A chaque début de septembre son concert de rentrée. Pour 2026, le titre revient aux new-yorkais de TVOD (pour Television Overdose) venus présenter sur la scène du Sonic leur deuxième album 'The Farm', prévu pour début octobre. Un sextet tout foufou, souriant, enthousiaste et à l'énergie communicative, au punk et post-punk efficaces, joués dans une cale surchauffée autant par l'ambiance que par l'ultime soirée de la sixième canicule lyonnaise de l'été (ce qui fera dire au leader du groupe Tyler Wright « you don't know AC in France ? » alors que le groupe transpirait sur scène et que la climatisation suait à grosses gouttes au milieu de la salle).
Au programme de ce set court (quarante minutes, rappel compris) de TVOD, beaucoup de générosité, de super moments (Party Time de leur premier album) et, évidemment, quelques singles de ce 'The Farm' à venir dont Bottomless Pit (en écoute aujourd'hui), punk brut et bruyant, et Meetings, plus post-punk dans l'âme. Deux chansons qui ne réinventent ni le rock, ni le punk, ni le post-punk, mais qui le font bien, de la part d'un groupe à suivre et qui était sans doute le parfait candidat pour lancer comme il se doit cette saison musicale 2026-2027 entre Rhône et Saône. Album : The Farm Année : 2026 Label : Mothland / Get Better Records
Sans aucun lien avec des londoniens de Pynch, pyncher est également un quatuor, lui aussi anglais mais originaire de Manchester. Un groupe à la discographie famélique jusque là (un seul album au compteur, publié l'an passé) mais dont la dernière sortie en date, 'I Really Mean It This Time Ep', mérite qu'on leur accorde un intérêt plus que certain. La faute notamment à One Day (en écoute aujourd'hui), chanson d'ouverture de l'EP et qui fait montre d'un vrai talent chez pyncher pour composer des titres accrocheurs, endiablés et auxquels il est difficile de résister. Car One Day, sa nervosité, ses riffs tendus, son énergie et sa mélodie efficace en bandoulière, est de cet acabit. Pour tout dire, je suis à deux doigts de qualifier cette chanson de tube. Allez, oublions les deux doigts : One Day EST un tube.
Album : I Really Mean It This Time Ep Année : 2026 Label : Heist or Hit
De Ned Collette, je me souviens de la première écoute de 'Old Chestnut', son album de 2018. Un long voyage folk, bouleversant, renversant et hypnotisant. Un choc beau et puissant et la révélation de cette année là (deuxième de mon bilan 2018, ce qui est tout à fait anecdotique j'en conviens mais qui à mes oreilles veut dire quelque chose).
Huit ans et un album en 2024 (le bien joli 'Our Other History') plus tard, l'australien est de retour avec 'Mixed Light', un disque qui porte bien son nom tant il brille de différents feux. Et qui saute d'état en état avec une facilité confondante, aidé parfois par quelques interludes de passages. D'un socle contemporary et progressive folk (Bonnie Prince Billy est même de la partie le temps du court In the Kitchen) proposant quelques petites merveilles du genre (Sleep Song à la basse à tomber, Curious Thing), qui s'égare même le temps d'un magnifique Mammon dans l'acid-folk, Ned Collette ajoute à son œuvre quelques essences de jazz subtiles et parfois étourdissantes (le superbe Paper Night et sa seconde partie délicieusement psyché) un peu d'indie-pop aux contours eighties (sublime Commandeered Parade) voire ivres (The Light Is Growing Old), et termine son aventure par un beau et contemplatif Miami Shadows.
Mais l'acmé de ce très bel album est à trouver sur Nothing Rare (en écoute aujourd'hui), longue chanson de plus de cinq minutes de pop comme de guingois qui se pare peu à peu de shoegaze nerveux et bruyant. De la belle ouvrage pour le berlinois d'adoption. Une nouvelle fois. Une énième fois.
Quand on ne le confond pas avec le Kansas voisin, lorsque l'on évoque à l'état de l'Oklahoma et à sa capitale Oklahoma City, on pense inévitablement aux tornades (152 en 2024 !), à l'attentat de 1995 de Timothy McVeigh, ou, pour peu que l'on s'intéresse au basket en général et à la NBA en particulier, Shai Gilgeous-Alexander, Sam Presti ou Mark Daigneault, héros du premier titre de la jeune franchise du Thunder contre de bien malchanceux Pacers en 2025. Et c'est à peu près tout. Je ne sais pas si Chat Pile arrivera à être une référence de leur ville ou de leur état, mais autant vous dire qu'ils sont sans conteste la meilleure chose qui soit arrivée à l'Oklahoma depuis bien longtemps.
Découvert tout début 2025 par la grâce de bilans de fin d'année qui n'avaient d'oreilles que pour leur second album 'Cool World', j'avais pris une claque énorme, semblable à celle de 'Ordinary Corrupt Human' de Deafheaven et de son sensationnel Canary Yellow. Deux ans plus tard, Chat Pile est de retour avec 'Who Loves The Sun' - titre tout aussi ironique que son prédécesseur. Et la baffe est encore bien plus violente.
Je ne suis sans doute pas le plus à même pour parler de ce type d'album tant le métal (dans son acception la plus large) n'est pas mon cœur d'écoutes, mais 'Who Loves The Sun' est un disque absolument extraordinaire, d'où s'échappent une rage, une puissance, une noirceur, une profondeur, un désespoir voire un dégoût absolument fous. Extrêmement bien produit, menant grand train entre sludge metal, post-hardcore, noise rock et grunge, prenant son temps dans un slowcore hurlant (sensationnel Same Rules qui rappelle leur album collaboratif de l'an passé avec Hayden Pedigo), terminant même par une sorte de folk sous tension et faussement apaisé (October All the Time), qui gutture autant qu'il chante, le tout construit sur des mélodies et des petits hooks tuants (Intruder), des attaques de guitares imparables et une basse profonde incroyable, ce disque de Chat Pile est renversant du début à la fin.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les puristes du genre mais arriver à publier un album aussi ambitieux, retors tant il vous emmène dans un sens pour mieux pour faire repartir dans l'autre et bien loin de l'étiquette métal qu'il serait facile de leur accoler, n'est pas donné à tout le monde. Surtout lorsque l'on sort d'un disque comme 'Cool World'. La marche était haute et Chat Pile a pourtant réussi à la passer. Nul doute qu'en fin d'année, 'Who Loves The Sun' récoltera des lauriers bien mérités. (Sortie : 4 septembre 2026)
Trois chansons de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, débutons par le meilleur morceau de l'album, Intruder(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchainons par l'incroyable Same Rules. Avant de clôturer notre affaire par le faussement apaisé October All the Time :
Deux clips tirés de 'Who Loves The Sun' de Chat Pile, ceux de Shrine et de Same Rules :
Si mes souvenirs d'adolescents me remontent une critique dithyrambique de leur 'Hollywood Town Hall' dans Rock&Folk - disque que je n'avais pourtant pas acheté (10 francs d'argent de poche hebdomadaire obligeaient à faire des choix), ma vraie rencontre avec The Jayhawks date de leur 'Rainy Day Music', disque majeur de mon année 2003, et pas uniquement pour Save It For A Rainy Day. A l'époque, le groupe de Minneapolis avait déjà vingt ans de carrière dans les pattes. En 2026, il en a vingt-trois de plus - et des changements de line-up nombreux dont je vous fais grâce.
Pourtant, à l'écoute de 'Sanctuary Park' leur tout nouveau et tout frais nouvel album, cela ne s'entend pas. Loin d'être mémorable, ce disque reste tout à fait charmant. Les harmonies vocales sont belles, les mélodies joliment troussées, et Bob Erzin, derrière la console, met tout cela en boite sans flonflon, avec doigté. Du pur easy-listening pop, qui tend certes parfois vers un rock à la grand-papa (mais plutôt bien fait), entre éclats lumineux de pop (superbe Keeping Our Heads Above Water en ouverture et en écoute aujourd'hui), americana chiadée (pas avares de bons riffs longs en bouche) et country-folk de bon aloi. Rien de bouleversant mais ce 'Sanctuary Park' est un disque élégant de The Jayhawks et qui sied bien aux matinées compliquées pleines et de cerveaux embrumés.
Album : Sanctuary Park Année : 2026 Label : Sham / Thirty Tigers