Très séduit par leur premier album, j'étais intimement persuadé que Outer World allait connaître la même trajectoire que les Sweeping Promises, groupe dont il sonnait comme un petit frère psyché. Que nenni. En deux ans, le duo américain composé de Tracy Wilson et Kenneth Close n'a pas donné suite - ou alors si peu, un single et c'est tout.
Et puis, contre toute attente, revoilà Outer World avec un nouveau single, qu'on imagine sans effort comme le premier indice d'un prochain deuxième album. Court (tout juste deux minutes), enregistré avec quatre membres supplémentaires qui prennent en charge basse, guitare, batterie et autres voix additionnelles, il s'appelle La Dimora et poursuit le chemin ouvert par 'Who Does the Music Love?' avec basse profonde, nappes, psychédélisme soigné et toujours la belle voix de Tracy Wilson pour mener la danse. Un réussite qu'il faut espérer avoir des lendemains.
Toujours foisonnante, et dans tous les styles, la scène anglaise n'en finit pas de sortir des groupes intéressants, attachants, emballants, quand ils ne sont pas les trois à la fois. Dernier exemple en date, Langkamer, quatuor qui ne vient pas de l'autre pays du fromage mais de Bristol, ville rendue célèbre par le duo Portishead / Massive Attack au mitan des années 90.
Pourtant ici, rien de trip-hop dans la musique de Langkamer, mais de l'indie-rock qui convole en juste noces avec un peu d'alternative country et ambiances slacker. Leur quatrième album, 'No', court (onze chansons pour même pas trente minutes) se tient d'ailleurs plutôt bien, entre titres enlevés (Crows, tube évident, en écoute aujourd'hui, quelque part entre We Were Promised Jetpacks et Frightened Rabbit), superbes balades (The Summer That I Hit The Wall), morceaux plus nonchalants et production qui a du chien. Assez pour imposer du Langkamer avant de faire un malheur.
Découverte en septembre dernier avec, comme disent les anglais, l'infectious How Can I Tell You? (To Love Me More), Brooke Combe est de retour avec une nouvelle chanson, Tears Won’t Lie. Un single dans la lignée de son prédécesseur, catchy à souhait, soul autant que pop, qui n'est pas sans évoquer Ain't No Mountain High Enough de Marvin Gaye et Tammi Terrell et qui a beaucoup de la patine Motown en lui. Que ce soit dans la (très) belle voix de l’écossaise, ses paroles (Now you’ve left with our love /Take a look at what you’ve done / Every day, every night / You see the truth written in my eyes), son orchestration, sa production et même le design de sa pochette - fut-elle uniquement digitale, ce single ne semblant pas voué à connaitre une sortie physique. Sans doute prélude à un deuxième album à venir, un an après un bien inoffensif 'Dancing at the Edge of the World', Tears Won’t Lie confirme en tout cas tout le potentiel de Brooke Combe.
Album : - Année : 2026 Label : Fontana Recordings / Modern Sky UK
Il y a des disques qu'on a envie d'aimer dès les premières secondes de la toute première chanson. Prenez 'Mosquito', le nouvel et quatrième album des suédois de Hater, groupe croisé plus qu'écouté jusque-là. Il s'ouvre par Landslide (en écoute aujourd'hui), morceau qui emballe son monde en moins de temps qu'il ne faut pour lire cette phrase : une batterie en entrée, des guitares particulièrement mélodieuses et qui ne manquent pas de chien, une basse qui ne paye pas de mine mais à la beauté et l'importance réelles (comme souvent me direz-vous), un rythme aussi lancinant qu'énergique mais particulièrement envoûtant, la voix belle et sûre de Caroline Landahl (épatante notamment sur les couplets). Le tout sublimé par une production très soignée, ronde et chaleureuse, qui fait honneur à cette composition. Une chanson généreuse en somme, à l'image du reste de 'Mosquito', vrai beau disque d'indie-pop et d'indie-rock aux touches shoegaze de la part d'Hater (qui porte ici bien mal son nom) qui, dès qu'il s'égare en moments plus anecdotiques, se reprend en remettant toujours la mélodie au centre de tout.
Album : Mosquito Année : 2026 Label : Fire Records
En ouverture de 'We Are Together Again', le trente-et-unième album de Bonnie "Prince" Billy sous ce moniker (seul ou avec d'autres), on trouve Why is the Lion?, chanson de folk très orchestrée, mélancolique, lumineuse et aérienne. Trente-six minutes plus tard, et alors que le disque est sur le point de tirer sa révérence, c'est sa sœur jumelle qui prend la main. Mais une sœur, si ce n'est plus austère, sans doute plus sèche, quoique diablement belle.
Bride of the Lion (en écoute aujourd'hui) reprend les mêmes paroles (ou quasiment) que Why is the Lion?, en garde globalement la structure (seuls quelques couplets sont inversés) mais l'ambiance est plus dépouillée, plus à l'os. Plus courte de deux minutes, elle ne laisse pas de place à la gloriole, à une orchestration ample et remise au rancart la flûte qui baguenaudait précédemment. Tenue par la guitare de Bonnie "Prince" Billy et ses quelques accords, Bride of the Lion est plus sobre, plus introspective aussi, mais n'oublie pas une seconde la beauté, que ce soit par sa mélodie simple mais rayonnante, ses chœurs resserrés qui la parsèment tout du long, et cette guitare électrique aux riffs nerveux qui, sur la dernière partie, la voit totalement s'épanouir. Une beauté pure.
Album : We Are Together Again Année : 2026 Label : Domino Records / No Quarter Records