Après avoir organisé avec ses deux compères de magnifiques funérailles à METZ, Alex Edkins a retrouvé son moniker de Weird Nightmare et avec lui sa carrière solo qui depuis ses débuts lui va comme un gant (et semble particulièrement l'inspirer). Et s'il aura égrené pas mal de singles (entre nouvelles compositions et reprises particulièrement réussies) depuis la sortie de son premier album, il aura mis le temps pour lui donner un successeur.
Quatre ans donc après le simplement nommé 'Weird Nightmare', revoilà Weird Nightmare avec un second album, 'Hoopla', toujours chez Sub Pop. Prévu pour le 1er mai prochain, il s'annonce depuis quelques semaines par quelques chansons dont la dernière en date, Where I Belong (en écoute aujourd'hui) est sans doute la plus marquante. Parce qu'on y retrouve toute le talent mélodique d'Edkins, parce qu'elle a un côté « hymne à chanter à tue-tête », parce que son pont perturbant vous prend par surprise. Et parce que sa power-pop aux atours de garage (à moins que ce ne soit l'inverse) reste d'une qualité et d'une efficacité folles.
Si 'Memorial Waterslides' avait été en 2024 autant une vraie découverte qu'une étonnante surprise, je ne m'attendais pas à ce que le deuxième album de MEMORIALS soit autant un coup de cœur, aussi immédiat qu'absolument addictif. Certes, apprendre que le single In The Weeds, sorte de grande messe pop gourmande mais turbulente, paru en 45-tours début décembre dernier, serait de la partie aurait pu (et du) mettre sur la voie. Mais tout de même, à ce point ?
'All Clouds Bring Not Rain' du duo Verity Susman (ex-Electrelane) / Matthew Simms (guitariste de Wire depuis 2010) reprend les codes du premier album mais y met plus de mélodies, d'énergie et aussi d'ambition. Tout est ici plus beau, plus catchy, plus maîtrisé et indéniablement plus pop. Un genre de maelstrom de krautrock, psychédélisme, post-punk, folk, ambient, expérimental et noise-pop qui fait mouche à chaque fois. Un disque tout bonnement incroyable, parfaitement produit par le duo lui-même, qui voit les MEMORIALS passer un cap tout à fait inattendu. Et si beaucoup de chansons mériteraient d'être mis en exergue, si on aurait pu parler de la formidable ouverture Life Could Be a Cloud, qui pose les bases et le décor, si on pourrait évoquer le groove indécent de Mediocre Demon, l'élégance de Lemon Trees ou la douceur de I Can't See A Rainbow, on partira aujourd'hui sur Dropped Down The Well (en écoute aujourd'hui) morceau impeccable et implacable de bout en bout, aux gimmick et au hook irrésistibles et sacrément dansant. Immense chanson, sans aucun doute le tube de 'All Clouds Bring Not Rain'. Sans aucun doute celui de mon année 2026 à ce jour.
Quelques mois après la sortie de leur remarquable premier album 'Where
we've been, Where we go from here', le duo Friko, qui sonnait comme un
quatuor, avait publié une reprise de très réussie de Weird
Fishes/Arpeggi de Radiohead - du genre à vous donner envie de redonner une chance à 'In Rainbows', c'est dire.
Deux ans plus tard, et alors que Niko Kapetan et Bailey Minzenberger sont désormais à la tête d'un véritable quatuor (Korgan Robb à la guitare et David Fuller à la basse les ayant rejoints), Friko continue de lorgner vers la bande à Thom Yorke avec les premiers extraits de son deuxième album, 'Something Worth Waiting For'. Et notamment sur Still Around (en écoute aujourd'hui), dernier single en date, qui a tout de la bande d'Oxford époque 'The Bends' (surtout) / 'Ok Computer'. Une urgence mélodique (et qui reprend quelques gimmicks de Radiohead d'ailleurs) aux guitares nerveuses autant que lumineuses, et un chant presque habité, qui vit sa chanson comme jamais. J'allais dire « prometteur », mais vu la qualité de leur premier album, ce n'est en rien surprenant. Alors, je me contenterais d'un « épatant ». Vivement le 24 avril prochain.
Album : Something Worth Waiting For Année : 2026 Label : ATO Records
Quelques singles pour démarrer chez les défricheurs de Nice Swan Recordings, un premier Ep chez Heist or Hit Records et désormais une signature chez Adventure Recordings, sorte de caution indie de chez Island Records, le tout en même pas dix-huit mois : tout va très vite pour Westside Cowboy, quatuor anglais originaire de Manchester, à qui l'on promet plein de succès. Et ce n'est pas leur deuxième Ep 'So Much Country ‘Till We Get There Ep' qui va infléchir ces prédictions.
Alors certes, ce disque n'est pas fondamentalement renversant, certes il manque sans doute de corps et de personnalité, certes il ressemble plus à une présentation de tous les genres auxquels le groupe peut se confronter (indie-rock, jangle-pop, alternative country, power-pop) qu'autre chose (on est sur une major après tout). Mais il y a quand même quelque-chose chez ces jeunes mancuniens qui attire l'oreille : de belles mélodies, une voix féminine et une voix masculine qui s'échangent le micro pour le meilleur, une production soignée, et surtout deux excellentes chansons : Strange Taxidermy en ouverture (qui n'est pas sans rappeler Porridge Radio) et Don't Throw Rocks (en écoute aujourd'hui) qui, si elle ne réinvente pas le hook, est d'une urgence et d'une efficacité assez dingue. A suivre donc.
Album : So Much Country ‘Till We Get There Ep Année : 2026 Label : Adventure Recordings
Échappée de Sonic Youth suite à son divorce après 27 ans de mariage d'avec Thurston Moore, celui-ci préférant la délaisser pour des femmes beaucoup plus jeunes, Kim Gordon continue son petit bonhomme de chemin et revient avec un troisième effort solo, 'PLAY ME', toujours chez Matador Records.
Un disque dans la lignée du précédent 'The Collective', tout en changeant de vision. Si sa musique est toujours torturée, insaisissable, tumultueuse, no wave par bien des aspects, l'ensemble est plus pop dans toutes ses acceptions actuelles, moins indus et, sans doute, plus accessible. Mieux, la reine Gordon imprime ici plus que jamais une touche urbaine et trap qui font de quelques uns des titres de 'PLAY ME' (dont la chanson titre, en écoute aujourd'hui) des productions hip-hop de haute volée, aux beats puissants, martelés, et auxquels son chant - et son flow finalement - se marrie parfaitement bien. Kim Gordon a beau aller sur ses 73 ans, elle est plus actuelle que jamais.
Album : PLAY ME Année : 2026 Label : Matador Records