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mardi 14 mai 2024

[Track of The Day] Laetitia Sadier - Don’t Forget You’re Mine

Ce n'est pas toutes les semaines qu'on a l'occasion de passer son lundi soir avec une légende. Alors il était hors de question de rater le concert de Laetitia Sadier au Sonic de Lyon hier, qui ouvrait par la même la tournée de son nouvel album 'Rooting for Love'. Devant une salle bien remplie, entourée d'une clavier/machine, d'un bassiste et d'un batteur (elle s'occupant de la guitare), l'ancienne chanteuse de Stereolab a pendant une heure très bien honoré toutes ses dernières compositions devant un public très à l'écoute - mais enthousiaste -, qu'elle dominait de sa stature assez imposante (je ne l'imaginais pas aussi grande).

Pas avare de petites blagues, de quelques messages d'amour ('Rooting for Love' ne vient pas de nulle part), laissant à Nina la clavier le soin de - très bien - chanter The Dash, Laetitia Sadier a mené le sourire aux lèvres cette heure de musique, dont on peut ressortir notamment deux moments. Le premier, très anecdotique et qui m'a fait rire, lorsqu'elle a dédié un morceau au philosophe Bernard Stiegler et qu'un membre du public a lancé un « wouhou » tout à fait euphorique (ce qui n'est pas anodin dans un concert pop vous admettrez).

Le second beaucoup moins drôle, lorsqu'elle a présenté la chanson Don't Forget You're Mine (en écoute aujourd'hui), accessoirement ma préférée de l'album. Un titre qui commence de manière tout à fait banale mais qui très vite prend une grande ampleur avec une orchestration fournie et délicieuse. Ce que la musique ne dit cependant pas (et ce que Laetitia Sadier a eu le bon goût de préciser), c'est que Don't Forget You're Mine parle de violences domestiques. L'histoire d'un homme qui, au retour d'une conférence de sa femme où celle-ci a pris toute la lumière et a croulé sous les félicitations, ne supporte pas cet état de fait, l'accable de reproches («Since we came back from your lecture, you were quite overexcited, no time for hugs and kisses, too many calls from your friends; who's your man, who's your first corrector?») avant de l'accabler de coups («A good slap is what you need, a good slap is what you want, take that, take that, get up get up babe»). Un contexte essentiel et qui rend la chanson, s'il était besoin, encore plus réussie et puissante. Un morceau qui est sans doute le grand moment de ce bien joli concert, parfait pour un lundi, de la part, répétons-le, d'une légende.


Album : Rooting for Love
Année : 2024
Label : Duophonic Super 45s / Drag City

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Don’t Forget You’re Mine de Laetitia Sadier est également en écoute ci-dessous :
 

Autre très belle chanson de 'Rooting for Love' de Laetitia Sadier, voilà New Moon :

lundi 5 août 2024

[Track of The Day] Laetitia Sadier & Storefront Church - La Langue Bleue

Laetitia Sadier a toujours été une femme de collaboration. Que ce soit avec les brésiliens de Mombojó, Atlas Sound, Adrian Younge, Common, Jarvis Cocker ou Benjamin Schoos sur Je Ne Vois Que Vous (une des plus grandes chansons pop la plus grande chanson pop des années 2010), ses featuring se comptent par dizaine. Et ce n'est pas 2024 qui va changer cette trajectoire (elle sera, par exemple, du nouvel album de Thurston Moore).
 
Non contente d'avoir publié un très bel album cette année ('Rooting For Love'), la plus anglaise des françaises est également de La Langue Bleue, single voué malheureusement à le rester (elle le confiait à la table du merchandising après son concert au Sonic en mai dernier) qu'elle a composé pour 'Monsieur Spade' (série d'AMC, diffusée en France sur Canal+, où Clive Owen tient le rôle principal) et enregistré avec les californiens de Storefront Church. Une chanson ample, à l'orchestration imposante mais léchée, qui n'est pas sans rappeler quelques esthètes français du genre (Vannier, Legrand). Un morceau trop court (c'est son seul défaut) mais à la beauté aussi cinématographique qu'instantanée, où Laetitia Sadier chante et parle sur « la comédie de la vie ». Sublime.

Album : La Langue Bleue 7"
Année : 2024
Label : Duophonic Super 45s

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, La Langue Bleue de Laetitia Sadier et Storefront Church est également en écoute ci-dessous :

mercredi 27 septembre 2017

[Track of The Day] Benjamin Schoos - Je ne vois que vous (feat. Laetitia Sadier)

Comme je l’avais déjà dit dans ces pages, les compilations et moi, ça fait 15. Et encore plus quand il s’agit de best-of ou de greatest hits. Mais il existe des exceptions : l’excellente 'Dark Was The Night' ou celle pour les 20 ans de Merge (entre autres évidemment).

Et dernièrement le best-of ‘Profession Chanteur’ de Benjamin Schoos. Benjamin Schoos est belge et a une carrière déjà longue comme le bras. Après avoir officié sous des noms tels que Miam Monster Miam, Phantom ou Loved Drones, il a décidé en 2012 de commencer sous son vrai nom une nouvelle carrière. Résultat ? Trois albums en 4 ans : ‘China Man vs Chinagirl’ (2012), ‘Beau Futur’ (2015) et ‘Night Music, Love Songs’ (2016). Et sur son label, Freaksville, s’il vous plaît.

Totalement passé à côté à l’époque (mais comment ai-je pu ?), ‘Profession Chanteur’ est autant une excellente séance de rattrapage qu’une formidable découverte. Arrangements majestueux, sans fausse note, sur-lesquels l'on vient conter de belles histoires, Benjamin Schoos rappelle à la fois Bertrand Burgalat pour l’idée pop qu’il s’en dégage, Alain Chamfort et Charlélie Couture pour la voix, tout en s'entourant de featuring de grande classe (Laetitia Sadier et April March).
Mieux, à l'écoute, le liégeois a composé sur ses 3 albums certaines des meilleures chansons pop française (enfin francophone pour le coup) que j'ai pu écouter depuis des années (Je ne vois que vous, en duo avec Laetitia Sadier, sublime, est un miracle à elle toute seule).

En tout cas, il a beau avoir sur la pochette de 'Profession Chanteur' de faux-airs de Jean-Christophe Cambadélis, ce Benjamin Schoos, sorte de réponse belge à Dominique Dalcan, est une incroyable révélation, comme on en a que très rarement. J’use depuis des semaines ce best-of, je n’arrive pas à m’en lasser. Quand je pense qu’il me reste ses trois albums à découvrir...

NB : Pour en savoir plus sur ce disque et sur la carrière discographique de Benjamin Schoos, la chronique de Goûte Mes Disques est à lire impérativement tant elle est complète.

Album : Profession Chanteur
Année : 2017
Label : Freaksville

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En plus des lecteurs Spotify et Deezer, Je ne vois que vous de Benjamin Schoos, avec la participation de Laetitia Sadier, est également en écoute ci-dessous :



Autre merveilleuse chanson tirée de ce best-of de Benjamin Schoos, La Chinoise :



Je pourrais vous mettre l'album complet en écoute, mais je sais être sage. Donc voilà juste une dernière chanson, Sophie, qui termine ce 'Profession Chanteur' de Benjamin Schoos :


Et pour finir, le clip de Je ne vois que vous :

 


jeudi 1 février 2018

[Track of The Day] Benjamin Schoos - All Night Every Night (feat. Dent May)

Entre deux aspirines, 20 gouttes de L52 et 2 grogs chargés, revenons à nos affaires et continuons cette semaine sous le signe de la pop d'époque avec le nouveau single de Benjamin Schoos, belge de son état et véritable révélation, certes tardive, de 2017.

Premier single entièrement en anglais de notre homme, All Night Every Night est la rencontre entre le belge (à la mélodie et la production) et l'américain Dent May (au texte). Une chanson mid-tempo, estivale, délicieuse, qu'on croirait produite par Bertrand Burgalat et qui résulte d'un vrai travail à deux têtes, sans que les protagonistes ne se soient jamais rencontrés.

Histoire de bien faire les choses, la face-b est occupée par l'inusable Je Ne Vois Que Vous de Benjamin Schoos qu'il chante en duo avec la divine Laetitia Sadier. Vivement le 9 mars qu'on puisse avoir tout ça entre les mains.

Album : All Night Every Night / Je Ne Vois Que Vous 7"
Année : 2018
Label : Freaksville

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), All Night Every Night de Benjamin Schoos et Dent May est également en écoute ici :


La face-b de ce 45-tours de Benjamin Schoos est consacrée à l'inusable et formidable Je Ne Vois Que Vous (avec Laetitia Sadier) :






lundi 22 février 2016

Adrian Younge - Something About April II [Linear Labs]

A l'écoute de 'Something About April II' d'Adrian Younge, la première chose qui vient à l'esprit est qu'on est ici en présence d'un disque compilant quelques vieilleries blaxploitation et soul oubliées et dénichées lors d'une obscure brocante à Détroit. Car tout ici sent la musique de cette époque, de la production au chant (rappelant furieusement quelques grands disques des 70s) en passant par la pochette classieuse (et sa typo !) qui enrobe le tout.

Sauf qu'en fait, il n'en est rien. Car 'Something About April II' n'est rien d'autre qu'un album composé entièrement par Adrian Younge et mit en musique par son groupe, Venice Dawn. Le tout en 2015.

Moins marqué « bande-originale de films » que son prédécesseur ('Something About April', tout simplement) présentant plus de chants, des chansons plutôt courtes (sur 13 titres, trois seulement dépassent les 3 mns), une production chiadée et des featurings de qualité (notamment Raphael Saadiq sur Black Magic, et Laetitia Sadier de Stereolab sur plusieurs titres), 'Something About April II' navigue entre soul, funk et black music version 70s, en y incorporant régulièrement une rythmique plus hip-hop.

Bien sûr, beaucoup verront ce disque d'Adrian Younge comme un exercice de style assez vain, tentant de faire renaitre le temps de quelques minutes une période dorée, certes, mais révolue.
Mais à mes oreilles, 'Something About April II' est surtout une formidable machine à remonter dans le temps de 38mns, tout en rondeur, rendant à la fois hommage à une époque bénie pour la musique noire américaine, mais en profitant aussi pour prolonger son aventure. Un album que l'on pourrait mettre en parallèle avec 'Music to Make Love to Your Old Lady By Lovage' de Dan The Automator, les samples en moins. (sortie : 22 janvier 2016)

Son :
'Something About April II' d'Adrian Younge est à l'écoute et à l'achat sur le bandcamp de Linear Labs.
'Something About April II' de Adrian Younge est également en écoute sur Spotify et Deezer.


Trois morceaux comme le veut la tradition pour découvrir ce 'Something About April II' d'Adrian Younge. D'abord Memories of War (avec Laetitia Sadier à la voix), également en écoute dans le lecteur 8Tracks. Mais aussi April Sonata, un presque instrumental centré autour du piano et rappelant - bizarrement Gainsbourg -, et Sittin by the radio, avec la voix de Loren Oden rappelant furieusement les élans de The Dramatics :






Enfin, et histoire d'être complet, les deux clips des deux premiers singles de ce 'Something About April II' : Sittin by the radio et Winter is here (feat. Karolina) :


vendredi 17 novembre 2023

[Track of The Day] Modern Cosmology - Le Train Ne Passera Pas

Mes amis vous le diront : je vois des sosies partout. Mais attention, c'est moins un talent qu'un toc car dans la majorité des cas il y a plus souvent du « à peu près » que du sosie certifié conforme. Par contre, oui, j'en vois partout.
Mais voyez-vous, cette « maladie » ne s'arrête pas au physique. Elle marche aussi bien au niveau musical (je vous laisse parcourir les innombrables pages de ce blog qui en accumulent un paquet) qu'au niveau de la voix et du phrasé.

Prenez par exemple cet album de Modern Cosmology, groupe que Laetitia Sadier forme avec Mombojó, quintet brésilien avec qui l'ex Stereolab a déjà enregistré en 2017. On y trouve Le Train Ne Passera Pas, seule chanson en français du disque. Hé bien figurez-vous que j'ai beau faire, sur ce titre,  Laetitia Sadier me fait penser à une version féminine de Michel Berger. Cette façon d'articuler, de prononcer les mots, de dérouler ses vers, de faire tomber ses fins de strophe : tout me rappelle l'ancien compositeur français. 
 
Que faire de cette information me direz-vous ? Pas grand chose à dire vrai, c'est tout à fait anecdotique mais cela donne un cachet supplémentaire à ce très beau morceau et ce joli album qui navigue entre pop un peu arty, ambiances psyché et groovy, bossa ronde comme une balle, et sur lequel ronronnent quelques guitares qui aimer prendre leur temps. A l'image de ce disque qui a la tête dans les nuages.
 
Album : What Will You Grow Now?
Année : 2023
Label : Duophonic

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Le Train Ne Passera Pas de Modern Cosmology est également en écoute ci-dessous :
 
 
 
Autre chanson réussie de 'What Will You Grow Now?' de Modern Cosmology, voilà sa chanson titre :


Le clip de What Will You Grow Now? de Modern Cosmology :

jeudi 26 décembre 2024

Bilan 2024 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »


Jeudi 26 décembre oblige, et pour respecter la tradition de ce blog de près de vingt ans, il est temps de passer au bilan de cette année 2024. Un travail sans doute un peu vain pour beaucoup mais une habitude chez moi à laquelle j’apprécie toujours autant répondre, un quart de siècle après ma première fois, tant tout cela permet, ne serait-ce qu'à moi, de trier le bon grain de l’ivraie et d’en ressortir le meilleur. Un bilan qui se déroulera comme à chaque fois en quatre temps : aujourd’hui, tout ce qui à trait aux formats courts, aux rééditions et autres compilations. Samedi, la première partie du top album (avec les disques classés de 21 à 40). Lundi, la suite de ce top album (avec les disques classés de 1 à 20). Et enfin, le 1er janvier, les 50 chansons qui auront fait mon année, à écouter au réveil d'un jour de l’an que l'on imagine plein d'excès.

Mais avant d’aller plus loin, regardons un peu (là aussi, comme le veut la tradition) quels bilans ont tiré les sites amis (ou non) de cette année 2024 :
- Les meilleures rééditions de 2024 selon Treble
- Le bilan vraiment annuel de Sun Burns Out
- Les 10 Ep de l’année de Sound of Violence
- Les rééditions de 2024 selon Raven Sings The Blues
- Le top 2024 des contributeurs du Gospel

Ouvrons donc le bal avec les meilleurs singles, Ep et autres rééditions de l’année 2024. Avec une nouvelle fois beaucoup de 45-tours, un artiste habitué de ces pages (que voulez-vous, on est fan ou on ne l’est pas), la réédition d’un disque plus qu’immense et deux compilations à vous mouiller les yeux. C’est à lire ci-dessous. Et comme lire sans écouter quand on parle de musique est un peu dommage, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des seize disques proposés ici. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !


Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)



7" / Single numérique

Moreish Idols - Pale Blue Dot 7" [Speedy Wunderground]
Difficile de ne pas célébrer le cinquantième 45-tours du label londonien Speedy Wunderground. Et encore plus quand le disque en question compte une de leurs meilleures sorties. Pale Blue Dot, une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construite sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau de Moreish Idolsqui fait plus qu'honneur à ce label ô combien indispensable.
No Drama - Papershop / A City Within 7" [Hidden Bay Records / Araki Records / Bus Stop Press / Seitan's Hell Bike Punks / Stonehenge Records (FR) - Brainwasher Records (DE) - Anything Bagel (US) - Wood of Heart (JP)]
Nouveau single pour le quatuor toulousain No Drama (qui compte notamment Manon Raupp d'Hidden Bay Records), avec autant de guitares acérées, de gimmick accrocheur, de langueur électrique que d'explosions exquises pour satisfaire tout amateur de rock à la sauce 90s. Très recommandé (et à un prix tout mini).
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Chappell Roan – Good Luck, Babe! [Island Records]
En l’espace de quelques mois, l’américaine Chappell Roan est passée des premières parties d’Olivia Rodrigo à remplir des stades et à être la tête d’affiche de nombreux festivals l’été prochain. La faute à Good Luck, Babe!, tube en or massif avec son ambiance rétro eighties, son refrain qui éclate, sa voix qui monte haut et qui emporte son monde avec elle. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup des tubes d’une (désormais) superstar qui sont sortis en 45-tours ? Pour une fois que je ne suis pas à la traîne niveau tubes grand public...
Laetitia Sadier & Storefront Church - La Langue Bleue 7" [Duophonic Super 45s]
Laetitia Sadier n'aura pas arrêté cette année. Et c'est peut-être sur ce duo avec les américains de Storefront Church qu'elle a été à son meilleur. La Langue Bleue, une chanson ample, à l'orchestration imposante mais léchée, à la beauté cinématographique, qui n'est pas sans rappeler quelques esthètes français du genre (Vannier, Legrand). Sublime.
RVG - Don't Take It Badly / Pet Sematary Double-A Single [Fire Records]
Don't Take It Badly dans une veine jangle-pop en face-A, Pet Sematary, une reprise d'une chanson des Ramones, en face-B : si les australiens de RVG ne sont pas revenus avec un nouvel album (après tout, 'Brain Worms' ne date que de 2023), ils ont fait les choses bien avec ce 45-tours malheureusement uniquement numérique. Deux chansons où la voix et la présence de Romy Vager font toute la différence.
Cindy - Swan Lake 12" [Tough Love Records]
Si je leur reconnais beaucoup de qualités, je n'avais jamais été renversé par les albums des californiens de Cindy, que je trouvais un peu trop ronronnant sur la longueur. Mais cette année, en resserrant leur propos sur un 12" de six chansons, toujours comme hors du temps, le groupe de San Francisco, mené et porté par la voix de Karina Gill et ses airs de Nico, emporte totalement l'adhésion.
The Decemberists - Joan In The Garden [Y.A.B.B. Records]
The Decemberists ont une carrière longue comme le bras. Alors pour leur nouvel album, à contre courant de ce qui se fait généralement, ils ont poussé Joan In The Garden comme second « single » de leur album alors à venir. Une chanson de quasi vingt minutes qui imagine Jeanne d’Arc avoir ses visions. Une chanson très longue donc qui voit Colin Meloy et son groupe mener ça de main de maître, passer du folk au rock et même près de cinq minutes d’expérimentations, et clôturer de façon audacieuse et remarquable son dernier album. Mais vous me direz : que vient faire un extrait d’un album dans cette section là ? Tout simplement parce que cette chanson a été pressé en 12" à l’occasion de quelques listening parties lancées par leur propre label. Certes, la production s’est limitée à quatorze (oui, 14) exemplaires et n’a jamais été mis en vente, mais ce pressage existe. Il a donc toute sa place ici.
Antenna - Antenna Ep [Urge Records]
Nouveau projet de l'australien Tim 'Shogun' Wall (ancien chanteur de Royal Headache), Antenna aura publié son premier Ep en 2024. Et si je devais classer tous les disques cités dans ce premier papier « bilan », ce disque serait sans doute tout en haut. Avec cinq chansons pour douze minutes, qui débordent d'énergie, de garage punk frénétique aux reflets power-pop, 'Antenna Ep' est un disque impeccable, catchy où la voix de Tim Wall est incroyable de présence, de justesse et d'émotion.
Bar Italia - The Tw*ts Ep [Matador Records]
Cet Ep n’atteint sans doute pas la classe de 'Tracey Denim' et 'The Twits', leurs deux albums publiés l’an passé et qui les avait vus vraiment éclore à la face du monde. Pour autant, avec cet Ep (malheureusement uniquement numérique) et ses quatre chansons (dont trois inédits), le trio Bar Italia prouve qu’il est décidément au-dessus de la mêlée.
Junior Varsity - My Star Ep [Key Records]
Porté par ce qu'il faut bien appeler un banger qui dit tout en même pas trois minutes (imparable Cross The Street dont on reparlera dans le top singles), ce nouvel Ep de Junior Varsity, entre pop  pourrait enfin permettre au duo californien de voir leur carrière prendre une nouvelle envergure. Disque d'indie-pop très dansante et qui n'est pas sans rappeler le début des années 2000. A suivre de près.
MF Doom – MM..Food (20th Anniversary Edition) [Rhymesayers Entertainment]
On le cite assez peu lorsqu'on évoque la discographie de MF Doom, mais s'il a bien une chose que cette réédition aura permis cette année, c'est de se rendre compte que derrière l'évident (et intouchable) 'Madvillainy', 'MM.. Food' est sans doute le meilleur album de MF Doom (oui, devant 'Operation: Doomsday' ou 'Vaudeville Villain'). Le plus chiadé niveau prod, avec le storytelling le mieux foutu et les samples les plus raccords avec son rap et son discours. Et si l'on ne tombera pas de notre chaise  à l'écoute des bonus (toutefois pas inintéressants), si l'on regrettera que la pochette originale ait été remplacée par une nouvelle plus quelconque, l'essentiel est à chercher ailleurs : le retour sur le devant de la scène d'un album plus que majeur de l'histoire du hip-hop et des années 2000.
Aline - La lune sera bleue (2009-2015) [–]
Compilation de sept inédits et de deux reprises (Tombé pour la France d’Étienne Daho et Moi je joue de Brigitte Bardot) enregistrés entre New-York et Marseille de 2009 à 2015 et financé par crowdfunding, 'La lune sera bleue' aura marqué un premier retour pour Aline, sur scène et dans les bacs, avant peut-être d'autres nouvelles chansons et aventures. Un catalogue d'inédits qui montre à quel point Aline était un groupe au-dessus de la concurrence.
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Broadcast - Distant Call: Collected Demos 2000-2006 [Warp]
Broadcast - Spell Blanket: Collected Demos 2006-2009 [Warp]
Quatorze ans depuis la disparition de Trish Keenan. James Cargill, son compagnon, continue d'essayer de perpétuer sa mémoire. Et il l’aura très bien fait avec ces deux superbes compilations de démos, l'une pour la période 2000-2006 (avec des chansons qui finiront sur leurs albums de l’époque), l'autre pour les trois années suivantes (avec ici des chansons qui auront du finir sur leur cinquième album). C'est évidemment beau, intime mais aussi touchant et prouve à quel point Trish Keenan, sa voix et sa douceur manquent dans le paysage actuel.
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Bob Dylan - The Complete Budokan 1978 [Columbia Records]
Bob Dylan - The 1974 Live Recordings [Columbia Records]
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, aucune surprise de trouver dans cette sélection les deux nouvelles rééditions de Bob Dylan publiées cette année par Columbia. Surtout qu'une nouvelle fois, tout est passionnant à fouiller, des quatre disques de ses concerts au Japon ou ses vingt-sept disques (27 !) de la tournée de 1974 avec The Band. C'est évidemment beaucoup trop pour quelqu'un qui apprécie tout juste Dylan et donc réservé aux fans hardcore. Et comme j’en suis un, c'est une nouvelle fois (et c'est toujours le cas depuis que les Bootleg Series ont commencé) absolument indispensable.
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Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons »
Top « Albums » (01-20)
Top « Albums » (40-21)


Comme promis, deux players (Spotify et Deezer), également disponibles ci-dessous, proposant chacun une chanson de quinze disques évoqués ici, la seizième (No Drama) étant disponible avec son lecteur bandcamp. Bonne écoute !

vendredi 24 avril 2009

[Track of The Day] Stereolab - Forensic Itch

Finissons la semaine avec un titre qui date de la fin de l'année dernière: Forensic Itch. Un morceau de Stereolab, ce groupe anglais mené par Tim Gane, à la voix française de Laetitia Sadier, paru l'an passé sur la face-b - américaine - du single Spool of Collusion.
Un titre totalement instrumental qui s'inscrit dans la plus pure tradition de Stereolab, avec claviers vintage, pop synthétique et baroque, chatoyante et sucrée, exotique et coooooool.
Et alors que la partie 2 de 'Chemical Cords' (leur dernier album en date) devrait voir le jour sous peu, le groupe annonçait le 2 avril dernier la chose suivante sur son site officiel: «The website will still be updated and disks released but there won't be any new Stereolab product for a while». Après 19 ans de bons et loyaux services et quelques tragédies (la mort de Mary Hansen dans un accident de la route en 2002), on ne saurait leur en vouloir. Il n'empêche, cette nouvelle ne me rend pas particulièrement heureux. Et même si une réédition de tout le back catalogue est prévu... 

Album: Spool of Collusion 7" (Us) 
Année: 2008 
Label: 4AD

jeudi 3 septembre 2020

[Track of The Day] Double Françoise - Tu N'es Pas Toi (feat. Benjamin Schoos)

Repéré par l'oreille toujours avisée de Benoît, l'homme derrière Benzine (qui fêtera ses 20 ans d'existence dans 18 mois soit dit en passant) et Hop-Blog, voilà Double Françoise, un duo/couple français composé d’Élisabeth et Maxence Jutel.

Nommé après deux Françoise célèbres (Sagan et Dorléac), Double Françoise fait dans la pop mélodieuse et délicieusement rétro. Et si je moins convaincu par leurs élans bossa, le duo est tout de même épatant sur quelques chansons très bien mises en musique et portées par une production des plus cotonneuses. Notamment Mon Amour Tu Es Belle, avec Élisabeth qui, à la déclaration d'amour de Maxence, rit comme Jane Birkin à l'époque de Melody Nelson ; et surtout Tu N'es Pas Toi, duo gainsbourg-ien en diable entre la même Élisabeth et Benjamin Schoos, patron de Freaksville Records qui publie cet album, et surtout artiste passionnant. Un Benjamin Schoos qui, après le formidable duo avec Laetitia Sadier, prouve à nouveau que sa voix de crooner pop se marie à merveille aux belles voix féminines (en écoute aujourd'hui).

Album : Les Bijoux
Année : 2020
Label : Freaksville


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Tu N'es Pas Toi de Double Françoise en duo avec Benjamin Schoos est également en écoute ci-dessous :



Autre jolie chanson tirée de 'Les Bijoux' de Double Françoise, voilà Mon Amour Tu Es Belle :


mercredi 31 juillet 2024

[Track of The Day] Peel Dream Magazine - Wish You Well

Après un premier album plutôt psyché ('Modern Meta Physic'), un second shoegaze ('Agitprop Alterna'), un troisième faisant dans la pop minimaliste ('Pad'), Joe Stevens change encore de direction avec 'Rose Main Reading Room', le quatrième album à venir fin août de son projet Peel Dream Magazine.

C'est en tout cas ce qui est annoncé. Et ce que laissent transparaitre les deux premiers extraits déjà parus. Notamment Wish You Well, courte mais très belle chanson pop à la production nineties, et à l'ambiance qu'on situera entre Air (beaucoup) et Stereolab (et notamment pour cette voix qui a ce je ne sais quoi de Laetitia Sadier). Joliment troussé et qui tombe pile pour affronter ces premières nuits de canicule de l'année.

Album : Rose Main Reading Room
Année : 2024
Label : Topshelf Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Wish You Well de Peel Dream Magazine est également en écoute ci-dessous :

Le premier extrait de 'Rose Main Reading Room', le prochain album de Peel Dream Magazine, s'appelle Lie In The Gutter et est tout aussi recommandable que Wish You Well :

Le clip de Wish You Well, second extrait de 'Rose Main Reading Room', prochain album de Peel Dream Magazine :

jeudi 15 janvier 2026

[Track of The Day] Mina Tindle - Pour Le Soleil

'Compass Rosa'. Voilà un disque qui, bizarrement, n'a pas trop fait parler de lui en fin d'année dernière. « Bizarrement » parce que derrière ce quatrième album de la parisienne Mina Tindle se trouve du beau monde : Bryce Dessner de The National, qui joue autant qu'il produit le disque, James Mc Alister, croisé notamment sur 'The Planetarium', le Quatuor Zaïde et… Sufjan Stevens, très discret depuis le beau 'Javelin' et quelques soucis de santé qu'on annonce derrière lui, qui ici joue (piano, synthé) autant qu'il chante (quatre morceaux sur les dix de l'album), prolongeant ainsi sa collaboration avec la française débutée sur le précédent disque de cette dernière, 'SISTER', où il partageait avec elle le joli Give a Little Love .

« Bizarrement » parce que tout est beau dans cet album très Sufjan-ien, de la voix et du chant de Mina Tindle, tantôt en anglais (où sa fragilité rappelle souvent Emiliana Torrini époque 'Fisherman's Woman'), tantôt en français (où là c'est plus l'ombre de France Gall qui volette à travers son chant, ses inflexions et sa douceur) aux compositions très mélancoliques, dont l'inspiration est à chercher du côté de 'The Ascension', dont 'Compass Rosa' reprend certains codes.

Mais encore plus bizarre, malgré mon adoration absolue de Sufjan Stevens, ce n'est pas une chanson en duo avec lui qui est en une de ce papier. Pourtant, il y avait de quoi faire avec How Many (quelle merveille d'ouverture) ou Heaven Thunder (sorte de titre écarté du tracklisting final de 'The Ascension'). Mais partons sur Pour Le Soleil. Une chanson en français, à la composition superbe, aux arrangements soyeux (dont les cordes évoque la fin de l'épopée 'Illinoise'), à la progression belle comme jamais, où Mina Tindle sonne plus qu'ailleurs sur 'Compass Rosa' comme une France Gall de la fin des années 70. En un mot comme en cent, splendide, pour celle qui est en train de s'imposer comme la Laetitia Sadier de son temps.

Album : Compass Rosa
Année : 2025
Label : S76

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Pour Le Soleil de Mina Tindle est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Compass Rosa', voilà Heaven Thunder, que Mina Tindle chante avec Sufjan Stevens :

Le clip/paroles de How Many, la chanson d'ouverture de 'Compass Rosa', un des quatre morceaux que Mina Tindle partage le micro avec Sufjan Stevens : 

samedi 30 décembre 2017

Bilan 2017 : Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »


Après deux ans sans bilan (il faudra que je les finisse un jour d’ailleurs), retour aux bonnes vieilles habitudes avec les traditionnels top de fin d’année, qui fleurissent un peu partout depuis plus d’un mois. Comme le veut la tradition, cela se passera en trois temps : aujourd’hui le top des « Ep & Co ». Puis le top « Morceaux » et enfin le top 50 des albums qui auront marqué mon année musicale.

Mais avant cela, quelques liens vers d’autres tops de sites ou de blogs voisins (ou non) :
Hop-Blog
Pinkushion (Rédaction)
La Musique à Papa
Last Stop ? This Blog !
New Noise

Voilà donc la première partie, qui présente donc mes 15 EP, 45-tours, compilations et autres rééditions favoris de l’année. De belles découvertes, des confirmations toujours plus nombreuses et deux disques qui auraient mérités de figurer tout en haut d’un classement de tous formats confondus. C’est ci-dessous.
 
Pour info, au bas de l’article se trouve un lecteur spotify et un lecteur deezer contenant une chanson de chacun des disques présentés.
Bonne(s) écoute(s) !

Extended Play (Ep)


Animal Collective - Meeting of The Waters Ep
La preuve qu’il faut toujours attendre un peu avant de faire le bilan d’une année. Mis au courant fin novembre par Ariane qu’Animal Collective avait sorti dans l’année deux nouveaux Ep, j’ai eu la chance de me rattraper. Deux beaux disques dont ma préférence va fortement vers 'Meeting of The Waters Ep'. Un disque contemplatif à souhait, aussi bricolé qu’aérien, avec seulement Avey Tare et Geologist aux manettes. Et même sans Panda Bear et Deakin, le duo en profite pour publier une des plus belles chansons de l’histoire du groupe, Man of Oil. Rien que ça oui.
Label : Domino

Barbarie Boxon - Ciel Bleu Ep 
Ma découverte avec Freaksville Records aura été une grande source de réjouissance. Car en plus de Benjamin Schoos (voir plus bas), ce label belge m’aura permis de tomber amoureux du duo Barbarie Boxon, auteur de son deuxième disque en sept années d’activité. Pop pas toujours linéaire, aux influences aussi Gainsbourgienne que Tricatel-ienne, elle est excessivement ensorcelante.
Label : Freaksville Records

Man At War - I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep
Véritable coup de cœur foudroyant, Man at War est un artiste dont on fait encore très peu de cas, que ce soit chez nous ou chez lui, à Portland. Pourtant, Ryan Rebo a des mélodies à faire pâlir plus d’un artiste aujourd’hui. Son ‘I'm A Rainbow, A Promise of God's Care Ep’, plein de pop, de folk et de mélodies simples et justes, est une des plus belles choses entendues cette année. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le premier.

The Music Tapes - The Orbiting Human Circus Ep
Julian Koster, ex-membre de feu Neutral Milk Hotel et de Elephant 6, est derrière ce projet anachronique, né d’un podcast à succès aux États-Unis. Enregistré avec des outils d'époque (un enregistreur à fil des 30s, une presse des 40s, un magnétophone des 60s), très lo-fi que ce soit dans le chant ou dans les arrangements, agrémentés de cuivres et d’accordéon, reprenant également le fameux J’attendrai, 'The Orbiting Human Circus Ep' sonne comme s’il venait tout droit de 1935. Et c’est aussi beau que passionnant.
Label : Merge

Kamasi Washington - Harmony of Difference Ep
Saxophoniste californien de 34 ans, Kamasi Washington m’était jusqu’alors inconnu. Acheté sur les éloges d’amis, son ‘Harmony of Difference Ep’ n’aura eu besoin que de quelques minutes pour s’imprimer dans mon pavillon. Jazz soulful au possible, ce disque respire la classe et les influences aussi bien étalées qu’assimilées. Mieux, il garde le meilleur pour la fin en composant Truth, chanson de 14 mns, qui fait déjà figure de classique. 'Harmony of Difference Ep' aurait été un LP, il aurait sans doute fini sur le podium de mon top album. S'il ne fallait retenir que deux disques de ce papier, ce serait le second.
Label : Young Turks


7" - 45-tours

Jetstream Pony - Like You Less 7"
Projet parallèle de Beth Arzy, chanteuse de The Luxembourg Signal, Jetstream Pony est une formation qui devrait faire parler d’elle en 2018. Car mis sur orbite par ce 'Like You Less 7"', il serait vraiment dommage de passer à côté de ces deux chansons, tantôt noise-pop (comme si Broadcast avait enregistré ses albums en 1986), tantôt mené par une guitare lourde rappelant furieusement les Wedding Present.
Label : Kleine Untergrund Schallplatten

The Luxembourg Signal - Laura Palmer 7"
Découvert grâce à leur venue au Paris Pop Fest, The Luxembourg Signal est un septet américain originaire de Portland (décidément, quelle année !) qui aura illuminé mes oreilles notamment grâce à ce 45-tours et surtout grâce à Laura Palmer, sa face-A, sublime titre de six minutes entre dream-pop, indie-pop et shoegaze, au final merveilleux qui voit s’empiler les guitares. Nul doute qu’on retrouvera sa trace dans quelques jours, pas loin de la tête de mon « top singles ».
Label : Shelflife Records

Jason Molina - The Black Sabbath Covers 7"
Secretly Canadian, en plus de bichonner les rééditions de ses albums avec Songs: Ohia, propose depuis deux ans des 45-tours inédit de Jason Molina, décédé depuis 5 ans bientôt. L’an passé, ils avaient mis en lumière l’américain reprenant Townes Van Zandt. Cette année, c’est au tour de Black Sabbath. Deux chansons très courtes, simples et intimistes mais dont quelques secondes suffisent à comprendre pourquoi Jason Molina manque plus que jamais.
Label : Secretly Canadian

Sufjan Stevens - Tonya Harding 7"
En 2017, on aura donc appris que Sufjan Stevens est fan (et on est encore loin de la vérité) de Tonya Harding, patineuse américaine pas comme les autres dont le principal fait de gloire fut de tenter de faire casser les jambes de sa compatriote et équipière de l’époque, Nancy Kerrigan. Il lui a ainsi composé une chanson, qu’on retrouve dans deux versions différentes sur ce 45-tours (à sortir physiquement dans quelques semaines). Dans la veine de son magnifique 'Carrie & Lowell', ce 'Tonya Harding 7"' est d’une douce et aérienne beauté qui transpire la sincérité.
Label : Asthmatic Kitty


COMPILATION

Matinée Recordings - Matinée Idols
Afin de fêter ses 20 ans, le label de Santa-Barbara Matinée Recordings n’aura pas eu l’idée du siècle : sortir une compilation de titres des artistes issus de son roster. Mais qui en a cure ? Le résultat est passionnant. Tous les groupes présents ont participé avec soit un nouveau morceau, un inédit perdu dans des sessions d’enregistrements oubliées ou via un ré-enregistrement d’un de leurs anciens titres. Et le résultat est de qualité, rempli de chansons classes au romantisme plein de guitares. De l'indie-pop de grande qualité en somme.
Label : Matinée Recordings

Olive Grove Records - From Olive Us To Olive You
Compilation de Noël sortie juste avant les fêtes, 'From Olive Us To Olive You' est un disque caritatif composé par des artistes essentiellement venus du roster d’Olive Grove Records, le label derrière tout cela. Pop, twee et tout le toutim, cet album est tellement réussi qu’il se pourrait qu’on le ressorte bien plus souvent que deux semaines par an.
Label : Olive Grove Records

Benjamin Schoos - Profession Chanteur
Comment ai-je fait pour passer à côté de ce Benjamin Schoos depuis 5 ans ? Comment ai-je pu ne pas voir son nom mentionné ici et là par d’autres, bien plus au courant que moi ? Car Benjamin Schoos tient depuis sa découverte le haut du pavé dans la chanson francophone (notre homme est belge) dans mon panthéon personnel actuel. Rappelant à la fois Bertrand Burgalat pour les idées pop, Charlélie Couture ou encore Alain Chamfort, s'entourant de featuring de grande classe (Je ne vois que vous avec Laetitia Sadier est un miracle à elle toute seule), Benjamin Schoos, via ce 'Profession Chanteur', best-of de ses trois précédents albums, est une découverte essentielle.
Label : Freaksville

Sufjan Stevens - The Greatest Gift
Oui, encore Sufjan Stevens. Je ne cite jamais deux fois le même groupe/artiste dans ces tops de fin d’année, mais là, je n’ai pas eu le choix. La faute à une année remplie pour un des artistes préférés de ces pages. 'The Greatest Gift' est un disque compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites tirées de 'Carrie & Lowell'. Et quand des chutes de studios sont de cette qualité et de cette beauté là, on sait deux choses : que l’artiste en question ne nous prend pas pour des pigeons. Et qu’on a affaire à un des plus grands.
Label : Asthmatic Kitty
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RÉÉDITION 
 
Jambinai - Differance
Jambinai est un trio sud-coréen dont le premier album sorti en 2012 aura été réédité cette année par Bella Union. Dans une ambiance post-rock, parfois quasi-folk ou métal, composé à partir d’instruments traditionnels, Jambinai rappelle aussi bien Deafheaven que Mono. Mieux, le groupe n’oublie jamais de distiller des mélodies. Grande découverte.
Label : Bella Union


Radiohead - OKNOTOK 1997-2017
Devenu chiant comme la pluie depuis 15 ans à quelques rares fulgurances près, il ne faudrait pas oublier qu’à une époque, Radiohead était intouchable. Et la réédition de leur chef d’œuvre et album majeur 'Ok Computer' est venue nous le rappeler. Si tout a déjà été dit sur l’album en question, attardons nous quelques lignes sur la partie 'NOTOK' de cette réédition, qui contient les faces-b de l’époque mais surtout trois inédits enfin dévoilés, et dont le très attendu Lift se fait voler la vedette par un I Promise et un Man of War merveilleux. Oui, à l’époque, Thom Yorke et sa bande marchaient sur l’eau.
Label : XL Recordings


Chose promise, chose due, voilà donc les playlists Spotify et Deezer présentant une chanson de chacun des disques présentés ci-dessus.