Il n'y a rien de plus frustrant de découvrir un groupe et de se rendre compte que celui-ci se baladait dans les rues de votre ville quelques semaines plus tôt seulement. Énième et dernier exemple en date, les canadiens de Private Lives qui étaient sur la scène du Trokson le 21 mars. Un quatuor originaire de Montréal qui, après un deuxième album publié l'an passé chez les américains de Feel It Records (à qui l'on doit la découverte des Sweeping Promises) s'offre le premier 45-tours de sa carrière, cette fois chez les autrichiens de Bachelor Records - signature qui explique sans doute cette tournée européenne très allemande (douze dates), belge (Bruxelles
comme seul point de chute) et française (Lille, Sorgues étonnamment et
Lyon donc).
Deux chansons au programme, Think I'm Coming Around en face-A, à laquelle il ne manque que « Gabba Gabba Hey », et Television
Faces en face-B (et en écoute aujourd'hui), entre punk et power-rock dont les riffs ne sont pas sans rappeler les Libertines des deux premiers albums. De la belle ouvrage qui fait espérer que ce rapide passage lyonnais des Private Lives n'est pas le dernier.
Album : Think I'm Coming Around 7" Année : 2026 Label : Bachelor Records
Très séduit par leur premier album, j'étais intimement persuadé que Outer World allait connaître la même trajectoire que les Sweeping Promises, groupe dont il sonnait comme un petit frère psyché. Que nenni. En deux ans, le duo américain composé de Tracy Wilson et Kenneth Close n'a pas donné suite - ou alors si peu, un single et c'est tout.
Et puis, contre toute attente, revoilà Outer World avec un nouveau single, qu'on imagine sans effort comme le premier indice d'un prochain deuxième album. Court (tout juste deux minutes), enregistré avec quatre membres supplémentaires qui prennent en charge basse, guitare, batterie et autres voix additionnelles, il s'appelle La Dimora et poursuit le chemin ouvert par 'Who Does the Music Love?' avec basse profonde, nappes, psychédélisme soigné et toujours la belle voix de Tracy Wilson pour mener la danse. Un réussite qu'il faut espérer avoir des lendemains.
Toujours foisonnante, et dans tous les styles, la scène anglaise n'en finit pas de sortir des groupes intéressants, attachants, emballants, quand ils ne sont pas les trois à la fois. Dernier exemple en date, Langkamer, quatuor qui ne vient pas de l'autre pays du fromage mais de Bristol, ville rendue célèbre par le duo Portishead / Massive Attack au mitan des années 90.
Pourtant ici, rien de trip-hop dans la musique de Langkamer, mais de l'indie-rock qui convole en juste noces avec un peu d'alternative country et ambiances slacker. Leur quatrième album, 'No', court (onze chansons pour même pas trente minutes) se tient d'ailleurs plutôt bien, entre titres enlevés (Crows, tube évident, en écoute aujourd'hui, quelque part entre We Were Promised Jetpacks et Frightened Rabbit), superbes balades (The Summer That I Hit The Wall), morceaux plus nonchalants et production qui a du chien. Assez pour imposer du Langkamer avant de faire un malheur.
Découverte en septembre dernier avec, comme disent les anglais, l'infectious How Can I Tell You? (To Love Me More), Brooke Combe est de retour avec une nouvelle chanson, Tears Won’t Lie. Un single dans la lignée de son prédécesseur, catchy à souhait, soul autant que pop, qui n'est pas sans évoquer Ain't No Mountain High Enough de Marvin Gaye et Tammi Terrell et qui a beaucoup de la patine Motown en lui. Que ce soit dans la (très) belle voix de l’écossaise, ses paroles (Now you’ve left with our love /Take a look at what you’ve done / Every day, every night / You see the truth written in my eyes), son orchestration, sa production et même le design de sa pochette - fut-elle uniquement digitale, ce single ne semblant pas voué à connaitre une sortie physique. Sans doute prélude à un deuxième album à venir, un an après un bien inoffensif 'Dancing at the Edge of the World', Tears Won’t Lie confirme en tout cas tout le potentiel de Brooke Combe.
Album : - Année : 2026 Label : Fontana Recordings / Modern Sky UK
Il y a des disques qu'on a envie d'aimer dès les premières secondes de la toute première chanson. Prenez 'Mosquito', le nouvel et quatrième album des suédois de Hater, groupe croisé plus qu'écouté jusque-là. Il s'ouvre par Landslide (en écoute aujourd'hui), morceau qui emballe son monde en moins de temps qu'il ne faut pour lire cette phrase : une batterie en entrée, des guitares particulièrement mélodieuses et qui ne manquent pas de chien, une basse qui ne paye pas de mine mais à la beauté et l'importance réelles (comme souvent me direz-vous), un rythme aussi lancinant qu'énergique mais particulièrement envoûtant, la voix belle et sûre de Caroline Landahl (épatante notamment sur les couplets). Le tout sublimé par une production très soignée, ronde et chaleureuse, qui fait honneur à cette composition. Une chanson généreuse en somme, à l'image du reste de 'Mosquito', vrai beau disque d'indie-pop et d'indie-rock aux touches shoegaze de la part d'Hater (qui porte ici bien mal son nom) qui, dès qu'il s'égare en moments plus anecdotiques, se reprend en remettant toujours la mélodie au centre de tout.
Album : Mosquito Année : 2026 Label : Fire Records