mercredi 30 septembre 2026

Urlaub in Polen - Objects, Beings & Parrots [Tapete Records]

Si j'avais eu du courage, j'aurais fait une vraie chronique de 'Objects, Beings & Parrots' d'Urlaub in Polen. J'aurais sans doute commencé en parlant de son nom, que tous ceux qui ont fait un jour Allemand LV2, même en ayant tout oublié depuis, auront su traduire par « vacances en Pologne ». Je m'imagine bien embrayer sur l'imaginaire parfois tenace sur l'Europe de l'Est, et évidemment sa version soviétique, faite de grisaille, de béton gris, de bâtiments imposants, à l’architecture brutaliste, et de gens toujours habillés chaudement, même en plein été (quoique, à bien y réfléchir, l'été là bas ne devait pas exister). J'aurais ajouté que Urlaub in Polen n'a strictement rien de polonais mais est un duo allemand originaire de Cologne (ce qui n'aide pas à contrer cet imaginaire construit à une époque heureusement révolue), composé de Georg Brenner et Jan Philipp Janzen, dont l'essentiel de la discographie est à retrouver dans les années 2000, mais qui depuis 2020 s'est remis à travailler ensemble.

Évidemment, j'aurais précisé que 'Objects, Beings & Parrots' est le second album de reformation d'Urlaub in Polen, qu'il est un de ceux qui m'a accompagné le plus cet année - et pas uniquement parce qu'il est sorti le 23 janvier dernier. Parce que son mélange de krautrock, d'électronica, d'indie-rock, de post-punk et aux quelques touches de dub, est totalement imparable (et ce même quand ils prennent quelques chemins de traverses surprenants comme sur l'étonnant et très beau Jaki's Love Time, balade folk au cuivre majestueux), qu'il est particulièrement bien composé, bien construit (Abacus en introduction, quelle merveilleuse idée), remarquablement produit, et que guitare comme rythmique sont ici pas loin d'être époustouflantes, chacune dans leur genre. A bien y réfléchir, j'aurais sans doute ajouter un mot sur la très belle pochette qui l'entoure, une des plus réussies de 2026. Et j'aurais terminé mon laïus que le disque est sorti chez Tapete Records, gage de qualité.

J'aurais pu vous dire tout ça. Surtout que cette chronique est dans les tuyaux depuis un bail. Mais que voulez-vous, cette rentrée est éreintante. Alors plutôt que faire trop long, comme souvent, je vais simplement me contenter de vous conseiller très fortement l'écoute de 'Objects, Beings & Parrots', un des meilleurs albums de 2026. De vous plonger dans son univers, d'être conquis par ses mélodies, d'être happé par la construction de ses morceaux, d'être hypnotisé par sa batterie si bien mis en lumière, d'être épaté par sa guitare, toujours soignée, toujours juste. En espérant que vous soyez à votre tour renversés par Washing Machine, immense chanson qui résume à elle seule ce nouvel album de Urlaub in Polen tant elle ne cesse de se réinventer, et dans laquelle je ne peux m'empêcher d'entendre un peu de Sonic Youth - groupe qui vient de fêter cette année les 30 ans de son album du même nom. Coïncidence ? Je ne crois pas. Car après tout, pourquoi faire long quand les chansons se suffisent à elles mêmes ? (Sortie : 23 janvier 2026)

Plus :
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat sur leur page bandcamp
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat sur le site de Tapete Records
'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen est à l'achat et à l'écoute
un peu de partout

Trois chansons en écoute de 'Objects, Beings & Parrots' de Urlaub in Polen. Washing Machine (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog), la meilleure chanson de l'album et une des grandes de 2026. Ensuite Abacus, qui ouvre 'Objects, Beings & Parrots'. Et enfin Opposite Day :

mardi 29 septembre 2026

[Track of The Day] untitled (halo) - easy rider

Histoire de clarifier la moindre méprise, indiquons tout de suite que untitled (halo) est un groupe qui existe, qu'il est même un trio devenu quatuor sur les derniers mois, et qu'il s'apprête à publier son premier album éponyme chez Dirty Hit Records le 6 novembre prochain. Précision à mon sens utile, car à l'heure où l'on devient suspicieux sur chaque nouveau groupe, sur chaque nouvelle chanson ou sur chaque nouvel auteur, le clip de leur dernier single en date, easy rider, pourrait nous en faire douter. Propre sur lui, très beau, léché, sans doute trop pour être honnête, où chacun des quatre membres (plus un cinquième larron inconnu au bataillon) ne semble pas spécialement à l'aise, comme figé, il y a quelque-chose de factice qui s'en dégage. 

Et ce d'autant plus qu'il y a un grand décalage avec la chanson qu'il habille. Car avec son intro qui rappelle 1979 des Smashing Pumpinks, son shoegaze d'un fort bon aloi, noisy comme il faut, ses guitares qui fuzzent, son côté malin (ces voix masculines, comme métal, qui répondent à celle, plus éthérée, de Ariana Mamnoon), easy rider a un côté plus sale et nerveux que son clip très lisse, qu'on dirait créé par IA, ne le laisse suggérer. Et quand bien même sa production massive et presque trop parfaite, cette chanson est une sacrée réussite de la part d'untitled (halo), groupe au nom certes bizarre mais qui existe bien, et n'est pas une création venue d'un quelconque prompt écrit par un nerd en mal d'occupation.

Album : untitled (halo)
Année : 2026
Label : Dirty Hit

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, easy rider de untitled (halo) est également en écoute ci-dessous :

Le clip de easy rider, un des singles du premier album de untitled (halo) :

lundi 28 septembre 2026

[Track of The Day] Francis of Delirium - Higher

Quasiment vingt ans pour ce blog et pourtant, il n'avait jamais été question jusque là d'un groupe basé au Luxembourg. Pas étonnant me direz-vous vu la taille du pays (2500 km2, 700 000 habitants) mais tout de même. Le groupe en question se nomme Francis of Delirium et est le projet d'une certaine Jana Bahrich, jeune femme née au début du siècle en Belgique et qui a pas mal vadrouillé avant de s'installer avec sa famille au Grand Duché. Pourtant, si sa culture est européenne, sa musique l'est moins à l'écoute de son deuxième album 'Run, Run Pure Beauty'.
 
D'inspiration nineties, ce disque a des effluves de grunge (dont on la dit friande) et surtout d'indie-rock à la sauce américaine (ne vous étonnez pas si ses chansons vous rappellent parfois Lucy Dacus et ses copines de boygenius), le tout chanté d'une jolie voix, qui navigue sur toute la gamme et n'hésite pas à monter dans les hauteurs de belle façon. Et le résultat est tout à fait épatant, car très bien construit, ambitieux même par moments, pas avare de grandes chansons (Higher, en écoute aujourd'hui, pour ne citer qu'elle, sans doute la plus marquante et immédiate de 'Run, Run Pure Beauty') et bien plus consistant que beaucoup de disques d'outre-Atlantique récents qui singent plus qu'ils ne réinventent les années 90. Un album très réussi donc et dont la découverte me permet de compléter ma carte de pays évoqués par ce blog. Ça ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir.

Album : Run, Run Pure Beauty
Année : 2026
Label : Dalliance Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Higher de Francis of Delirium est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait remarquable de 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium, voilà It's a Beautiful Life, qui clôt l'album : 

Le clip de Higher, un des singles extraits de l'album 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium :

mardi 22 septembre 2026

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Catherine Wheel

Je l'ai déjà dit dans ces pages : je vois des sosies partout. Oh, rassurez-vous, rien à voir avec un quelconque syndrome de Capgras (et heureusement d'ailleurs). Non, juste une sorte d'habitude, d'aucuns diront déviance, à trouver beaucoup de ressemblance dans à peu près tout le monde. Des sosies surtout « à peu près » vous diront mes amis - et ils n'auront sans doute pas tort.

Et si cela se concentre essentiellement au niveau du physique, cela m'arrive régulièrement au niveau musical : une mélodie me fait penser à telle autre (du genre j'entends un peu de Nuit Magique de Catherine Lara sur les quelques premières notes de Untitled 1, le morceau qui ouvre '( )' de Sigur Ros, oui oui), une ligne de basse rappelle un titre vieux de quarante (je l'avoue, c'est souvent New Order), quelques riffs qui me renvoient à de vieux disques. Plus rarement par contre, une voix me fait énormément penser à une autre. Et cela vient tout juste de m'arriver à l'écoute d'un album sorti vendredi dernier, et c'est assez saisissant pour dire le moins.

Le disque en question est 'These Killing Times', le dernier en date de Emma Ruth Rundle, qui commence à faire parler de lui. A raison parce que, si ce n'est le meilleur de l'américaine à ce jour (j'ai toujours beaucoup d'affection pour son 'Marked for Death' de 2016), c'est sans doute le plus « beau », le mieux encapsulé surtout et le mieux produit. Un disque réussi donc mais dont le chant d'Emma Ruth Rundle me fait énormément penser ici à... Alanis Morissette. Oui, l'autrice de 'Jagged Little Pill' (accessoirement un des disques de ma vie et qui a profondément marqué mon adolescence) dont j'entends les inflexions vocales un peu de partout (et pas que dans le « Sing Hallelujah » qu'elle chante au début du second couplet de Catherine Wheel, la chanson du jour) mais aussi dans l'ambiance générale qui, bien que plus sombre et slowcore évidemment, à ce je ne sais quoi de la canadienne aux 75 millions de disques vendus. Et si cela en fera rire beaucoup, si cela n'est sans doute à nouveau qu'un sosie « à peu près », vocal celui-là, il n'empêche que depuis vendredi, plus les écoutes défilent (car répétons le, 'These Killing Times' est un très bel album), plus l'impression demeure, et commence sérieusement à s'enraciner.

Album : These Killing Times
Année : 2026
Label : Errant Child Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Catherine Wheel de Emma Ruth Rundle est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de nouvel album d'Emma Ruth Rundle, voilà Powerless, qui ouvre 'These Killing Times' :

lundi 21 septembre 2026

[Track of The Day] Ganser - Futuretripping

Si votre rentrée manque de lignes de basse de qualité, alors précipitez vous sur le nouveau single des chicagoans de Ganser, vous allez être servis. Il s'appelle Futuretripping, n'est - pour l'instant en tout cas - rattaché à aucun futur nouvel album (il faut dire que leur précédent, 'Animal Hospital', ne date que de l'année dernière), et, tout au plus est une façon de célébrer leur départ en tournée avec les Bikini Kill. Mais tout ça n'a pas bien d'importance tant l'essentiel est ailleurs.

Car Futuretripping est une sacrée chanson de la part du groupe d'Alicia Gaines et Brian Cundiff, portée - donc - par une basse fantastique qui vous martèle la tête, par des guitares moins noisy que par le passé chez eux, des claviers euphorisants et des paroles bien dans leur époque (« You can borrow tomorrow / I know a guy / He's got a connection / but he’s hard to find »). Un super single de la part de Ganser, saisissant, endiablé, percutant et dansant à souhait.

Album : -
Année : 2026
Label : Felte Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Futuretripping de Ganser est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Futuretripping, nouveau single de Ganser :