mardi 29 septembre 2026

[Track of The Day] untitled (halo) - easy rider

Histoire de clarifier la moindre méprise, indiquons tout de suite que untitled (halo) est un groupe qui existe, qu'il est même un trio devenu quatuor sur les derniers mois, et qu'il s'apprête à publier son premier album éponyme chez Dirty Hit Records le 6 novembre prochain. Précision à mon sens utile, car à l'heure où l'on devient suspicieux sur chaque nouveau groupe, sur chaque nouvelle chanson ou sur chaque nouvel auteur, le clip de leur dernier single en date, easy rider, pourrait nous en faire douter. Propre sur lui, très beau, léché, sans doute trop pour être honnête, où chacun des quatre membres (plus un cinquième larron inconnu au bataillon) ne semble pas spécialement à l'aise, comme figé, il y a quelque-chose de factice qui s'en dégage. 

Et ce d'autant plus qu'il y a un grand décalage avec la chanson qu'il habille. Car avec son intro qui rappelle 1979 des Smashing Pumpinks, son shoegaze d'un fort bon aloi, noisy comme il faut, ses guitares qui fuzzent, son côté malin (ces voix masculines, comme métal, qui répondent à celle, plus éthérée, de Ariana Mamnoon), easy rider a un côté plus sale et nerveux que son clip très lisse, qu'on dirait créé par IA, ne le laisse suggérer. Et quand bien même sa production massive et presque trop parfaite, cette chanson est une sacrée réussite de la part d'untitled (halo), groupe au nom certes bizarre mais qui existe bien, et n'est pas une création venue d'un quelconque prompt écrit par un nerd en mal d'occupation.

Album : untitled (halo)
Année : 2026
Label : Dirty Hit

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Le clip de easy rider, un des singles du premier album de untitled (halo) :

lundi 28 septembre 2026

[Track of The Day] Francis of Delirium - Higher

Quasiment vingt ans pour ce blog et pourtant, il n'avait jamais été question jusque là d'un groupe basé au Luxembourg. Pas étonnant me direz-vous vu la taille du pays (2500 km2, 700 000 habitants) mais tout de même. Le groupe en question se nomme Francis of Delirium et est le projet d'une certaine Jana Bahrich, jeune femme née au début du siècle en Belgique et qui a pas mal vadrouillé avant de s'installer avec sa famille au Grand Duché. Pourtant, si sa culture est européenne, sa musique l'est moins à l'écoute de son deuxième album 'Run, Run Pure Beauty'.
 
D'inspiration nineties, ce disque a des effluves de grunge (dont on la dit friande) et surtout d'indie-rock à la sauce américaine (ne vous étonnez pas si ses chansons vous rappellent parfois Lucy Dacus et ses copines de boygenius), le tout chanté d'une jolie voix, qui navigue sur toute la gamme et n'hésite pas à monter dans les hauteurs de belle façon. Et le résultat est tout à fait épatant, car très bien construit, ambitieux même par moments, pas avare de grandes chansons (Higher, en écoute aujourd'hui, pour ne citer qu'elle, sans doute la plus marquante et immédiate de 'Run, Run Pure Beauty') et bien plus consistant que beaucoup de disques d'outre-Atlantique récents qui singent plus qu'ils ne réinventent les années 90. Un album très réussi donc et dont la découverte me permet de compléter ma carte de pays évoqués par ce blog. Ça ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir.

Album : Run, Run Pure Beauty
Année : 2026
Label : Dalliance Recordings

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Autre chanson tout à fait remarquable de 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium, voilà It's a Beautiful Life, qui clôt l'album : 

Le clip de Higher, un des singles extraits de l'album 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium :

mardi 22 septembre 2026

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Catherine Wheel

Je l'ai déjà dit dans ces pages : je vois des sosies partout. Oh, rassurez-vous, rien à voir avec un quelconque syndrome de Capgras (et heureusement d'ailleurs). Non, juste une sorte d'habitude, d'aucuns diront déviance, à trouver beaucoup de ressemblance dans à peu près tout le monde. Des sosies surtout « à peu près » vous diront mes amis - et ils n'auront sans doute pas tort.

Et si cela se concentre essentiellement au niveau du physique, cela m'arrive régulièrement au niveau musical : une mélodie me fait penser à telle autre (du genre j'entends un peu de Nuit Magique de Catherine Lara sur les quelques premières notes de Untitled 1, le morceau qui ouvre '( )' de Sigur Ros, oui oui), une ligne de basse rappelle un titre vieux de quarante (je l'avoue, c'est souvent New Order), quelques riffs qui me renvoient à de vieux disques. Plus rarement par contre, une voix me fait énormément penser à une autre. Et cela vient tout juste de m'arriver à l'écoute d'un album sorti vendredi dernier, et c'est assez saisissant pour dire le moins.

Le disque en question est 'These Killing Times', le dernier en date de Emma Ruth Rundle, qui commence à faire parler de lui. A raison parce que, si ce n'est le meilleur de l'américaine à ce jour (j'ai toujours beaucoup d'affection pour son 'Marked for Death' de 2016), c'est sans doute le plus « beau », le mieux encapsulé surtout et le mieux produit. Un disque réussi donc mais dont le chant d'Emma Ruth Rundle me fait énormément penser ici à... Alanis Morissette. Oui, l'autrice de 'Jagged Little Pill' (accessoirement un des disques de ma vie et qui a profondément marqué mon adolescence) dont j'entends les inflexions vocales un peu de partout (et pas que dans le « Sing Hallelujah » qu'elle chante au début du second couplet de Catherine Wheel, la chanson du jour) mais aussi dans l'ambiance générale qui, bien que plus sombre et slowcore évidemment, à ce je ne sais quoi de la canadienne aux 75 millions de disques vendus. Et si cela en fera rire beaucoup, si cela n'est sans doute à nouveau qu'un sosie « à peu près », vocal celui-là, il n'empêche que depuis vendredi, plus les écoutes défilent (car répétons le, 'These Killing Times' est un très bel album), plus l'impression demeure, et commence sérieusement à s'enraciner.

Album : These Killing Times
Année : 2026
Label : Errant Child Recordings

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Autre chanson remarquable de nouvel album d'Emma Ruth Rundle, voilà Powerless, qui ouvre 'These Killing Times' :

lundi 21 septembre 2026

[Track of The Day] Ganser - Futuretripping

Si votre rentrée manque de lignes de basse de qualité, alors précipitez vous sur le nouveau single des chicagoans de Ganser, vous allez être servis. Il s'appelle Futuretripping, n'est - pour l'instant en tout cas - rattaché à aucun futur nouvel album (il faut dire que leur précédent, 'Animal Hospital', ne date que de l'année dernière), et, tout au plus est une façon de célébrer leur départ en tournée avec les Bikini Kill. Mais tout ça n'a pas bien d'importance tant l'essentiel est ailleurs.

Car Futuretripping est une sacrée chanson de la part du groupe d'Alicia Gaines et Brian Cundiff, portée - donc - par une basse fantastique qui vous martèle la tête, par des guitares moins noisy que par le passé chez eux, des claviers euphorisants et des paroles bien dans leur époque (« You can borrow tomorrow / I know a guy / He's got a connection / but he’s hard to find »). Un super single de la part de Ganser, saisissant, endiablé, percutant et dansant à souhait.

Album : -
Année : 2026
Label : Felte Records

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Le clip de Futuretripping, nouveau single de Ganser :

vendredi 18 septembre 2026

[Track of The Day] Personal Trainer - Bone

Direction les Pays-Bas et Amsterdam aujourd'hui avec Personal Trainer et son nouvel album, 'Human Assholes' (la pochette est à l'avenant) - le troisième pour être précis, prouvant par la même que s'il est une découverte, Willem Smit, l'homme derrière ce projet, n'est en rien un nouveau venu. Un disque qui alterne indie-pop (surtout) et indie-rock, qu'ils soient des années 90 comme des années 2000/2010 et rappelle autant Eels, Grandaddy, moins Pavement que Stephen Malkmus, ainsi que toute une tripotée de groupes qui aiment la pop soignée et joliment ouvragée. 

Assez banal de prime abord, 'Human Assholes' se révèle finalement - et assez vite - tout à fait charmant, peu exempt qu'il est de belles mélodies bien travaillées, souvent traversées par une jolie mélancolie (superbe Barely Guillaume). Et si l'on regrettera qu'il se traîne un peu en longueur, on saluera avant tout la qualité de cet album de Personal Trainer et de bon nombre de compositions, à commencer par Bone (en écoute aujourd'hui), très belle chanson qui, dans sa deuxième partie, n'est pas sans rappeler une esthétique propre à dEUS.

Album : Human Assholes
Année : 2026
Label : Bella Union

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Autre chanson notable de 'Human Assholes' de Personal Trainer, voilà Barely Guillaume :

Pour finir, le clip de Moping, un des singles extraits de 'Human Assholes' de Personal Trainer, chanson qui a beaucoup de Eels en elle :