Derrière le nom à consonance néerlandaise de Lande Hekt (en réalité, sa famille a des origines allemandes) se cache une jeune anglaise d'Exeter, ancienne chanteuse de Muncie Girls, qui a publié en tout début d'année 'Lucky Now'. Son troisième album solo - le premier pour Tapete Records, très réussi d'ailleurs, plein qu'il est de jangle/indie/twee-pop lorgnant vers l'indie-rock sacrément bien menée, troussée et enlevé, qui ne manque pas de belles chansons. Un disque que Lande Hekt va prochainement compléter avec 'Threadbare Ep', un quatre titres dans la même lignée, en tout cas à en croire le premier single Circles (en écoute aujourd'hui), remarquable chanson qui, bien que plus nerveuse, aurait mérité une place de choix sur 'Lucky Now'.
Et à quelle date est prévue la sortie de 'Threadbare Ep' ? Le vendredi 25 septembre prochain. Soit le lendemain du concert de Lande Hekt au Hasard Ludique, où elle ouvrira d'ailleurs le Paris PopFest 2026. La huitième édition pour le festival de pop parisien, toujours à taille humaine, toujours à prix mini (20€ la soirée, 50€ le pass 3 jours), toujours aussi généreux, toujours avec une programmation sûre et de belle tenue (Freshberry, Tchotchke, les revenants Dorian Pimpernel, The School, The Popguns pour ne citer qu'eux) dans laquelle les chansons de Lande Hekt ne dépareilleront pas, bien au contraire.
Jeudi 24/09 : Lande Hekt / Freshberry / Tchotchke Vendredi 25/09 : Language of Flowers / Laundromat Chicks /Brezel Göring & Pyschoanalyse / Dorian Pimpernel / Jan Dark Piano Karaoke Samedi 26/09 : Bona Rays / Coup Dur / The School / The Popguns / Luis Elefant (DJ)
Album : Threadbare Ep Année : 2026 Label : Tapete Records
Sorti un peu à l'improviste jeudi 20 août dernier, 'Gentlewoman' est le cinquième album de Cleo Sol, tête de proue du collectif SAULT dont elle est la chanteuse. Et évidemment, derrière la neo-soul très smooth de l'anglaise, on retrouve Info, producteur émérite et doué dont le talent n'est plus à prouver - des albums comme 'Love & Hate'de Michael Kiwanuka ou, évidemment, 'Sometimes I Might Be Introvert'de Little Simz où ses productions tutoient les étoiles, s'en chargeant très bien pour lui.
Car s'il est fâché depuis avec la rappeuse de Islington pour une sombre histoire de prêt non
remboursés et de frais de management impayés, Info n'a jamais lâché Cleo Sol - logique me direz-vous puisque, en plus d'être talentueuse, elle est son épouse et la mère de ses deux enfants (on peut d'ailleurs
supposer que celui qu'elle tient dans ses bras sur la pochette de
'Gentlewoman' est le dernier, né il y a seulement quelques semaines).
Et Inflo de proposer ici, à nouveau, des productions qui siéent très bien à la voix belle et douce de Cleo Sol, soignées et jamais tape à l’œil, ouatées et smooth au possible. Sans doute trop d'ailleurs. Car si les fans de la première heure seront évidemment conquis et charmés, les autres, comme moi, trouveront l'ensemble, à l'instar des précédents albums,
trop redondant et très vite ennuyeux (qui plus est sur soixante-deux
minutes) pour vraiment emballer son monde ; ce, quand bien même les quelques petits
miracles qui le parsèment, comme la somptueuse Their Smiles Are Not The Same (en écoute aujourd'hui), chanson à l'orchestration renversante de beauté et de douceur où la voix de Cleo Sol fait merveille.
Album : Gentlewoman Année : 2026 Label : Forever Living Originals
Mois après mois, single après single, Brooke Combe devient une habituée de ces pages. Il faut dire que, si elle ne réinvente pas la soul tant elle sonne comme échappée d'un studio Motown des années 60, les chansons de l'écossaise font mouche à chaque fois. Il y avait eu la découverte du très catchyHow Can I Tell You? (To Love Me More) l'an passé, le Tears Won’t Lie à la vibe Marvin Gaye/ Tamm au printemps dernier ; il y a maintenant Love Was Made of Stone (en écoute aujourd'hui), dernier single en date paru début août, toujours produit par James Skelly de The Coral, et qui fait montre à nouveau ou plutôt qui confirme, s'il était besoin d'ailleurs, que Brooke Combe a un truc en plus. Et si d'aucuns argueront que ses compositions restent jusque là très
scolaires et/ou trop sous influence, on leur répondra qu'il y a ici une élégance dans le chant, une idée sûre de composition, des orchestrations soignées et une voix délicieuse. Ce n'est pas donné à tous.
Quatre heures du matin ce dimanche. La cousinade annuelle touche à sa fin dans un parc arboré et plutôt vert de la campagne ardéchoise. Le gin fizz coule à flots et nous sommes encore une quinzaine vaillants à bavasser et danser sur une playlist concoctée par une cousine de 22 piges, douée, dj autant dans l'âme et dans les faits (elle mixe régulièrement et commence à composer) qui, pendant son enfance, passait les mêmes soirées sur les genoux de votre serviteur à faire danser la famille. Soudain, voilà que se lance une chanson étonnante, très électro mais pop à la fois, mené par un chant spoken word en contrepoint d'une voix féminine lascive. Étonnante mais surtout aussi belle qu'efficace, à la production mouvante et cotonneuse.
Elle s'appelle Schadenfreude (en écoute aujourd'hui), porte très bien son nom et est l'œuvre de Baxter Dury, fils de Ian et artiste anglais que je ne fréquente plus depuis son 'Floor Show' de 2005 (et pourtant Cocaine Man, quelle chanson) sans trop savoir pourquoi (à dire vrai, j'ai même l'impression de systématiquement et volontairement zapper ses disques dès qu'ils me tombent sous l'oreille). Le morceau se trouve sur 'Allbarone', son dernier album en date publié il y a un an. Un disque magnifique et immédiat, très électro, plein de beats soignés et accompagnées de mélodies marquantes qui, si j'avais pris le temps de m'y intéresser, aurait fini sans doute dans le haut de mon panier 2025. Tout comme Schadenfreude, tube absolument irrésistible qui, sous ses airs torturés, ne veut vous aucun mal, bien au contraire.
Album : Allbarone Année : 2026 Label : Heavenly Records / PIAS
Savez-vous ce que l'on obtient lorsque l'on mélange le groupe Modest Mouse et la série Seinfeld ? La chanson en écoute du jour, I Will Do The Opposite ! L'œuvre d'un certain Peter Martin,
créateur de contenu américain qui, au moment de la crise de COVID, a vu
ses saynètes quotidiennes et humoristiques lui ouvrir la voie du succès
et de la médiatisation. Puis celle de la musique, où il se produit
depuis 2021 sous le nom de Petey, choix artistique tout sauf anecdotique puisque Petey USA (il vient récemment
d'accoler l'acronyme de sa patrie à son alias, comme ça, sans vraie raison) vient de publier 'oooo', son cinquième album en six ans, rien que ça. Mais cette fois, sans l'aide d'un label (il était tout de même signé chez Capitol Records), deal beaucoup trop contraignant pour quelqu'un qui fait tout cela avant tout pour le fun.
Et donc, dans ce 'oooo' tout frais (le disque est sorti le 14 août), on trouve en sixième position I Will Do The Opposite. Une chanson qui sonne bon Modest Mouse (l'exubérance du chant, la puissance de sa production, sa mélodie, sa rythmique) et qui a été profondément inspiré par l'épisode "The Opposite" de la série Seinfeld, où Georges Constanza, bougon et déprimé comme à son habitude décide de faire exactement l'inverse de ce qu'il a toujours fait pour enfin s'en sortir. Une sorte de mise en abîme de la célèbre maxime attribuée à Albert Einstein « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent », évidemment hilarante à l'écran. Bien plus en tout cas de la chanson de Petey USA, qui est, elle, bien moins drôle, plus déprimée (« And I hate everything about my own life / Probably why I never get to sleep at night / Take me to the well / If memories are heaven then I wanna go to hell ») mais pourtant sacrément addictive. Merci George Constanza. Merci Isaac Brock et consorts.