mercredi 14 novembre 2018

[Track of The Day] IDLES - Samaritans

Joy as an Act of Resistance.
Tatoos de DFA sur le bras, concerts démentiels (en tout cas, c’est ce qui se dit un peu de partout. Réponse dans quelques jours à Lyon), la confirmation de l’année 2018 est sans conteste celle d’IDLES, quintet de Bristol en Angleterre dont le premier remarqué album 'Brutalism' laissait augurer de bien belles choses.
'Joy as an Act of Resistance.' (oui, avec un point) est sorti à la toute fin du mois d’août dernier et a appuyé là où ça faisait déjà beaucoup de bien. Que ce soit dans la justesse de la production, dans la puissance sonore qu’IDLES engage dans toutes ses chansons, dans la perfection de son tracklisting (quelle introduction que ce Colossus !), dans les paroles de Joe Talbot, rares pour un tel groupe (critique ouverte de la masculinité sur Samaritans où  le chanteur assène ses quatre vérités à l'éducation de nos pères, le détournement du tube de Katy Perry en « I kissed a boy and I liked it » sur le même titre, et plus globalement une conscience sociale qui infuse les paroles) et qui ouvre son cœur comme jamais (June, qui évoque la fausse couche de sa femme) ou plus simplement dans ses mélodies implacables, tout est bon dans ce post-punk (mais doit-on vraiment les limiter à cela ?) plus anglais que jamais.

'Joy as an Act of Resistance.' en tout cas s’ajoute à la longue liste des albums « rock » (dans son assertion la plus large évidemment) de très haute volée sortis cette année, de Car Seat Headrest à Deafheaven en passant par Iceage (pour ne citer qu’eux). Le rock est décidément une bien vilaine bête qui n’a vraiment pas envie de mourir.

Album : Joy as an Act of Resistance.
Année : 2018
Label : Partisan Records

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Samaritans d'IDLES est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson, voilà  Danny Nedelko, sans doute le tube de ce 'Joy as an Act of Resistance.' d'IDLES :


Et pour finir, le clip de Samaritans d'IDLES, chanson en écoute ce jour là :



jeudi 8 novembre 2018

[Track of The Day] Iceage - The Day The Music Dies

Je parle rarement deux fois d'un même album dans ces pages (évidemment, il y a des exceptions). Mais faisons une nouvelle exception pour Iceage, quatuor danois, auteur cette année de 'Beyondless', leur quatrième album. Lancé en éclaireur, Catch It annonçait tout le meilleur en février dernier. Mais à ce point ? Peut-être pas.

Parce que disons le, 'Beyondless' est un album de rock absolument terrible, d'une justesse et d'une efficacité quasi sans égal cette année ('Twin Fantasy (Face to Face)' de Car Seat Headrest). Proto-punk par moments (The Day The Music Dies, forcément Stooges), punk-soul à d'autres (Pain Killer avec Sky Ferreira), rempli de mélodies marquantes, fortes et évidentes (Hurrah ou Take It All, aux faux-airs du Lover's Day de TV On The Radio), porté par un chant toujours aussi impressionnant, Iceage rajoute, comme si ce n'était pas assez, violon, trompette, saxophone et même trombone. Impeccable de bout en bout - c'est vraiment peu de le dire - et toujours sans compromission.

Album : Beyondless
Année : 2018
Label : Matador


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Day The Music Dies de Iceage est également en écoute ci-dessous :



Autre excellente chanson de 'Beyondless' de Iceage, voilà Pain Killer, avec la belle participation de Sky Ferreira :



Finissons par Take It All, presque une balade :



vendredi 2 novembre 2018

Car Seat Headrest - Twin Fantasy (Face to Face) [Matador]

Quand sort en novembre 2011 'Twin Fantasy', Will Toledo n’a que 19 ans. Et pourtant, ce disque est déjà son 6è (auquel il faut ajouter un Ep et une compilation de raretés qu’il met à jour depuis) sous le nom Car Seat Headrest (qui, rappelons le, signifie « appui-tête de voiture ») . Un disque qui fera trembler d’émoi toute la fan-base qui ne cesse de grossir et qui a vu, bien avant beaucoup de monde, de Matador à l’auteur de ces lignes, le talent de cet américain à - grosses - lunettes.

Juillet 2016. Pour les ignorants dont je fais partie, 'Teens of Denial' est une révélation. Premier album de Car Seat Headrest signé sur un label (Matador donc, excusez du peu), la claque est immense (lire ici). Voilà donc un jeune homme de 24 ans, qui met un coup de pied formidable dans un rock qui tourne plus souvent en rond qu’à son tour, en y apportant une grande fraîcheur.

Février 2018. Alors qu’on attend un nouvel album de sa part, Will Toledo sort 'Twin Fantasy', qu’il affuble entre parenthèses de « Face to Face ». Non pas un simple re-pressage de son album de 2011, mais un ré-enregistrement complet. Comme il le dit dans un court documentaire de Tidal "I Haven't Done Sh*t This Year" (voir au bas de ce papier), 'Twin Fantasy' est le premier bon album de Car Seat Headrest. D’où l’intérêt de le ré-enregistrer, surtout depuis que Car Seat Headrest est passé de projet solo à groupe à part entière (ils sont désormais six à entourer Will Toledo).

La première version de 'Twin Fantasy' (désormais sous-nommé « Mirror to Mirror ») est un disque excellemment lo-fi, fait à l’arrache mais où les chansons sont déjà là. En ré-enregistrant le tout, Will Toledo a bien modifié quelques structures, mais cela reste à la marge. Il en a bien changé quelques paroles (il en parle sur le tout dernier morceau Twin Fantasy (Those Boyes)), mais toujours de façon assez fine - en 2011, sur Cute Thing, Will Toledo souhaitait qu’on lui donne la voix de Dan Bejar (Destroyer) et la présence scénique de John Entwistle (The Who). En 2018, il ne rêve que d’avoir la voix de Frank Ocean et la présence de James Brown-. Mais, globalement, on est sur le même matériau de base.

Sauf qu’accompagné de six comparses, il lui donne une ampleur insoupçonnée et une profondeur impressionnante. Portées par sa voix toujours trainante et qu'on sent pleine de morgue, les mélodies bien plus mises en valeur qu’en 2011 et donc bien plus marquantes. Les chansons à tiroir ont désormais une justesse et une logique implacable. Et les paroles pas particulièrement enjouées (peur d’être quitté, peur de la mort, peur de voir les autres mourir) prennent une autre dimension.

Certains critiques (notamment de fans) reprochaient à Will Toledo d'avoir choisi la facilité en ré-enregistrant un ancien album plutôt que de sortir de nouvelles compositions. Très sincèrement, elles sont nulles et non avenues. Car 'Twin Fantasy (Face to Face)' est un vrai nouvel album, pas une resucée quelconque. Il est même la version adulte de 'Mirror to Mirror'.
Mieux, malgré sa longueur (71 minutes pour 10 chansons), ce disque n’est en aucun cas ennuyeux et ne s’étire pas plus que de raison. Alternant balades (sublime High to Death) et purs moments de rock'n'roll, il est surtout un album d’une grande unité, cohérence et homogénéité, qui balaye tout le spectre de la musique rock des années 60 à nos jours, pour mieux l’assimiler voire la synthétiser (les différentes influences des membres de Car Seat Headrest n’y sont sans doute pas étrangères).

Sorti dans une édition proposant la version 'Face to Face' et la version 'Mirror to Mirror' (une sorte de réédition anticipée, avec l’album et les démos) en février dernier, ce 'Twin Fantasy' de Car Seat Headrest a désormais neuf mois. Et depuis neuf mois, il revient invariablement dans mes oreilles et s’affirme à chaque nouvelle écoute comme un disque absolument brillant et essentiel. J’ose même le dire, il est au rock ce que furent en leur temps 'Late Registration' de Kanye West et 'Speakerboxxx/The Love Below' d’Outkast à la musique noire : un album synthèse. Et plus que l’album de l’année à mes oreilles, il pourrait être l’album d’une vie. A une autre époque, nul doute qu’il aurait même été l’album d’une génération. (Sortie : 16 février 2018)

Plus : 
'Twin Fantasy (Face to Face)' de Car Seat Headrest est en écoute sur sa page bandcamp
'Twin Fantasy (Face to Face)' de Car Seat Headrest est à l’achat sur sa page bandcamp
La version 2011 de 'Twin Fantasy (Mirror to Mirror)' de Car Seat Headrest est également en écoute et à l’achat sur sa page bandcamp
'Twin Fantasy (Face to Face)' de Car Seat Headrest est, notamment, en écoute sur Spotify et Deezer
Très longue et intéressante interview de Will Toledo sur le process de ré-enregistrement de 'Twin Fantasy (Fate to Face)' de Car Seat Headrest


Trois chansons de 'Twin Fantasy' de Car Seat Headrest en écoute aujourd’hui. Commençons par Bodys, le tube évident de l'album et son riff implacable (en écoute également dans les playlists Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Cute Thing, chanson qui se relance par un break imparable (à partir de 3'22") et où Will Toledo rêverait d'avoir la voix de Frank Ocean. Enfin, la balade sublime qu'est High to Death :

 




Pour finir, voilà le clip de Nervous Young Inhumans, l'autre tube de 'Twin Fantasy (Face to Face)' de Car Seat Headrest. Et unique single sorti à ce jour :



Tidal a sorti un court documentaire (17 mns) sur Car Seat Headrest en studio, répétant avant de partir en tournée. Alternant répétitions et discussions sur l'histoire du groupe ou de l'intérêt d'un concert, ce 'I Haven't Done Sh*t This Year' est à voir ci-dessous :



mercredi 31 octobre 2018

[Track of The Day] Queen - We Will Rock You (fast) [BBC Sessions 1977]

N’y allons pas par des chemins détournés et autres tournures de styles désuètes : le film « Bohemian Rhapsody » contant l’histoire de Freddie Mercury au sein et en dehors de Queen est raté. Un ensemble monté à la hache, une histoire très mal racontée en une suite de saynètes qui s’enchainent sans quelconque rythme (le début est catastrophique), des seconds rôles peu convaincants (la palme à Gwilym Lee qui joue le rôle de Brian May) et pas aidé par une direction d’acteurs suspecte. Mélangez à tout ça des bons sentiments un peu de partout, des erreurs grossières, une histoire très romancée et très aseptisée (la vie dissolue de Freddy Mercury (pourtant assez légendaire) est évoquée du bout des lèvres) et la très timide évocation du sida et vous obtenez un ensemble cinématographique franchement pas terrible. Bref, un biopic en somme.

Oui, c’est raté. Et pourtant, on passe un très bon moment. Parce que c’est un vrai kiff d’entendre dans les conditions du cinéma les chansons de Queen, fut-ce uniquement leurs gros tubes. Parce que la longue séquence du 'Live Aid' est quand même incroyable. Parce que l'imaginaire visuel est plutôt bien rendu. Parce que Rami Malek en Freddie Mercury est très crédible (Lucy Boynton dans le rôle de Mary Austin et Joseph Mazzello dans celui de John Deacon également). Et parce que Queen merde ! Des tubes en pagailles, des performances scéniques mémorabmes et puis ce 'Live at Wembley 1986' dont je parlais ici il y a quelques années. Bref, un sentiment très paradoxal à la sortie de la salle de cinéma. Mais une envie irrésistible d'écouter du Queen toute la nuit.

Alors comme il fallait bien trouver une excuse pour parler de ce film, mettons donc à la une cette version très « rapide » de We Will Rock You, que Queen jouait à ce rythme lors de leurs tournées de l’époque. Épatante version, extrêmement rock, qu’on peut trouver sur un coffret sorti en 2016 et compilant des versions tirées de BBC Sessions.

Album : On Air
Année : 2016
Label : EMI


En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), cette version rapide de We Will Rock You, tirée de sessions à la BBC en octobre 1977, est également en écoute ci-dessous :


J’aurais bien mis en « une » la sublime (non, le mot n’est pas trop fort) de All Dead, All Dead, la chanson de (et chantée par) Brian May au chat - décédé - de son enfance, avec Freddie Mercury au chant (disponible sur la réédition l'an passé de 'News Of The World'), mais elle n'était pas disponible sur Spotify/Deezer, mais tout de même disponible ci-dessous :



Enfin, pour les nostalgiques comme moi, la prestation de Queen au 'Live Aid' de 1985, à revoir, revoir et encore revoir :



mardi 30 octobre 2018

[Track of The Day] Rat Columns - Sometimes We’re Friends

L’an prochain, Slumberland fêtera ses 30 ans d’existence. Et comme ils aiment les choses bien faites, ils ont lancé il y a quelques semaines « SLR30 Singles Series », soit la sortie d’ici décembre 2019, date de leur anniversaire, la sortie de treize 45-tours de groupes, affiliés ou non au label. On peut évidemment souscrire à ce « SLR30 Singles Series » et recevoir donc, au format physique, les dits 45-tours (même si, évidemment, le convoi postal coûte un rein depuis les États-Unis).

« SLR30 Singles Series » a en tout cas débuté il y a une semaine, avec la sortie conjointe de 'Red Dust 7"' de The Suncharms et 'Sometimes We’re Friends 7"' de Rat Columns. Et c’est ce disque, et surtout cette chanson qui nous intéresse aujourd’hui. Sometimes We’re Friends et son entêtante mélodie, très cold où la guitare ne cesse de prendre une place de plus en plus grande, à tel point qu'on prierait pour qu'elle ne s'arrête jamais. On notera d'ailleurs que tout le 45-tours est d'une belle qualité, que ce soit le court Astral Lover et son violon plaintif et un Waiting to Die à la guitare triste à souhait.

Album : Sometimes We're Friends 7"
Année : 2018
Label : Slumberland Records

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En écoute dans les playlists Spotify et Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Sometimes We’re Friends de Rat Columns est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson de ce 'Sometimes We’re Friends 7"' de Rat Columns, voilà Waiting to Die :