lundi 30 septembre 2019

[Track of The Day] The Love Coffin - Nothing at All

Les dernières chansons publiées dans ces pages, si réussies soient-elles, manquaient un peu de romantisme. Réparons cela avec Nothing at All, nouveau single du quintet danois The Love Coffin, signé chez Bad Afro, label perdu de vue mais à qui l'on doit ce genre de belles choses.

Romantisme disais-je. Le raccourci est très court certes mais derrière cette production toute shoegazienne, The Love Coffin déroule avec Nothing at All une belle mélodie, qu'il relève de quelques notes de violons et de quelques souffles d'harmonica, avant que les guitares ne prennent le pouvoir sur la toute fin. Et tout ceci va très bien à la voix de Jonathan K. Magnussen, qu'on dirait toute droit sortie de la période Brit Pop. Enivrant.

Album : -
Année : 2019
Label : Bad Afro Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Nothing at All de The Love Coffin est également en écoute ci-dessous :



vendredi 27 septembre 2019

[Track of The Day] girl in red - bad idea!

« It was a bad idea calling you up. Was such a bad idea, I'm totally fucked. It was a bad idea to think I could stop. Was such a bad idea, I can't get enough ». Voilà donc Bad Idea!, dernier single en date de Marie Ulven, aka girl in red. Un titre où la norvégienne de 20 ans se rend compte qu'elle ne peut plus faire comme si de rien n'était avec cette fille qui partage certaines de ses nuits, et que, malgré ses efforts, elle n'arrive pas à mettre de côté les sentiments qu'elle semble développer pour elle. 

Prouvant s'il en était besoin que le plan cul n'en est jamais vraiment un, bad idea! est un foutu bon single, sorte de Post-Break Up Sex 2.0, qui clôt de belle façon 'beginnings', son premier album qui compile ses deux précédents Ep ('chapter 1' et 'chapter 2'. Cette jeune femme n'aime décidément pas les majuscules) ; une collection de chansons pleines de tourments, d'idées noires, de mélancolie et de bedroom pop de la part d'une artiste qui en une quinzaine de chansons jusque-là, fait montre d'un talent plus que certain.

Album : beginnings
Année : 2019
Label : -


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), bad idea! de girl in red est en écoute ci-dessous :



 Autre chanson tirée de 'beginnings' de girl in red, voilà i'll die anyway. :



Pour finir, le clip de bad idea! de girl in red :



mercredi 25 septembre 2019

[Track of The Day] Beabadoobee - I Wish I Was Stephen Malkmus

Les années 90 sont toujours plus présentes que jamais. Et ce n'est pas Beabadoobee, nom de scène de Bea Kristi, qui dira le contraire. Intitulée I Wish I Was Stephen Malkmus, la chanson est une belle ode à Pavement de la part de l'anglaise. Elle raconte l'histoire d'une jeune fille un peu perdue, qui veut changer et dont l'amertume et la désillusion sont grandes ; que seule l'écoute des disques de la bande de Stockton peut rassurer et calmer.

I Wish I Was Stephen Malkmus est un excellent single, rempli de guitares, a ce côté slacker - mais pas trop - et est une belle réminiscence d'un âge révolu de l'indie-rock, quand de jeunes branleurs alignaient chefs-d’œuvre sur disques majeurs. Vous me direz, c'est un peu facile de la part de Beabadoobee de donner un tel titre à sa chanson. Ca fait un peu de buzz pour pas cher. Certes. Mais dans le même temps, peut-on raisonnablement lui donner tort ? Car tout de même, qui n'a jamais rêvé d'être un jour Stephen Malkmus ?

Album : Space Cadet Ep
Année : 2019
Label : Dirty Hit


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), I Wish I Was Stephen Malkmus de Beabadoobee est également en écoute ci-dessous :


Autre single de ce 'Space Cadet Ep' à venir de Beabadoobee, voilà She Plays Bass, autre ode aux années 90, celles de Kim Gordon et de Kim Deal (entre autres) évidemment :



mardi 24 septembre 2019

[Track of The Day] Ritual Howls - Thought Talk

Elle est marrante cette chanson Thought Talk de Ritual Howls, trio de Détroit, qui se trouve en fin de 'Rendered Armor', leur quatrième et nouvel album, sorti chez Felte - le label qui nous avait donné l'an passé l'excellent 'Goodbye' de Numb.er (et pas que pour son single State Lines).

Parce qu'il y a derrière cet ensemble pesant, sa dark-wave des plus profondes, sa voix caverneuse (que d'aucun trouveront sans doute cliché), une ambiance presque western, avec une rythmique qui comme des sabots donne le tempo à l'ensemble, tandis que quelques notes de guitares répétées à l'envie mettent un peu de lumière dans tout ça. Superbe chanson.

Album : Rendered Armor
Année : 2019
Label : Felte


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Thought Talk de Ritual Howls est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de 'Rendered Armor', voilà Alone Together, qui ouvre cet album des Ritual Howls :



lundi 23 septembre 2019

[Track of The Day] Surf Curse - Hour of the Wolf

Si vous cherchiez un morceau à la belle mélancolie et à la mélodie qui fait mouche, voilà Hour of the Wolf. Chanson qui aurait mérité d'avoir un couplet de plus tant sa tension est prenante, elle est l’œuvre de Surf Curse, duo originaire de Reno dans le Nevada et formé de Jacob Rubeck et Nicholas Rattigan. Hour of the Wolf est la meilleure chanson de leur tout dernier album, 'Heaven Surrounds You', qui vient de sortir.

Grande chanson portée par une très belle mélodie, une sacrée tension, un clip magnifique (voir plus bas) et des paroles qui disent tout (« I'll still missing you all day In every way »), Hour of the Wolf est le genre de chanson qui prend aux tripes instantanément.

Pour autant, celle-ci ne rabaisse en aucun cas ce troisième album de Surf Curse. Plus commun dans son approche de l'indie-pop à guitares, jangle parfois, il n'en reste pas moins réussi autant que touchant, avec quelques autres grandes chansons (merveilleuse Opera).

NB : Surf Curse viendra présenter 'Heaven Surrounds You' sur scène en novembre prochain (le 14 à Lyon, le 18 à Paris).

Album : Heaven Surrounds You
Année : 2019
Label : Danger Collective


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Hour of the Wolf de Surf Curse est également en écoute ci-dessous :

  
Autre très belle chanson de ce 'Heaven Surrounds You' de Surf Curse, voilà Opera :


Hour of the Wolf de Surf Curse est également disponible via son clip :



vendredi 20 septembre 2019

[Track of The Day] The Royal Landscaping Society - Goodbye

Heureux parisiens. Oui, heureux vous qui allez pouvoir passer votre week-end à siroter de l'indiepop au Paris Popfest, troisième édition du nom, qui lance ses hostilités ce vendredi soir, au Hasard Ludique, dans le XVIIIè arrondissement de la capitale, et les continuera le lendemain au même endroit.

Heureux vous d'être conviés à cette « fête de l'indiepop DIY » (comme le disent les organisateurs) et voir sur scène, parmi d'autres, les anglais de Bis, les français d'Hidrogenesse ou d'EggS, les délicieux The Last Detail, les mythiques BMX Bandits ou The Royal Landscaping Society, dont leurs derniers singles en date valent joliment le détour, notamment Goodbye, en écoute aujourd'hui.

Oui heureux vous d'être à Paris, d'avoir un festival à taille humaine, avec une programmation aussi juste et à des prix normaux (de 16 à 21€), qui plus est à l'heure où on vient d'annoncer qu'il faudra dépenser au minimum 73€ pour aller voir Green Day / Weezer / Fall Out Boy à Paris en juin prochain.

Heureux lyonnais. Oui, heureux vous qui allez pouvoir passer votre week-end à déguster des guitares qui n'en peuvent plus de balancer des accords et des riffs bien sentis. Dans une configuration un peu plus importante (3 jours de concert) que le Paris Popfest, voilà 'La Messe de Minuit', nouveau festival indie-rock lyonnais avec en tête d'affiche, excusez du peu, Fat White Family, Lysistrata ou encore The Psychotic Monks ; auxquels on peut rajouter Decibelles, Yak ou Last Train. Trois soirs de concerts à L’Épicerie Moderne, au Périscope et au Transbordeur, avec là aussi, des prix tout à fait respectables.

Bref, c'est le week-end, et les « petits festivals » (à soutenir plus que jamais tant ces initiatives sont bienvenues) font de la résistance. On va donc doublement se réjouir qu'on soit vendredi.

NB : Toute la programmation du Paris Popfest se trouve ici. Et les réservations se passent là.
Toute la programmation de La Messe de Minuit est à retrouver ici. Et c'est là pour les réservations.

Album : Goodbye / A To Fade In single
Année : 2019
Label : Matinée Recordings


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Goodbye de The Royal Landscaping Society est également en écoute ci-dessous :


Dernier single en date de The Royal Landscaping Societ, voilà Clean qui rappelle The Postal Service :



jeudi 19 septembre 2019

[Track of The Day] Baden Baden - Beach

Saviez-vous que la ville de Baden Baden en Allemagne avait des plages (autour de l'Oos, affluent du Rhin, on ne s'enflamme pas) ? Hé bien, vous le sauriez si, comme moi, vous aviez tapé dans votre moteur de recherche « Baden Baden Beach » pour trouver le clip de la nouvelle chanson des français de Baden Baden qui, après 5 ans de silence et deux premiers albums délicieux (voir ici et ), reviennent dans l'actualité pour présenter 'La Nuit Devant', sa nouvelle - et donc troisième - production.

Un disque que le duo annonce « poétique et désabusé ». Alors, nous ne sommes pas forcés de les croire, toute fiche promo est là pour enjoliver les choses Pour autant, à l'écoute de Beach, ses sonorités wave profondes, ses guitares aussi nerveuses que lancinantes, sa langueur évidente, sa mélancolie qui suinte et son chant comme désenchanté, on est plutôt tenté de les croire. Belle et surprenante mise en bouche en tout cas de la part d'un des groupes les plus sympathiques qui soit.

Album : La Nuit Devant
Année : 2019
Label : Starlite Rec

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mardi 17 septembre 2019

[Track of The Day] Lankum - The Wild Rover

Si comme moi vous ne connaissez pas The Wild Rover, sachez qu'il s'agit d'une balade irlandaise très populaire, dans la première trace écrite remonte à 1845. Une chanson où il est question d'un vagabond, de retour au pays, les poches pleines d'or et qui va les dépenser dans un bar, se promettant qu'après, il arrêtera tout cela et se rangera. Une chanson surtout qui fait partie du folklore irlandais, qui a ses quartiers dans bons nombres de pubs et stades de football (au premier rang desquels Celtic Park à Glasgow), et qui a été reprises de nombreuses fois sur disques par tout et son contraire (The Pogues, Stiff Little Fingers, André Rieu ou Soldat Louis).

Et également par Lankum, quatuor irlandais (forcément), sur son nouvel album à venir fin octobre prochain, 'The Livelong Day'. Mieux, elle ouvrira le disque, ce qui relève tout de même de la gageure quand on sait que la chanson fait plus de 10 mns. Pour autant, est-ce un problème ? Non. Car Lankum prend ces dix minutes pour ce qu'elles sont : du temps. Et le groupe le prend pour faire progresser sa version de The Wild Rover, ajoutant des voix et des instruments au fur et à mesure, et fait passer la chanson du folk traditionnel initial à un folk énervé qui lâche les chevaux. Une chanson qui dans sa construction n'est pas sans rappeler le Thee Silver Mt Zion de l'époque '13 Blues for Thirteen Moons' (notamment). Splendide.

Album : The Livelong Day
Année : 2019
Label : Rough Trade Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Wild Rover de Lankum est également en écoute ci-dessous via son clip, mais dans sa version « edit », moitié moins longue que l'originale :




lundi 16 septembre 2019

[Track of The Day] Swans - It's Coming It's Real

Séparés, reformés, puis en hiatus puis de retour : l'histoire des Swans est une immense suite de montagnes russes toutes plus vertigineuses les unes que les autres (il faudra penser à mettre à jour 'Swans et le dépassement de soi' de Benjamin Fogel).

Ainsi donc, Swans est toujours. Et Michael Gira est toujours. Après avoir mis un terme à la dernière mouture de son groupe, il vient lancer le prochain cycle, avec l'annonce de 'Leaving Meaning.', le quinzième album du combo. Une sorte de Marvel Cinematic Universe de la musique, mais en moins rébarbatif et abrutissant, certifié sans fond vert. Le disque sortira à la fin octobre et comptera l'essentiel des Swans post-reformation (Norman Westberg, Thor Harris, etc) et inclura de nouveaux membres.

Une première chanson a été dévoilée : It's Coming It's Real. A son écoute, on devrait être dans la veine de 'To Be Kind' ou des Angels of Light de Michael Gira ; voire de 'The Glowin Man' (avec qui elle fait d'ailleurs le lien : « Reach up for the hand of the glowing half-man ») et 'The Great Annihilator'. Toute en montée, Anna et Maria von  Hausswolff s'occupant de la mélodie avec leurs « ouh ouh » répétés à l'infini, qui donnent une grande ampleur à l'ensemble en mettant encore plus la voix de Michael Gira (avec un léger halo autour) en valeur, le titre est d'une noire - et en même temps lumineuse - beauté, très mélodieuse. Splendide chanson.

Album : Leaving Meaning.
Année : 2019
Label : Young Gods Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), It's Coming It's Real de Swans est également en écoute ci-dessous :



vendredi 13 septembre 2019

[Track of The Day] Panda Bear - Inner Monologue

Il y a 10 ans, cet album de Panda Bear aurait été un évènement, quand bien même il fut uniquement indie. Mais tout de même. Malheureusement, les années ont passé et Noah Lennox et ses Animal Collective sont quelque peu rentrés dans le rang, après avoir passé tant de temps à animer et à façonner le son des années 2000 et des suivantes.

Pour autant, malgré les années, Panda Bear a encore des choses à dire et des chansons à partager. Sans doute son disque le plus abouti depuis le merveilleux 'Person Pitch' en 2007, 'Buoys' est en tout cas un album à côté duquel il serait dommage de passer tant il y a de belles choses ici.
Un album simple, peu joyeux mais pas torturé, où Panda Bear, sa guitare folk sous le bras, invite reverb, boucles, mélodies qui divaguent, samples incongrus (un robinet qui goutte par-ci, quelques lasers par là) et produit un gros travail sur sa voix (doublée, éloignée, proche, un peu tout cela à la fois), qui a d'ailleurs rarement été aussi belle et qui rappelle plus que jamais, par ses intonations ou ses inflexions, un certain Brian Wilson.

Album : Buoys
Année : 2019
Label : Domino


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Inner Monologue de Panda Bear est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de 'Buoys' de Panda Bear, voilà le premier single Dolphin :


Pour finir, le clip de Token de Panda Bear :



jeudi 12 septembre 2019

[Track of The Day] Daniel Johnston - Some Things Last a Long Time


On dit souvent que le premier album du Velvet Undergroud, à sa sortie, a très peu vendu ; mais que tout ceux qui ont écouté le disque à l'époque ont tous monté un groupe ensuite. Que dire de Daniel Johnston ? Combien d'artistes a-t-il influencé ? Combien de groupes ont puisé chez lui leur inspiration ? Et mieux, combien de gens a-t-il touché par ses enregistrements brinquebalants, ses instruments de guingois, ses mélodies sur un fil, ses chansons déchirantes ? A lire le flot de remerciements (souvent très touchants) qui inonde le message Facebook annonçant la mort de l'américain posté hier par sa famille, ils sont très nombreux. Et bien plus que ça sans doute.

Reposez en paix jeune homme torturé. Non, quoi que vous en chantiez, votre vie n'a pas été vaine. Et je ne sais pas si au final vous avez trouvé l'amour, le vrai, en arrivant au bout du chemin, mais sachez que ceux qui restent ici bas continueront de chercher. Nous vous devons bien ça.



mercredi 11 septembre 2019

[Track of The Day] Fennesz - Rainfall

Dans cette semaine très « ambiant », après Tim Hecker et son 'Anoyo', place à un autre maître du genre, Christian Fennesz, et à son nouvel album sorti au premier trimestre 2019.

Forcé de quitter son studio d'enregistrement pour quelque temps, sans pouvoir prendre avec lui tous ses instruments ou ses machines, Fennesz explique que l'enregistrement d''Agora' a été très minimal et, notamment, réalisé au casque, comme à l'époque de ses premiers disques.

Est-ce que ceci est la raison de la beauté vaporeuse de cet album ? Difficile à dire. Mais il n'en reste pas moins que ce long disque (4 morceaux pour 47 mns) est une immense réussite. Accumulant les couches sonores et laissant chacune vivre sa vie, rendant sa musique plus organique et vivante que jamais, Fennesz fait de 'Agora' un voyage brumeux et hypnotique ; avec en point d'orgue, Rainfall (en écoute ce jour), ses couches de guitare fuzz superposées et ses boucles de synthés.

Album : Agora
Année : 2019
Label : P-Vine / Touch


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Rainfall de Fennesz est également en écoute ci-dessous :



lundi 9 septembre 2019

Tim Hecker - Anoyo [Kranky]

Moins avare que jamais, Tim Hecker continue sa route dans les méandres de la musique électronique, ambiante, expérimentale et pleine de drone. Et vient donner à son très beau 'Konoyo' de l'an passé une suite, 'Anoyo'.

Ce n'est pas la première fois que Tim Hecker propose ce genre, si ce n'est d'opposition, au moins de parallèle entre deux de ses œuvres. Il l'avait fait en 2011 quand, à la suite de la sortie du très beau 'Ravedeath, 1972', il avait publié dans la foulée un Ep, 'Dropped Pianos', sorte de face-claire de son prédécesseur, quoiqu'en dise sa pochette en négatif.

'Anoyo' n'est pas pour ainsi dire l'opposé de 'Konoyo'. Plutôt son complément « acoustique » (avec toutes les réserves qu'il faut, les guillemets sont primordiaux ici). Toujours enregistré dans un temple bouddhiste et avec un groupe japonais spécialiste du gagaku (à savoir, selon wikipédia : « l'ensemble des répertoires de la musique de cour du Japon. Il comprend des répertoires orchestraux, des chants et de la danse, et peut être mis en opposition au zokugaku, la musique folklorique, "populaire" »), 'Anoyo' s'est - un peu - épuré des nappes, du maelstrom musical et de la vapeur de son devancier, mais n'en reste pas moins onirique à souhait.

Faisant la part belle à la mélodie, s'échappant de temps en temps vers des faces plus expérimentales pour mieux retrouver sa ligne directrice sans jamais perdre son auditeur, créant un véritable univers musical dans lequel il fait bon se lover, ce onzième (sans compter ses disques avec Daniel Lopatin et Aidan Baker) album de Tim Hecker est un voyage une nouvelle fois sublime. En constante évolution, le canadien continue de tracer un sillon à nul autre pareil et dont la musique est difficilement catégorisable. Ce mec a tellement de talent à mes yeux que s'il disait que la Terre était carrée, je le croirais sur paroles. Oh wait... (Sortie : 10 mai 2019)

Plus :
'Anoyo' de Tim Hecker est en écoute sur sa page bandcamp
'Anoyo' de Tim Hecker est à l'achat sur sa page bandcamp
'Anoyo' de Tim Hecker est également en écoute sur Spotify et Deezer

Trois morceaux de 'Anoyo' de Tim Hecker en écoute ce jour. Ouvrons le bal avec That World (également en écoute dans les playlists Spotify et Deezer, notamment dans la colonne gauche de ce blog). Puis Step Away From Konoyo. Et enfin Into The Void :






vendredi 6 septembre 2019

[Track of The Day] Minor Pieces - Rothko

Voyage onirique au pays de l'ambiant-folk, Rothko est une longue chanson de près de 7mns venue ouvrir la voie à 'The Heavy Steps Of Dreaming', premier album de Minor Pieces, duo composé des canadiens Missy Donaldson et Ian William Craig, et qui verra le jour début octobre prochain chez - les discrets depuis quelques temps - Fat Cat.

Un petite beauté qui prend donc son temps, qui sait muter, et mêle habilement voix (presque de ténor au milieu de la chanson pour celle d'Ian William Craig), ambiance flottante et belle mélodie folk. Laissez-vous porter...


Album : The Heavy Steps Of Dreaming
Année : 2019
Label : Fat Cat


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Rothko de Minor Pieces est également en écoute ci-dessous :


Second extrait de 'The Heavy Steps Of Dreaming' de Minor Pieces, voilà The Way We Are In Song :



jeudi 5 septembre 2019

[Track of The Day] Fog Lake - Oh My God

Ouvrant une compilation conçue pour le « Mental Health Awareness Month » (soit le mois, celui de mai, de sensibilisation à la santé mentale, évènement caritatif qui existe depuis la fin des années 40 aux États-Unis), Oh My God est un inédit de Fog Lake, artiste découvert l'an passé grâce à Ninie (à qui on souhaite tout le courage du monde) et dont les chansons m'accompagnent depuis très régulièrement.

Oui, la chanson est courte (1'07"), oui Aaron Powell se prend pour Tony Molina. Mais quand bien même, au-delà de la bonne cause défendue, si l'écoute de ces quelques très courts accords peut donner envie à certains de se plonger dans la discographie de Fog Lake, auteur l'an passé (notamment) du très beau 'Captain', cela sera toujours cela de gagné.

Album : Running From The Dark
Année : 2019
Label : Mental Health Compilation


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Oh My God de Fog Lake est également en écoute ci-dessous :



mercredi 4 septembre 2019

[Track of The Day] Jungstötter - Wound Wrapped in Song (feat. Soap&Skin)

Ce qui frappe en premier lieu chez Jungstötter, berlinois de son état, c'est sa voix. Une voix qui fait de lui le fils caché qu'auraient eu Nick Cave et d'Anohni Hegarty, chanteuse d'Antony and the Johnsons. D'un côté ce côté crooner et ces inflexions dans le chant rappelant l'homme en noir leader des Bad Seeds. De l'autre la fragilité, l'émotion (parfois surjouée) de la voix de la new-yorkaise. Et le résultat est des plus probants.

Sur 'Love Is', son premier album plutôt remarquable (où l'ombre de Nick Cave n'est jamais loin, encore une fois), Jungstötter a mis le piano au centre et créé autour de lui des mélodies sombres, comme habitées parfois, mélancoliques à souhait. Et sur ses pièces très bien habillées, chaque détail semble être étudié (ces petites touches de batterie qui l'air de ne pas y toucher apportent beaucoup, ces silences pour mieux relancer un morceau), et rien ne semble être laissé au hasard.

Parmi toutes les chansons de 'Love Is', deux sont à ressortir du lot : Wound Wrapped in Song, dont ma préférence va à sa version hors album, en duo avec l'autrichienne Soap&Skin (leur Where the Wild Roses Grow en quelques sortes). Et To Be Someone Else, sublime morceau qui clôt l'aventure. Deux titres à écouter au bas de ce papier.

Album : Love Is
Année : 2019
Label : Play It Again Sam


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Wound Wrapped in Song de Jungstötter et avec Soap and Skin en featuring est également en écoute ci-dessous :


Et voilà donc To Be Someone Else, chanson qui clôt ce 'Love Is' de Jungstötter :



mardi 3 septembre 2019

[Track of The Day] The Soft Cavalry - The Light That Shines On Everyone

Sauvé si ce n'est de la dépression tout au moins de la sinistrose par l'arrivée dans sa vie de Rachel Goswell de Slowdive, The Soft Cavalry est un projet de Steve Clarke qui aura mis du temps à voir le jour (ce qui explique d'ailleurs sans doute  la durée du disque, 54 mns).

Plutôt alléchant sur le papier, finalement décevant sur la longueur (notamment à cause d'un manque de cohérence), ce premier album du duo se révèle toutefois plus intéressant sur sa fin, avec un enchainement de beaux morceaux, au premier rang desquels The Light That Shines On Everyone, petite douceur lumineuse à la mélancolie prégnante.

Album : The Soft Cavalry
Année : 2019
Label : Bella Union


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Light That Shines On Everyone de The Soft Cavalry est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson très réussie de The Soft Cavalry, voilà The Ever Turning Wheel :


Pour finir, voilà le clip de Never Be Without You, un des singles de ce premier album de The Soft Cavalry :