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dimanche 15 novembre 2009

[Oldies] The Beatles - Nowhere Man (1965)

Chez Art-Rock, on aime faire les choses bien. Alors, à l'heure où la réédition de la discographie des Beatles continue de faire espérer l'industrie du disque à des jours meilleurs et après le bilan précis et exhaustif de l'affaire par KMS (à lire, absolument), GT nous propose d'écrire une bafouille sur une chanson des Fab Four. Dont acte, ci-dessous. (vous pouvez retrouver tous les articles écrits à ce sujets en cliquant ici).
Et histoire de rendre le tout plus participatif, à vous de donner votre top 5 du groupe dans les commentaires.



Mon amour de la pop doit venir de cette chanson.

A l'époque des longs trajets Lyon-Aubenas ou Lyon-Roanne, pour aller voir cousins, cousines, grand-parents, oncles, tantes ou tout ce qui se rapprochait peu ou prou de la famille, pour les 2h de voyage, nous avions droit ma petite sœur et moi aux compilations parentales. Avec au choix, Michel Sardou (je suis totalement incollable), Julien Clerc, Pierre Bachelet, Joe Dassin (grand monsieur totalement mésestimé), Jacques Brel ou Georges Brassens (ma mère en était fan. Elle l'est toujours d'ailleurs). Mes parents aimaient la variété française et cela nous allait bien.

Un jour - je devais avoir huit ans - en visite chez la sœur de ma mère du côté de la Loire, ma tante, plutôt fan de musique anglo-saxonne (et de Daniel Guichard, faut pas déconner) avait copié sur K7, et à l'attention de mes parents, le 'Red Album' des Beatles.

Au retour vers Lyon, et, alors que nous nous apprêtions à entonner ma sœur et moi "Toi, Vladimir Ilitch, t'as raison, tu rigoles, toi qui as voyagé dans un wagon plombé" et autres "Lili voulait aller danser, aller danser le rock'n'roll", voila t-y pas que ma mère insère ça dans l'autoradio de la R11. Hérésie! Sacrilège!

Oui mais non: les Beatles, on connait. Faut dire que prendre son petit déjeuner tous les week-end avec 'Stop ou Encore' de Julien Lepers sur RTL en fond sonore, ça aide. De Help à Yesterday, de A Hard Day's Night à Paperback Writer, nous étions incollables.

Sauf que là, sans crier gare au milieu des tubes que nous connaissons presque par cœur et que nous chantions en yaourt, vient se faufiler une chanson toute bête, dont la petite mélodie me renverse. Celle de Nowhere Man. Cette intro sans instrument, cette voix à plusieurs, ces chœurs au refrain, cette mélodie toute simple, ces "wah-wah" et ces mots finalement assez simples à retenir, font chavirer mon petit cerveau. Va comprendre.

Nowhere Man n'a rien d'extraordinaire, n'a pas vraiment d'histoire hormis le fait qu'elle parle de Lennon et qu'il semblerait que ce soit la première chanson du groupe qui ne parle pas d'amour. Elle se trouve juste sur 'Rubber Soul' (sans doute pour cela que j'ai toujours préféré cet album à 'Revolver'). Et si le côté madeleine de Proust joue beaucoup, je la trouve quand même très belle.

D'ailleurs, depuis cette époque là, j'ai toujours placé Nowhere Man dans mon panthéon personnel des Beatles (avec A Day In a Life, Eleanor Rigby, Tomorrow Never Knows, With a Little Help from My Friends) .

Je me souviens que lors des voyages suivants, je demandais souvent qu'on rembobine la K7 dès la chanson écoulée. Au grand dam de ma petite sœur qui voulait écouter sa chanson à elle, placée juste après sur la compilation. Un titre qu'elle connaissait par cœur, du haut de ses cinq ans: Michelle. L'effet Lepers sûrement.

Sortie album: 3 décembre 1965 
Sortie Ep: 8 juillet 1966

jeudi 9 avril 2009

[Track of The Day] The Beatles - Lucy In The Sky With Diamonds (Us mono version)

Si l'on ne sait pas encore quel sera l'album de l'année, on peut d'ores et déjà annoncer que l'évènement 2009 sera la réédition complète du catalogue Beatles. ENFIN! Depuis des années, cette histoire était devenue l'arlésienne du monde musical. Et puis finalement...

Au programme des réjouissances donc, le remastering complet du catalogue en version stéréo, avec livret fouillé et tout le toutim ainsi (et c'est là que ça devient intéressant) qu'un remastering mono! Oui, mono!
Il faut savoir que The Beatles ont enregistré tous leurs albums (sauf 'Abbey Road') en mono et pas en stéréo. Pourtant, en 1987, ce sont des versions stéréo qui ont vu le jour. Une aberration finie.

Il y a quelques mois, grâce à un web-ami fan des Fab 4, j'ai découvert les versions mono du 'White Album', de 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band', de 'Revolver' et de 'Rubber Soul', compilées par un certain Dr Ebbetts, fou furieux et Beatlesmaniac qui avait tout nettoyé et encodé à partir de vinyles d'époque. Et là, c'est presque comme si j'avais redécouvert l'œuvre de Paul, John, George et Ringo.

Car les différences sont notables: la basse est bien mieux mise en valeur, le son est meilleur, et bizarrement je trouve le groupe plus proche. Surtout, leurs compositions me semblent moins lisses (et je ne m'étais pas fait la remarque avant d'écouter les versions mono) et tout sonne juste.
Sur 'Sgt. Pepper' par exemple, les trois premiers titres sont une mise au point flagrante: le titre éponyme qui ouvre l'album est plus nerveux (la fin du morceau n'est pas avare en riffs comme la version stéréo), A Little Help From My Friends a plus d'effets sur les voix et quant à Lucy In The Sky With Diamond, elle est plus lente dans sa forme originale (et pleine d'effets aussi). Étonnant. Et très intéressant. Bref, une foultitude de petits détails qui, certes, pris un à un ne change pas la face du monde mais sur 40 mns, renverse tout.
Mais surtout et avant tout, l'intérêt de ces versions mono réside dans le fait que que ce sont celles que les Beatles et George Martin ont voulu et ont enregistré. Rien de moins logique au final.

Pour info, ces rééditions verront le jour le 9 septembre prochain. D'ici là, il reste toujours les versions du Dr Ebbetts, comme celle de Lucy In The Sky With Diamond, en écoute aujourd'hui. 

Album: Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (US Mono version) 
Année: 1967 
Label: Apple

dimanche 18 novembre 2007

[Oldies] The Hollies – For Certain Because... (1966)

Autant se l’avouer tout de suite, ce ‘For Certain Because…’ des Hollies est tout sauf un classique, un de ces disques qui marquent des générations entières. Pour plein de raisons. Il n’empêche, c’est un album sur lequel j’aime retomber, au hasard d’un énième rangement de discothèque. Et donc, en ce froid week-end de novembre, je me suis dit qu’un peu de pop sixties ne ferait de mal à personne. Encore moins à ce blog.

The Hollies, s’ils ont connu un vrai succès commercial dans les années 1960, ne sont donc pas restés dans les mémoires. La faute à quatre garçons dans le vent, adulés aux quatre coins du globe depuis près de 50 ans, qui ont un peu vampirisé toute la pop de cette décennie magique.

The Hollies se sont formés, en quelque sorte, à l’école maternelle quand, à l’âge de cinq ans, Allan Clarke et Graham Nash (le Nash de Crosby, Still, Nash & Young, c’est lui), les deux leaders du groupe, font connaissance à Salford, dans la banlieue de Manchester. A l’adolescence, les deux garçons forment un duo et écument les pubs et autres coffee-houses du coin sous différents noms (The Guytones, The Two Teens, …) avant de créer, suite à une rencontre avec Don Rathbone et Eric Haydock, The Hollies.

Très pop aux harmonies vocales inspirées par les Everly Brothers, The Hollies deviennent rapidement un groupe Beatles-alike. La faute à ce son, ces mélodies et ces morceaux courts qui rappellent tant les Fab 4. Mais également à leur histoire propre. Car en 1963, le groupe est repéré par un des managers d’EMI, Ron Richards au Cavern Club, à Liverpool, là même où la bande de Paul et John avait été découverte quelques années plus tôt, par l’ami George Martin.

'For Certain Because...' sort en 1966. Concrètement, c’est leur neuvième sortie discographique, tout pays confondus (rappelons qu’à l’époque, les sorties Uk et Us étaient différentes) et leur quatrième (sur cinq !) de l’année en cours ! Un rythme de fou, hallucinant. Cet album là marque toutefois une rupture avec le reste de leur discographie : pour la première fois, le disque ne contient aucune reprise de vieux standards ou d’obscurs titres oubliés (comme c’était courant à l’époque). Surprenant changement de direction pour un groupe qui enchaîne les tubes. Mais plutôt logique finalement.
Car en 1965, The Hollies sortent leur version à eux de If I Needeed Someone des Beatles. Si le titre se classe dans les hit-parades, les critiques sont cinglantes, la plus virulente venant directement de Georges Harrison qui qualifie la reprise de soulless.
Ainsi donc, et pour la première fois, The Hollies ne sort que des compositions originales et d'une grande efficacité.

'For Certain Because...' est court, dépasse à peine la demi-heure, compte douze titres et fait montre d'un vrai talent d’écriture. Bien sûr, l’influence d’album comme 'Rubber Soul', 'Revolver' ou 'You Really Got Me' de Ray Davies et de ses Kinks est énorme. Mais le groupe, beaucoup plus que le passé, appose sa patte et pond quelques titres vraiment très réussi (l’hispanisant Crusader, le bondissant Tell Me To My Face ou le Beatles-ien It's You, voir plus bas). Et sort un album plus que réussi, concis, carré et qui fait mouche.

Aujourd’hui, qui se souvient de The Hollies dans le grand public ? Plus personne. Ou presque. Un groupe oublié mais qui aura marqué son époque et ses hit-parades. Peut-être des sous-Beatles. Peut-être des sous-Kinks. Voire des sous-Beach Boys. Ce qui n’en fait pas pour autant des tâcherons de premier ordre, bien au contraire.

Première sortie: 1966 (Parlophone)
Réédition: 2000 (EMI)


Son:
Myspace
Site officiel


Trois titres en écoute: It's You, Crusader et Tell Me to My Face :


samedi 13 septembre 2008

[Oldies] The Beach Boys – Sunflower (1970)

A quoi ça tient? A rien finalement. A queudalle. A une dose de LSD trop forte. A un gobage de champignons de fin de soirée. L’histoire est connue : les Beatles et les Beach-Boys, depuis l’arrivée des Fab 4 sur le continent nord-américain, se tirent la bourre. Les Anglais sortent 'Rubber Soul' ? Les garçons de la plage enregistrent ‘Pet Sounds’ ? Les Beatles écrivent ‘Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band’? Brian Wilson veut faire mieux et compose ‘SMiLE’, le projet avorté le plus ambitieux de l’histoire de la musique. Qui tuera les Beach Boys. Un projet fou qui ne verra le jour que près de quarante ans plus tard.

Donc, en 1967, quand Brian Wilson, perdu et malade, abandonne la partie contre les Beatles, les Beach Boys enchaînent les albums (cinq studios et un live) mais déclinent artistiquement parlant. Quand arrive 1970, le groupe vient de quitter Capitol (qu’ils poursuivent pour des royalties non payées) et signe chez Reprise Records, un label tout heureux d’avoir un tel groupe dans son giron. Brian Wilson, toujours là (il signera quelques titres et produira le disque), s’est quand même mis en retrait et a laissé les autres prendre la main sur les compositions, notamment son frère Dennis (dont on reparlera un jour dans ces pages).

Le premier titre qui émerge des divers enregistrements est Add Some Music to Your Day, un – presque – flop total niveau charts mais qui emballe d’emblée les dirigeants de Reprise Records. Confiants, le groupe finalise l’album et le transmet aux grands pontes du label. Résultat ? Refusé. On reproche essentiellement aux Wilson de ne pas avoir assez de titres forts (au final, seuls six titres, sur les douze du tracklisting, seront conservés dans la version qui verra le jour en août 1970).

Le groupe compose et réenregistre alors de nouveaux morceaux, balance le tout à la maison de disques, qui décide de sortir l’album. ‘Sunflower’ sera le plus grand échec commercial (jusqu’alors) du groupe, n’atteignant même pas le top 100 des charts américains, une première!

Et pourtant, il avait tout pour connaître le succès. Car ‘Sunflower’ est un grand disque, un des meilleurs des Beach Boys, avec les deux monuments des années 60 cités plus haut. Si le génie qui transpirait par tous les sillons d’albums comme ‘Pet Sounds’ ou ‘SMiLE’ semble avoir en partie disparu, il n’en reste pas moins quand même de grands moments de pop music, des harmonies comme eux seuls savent en façonner (Forever, Tears In The Morning), des idées lumineuses et une production qui voit Brian Wilson retrouver (ou presque) son lustre d’antan (Cool, Cool Water, du génie à l’état pur, voir plus bas) ainsi que des clins d’œil appuyés aux anciens rivaux anglais, les Beatles (At My Window, et ses paroles niaises en français – «le moineau est venu se poser à ma fenêtre» –, sorte de réponse au Michelle de la bande à Mc Cartney).

Perdu au début de l’album, deux titres sortent du lot (voir plus bas) : Deirdre, chanson pop, à la construction d’une simplicité apparente mais aux contours exquis (chœurs, cuivres, rythmique) et It’s About Time, un morceau renversant, très pop-rock (avec son petit solo de riffs au moment du bridge) qui, s’il sortait aujourd’hui, serait d’une actualité folle. Un titre écrit par le groupe dans son entier, et aux paroles assez fascinantes, comme un bilan de la cassure de la fin des années 60 et un mea-culpa chanté de Brian Wilson :

"I used to be a famous artist //Proud as I could be // Struggling to express myself // For the whole world to see // (...) // Oh the creation yeah // Of a good time doin' my part // With an open-hearted laugh of // realization in my mind // And now I'm but a child who art// Erect in humility // Serving out a love for everyone I meet // In truth who are really me // (...) // It's about time we get together // To be out front and love one another // Brothers sisters everybody // We better start to help each other now // We need it now // When we're sharin' our love brother // That's when we know we can // shape another world"

En 1971, les Beach Boys continuent sur leur lancée du renouveau et sortent le réussi ‘Surf’s Up’ (la dernière réédition, de 2008, compile à nouveau les deux albums sur un seul et même disque) avant de s’enfoncer irrémédiablement dans le médiocre et d’appartenir finalement au passé.
En 1970, à y regarder de plus près, les Beach Boys sont d'ailleurs déjà un groupe du passé (la pochette en est la preuve criante). Mais en écrivant un titre comme It’s About Time, ils prouvent quand même qu’ils ont toujours trente ans d’avance.

Première sortie : 31 Aout 1970 [Reprise]
Réédition : 2008 [EMI].

Son :
Site officiel
Myspace


Trois titres de ce 'Sunflower' en écoute, comme le veut la coutume. Forcément, les deux grands titres de l’album avec Deirdre et It’s About Time, avant de finir par Cool, Cool Water :




lundi 6 février 2023

[Track of The Day] Lucas Santtana - La Biosphère

Amateur de football, j'aurais dû tomber amoureux du Brésil, de ce maillot jaune et vert, de ces dribbles chaloupés, de cette technique affolante, de ces célébrations pleines de samba. Oui mais voilà, je suis né un poil trop tard pour tomber sous le charme des équipes brésiliennes de 1982 et surtout 1986, dont l'équipe semblait être fantastique mais dont le seul souvenir que j'ai (j'avais alors 7 ans) est la joie de mon père le matin venant m'annoncer à mon réveil que la France était en demi-finale après avoir sorti l'équipe de Zico et Socrates. Et malheureusement, les équipes auriverde suivantes n'ont jamais été à la hauteur de ce qu'on m'avait dit de leurs devancières, m’agaçant plus par leur prétention que par la qualité de leur football.

Est-ce à cause de cela que je n'ai jamais eu d'atomes crochus avec la musique brésilienne ? C'est évidemment idiot mais cela a sans doute joué - au moins en partie. Pourtant, difficile de ne pas tomber sous le charme de 'O Paraíso' de Lucas Santtana, neuvième album de cet artiste brésilien originaire de Bahia dont je découvre le travail. Un disque qui s'avère un peu plus délicieux à chaque nouvelle écoute et qui se présente comme une ode à notre planète, sur fond de musique brésilienne alimentée de pop, de jazz, d'électro, de cuivres et de cordes délicatement distillés. 

Un album plein de doigté, qui voit la légèreté régner en maîtresse, sur lequel on croise Laurent Bardainne (l'homme derrière Oiseau, une de mes chansons de l'année passée), et où l'on on trouve notamment une reprise de The Fool on the Hill des Beatles (en duo avec Flore Benguigui de L'Impératrice) et un titre en français, La Biosphère (en écoute aujourd'hui). Une chanson superbe, un rien naïve, où les « u » deviennent des « ou » et qui prend une très belle ampleur avec l'arrivée des choeurs des Petits Chanteurs d'Asnières sur la fin. Sans doute, avec Errare Humanum Est, le plus beau morceau de ce 'O Paraíso' de Lucas Santtana, qui grow, qui grow, qui grow...

Album : O Paraíso
Année : 2023
Label : No Format

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, La Biosphère de Lucas Santtana est également en écoute ci-dessous :

Autre très belle chanson de 'O Paraíso' de Lucas Santtana, voilà Errare Humanum Est :

Le clip de la reprise de The Fool on the Hill, la chanson des Beatles écrite par Paul McCartney, reprise ici par Lucas Santtana et Flore Benguigui de L'Impératrice : 

lundi 29 septembre 2008

Track of The Day (23-29 septembre 2008)

Replongée dans les années 2000, 2008 exceptée. (et toujours en écoute dans le deezer).


Lundi 29 septembre 2008:
* Carl Barat and Pete Doherty - A Day in a Life (a The Beatles' cover) [BBC Radio 2]
Les deux anciens acolytes des Libertines se retrouvent en studio pour enregistrer une reprise assez (très?) convenue (mais pas risible) de A Day In The Life, un des titres majeurs des Beatles, à l'occasion des quarante ans de 'Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band' l'an passé. La BBC paye les petits fours. Les autres rendent hommage au Fab Four. Classe. Surtout avec ce titre qui se termine par un hello des quatre fantastiques.
(disponible sur Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 40th Anniversary Album, 2007)

Dimanche 28 septembre 2008:
* Radiohead - I Want None of This [Independiente]
En 2005, pour le charity album 'Help: A Day In The Life', Radiohead enregistre ce I Want None of This, tout au piano, avec quelques choeurs derrière, histoire de. Un titre somptueux, comme ils savent en écrire. Mais pourquoi dieu s'entêtent-ils à sortir des albums chiants comme la pluie depuis bientôt cinq ans?
(disponible sur Help, A Day In The Life, 2005)

Samedi 26 septembre 2008:
* Camera Obscura - Happy New Year [Andmoresound]
En Ecosse, il fait froid. Il pleut. Mais il y a la pop qui respire à chaque coin de rue. Les Camera Obscura ne sont peut-être pas les plus célèbres du lot. Ils laissent ça aux grands frères Belle & Sebastian. Mais s'engouffrent dans la même brèche, de l'indie pop classieuse comme tout, avec corde et tout le toutim. Stuart Murdoch, de Belle & Seb, produit le disque. Et ça se sent. 'Biggest Bluest Hi-fi' est toujours aujourd'hui le chef d'œuvre du groupe. Et il s'ouvre par ce splendide Happy New Year.
(disponible sur Biggest Bluest Hi-fi, 2001)

Vendredi 26 septembre 2008:
* Viktor Vaughn - A Dead Mouse [Sound Ink]
En parallèle avec la chronique du 'Madvillainy 2: The Madlib Remix' de jeudi, réécoutons avec ce plaisir non feint, un morceau 'Vaudeville Villain', l'album de 2003 de Viktor Vaughn (aka MF Doom) et notamment ce tuant A Dead Mouse. Bon, évidemment, perdu au milieu de toute cette pop... mais bon, rien que pour la prod...
(disponible sur Vaudeville Villain, 2003)

Jeudi 25 septembre 2008:
* Cherry Ghost - Thirst For Romance [Heavenly]
L'autre jour, je faisais les bacs à soldes. Et je tombe sur ce disque, d'occasion. La pochette était belle et je croyais me souvenir en avoir lu du bien sur quelques forums internet. Bien m'en a pris, car ce disque est très beau. Entre The Veils et Coldplay. La preuve avec le titre éponyme, Thirst For Romance. Un jeudi pop pop quoi.
(disponible sur Thirst For Romance, 2007)

Mercredi 24 septembre 2008:
* The Dears - Bandwagoneers [Maple Music]
Il y a quelques jours, sur un forum musical, on pouvait lire les diverses réactions des fans au contact du nouveau The Dears, 'Missiles'. Et tout le monde de briser sans grande raison le précédent, 'Gang of Losers'. Un disque qu'il faut réhabiliter. Donc à défaut d'un titre du nouvel album, voilà un des grands morceaux de ce 3è album, Bandwagoneers, injustement critiqué et franchement toujours aussi bon.
(disponible sur Gang of Losers, 2006)

Mardi 23 septembre 2008:
* Florent Marchet - Je M'en Tire Pas Mal (feat. Miossec) [Barclay]
Reprenons un peu de Florent Marchet, le mec qui avait sorti cet album merveilleux qu'est 'Rio Baril' l'an passé. Avec un extrait de son premier disque, 'Gargilesse', ou l'ami Miossec vient poser sa voix. Toujours aussi attachant, beau, parlant.
(disponible Gargilesse, 2004)

mercredi 2 novembre 2016

Tony Molina - Confront The Truth [Slumberland]

Comme peu d'artistes actuellement, Tony Molina continue de tracer sa voie et ne s’embarrasse pas de détails. Car il est un homme qui n'aime pas tourner autour du pot en suivant le sacro-saint dogme couplet / refrain / couplet / refrain / pont / refrain. Non, Tony Molina fait dans le court. Le très court.

Après un premier album 'Dissed and Dismissed' en 2014 de 12 chansons pour 11 minutes et 26 secondes (à la seconde près !), le voilà de retour avec un nouvel Ep de... 605 secondes tout pile et 8 chansons, 'Confront The Truth' ! 
Et cette fois, après avoir creusé un sillon marqué par une certaine idée du rock des années 90, Tony Molina s’attelle cette fois à la pop et les bluettes qui touchent droit au cœur.

Et si l'on entend ici ou là un peu d'Iron & Wine (Old Enough to Know) ou d'Elliott Smith (No One Told He), ce sont surtout les Beatles qui sont omniprésents sur ce 'Confront the Truth'. D'aucuns parleront de plagiat éhonté et crieront au scandale tant certaines mélodies ou accords sont des copies à peine voilées de l’œuvre des Fab Four. Il suffit d'écouter I Don't Wanna Know ou surtout l'intro de No One Told He (où il est difficile de ne pas entendre celle de A Day in The Life) pour s'en rendre compte.

Pour autant, à l'écouter chanter ses histoires de cœur brisés, à aller droit à l'essentiel (comment résumer les affres d'une rupture en 62 secondes ? Écouter See Me Fall donne une idée), j'ai davantage l'idée que Tony Molina rend ici un très bel hommage à la pop bien faite, bien écrite et bien mise en musique.

Et si 'Confront The Truth' est un disque très court, il devient rapidement obsédant. On n'ira évidemment pas oser comparer cet Ep au medley d''Abbey Road', mais il y cette idée sous-jacente tout de même. Reste à connaitre la raison de cette écriture si brève, si concise. Ne pas savoir écrire une chanson sur plus de quelques mesures ? Cumuler les écoutes Spotify ? Ouvrir une nouvelle fois dans l'histoire de la pop music ? Qu'importe, l'avenir nous le dira - peut-être. Car au final, la pop est très bien honorée ici ; et on n'aurait pas su choisir meilleurs prisme que celui de ses plus fameux et illustres représentants pour le faire. (Sortie : 28 octobre 2016)

Son :
'Confront The Truth' est en écoute sur le bandcamp de Tony Molina
'Confront The Truth' est même à l'achat sur le bandcamp de Tony Molina
Enfin, 'Confront The Truth' de Tony Molina est en écoute également sur Spotify et Deezer

 
Le disque est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. No One Told He, entre intro à la Beatles et chanson à la Elliott Smith (en écoute également dans le lecteur Spotify à gauche). Old Enough to Know où l'on imagine la voix de Sam Beam d'Iron & Wine, venir se mêler à celle de Tony Molina. Et enfin See Me Fall, qui dit tout en 1 mn.





Je ne le fais que rarement, parce qu'un album est souvent trop vaste pour titiller la curiosité de l'auditeur qui veut juste découvrir l'artiste en quelques chansons, mais vu que 'Confront The Truth' de Tony Molina dure exactement 605 secondes, il mérite d'être écouté en entier. Ci-dessous donc. (malheureusement plus en écoute)


jeudi 20 mai 2010

Jeremy Messersmith - The Reluctant Graveyard [unsigned]

Je ne sais pas si vous avez eu une playstation il y a une dizaine d'années de cela. Je ne sais pas si vous vous souvenez d'un jeu en particulier, MediEvil où l'histoire d'un chevalier squelette prêt à se venger de sa mort trop rapide sur un champ de bataille, et se baladant plus que de raisons dans des cimetières vides.

Hé bien la pochette de 'The Reluctant Graveyard', mêlée à l'univers de Tim Burton (L'Étrange Noël de Monsieur Jack, forcément), me rappelle l'ambiance de ce jeu là.

Ceci posé, rien de funeste, de basse qui fout des frissons ou de voix venues d'outre-tombe sur ce troisième et nouvel album de Jeremy Messersmith - artiste américain qui m'avait particulièrement touché il y a 2 ans avec son très joli 'The Silver City'-. En tout cas de prime abord.

Car ici, musicalement parlant, Jeremy Messersmith fait dans la pop de qualité et bien ouvragée, haussant le niveau pourtant déjà élevé de son album précédent.
Toujours très (très très!) influencé par les Beatles - certaines mélodies se rapprochent indéniablement de certaines compositions des Fab 4 (au hasard Eleanor Rigby sur John The Determinist)-, Jeremy Messersmith rappelle surtout Elliott Smith (vous me direz quoi de plus normal quand on sait que l'auteur de 'Roman Candle' puisait son inspiration du côté de Liverpool) dans la façon d'appréhender ses compositions.
Ajoutez à cela un peu de Beach Boys (Violet) par-ci, un peu de Sufjan Stevens (A Girl, A Boy And A Graveyard) par là voire du Venus époque 'Vertigone' (John The Determinist) et le compte est bon.

C'est en fouillant un peu que 'The Reluctant Graveyard' et sa pochette justifient leur titre. Aussi bien au niveau des titres (Toussaint Grey, First In Life And Death, Organ Donnor, Deathbed Salesman) que des paroles (Repo Man: «Fourteen years I was sober // I worked hard for my pay // Left my tithe at the altar // Closed my eyes when I prayed // But I'm the repo man and nobody weeps for me») des chansons de l'album, ici tout respire le desespoir et la tristesse, portés par la voix d'un Jeremy Messersmith toujours très fin dans son interprétation et n'en rajoutant jamais dans le pathos - quand il n'en prend pas justement le contre pied.

'The Reluctant Graveyard' n'est pas un album long (moins de 35 mns). Mais quel délice! Quel plaisir d'écouter les compositions de Jeremy Messersmith, ses arrangements, entre cordes, guitare électrique, piano et harmonica, toujours délicats!
Et au fur et à mesure que les écoutes passent, 'The Reluctant Graveyard' rentre dans cette catégorie de disques qui nous rendent tous schizophrène. Une catégorie où l'envie de partager son bonheur du moment au plus grand nombre se dispute avec l'envie de le garder pour soit. (Sortie: 4 mai 2010)


Son:
Myspace (2 chansons de 'The Reluctant Graveyard' en écoute)
Site officiel


On peut télécharger, pour le prix de son choix, ce 'The Reluctant Graveyard' sur le site officiel de Jeremy Messersmith. A vous de voir, mais l'investissement (le son est en qualité 320k, flac, etc) vaut largement le coup; et puis soutenir des artistes non-signés de cet acabit là, franchement, ça n'a pas de prix. Cliquez ici!
Vous pouvez aussi vous procurer 'The Reluctant Graveyard' (ainsi que les 2 précédents albums), toujours sur le site officiel de Jeremy Messersmith, pour 10$ (environ 8€) en cliquant ici.

Deux chansons en écoute, pour tenter de vous donner envie de vous saouler de la pop de
Jeremy Messersmith all day long. Knots, énergique et mené par un piano lumineux. Et surtout, John The Determinist, entre le Eleanor Rigby des Beatles et les compositions de belges de Venus, sommet de ce 'The Reluctant Graveyard' (malheureusement plus en écoute).

mardi 31 juillet 2018

Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]

Tony Molina est un artiste fascinant. Et sans doute assez unique quand on y réfléchit un peu. Soyons donc précis : Tony Molina, ce sont deux albums ('Dissed and Dismissed' en 2014 et donc 'Kill The Lights' cette année), deux Ep ('Six Tracks E.P.' en 2013 et 'Confront The Truth E.P.' en 2017), un album live ('West Bay Grease' l’an passé) et une cassette à ses débuts ('Embarrassing Times' en 2009). Soit 58 chansons (seulement deux dépassent les 3 mns, dont une reprise de Metallica) pour un total de musique enregistrée de… 75 minutes et 38 secondes.

Michael Gira ne doit rien y comprendre. Et sans aller jusqu'à Swans, à titre de comparaison, 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, c’est - précisément - 74'15". Un monde.

Car oui, sur son nouvel album 'Kill The Lights', Tony Molina n’a pas changé : il fait dans le court. Le très court. Quatorze minutes et 30 secondes de musiques, pour 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis.

Et pour autant disais-je, Tony Molina est fascinant. Car si son disque est à l’image de 'Confront The Truth E.P.' en 2017, totalement enivrant. Difficile de ne pas être complètement séduit si l’on aime la belle pop, des Beatles à Elliott Smith, des Teenage Fanclub aux guitares Gilmourienne de la fin en passant par les Byrds ou Nick Drake.
Les presque 15 mns défilent toutes seules ici, notre homme composant de magnifiques mélodies. Alors oui, toutes ne sont pas des chansons, plus des couplet/refrain ou pont/refrain. Oui, il y a bien une frustration de ne pas le voir développer ses mélodies plus en longueur tant elles sont bien composées. Mais tout ce 'Kill The Lights' déroule sa musique avec une facilité toute pop que ce n'est finalement pas un frein. Et qu'il se permet d'orner d'une magnifique pochette, comme souvent.

Reste une question : pourquoi composer et enregistrer des chansons aussi courtes ? Parce que Tony Molina préfère frustrer son auditoire plutôt que le lasser avec des chansons qui traîneraient en longueur ? Parce qu'il veut s’échapper du sacro-saint « chanson pop de 3'00 » ? Parce qu'il souhaite laisser une trace dans le grand livre de la pop en « inventant » le concept de medley-album (les Beatles avaient rempli une face d''Abbey Road' pour ce qui reste à ce jour leur meilleure composition. Tony Molina lui en fait un album entier) ? Ou tout simplement engranger les écoutes sur les différentes plateformes de streaming et empocher le jackpot ?

Sans doute un peu de tout cela à la fois. Mais l’important est sans doute ailleurs : 'Kill The Lights' est un album superbe. Qu'il soit long ou court importe peu au final. (Sortie : 27 juillet 2018)

Plus :
'Kill The Lights' de Tony Molina est en écoute sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est à l’achat sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est notamment en écoute chez Spotify et Deezer


'Kill The Lights' de Tony Molina est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. D'abord Look Inside Your Mind / Losin' Touch (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colone de gauche de ce blog), accessoirement la chanson la plus longue du disque. Ensuite, Jasper's Theme. Et pour finir Before You Go :







Et pour ceux qui veulent l'écouter d'une traite 'Kill The Lights' de Tony Molina, ce lecteur est fait pour vous :



dimanche 9 septembre 2007

[Oldies] Bee Gees - First (1967)

J'ai beau chercher dans ma mémoire, je ne me souviens pas avoir considéré les Bee Gees autrement que comme des chanteurs de variétoche aux doigts constamment coincés dans une porte. A dire vrai, ils me faisaient plus marrer qu'autre chose. Limite une blague. Un peu comme le sketch là qui leur est consacré ici en quelques sortes.

Et puis il y a quelques semaines de ça, sur un air de boutade, un ami de l'Internet, sur un aire d'autoroute toute bleutée, commence à me parler fissa des Freres Gibb en me disant « tiens, y a le premier album des Bee Gees qui a été réédité chez Rhino. T'as écouté ? ».

Après une réponse négative et un sarcastique « Les Bee Gees? Oh oh, elle est bonne! », il ajoute qu'il est très sérieux et que ce disque là a une classe que seule la discographie des Beatles égale.

Ni une ni deux, tenté par tant de dithyrambe, je plonge dans cet album. Quatorze titres. Et même pas 40 mns. Et de la pop. De la pop comme on en faisait du temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Cet album des Bee Gees est un petit bijou de cordes, de mélodies imparables, d'écriture. Les trois n'en font pas des tonnes au niveau de la voix, se rapprochant tantôt de celle d'Arthur Lee, de Lennon ou de Macca.

D'ailleurs, ces trois derniers ne sont pas « présents » qu'au chant. Car il y a des ambiances, des riffs, des mélodies qui rappellent des titres les plus célèbres du quatuor de Liverpool (In My Own Time rappelle Taxman par ex). Idem pour le grand Arthur Lee et ses Love.

Magnifique découverte. Je sais pas si ça met une claque aux barons de la pop. Mais ça en met une à votre serviteur.

En fait, 'First' des Bee Gees, c'est un peu The Beatles Meet Love. Avec des types qui chantent normalement. Et qui ont une putain de classe.


Première sortie : juillet 1967 (Polydor)
Réédition : 22 janvier 2007 (Rhino)


Histoire de bien se rendre compte de quoi il s'agit, trois morceaux en écoute: Turn Of The Century, To Love Somebody et I Can't See Nobody :

 

dimanche 21 octobre 2007

[Oldies] The Four Seasons - Genuine Imitation Life Gazette (1969)

Pochette hideuse. Montage foireux et moche. Tronches de premier de la classe. Et tenue ridicule. C’est vrai que si l’on s’arrêtait à l’artwork de ce 'Genuine Imitation Life Gazette', il y aurait de quoi partir en courant.
Mais vous allez quand même rester. Déjà, vous êtes des lecteurs bien élevés. Et surtout, cet album des Four Seasons mérite le détour. Et même bien plus que ça : il demande des écoutes régulières pour en savourer toute la teneur.

Nés sous le nom de The Variatones (nom qui changera quatorze fois au fil des échecs !) en 1953, sous l’impulsion de Frankie Valli et Tommy De Vito, The Four Seasons débutent véritablement leur carrière en 1961. Car oui, malgré près d’une dizaine d’années d’échec pour la bande de ritals du New-Jersey, où ils finirent par ne plus être embauchés que pour faire les chœurs sur divers albums d'autres artistes, leur carrière est pourtant loin d’être catastrophique.

Loin des exemples présentés dans ces pages les semaines précédentes, les Four Seasons, eux, ont connu le succès, ont enchaîné les tubes aux Etats-Unis (quatre numéro un au total, 24 titres classés dans le top 30 du Bilboard entre 1962 et 1975) allant même, en 1964, jusqu'à être le seul groupe à enrailler (le temps de deux semaines seulement) le débarquement prodigieux de la Beatlesmania au pays de l’Oncle Sam (leur titre Dawn (Go Away) étant le seul titre non-Beatles du top 5 du Bilboard de l’époque). Bref, un groupe, une aura et une place de choix dans le cœur des américains (les Four Seasons n’ayant jamais percé en Europe).

En janvier 1969, alors que les Fab 4 viennent de sortir leur 'White Album' et s’apprêtent à mettre un 'Abbey Road' dans tous les bacs de la planète, les Four Seasons décident de changer de cap. De tenter une nouvelle aventure discographique. De se remettre en question. Et de devenir enfin ambitieux. Finie la pop un peu mièvrasse et formatée. Adieu vieux succès. Et bonjour pop psychédélique ; et donc 'Genuine Imitation Life Gazette'.

A l’écoute de cet album, impossible de ne pas penser aux Beach Boys, aux Zombies, aux Kinks de Ray Davies, aux Beatles (la fin de 'Imitation Life Gazette' est d’ailleurs un gros clin d’œil à Hey Jude, sorti quelques six mois plus tôt) ou même au Love d'Arthur Lee.
Les chœurs, la classe des mélodies, les morceaux à trois ou quatre temps, la justesse de la voix de Frankie Valli, les renversements constants, les paroles inspirées (la critique de la société de consommation de l’époque), tout y est. Le tout avec, en plus, une propension plus importante aux grandes envolées lyriques (on n’oublie pas son passé comme ça).

Non, ce disque est essentiel en cette année 1969. Et a totalement sa place parmi le quintette des sixties : 'Pet Sounds', 'Odessey and Oracle', 'Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band', 'The Village Green Preservation' et 'Forever Changes'.

Malheureusement, si ce changement de carrière est artistiquement juste et évident, c’est une berezina commercialement parlant. Le succès continue, inlassablement, de les quitter, l’album est un bide complet et le groupe ira se perdre et s’enterrer chez Motown pendant quelques années, avant de renaître, de temps à autres, au gré de rééditions - qui se font de plus en plus rares (la dernière de ce disque là, chez Rhino, est tout simplement introuvable aujourd'hui).

The Four Seasons restera quand même, en tout cas à mes yeux, un grand groupe. Car sortir une œuvre comme 'Genuine Imitation Life Gazette', inventive et ambitieuse, n’est pas donné à tout le monde. D’ailleurs, Paul Mc Cartney doit nourrir le même avis, lui qui s’inspirera (« pompera sans vergogne » serait plus juste) des parties piano (notamment) de American Crucifixion Resurrection pour composer son chef d’œuvre, Nineteen Hundred and Eighty Five. Comme quoi...


Première sortie: 1969 (Rhino)
Dernière réédition: 1995 (Rhino)



Ce disque étant particulièrement introuvable (en tout cas à un prix décent), voilà trois morceaux en écoute: Genuine Imitation Life, American Crucifixion Resurrection et Mrs Stately's Garden. Miam miam miam :

 

jeudi 22 mai 2014

Jeremy Messersmith - Heart Murmurs [Glassnote]

Et si tout arrivait à point à qui sait attendre ? C'est peut-être ce que doit être en train de se dire Jeremy Messersmith, un des chouchous de ces pages. Car après 3 premiers albums autoproduits, dont un divin (lire ici et là), après un Paper Moon Ep plus atmosphérique, le californien pourrait accéder à une renommée bien plus grande et qu'il mérite amplement.

La « faute » donc à 'Heart Murmurs', son quatrième disque, qui vient de sortir. Ici, Jeremy Messersmith change de braquet et cela se sent. Distribué et sorti sur Glassnote Records, le disque ne lésine sur les beaux arrangements, jamais vulgaires avec une finesse qui colle au corps de l'américain.

Avec sa voix douce et qui caresse les textes - noirs - qui traversent ce disque, Jeremy Messersmith rappelle sur 'Heart Murmurs' aussi bien les Beatles (Bubblin'), Elliott Smith qu'Adam Green (I Want You To Be Your One Night Stand rappelle énormément le Jessica du new-yorkais). Son Tourniquet de fin décembre annonçait de bien belles choses, mais à ce point ?

Tubes pop évident (It's Only Dancing, Tourniquet, voir plus bas), chansons qui parlent d'amour, de déceptions, de ruptures (« I'm gonna hurt make you cry, only thing I need is time » chante t-il sur Bridges) et à chaque fois de bien belles façons, tracklisting intelligent, tout y est. En point d'orgue, le sublime You'll Only Break His Heart, où l'histoire de cette femme à qui le narrateur donne des conseils pour quitter son amoureux du moment. Un moment poignant et prégnant.

Bref, avec 'Heart Murmurs', Jeremy Messersmith devrait faire son entrée dans le monde des artistes reconnus, car c'est assurément un des albums de l'année 2014. Il était temps. Ce type le mérite tellement. (sortie : 4 février 2014)

Son :
'Heart Murmurs' de Jeremy Messersmith est en écoute chez Spotify ou chez Deezer.
Jeremy Messersmith propose même un petit sampler soundcloud pour découvrir son œuvre, avec évidemment quelques titres de 'Heart Murmurs'.



Trois titres en écoute de 'Heart Murmurs', ce nouvel album de Jeremy Messersmith. Et je vous assure qu'il a été difficile de trancher. Ainsi donc It's Only Dancing, très pop et ouverture parfaite de 'Heart Murmurs', You'll Only Break His Heart, la plus belle chanson de l'album mais pas la plus joyeuse et enfin Bubblin' et ce côté je ne sais quoi Beatles (malheureusement plus disponible).

Vous pouvez réécouter Tourniquet, premier single de 'Heart Murmurs', dont il avait été question ici :


Enfin, Ghost, autre chanson sublime de  'Heart Murmurs'. Ce Jeremy Messersmith a décidément beaucoup de talent :


lundi 12 novembre 2007

Track of The Day (06-12novembre 2007)

Cette semaine, étaient au programme quelques « vieilleries », un des tubes de l'année et une reprise on-ne-peut-plus bandante. Notamment. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).

Lundi 12 novembre 2007 :
* Modest Mouse - Spitting Venom [Epic]
Un des tous meilleurs titres de l'année. C'est beau, c'est fort, c'est prenant. C'est long aussi. Y a des cuivres. Pfu. A vous retourner le cerveau. Grande grande classe.
(disponible sur We Were Dead Before The Ship Even Sank #2007)


Dimanche 11 novembre 2007 :
* Fiona Apple - Across The Universe (The Beatles cover) [Sony]
Une « vieillerie » pour un dimanche. Tout ce que touche la belle Fiona Apple se transforme en or. Comme cette reprise (qui a déjà dix ans) d'Across The Universe des Beatles absolument splendide. Supérieure à l'originale ? Peut-être pas (quoique). Mais largement devant tous les autres essais du genre.
(disponible sur Pleasantville: The Original Soundtrack # 1998)

Samedi 10 novembre 2007 :
* Shivaree - Don't Stop 'Til You Get Enough (Michael Jackson cover) [Zoë]
La belle Ambrosia se plait à reprendre avec ses compères quelques vieux classiques de l'histoire de la musique, dont ce tube en or massif de Michael Jackson, dont ils sortent une version très lascive et plutôt bandante.
(disponible sur Tainted Love : Mating Calls and Fight Songs # 2007)


Vendredi 09 novembre 2007 :
* Dungen - En Gång I År Kom Det En Tår [Kemado]
Suédois de leur état, les Dungen reviennent avec un nouvel album qui se termine par cette douceur pop, assez loin de leur psychédélisme seventies habituel. Un disque sur lequel il faudra trouver le temps de revenir.
(disponible sur Tio Bitar # 2007)


Jeudi 08 novembre 2007 :
* Arcade Fire - Poupée de Cire Poupée de Son (France Gall cover) [Merge]
Sortie sur un split 7" avec les LCD Soundsystem, enfin un enregistrement studio du tube de France Gall par les Canadiens. Un titre qui leur va à merveille et à qui ils insufflent une fascinante fraîcheur.
(disponible sur Arcade Fire/Lcd Sound System Split 7" # 2007)


Mercredi 07 novembre 2007 :
* Pumuckl - Sommeil Léger [Autoproduction]
Alors que Pumuckl commence à enregistrer de nouveaux titres pour donner suite à l'excellent 'Carbone' sorti l'an passé, retour avec un de ses tous meilleurs titres, Sommeil Léger. Et ce mec n'est même pas signé...
(disponible sur Sommeil Léger Ep # 2005)


Mardi 06 novembre 2007 :
* The Devastations - Rosa [Beggars Banquet]
Loin du somptueux 'Coal' (qui était mon album de l'année 2006), les aussies reviennent avec un 'Yes, U' très décevant, dont on ressortira quand même ce Rosa, plutôt bien tourné.
(disponible sur Yes, U # 2007)