Soyons franc et disons le tout de go :
Michel Mageleant ne tarissait pas d’éloges sur
General Bye-Bye, nouveau groupe entré dans la constellation Greed Recordings il y a quelques mois. Car oui, quand on annonce que
« General Bye Bye est la réponse européenne à Blonde Redhead », c’est ne pas tarir d’éloges.
Quelques mois plus tard, et à l’écoute de
‘Girouette’, la sanction est cinglante : le boss de Greed Recordings a une fois de plus raison. Après avoir sorti les
Cornflakes Heroes,
Moonman ou
Delphine Dora & The Unexpected, et distribué
Guernica ou
Action Dead Mouse, son flair vient de dénicher, sans coup férir, une nouvelle perle.
Quatuor parisien composé de trois garçons et d’une jeune fille, amoureux du kantalé (instrument à cordes pincées de musique traditionnel finnois, sorte de cithare finlandaise),
General Bye Bye rend une copie parfaite avec
‘Girouette’, premier album d’une, je l’espère, d’une longue série.
Oui, je l’espère vraiment parce qu’en 11 titres et près d’une heure de musique, ils renvoient pas mal de groupes français en manque d’inspirations à leurs chères études et éblouissent par la qualité de leurs compositions.
Il suffit d’ailleurs d’écouter
Alphabet (voir plus bas), qui ouvre
‘Girouette’, pour s’en convaincre, chanson ample et énergique de 5 mns où le groupe pose le décor : oui,
General Bye Bye joue dans la cour de
Blonde Redhead (la voix de
Jana n’est d’ailleurs pas étrangère cet état de fait), et oui
General Bye Bye sait composer des titres exigeants (les changements de rythmes tout du long) aussi bien qu’évidents (l’intro, accrocheuse comme rarement).
Chantant en anglais, avec cet accent français qui va bien, on sent qu’au-delà du groupe de
Kazu, vole sur ce
‘Girouette’ aussi bien les fantômes de
Sufjan Stevens (la mélodie clinquante de
Les Hautes Solides) que
The Magnetic Fields version 2010 (
When It’s Gonna Rain),
Cornflakes Heroes (
Facelift) que
Sonic Youth (des passages de
Don’t Shoot The Rabbit).
Capable d’écrire des morceaux indie-rock
à la greed, que de ralentir le tempo et de mettre en avant de bien belles mélodies (le léger
Time is on my side),
General Bye Bye fait montre d’un grand talent pour pimenter et relancer chacune de ses chansons - au hasard James Carr,
Girouette et l'arrivée d'un kantalé chavirant.
‘Girouette’ est un premier effort ébouriffant. Depuis ma découverte de Greed Recordings, je crois ne pas avoir ne serait ce que trouvé que moyen une seule des sorties de ce label ô combien passionnant (j’ai même revu, et combien, ma position sur le premier album des
Action Dead Mouse).
Alors oui, à chaque nouvel album sorti des mains expertes de Greed, je tiens le même discours. Mais je vous assure qu’il est extrêmement sincère. Je ne peux pas faire autrement, les faits sont là.
Je vous laisse seul juge. Mais il m’étonnerait fort que vous puissiez rester insensible aux mélodies nerveuses et inspirées d’un groupe qui s’appelle
General Bye Bye mais qu’on aurait plutôt envie d’appeler General Hi Hi tant il semble en avoir sous la pédale.
(sortie : 19 mai 2010)