Depuis son premier album 'Music For Tourists' en 2007 - qui m'avait procuré quelques frissons et beaucoup d'émoi (ou l'inverse), je ne crois pas avoir écouté d'autres disques de Chris Garneau. A peine ai-je du jeter une oreille sur 'El Radio' en 2009. Tout juste ai-je souvenir qu'il a du venir jouer à Lyon il y a quelques années. Mais à part ça ? Rien. Totalement perdu de vue.
Alors que je retombe sur lui au hasard des playlists mensuelles du toujours très à la pointe de l'actualité Ben Laredo, j'apprends que Chris Garneau a eu une carrière très erratique, à la discographie chiche (trois albums et un Ep seulement depuis 2009), qu'il a composé quelques pièces de musique pour des spectacles de danse et, plus improbable, qu'il a notamment fait une pause de deux ans pour aller vivre dans une ferme et élever des animaux au début des années 2010.
Retomber sur lui est donc une surprise. Et une surprise de taille tant son nouveau single Goldmine (en écoute aujourd'hui), est une franche réussite. Une sorte de blues synthétique, faussement léthargique, étouffant de prime abord, avec une voix qui semble se balader d'écho en écho, un phrasé piqué, et un trio guitare/basse/batterie presque intermittent mais aux éclats savoureux qui donnent du corps à la mélodie au fur et à mesure de l'avancée du morceau. Magnétique.
Normalement, si tout tournait rond dans ce monde de foufou, 'Music For Tourists', le premier album de Chris Garneau, enfant de Big Apple, aurait du être un album rasoir. Il avait tout pour lui. Treize morceaux (et un caché) pour 60 minutes de musique, essentiellement composée d’un piano (craquant), agrémenté de, au choix, un violoncelle, une batterie discrète, quelques cuivres et autres légères backing-voices. Bref, un disque qui allait nous en toucher une sans bouger l'autre. Ou inversement.
Oui, mais voilà, le hic dans toute l’histoire c’est que Chris Garneau, avec sa voix aux relents de Chan Marshall, qui hésite entre intonations féminines et masculines, très androgyne, a du talent. Un talent fou.
Ce qui aurait pu être un album de plus qui n’a rien à dire remporte finalement l’adhésion après quelques morceaux seulement. Le new-yorkais enfile les titres magistraux comme des perles, avec cette voix si proche et une production qui donne une vraie l’ampleur à l’ensemble.
Et que dire des paroles, profondes et torturées juste comme il faut. L’ombre de Cat Power volette un peu partout, celle de Jude de temps à autres, le Tom Mc Rae des débuts n’est pas très loin, les scandinaves Hederos & Hellberg non plus. Il y a même (allez osons) un peu d’Elliott Smith, dont il reprend (le fameux morceau caché) Between The Bars, en s’en sortant plus qu’honorablement. Bref, on navigue entre très bon et grandiose.
Être américain (et new-yorkais de surcroît) et sortir un disque à la pochette présentant le dessin d’un avion qui s’écrase relève de la gageure. Et donc d’un artiste pétri de talent. Ce qu’est Chris Garneau qui a sorti ici un vrai petit chef d’œuvre mélancolique et sombre, d’une beauté parfaite.
Pour on ne sait quelle raison, il n'est pas devenu la marotte de certains news culturel français (suivez mon regard), alors qu'il avait tout pour. Mais on s'en fout au final. Et puis on aime bien garder quelques petits bijoux, comme ça, rien que pour nous.
Près de dix mois d'écoute de ce disque. Et aucune lassitude. Juste des frissons qui parcourent assez souvent mon échine. Et c'est bien cela qui m'importe le plus. (Sortie : 23 janvier 2007)
Et voilà la suite, le classement du numéro 30 au numéro 11. Avec un titre par album en écoute, plus bas.
30. Thee, StrandedHorse – ChurningStrides [Talitres]
Sorte de réponse masculine (et française !) à JoannaNewsom, Thee, StrandedHorse est un disque fascinant. Parce que cet album là aurait pu être un truc chiant comme la pluie après un brushing. Et puis non. Basé autour de la kora, cet instrument africain qui sonne comme une rencontre entre une harpe et une mandoline, 'ChurningStrides' est un peu le disque «je t’invite à un voyage. Et c’est moi qui paye» de l’année.
29. A Place toBuryStrangers – st [KillerPimp] MyBloodyValentine rencontre NewOrder et dansent sur les cendres de IanCurtis qui n’arretent de faire des aller-retours de son cercueil au devant de la scène. Noisycold-waveshoegaze et tout le toutim. Voire même plus si affinités. On devrait réentendre parler de ces jeunes américains. Et rapidement.
28. Beirut – TheFlyingCup Club [BaDaBing]
Après un premier album frais mais rapidement lassant, le névrosé Beirut franchit le cap du deuxième album avec élégance, talent et grâce, avec un 'FlyingCup Club' indéniablement beau. Toujours les mêmes ambiances d’Europe de l’Est et un opus qui gagne en cohérence et qui ne peut s’écouter que d’une traite au risque de passer à côté de pleins de choses.
27. DinosaurJr – Beyond [Domino]
Devant tous les échecs des reformations de groupes mythiques/à succès/légendaires, celle de DinosaurJr était un énorme risque : écorner l’image d’un des tous meilleurs groupes indé de la fin des années 80. Résultat ? Un bonheur. C’est carré, c’est propre et c’est réussi. La reformation qui fait plaisir, rock jusqu’au bout des ongles et intransigeant comme par le passé. Un exemple qu’on aurait aimé que les Stooges suivent.
26. Arcade Fire – Neon Bible [Merge]
Deuxième album plus qu’attendu après le formidable ‘Funeral’, ‘Neon Bible’ m’a déçu aux premières écoutes. Les leaks de quelques chansons, deux mois avant la sortie, ça gâche un peu tout, quoiqu’on en dise. Et puis réenregistrer No Cars Go, je n’y voyais pas un intérêt énorme.
Il y a eu ensuite leur concert à Fourvière en juillet et il m’est rentré dans la peau. Et, ô surprise, ça ne m’a même pas fait mal. Et s’il est moins cohérent, il n’en reste pas moins très bon, avec quelques élans de pop grandiloquente mes amis, je vous dis que ça.
25. ChrisGarneau - Music For Tourists [AbsolutelyKosher]
Sorti au tout début de l’année, ce ‘Music for Tourists’ est peut-être le premier disque que j’ai écouté en 2007. Et malgré les écoutes, malgré le temps, il aura tenu la route. Et bien. Un album tout au piano, au-dessus duquel vole l’ombre de CatPower dont l’ami ChrisGarneau pourrait être le pendant féminin. Ca ne respire pas la joie de vivre. On pourrait même dire que c’est complètementtristouille et déprimé. Mais c’est beau. Et histoire de finir en beauté, Garneau se pique au jeu de la cover et reprend plus qu'honorablementBetweenThe Bars du grand et feu Elliott Smith.
24. LCDSoundsystem – SoundofSilver [DFA]
Les quelques écueils du premier album sont effacés. Et le second opus remporte la mise. Murphy et ses potos réussissent le tour de force de se renouveler sans changer de formule, toujours la même : du rock et dansant qui plus est, le tout sans concession. Et afin d’enfoncer le clou, 'SoundofSilver' a le don de compter en son sein le tube de cette année, 'AllMyFriends' (dont l’Ep du même nom est du même tonneau que l’album, pleins de remixes pertinents).
23. Iron & Wine – TheShepherd'sDog [Sub Pop] SamBeam s’éloigne de son folk délicat et invite du monde sur son nouveau disque. Des instruments dans tous les sens, toujours ce même sens de la mélodie et un pop-folk inspiré avec des textes engagés bien comme il faut. Bref, l’homme se réinvente et sort un (nouveau) grand cru. Comme d’hab.
22. Justice - † [EdBanger]
Depuis la sortie de leur remix tonitruant du NeverBeAloneAgain de Simian en 2003, on savait que Justice allait devenir énorme. La question était juste de savoir quand. 2007 aura donc été leur année. Et ‘†’ un album taille patron, d’une très grande cohérence, influencé à mort par Daft Punk (comme tous les artistes électro du moment, de Digitalism à Boys Noize) et qui savent pondre des tubes avec une régularité ahurissante. Album dancefloor (voire même plus) de l’année.
21. Apples in Stereo – NewMagneticWonder [Simian]
Inspiré par PinkFloyd (pour leur nom), potes de labels des OliviaTremorControl, NeutralMilkHotel et autres Beulah, fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, les Apples in Stereo sont ma révélation power-pop de l’année. Des voix au vocoder, du rock, de la pop, le tout habilement aéré par quelques plages instrumentales, 'NewMagneticWonder' est un bijou à vous donner le sourire, même un lundi matin, à 7h30 du matin, avec -7°C dehors.
20. Blonde Redhead – 23 [4AD] Blonde Redhead poursuit son virage pop entamé avec ‘Miseryis a Butterfly’ et sort un disque détonnant. J’avais espéré un retour aux sources des débuts, quand on les comparait encore à SonicYouth. Et puis finalement, ce style là leur va si bien. Quelle richesse mélodique ! Quel son ! Loin de faire une redite du précédent album, Blonde Redhead confirme qu’ils ont une classe folle. Et s’imposent définitivement (oui, vous me direz, ça fait un bail) comme un des groupes les plus passionnants de ces 15 dernières années. Pas moins.
19. ClapYourHandsSayYeah! – SomeLoudThunder [Wichita]
Moi qui étais resté plus que circonspect à l’écoute de leur premier album, insupportable après 5 titres, je ne m’attendais pas à une telle claque. Car oui, ce nouvel album des ClapYourHandsSayYeah! est un petit régal jubilatoire, blindé de mélodies et de jolis petites idées pour les enjoliver. Dans ce disque là, on retrouve un peu du 'Revolver' des Beatles, un peu de Pixies (le titre d’ouverture est un hommage flagrant), du Violent Femmes aussi. Et la voix, si désagréable sur le premier album, passe beaucoup mieux ici. Comme quoi, quand y a des chansons, c’est tout de suite plus intéressant…
18. ThurstonMoore – TreesOutsideTheAcademy [EcstaticPeace]
Deuxième album solo pour un des leaders du groupe rock le plus important des vingt dernières années, 'TreesOutsideTheAcademy' est d’une grande sobriété, en commençant par la pochette où l’ami Thurston se prend pour Joey Ramone. Un disque qui sent, qui respire SonicYouth, en plus pose et moins bruitiste, embellie par le joli violon de SamaraLubeski.
17. TheShapeOfBroadMinds – CraftOfTheLost Art [Lex]
Un disque de hip-hop à la personnalité toute entière. Quintette sur le papier, TheShapeOfBroadMinds est en fait un duo : celui de jaWWAAD et JneiroJarel (et de ses trois autres noms de scène : Panama Black, DrWhoDat et Rocque). Et deux bonshommes qui balancent des prods ciselés, entre jazz et hip-hop, assez psychédéliques et abstrackt et qui rappellent Madlib. Un album dans lequel il est dur de rentrer. Et autrement plus difficile d’en sortir.
16. MalcolmMiddleton – A BrighterBeat [Full Time Hobby]
Deuxième album solo pour la moitié de (feu) ArabStrap. Un second opus qui tient la longueur cette fois, rock énervé faisant courbettes à quelques délicieuses chansons pop mélancoliques, le tout sous couvert d’écriture dépressive. Un disque charmant, pertinente solution pour lutter contre le toujours vivace trauma que la mort d’ArabStrap a engendré.
15. C-RayzWalz and ParallelThought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]
Deuxième opus d’un triptyque discographique de l’ami C-Rayz, ce 'Chorus Rhyme' est un bijou de hip-hop limite old-school, produit à la perfection, plein de punch-lines, de scractchs, de rimes percutantes. Et, cerise sur le pancake, C-Rayz et ParallelThought pondent un titre dément, de quinze, avec plus de trente emcee qui se succèdent au micro. Grand. Mais alors grand hein.
14. Liars – st [Mute]
Quatrième album des New-Yorkais, peut-être leur plus accessible, plus brut et rock et moins torturé que par le passé. Un album enjoué, maîtrisé, nerveux, avec du tube (Plaster Casts of Everything bordel !) qui, s’il ne prend pas les risques des précédents, est encore une fois une confirmation de tout le talent de ces trois gugusses.
13. Low – Drums & Guns [Sub Pop]
Les années ont beau passer sur le trio américain, elles ne semblent pas avoir d’emprise sur eux. Les mesquins diront bien sur que leurs meilleures années sont derrière eux. Et cela voudra dire qu’ils n’auront pas écouté ce ‘Drums & Guns’ qui montre un groupe dans un état des plus intimiste, torturé, sombre et gentiment expérimental. Dave Fridmann aux manettes et un groupe peut-être pas à son apogée. Mais pas loin.
12. Pumice - Pebbles [Soft Abuse]
Malgré sa pochette de 'Benjamin Biolay en vacances à Cabours', Pumice joue dans la sphère tourmentée. Un disque délicieusement bruitiste, plein de pop déglingué et de larsen, avec du drone par-dessus tout ça (magique Spike/Spear). Un disque tourmenté, vraiment bon, parcouru de titres qui pourraient être des tubes et qui vous arrivent dans la gueule sans savoir comment.
11. Magik Markers – Boss [Ecstatic Peace]
Une voix (y a du Kim Gordon chez elle), du noise, une signature sur le label d’une des têtes de proue du rock indé: un disque coup de boule frontal. La bande à Moore est fan depuis un bail déjà. Et y a de quoi. Un disque surprenant, qui prend à revers son auditoire à chaque nouvelle chanson. Incroyable.
Comme précédemment, le lecteur deezer qui va bien:
CJ Camerieri est un nom qui ne vous dira sans doute rien, mais la trompette de ce new-yorkais a sans doute déjà atteint vos oreilles vu qu'il a officié sur quelques albums remarqués des têtes d'affiche de la pop music de ces 15 dernières années. On a donc pu le croiser sur le dernier album de The Tallest Man On Earth, sur le coffret de Noël 'Silver & Gold' de Sufjan Stevens (la trompette sur The Child With The Star On His Head c'est lui), sur le second album ('Bon Iver, Bon Iver') et le dernier ('i,i') de Bon Iver, sur Conversation 16 du 'High Violet'de The National, mais aussi chez Martha Wainwright, John Legend, Poliça, Chris Garneau ou encore Serengeti. To name a few comme disent nos voisins.
Rien d'étonnant donc que pour son premier effort solo sous le pseudonyme CARM, il se soit entouré d'une ribambelle d'artistes et pas les moins fameux, jugez plutôt du casting (je vous le mets au complet, histoire de) : Sufjan Stevens, Shara Nova (My Brightest Diamond), Justin Vernon, Georgia Hubley et Ira Kaplan de Yo La Tengo, Lupin, Cliff Rhymes et Benson Ramsey (The Pines), pour ce qui est du chant. Et Mouse on Mars, Francis Starlite, Jake Hanson, Mike Boschen, Chris Bierden (Poliça), Mark McGee, Amati, Joe Westerlund, Dustin Zahn, Alex Nutter, Trever Hagen, Nick Camerieri, Hideaki Aomori, Mick Rossi, Bryan Nichols, Rob Moose (Antony And The Johnsons) et Gabe Cabezas. Cela est un name-dropping de compétition mais si tous les noms ne me sont pas familiers, avouez tout de même que le casting a une sacrée gueule.
Et après dévoilé les chansons avec Justin Vernon, Shara Nova, Georgia Hubley et Ira Kaplan, CARM a mis en ligne Song of Trouble où Sufjan Stevens oeuvre (notamment) derrière le micro. Une chanson au texte sublime, à l'ambiance toute Sufjaniene (on dirait qu'elle sort droit des sessions de'Carrie & Lowell'), à la production cotonneuse et étouffée et à la beauté implacable où Sufjan Stevens chante merveilleusement bien - comme il est de coutume chez lui dès qu'il s'agit de chansons à la mélancolie douce. Un Song of Trouble qui ouvrira cet album de CARM (quand Land avec Justin Vernon le fermera), qui promet beaucoup et qui sera à découvrir dans son entièreté dès ce vendredi. Hâte.
Reprise du taff après trois mois de chômage. Envie. Impatience. Désir de bien faire. Et paf, une climatisation mal réglée et le –Twist– chope la crève. Un bon gros rhume des familles, avec gorge qui coule et nez qui gratte, ou l’inverse.
Pour mettre à mal la maladie, j’ai décidé de l’attaquer de front, avec larges doses de médocs, bonne épaisseur sous le blouson et une écharpe (mi-septembre !) autour du cou. Et surtout un bon disque dans les oreilles, histoire de me sortir une fois pour toutes mon cerveau du brouillard dans lequel il est rentré.
J’ai souvent conté dans ces pages le talent d’artistes nordiques dont je pense le plus grand bien, et ce depuis des années. C’est sur un des nouveaux venus surlequel je suis tombé : Choir of Young Believers, from Denmark, mené par le danois (mais aussi Grecque et Indonésien) Jannis Noya Makrigiannis.
Un groupe qui sort ici son premier album, 'This Is For The White In Your Eyes', qui fait suite à ‘Burn The Flag’, un Ep daté de 2007 (mais sur lequel je n’ai pas encore eu l’occasion de jeter une oreille). Un premier disque qui rentre en bouche sans que l’on s’en rende compte vraiment. Et qui a surtout la bonne idée d’y rester.
Lors des premières écoutes, je n’ai pas été à ce point bouleversé. Mais il y avait toujours cette envie d’y revenir, de réécouter ces mélodies, ces arrangements, cette voix qui me fait penser à un mélange de Tobias Fröberg et Chris Garneau, cette musique qui hésite entre indie-pop symphonique qui en met pleins les yeux (piano, cordes, chœurs et tout le toutim) et ambiances beaucoup plus intimistes.
Depuis, ce ‘This Is For The White In Your Eyes’ est simplement devenu au fil des écoutes un de ces disques où chaque écoute est une redécouverte: un riff passé inaperçu, un break divin, un touché de cordes qui fait mouche pour la première fois. Et je ne me suis pas encore plongé dans les paroles (qui semblent portées sur la religion), c'est dire s'il me reste beaucoup de choses à creuser.
Choir of Young Believers est une grande, une très grande découverte. Celle d’un songwriter de talent, qui a assimilé une grande partie de l’histoire de la pop music et de ses envolées lyriques pour mieux composer des (ses) morceaux à tomber. Aujourd’hui, ma crève est en train de me lâcher petit à petit. Et mon dolirhume a pour nom Choir of Young Believers. (sortie: 29 août 2008)
Son:Myspace (6 titres de ‘This Is For The White In Your Eyes’ en écoute)
Comme toujours, deux titres en écoute. Un choix difficile et cornélien. Mais comme il faut bien trancher, Hollow Talk (le titre qui ouvre ‘This Is For The White In Your Eyes’) et She Walks, le titre le plus rock du disque. Malheureusement plus en écoute.
Après quelques menus problèmes d'hébergements, j'ai enfin (je débute faut dire) réussi à mettre du son sur une bonne partie des derniers articles. Afin d'être le plus concis et le plus clair, vous pouvez écouter deux extraits (à chaque fois) sur les articles suivants:
Pour info, les morceaux seront dispos environ un mois, histoire de. Mais je serais vous je me jetterais en priorité sur Millie Jackson (au cas où cette artiste ne vous dirait rien).
Après les concerts, le top singles. Ou plutôt le top "morceaux" car tous les titres là ne sont pas sortis en single. Un top 75. Oui, bizarre pour moi qui me limite la plupart du temps à un top 50. Sauf que cette année regorge de titres forts, de chansons renversantes et souvent perdues dans des albums "anodins" ou presque.
Je me suis toujours interdit lors de la réalisation de ce genre de tops de mettre deux titres tirés d'un même album. La seule exception cette fois vient d'un morceau, All My Friends des LCD Soundsystem, présents deux fois: une, l'original par James Murphy et ses potos et l'autre par Franz Ferdinand.
Une année musicale (la mienne) en partie résumée par ces 75 titres (complétée en fin de semaine par le top album) et notamment par les 25 premiers, presque tous interchangeables (si l'on excepte les trois premiers). On trouvera sûrement à redire, mais aujourd'hui, là, maintenant, si je devais partir sur une île déserte avec que des morceaux de 2007, je prendrais ces 75 là.
Vu qu'un top singles n'a pas d'intérêt si on ne peut pas écouter les dits titres, vous trouverez en bas deux lecteurs deezer: un premier contenant les titres 1 à 40 et un second les titres 41 à 75. Et juste en dessous, les titres18, 29,36, 43, 45 et 61 qui ne voulaient pas s'uploader dans les lecteurs sus-nommés (pour info, les plages correspondantes dans les lecteurs deezer ont été remplacées par une minute de blanc). un lecteur Spotify ainsi que quelques vidéos youtube (oui, Spotify n'a malheureusement pas tout).
Bonne écoute. Et j'attends vos critiques et/ou top perso dans les commentaires.
75. Pinback - Off By 50 [Touch & Go] 74. The Polyphonic Spree - Oh I Feel Fine [TVT] 73. The Kissaway Trail - It's Close Up Faraway [Bella Union] 72. Perry Blake - Something Still Reminds You [Orchard Music] 71. Rosie Thomas - These Friends of Mine [Nettwerk] 70. Bloc Party - Hunting for Witches [Wichita] 69. Calexico - The Guns of Brixton (The Clash Cover) [City Slang] 68. Bishop Allen - Rain [Dead Oceans] 67. The Innocence Mission - Brotherhood of Man [Badman] 66. Piano Magic - Halfway Through [Green Ufos]
65. Yellowcard - Afraid [RCA] 64. 1990s - You Made Me Like It [Rough Trade] 63. Josh Ritter - Still Beating [V2] 62. Of Montreal - The Past is a Grotesque Animal [Polyvinyl] 61. Apples in Stereo - Beautiful Machine, Pts 3-4 [Simian] 60. Lesbians On Ecstasy - Sisters In The Struggle [Alien8] 59. Teenage Bad Girl - Cocotte [Citizen] 58. Black Strobe - I'm a Man [Playlouder] 57. Belleruche - Northern Girls [Tru-thoughts] 56. Dungen - En Gång I År Kom Det En Tår [Kemado]
55. Over The Rhine - Trouble [Great Speckled] 54. The Cinematic Orchestra - To Build a Home (feat. Patrick Watson) [Ninja Tune] 53. Maria Taylor - No Stars [Saddle Creek] 52. Blood Red Shoes - It's Getting Boring By The Sea [V2] 51. Franz Ferdinand - All My Friends (Lcd Soundsystem Cover) [DFA] 50. Panda Bear - Comfy in Nautica [Paw Tracks] 49. Thurston Moore - Fri/End [Ecstatic Peace] 48. Maximo Park - Karaoke Plays [Warp] 47. Gruff Rhys - Lonsome Words [Rough Trade] 46. Britney Spears - Gimme More [Jive]
45. Joanna Newsom - Colleen [Drag City] 44. Digitalism - Idealistic [Kistune] 43. Amandine - New Morning [Fat Cat] 42. Iron & Wine - Boy With a Coin [Sub Pop] 41. Calla - Dancers In The Dust [Beggars Banquet] 40. Hell Razah - Renaissance (feat. Tragedy Khadafi, Timbo King, R.A. The Rugged Man) [Nature Sounds] 39. Arca - Sunday Negative [Ici d'Ailleurs] 38. Bright Eyes - No One Would Riot For Less [Saddle-Creek] 37. Arctic Monkeys - Do Me a Favour [Domino] 36. Tulsa Drone - The Catch [Dry county]
35. Blonde Redhead - 23 [4AD] 34. Chris Garneau - Halloween [Absolutely Kosher] 33. Beirut - Nantes [Ba Da Bing] 32. 50 Cent - She Wants It (feat. Justin Timberlake) [Shady] 31. Malcolm Middleton - Four Cigarettes [Full Time Hobby] 30. The National - Fake Empire [Beggars Banquet] 29. Dinosaur Jr - Pick Me Up [Domino] 28. Joe Henry - Our Song [Anti] 27. Editors - Smokers Outside The Hospital Doors [Kitchenware] 26. Florent Marchet - La Chimie [Barclay]
25. !!! - Hearts of Hearts [Warp] 24. Help She Can't Swim - All The Stars [Fantastic Plastic] 23. Arcade Fire - Poupée de Cire/Poupée de Son (France Gall cover) [Merge] 22. Angels of Light - Not Here Not Now [Young God] 21. C-Rayz Walz and Sharkey - Electric Avenue [Babygrande] 20. Rihanna - Don't Stop The Music [Def Jam] 19. Von Südenfed - Fledermaus can't get enough [Domino] 18. C-Rayz Walz and Parallel Thought - Chorus Collection (feat. various) [Urchin Studios] 17. Vitalic - La Rock 01 (live) [Different] 16. Loney, Dear - I Am John [Sub Pop]
15. Sage Francis - Going Back to Rehab [Epitath] 14. Liars - Plaster casts of everything [Mute] 13. Modest Mouse - Spitting Venom [Epic] 12. Animal Collective - Peacebone [Domino] 11. Why? - The Hollows [Anticon] 10. Psykick Lyrikah - Pres d'une vie (l'air de rien) [Idwet] 09. Justice - D.A.N.C.E (MSTRKRFT remix) [Ed Banger] 08. Nine Horses - Money For All [Samadhisound] 07. Battles - Atlas [Warp]
06. Clap Your Hands Say Yeah - Satan Said Dance [Wichita] 05. Cloud Cult - Take Your Medecine [Rebel Records] 04. Dntel - Breakfast in Bed (feat. Conor Oberst) [Sub Pop] 03. Radical Face - Glory [Morr Music] 02. Tunng - Bullets [Full Time Hobby] 01. Lcd Soundsystem -All My Friends [DFA]
Les 9 titres non disponibles sur spotify sont à l'écoute ci-dessous :
08. Nine Horses - Money For All
18. C-Rayz Walz and Parallel Thought - Chorus Collection
23. Arcade Fire - Poupée de Cire/Poupée de Son (France Gall cover)
45. Joanna Newsom - Colleen
63. Josh Ritter - Still Beating
69. Calexico - The Guns of Brixton (The Clash cover)
A bien y réfléchir, commencer la semaine par une chanson comme Lazy River de Jerry David DeCicca n’est sans doute pas la meilleure façon d’ouvrir un lundi. Elle aurait sans doute plus eu sa place un dimanche soir, pour dire au-revoir au week-end.
A l’image de 'Time The Teacher', album dont elle est extraite, Lazy River est une très belle chanson au piano, sur laquelle viennent se poser quelques cuivres discrets et des chœurs presque soul. Jerry David DeCicca, lui, chante de cette voix belle et un peu trainante des textes joliment troussés.
Rappelant aussi bien Leonard Cohen, le premier Chris Garneau qu'Over The Rhine ou permettant d'imaginer la rencontre entre Bob Dylan et Nick Cave, 'Time The Teacher' est un bien bel album, apaisant et touchant.
Album : Time The Teacher Année : 2018 Label : Impossible Ark Acheter
En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Lazy River de Jerry David DeCicca est également en écoute ci-dessous :
Autre chanson extraite de 'Time The Teacher' de Jerry David DeCicca, voilà Grandma's Tattoo :
Valery est quelqu'un qui n'est jamais à court d'idées. Après avoir créée BCommeBoxsons, blog carrément essentiel si l'on veut en savoir un peu plus sur la vie de cette industrie musicale et sur ceux qui aiment parler de musique, voilà t-y pas que notre homme a eu une belle idée: Net Emergence. Une Utopie Musicale comme le sous-titre Valery.
Le but de Net Emergence? Faire découvrir au plus grand nombre des groupes non-signés ou à la faible visibilité. Comment? En sélectionnant chaque mois une quinzaine de groupes (proposés par vous, moi, votre voisin, le cousin de votre tante), de tous les horizons possibles, de les mettre en avant, et de faire élire par un jury (non pas de professionnels mais de gens avides de découvertes) celui qui sied le plus à ses oreilles.
Après un premier essai en décembre, j'ai participé à l'édition de février. Dans la sélection, (que vous pouvez retrouver ici) de tout: de la balade pop, du psychédélisme français, du ragga/reggae from Le Creusot, de la variété française et un barbu canadien tout de folk vêtu.
Au final, ce sont trois groupes qui se sont détachés des votes et, j'avoue, les trois groupes à qui j'avais donné mes voix. Plutôt que de se limiter à parler du vainqueur, parlons plutôt du podium.
La Secte Phonetik récupère la médaille de bronze. Pourtant, au départ, j'ai eu peur. Très peur. Il faut avouer que le "hip-hop a'cappela" qui vous accueille sur leur page myspace n'est pas des plus rassurant. Et puis… j'ai ravalé mes jugements hâtifs pour mieux me rendre compte de mon erreur.
Loin d'un ego-trip chanson réaliste imbuvable (style Tryo ou La Rue Kétanou) et se rapprochant plutôt de Java, ce trio d'human-box propose vraiment des compositions différentes. Drôle, entièrement réalisé à la bouche, leur univers est assez fascinant. Tout sauf bancal. M'étonnerait pas que l'on reparle d'eux très rapidement. Myspace (à écouter en priorité: Bienvenue dans la secte)
Jolie belge de son état, c'est Box Story qui remporte la médaille d'argent. Avec sa jolie voix qu'elle pose très bien, Box Story est une artiste à suivre. Elle n'est peut-être pas follement originale certes, mais sa guitare et ses petits accords très vifs rappellent une autre jolie brune, PJ Harvey, voire Azure Ray (The Seasons est par exemple une composition digne du duo Maria Taylor/Orenda Fink). Site officiel (Trois titres en écoute)
Mais au final, c'est un américain qui rafle l'édition de février, Dorian Wood. Dorian Wood, c'est un peu l'univers de Nick Cave voire de Tom Waits avec la voix de Michael Stipe de REM. Et à écouter de plus près, on entendrait presque Fiona Apple venir donner un coup de main au piano (sur The Arms of Love, c'est évident; voir plus bas), un instrument omniprésent dans la musique du californien.
Une musique vraiment touchante, torturée et toujours très mélodieuse, qui rappelle fréquemment Chris Garneau, un côté foufou en plus. Un artiste à suivre, et en 2010 s'il vous plait vu que Dorian Wood sortira son second album, 'Rattle Rattle', à l'été prochain. Site officiel, très fourni
Histoire de connaitre un peu mieux l'œuvre de Dorian Wood, le lecteur ci-dessous propose 4 chansons du monsieur:
Bien que l'édition février 2010 soit terminée, Net Emergence ne se repose pas sur ses lauriers et entame une nouvelle édition, celle de mars. La sélection est à retrouver ici. A vous d'écouter, de donner vos avis dans les commentaires et de proposer des groupes. Bref, à vous de jouer!
Et n'hésitez pas à suivre Net Emergence sur Twitter, meilleur moyen pour suivre chaque mois l'évolution de ce bien beau projet.