lundi 10 août 2026

[Track of The Day] Lucy Dacus - Clay Pigeons (Blaze Foley cover)

Si, comme moi, le nom de Blaze Foley ne vous dit rien, alors la chanson du jour est faite pour vous. Et le disque dont elle est tirée également. Car Blaze Foley fait partie de ces légendes américaines méconnues de la country et folk music, qui n'a pas eu une vie facile et dont la notoriété fut essentiellement postérieure à son décès. Une sorte de Jackson C. Frank américain, avec qui il partage une trajectoire anonyme et tragique.

Sans faire sa biographie tant il y a des choses à dire, sachez que Blaze Foley est né sous le nom de Michael David Fuller un jour de décembre 1949 en Arkansas mais qu'il a passé la majeure partie de sa vie au Texas, qu'il est le fils d'un père alcoolique, que dès l'âge de sept mois, il est atteint de la polio et que la maladie lui laissera une jambe plus courte que l'autre, qu'il tire son nom de scène du musicien de country Red Foley et de la stripteaseuse (mais pas que) Blaze Starr, qu'il a vécu un temps dans une maison dans les arbres avec l'amour de sa vie, Sybil Rosen, que la boisson a sans doute causé son insuccès et sa perte, qu'il était l'ami de Townes Van Zandt (ces deux dernières informations ont sans doute un lien d'ailleurs), qu'il n'a connu la notoriété que sur le tard grâce à la reprise à succès de son If I Could Only Fly par le duo Merle Haggard / Willie Nelson, qu'il n'a quasiment rien publié de son vivant, et qu'il est mort assassiné par le fils d'un ami au petit matin du 31 janvier 1989.

Mais depuis son décès, les choses ont changé. Reconnu, révéré (Lucinda Williams lui écrira une chanson dix ans après sa mort et dira de lui qu'il était « un génie et un perdant magnifique »), repris sur album (Kings of Leons, Whitney, Michael Cera) comme sur scène (The Tallest Man on Earth, Band of Horses, Great Lake Swimmers, Steve Gunn et j'en passe), Blaze Foley a même fait l'objet d'un biopic en 2018, "Blaze", encensé par la critique et réalisé par Ethan Hawke.

Quarante ans après son décès, il a donc droit à une nouvelle compilation hommage, 'Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley'. Treize compositions du texan reprises par, dans l’ordre d’apparition au tracklisting, Phosphorescent, Willie Watson, Cactus Lee et David Amram, Dylan Earl, Uncle Lucius, Riley Downing, Joshua Ray Walker, Twain, Angela Autumn, John R. Miller, John Moreland et Lydia Loveless, Lucinda Williams et, Lucy Dacus, qui reprend ici une des, semble-t-il, plus célèbres chansons de Blaze Foley, Clay Pigeons (en écoute aujourd'hui). L’histoire d’un homme qui prend un bus pour fuir ses problèmes et démarrer une nouvelle vie. Lucy Dacus en donne une version presque aussi dénudée que l'originale, mais que sa voix embellie encore plus de mélancolie. Une très jolie reprise, sans doute la meilleure du disque d'ailleurs, et une très belle porte d'entrée vers un artiste maudit que seule la mort aura su faire émerger de l'anonymat et des ténèbres.

Album : Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley
Année : 2026
Label : Lost Art Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Clay Pigeons de Blaze Foley par Lucy Dacus est également en écoute ci-dessous :
 

Pour ceux qui, comme moi, ne connaitraient pas Blaze Foley, voilà sa version de Clay Pigeons :

Autre reprise notable, celle de Phosphorescent qui s'approprie un des titres les plus célèbres de Blaze Foley, If I Could Only Fly :

La bande-annonce de "Blaze", le biopic que Ethan Hawke a consacré à Blaze Foley en 2018 :

vendredi 7 août 2026

[Track of The Day] Will Sheff - Always Everything

Est-ce une simple coïncidence ? Un plan marketing bien ficelé ? Une volonté des deux compères de se retrouver en compétition, face à face, juste pour se marrer ? Difficile à savoir. Mais les deux anciens d'Okkervil River, Will Sheff et Jonathan Meiburg (on oublie que celui-ci n'est plus membre du groupe depuis 2008 et la sortie 'The Stands-In', quand bien même il a joué un petit rôle sur chaque disque suivant, aux chœurs là, au banjo ici) viennent de publier les nouveaux albums de leurs projets personnels respectifs à quelques semaines d'intervalle, après pourtant quatre ans d'absence de chaque côté.

Si l'on reviendra prochainement sur le nouveau Shearwater, disque très Talk Talk / Mark Hollis qui prend une belle épaisseur à chaque écoute, évoquons tout d'abord 'Extra Mile', le second album solo de Will Sheff (au look de plus en plus Lennon-ien) à travers Always Everything (en écoute aujourd'hui). Un morceau qui démarre comme une balade acoustique déprimée mais lumineuse et qui n'a de cesse de déployer ses ailes pour terminer sous la forme d'un blues héroïque et euphorique. Une chanson superbe qui, avec celle d'ouverture Extra Mile, tient le très haut du pavé de ce joli album, qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié à quel point Will Sheff est un compositeur talentueux et soigné.

Album : Extra Mile
Année : 2026
Label : Solid Ghosts Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Always Everything de Will Sheff est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de haute tenue de ce nouvel album de Will Sheff, voilà la chanson titre et d'ouverture Extra Mile :

jeudi 6 août 2026

[Track of The Day] Swash - Clay

Découvert grâce à Pierre (With A Messy Head, Carton Sonore) et repéré par le toujours debout et essentiel Hidden Bay Records qui sort le disque, voilà Swash, quatuor danois venu de Copenhague, et leur premier album après quasiment dix ans d'Ep et de singles épars. Un disque qui se nomme 'Powers of Ten' et qui ne compte que… neuf chansons - titre ironique sur la session d'enregistrement où, au bout du compte, un des dix morceaux enregistrés n'a pas réussi à passer le cut final.

En résulte un disque assez court (27 minutes), au son massif, nerveux et exalté, qui se balade de plage en plage dans le rock des années 90, qu'il soit indie, slacker, noise ou power (superbe Clay), le tout avec des élans grunge, des guitares puissantes et fuzz et même du Dinosaur Jr. tout craché (Surface Tension). De la belle ouvrage bruyante où les mélodies ne sont pas prises pour quantité négligeable et ont leur mot à dire. Un des meilleurs albums - et pas que rock - de l'année, sans l'ombre d'un riff.

NB : 'Powers of Ten' est donc signé chez Hidden Bay Records, qui publie le disque en K7 pour seulement 6€ - et l'album numérique à prix libre. Prix mini donc pour un micro-label à soutenir qui fait, comme beaucoup, un boulot remarquable et plus que jamais indispensable. 

Album : Powers of Ten
Année : 2026
Label : Hidden Bay Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Clay de Swash est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait recommandable de 'Powers of Ten', premier album des danois de Swash, voilà Serving the Shapes :

mercredi 5 août 2026

[Track of The Day] Mock Media - Mock City Rock

Après la Nouvelle-Zélande hier, faisons place aujourd'hui au Canada avec Mock Media, quatuor originaire de Vancouver, et à 'Rat Bastard', leur troisième album sorti le 17 juillet dernier chez Mac's Record Label (le label de Mac Demarco) et Meat Machine. En tout cas à toute la partie clairement influencée par le post-punk fin 70s/début 80s et moins celle qui va chercher ses influences dans le reggae.

Ainsi, zappons City's of Fire ou Fell From The Top (mais qui séduiront à coup sûr tous les fans du genre), laissons de côté la bossa pop de White Lion et même Straight Line dont l'introduction me fait penser à Sinsemilia (si si) pour mieux nous concentrer sur les six autres chansons, et notamment ce triptyque d'ouverture Mock City Rock / Take It / Rat Bastard très séduisant, aux mélodies qui savent grandir, des guitares qui post-punk, un chant à plusieurs voix, entre Clash (Mock City Rock et son petit hommage à London Calling, que je ne peux croire autrement que volontaire), Television, Gang of Four et guitares eighties. Un trio très avenant pour débuter ce 'Rat Bastard' de Mock Media, disque qui, pour peu qu'on aime le reggae et ses affidés, devrait largement séduire son monde.

Album : Rat Bastard
Année : 2026
Label : Mac's Record Label / Meat Machine Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Mock City Rock de Mock Media est également en écoute ci-dessous :

Autre très recommandable chanson de 'Rat Bastard' de Mock Media, voilà Take It :

Le clip de Mock City Rock, chanson d'ouverture de 'Rat Bastard' de Mock Media :

mardi 4 août 2026

[Track of The Day] Hemi Hemingway - Wings of Desire

Derrière cette silhouette en contre-jour sur fond d'orange flamboyant portant beau le chapeau de cowboy et ce nom d'Hemi Hemingway, ne se cache pas un artiste de country alternative venu du grand ouest américain mais un certain Shaun Blackwell, originaire de Wellington en Nouvelle-Zélande.

L'album habillé par cette bien trompeuse pochette est son second et se nomme 'Wings of Desire'. Un disque écrit avec l'encre des années 80, celles des productions massives qui flirtaient souvent à la limite du bon goût. Il y a un peu tout cela dans ce deuxième album de Hemi Hemingway : un disque moins épique que  grandiloquent, qu'aucuns diraient ampoulé, et qui ne brille pas toujours - musicalement en tout cas - par sa finesse. Pour autant, le disque s'ouvre par Wings of Desire (en écoute aujourd'hui), formidable chanson titre qui semble être tout droit sortie de l'esprit de Pulp et/ou de Jarvis Cocker - et pas seulement pour ses accents vocaux - et qui déborde tant de générosité et de classe que même un saxophone typique de l'époque n'arrive pas à la gâcher (et en devient même essentiel).

Album : Wings of Desire
Année : 2026
Label : PNKSLM Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Wings of Desire de Hemi Hemingway est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Wings of Desire, la chanson titre et d'ouverture du nouvel album de Hemi Hemingway :