jeudi 26 mars 2026

[Track of The Day] Scout Gillett - Cherry Blossoms

Alors qu'on attend désespérément un nouvel album de la superbe Scout Niblett (treize ans d'attente tout de même and still counting), c'est une autre Scout qui est de retour en ce début 2026 : Scout Gillett. Originaire de Kansas City et désormais établie à New-York, l'américaine vient de publier son deuxième album, 'Tough Touch' chez Slouch Records, après un premier effort chez Captured Tracks.

Un disque pour tous les amoureux de langueur (et de chant un rien affecté) qui se distingue sur deux chansons : Secret Life of Trees, qui retient son explosion finale le plus longtemps possible pour mieux tenir en haleine son auditoire, et Cherry Blossoms (en écoute aujourd'hui), très beau morceau qui prend tout son sens dans sa dernière partie, quand Scout Gillett lâche les chevaux et la joue guitar hero, en duo avec un piano qu'on dirait sorti de chez The Black Heart Procession.

Album : Tough Touch
Année : 2026
Label : Slouch Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Cherry Blossoms de Scout Gillett est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très conseillée de 'Tough Touch' de Scoutt Gillett, Secret Life of Trees :

mardi 24 mars 2026

Railcard - Railcard [Skep Wax Records / Slumberland Records]

En 1967, sur 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band'Paul McCartney chantait When I’m Sixty-Four en s'imaginant vieillir auprès de son amour du moment, elle tricotant auprès d'un feu de cheminée, lui arrachant les mauvaises herbes du jardin, eux d'eux s'occupant de leurs petits enfants. 

Soixante-quatre ans, c'est l'âge de trois des quatre membres de Railcard, nouveau groupe qui vient de publier son premier album - du même nom. Et à les écouter, il n'est pas question de retraite et de couler des jours tranquilles dans un petit cottage de l'Île de Wight. Surtout que ces - plus si jeunes - joyeux drilles ne sont pas des inconnus de la scène musicale des trente dernières années : Rachel Love a été membre de Dolly Mixture, Do It Now! et Spelt, Ian Button a fait plus que ses gammes chez une pelletée de groupes et est le nouveau batteur de Heavenly, Peter Momtchiloff a tourné dans une ribambelles de formations (et notamment Heavenly, encore elle, ou Would-Be-Goods). Quant à Allison Thomson, la seule à ne pas être née en 1962, on a pu croiser sa trompette (mais pas que) ici et là, et surtout chez les anglais de Heist au début des années 2000.

Autant dire donc que l'on est plus sur un nouveau super groupe qu'autre chose. Et leur premier album, compilation de leurs deux premiers EP publiés l'an passé et de trois chansons inédites, est du même tonneau. Un disque qui s'ouvre par Narcissus et qui pose le décor : ce n'est pas le Londres des Clash qui appelle mais la pop, et dans toutes ses acceptions. Et les neuf chansons suivantes ne seront que confirmation, Railcard arrivant à encapsuler en trente-deux minutes autant de pop que d'esprit soul, de hooks irrésistibles que de mélodies chiadées, de voix qui se complètent ou se répondent en écho, de Beatles, d'Elliott Smith, de Belle and Sebastian que Burt Bacharach - pour ne citer qu'eux. Pas exempts de grandes et/ou de belles chansons (Narcissus, Born in '62, Railcard, Think About That, Revolutionary Calendar) ni de tubes (Northern Soul Dancing, sa production et sa rythmique si sixties, sa trompette divine, Disco Loadout), 'Railcard' est un disque du genre impeccable, délicieux et que bien des groupes, jeunes ou moins jeunes, rêveraient un jour pouvoir écrire. (Sortie : 6 février 2026)

Plus :
'Railcard' de Railcard est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Railcard' de Railcard est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Railcard' de Railcard est à l'écoute un peu de partout, notamment sur Spotify, Deezer et Tidal


Trois chansons de 'Railcard' de Railcard en écoute aujourd'hui. Northern Soul Dancing pour ouvrir le bal, un des tubes de l'album 
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Narcissus et sa vibe London Calling des Clash. Et enfin la bien belle balade Railcard :


Trois clips de 'Railcard' de Railcard : Disco Loadout, Day Dream et Narcissus :

mardi 17 mars 2026

[Track of The Day] Glen Hansard - Didn't He Ramble (Funkhaus Version)

L'histoire commence en juin 2024. Glen Hansard, ancien de The Commitments et de The Frames, est au Zuiderpark Theater de La Haye, aux Pays-Bas. Il vient y lancer sa nouvelle tournée européenne. Le concert débute et après quelques chansons, le ciel se fait de plus en plus menaçant. Par précaution et pour le préserver, il enjoint le public à venir se réfugier sur scène et à entourer le groupe. Dès lors, le concert à la configuration habituelle se transforme en un moment rare qui restera dans la mémoire de ceux qui étaient présents. Mieux, cela donnera des idées à notre irlandais du jour.

Un an plus tard, Berlin. Glen Hansard a amené son groupe et ses chansons au Funkhaus Studio. L'idée ? Enregistrer en public un disque retraçant ses différentes vies musicales. Le tout sans artifice, sans retouche ni deuxième prise. De cet enregistrement vont naître deux disques : 'Don+t Settle - Transmissions West' à venir dans le courant de 2026 et 'Don+t Settle - Transmissions East' prévu pour le 24 avril prochain.

Histoire de mettre ce dernier en orbite, Glen Hansard a publié un premier extrait, Didn't He Ramble. Une chanson dédiée à son père et qui, étonnamment, ne se trouvait pas sur l'album du même nom sorti en 2015 mais sur un Ep ultérieur, 'A Season On The Line'. Une version studio pas loin d'être emballante mais qui semblait presque timide, comme si elle n'allait pas au bout de son ambition. Pour cette nouvelle mouture, Glen Hansard et son groupe lâchent les chevaux. Puissante, carrée, Didn't He Ramble explose ici comme un immense bœuf rock'n'roll, prend ses aises et fait jaillir, notamment sur le refrain, tout l'éclat qui lui manquait jusque là. Seuls les applaudissements sur la fin nous ramènent à la réalité et nous rappellent que ce qu'on vient d'entendre était une version live. Jouissif de bout en bout. Comme le dit un commentaire sous la vidéo « Je n'aurais pas pu rester assis ! ». Moi non plus.

Album : Don+t Settle - Transmissions East
Année : 2026
Label : Plateau / Secretly Distribution

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Didn't He Ramble (Funkhaus Version) de Glen Hansard est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Didn't He Ramble (Funkhaus Version) de Glen Hansard, premier extrait de 'Don+t Settle - Transmissions East' :
 
 

lundi 16 mars 2026

[Track of The Day] Olivia Rodrigo - The Book of Love (The Magnetic Fields cover)

En 1995, l'ONG War Child avait lancé lancé la compilation 'HELP' pour venir en aide aux population en guerre (c'est la guerre en ex-Yougoslavie qui avait déclenché le mouvement). Un disque de vingt morceaux, devenu mythique avec le temps sans doute plus pour son casting (une bonne partie de la britpop de l'époque, Massive Attack, Sinéad O'Connor, The Chemical Brothers) que pour la qualité de ses chansons (seul le merveilleux Lucky de Radiohead, alors totalement inédit, sortait du lot).

Trente ans plus tard, la période actuelle étant plus que jamais désespérante, War Child relance sa belle initiative avec la petite sœur de 'HELP', la simplement - et forcément - nommée 'HELP(2)'. Au générique, un éventail assez large d'artistes d'aujourd'hui (Young Fathers, Wet Leg, Nilüfer Yanya, Big Thief, The Last Dinner Party, Black Country, New Road, Kae Tempest, English Teacher, Fontaines D.C.) ou presque (Pulp, Depeche Mode, Anna Calvi, Bat For Lashes, Foals), dont une bonne tripotée déjà mentionnés dans ces pages.

A l'instar de sa devancière, 'HELP(2)' est alléchante sur le papier, mais le résultat est le même : il y a peu de choses à sauver dans cette compilation qui n'est pas loin d'être un supplice à écouter - un supplice d'ennui, mais un supplice quand même. Ce n'est pas que c'est laid ou raté, c'est juste que c'est insipide au possible, sans âme, sans intérêt. Un éventail de chansons qui ressemblent plus à des face-B à peine potables qu'autre chose (mention spéciale au morceau de Pulp) quand ce ne sont pas des reprises lénifiantes (Sunday Morning du Velvet Underground par Beth Gibbons, Lilac Wine de Jeff Buckley par Arooj Aftab et Beck), portées par une production lourdingue au possible.

Pas grand chose à sauver donc, à quelques exceptions près (Parasite de English Teacher et Graham Coxon, Sunday Light avec Anna Calvi, Nilüfer Yanya, Dove Ellis et Ellie Rowsell) et notamment la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo (en écoute aujourd'hui). Parce que l'originale est merveilleuse (l'américaine prouve une nouvelle fois son très bon goût), et parce que cette version en apesanteur, tout en délicatesse, qu'Olivia Rodrigo chante très justement, est belle comme tout (bien aidée en cela par Graham Coxon à la guitare et Ed Harcourt au piano). C'est peu mais c'est déjà ça. Ah, qu'on est loin de 'Dark Was The Night' ...

NB : Malgré tous ses défauts, n'oublions pas le but de cette compilation : amasser des fonds pour aider les populations (et surtout les enfants) des pays en guerre. Et c'est plus que louable. On peut aider l'ONG War Child en achetant 'HELP(2)' ou en faisant des dons directement sur le site de War Child.

Album : HELP(2)
Année : 2026
Label : War Child Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo, avec Ed Harcourt et Graham Coxon à la musique, est également en écoute ci-dessous :

jeudi 12 mars 2026

[Track of The Day] Swapmeet - I Know!

Cela faisait longtemps que je n'avais pas évoqué dans ces pages un groupe australien. Enfin, longtemps, tout est relatif : cela remonte au 26 décembre dernier quand j'avais chroniqué le très recommandable  album des Fortitude Valley, 'Part Of The Problem, Baby', un des tous meilleurs disques de 2025. Sauf que trois mois pour une scène aussi foisonnante que celle-ci c'est long.

Voilà donc Swapmeet, groupe venu d'Adélaïde en Australie. Et comme il n'est pas impossible qu'ils fassent parler d'eux prochainement, présentons les : Venus O’Broin est au chant et à la guitare, Joshua Doherty à la basse, tandis que le duo Maxwell Elphick et Jack Medlyn s'occupe aussi bien de guitare, de batterie que du chant.

Après un Ep en 2024, le quatuor vient de signer chez les américains de Winspear Records, signature qui leur ouvre un plus grand horizon, à commencer par une participation au SXSW dès ce week-end à Austin. Nul doute qu'ils joueront sur scène leur nouveau single I Know! (en écoute aujourd'hui), chanson rock et fiévreuse aux contours 90s qui, si elle ne réinvente pas la roue, a le mérite d'avoir une langueur sacrément efficace. Swapmeet ou un groupe à suivre de près.

Album : -
Année : 2026
Label : Winspear Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Know de Swapmeet est également en écoute ci-dessous :

Le clip de I Know de Swapmeet :