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mardi 8 février 2011

Ensemble - Excerpts [Fat Cat]

Stupéfiant. Le premier album d'Ensemble avait été une surprise sortie de nulle part, d'une beauté stupéfiante donc, lovant ses compositions dans un univers de folktronica ouaté. Même Chan Marshall/Cat Power, présente en featuring, m'avait emballé, elle qui m'hérisse d'ordinaire le poil; c'est dire.

Surprenant. C'est l'annonce de la suite. Non pas qu'elle soit injustifiée mais dans une industrie musicale où le succès commercial est la seule à avoir voix au chapitre, l'échec du premier album aurait du sonner le glas des aspirations fat-catesque d'Olivier Alary le toulousain, l'homme derrière Ensemble.

Mais il n'en est rien. Car 1) le soit disant échec commercial du premier Ensemble n'en est peut-être pas un (ce n'est qu'une opinion personnelle basée sur de très très faibles retours sur cet opus là). Et 2) Fat Cat n'étant pas un label comme les autres, il lui a évidemment laissé sa chance.

'Excerpts' est donc le second album d'Ensemble. Une suite qui aura mis quatre années à venir… soit le temps de gestation du premier album (on ne se refait pas). Et un disque qui s'éloigne - un peu - de l'ambiance electronica-planante et du minimalisme pour plus se rapprocher d'une pop toujours teintée d'électro, parfois atmosphérique mais surtout virevoltante.

A l'image d'Arandel, Olivier Alary a enregistré cet album sans faire appel au sampling ou aux ordinateurs, préférant tabler sur des instruments plus traditionnels. En y mettant beaucoup de cordes, et en alternant chant anglais et chant français (où sa voix évoque très souvent celle d'un certain Dominique A), Olivier Alary fait prendre à son Ensemble un premier tournant et amène sa musique dans des lieux plus ancrés dans la réalité.

Peut-être moins cohérent que son prédécesseur, sûrement moins bon (faut dire que l'autre était d'une très grande classe), 'Excerpts' reste cependant un album à découvrir et qu'on prendra le soin d'écouter souvent pour en découvrir tous les petits secrets.
Plein d'ambiance, théâtral par moments, enivrants par d'autres, presque shoegazien aussi, susurré le reste du temps, ce disque est aussi enchanté par Darcy Conroy, la voix féminine qui se balade tout au long des sillons de l'album, et qui rappelle étrangement par moment celle de la très regrettée Trish Keenan. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Deux chansons de 'Excerpts' en écoute)
Site officiel d'Ensemble

Deux chansons en écoute: le classieux Things I Forget et le très ambiant Before Night. (malheureusement plus en ligne)

mercredi 8 octobre 2014

[Track of The Day] NehruvianDoom - Great Things

Depuis combien de temps n'avais-je pas écouté un album sorti des usines de Lex Records ? Je ne me souviens même plus. Pourtant, Lex était un des labels de hip-hop les plus enthousiasmants qui soit à sa création, tout accroché qu'il était (au départ) à Warp Records.
Des albums remarquables (le 'Hope' des Non Prophets, le 'Sleep No More' de Dj Signify), essentiels (le 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse and Gemini, le Hymie's Basement) en passant par quelques singles épatant (ne serait ce que le New New York de Tes). Et puis... plus rien. Pour ainsi dire que je ne sais même plus pourquoi j'ai arrêté de les suivre (peut-être pour la même raison que j'ai considérablement réduit mes découvertes hip-hop) alors que j'ai gardé mon amour pour Stones Throw.

Bref, tout cela pour dire qu'en plus d'avoir lâché Lex Records, j'ai également un peu délaissé MF Doom, devenu avec le temps peu emballant dans des collaborations pas forcément dingues. Mais je continue à avoir toujours de l'affection pour ce gars, parce qu'il a du talent, parce que ses premiers albums sont toujours aussi formidables. Et parce que je ne désespère pas un jour de voir enfin paraitre un Madvillain II (à ce propos, il faut lire absolument l'excellent reportage de pitchfork sur l'album qui vient de fêter ses 10 ans "Searching for Tomorrow: The Story of Madlib and DOOM's Madvillainy").

D'ailleurs, celui-ci pourrait (notez le conditionnel) ne plus être très loin. La preuve avec son nouveau projet qu'il vient de sortir avec un jeune rappeur pas encore majeur, Bishop Nehru, sous le nom de NehruvianDoom (un grand classique chez lui : DOOMStarks, DangerDOOM, JJ DOOM, MaDOOM, et j'en oublie sûrement).

Pourquoi donc un peu d'espoir ? Parce que Madlib est impliqué sur au moins un morceau de cet album, même si l'ensemble est produit par MF Doom lui-même. Mieux, on parle d'une production de Madvillain. C'est peu mais déjà ça.

Quant à l'album 'NehruvianDoom' (à la pochette plus gentillette que ce à quoi nous a habitué MF Doom), il est très court (31 mns, 9 morceaux dont 1 intro), où Doom enchaîne les productions comme à la belle époque des 'Special Herbs' (d'aucuns parleront de sonorités resucées), avec des sons soignés (très jazzy et soul) et des samples de voix d'un autre âge qu'il a toujours affectionnés. C'est Bishop Nehru qui tient le micro quasiment tout du long et il est d'ailleurs plutôt convaincant avec une voix loin de celle d'un adolescent et un flow sûr de lui. Mais les meilleurs passages restent tout de même quand les deux rappent ensemble.

Aucune chance que ce disque vienne titiller la Sainte Trinité - solo - de MF Doom ('Operation: Doomsday', 'Vaudeville Villain' et 'Take Me to Your Leader') mais si l'ensemble est un peu trop bavard (les samples évoqués sont presque le troisième emcee de l'album) pour un disque de cette durée là, le tout tient la route, est plus que plaisant et s'avère finalement de meilleure facture à chaque nouvelle écoute grâce notamment à une très belle partie finale (dont ce Great Things en écoute aujourd'hui).

Album : NehruvianDOOM
Année : 2014
Label : Lex Records

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En plus de Great Things, trois autres morceaux en écoute. Attention, ces trois morceaux sont amputés des parties samples de la fin, d'où une durée bien moindre que sur l'album 'NehruvianDOOM'.

Commençons par Caskets où MF Doom contrôle la situation avant que Bishop Nehru finisse le travail sur une production dans une grande tradition Doom-ienne :




Puis Disastrous, produit par Madlib et fignolé par MF Doom :



Pour finir, OM où les voix se répondent plus qu'ailleurs sur l'album :


mercredi 8 novembre 2017

[Track of The Day] METZ - Drained Lake

‘Strange Peace’. Oui, une paix étrange. Car il n’y a toujours rien de paisible dans la musique de METZ ; ce n’est pas ce troisième album qui changera la donne.

Pour autant, si METZ reste METZ, reste dans un noise-rock qu’il ne laisse jamais reposer, si les guitares sont toujours aussi aiguisées et martyrisées, si le chant est toujours aussi punk, et si la virulence du trio de Toronto est toujours aussi forte, il semble y avoir quelque-chose qui a changé. Un je ne sais quoi dans la production peut-être, cette fois confiée à Steve Albini.

Comme si METZ changeait de braquet. Pour autant, la mise en lumière plus forte de leurs mélodies et un ensemble sans doute plus accessible que les deux premiers disques, sans pour autant que le groupe se fourvoie d’une quelconque manière, rend l’ensemble euphorisant.

De toutes les chansons de ‘Strange Peace’, Drained Lake (en écoute aujourd'hui) est sans doute la plus percutante. Rappelant mélodiquement Wasted (sortie sur leur premier album), elle débaroule en force portée par une basse étouffante et une batterie millimétrée, rendant l’ensemble quasi-martial. METZ que de roca !

Album : Strange Peace
Année : 2017
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify et Deezer, Drained Lake de METZ est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson tirée de ce ‘Strange Peace’ de METZ, voilà Raw Materials, qui clôt l'album par ailleurs :



dimanche 28 octobre 2007

[Oldies] Bob Dylan – Blood On The Tracks : New-York Sessions (1974)

Vous ne trouverez ce disque nulle part. Aucun de vos disquaires, du plus imposant au plus petit, n’aura cet album dans ses bacs. Car cet album n’est rien d’autre qu’un bootleg, un enregistrement non-officiel et jamais sorti.

Remettons les choses à leur place. En 1974, Bob Dylan n’a plus l’aura qu’il a eue dans les 60s. Devenu une (la ?) figure de proue de la musique américaine à cette époque là grâce à une quantités de classiques ('Blonde on Blonde', 'Highway 61 Revisited', 'The Freewheelin' Bob Dylan', ce genre de choses), aussitôt célébrés comme tels dès leurs sorties, Dylan se prend le virage des années 70 en pleine tronche et sans demander son reste. Il enchaîne alors les albums piteux suivis d’autres plus moyens.

Arrive donc 1974. Notre homme connaît des difficultés dans son couple et décide de donner une suite à son 'Planet Waves', sorti la même année. Les tensions du couple Sarah-Bob Dylan seront la base de cet album.
Les sessions d’enregistrements se déroulent à New-York, mi-septembre 1974. Et en 4 journées de temps (remplies jusqu’à ras bord), les dix morceaux de l’album sont mis en boite. Columbia, plutôt satisfait du résultat, s’apprête à commercialiser ce fameux ‘Blood On The Tracks’.

Pourtant, au dernier moment, Bob Dylan fait volte-face et demande à repousser la sortie du disque. Les raisons de ce revirement varient et divergent, l’explication qui revient le plus restant que le Zim aurait trouvé (suite à quelques discussions avec son frère David) l’ensemble finalement trop monotone, trop lisse et qu’il aurait souhaité un peu plus de diversité.
Sur de son fait, il réenregistre cinq titres à Minneapolis fin 1974 (You're A Big Girl Now, Idiot Wind, Tangled Up In Blue, Lily, Rosemary And The Jack Of Hearts et If You See Her, Say Hello) avec en studio beaucoup plus de musiciens que pour les sessions new-yorkaises, et sort l’album début 1975.

Bien lui en prend car ‘Blood On The Tracks’ est un succès total, aussi bien critique que commercial et permet à son auteur de sortir, sur sa lancée, les fameuses ‘Basement Tapes’, enregistrées des années auparavant avec le Band. Bref Bob Dylan est de retour, tout du moins pour un temps.

Malgré cela, il reste ces fameuses 'New-York Sessions' délaissées, qui sont devenues avec le temps un des bootlegs les plus prisés de Bob Dylan avec les 'Genuine Basement Tapes' (cinq disques de titres inédits et de prises alternatives). Un enregistrement des plus incroyables, peut-être supérieur à celui qui verra le jour officiellement. On retrouve ici le Dylan des débuts. Certes, le tout est beaucoup moins folk que par le passé (son jeu de guitare est devenu plus pop), mais le côté épuré des morceaux rappelle les prémices de ce qu’il deviendra plus tard. Tout est ici très calme, très doux. Une production des plus discrètes ajoute à l’ensemble un côté plus « vrai ».

Il suffit d’écouter Idiot Wind (voir plus bas) - clairement un de ses plus beaux titres - pour s’en persuader. Il y a ici une pudeur dans le chant et les arrangements assez incroyable, qu’on ne retrouve pas dans les versions ultérieures.

Surtout, l’ensemble est d’une cohérence sans faille, d’une qualité qui ne faiblit pas une seconde. Bien sur, 'Blood On the Tracks' reste un des plus beaux albums de Bob Dylan, c’est une évidence : les compositions, les textes ont une force folle. Et le tout est particulièrement autobiographique, quoiqu'en dise son auteur.
Mais à choisir, si je devais partir sur une île déserte, je pense que je prendrais ce disque là plutôt que l’officiel. Ici, le Zim se met vraiment à nu et n'en est que plus émouvant.

Depuis quelques années, Bob Dylan, via Columbia, réédite ses bootlegs les plus connus (le 'Royal Albert Hall Concert' de 1966 notamment). Il n’est donc pas vain d’espérer voir un jour ces sessions sortir dans un format plus traditionnel et surtout plus officiel. Histoire de découvrir un auteur apaisé et serein, beaucoup moins enlevé certes mais pas moins touchant.


Trois titres: Lily, Rosemary and the Jack of Hearts, Idiot Wind et If You See Her Say Hello. Un conseil d’écoute: avoir à portée de main son ‘Blood On The Tracks’ afin de pouvoir "comparer". Et, comme toujours avec Bob Dylan, avoir les paroles dans un coin, pour en comprendre tous les sens (aller sur ce site d'un fan français qui propose une traduction de chacun des morceaux du Zim) :




jeudi 18 février 2010

Souvaris / Sincabeza – Clown Jazz (Split 12’’) [Gringo]

C’est fou le nombre de groupes qui après un long silence sont de retour en ce début d’année 2010. Tunng, Seabear, Archie Bronson Outfit, j’en passe et pas forcément des moindres (The Kissaway Trail, au hasard). Des retours assez surprenant d’ailleurs ; comme si beaucoup avaient voulu éviter la fin de la décennie pour on ne sait qu’elle raison. Peut-être pour être sur qu’on n’allait pas s’arrêter à neuf et surtout vérifier que Roland Emmerich et ses amis les Incas s’étaient plantés de trois bonnes années.

Au-delà de ces pseudos considérations temporelles, le retour des anglais de Nottingham, Souvaris est une grande joie. Premièrement car j’aime vraiment ce qu’a sorti ce groupe jusque là (‘I Felt Nothing At All’ que ‘A Hat’ sont de très beaux disques). Et deuxièmement parce que Souvaris est un groupe de potes, absolument adorable et mené par le plus francophile des artistes anglais, John Simson aka Simmo.

Cette fois, ce n’est pas par le biais d’un nouvel album que Souvaris fait à nouveau parler de lui, mais par un ‘Clown Jazz 12''’, que le groupe partage avec Sincabeza, combo bordelais porté sur le noise-rock aguicheur.
Pourquoi avec Sincabeza ? Parce que les deux groupes, ces quatre dernières années, ont beaucoup tourné ensemble et qu’il leur a semblé intéressant de partager plus que l’affiche d’un concert.

Ce ‘Clown Jazz 12''’ est un split album d’un fort beau gabarit (c’est de saison), composé de 5 titres, deux échouant à Souvaris, et trois autres à Sincabeza. Et pendant 33 mns, les deux groupes, chacun de leur côté, vont s’efforcer de faire vivre les sillons du vinyle sur lequel leurs chansons sont gravées tout en gardant une cohérence d’ensemble surprenante et peu courante pour ce genre de format.

Souvaris, qui ouvre le bal, continue de s’émanciper de ses premières aventures musicales et s’éloigne encore plus du post-rock de ses débuts pour mieux aller se lover dans les bras d’une musique toujours instrumentale, mais plus diverse, plus rock, plus math voire plus noise ou même plus jazz. Une orientation des plus intéressantes pour la bande à Simmo, que l’on pouvait déjà percevoir sur la fin de leur deuxième album ‘A Hat’. Les anglais maitrisent bien leur sujet et envoient balader leurs mélodies dans un tombereau d’instrumentations échevelés.

Vu que Sincabeza est une découverte pour moi, difficile de dire si les trois titres qu’ils s’offrent sur ce ‘Clown Jazz 12''’ montre une nouvelle évolution du groupe. Mais à l’écoute des trois morceaux, on peut imaginer que cela soit une sacrée porte d’entrée dans leur univers, qui semble sacrément rock, carrément punk, à l’atmosphère très tendue.

Totalement instrumental, ce ‘Clown Jazz 12''’ est une belle réussite. Le genre de split album qu’on aimerait entendre plus souvent, avec une vraie vision d’ensemble et une unité artistique intéressante de la part de deux groupes aux univers, à la base, pas forcément si proches que cela. Un grand cru, indéniablement. (sortie : 22 février 2010)


Pour acheter ce ‘Clown Jazz 12''’, pour même pas 10€, il suffit d’aller faire un tour chez Gringo Records, tout simplement en cliquant ici.


Son :
Myspace de Souvaris (Une chanson de ce ‘Clown Jazz 12''’ en écoute)
Myspace de Sincabeza (Une chanson de ce ‘Clown Jazz 12''’ en écoute)
Site officiel de Gringo Records


Deux titres en écoute aujourd’hui, un pour chacun des groupes. Pour Souvaris, Hello, Antelope, un morceau plutôt nerveux mais au contour pas si linéaire que cela. Et pour Sincabeza, Bacalacola, très bon morceau échevelé, presque bruitiste par moments et au break assez terrible (malheureusement plus en écoute).

jeudi 13 décembre 2012

Noël, Smartbox, Génération Goldman et Offres Spéciales


Alors que WMH003 est sur les rails, que WMH004 prend forme et que WMH005 est encore en cours de (bonne) discussion, il est temps de t'alerter ami lecteur. Car cela presse.

En effet, sais-tu que nous sommes aujourd'hui le 13 décembre? Oui, le 13. Ou le lendemain du 12/12/12, le jeudi à 8 jours de la fin du monde tel que nous le connaissons aujourd'hui, et surtout 18 jours avant le Réveillon d'Arthur sur TF1.

Mais avant tout, nous sommes à 11 jours de Noël. Onze petites journées et je vois très bien dans ton œil fatigué ce matin (je n'en vois qu'un, l'autre est fermé) que tu n'as pas commencé tes courses de Noël. 
Et c'est ballot car il ne reste que deux week-end pour finir tout cela, et que plus ça va, plus les magasins vont être bondés de monde, plus le courage d'affronter la foule va se réduire et plus tu vas te retrouver à acheter une énième smartbox « dégustation de vin pour 2 personnes pendant 35 mns » à tes parents (bien que ton père, le vin, il déteste ça).

Alors, histoire de te faire souffler, Without My Hat Records te propose ses petites offres de Noël. Comme ça, au débotté. Ainsi, tu trouveras sur la page Merch de la page Bandcamp du label :


Les deux premières sorties du label, 'Simple 7"' et 'Johnny's Square 7"'.

Deux 45-tours. Quatre faces, quatre chansons, entre dream-pop à la française et rock-arty aux mélodies soyeuses.

Le tout pour seulement 8€. Huit euros au lieu de 11€ ! 




Le Package Pumuckl. En quoi consiste t-il? En la compilation de quelques unes de ses dernières sorties (édition très limitée, seulement quelques exemplaires de l'ensemble) ! Ainsi, et pour seulement 15€, tu recevras:
- 'L'Anecdotiste', premier album CD de 11 titres, sorti en 2010 et dont j'avais dit le plus grand bien ici-même.
- 'Pumuckl vs Laudanum', un Split-mini CD de 4 titres où l'un s'amuse à remixer l'autre.


Et ces deux offres s'accompagnent, évidemment, de l'ensemble des chansons présentées au format digital. Et de l'envoi avant Noël, cela va sans dire.

Bref, quelques idées cadeaux originales, qui ne donneront pas le droit à 1h de karting gratuit ou 1/2h de massage facial, mais qui te permettront, n'en doutons pas, de voir les yeux de ton cousin de 20 ans briller de joie lorsqu'il ouvrira, juste après celui de sa grande tante qui lui aura offert (la troisième personne ce deux jours) la compilation « Génération Goldman », ton cadeau. 



Et à très bientôt ici, là-bas ou ailleurs :
l'aventure Without My Hat Records est loin d'être terminée (mais elle a besoin de votre soutien), et celle de ce blog non plus.


jeudi 24 février 2022

[Track of The Day] Moddi - Tranøy fyr

Après le mélange arabo-gallois de mardi avec Adar Newlan d'Imarhan et Gruff Rhys, continuons sur notre lancée de « chansons dont on ne comprend pas un traître mot mais où la mélodie est si belle qu'on n'en a cure » avec cette fois du norvégien. La chanson s'appelle Tranøy fyr et est l’œuvre de Moddi, artiste très recommandable découvert en 2019 via son album 'Like in 1968'.
 
Sur ce disque là, Moddi chantait en anglais. Sur Tranøy fyr en revanche (et cela sera sans doute le cas sur l'ensemble de 'Bråtebrann', album à venir dont ce single est extrait), il chante dans sa langue maternelle - d'ailleurs si peu commune à mes oreilles que je la croirait inventée.

Mais si l'ensemble est incompréhensible, la mélodie, elle, est immédiate et ne nécessite pas d'avoir fait dix ans de norvégien pour la savourer tant elle respire la beauté et la mélancolie. Mieux, en s'entourant de chœurs absolument vibrants, Moddi donne une ampleur incroyable à l'ensemble ; le tout sans esbroufe, en préférant finesse et justesse à l'excès et la surenchère qui pourtant lui tendaient les bras. Comme s'il voulait tenir sa composition à hauteur d'homme, alors que plus les secondes s'égrènent, plus il lui fait tutoyer le paradis. Vous avez dit divin ?

Album : Bråtebrann
Année : 2022
Label : Propeller Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Tranøy fyr de Moddi est également en écoute ci-dessous :

 
Le clip de Tranøy fyr qui suit Moddi dans l'enregistrement de la chanson à Alta, une petite ville située tout au nord de la Norvège :

 

vendredi 5 mars 2021

James Yorkston and The Second Hand Orchestra - The Wide, Wide River [Domino Records]

Annoncé sous les meilleurs auspices à la fin de l’année dernière par un Struggle qui immédiatement faisait mouche avec sa mélodie simple et la délicatesse de tout ce qui l’entourait, 'The Wide, Wide River' est bien plus qu’un simple nouvel album de James Yorkston. Car pour fêter ses 20 ans de carrière, l’écossais diablement aimé dans ces pages, dont la carrière n’est jalonnée que de finesse, de chansons belles à pleurer et de folk lumineux, n’a pas fait dans la demi-mesure. Oui, après tant d’années, James Yorkston arrive encore à surprendre. Certes, il y a déjà le trio qu’il forme depuis quelques années avec le contrebassiste anglais de jazz Jon Thorne et l’indien Suhail Yusuf Khan sous le nom Yorkston/Thorne/Khan, déroutant de prime abord mais plus que délectable. Mais il y a surtout ce nouvel album 'The Wide, Wide River'.

Un disque qui semble être arrivé par accident ou par magie. Une sorte de miracle inattendu, tant il aurait pu n’être qu’un album folk de plus, où les mélodies de James Yorkston auraient sans nul doute fait mouche, mais où l’ensemble n’aurait pas renversé la table. Alors qu’au final, il est bien plus que cela.

'The Wide, Wide River' est un disque enregistré en Suède avec The Second Hand Orchestra grande confrérie musicale suédoise menée par Karl-Jonas Winqvist et au sein de laquelle on retrouve Peter Morén de Peter Bjorn and John (le tube Young Folks et son sifflement qui a du être utilisé par toutes les émissions de TV du monde, ce sont eux). Un album qui semble avoir été enregistré au débotté, sans idée préconçue : James Yorkston a écrit les chansons, les a jouées devant la troupe de The Second Hand Orchestra avant que la joyeuse bande enregistre, live, et mixe le tout en trois jours seulement. 

Et c’est là la force de 'The Wide, Wide River'. Un disque qui n’est pas cloisonné, pas contraint une seconde. Une ligne directrice est donnée au départ, libre ensuite aux musiciens d’en faire ce qu’ils en veulent et d'improviser. Et que ce soit James Yorkston ou The Second Hand Orchestra, tous apportent leur écot à l’œuvre : en faisant débouler, sans que cela soit écrit, quelques accords de guitare folk, quelques notes de violons, quelques ligne de basse, qui tous, plutôt que de désaxer l’ensemble de la chanson, lui donnent une âme supplémentaire. 

Prenez Struggle dont il était question plus haut. Cette chanson est autant la synthèse de tout ce que l'on aime chez James Yorkston qu’un excellent résumé de 'The Wide, Wide River'. Une mélodie simple mais tellement bien entourée qu'elle en ressort belle comme jamais. Malgré les nombreux instrument qui viennent donner du leur, il n’y aucun sentiment de surenchère. Non, ce qui vient l’animer et l’habiller est si délicat que tout sonne comme une évidence : cette batterie feutrée, ces notes de violons qui s'occupent de maintenir le rythme tout du long sans être une seconde larmoyantes, ces guitares et cette basse qui ne font jamais dans l’esbroufe ; et ces chœurs, tout en apesanteur et élégance, qui ne viennent qu’appuyer la douceur de la voix de l’écossais.

On pourrait dire la même chose de l'énergique Ella Mary Leather (qui ouvre 'The Wide, Wide River'), du touchant et pénétrant, aux airs de vielle chanson du folklore écossais, A Very Old-Fashioned Blues, ou du diablement efficace There Is No Upside qui voit la bande lâcher les chevaux dans une euphorie folk jubilatoire. Mais on pourrait dire cela de tous les morceaux de l’album. Des chansons que James Yorkston et The Second Hand Orchestra ne semblent pas vouloir quitter tant ils préfèrent continuer à en développer les mélodies, à les agrémenter d’accords inattendus pour mieux les relancer.

'The Wide, Wide River' est un disque absolument majestueux. Du genre de ceux qui respirent le talent, évidemment, le plaisir aussi. Et surtout la liberté. Un album qui fait beaucoup penser à la « Rolling Thunder Revue » en 1975 de Bob Dylan, où le troubadour écumait les routes et les salles nord-américaines pour mieux présenter ses chansons et bien d’autres choses au gré de ses envies et de la multitude d’amis et personnages qui voulaient bien se joindre à lui (de Joan Baez à Mick Ronson, Allen Ginsberg,  Roberta Flack, Roger McGuinn ou encore Joni Mitchell). Il régnait sur cette tournée (les live de l’époque sont là pour le prouver) une ambiance folle mais simple, où rien n’était surjoué, où chaque performance se fondait dans les autres et surtout apportait à l’ensemble. 

'The Wide, Wide River' est de la même lignée. Un album incroyablement généreux et vivant, plein de superbes chansons que The Second Hand Orchestra habille avec un doigté rare. Mais finalement, c'est James Yorkston qui décrit le mieux ce disque, en quelques simples mots : « this fast-footed, free-wheeling album ». En (belle) roue libre. Cela lui va très bien. (Sortie : 22 janvier 2021)

 

Plus :
'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra est en écoute sur leur bandcamp
'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra est à l'achat sur leur bandcamp
'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
La Tim's Twitter Listening Party de 'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra est à revivre ici


Trois titres de 'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra en écoute aujourd'hui. Struggle (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube) pour débuter. Puis l'énergique There Is No Upside. Et enfin, A Very Old-Fashioned Blues :

Trois clips tirés de 'The Wide, Wide River' de James Yorkston and The Second Hand Orchestra : Struggle, qui montre bien la façon dont a été enregistré l'album. Puis celui d'Ella Mary Leather. Et enfin, à nouveau A Very Old-Fashioned Blues :

lundi 1 octobre 2018

[Track of The Day] Alain Bashung - Immortels

C’est un peu la news de la fin de semaine dernière : Alain Bashung va avoir droit à un album posthume. Il s’appellera 'En Amont', sortira le 28 novembre prochain et contiendra des chansons jamais publiées, écrites et/ou composées par entre autres Arman Méliès, Joseph d'Anvers, Doriand ou Raphaël. Voilà pour les informations brutes.

Afin de promouvoir ce disque, un premier single a été mis en avant. Il s'agit d'Immortels (en écoute ce jour). Initialement, Immortels est une chanson composée par Dominique A pour Alain Bashung et qui aurait pu figurer sur 'Bleu Pétrole', le dernier album de celui-ci. Le souci, c’est qu’elle avait été refusée par Bashung lui-même.
Sa qualité intrinsèque n’étant sans doute pas en question (Dominique A en a donnée une version magnifique sur son album 'La Musique'), on peut imaginer que le fantaisiste militaire ne se voyait pas chanter un texte parlant autant de la mort alors qu’il se savait condamné (Bashung est mort des suites d’un cancer un an presque jour pour jour après la sortie de son ultime album).

Mais surtout, il n'était peut-être pas totalement convaincu que cette chanson siérait à son répertoire. Alors évidemment, je nage en pleine supputations, mais à l'écoute de cette version, il n'est pas totalement impossible que ce soit cela. Car s'il est très touchant de réentendre la voix de Bashung sur une chanson inédite - qui plus est de cette qualité là -, l’ensemble n'est pas forcément cohérent ni vraiment convaincant.
On sent que les mots, le rythme voire même la musique (beaucoup moins orchestrée que la version de Dominique A, mais rentrant totalement dans le cadre de 'Bleu Pétrole') ne sont pas en adéquation avec le chant de Bashung. Tout du long, il y a une sorte de détachement entre la mélodie et les paroles, comme s'il n'arrivait pas à rentrer totalement dedans.

Mais plus globalement, c'est le procédé qui rend l'ensemble gênant. Et je le dis d'autant plus fort que je ne suis pas un intégriste de ce genre de choses. Dans quelques semaines, j'irai acheter le jour de sa sortie 'The Bootleg Series Vol. 14 'More Blood, More Tracks' de Bob Dylan consacrée à l'enregistrement de 'Blood and The Tracks', où l'on retrouvera notamment les New-York Sessions de 1974, dont j'avais parlé ici. Il est même fort possible que je me fasse l'acquéreur de la réédition des 50 ans de 'The Beatles', le double-blanc des Fab Four, moins pour le disque original (j'ai la version du coffret Mono de 2009, elle me va très bien) que pour les sessions de l'époque et les 27 chansons des 'Esher Demo' dont on m'a dit le plus grand bien.
Mais l'idée c'est que dans ces deux cas précis, les artistes ont donné leur accord. Mieux, les versions, si elles vont être nettoyées, devraient être les mêmes que celles enregistrées à l'époque. Elles ne feront sans doute pas l'objet de mise en avant en radio. Bref, il s'agit là à mon sens plus de bonus pour fans ou complétistes comme moi que de vrais nouveautés pour le grand public.

La démarche de Chloé Mons me semble toute autre ici. Comme elle le dit lors d'une interview donnée à RTL : « La sève était là, la colonne vertébrale des morceaux était là mais pas tellement plus (...) c'est délicat de retravailler des morceaux quand la personne n'est plus là, ça pose mille questions (...) Il fallait être complètement avec son âme, c'est un peu fou de dire ça mais vrai, pour être dans un respect total du geste d'Alain ». On a donc retravaillé les morceaux, on les a terminés, évidemment sans l'accord de Bashung. Mais heureusement, le traditionnel « je voulais en faire profiter tout le monde » est de sortie, donc tout va pour le mieux.
Ce disque posthume est une hérésie. Que ces morceaux refusés terminent sur les rééditions de 'Bleu Pétrole', de 'L'Imprudence', de 'Fantaisie Militaire' ou de tous ses albums qui ont précédé ce triptyque essentiel auraient eu un sens. Mais faire les fonds de tiroir pour composer un album en bonne et due forme me semble particulièrement problématique. Et même insultant pour la carrière d'Alain Bashung.

Traitez moi de cynique mais je rapproche plus cette sortie de toutes celles commises par Mary Guibert, la mère de Jeff Buckley qui, si elle avait en stock des enregistrements de son fils reprenant sous la douche les chansons de 'Grace', aurait sorti un cinquantième disque posthume ; ou des ayant-droits d'Hendrix, pas avares eux non plus en dépeçage de l’œuvre dont ils obtiennent la gestion.

Bref, gênant aux entournures, cet album posthume n'est pas forcément bienvenu sur le papier. Et le « vendre » en proposant la version refusée d'Immortels n'est pas la meilleure idée, tant la cohérence de l'ensemble n'est pas évidente - alors que justement, les trois chef d’œuvres de Bashung ne souffraient eux d'aucune discussion. C'est une belle curiosité, touchante car sa voix y est belle, puissante et que le texte prend depuis 9 ans une autre ampleur. Mais rien de plus. Et si la musique et la voix d'Alain Bashung sont immortelles, la sortie de ce 'En Amont' est triste : 'Bleu Pétrole' était une si somptueuse épitaphe...

Album : En Amont
Année : 2018
Label : Barclay


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), la version d’Immortels par Alain Bashung est également en écoute via son clip ci-dessous :


Et puis qu'on est lundi, double ration d'Immortels, avec la version de Dominique A :



jeudi 5 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 50-31


Il était temps. On est déjà en 2012 (bonne année les copains et les copines) et je n'ai toujours pas posté le tout. Mais après des soirées à faire ci, à faire ça, j'ai enfin finalisé le tout. Présenté comme chaque année en trois parties: de la place 50 à 31, de la place 30 à 11. Et enfin le top 10.

Avant de passer aux affaires concernant ce blog, continuons notre plongée dans la blogosphère avec quelques tops présentés ici et là:
La Blogothèque (Chryde)
This is All About Audio Dynamite
Funk You Dear (20 à 11)
Tasca Potosina
I Know You've Come to Take My Music Away (30-21)


Cette année 2011, comme ses devancières, aura été musicalement une belle année à mes oreilles. Mais j'y reviendrai un peu plus longuement et globalement au moment du top 10.
Pour l'instant, il est temps de passer à 20 premiers disques, classés de la 31è à la 50è place, qui auront animés mon année 2011 de fort belle manière.

A chaque fois, une rapide présentation de l'album, en quelques lignes, ainsi qu'un lien (le " + ") renvoyant vers une chronique - d'ici ou d'ailleurs - et un autre renvoyant vers le shop de l'artiste ou du label (dans la majeure partie des cas).

Bonne lecture et bonne(s) écoute(s)
(car comme à chaque fois, au bas de ce billet se trouve un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous).


Pour rappel :
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"' 2011



50. Sin Fang - Summer Echoes [Morr Music]
'Summer Echoes' est une affaire islandaise. L'islandais Sindri Már Sigfússon, leader des charmants islandais de Seabear, s'est entouré de certains membres des islandais de Mùm et des islandaises d'Amiina pour enregistrer son nouvel album dans le studio des islandais de Sigur Ros. Et le résultat n'est pas forcément islandais.
Plus proche d'un Radical Face ou des rythmiques - les plus pop - d'Animal Collective que des artistes précités, Sin Fang déroule sa pop mélodique et alambiquée de manière ingénieuse, sans jamais mégoter sur les mélodies.
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49. Wye Oak – Civilian [Merge]
Au risque d’en faire hurler certains, Wye Oak aura été à mes oreilles le Anna Calvi ricain de 2011 (ou Anna Calvi aura été le Wye Oak anglais de 2011, choisi ton camp camarade !). Le cœur du duo balançant entre indie-pop et indie-rock, Wye Oak aura été surtout une des belles découvertes de 2011 avec ce troisième album, vraiment bien produit, qui contient de chouettes chansons punchy mais pas putes.

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48. Ensemble – Excerpts [Fat Cat]
Malgré l’échec – commercial – de son deuxième album, le toulousain Olivier Alary est revenu en 2011 avec un troisième disque, ‘Excerpts’, au très bel artwork – une fois de plus. Ensemble s’éloigne du minimalisme et de l’ambiance electronica-planante qui faisait merveille sur le premier disque pour se rapprocher un peu plus d’une pop teintée d’électro, souvent atmosphérique mais très virevoltante. Théâtral par moment, presque shoegaziens sur d’autre, cet ‘Excerpts’ est un bien bel album.
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47. Francis – Lekomberg, We Were Kin [Strangers Candy]
Découvert en première partie de The Tallest Man on Earth au printemps dernier, la pop des suédois de Francis m’aura charmé régulièrement tout au long de cette année. Sachant être mélancolique tout en n’hésitant pas à lâcher les chiens de temps à autres, ‘Lekomberg, We Were Kin’ est un disque recommandable de la part d’un groupe qui rappelle aussi bien Wye Oak, Anna Calvi que Dear Reader.
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46. Rivulets - We're Fucked [Important]
Avec son titre qui résume parfaitement la merde dans laquelle se trouvent nos sociétés occidentales actuelles, 'We're Fucked', le dernier album de Rivulets, n'est pas un disque rempli d'espoir (vous me direz, c'eût été une première pour l'américain). Il faut dire que le slow-core/folk dépressif, les ambiances à couper au couteau et langues de belles-mères n'ont jamais fait bon ménage.
Mais bien que très sombre, il se dégage une beauté froide très attachante de cet album.
Les yeux braqués sur un horizon plein de bruine, l’homme sur la pochette de 'We're Fucked' de Rivulets a les yeux dans le vague. Il semble perdu. Il a bien raison.
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45. Youngteam –Daydreamer [Northern Star]
Tout droit venu de Suède, Youngteam aime Ride. Et son ‘Daydreamer’ s’en ressent. Un premier album qui offre guitares, voix presque cachée, shoegaze et dream-pop. Un album solide, en douze titres. Groupe à suivre assurément.
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44. Acid House Kings – Music Sounds Better With You [Labrador]
Vu que leurs débuts datent de 1992, il serait un peu sévère de ne voir en Acid House Kings qu’un énième ersatz de Belle & Sebastian – des débuts. Alors certes, à l’écoute de ‘Music Sounds Better With You’, difficile de ne pas penser à Belle & Sebastian ou Camera Obscura. Mais cette idée s’en va assez rapidement, les Acid House Kings ayant leur propre touche. Qui envoie leurs compositions dans les hautes sphères d’une pop sautillante, légère et diablement estivale.
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43. Cornflakes Heroes – Hum [Greed Recordings]
Cornflakes Heroes (le genre de groupe français qui devrait dans un monde normal être devenu une référence) aura sorti en 2011 une troisième réussite : ‘Hum’. Des guitares qui sonnent, un discous plus pop, des chansons qui dépotent, des mélodies entêtantes, un ensemble aguicheur et nerveux. Les Cornflakes Heroes ont tout bon une nouvelle fois. Greed Recordings aussi.
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42. Laura Marling – A Creature I Don’t Know [Ribbon]
La première écoute n’avait pas été des plus concluante. Mais bon, cette année a été compliquée, donc je lui ai redonné une chance. Et puis juger la talentueuse Laura Marling sur une écoute, cela était un peu dur.
J’ai bien fait car ‘A Creature I Don’t Know’ n’a pas l’immédiateté de ses prédécesseurs. Mais il n’en reste pas moins réussi, avec une mention spéciale à l'enchainement The Beast/Night After Night. Ah, Laura…
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41. Paul White - Rapping With Paul White [One-Handed Music]
Bien ancré dans son époque, 'Rapping With Paul White' est un album de hip-hop assez old-school finalement, invitant ici quelques emcee au pédigrée reconnu. Évitant (en grande partie) les travers inhérents à toutes productions hip-hop (des skits tous les 2 morceaux, au hasard), Paul White s'amuse à sortir là une bande son pêchue et inspirée, qui s'en réinventer un genre lui donne un chouette coup de boost.
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40. The Vaccines – What Did You Expect From The Vaccines ? [Columbia]
Aimés. Puis détestés. C’est un peu le lot de chaque groupe qui commence à cartonner. Personnellement, je les ai beaucoup aimé au départ. Et je les aime toujours autant. Oh, ça ne réinvente pas l’eau chaude ni le couscous d’Oran, mais il y a dans ce premier album de la fougue, de l’innocence, un plaisir fou. Et des guitares. De partout des guitares. Et des tubes potentiels à presque chaque plage. Avec, en point d’orgue, un Post Break-Up Sex, single anglais imparable.
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39. Botibol – Born From a Shore [HipHipHip]
Xylophone, guitare électrique légère, mélodies endiablées, chœurs : que les amoureux de Toy Fight (comparaison un brin obligatoire vu la nationalité des deux groupes) se jettent sur cet album du bordelais Vincent Bestaven. ‘Born From a Shore’ a le goût du sable et du soleil chaud. Mais il serait un brin idiot de s’en passer pendant les trois autres saisons.
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38. Her Space Holiday – st [No More Good Ideas]
Je crois que j’ai un de leurs albums dans un coin de ma discothèque ; un disque récupéré je ne sais où. Mais je ne pense pas avoir posé mes oreilles sur ce groupe là avant cette année. Il y a des erreurs qu’il faut réparer. Her Space Holiday donc, groupe américain mené par Marc Bianchi.
Sur cet album, Her Space Holiday balance de la pop, grandiloquente quand l'envie lui prend, pas loin finalement d'Islands, époque 'Return to the Sea' (et la voix s'en rapproche également). C'est court (35 mns tout pile), c'est bien foutu, il y a de la mélodie à la pelle. Difficile de ne pas être irrémédiablement sous le charme.
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37. Yellowcard – When You’re Trough Thinking, Say Yes [Hopeless]
Sucrerie assumée depuis des années déjà, Yellowcard ne m’aura une nouvelle fois pas déçu. Punk à roulettes au violon électrique, lorgnant vers l’émo, la musique de Yellowcard est un régal de mélodies immédiatement mémorisables, de chansons énergiques. Et de plaisir. Instantané. Je suis fan.
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36. Charles Bradley – No Time For Dreaming [Daptone]
Oui. Forcément. James Brown. Difficile de ne pas penser au monstre de la soul quand on écoute Charles Bradley et son premier album… à plus de 62 ans ! Découvert sur le tard par Daptone Records (qui sait de quoi il cause), Charles Bradley aura fait fort pour un premier effort. Car ‘No Time For Dreaming’ est un disque de soul/funk à l’ancienne et qui aurait sincèrement fait son petit effet à l’époque.
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35. The Caretaker – An Empty Bliss Beyond This World [History Always Favours The Winner]
Des sillons qui craquent, des sons assourdis, des mélodies tout droit venues des années 1920 ou 30, des morceaux qui s’arrêtent, comme ça, sans crier gare : c’est un peu tout cela ‘An Empty Bliss Beyond This World’ disque d'ambiant de The Caretaker, pseudonyme derrière lequel se cache Leyland Kirby. En gros, l’album le moins 2011 de 2011.
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34. CunninLynguists - Oneirology [A Piece of Strange Music]
Meilleur nom de groupe du monde, les CunninLynguists continuent leur petit bonhomme de chemin, dans une indifférence médiatique assez générale. Sans changer fondamentalement de style, sans se renier ou se fourvoyer, le trio sort avec 'Oneirology' un album dans la lignée de leurs albums précédents, solide, frappant juste tout en centrant son propos sur les rêves (le titre et la pochette en étant d'ailleurs deux belles illustrations).
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33. Boat Beam – Reincarnation [Origami]
Groupe féminin sur lequel il est bien difficile de se renseigner quand on ne parle pas la langue d’Iniesta, Boat Beam aura été en 2011 mon Dear Reader, mon Emmy The Great, ma Laura Veirs, ma Jenny Lewis, mon Azure Ray des années précédentes. En gros, le disque féminin qui sera passé, repassé et même plus dans mes oreilles. De la pop joliment ouvragée, portée par ce trio. Un groupe à écouter si certaines des artistes ou des groupes (notamment les deux premiers) cités plus haut vous ont touchés.
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32. Battles – Gloss Drop [Warp]
Tyondai Braxton parti, qu’allait-il advenir de Battles ? On aura retrouvé via ‘Gloss Drop’ un groupe qui se sera finalement assez bien accommodé de l’absence de son ex tête de proue. Ce qu’ils perdent en expérimental, ils le gagnent en mélodie. Et ‘Gloss Drop’, plus que sur son prédécesseur ‘Mirrored’, gagne en homogénéité. Comme quoi.
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31. Over The Rhine – The Long Surrender [Great Speckled Dog]
Le groupe qui aurait du connaître une reconnaissance bien plus grande si Sufjan Stevens n’avait pas eu la bonne idée de sortir ‘Come On Feel The Illinoise’ la même année que leur ‘Drunkard’s Prayer’, continue son petit bonhomme de chemin. ‘The Long Surrender’ reprend la trame de ‘The Trumpet Child’, diversifie un peu son approche mais n’en reste pas moins charmant, délicat, beau et sentant bon le piano-bar enfumé de belles mélodies.
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Comme à chaque fois, et parce qu'il est quand même plus simple de découvrir de la musique en l'écoutant, un lecteur grooveshark présent une chanson de chacun des albums chroniqués ci-dessus:



Pour rappel :
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"' 2011