Quelques mois après la sortie de leur remarquable premier album 'Where
we've been, Where we go from here', le duo Friko, qui sonnait comme un
quatuor, avait publié une reprise de très réussie de Weird
Fishes/Arpeggi de Radiohead - du genre à vous donner envie de redonner une chance à 'In Rainbows', c'est dire.
Deux ans plus tard, et alors que Niko Kapetan et Bailey Minzenberger sont désormais à la tête d'un véritable quatuor (Korgan Robb à la guitare et David Fuller à la basse les ayant rejoints), Friko continue de lorgner vers la bande à Thom Yorke avec les premiers extraits de son deuxième album, 'Something Worth Waiting For'. Et notamment sur Still Around (en écoute aujourd'hui), dernier single en date, qui a tout de la bande d'Oxford époque 'The Bends' (surtout) / 'Ok Computer'. Une urgence mélodique (et qui reprend quelques gimmicks de Radiohead d'ailleurs) aux guitares nerveuses autant que lumineuses, et un chant presque habité, qui vit sa chanson comme jamais. J'allais dire « prometteur », mais vu la qualité de leur premier album, ce n'est en rien surprenant. Alors, je me contenterais d'un « épatant ». Vivement le 24 avril prochain.
Album : Something Worth Waiting For Année : 2026 Label : ATO Records
Quelques singles pour démarrer chez les défricheurs de Nice Swan Recordings, un premier Ep chez Heist or Hit Records et désormais une signature chez Adventure Recordings, sorte de caution indie de chez Island Records, le tout en même pas dix-huit mois : tout va très vite pour Westside Cowboy, quatuor anglais originaire de Manchester, à qui l'on promet plein de succès. Et ce n'est pas leur deuxième Ep 'So Much Country ‘Till We Get There Ep' qui va infléchir ces prédictions.
Alors certes, ce disque n'est pas fondamentalement renversant, certes il manque sans doute de corps et de personnalité, certes il ressemble plus à une présentation de tous les genres auxquels le groupe peut se confronter (indie-rock, jangle-pop, alternative country, power-pop) qu'autre chose (on est sur une major après tout). Mais il y a quand même quelque-chose chez ces jeunes mancuniens qui attire l'oreille : de belles mélodies, une voix féminine et une voix masculine qui s'échangent le micro pour le meilleur, une production soignée, et surtout deux excellentes chansons : Strange Taxidermy en ouverture (qui n'est pas sans rappeler Porridge Radio) et Don't Throw Rocks (en écoute aujourd'hui) qui, si elle ne réinvente pas le hook, est d'une urgence et d'une efficacité assez dingue. A suivre donc.
Album : So Much Country ‘Till We Get There Ep Année : 2026 Label : Adventure Recordings
Échappée de Sonic Youth suite à son divorce après 27 ans de mariage d'avec Thurston Moore, celui-ci préférant la délaisser pour des femmes beaucoup plus jeunes, Kim Gordon continue son petit bonhomme de chemin et revient avec un troisième effort solo, 'PLAY ME', toujours chez Matador Records.
Un disque dans la lignée du précédent 'The Collective', tout en changeant de vision. Si sa musique est toujours torturée, insaisissable, tumultueuse, no wave par bien des aspects, l'ensemble est plus pop dans toutes ses acceptions actuelles, moins indus et, sans doute, plus accessible. Mieux, la reine Gordon imprime ici plus que jamais une touche urbaine et trap qui font de quelques uns des titres de 'PLAY ME' (dont la chanson titre, en écoute aujourd'hui) des productions hip-hop de haute volée, aux beats puissants, martelés, et auxquels son chant - et son flow finalement - se marrie parfaitement bien. Kim Gordon a beau aller sur ses 73 ans, elle est plus actuelle que jamais.
Album : PLAY ME Année : 2026 Label : Matador Records
Alors qu'on attend désespérément un nouvel album de la superbe Scout Niblett (treize ans d'attente tout de même and still counting), c'est une autre Scout qui est de retour en ce début 2026 : Scout Gillett. Originaire de Kansas City et désormais établie à New-York, l'américaine vient de publier son deuxième album, 'Tough Touch' chez Slouch Records, après un premier effort chez Captured Tracks.
Un disque pour tous les amoureux de langueur (et de chant un rien affecté) qui se distingue sur deux chansons : Secret Life of Trees, qui retient son explosion finale le plus longtemps possible pour mieux tenir en haleine son auditoire, et Cherry Blossoms (en écoute aujourd'hui), très beau morceau qui prend tout son sens dans sa dernière partie, quand Scout Gillett lâche les chevaux et la joue guitar hero, en duo avec un piano qu'on dirait sorti de chez The Black Heart Procession.
Album : Tough Touch Année : 2026 Label : Slouch Records
En 1967, sur 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band', Paul McCartney chantait When I’m Sixty-Four en s'imaginant vieillir auprès de son amour du moment, elle tricotant auprès d'un feu de
cheminée, lui arrachant les mauvaises herbes du jardin, eux d'eux
s'occupant de leurs petits enfants.
Soixante-quatre ans, c'est l'âge de trois des quatre membres de Railcard, nouveau groupe qui vient de publier son premier album - du même nom. Et à les écouter, il n'est pas question de retraite et de couler des jours tranquilles dans un petit cottage de l'Île de Wight. Surtout que ces - plus si jeunes - joyeux drilles ne sont pas des inconnus de la scène musicale des trente dernières années : Rachel Love a été membre de Dolly Mixture, Do It Now! et Spelt, Ian Button a fait plus que ses gammes chez une pelletée de groupes et est le nouveau batteur de Heavenly, Peter Momtchiloff a tourné dans une ribambelles de formations (et notamment Heavenly, encore elle, ou Would-Be-Goods). Quant à Allison Thomson, la seule à ne pas être née en 1962, on a pu croiser sa trompette (mais pas que) ici et là, et surtout chez les anglais de Heist au début des années 2000.
Autant dire donc que l'on est plus sur un nouveau super groupe qu'autre chose. Et leur premier album, compilation de leurs deux premiers EP publiés l'an passé et de trois chansons inédites, est du même tonneau. Un disque qui s'ouvre par Narcissus et qui pose le décor : ce n'est
pas le Londres des Clash qui appelle mais la pop, et dans toutes ses acceptions. Et les neuf chansons suivantes ne seront que confirmation, Railcard arrivant à encapsuler en trente-deux minutes autant de pop que d'esprit soul, de hooks irrésistibles que de mélodies
chiadées, de voix qui se complètent ou se répondent en écho, de Beatles, d'Elliott Smith, de Belle and Sebastian que Burt Bacharach - pour ne citer qu'eux. Pas exempts de grandes et/ou de belles chansons (Narcissus, Born in '62, Railcard, Think About That, Revolutionary Calendar) ni de tubes (Northern Soul Dancing, sa production et sa rythmique si sixties, sa trompette divine, Disco Loadout), 'Railcard' est un disque du genre impeccable, délicieux et que bien des groupes, jeunes ou moins jeunes, rêveraient un jour pouvoir écrire. (Sortie : 6 février 2026)
Plus : 'Railcard' de Railcard est en écoute sur la page bandcamp du groupe 'Railcard' de Railcard est à l'achat sur la page bandcamp du groupe 'Railcard' de Railcard est à l'écoute un peu de partout, notamment sur Spotify, Deezer et Tidal
Trois chansons de 'Railcard' de Railcard en écoute aujourd'hui. Northern Soul Dancing pour ouvrir le bal, un des tubes de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Narcissus et sa vibeLondon Calling des Clash. Et enfin la bien belle balade Railcard :
Trois clips de 'Railcard' de Railcard : Disco Loadout, Day Dream et Narcissus :