mardi 18 août 2026

[Track of The Day] Chanel Beads - Outside Your Life

Des artistes qui prennent des noms abscons ou d'autres qui s'affublent de noms si banals que trouver des informations à leur propos relève de la gageur, je connaissais. Mais ce que proposent aujourd'hui l'américain  Shane Lavers au travers de son projet Chanel Beads (qui est un trio au final), je n'avais - de mémoire - jamais vu ça. Car dans le genre, pour tromper et/ou embrouiller son monde, c'est parfait. Ainsi, au début de l'été, Chanel Beads a publié 'Your Day Will Come', son deuxième album, deux ans seulement après … 'Your Day Will Come', son premier album. Soit, le même et exact même nom. Et rien à voir ici avec une ressortie agrémentée de quelques inédits après une signature sur une plus grosse structure : Chanel Beads est signé chez Jagjaguwar depuis ses débuts. Non, c'est un choix, conscient et volontaire. Une volonté affichée qui s'expliquerait par l'idée de recommencer une histoire mais de façon différente. N'ayant pas écouté à ce jour le premier, je ne saurais le confirmer mais après tout, pourquoi pas ? Et puis, ils ont eu au moins le goût de ne pas publier la même pochette, c'est déjà ça.

Et donc ce 'Your Day Will Come' 2026 ? Un bel album de dream pop lancinante et texturée à mes oreilles, plus sûrement de l'hypnagogic pop si j'en crois les spécialistes, très Jagjaguwar dans l'esprit mais surtout très bien produit, aux rythmiques soignées, aux ambiances éthérées autant que surréalistes dans lequel on relèvera notamment Outside Your Life (en écoute aujourd'hui), chanson dont on croirait la mélodie langoureuse avoir été écrite par James Murphy et ses LCD Soundsytem.

Album : Your Day Will Come
Année : 2026
Label : Jagjaguwar

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Outside Your Life de Chanel Beads est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 12 août 2026

[Track of The Day] Wasuremono - Welcome Back

Groupe anglais originaire de Bradford-on-Avon et mené par Will Southward, laissez moi vous présenter Wasuremono (qui signifie « objet oublié » en japonais). Quatuor que je découvre sur le tard (leur première sortie remonte à 2018) et qui s'apprête à publier dans dix jours son cinquième album, 'Me And The Noise'.

Un disque qui s'annonce de la plus belle des manières avec Welcome Back (en écoute aujourd'hui), superbe chanson pop, entêtante à souhait, qu'on a envie d'embrasser et d'enlacer tant elle est joyeusement lumineuse, pleine d'emphase et de « na na na na na » qui ne demandent qu'à être chantés à tue-tête.

Album : Me And The Noise
Année : 2026
Label : Revolver Records / The Wilderness Records

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En plus des playlists Spotify, Tidal et YouTube (et non Deezer, allez savoir pourquoi) Welcome Back de Wasuremono est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Welcome Back, un des singles extraits de 'Me And The Noise', le prochain album de Wasuremono :

lundi 10 août 2026

[Track of The Day] Lucy Dacus - Clay Pigeons (Blaze Foley cover)

Si, comme moi, le nom de Blaze Foley ne vous dit rien, alors la chanson du jour est faite pour vous. Et le disque dont elle est tirée également. Car Blaze Foley fait partie de ces légendes américaines méconnues de la country et folk music, qui n'a pas eu une vie facile et dont la notoriété fut essentiellement postérieure à son décès. Une sorte de Jackson C. Frank américain, avec qui il partage une trajectoire anonyme et tragique.

Sans faire sa biographie tant il y a des choses à dire, sachez que Blaze Foley est né sous le nom de Michael David Fuller un jour de décembre 1949 en Arkansas mais qu'il a passé la majeure partie de sa vie au Texas, qu'il est le fils d'un père alcoolique, que dès l'âge de sept mois, il est atteint de la polio et que la maladie lui laissera une jambe plus courte que l'autre, qu'il tire son nom de scène du musicien de country Red Foley et de la stripteaseuse (mais pas que) Blaze Starr, qu'il a vécu un temps dans une maison dans les arbres avec l'amour de sa vie, Sybil Rosen, que la boisson a sans doute causé son insuccès et sa perte, qu'il était l'ami de Townes Van Zandt (ces deux dernières informations ont sans doute un lien d'ailleurs), qu'il n'a connu la notoriété que sur le tard grâce à la reprise à succès de son If I Could Only Fly par le duo Merle Haggard / Willie Nelson, qu'il n'a quasiment rien publié de son vivant, et qu'il est mort assassiné par le fils d'un ami au petit matin du 31 janvier 1989.

Mais depuis son décès, les choses ont changé. Reconnu, révéré (Lucinda Williams lui écrira une chanson dix ans après sa mort et dira de lui qu'il était « un génie et un perdant magnifique »), repris sur album (Kings of Leons, Whitney, Michael Cera) comme sur scène (The Tallest Man on Earth, Band of Horses, Great Lake Swimmers, Steve Gunn et j'en passe), Blaze Foley a même fait l'objet d'un biopic en 2018, "Blaze", encensé par la critique et réalisé par Ethan Hawke.

Quarante ans après son décès, il a donc droit à une nouvelle compilation hommage, 'Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley'. Treize compositions du texan reprises par, dans l’ordre d’apparition au tracklisting, Phosphorescent, Willie Watson, Cactus Lee et David Amram, Dylan Earl, Uncle Lucius, Riley Downing, Joshua Ray Walker, Twain, Angela Autumn, John R. Miller, John Moreland et Lydia Loveless, Lucinda Williams et, Lucy Dacus, qui reprend ici une des, semble-t-il, plus célèbres chansons de Blaze Foley, Clay Pigeons (en écoute aujourd'hui). L’histoire d’un homme qui prend un bus pour fuir ses problèmes et démarrer une nouvelle vie. Lucy Dacus en donne une version presque aussi dénudée que l'originale, mais que sa voix embellie encore plus de mélancolie. Une très jolie reprise, sans doute la meilleure du disque d'ailleurs, et une très belle porte d'entrée vers un artiste maudit que seule la mort aura su faire émerger de l'anonymat et des ténèbres.

Album : Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley
Année : 2026
Label : Lost Art Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Clay Pigeons de Blaze Foley par Lucy Dacus est également en écoute ci-dessous :
 

Pour ceux qui, comme moi, ne connaitraient pas Blaze Foley, voilà sa version de Clay Pigeons :

Autre reprise notable, celle de Phosphorescent qui s'approprie un des titres les plus célèbres de Blaze Foley, If I Could Only Fly :

La bande-annonce de "Blaze", le biopic que Ethan Hawke a consacré à Blaze Foley en 2018 :

vendredi 7 août 2026

[Track of The Day] Will Sheff - Always Everything

Est-ce une simple coïncidence ? Un plan marketing bien ficelé ? Une volonté des deux compères de se retrouver en compétition, face à face, juste pour se marrer ? Difficile à savoir. Mais les deux anciens d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg (on oublie que celui-ci n'est plus membre du groupe depuis 2008 et la sortie 'The Stands-In', quand bien même il a joué un petit rôle sur chaque disque suivant, aux chœurs là, au banjo ici) viennent de publier les nouveaux albums de leurs projets personnels respectifs à quelques semaines d'intervalle, après pourtant quatre ans d'absence de chaque côté.

Si l'on reviendra prochainement sur le nouveau Shearwater, disque très Talk Talk / Mark Hollis qui prend une belle épaisseur à chaque écoute, évoquons tout d'abord 'Extra Mile', le second album solo de Will Sheff (au look de plus en plus Lennon-ien) à travers Always Everything (en écoute aujourd'hui). Un morceau qui démarre comme une balade acoustique déprimée mais lumineuse et qui n'a de cesse de déployer ses ailes pour terminer sous la forme d'un blues héroïque et euphorique. Une chanson superbe qui, avec celle d'ouverture Extra Mile, tient le très haut du pavé de ce joli album, qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié à quel point Will Sheff est un compositeur talentueux et soigné.

Album : Extra Mile
Année : 2026
Label : Solid Ghosts Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Always Everything de Will Sheff est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de haute tenue de ce nouvel album de Will Sheff, voilà la chanson titre et d'ouverture Extra Mile :

jeudi 6 août 2026

[Track of The Day] Swash - Clay

Découvert grâce à Pierre (With A Messy Head, Carton Sonore) et repéré par le toujours debout et essentiel Hidden Bay Records qui sort le disque, voilà Swash, quatuor danois venu de Copenhague, et leur premier album après quasiment dix ans d'Ep et de singles épars. Un disque qui se nomme 'Powers of Ten' et qui ne compte que… neuf chansons - titre ironique sur la session d'enregistrement où, au bout du compte, un des dix morceaux enregistrés n'a pas réussi à passer le cut final.

En résulte un disque assez court (27 minutes), au son massif, nerveux et exalté, qui se balade de plage en plage dans le rock des années 90, qu'il soit indie, slacker, noise ou power (superbe Clay), le tout avec des élans grunge, des guitares puissantes et fuzz et même du Dinosaur Jr. tout craché (Surface Tension). De la belle ouvrage bruyante où les mélodies ne sont pas prises pour quantité négligeable et ont leur mot à dire. Un des meilleurs albums - et pas que rock - de l'année, sans l'ombre d'un riff.

NB : 'Powers of Ten' est donc signé chez Hidden Bay Records, qui publie le disque en K7 pour seulement 6€ - et l'album numérique à prix libre. Prix mini donc pour un micro-label à soutenir qui fait, comme beaucoup, un boulot remarquable et plus que jamais indispensable. 

Album : Powers of Ten
Année : 2026
Label : Hidden Bay Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Clay de Swash est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait recommandable de 'Powers of Ten', premier album des danois de Swash, voilà Serving the Shapes :