jeudi 11 avril 2019

[Track of The Day] Spiral Stairs - The Fool

Après des années à se faire discret, Scott Kannberg a décidé d'accélérer le tempo. Dix-huit mois après un 'Doris and the Daggers' sympathique à défaut de mieux, revoilà le guitariste de Pavement avec un nouvel album, le troisième sous son fameux alias Spiral Stairs.

Sorti sur le label texan Nine Mile Records (qui vient d'ailleurs de rééditer les deux albums de Preston School of Industry et le premier Spiral Stairs), 'We Wanna Be Hyp-No-Tized', à l'instar de son prédécesseur, a un démarrage des plus enthousiasmants. Très vite, on se rend compte que Spiral Stairs a monté le braquet et qu'il a décidé de s'amuser, de se faire plaisir et par la même de nous en mettre plein la vue en invitant saxophone, trompette, chœurs et claviers. Et en prenant la voix (c'est lui qui le dit) de Van Morrison.

Et cela s'en ressent tant l'ensemble déborde d'énergie (et qui est plutôt communicative d'ailleurs) et d'envie où rien n'est (ou ne semble) feint. Alors oui, tout n'est pas bon, il y a quelques effets de manche dispensables ou trop appuyés, des arrangements pompiers ou d'assez mauvais goût. Mais il n'empêche : pas révolutionnaire pour un sou, 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' est un disque plaisant, avec quelques chansons réussies (comme ce The Fool, en écoute aujourd'hui).

Album : We Wanna Be Hyp-No-Tized
Année : 2019
Label : Nine Mile Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog),  de Spiral Stairs est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson réussie de ce 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs, voilà Dear Husband :



Pour finir, le clip de Hyp-No-Tized , la chanson qui ouvre 'We Wanna Be Hyp-No-Tized' de Spiral Stairs :



mardi 9 avril 2019

The Stroppies - Whoosh [Tough Love]

Disons le clairement : 'Whoosh' n'est pas un disque de son époque. Oh, non pas qu'il soit rétro ou qu'il baigne dans des influences de cinquante ans d'âge. Non. Simplement, ce premier effort de The Stroppies, quatuor de Melbourne (composé de Gus Lord, Rory Heane, Claudia Serfaty et Adam Hewitt), n'a pas l'immédiateté que réclame l'époque actuelle pour faire d'un disque ou d'une chanson un succès.
Car quand après 34 minutes, les dernières notes de Switched On s'éteignent, 'Whoosh' a tout sauf l'allure d'un album prêt à rester dans les mémoires. Pour autant, il ressort de cette première écoute une envie bizarre, presque un besoin : celui de la relancer. Comme si cet anecdotique disque de prime abord pouvait être bien plus que cela. Comme si une voix nous disait que derrière ces 10 chansons, il y avait quelque-chose en plus. D'impalpable.

Les écoutes suivantes vont confirmer le sentiment que 'Whoosh' de The Stroppies a quelque-chose que les autres n'ont pas. Et qu'il n'est pas un énième album lambda comme il en sort tous les jours - et pas que le vendredi.

Déjà ils ont des mélodies. Elles ne sont pas forcément immédiates, mais dès qu'elles se sont insinuées dans votre oreille, il est difficile de ne pas les remarquer (My Style, My Substance pour ne citer que cette chanson). Et puis ce côté slacker (branleur certes mais pas trop) et lo-fi (le fait que le disque ait été enregistré en deux jours, faute de moyens supplémentaires, explique sans doute cela) et qui donne aussi bien du corps, de l'unité qu'une vraie ambiance à l'ensemble. Et puis ce côté Sonic Youth, le côté noise en moins, le côté pop en plus. Et puis ces deux voix (une féminine - qui rappelle par moments d'ailleurs celle de Kim Gordon -, une masculine) qui se partagent le chant. Et puis cet accent qui fait parfois penser qu'ils ne chantent pas dans leur langue maternelle. Et puis ces claviers presque cheaps mais diablement mélodiques qui rappellent Mates of State. Et puis le combo guitare-basse qui ne s'énerve jamais trop. Et puis cette production étouffée. Et puis. Et puis.

Et puis encore plein de choses au final qui font de cet album de The Stroppies une des meilleures choses entendues cette année. Écoutez-le, prenez votre temps : ce diable de 'Whoosh' est un disque discret, un peu timide et qui ne se livre pas facilement. (Sortie : 1er mars 2019)

Plus :
'Whoosh' de The Stroppies est à l'écoute sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Whoosh' de The Stroppies est également en écoute sur Deezer et Spotify

Trois chansons de cet album de The Stroppies en écoute aujourd'hui. My Style, My Substance (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer, dans la colonne de gauche de ce blog) pour commencer, sans doute la meilleure chanson de 'Whoosh'. Puis First Time Favourites, histoire d'avoir quelques claviers. Et enfin Nothing at All, la chanson qui ouvre le disque : 

 



 

'Whoosh' de The Stroppies a déjà trois singles à son actif. Trois chansons (et pas les plus dégueulasses : Entropy, Nothing At All et Cellophane Car) qui ont également droit à leurs clips :







vendredi 5 avril 2019

[Track of The Day] Business of Dreams - Ripe for Arnachy

Difficile de passer à côté de ce deuxième album de Corey Cunningham, sorti sous le nom de Business of Dreams. Déjà parce que j'ai raté le premier (éponyme, en 2017). Ensuite parce qu'il est édité par Slumberland. Enfin parce que notre homme est membre de Terry Malts, jolie découverte de 2017, et Smokescreens dont le 'Used to Yesterday' était un des plus importants albums de 2018 à mes oreilles.

Corey Cunningham donc qui s'est lancé dans ce projet solo suite au décès il y a quelques années de son père. Une douleur qui lui a demandé un retour aux sources familiales et dont le résultat est ce 'Ripe for Arnachy'.
Un album charmant et discret, avec un peu de Smiths ici et là, à la production très à-propos, d'où s'échappe régulièrement une mélancolie touchante, et qui est porté par sa chanson titre, magnifique single en puissance, aux quelques accents d’Étienne Daho.
 
Album : Ripe for Arnachy
Année : 2019
Label : Slumberland


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Ripe for Arnachy de Business of Dreams est également en écoute :



Autre chanson de cet album de Business of Dreams, voilà la très Smiths-ienne N.R.E.A.M. :



jeudi 4 avril 2019

[Track of The Day] Yohuna - Mirroring

Premier extrait du deuxième album de Johanne Swanson, américaine de Brooklyn qui officie donc sous le nom de Yohuna, Mirroring est en même la chanson titre. Une chanson courte, sorte de bedroom pop fatiguée et de guingois, basée sur une guitare presque déglinguée, où Yohuna se pose énormément de question.

L'album ('Mirroring' donc) sortira début juin chez Fear of Missing Out Records, label que je découvre et qui a, ne nous mentons pas, le meilleur nom au monde.

Album : Mirroring
Année : 2019
Label : Fear of Missing Out Records


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Mirroring de Yohuna est également en écoute ci-dessous :




mardi 2 avril 2019

[Track of The Day] Jenny Lewis - Wasted Youth

Quand on sait à quels points les réseaux sociaux sont primordiaux pour la promotion d'un album, et quand on sait à quel point Facebook est d'un puritanisme exacerbé et d'une tolérance zéro dès qu'un bout de poitrine féminin est visible (bizarrement, cela pose moins de souci quand il s'agit d'un homme), il est assez couillu de la part de Jenny Lewis d'emballer son dernier album en date, 'On The Line', avec une telle pochette.

Quatrième album pour l'américaine, le premier en cinq ans, et qui compte quelques invités de marque aussi bien sur le disque lui-même (Beck à la production, Ringo Starr à la batterie sur Red Bull & Hennessey) que dans le clip de son dernier single (Red Bull & Hennessey là encore, où Mac DeMarco, St Vincent ou encore Jeff Goldblum sont de la partie). Un disque où Jenny Lewis fait le point sur sa vie, entre rupture, décès de sa mère et temps qui passe.

Un disque moins inspiré que par le passé (la production n'aide pas) mais où elle fait montre à nouveau de son don pour écrire des textes brillants, souvent drôles, même si l'humour est plutôt sombre. Plus que jamais une sorte de mélange entre Fiona Apple et Aimee Mann, Jenny Lewis subjugue même sur Wasted Youth (en écoute aujourd'hui), chanson où elle revient sur son enfance, l'absence de son père et les addictions de sa mère, en mettant plein de « doo-doo doo-doo doo » au moment du refrain ; à fredonner plus que de raison. 

Album : On The Line
Année : 2019
Label : WEA

En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Wasted Youth de Jenny Lewis est également en écoute ci-dessous :


Le clip de Red Bull & Hennessy de Jenny Lewis, avec les participations de, et entre autres, Beck, St Vincent, Jeff Goldblum et Mac DeMarco :