare, pièce centrale jusque là, au deuxième rang et installe le piano en majesté sur les trois dernières chansons. Et fait passer son quatrième album dans une dimension supérieure. On ne criera pas au génie, mais tout de même, le triptyque Shut In (en écoute aujourd'hui), Out of Touch et Dream, est d'une grande beauté mélancolique, mélodique à souhait et qui rappelle par bien des aspects We Are Catchers (projet disparu trop tôt). Le genre de chansons qui vous font reconsidérer un album dans son ensemble et vous donnent envie d'en découvrir plus en profondeur d'autres facettes auprès desquelles vous seriez passés. 

Album : Transmitter
Année : 2026
Label : Jagjaguwar

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Shut In de Cut Worms est également en écoute ci-dessous :

Autre extrait de 'Transmitter' de Cut Worms, voilà la chanson d'ouverture Worlds Unknown et son côté My Sweet Lord de George Harrison :

Pour finir, voilà le clip de Dream, la chanson de clôture de 'Transmitter' de Cut Worms :

samedi 20 décembre 2008

[Track of The Day] Belle and Sebastian - Nothing In The Silence

Après un 'The Life Pursuit' plus qu'en dents de scie, les Belle and Sebastian reviennent avec non pas un nouvel album mais une compilation de différentes BBC Sessions, de quand ils étaient encore chez Jeepster Records. Une compilation essentielle pour tout fan du groupe, où les chansons (tirées des premiers albums du groupe) ne connaissent pas un relifting mais une relecture des plus enthousiaste. Il faut entendre les versions "live" de Like Dylan In The Movies ou The State That I'm In pour se rendre compte du talent et de l'influence qu'ils vont avoir sur la scène indé qui se profile, qu'elle soit écossais, anglaise ou même américaine.
Le disque 2 qui accompagne ces 'BBC Sessions', composé d'un live enregistré à Belfast en 2001, est plutôt de bonne facture d'ailleurs, et contient quelques belles reprises (dont le Here Comes The Sun des Beatles mais composé par George Harrison); mais il reste un peu gâché par des cris de groupies trop omniprésents.

Mais l'essentiel est ailleurs: car ces 'BBC Sessions' sont un passage essentiel pour qui veut connaître le groupe et en apprécier les moindres aspérités. Rien de moins. Surtout quand le groupe nous gratifie d'un Nothing In The Silence, titre rare chez le groupe et jusque là unreleased, avec Isobel Campbell (encore membre de Belle and Sebastian) à la voix. Assurément la compilation de l'année. Qui plus est de la part d'un groupe essentiel de ces 20 dernières années. 

Album: The BBC Sessions 
Année: 2008 
Label: Jeepster

jeudi 1 août 2024

[Track of The Day] Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All

Je ne vais pas pouvoir parler beaucoup de Father John Misty tant je connais mal l'américain et tant je n'ai jamais su trouver mon compte dans sa discographie - en tout cas pour ce que j'en connais - avec quelques chansons magnifiques mais trop souvent entrecoupées de chanson plus quelconque et trop exubérantes à mon goût. Mais la sortie de son best-of (preuve s'il en est qu'il a un succès certain) va sans aucun doute me pousser à revoir mon jugement sur notre homme.
 
Intitulé 'Greatish Hits: I Followed My Dreams and My Dreams Said to Crawl', cette compilation de plus de dix-sept titres qui va piocher dans toute la discographie de Father John Misty ('Fear Fun' en 2012 à 'Chloë and the Next 20th Century' en 2022) se conclue par I Guess Time Just Makes Fools of Us All, seul inédit du disque (en écoute aujourd'hui). Et quelle chanson ! Un morceau absolument superbe de plus de huit minutes, à la construction Dylan-ienne, qui ne perd jamais son rythme, emballe par son saxophone, ses cuivres qui se pointent ici et là, cette guitare qui mène le tempo, ce piano qui s'octroie quelques belles échappées (et dans lequel j'entends celui de Jools Holland sur Horse to the Water, la toute dernière chanson, fabuleux  s'il est besoin de la préciser, de George Harrison), le tout dans une ambiance seventies délicieuse. Très grande chanson, foisonnante à souhait.
 
Album : Greatish Hits: I Followed My Dreams and My Dreams Said to Crawl
Année : 2024
Label : Sub Pop / Bella Union
 
En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Guess Time Just Makes Fools of Us All de Father John Misty est également en écoute ci-dessous :


 

jeudi 12 décembre 2019

[Track of The Day] The Harmaleighs - Sorry, I'm Busy

Tout en rondeur, voilà The Harmaleighs, duo de Nashville composé de Kaylee Jasperson et Haley Grant, bien loin de l'image d’Épinal qu'on peut avoir de cette ville américaine, considérée comme le berceau de la musique country.

De la country absente dans 'She Won't Make Sense' deuxième album de The Harmaleighs. Un disque essentiellement basé sur les problèmes d'anxiété et de panique qui habitent l'esprit de Kaylee Jasperson (Sorry, I'm Busy, en écoute aujourd'hui, l'exprime bien. La présentation de l'album par la même l'est aussi : « This record is a journey through my mind during a time of instability. It’s the story of recognizing the importance of my mental health, my attempt at “fixing” myself, and ultimately realizing that this isn’t something that just gets “fixed” »). 

Tout ceci est raconté sur des mélodies pop, toutes en rondeur, que The Harmaleighs sait rendre parfois nerveuses, s'autorisant une plongée dans des sonorités sixties (Don't Panic), conviant au studio un soupçon de guitares Harrisonienne (Anthem For The Weak) ou un peu de la voix d'Alanis Morissette. Joli et torturé.

Album : She Won't Make Sense
Année : 2019
Label : Nettwerk


En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), Sorry, I'm Busy de The Harmaleighs est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson extraite de 'She Won't Make Sense' de The Harmaleighs, voilà Anthem For The Weak et ses guitares à la George Harrison :


Le clip de Sorry, I'm Busy de The Harmaleighs :


vendredi 10 février 2017

Foxygen - Hang [Jagjaguwar]

Foxygen est décidément un duo à part dans le monde de la musique actuel, qui ne semble pas avoir de vrai plan de carrière écrit et qui ne semble surtout que suivre son instinct et ses envies. La preuve avec leur cinquième album 'Hang', une des premières grosses sorties de 2017.

Un disque qui contraste totalement avec le précédent '... And Star Power', album gargantuesque au possible (24 morceaux en 82 mns) et adoré dans ces pages, foutraque, fourre-tout de rock sixties, de psychédélisme débridé, de glam-rock lo-fi et de chansons folk vacillantes.

'Hang' prend le complet contre-pied. Cette fois, Foxygen fait court (8 chansons en 32 mns) et remise son lo-fi et un Do It Yourself qui lui allait bien au teint (leur premier album enregistré dans un vrai studio, forcément ça aide) pour pondre un disque extrêmement - bien - produit, plein de cordes, de cuivres et d'ambitions léchées qui plonge la tête la première dans les années 70, entre soul, glam, pop très orchestrée et euro-pop.
On ne s'étonnera donc pas de croiser du Stevie Wonder (ces toutes premières notes de Follow The Leader), une mélodie qui rappelle le My Sweet Lord de George Harrison (Avalon), un peu d'ABBA (toujours Avalon), un peu d'americana (On Lankershim), des mouvements glam à la Bowie (un peu sur tous les titres), des ambiances théâtrales ou tout droit sorties d'un cabaret (America, parmi d'autres), quelques idées à la Burt Bacharach, du 'American Gothic' de David Ackles, des moments guitar hero (formidable Rise Up) ou des tonalités vocales qui rappellent aussi bien Bowie, Jagger qu'Iggy Pop.

Oui, 'Hang' est un peu tout cela à la fois. Mais pour autant, n'est-ce qu'un hommage appuyé feignant et où la patte de Foxygen n'apparaît pas ? Bien au contraire ! En consacrant une certaine idée de la chanson à tiroirs, en multipliant les idées et les directions au sein d'un même morceau (America sans doute la plus marquante à ce niveau là, mais loin d'être la seule), en passant de l'emphase à la discrétion, d'un chant maniéré à une voix plus pop, Foxygen marque de son empreinte de 'Hang' foisonnant.

Entouré par un véritable orchestre (où l'on trouve de tout, jugez plutôt : saxo (alto ou ténor), clarinettes, flûtes, trompettes, bugles, trombones, violons, violoncelles, tuba, hautbois ou une harpe) composé de pas moins de 35 membres, pour leur permettre de mettre en musique leurs grandioses idées, Foxygen compose ici 8 titres vibrant, qui parlent aussi bien de cinéma, de lieux mythiques que d'accomplissement personnel, toujours avec ce côté perché et psychédélique.

Reste la question qui divise - car 'Hang' divise, oui : les Foxygen se foutent-ils de nous ? Et sont-ils vraiment sincères ? N'ont-ils pas eu la folie des grandeurs ? Tout est tellement poussé à l'extrême, tout est tellement à l'opposé de leurs dernières livraisons que l'on peut se poser la question. Ne font-ils que singer une époque disparue depuis longtemps pour mieux se moquer de ses élans parfois pompeux ? Ou ont-ils simplement eu envie et le talent pour se plonger corps et âmes dans une période qu'ils affectionnent particulièrement ('... And Star Power' allait déjà piocher, mais de manière plus brute, dans ces années là ?) et n'en ressortir que le meilleur ?

Ces pages trancheront évidemment pour la seconde option tant 'Hang' respire les mélodies travaillées, les mouvements parfaits. Et la musique plus simplement.
Et puis pourquoi se seraient-ils embêtés à inviter les Lemon Twigs (dont Jonathan Rado a produit le premier album 'Do Hollywood' sorti l'an dernier), Steven Gregory Drozd des Flaming Lips ; ou encore Matthew E. White pour s'occuper des arrangements ? Non, décidément, Foxygen ne se fout pas de nous. Non, Foxygen vient juste de sortir un album magistral, ambitieux de bout en bout, bourré de références et rempli d'idées et de mélodies remarquables. Un 'Hang' dont on reparlera, et pas que cette année. Diable que ces deux là ont vraiment beaucoup trop de talent pour leurs coreligionnaires. (Sortie : 20 janvier 2017)

Son :
'Hang' est à l'achat sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' est (partiellement) à l'écoute sur le bandcamp de Foxygen
'Hang' de Foxygen est en écoute chez Spotify et Deezer

Exceptionnellement quatre titres en écoute. Tout d'abord Trauma (uniquement disponible dans les lecteurs Deezer et Spotify à gauche), grandiose et plus épique chanson de 'Hang'. Puis ci-dessous America, longue chanson qui voit Foxygen passer par pleins de tiroirs. Follow The Leader, qui ouvre l'album ; et enfin On Lankershim, qui n'aurait pas dépareillé sur les radios FM américaines de 1974 :







Pour finir, deux clips tirés de 'Hang' de Foxygen. Celui de Follow The Leader. Puis celui de On Lankershim :



lundi 20 novembre 2017

[Track of The Day] Conor Oberst - Empty Hotel by the Sea

Il y a encore quelques années, les disques de Bright Eyes brillaient de mille feux. Puis, peu à peu, Conor Oberst et ses copains ont perdu la flamme, leurs derniers albums ne contenant que de simples flammèches. Et ce projet a été mis entre parenthèses.
La carrière de Conor Oberst ne s’est pour autant pas arrêtée, et vu son talent de compositeur comme de parolier, c'eut été ballot vous admettrez.
Il a ainsi multiplié les disques que ce soit sous son propre nom, accompagné de The Mystic Valley Band ('Outer South') ou formant le temps d'un album un super groupe, Monsters of Folk, dont l'intérêt se limita finalement aux membres le composant (Conor Oberst donc, Jim James, M. Ward et Mike Mogis). Rien de bien remarquable en somme. L’an passé, Conor Oberst a sorti ‘Ruminations’, son sixième album solo. Un disque guitare-harmonica-piano-voix assez dénudé, très cru, joli et que sombre mais assez anodin au final.

Mais l'américain semble tenir énormément à ce disque vu qu’il a décidé de lui donner une seconde vie en le réenregistrant entièrement en compagnie d'un groupe cette fois (ce qui, soit dit en passant, n'est pas vraiment la norme dans ce sens là). Et ce sont les Felice Brothers qui s'y sont collés, plus Jim Keltner, batteur qui a officié sur bon nombres de disques ces dernières décennies, dont certains de Neil Young, Bob Dylan, John Lennon, George Harrison et même... Starmania.

A l'écoute de 'Salutations' (c'est donc le nom de cet album full band), une chose est sûre : si la pochette est plus lumineuse que celle de 'Ruminations', l'homme qui flotte a priori sans vie au milieu de sa piscine nous rappelle vite que les chansons sont les mêmes (agrémentées de sept nouveaux titres), et qu'on n'est pas là pour rigoler.

Sans doute trop long, l'ensemble prend en tout cas un second souffle bienvenu. Et cela va définitivement au teint et surtout la voix de Conor Oberst. Mieux, les sept chansons supplémentaires se révèlent être parmi les meilleures du disque ; Empty Hotel by the Sea, en écoute aujourd'hui, est d'ailleurs la plus réussie (et est une sorte de suite textuelle au Let's Not Shit Ourselves (To Love and to Be Loved) de Bright Eyes).
Plus Dylanien que jamais sur certains passages (Napalm en est le meilleur exemple, et à tous les niveaux), Conor Oberst ne ressuscite peut-être pas avec ‘Salutations’ ses Bright Eyes. Mais il en ranime l'esprit lors de quelques - courts - passages.
Espérons que ceux-ci lui donneront envie de relancer la machine d'un des groupes qui m'a procuré certains de mes plus beaux émois musicaux des années 2000. Parce que franchement Conor, ça fait bientôt 7 ans, il est temps mon gars.

Album : Salutations
Année : 2017
Label : Nonesuch


Acheter


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Empty Hotel by the Sea de Conor Oberst est également en écoute ci-dessous :


samedi 31 janvier 2009

[Oldies] Syreeta - st (1972)

L’histoire de Rita Wright, plus connue sous le nom de Syreeta, est intimement liée à celle de Stevie Wonder, le génie multi-instrumentiste qui sortira chef-d’œuvres sur chef-d’œuvres durant les années 70. Et l’histoire de cet album ‘Syreeta’ l’est encore plus.

Pourtant, rien ne prédestinait Rita Wright à une telle rencontre. Née en 1946, elle voit le jour à Pittsburgh, en Pennsylvanie, à plus de 5h de route de Detroit, la ville qui verra la naissance de Tamla Records, ancêtre de Motown, label qui régnera presque sans partage sur la musique noire américaine durant près de deux décennies.

Sauf que le destin va la rapprocher de Motor City. Alors qu’elle n’a que 11 ans, ses parents déménagent et embarquent toute la famille direction le Michigan ! Une chance qu’elle ne laissera pas passer.

Ainsi, à 19 ans, elle rentre chez Motown Records… comme secrétaire. Un an à peine plus tard, Brian Holland (célèbre compositeur à qui l’on doit, en partie, le «son Motown»), impressionné par sa voix, la repère et Berry Gordy, fondateur du label, la signe. A 20 ans et sans expérience réelle, voilà donc Rita Wright qui passe du poste de secrétaire à celui d’artiste maison chez Motown!

A la même époque, elle fait la connaissance de Stevie Wonder, de quatre ans son cadet, qui va être pour elle un vrai pygmalion. Membre du célèbre label depuis 1962 et ses 12 ans, Wonder est un artiste phare. Tombant sous le charme de Rita Wright, il la prend sous son aile, lui conseille de changer son nom en Syreeta et décide même de l’épouser en septembre 1970.

I Can’t Give Back the Love I Feel for You, un morceau composé par le triptyque Holland-Ashford-Simpson et originellement destiné à Diana Ross, est son premier succès. Un succès très relatif aux États-Unis mais qui connaît un joli succès d’estime en Europe.

Alors qu’il faut s’atteler à son premier album, et après 18 mois de vie conjugale, le couple Wonder-Wright décide d’en rester là et divorce. Heureusement, cette rupture n’est qu’amoureuse. Les deux restent en bons termes et vont continuer pendant de longues années à travailler ensemble.

Leur première collaboration débouche sur ‘Syreeta’, un album considéré par beaucoup comme un des plus beaux des années 70 du label. Rien de moins. Sorti sur MoWest, une subdivision de Motown, le disque est produit par Wonder. Et le tout sonne comme du Wonder.
‘Syreeta’ dure quarante minutes. Quarante minutes de grande classe. La production est aux oignons, la voix de Syreeta, qui rappelle celle de Minnie Riperton, est un régal de justesse et de douceur, et les morceaux, pleins de soul lorgnant vers le funk avec pour choriste VIP l’auteur de ‘Songs In The Key of Life’, d’une beauté terrifiante.

Si le premier single exploité est forcément le plus beau (un duo avec Stevie Wonder, To Know You Is To Love You), il faut également mentionner la reprise de Smokey Robinson, What Love Has Joined Together (où la voix sensuelle de Syreeta fait des merveilles), un I Love Every Little Thing About You (titre qui ouvre l’album où le maître du r’n’b y applique, comme sur nulle autre chanson de l’album, ses recettes presque expérimentales pour l’époque, avant de le reprendre quelques semaines plus tard sur son album ‘Music of My Mind’) où la très douce How Many Days, aux cordes délicates.

‘Syreeta’ sort en juin 1972. Et sans faire de vague, il termine dans les 40 premiers des charts black – mais cinq fois plus loin dans les charts pop. Deux ans plus tard, les ex mari et femme remettent le couvert pour ‘Stevie Wonder presents Syreeta’, un disque que beaucoup considèrent comme aussi bon que le premier.

Puis, les années passent. Syreeta, plus pour son histoire avec Motown que pour ses succès, continue de sortir quelques nouveaux albums. En 1980, pour la bande originale de ‘Fast Break’, elle enregistre un duo avec Billy Preston et le titre fait un carton. Un disque et quelques collaborations – certaines classes comme Smokey Robinson ou George Harrison, d’autres beaucoup moins, dont une avec Michael Bolton – plus tard, la belle se range des voitures.

Si elle n’a jamais connue de vrai et grand succès discographique, Syreeta reste l’égérie de la période faste de Stevie Wonder, et une voix d’une très grande beauté. Elle demeure surtout une des artistes de l’époque dorée de Motown, dont le nom figurera à jamais sur la pochette d’un des plus beaux disques du catalogue de la célèbre maison de disque noire américaine.
C’est en 2004 qu’elle décède, des suites d’un double cancer des os et du sein, à l’âge de 59 ans. Sûrement prête à reprendre sa balade sur la plage, toute de blanc vêtue.

Première sortie : Juin 1972 [MoWest]
Dernière réédition : 1995 [Gut Bounce]

Et en écoute, trois titres. Les trois derniers de l’album. La douceur How Many Days, un Baby Don't You Let Me Lose ThisSyreeta montre l’étendue de son talent vocal, et To Know You Is to Love You, son duo avec Stevie Wonder, délice de plus de six minutes :


dimanche 18 novembre 2007

[Oldies] The Hollies – For Certain Because... (1966)

Autant se l’avouer tout de suite, ce ‘For Certain Because…’ des Hollies est tout sauf un classique, un de ces disques qui marquent des générations entières. Pour plein de raisons. Il n’empêche, c’est un album sur lequel j’aime retomber, au hasard d’un énième rangement de discothèque. Et donc, en ce froid week-end de novembre, je me suis dit qu’un peu de pop sixties ne ferait de mal à personne. Encore moins à ce blog.

The Hollies, s’ils ont connu un vrai succès commercial dans les années 1960, ne sont donc pas restés dans les mémoires. La faute à quatre garçons dans le vent, adulés aux quatre coins du globe depuis près de 50 ans, qui ont un peu vampirisé toute la pop de cette décennie magique.

The Hollies se sont formés, en quelque sorte, à l’école maternelle quand, à l’âge de cinq ans, Allan Clarke et Graham Nash (le Nash de Crosby, Still, Nash & Young, c’est lui), les deux leaders du groupe, font connaissance à Salford, dans la banlieue de Manchester. A l’adolescence, les deux garçons forment un duo et écument les pubs et autres coffee-houses du coin sous différents noms (The Guytones, The Two Teens, …) avant de créer, suite à une rencontre avec Don Rathbone et Eric Haydock, The Hollies.

Très pop aux harmonies vocales inspirées par les Everly Brothers, The Hollies deviennent rapidement un groupe Beatles-alike. La faute à ce son, ces mélodies et ces morceaux courts qui rappellent tant les Fab 4. Mais également à leur histoire propre. Car en 1963, le groupe est repéré par un des managers d’EMI, Ron Richards au Cavern Club, à Liverpool, là même où la bande de Paul et John avait été découverte quelques années plus tôt, par l’ami George Martin.

'For Certain Because...' sort en 1966. Concrètement, c’est leur neuvième sortie discographique, tout pays confondus (rappelons qu’à l’époque, les sorties Uk et Us étaient différentes) et leur quatrième (sur cinq !) de l’année en cours ! Un rythme de fou, hallucinant. Cet album là marque toutefois une rupture avec le reste de leur discographie : pour la première fois, le disque ne contient aucune reprise de vieux standards ou d’obscurs titres oubliés (comme c’était courant à l’époque). Surprenant changement de direction pour un groupe qui enchaîne les tubes. Mais plutôt logique finalement.
Car en 1965, The Hollies sortent leur version à eux de If I Needeed Someone des Beatles. Si le titre se classe dans les hit-parades, les critiques sont cinglantes, la plus virulente venant directement de Georges Harrison qui qualifie la reprise de soulless.
Ainsi donc, et pour la première fois, The Hollies ne sort que des compositions originales et d'une grande efficacité.

'For Certain Because...' est court, dépasse à peine la demi-heure, compte douze titres et fait montre d'un vrai talent d’écriture. Bien sûr, l’influence d’album comme 'Rubber Soul', 'Revolver' ou 'You Really Got Me' de Ray Davies et de ses Kinks est énorme. Mais le groupe, beaucoup plus que le passé, appose sa patte et pond quelques titres vraiment très réussi (l’hispanisant Crusader, le bondissant Tell Me To My Face ou le Beatles-ien It's You, voir plus bas). Et sort un album plus que réussi, concis, carré et qui fait mouche.

Aujourd’hui, qui se souvient de The Hollies dans le grand public ? Plus personne. Ou presque. Un groupe oublié mais qui aura marqué son époque et ses hit-parades. Peut-être des sous-Beatles. Peut-être des sous-Kinks. Voire des sous-Beach Boys. Ce qui n’en fait pas pour autant des tâcherons de premier ordre, bien au contraire.

Première sortie: 1966 (Parlophone)
Réédition: 2000 (EMI)


Son:
Myspace
Site officiel


Trois titres en écoute: It's You, Crusader et Tell Me to My Face :