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vendredi 12 mai 2017

Sufjan Stevens - Carrie & Lowell Live [Asthmatic Kitty]

J’ai eu la chance de voir Sufjan Stevens trois fois en concert. Une pour son premier concert français, au Point Éphémère en 2005, quelques mois après la  sortie de l’indépassable 'Come On Feel The Illinoise'. Un concert où tout le groupe était déguisé en cheerleaders.
La seconde fois c’était à l’Olympia en 2011 pour ce concert dantesque, épatant, ébouriffant, lors de la tournée pour 'The Age of Adz' et 'All Delighted People Ep'.
La troisième fois, c’était l’an passé, au Radiant, à Caluire-et-Cuire, à côté de Lyon pour la tournée de 'Carrie & Lowell', l’album dédié à sa mère et à son beau-père.

Un disque d’une simplicité et d’une beauté renversante, composé de chansons qui tutoient le sublime comme rarement depuis 'Come on Feel The Illinoise'. Le concert qui en avait découlé donc (setlist ici), dans une salle bondée, assise, silencieuse et respectueuse, avait été un beau moment mais en montagnes russes. Un début parfait, intimiste comme il faut. Puis une partie centrale où Sufjan Stevens usait et abusait d’effets pas toujours bienvenus : si la réorchestration de 4th of July était très réussie (même en version dub, cette chanson resterait de toutes façons parfaite), d’autres moments étaient beaucoup plus dérangeants, se réduisant souvent en gloubiboulga indigeste (la palme étant décernée à un Blue Bucket of Gold interminable mais aussi à un I Want to Be Well massacré dans sa première partie et dingue de beauté dans sa seconde). 
Enfin, la fin du concert et son rappel voyait Sufjan Stevens revenir à la raison avec un enchainement de chansons merveilleuses (excusez du peu : Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, Sister, Heirloom, The Dress Looks Nice on You, Futile Devices, Casimir Pulaski Day), avant de se terminer par un Chicago (forcément) nu comme un ver, mais à la perfection inégalée.

Dix-huit mois après cette tournée, Sufjan Stevens sort une version live de son 'Carrie & Lowell'. Enregistré au North Charleston Performing Arts Center en Caroline du Nord, ce live ne fait pas dans la mesure puisqu’il compile 16 titres pour près de 90 mns de musique. Plus court que la version lyonnaise, 'Carrie & Lowell Live' recense les 11 chansons de l’album original (plus une version outro de Blue Bucket of Gold), deux chansons de 'The Age of Adz' (Futile Devices, Vesuvius), une de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' (Redford (For Yia-Yia & Pappou)) et une reprise du Hotline Bling de Drake, totalement dispensable.

Et en resserrant son format, Sufjan Stevens évite quelques écueils entendu lors de son concert lyonnais. Moins fantasque sur quelques passages (à part l’outro de Blue Bucket of Gold en fait), plus fin dans l’ensemble, grandement mené par une ambition acoustique générale et immensément brillant sur de très nombreux passages, il emporte largement la mise. Le seule regret au final est que 'Carrie & Lowell Live' ne soit disponible qu’en version digitale (à un 12’’ de Blue Bucket of Gold / Hotline Bling près). On a vu déception plus grande, oui. (Sortie : 28 avril 2017)

Son :
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est à l'achat digital sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Blue Bucket of Gold / Hotline Bling 12"' est en précommande sur le bandcamp de Sufjan Stevens
'Carrie & Lowell Live' est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons tirées de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens en écoute ce jour. Should Have Known Better, selon moi la plus belle chanson de 'Carrie & Lowell', à presque égalité avec 4th of July (deuxième titre en écoute). Et pour finir, le magnifique All of Me Wants All Of You.






Enfin, Asthmatic Kitty a mis en ligne la version vidéo de ce 'Carrie & Lowell Live' de Sufjan Stevens. Et c'est à voir ci-dessous :


lundi 21 novembre 2011

[Track of The Day] Alamo Race Track - Apples


Perdu de vue depuis un brillant 'Black Cat John Brown', les néerlandais d'Alamo Race Track sont de retour cinq ans plus tard avec un troisième album. Et ça sent un peu la fin des haricots. Le line-up a changé et surtout eux qui avaient un son bien à eux perdent leur identité et prennent à droite à gauche pour en faire un mélange pop pas inintéressant au final mais franchement pas affolant.



A la fin de l'écoute de 'Unicorn Loves Deer' (tout un programme), on se dit qu'on pourrait réécouter les disques de Mojave 3 ou le 'Come on Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens (Hypnotised II pompe une partie de sa mélodie sur la chanson Come On! Feel the Illinoise!(Part I: The World's Columbian Exposition – Part II: Carl Sandburg Visits Me in a Dream)). Et on ne pense déjà plus à Alamo Race Track.


Attention: 'Unicorn Loves Deer' n'est pas un mauvais album. Il y a d'ailleurs de beaux moments à picorer, et le tout s'écoute sans déplaisir. Mais le côté ténébreux, acide, malsain même de leurs compositions passées manque. Et pas qu'un peu.

Album: Unicorn Loves Deer
Année: 2011
Label: Excelsior Recordings


Apples est également en écoute ci-dessous (et en téléchargement libre et légal en cliquant sur la petite flèche noire à droite). (malheureusement plus en écoute)

Le reste de 'Unicorn Loves Deer' est également en écoute complète sur le soundcloud des Alamo Race Track, ici même. (malheureusement plus en écoute)

mercredi 24 octobre 2018

[Track of The Day] Teleman - Family of Aliens

A une lointaine époque, avant que les disques ne se retrouvent à la disposition du premier clic et captcha venu, les grandes enseignes culturelles avaient mis en place des bornes d’écoute dans leurs rayons, histoire de permettre au mélomane de ne plus acheter un album uniquement sur la foi de quelques critiques dithyrambiques venus de journaux et journalistes influents, mais de se faire son propre avis, fut-il partiel.

Rapidement, les artistes et leurs maisons de disques ont pris le coup de ce changement : on mettrait avant tous les chansons les plus réussies au début de l'album, persuadé (à raison) que l’acheteur lambda n’allait pas rester accroché à une borne d’écoute Fnac pendant 45 mns.

Il est marrant comme le nouvel album de Teleman me renvoie à cette époque. Car ce 'Family of Aliens' ne fait pas dans le détail avec un démarrage très réussi où les titres catchy s’enchainent aux autres. Produit avec soin (je trouve la production parfaite, donnant un effet rond à l'ensemble et ne poussant jamais les boutons dans le rouge alors qu'il y aurait tout pour), les tubes s’enchaînent, rappelant aussi bien A-Ha qu’un Spoon pop tant Dave Fridmann semble être derrière la console de cet album là.

Et puis il y a la suite qui gâche un peu ce départ un fanfare. Des chansons moyennes, moins inspirées, quand elles ne sont pas juste plus calmes, et tranchant complètement avec l’ambiance des débuts. Et ce n’est pas en piquant sans vergogne le piano de Come On! Feel the Illinoise! (Part I: The World's Columbian Exposition — Part II: Carl Sandburg Visits Me in a Dream (pour faire plus simple, la troisième de 'Illinoise') de Sufjan Stevens sur Sea of Wine que Teleman rattrape le tout.

Pas un mauvais disque au final, loin de là, de jolies choses, mais un ensemble un peu trop décousu pour vraiment marquer. Reste donc ce premier tiers…

Album : Family of Aliens
Année : 2018
Label : Moshi Moshi Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Family of Aliens de Teleman est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de ce 'Family of Aliens' de Teleman, voilà Cactus : 


Pour finir, Song for a Seagull, le troisième morceau de 'Family of Aliens' de Teleman, via son clip :



lundi 27 avril 2009

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Sofia's Song

En juillet prochain, cela fera 4 ans. Quatre longues années d'attente (and still counting) que l'ami Sufjan Stevens aura donné naissance à son chef d'oeuvre 'Come On Feel The Illinoise'. Et depuis, plus rien, ou pas grand chose: un albums de chutes de studio, une compilation de 5 cédés de 'Christmas Songs' (dont trois étaient déjà disponibles sur Internet) puis l'apparition d'un volume 8, quelques nouvelles chansons (Majesty Snowbird entre autres), quelques covers, un travail symphonique pour l'Académie de Musique de Brooklyn (avec pour thème la Brooklyn-Queens Expressway, une des autoroutes de New-York), quelques productions pour des amis (Rosie Thomas, The Welcome Wagon), une reprise du You Are The Blood des Castanets pour 'Dark Was The Night'. Et c'est tout.
En ces temps de disette Sufjanienne, il faudra donc se contenter de ce Sofia's Song, une chanson écrite à l'attention de Sofia Coppola il y a quelques années, alors qu'il était encore à l'université, et qui vient de voir le jour sur Internet. Un titre de même pas 2 mns, jolie bluette tout au banjo, qui aurait fait une belle face-b de 'Seven Swans'.
Bref, rien de bien récent sous le soleil. Mais ces petites douceurs qu'il égrène ici et là, semblent avoir un but: celui de nous faire patienter encore quelques mois. Car, je persiste à croire que 2009 sera l'année du retour fracassant de Sufjan Stevens. J'oserais, je mettrais bien quelques piécettes sur un nouvel album (sur les oiseaux comme il l'avait dit, on aura au moins une version studio de Majesty Snowbird) et un ou deux Eps pour continuer sur projet fou des 50 États. D'ici là, il ne nous reste plus que Sofia's Song pour patienter. Certes, c'est déjà pas mal. 

Album: - 
Année: 2009 (apparition) 
Label: -

jeudi 24 janvier 2013

[Track of The Day] Sufjan Stevens - The 50 States

Et un Sufjan Stevens en chasse un autre. Alors que Christmas Unicorn disparait de la playlist Grooveshark (dans la colonne de droite de ce blog), c'est une nouvelle chanson d'un des héros de ces pages qui prend sa place.

Car Sufjan Stevens, sans crier gare, vient de lâcher via son site/blog/tumblr la version studio de 'The 50 States', la chanson qui ouvrait les concerts de la tournée de 'Come on Feel The Illinoise', où le sieur Sufjan était déguisé en pom-pom-boy, entourée de pom-pom-girls.

Une chanson qui nous replonge dans une époque bénie où Sufjan Stevens avait mis le monde à genoux le temps d'un disque sublime et qui n'a toujours pas pris une ride. Ce The 50 States est un délice. « Pack up your bags, it's never too late... ».

Album : -
Année : 2013 (sortie officielle)
Label : -


The 50 States est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

mardi 7 septembre 2010

Sufjan Stevens - All Delighted People Ep [Asthmatic Kitty]

Quand le compère Sufjan Stevens revient aux affaires, il ne fait pas semblant. Ne s'étant pas jeté dans la gueule du loup qui l'attendait au sortir du succès de 'Come On Feel The Illinoise' en 2005 , notre homme avait su se faire discret depuis quatre ans.
Et puis là, au sortir d'un été chaud comme un mois de mars, le sosie de Ted Mosby - de How I Met Your Mother - annonce un nouvel Ep, 'All Delighted People Ep'. Et cinq jours plus tard, un nouvel album, 'The Age of Adz'. Boum, ça, c'est fait: la relève de son chef d'œuvre de 2005 (dernier album chanté jusque là) est donc arrivée.

Vu qu'on ne sait finalement pas grand chose de ce dernier (à un I Walked près, en écoute ici), concentrons donc sur 'All Delighted People Ep', splendide sortie de retour.

Avec ce nouveau disque, Sufjan Stevens fait fort en se permettant de sortir un des Ep les plus longs de l'histoire de la musique avec près de 60mns (pour 8 chansons!).
Et forcément avec une telle longueur, une question se pose: pépère aurait-il fondu un plomb? Et son 'All Delighted People Ep' est-il une vaste fumisterie pleine de grandiloquence ridicule ou simplement un coup de génie?

Même en mettant mon admiration sans borne pour ce bonhomme de côté, je suis obligé de répondre «coup de génie». Et pourtant, il y a bien ici de l'emphase, mais rien de suranné, rien de sur-joué. Non. Sufjan Stevens compose des chansons inspirées et solides, n'hésitant à partir très haut, très fort, pour mieux revenir sur terre en deux accords que lui seul semble détenir.

All Delighted People (sorte de bijou folk à tiroir de près de 12 mns où Sufjan rend hommage au Sound of Silence de Simon & Garfunkel) ou sa version classic rock (plus courte et électrique), Djohariah (immense chanson de 17 mns à l'intro longue et incroyablement fascinante, toute en montée et en pression), Enchanting Ghost ou Arnikaou, toutes ces chansons sont de grandes compositions permettant à Sufjan Stevens de faire un retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres enivrants.

Récemment Matt Berninger, chanteur de The National, déclarait que son groupe avait participé à l'enregistrement du prochain disque de Sufjan Stevens. Et annonçait sans coup férir: «it's sounding incredible». Espérons qu'il parlait de 'The Age of Adz': on sait désormais que 'All Delighted People Ep' est un disque extraordinaire. (sortie: 20 août 2010)


'All Delighted People Ep' est disponible pour le moment en version numérique, pour 5$, en cliquant ici. Heureusement, Sufjan Stevens a anonncé que l'Ep verra le jour physiquement en double-LP (!) en décembre prochain.

Son:
Myspace
Site officiel chez Asthmatic Kitty

Deux chansons de 'All Delighted People Ep' en écoute aujourd'hui: l'intro et la conclusion de ce disque: All Delighted People (Original Version) et Djohariah. Elles ouvrent et ferment l'Ep, sont longues, mais méritent vraiment l'écoute. (malheureusement plus en écoute)

mardi 7 mai 2024

[Track of The Day] St. Vincent - Violent Times

Difficile de ne pas aimer Annie Clark. Celle qui officie sous le nom de St. Vincent depuis bientôt vingt ans a quand même beaucoup de choses pour elle : une très belle voix, une certaine idée de la pop séduisante, un album absolument remarquable ('Masseduction') et peut se targuer, cerise sur le gâteau, d’avoir été membre des Polyphonic Spree autant que du groupe de Sufjan Stevens (si vous étiez de la tournée 'Illinoise', alors vous l’avez vue sur scène déguisée en cheerleader).

Pourtant, malgré toute l’affection que je peux lui porter, difficile de ne pas ressortir circonspect à l’écoute de 'All Born Screaming', son tout dernier album en date. Un disque chiadé, joliment produit, qui a du charme certes et, ce qui ne gâche rien, une très belle pochette. Le hic, c'est qu'il manque surtout de personnalité. Ultra-référencé, cet album sonne avant tout comme un conglomérat d’influences que St. Vincent aurait suivi doctement sans se les approprier et y mettre réellement sa patte, à tel point que sur chacun des dix morceaux, on se surprend à penser à beaucoup d'artistes (et pas qu'à Prince) mais jamais à St. Vincent.

Alors parfois, le charme opère malgré tout (et malgré nous), comme sur Violent Times (en écoute aujourd’hui), chanson que Mowno dans sa chronique a décrit très justement comme « l’une des meilleures chansons de générique James Bond jamais pondues (officieusement) ». Mais sur la longueur, 'All Born Screaming' sonne avant tout comme un pastiche pop finalement assez anecdotique

Album : All Born Screaming
Année : 2024
Label : Total Pleasure Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Violent Times de St. Vincent est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 14 septembre 2023

[Trackf of The Day] Sufjan Stevens - Will Anybody Ever Love Me?

Soixante-neuf secondes. C'est exactement le temps qu'il m'aura fallu pour rendre les armes. Une minute et même pas dix secondes pour faire rentrer ce nouveau single de Sufjan Stevens dans mon inconscient. Et voir les larmes me monter aux yeux, en plein open-space, coincé derrière mon ordinateur à essayer d'aller au bout d'une journée bien trop longue pour être honnête.

Est-ce la beauté de ce break annonçant le refrain, après une ouverture tout en banjo et piano discret qui m'a mis dans cet état là ? Ou est-ce plutôt ces quelques mots qui donnent le titre à cette chanson, « Will Anybody Ever Love Me? », en forme de supplique comme désespérée, chantée par une voix qui semble sur le point de s'écrouler ? Sans doute un peu des deux - et certainement l'un plus que l'autre.

Ce deuxième single du plus qu'attendu 'Javelin' promis pour le 6 octobre prochain touche au plus profond. Parce qu'il annonce les choses simplement, remet l'essentiel au centre de la table. Parce qu'il le fait de manière simple autant que grandiose, que ce soit dans sa mélodie (qui rappelle, comme à chaque fois, à quel point Sufjan Stevens n'est jamais aussi bon que quand il navigue dans des eaux folk dont il connait les courbures sur le bout du sextant), dans ses arrangements (évidemment écrits mais aussi tous joués ici par l'américain) ou dans ses trois voix féminines qui se mêlent à cette si belle complainte. 

Alors certes, l'auteur d''Illinoise' a peut-être une vision et une lecture plus profonde de son texte. Celui-ci a probablement un sens plus spirituel (notre homme ayant semble-t-il une relation contrastée avec la religion). Possiblement oui. Mais à dire vrai, l'important est ailleurs et est à chercher dans les émotions que les mots et la mélodie de Will Anybody Ever Love Me? arrivent à procurer ; sans hésitation aucune une des plus belles chansons jamais composées par Sufjan Stevens.

Album : Javelin
Année : 2023
Label : Asthmatic Kitty Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Will Anybody Ever Love Me? de Sufjan Stevens :

Le clip de Will Anybody Ever Love Me? de Sufjan Stevens :

lundi 15 novembre 2010

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Want to Be Well

Certains crient à l'imposture, d'autres au génie: le dernier album de Sufjan Stevens, 'The Age of Adz' est sans nul doute le disque qui fait le plus débat de cet automne 2010 - dans le monde indé, cela va sans dire. Ailleurs, c'est de savoir si Florent Pagny a fait encore pire que ses précédentes livraisons (indice: cette fois, il ne massacre pas Jacques Brel, ce qui est déjà pas mal).

De mon côté, sans crier au génie (ce que j'ai pourtant déjà fait à propos de l'américain), je trouve que son dernier album en date est une très grande réussite. 'The Age of Adz' est un disque long en bouche, dont les premières écoutes sont assez déstabilisantes pour un fan de l'œuvre de Sufjan Stevens.

Ici, l'auteur de 'Come On Feel The Illinoise' fait intervenir dans ses compositions une sorte d'electro très cheap, assez lourdingue de prime abord et qui se pose en façade de beaucoup des compositions.
Mais tout cela, c'est avant que l'alchimie opère, que tout ce qui a fait son succès se révèle être bien présent: balade folk lumineuses, mélodies à tomber, souci du détail, cordes et cuivres en pagaille.

'The Age of Adz' est un disque magnifique à mes oreilles, qui se découvre un peu plus à chaque nouvelle écoute et qui contient certaines des meilleures compositions de Sufjan Stevens (I Want to Be Well, en écoute aujourd'hui, et l'incroyable Impossible Soul et ses 25 minutes pour 5 mouvements, notamment).
Un album sombre (il raconte beaucoup d'amours déçus) qui voit Sufjan Stevens prendre des risques, ne pas se résigner à surfer ni rester l'éternel auteur d'un album justement éternel. Il y a effectivement quelque chose de génial chez ce type. 

Album: The Age of Adz 
Année: 2010 
Label: Astmatic Kitty

Dans Le Mur du Son s'est amusé à chroniquer ce 'The Age of Adz'. Quatre chroniques donc, aux avis bien tranchés. A lire en cliquant ici!

mardi 5 mars 2013

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Give a Little Love

Sufjan Stevens fait partie de ces artistes qui ont tout compris au nouveau monde de la musique : il a un bandcamp où il est très simple d'acheter ses albums; tous ses disques se trouvent en écoute sur les principales plateformes de streaming, de spotify à deezer; son site internet est un tumblr tout sauf institutionnel (et un peu wtf pour un artiste de ce rang là); et il sait distiller régulièrement des démos, des chansons oubliées au fond d'un séquenceur.

Avant dernier exemple en date (depuis vendredi dernier, Sufjan Stevens a publié une des premières démos de Casimir Pulaski Day, une des chansons phares de son 'Come on Feel The Illinoise'. A écouter ici) avec Give a Little Love, outtakes/demos (lui même ne semble pas savoir) retrouvée on ne sait comment et où et qui, selon Sufjan Stevens lui même, viendrait des sessions d'enregistrement de 'All Delighted People', l'Ep qui avait précédé de quelques semaines 'The Age of Adz' en 2010.

Give a Little Love est en tout cas une chanson créée à cette époque là, sans nul doute. Mais à dire vrai, je la verrais plus comme un titre abandonné de 'The Age of Adz', avec son intro rappelant furieusement Impossible Soul, et cette voix trafiquée et ces chœurs.

Mais loin d'être un essai raté, Give a Little Love est un petit bonheur, notamment dans sa partie centrale et ces chœurs qui montent, qui se croisent, se quittent pour mieux se retrouver, un peu dans l'esprit de Christmas Unicorn de noël dernier. A écouter. Et à aimer. D'urgence.

Album : -
Année : 2013
Label : -



En plus d'être dans le lecteur Grooveshark rouge à droite, Give a Little Love est également en écoute sur le tumblr de Sufjan Stevens (cliquer ici) et dans le lecteur soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


mardi 29 mars 2011

Over The Rhine - The Long Surrender [Great Speckled Dog]

Les histoires suivantes sont plus ou moins connues mais méritent d'être répétées:

- En octobre 1963, Edith Piaf, minée par trop d'abus divers, décède et met la France en émoi. Un jour plus tard, Jean Cocteau, grand acteur parmi les grands acteurs, passe de l'autre côté à son tour. Dans l'indifférence ou presque.

- En juin 1989, David Hasselhoff, l'homme qui aime les moules burnes en cuir et la compagnie d'une voiture qui parle, sort son album 'Looking for Freedom' avec comme single phare la chanson du même nom. Six mois plus tard, le mur de Berlin tombe et celui qu'on appelle désormais Mitch Buchannon part chanter sur le mur sa chanson devant des milliers d'allemands fous de joie (selon certaines rumeurs, David Hasselhoff serait encore persuadé aujourd'hui d'avoir joué un rôle primordial dans cet évènement historique).

- Le 4 septembre 2011 Explosions In The Sky sortent 'Those Who Tell The Truth Shall Die, Those Who Tell The Truth Shall Live Forever', leur second album dont la pochette représente un ange tirant un halo de lumière sur un avion.
Sept jours plus tard, le 11 septembre 2001, The Moldy Peaches sort officiellement son album du même nom où l'on retrouve la chanson New-York City's Like a Graveyard. Les Strokes eux changent in-extremis le tracklisting de la version américaine de leurs 'Is This It?' en supprimant l'excellent New York City Cops.
Quant à The Coup, on leur fait la guerre suite à la pochette de leur album 'Party Music' présentant les Twin Towers éventrées par l'explosion de bombes; alors que l'album est pour le coup vraiment réussi.

Pour tous ces protagonistes, un lien commun: ils ont tous du faire face à des coïncidences heureuses, fâcheuses ou simplement malheureuses.

Pour Over The Rhine l'année 2005 est aussi une l'histoire d'une coïncidence fâcheuse. Car en 2005, Over The Rhine, groupe américain de Cincinatti, offre son plus bel album: 'Drunkard's Prayer'. Un disque de pop très classieux, très travaillé, aux arrangements somptueux et aux mélodies succulentes. Un disque qui aurait du connaitre un succès fou, ou au moins une reconnaissance médiatique.

Oui mais voilà, en 2005, c'est un autre américain qui reçoit, et à juste titre, des tombereaux d'hommages pour 'Come On Feel The Illinoise' : Sufjan Stevens. Celui-ci fait la une de partout, récolte des éloges de la presse spécialisée - ou non - mondiale et, cerise sur le gâteau, vend très bien son chef d’œuvre.
Dans le même temps, Over The Rhine, son 'Drunkard's Prayer' sous le bras et traverse dans une presque indifférence polie l'année 2005.

Six ans plus tard, Linford Detweiler et son groupe revienne sur le devant de la scène avec 'The Long Surrender' qui reprend la trame de 'The Trumpet Child' (sorti en 2007). Over The Rhine oublie une nouvelle fois la pop lumineuse qui aurait pu faire de lui un groupe marquant et important pour mieux entretenir ses nouvelles envies de jazz-pop. Un style qui lui sied cela dit à merveille, la voix de Karin Bergquist se mariant parfaitement avec ces ambiances là.

Tentant un léger rapproché avec la pop qui a failli faire son succès (Only God Can Save Us Now ou Days Like This notamment), 'The Long Surrender' est un disque plus divers que son prédécesseur mais tout aussi beau, charmant, délicat, qui sent bon le piano-bar. Et qui devrait parler à beaucoup d'esthètes de la mélodie.

On lui reprochera peut-être sa longueur (près d'1h). Mais au final, on peut raisonnablement penser que Over The Rhine n'en a que faire: le groupe a laissé passer la reconnaissance qui lui tendait les bras un soir de juillet 2005. Sans rien y pouvoir. Foutus hasards. (sortie: 8 février 2011)

Son:
Myspace (Aucune chanson de 'The Long Surrender' en écoute mais une bonne quantité de live)
Site officiel d'Over The Rhine

Deux chansons en écoute aujourd'hui. The Laugh Of Recognition et ses accents jazzy qui ouvre 'The Long Surrender' et Only God Can Save Us Now la chanson la plus pop du 11è album d'Over The Rhine. (malheureusement plus en écoute)

lundi 4 octobre 2010

[Track of The Day] Aberfeldy - Malcolm

J'ai toujours aimé les artistes qui arrivent à placer, ni - presque - vu ni connu, de discrets petits hommages à d'autres groupes musicaux qui ont fait l'histoire de la musique avant eux.

Attention, il n'est pas question ici de plagiat éhonté ou de reprises dissimulées. Je parle ici de jolies révérences, du genre de celle de Sufjan Stevens pour le Close to Me des Cure sur Come On! Feel the Illinoise! (Part I: The World's Columbian Exposition — Part II: Carl Sandburg Visits Me in a Dream), la troisième chanson de l'album du même nom.

Aberfeldy, sur son troisième album, 'Somewhere to Jump From', s'amuse avec les mots et à rendre hommage, le temps de la chanson Malcolm, au Velvet Underground, à Bob Dylan et aux Beatles. C'est discret, superficiel mais très charmant.

Charmant c'est aussi le mot qui va bien pour définir ce troisième album d'Aberfeldy - et le premier en 4 ans. Compositions qui sentent bon le soleil, bluettes pop chatoyantes et xylophone au garde à vous. Cet album est en tout cas un beau retour d'un groupe qu'on pourrait avoir tendance (comme beaucoup d'autres) à qualifier de « mineur » alors qu'il est finalement bien plus que ca. 

Album: Somewhere to Jump From 
Année: 2010 
Label: Tenement Records

'Somewhere to Jump From' peut-être commandé directement sur la page officielle du groupe sur le site de Tenement Records.

lundi 24 juin 2024

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Went Dancing With My Sister

Les rééditions ne sont pas l'apanage des gros labels. Beaucoup d'ailleurs en ont pris leur parti depuis quelques années. Notamment Asthmatic Kitty Records. Et difficile de leur en vouloir quand on a comme figure de proue un artiste majeur (et accessoirement son co-fondateur) comme Sufjan Stevens et quelque-uns de ses albums (tout aussi majeurs) dans son back catalogue.

Un an après la réédition de 'Michigan' et un an avant celle d''Illinoise' (que je vais évidemment commander, comme à chaque fois), Asthmatic Kitty Records vient de publier une Deluxe Edition de 'Seven Swans'. Un très bel objet semble-t-il mais musicalement sans grande nouveauté par rapport aux rééditions précédentes (oui, vous imaginez bien qu'il y en a eu d'autres). Notons juste que deux des chansons bonus Waste of What Your Kids Won't Have et I Went Dancing With My Sister (sauf erreur, toujours pas de Borderline, face-B de The Dress Looks Nice On You, sorti à l'époque) sont désormais disponibles pour la première fois en digital et également sur flexi disc (après avoir été un gravées en 45-tours lors d'éditions précédentes, ce qui avait tout de même plus de gueule vous en conviendrez). Pas de nouveauté à proprement parler donc, mais nous sommes lundi, il y a du banjo, il s'agit de Sufjan Stevens et en ces temps troublés, ça ne peut pas faire de mal.

Alors, comme en septembre 2007, j'avais déjà mis à l'honneur Waste of What Your Kids Won't Have dans ces pages, faisons place aujourd'hui à I Went Dancing With My Sister, autre chanson bonus et face-B tout à fait délicieuse.

Album : Seven Swans (Deluxe Edition)
Année : 2024
Label : Asthmatic Kitty Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Went Dancing With My Sister de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :

Autre « bonus » de cette Deluxe Edition de 'Seven Swans', voilà Waste of What Your Kids Won't Have de Sufjan Stevens :

mardi 18 avril 2017

[Track of The Day] State Broadcasters - Break My Fall

'A Different Past' a beau n’être que leur troisième album en 8 ans, les écossais de State Broadcasters n’ont pour autant pas chômé durant toutes ces années. Découvert par leur délicat premier album 'The Ship and The Iceberg', sorti en 2009 à une période où le 'Come On Feel the Illinoise' de Sufjan Stevens était encore dans toutes les têtes, les State Broadcasters ont depuis sorti un deuxième album ('Ghosts We Must Carry') et une flopée de singles et d'Ep (tous référencés sur leur page bandcamp).

'A Different Past' donc. Un disque à l’homogénéité absente mais qui n'est en rien un problème tant les 10 chansons de - citons les, ils le méritent - Pete MacDonald, Gillian Fleetwood, Cameron Maxwell, David McGintyet et Susan Appelbe sont de véritables petits bijoux. Ici, les State Broadcasters alternent entre chansons lentes et mélancoliques (Let The Wolves Roam, Ribbons ou Folding tout à l’accordéon), pop-songs à la I'm From Barcelona (I’ll Sing with Ya!), rappelant parfois leurs cousins de Dancing Mice (Feelin' Alive), ou bluettes pop entre Sufjan Stevens et le Spinto Band (Break My Fall).

Ne lésinant pas sur les mélodies de qualités, invitant - en plus des traditionnels piano, guitares et basses - harpe, accordéon, trombone, violoncelle à leur festin pop, portés par des voix toujours belles et justes, les State Broadcasters emballent l'affaire en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. En ce qui me concerne, ils m'ont eu dès l'écoute de Break My Fall, single parfait qui ouvre 'A Different Past' (en écoute aujourd'hui).

Album : A Different Past
Année : 2017
Label : Olive Grove Records

Acheter


En plus des lecteurs Deezer et Spotify, Break My Fall des State Broadcasters est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de ce 'A Different Past', Ribbons est à découvrir là : 



Pour finir, le clip de Break My Fall et ses images familiales d'archive :


lundi 16 juin 2008

Track of The Day (10-16 juin 2008)

Une semaine pleine de nouveautés et, j'espère, de découvertes. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)

Lundi 16 juin 2008:
* Sufjan Stevens - Free Man In Paris (Joni Mitchell cover) [Nonesuch]
Le grand Sufjan Stevens l'an dernier avait, à l'occasion d'un album Tribute à Joni Mitchell, sorti sa version de Free Man in Paris. Une reprise réussie, très Sufjanienne (depuis 'Come on Feel The Illinoise', le gus a vraiment un son à lui) et qui rend bien hommage à cette grande dame qu'est Joni Mitchell.
(disponible sur A Tribute to Joni Mitchell, 2007)

Dimanche 15 juin 2008:
* Micah P. Hinson - A Dream of Her [Houston Party]
Alors que je viens d'apprendre que le grand Micah P. Hinson revient en septembre prochain avec un nouvel album ('Micah P. Hinson & the Red Empire Orchestra'), retour sur une de ses merveilles (ce mec là en a trop), A Dream of Her. Tremblez poils de mes bras, tremblez!
(disponible sur Presents a Dream of Her Ep, 2007)

Samedi 14 juin 2008:
* Wire - All Fours [Post Everything]
Retour des vétérans du post-punk, cinq ans après leur dernier album en date. On reviendra sur le disque plus précisément quand les écoutes se seront accumulées dans mes oreilles. Sachez toutefois que ce 'Object 47' se termine par ce All Fours dément. Fan le -Twist-, fan!
(disponible sur Object 47, 2008)

Vendredi 13 juin 2008:
* Kiko - Slave of My Mind [Different]
Ce n'est pas un nouveau venu sur la scène électro française mais parions qu'il va exploser cette année. Ses sets sont déments (il faut être clair, net et précis), son premier album sort chez Different et son premier single Slave of My Mind est juste magique. Neuf minutes pour devenir esclave de Kiko. Oh yeah!
(disponible sur Slave of My Mind, 2008)

Jeudi 12 juin 2008:
* MGMT - Time to Pretend (2005 version) [Cantora]
Comme quoi, il faut un peu de temps pour peaufiner un titre. Prenons MGMT, révélation (et album?) de l'année qui avant de fignoler son Time to Pretend - qui aurait été en d'autres temps un hymne générationnel - avait sorti une première version beaucoup plus discrète et electro, dénudée de ses atours percutants de 2008. Il en reste quand même une version à découvrir et loin d'être désagréable.
(disponible sur Time to Pretend Ep, 2005)

Mercredi 11 juin 2008:
* Nagisa Ni Te - Me, On The Beach [Jagjaguwar]
Quand, en 2001, Jagjaguwar avait réédité le premier album de 1995 du groupe, un forumeur de La Caverne (ah, quelle communauté c'était!) me l'avait (à moi et à d'autres) fortement conseillé. Et en effet, Nagisa Ni Te, un groupe japonais chantant en japonais et faisant de la pop-folk, a de la gueule. J'avais même eu un vrai coup de foudre pour ce titre là, Me, On The Beach, à la mélodie particulièrement entêtante.
(disponible sur On The Love Beach, 2001)

Mardi 10 juin 2008:
* Styrofoam - Bright Red Helmet [Nettwerk]
A tout ceux qui cherchent un palliatif à Postal Service et leur electro-cheap, ce groupe est fait pour vous. Le disque est une très grande réussite. Et ce Bright Red Helmet encore plus. On y revient dans quelques jours.
(disponible sur A Thousand Dreams, 2008)

jeudi 4 décembre 2008

The Welcome Wagon – Welcome to The Welcome Wagon [Asthmatic Kitty]

Depuis que Sufjan Stevens a décidé d’être une vieille feignasse après deux années de sorties en tous genres, il a fallu me rabattre sur d’autres disques, d’autres artistes, capable de me rappeler en quelques notes tout le talent de l’auteur de ‘Come On Feel The Illinoise’.

Faites donc place à ‘Welcome to The Welcome Wagon’ de The Welcome Wagon, duo formé par le Reverend Thomas Vito Aiuto et sa femme Monique, dernière sortie en date de chez Asthmatic Kitty. Elle, a une voix qui rappelle celle de Deb Talan de The Weepies. Lui possède un timbre qui pourrait facilement le faire passer pour le frère de Sufjan Stevens (c’est affolant sur certains titres).

Et c’est tout sauf surprenant vu que l’on retrouve ce dernier à la production de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’. Et au-delà de se voir (la pochette fait furieusement penser à celle de 'Greetings from Michigan, the Great Lake State'), cela s’entend, que cela soit dans le son de la batterie, la simplicité et la beauté des mélodies, le touché de banjo et jusque dans les notes de xylophone (il faut écouter American Legion, le titre qui a le plus de similitudes avec le songwriting de Sufjan Stevens). A tel point que si l’on tombait sur un titre de ce groupe sans savoir de qui il s’agissait, on jurerait ses grands dieux qu’il s’agit de Sufjan.

L’idée de The Welcome Wagon semble simple : sortir le disque pop délicat de cette fin d’année, avec des cordes par ci, des cuivres par là. Mais surtout y insuffler un peu de soul. But For You Who Fear My Name (voir plus bas) avec ses notes de banjo, ses chœurs quasi-gospel couplés à des clappings incessants, est une réussite totale à ce niveau. Tout comme I Am A Stranger, mais dans un genre totalement différent, guitare et chœurs qui n’arrêtent de chanter au diapason.

Alors oui, comme tout groupe qui compte en son sein un révérend qui se respecte, The Welcome Wagon parle beaucoup de Dieu et de religion dans ses compositions. Énormément même. Mais ce n’est pas forcément gênant, tant leur musique adoucit les mœurs et les possibles griefs. Donc pour une fois, zappons les paroles et concentrons-nous sur la musique, qui a un côté divin par moments.

Bref, que dire en conclusion à part ce que me faisait remarquer dernièrement Bopper à propos de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ : «Ca sonne comme du Sufjan... C'est signé sur le label de Sufjan... Mais ce n'est pas du Sufjan... Mais ça y ressemble quand même drôlement... Normal c'est produit par Sufjan...». CQFD. Et sacré disque en tout cas. (sortie : 9 décembre 2008)

Son :
Myspace (Deux titres de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ en écoute)
Site officiel (le titre Sold! To The Nice Rich Man est en téléchargement gratuit et légal en faisant "click-droit-enregistre-sous" ici.

Et deux titres en écoute : Up On A Mountain, balade on ne peut plus Sufjanienne et But For You Who Fear My Name, le titre le plus gospel de l’album (malheureusement plus en écoute).

lundi 30 août 2010

[Track of The Day] Sufjan Stevens - I Walked

La rentrée 2010, c'est un peu la fête à Sufjan. Voilà t-y pas que le bougre, très discret depuis 'Come On Feel The Illinoise' (un coffret de noël par ci, un albums de chutes de studio par là) annonce coup sur coup deux albums: un premier Ep, 'All The Delighted People Ep' (dont on parlera dans ces pages dans quelques jours) et un nouvel album, 'The Age of Adz'.

'The Age of Adz' ne sera pas le troisième (ou quatrième si l'on considère que le BQE comme étant celui consacré à l'état de New-York) album de son projet des 50 States. Ainsi, derrière ce nom un peu bizarre ne se cache donc pas un disque où Sufjan Stevens nous fera parcourir l'Utah ou à l'Arkansas.

'The Age of Adz' est annoncé comme loin de ses dernières productions folk-lumineuses, de ses dernières collaborations (The National, The BQE) ou ses dernières productions (The Welcome Wagon, Rosie Thomas); un fait confirmé par l'écoute du premier extrait disponible, I Walked.

Cette chanson se rapproche en effet de l'ambiance de 'Astral Inter Planet Space Captain Christmas Infinity Voyage' (ou le volume 8 de ses Christmas Songs). I Walked hésite entre pop et electro (par moment futuro-kitsch), mais n'oublie pas en chemin les mélodies. Et comme à chaque fois avec Sufjan Stevens, en tout cas chez moi, ça fait mouche. 

Album: The Age of Adz 
Année: 2010 
Label: Asthmatic Kitty

vendredi 13 octobre 2017

[Track of The Day] Sufjan Stevens - Wallowa Lake Monster

Sorti il y a déjà deux ans, 'Carrie & Lowell' n'en finit plus de continuer d'exister. Depuis, celui-ci aura en effet eu droit à une version live (lire ici) à laquelle viendra s'ajouter dans quelques semaines 'The Greatest Gift' (malheureusement uniquement disponible au format digital), une mixtape compilant des remixes, des démos, des versions alternatives mais aussi 4 chansons inédites et exclues du tracklisting final : The Hidden River of My Life, City of Roses, The Greatest Gift et Wallowa Lake Monster, en écoute ce jour.

Seul 'Come on Feel The Illinoise' avait eu droit à ce traitement de faveur, avec la sortie en 2006 de 'The Avalanche', une compilation de chutes de studio. Ce qui en dit beaucoup sur l'importance que porte Sufjan Stevens à 'Carrie & Lowell'.

Wallowa Lake Monster donc. Une chanson de plus de 6 mns, très belle (évidemment), dans l'esprit de 'Carrie & Lowell', mais avec plus d'emphase ; et qui explique pourquoi ce titre ne s'est pas retrouvé sur l'album original. Une chanson où il toujours question de la mère de Sufjan Stevens, mais de façon plus poétique et métaphorique. La chanson se termine d'ailleurs par ces mots :  « As we wait for the waters to reside, her remarkable stoicism and her pride, when the dragon submerged we knew she had died ».

Notons aussi que Sufjan Stevens vient de s'essayer à la musique de film vu qu'il a composé trois chansons pour 'Call Me By Your Name', un long métrage de Luca Guadagnino, à sortir ces prochaines semaines (au moins aux États-Unis). Fin d'année chargée pour l'homme de Detroit.

Album : The Greatest Mix
Année : 2017
Label : Asthmatic Kitty

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify dans la colonne de gauche, Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est en écoute ci-dessous :


Wallowa Lake Monster de Sufjan Stevens est aussi disponible ici :



La bande-annonce de 'Call Me By Your Name', où l'on peut donc entendre une partie d'une des trois chansons composées par Sufjan Stevens :



mardi 31 juillet 2018

Tony Molina - Kill The Lights [Slumberland]

Tony Molina est un artiste fascinant. Et sans doute assez unique quand on y réfléchit un peu. Soyons donc précis : Tony Molina, ce sont deux albums ('Dissed and Dismissed' en 2014 et donc 'Kill The Lights' cette année), deux Ep ('Six Tracks E.P.' en 2013 et 'Confront The Truth E.P.' en 2017), un album live ('West Bay Grease' l’an passé) et une cassette à ses débuts ('Embarrassing Times' en 2009). Soit 58 chansons (seulement deux dépassent les 3 mns, dont une reprise de Metallica) pour un total de musique enregistrée de… 75 minutes et 38 secondes.

Michael Gira ne doit rien y comprendre. Et sans aller jusqu'à Swans, à titre de comparaison, 'Come On Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens, c’est - précisément - 74'15". Un monde.

Car oui, sur son nouvel album 'Kill The Lights', Tony Molina n’a pas changé : il fait dans le court. Le très court. Quatorze minutes et 30 secondes de musiques, pour 10 chansons. On a vu des Ep plus remplis.

Et pour autant disais-je, Tony Molina est fascinant. Car si son disque est à l’image de 'Confront The Truth E.P.' en 2017, totalement enivrant. Difficile de ne pas être complètement séduit si l’on aime la belle pop, des Beatles à Elliott Smith, des Teenage Fanclub aux guitares Gilmourienne de la fin en passant par les Byrds ou Nick Drake.
Les presque 15 mns défilent toutes seules ici, notre homme composant de magnifiques mélodies. Alors oui, toutes ne sont pas des chansons, plus des couplet/refrain ou pont/refrain. Oui, il y a bien une frustration de ne pas le voir développer ses mélodies plus en longueur tant elles sont bien composées. Mais tout ce 'Kill The Lights' déroule sa musique avec une facilité toute pop que ce n'est finalement pas un frein. Et qu'il se permet d'orner d'une magnifique pochette, comme souvent.

Reste une question : pourquoi composer et enregistrer des chansons aussi courtes ? Parce que Tony Molina préfère frustrer son auditoire plutôt que le lasser avec des chansons qui traîneraient en longueur ? Parce qu'il veut s’échapper du sacro-saint « chanson pop de 3'00 » ? Parce qu'il souhaite laisser une trace dans le grand livre de la pop en « inventant » le concept de medley-album (les Beatles avaient rempli une face d''Abbey Road' pour ce qui reste à ce jour leur meilleure composition. Tony Molina lui en fait un album entier) ? Ou tout simplement engranger les écoutes sur les différentes plateformes de streaming et empocher le jackpot ?

Sans doute un peu de tout cela à la fois. Mais l’important est sans doute ailleurs : 'Kill The Lights' est un album superbe. Qu'il soit long ou court importe peu au final. (Sortie : 27 juillet 2018)

Plus :
'Kill The Lights' de Tony Molina est en écoute sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est à l’achat sur son bandcamp
'Kill The Lights' de Tony Molina est notamment en écoute chez Spotify et Deezer


'Kill The Lights' de Tony Molina est court mais pour ceux qui ne voudraient que picorer quelques mélodies, trois chansons à l'honneur. D'abord Look Inside Your Mind / Losin' Touch (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colone de gauche de ce blog), accessoirement la chanson la plus longue du disque. Ensuite, Jasper's Theme. Et pour finir Before You Go :







Et pour ceux qui veulent l'écouter d'une traite 'Kill The Lights' de Tony Molina, ce lecteur est fait pour vous :