Derrière le nom de The Slow Country se cache un groupe originaire de Manchester qui compte pas moins de sept membres, dont Charlie Smith, chanteur, guitariste et leader de ce mini-orchestre pop. A ce jour, le groupe n'a sorti que quelques singles mais commence à faire parler de lui et enchaîne autant les festivals que les premières parties (Swim Deep, The Slingers). Fraîchement signé chez Heist or Hit Records (Westside Cowboy) pour ce qu'on imagine un premier album dans l'année, The Slow Country confirme qu'il faudra sans doute compter sur eux avec un nouveau single, Firing Line (en écoute aujourd'hui).
Une chanson superbe, cavalcade folk-rock très bien orchestrée (Bill Ryder-Jones est à la production, ça aide) en montée progressive et qui éclate sur sa dernière partie dans un orage électrique, presque héroïque, des plus fameux. Un morceau disponible en face-B du 45-tours consacré à leur autre nouveau single, In The Mud, mais qui a pourtant tout d'une éclatante face-A. A suivre de très près.
Album : In The Mud / Firing Line 7" Année : 2026 Label : Heist or Hit Records
Vu qu'on vient entrer dans la pire saison de l'année avec un mois d'avance et que la première canicule vient de nous tomber sur la tronche sans demander son reste, le tout en promettant d'être longue, en m'écrasant (vous aussi ?) de fatigue, faisons court et direct en évoquant 'For The First Time, Again', le premier album de Tyler Ballgame, artiste américain originaire du Rhode Island, mais signé chez les
anglais de Rough Trade Records
Un disque qui a fait pas mal parler de lui (à un niveau indie s'entend
évidemment) au moment de sa sortie, fin janvier dernier. Peut-être parce qu'il a été produit par Jonathan Rado des aimés (et depuis trop absents) Foxygen - et que cela s'entend. Plus sûrement parce que Tyler Ballgame propose ici une collection de chansons pleine de goût : pop, rock, psyché, aux contours folk et aux accents soulful autant que seventies, chantés d'une bien belle voix (même si elle en fait un peu
trop parfois) pour un résultat délicieusement intemporel - le titre de l'album est à ce sujet un indice. Des douze morceaux de 'For The First Time, Again', on en relèvera particulièrement celui de clôture, Waiting So Long, smooth au possible, et surtout, Matter of Taste (en écoute aujourd'hui dans les playlists), tube évident, au chant engagé et qui déborde de hooks et de petits clins d’œil mélodiques.
Album : For The First Time, Again Année : 2026 Label :Rough Trade Records Acheter
Devenu avec le temps plus un vieil ami auprès duquel on prend des nouvelles épisodiquement qu'un compagnon de route quotidien - qu'il fut un temps, Iron & Wine est déjà de retour avec un huitième album, moins de deux ans après 'Light Verse', disque qui signait alors son retour à ses affaires solos après sept ans de pause.
Ce nouvel album s'appelle 'Hen's Teeth', a été enregistré lors des mêmes sessions que le précédent. Et, comme son prédécesseur, il est plutôt sympathique à défaut d'être mémorable (ne serait-ce qu'à l'aune de ses débuts discographiques), Iron & Wine faisant du Iron & Wine, comme il l'a toujours fait, mais avec un peu moins de magie que par le passé. Pourtant, quand la lumière revient, éclate, Sam Beam nous rappelle à quel point il peut être un compositeur
merveilleux et touché par la grâce. Sur In Your Ocean, dans le pur style
d'Iron & Wine, sur Dates and Dead People et surtout sur Grace
Notes (en écoute aujourd'hui), longue balade de plus de cinq minutes, délicate et touchante, au violon plein de mélancolie, et qui se réinvente sur son pont. Une chanson superbe, certainement une de ses meilleures d'ailleurs, qui a le bon goût de très bien porter son nom.
Album : Hen's Teeth Année : 2026 Label : Sub Pop Records
Le LCD Soundsystem des débuts vous manque ? Alors la chanson du jour est faite pour vous. Elle s'appelle Elevate et est l'œuvre de Holy Fuck. Placée en troisième position du nouvel album (le sixième) du quatuor canadien, elle a tout ce qui faisait la beauté des compositions des new-yorkais, époque 'Sound of Silver', quand le groupe était à son sommet et que James Murphy s'imposait comme un des personnages emblématiques de la décennie d'alors.
Une chanson magnifique, qui n'est pas sans rappeler un des titres majeurs de LCD Soundsystem, Someone Great, avec sa basse protubérante et profonde, son ambiance lascive et hypnotique qui ne cesse de monter en tension sur fond d'indietronica du meilleur effet. Sacré morceau.
Dire qu'Arab Strap fait un sans faute depuis sa reformation est un doux euphémisme tant ces -désormais - vieux briscards de Moffat et de Middleton ont publié deux albums qui s'inscrivent dans le haut du panier d'une discographie qui ne manque pourtant pas de grands moments. Deux ans après le dernier en date, 'I'm Totally Fine With It 👍 Don't Give A Fuck Anymore 👍', revoilà les deux écossais avec un nouvel album, 'Half-Told Tales', prévu pour septembre prochain, que le duo promet à la croisée des chemins de beaucoup d'influences (disco, métal, post-rock, spoken word, folk, électro).
Un disque qui commence à se dévoiler avec You You You, premier single où, sur fond de mélodie mélancolique pleine de beats et d'une guitare qui se la joue hero sur la dernière partie, Aidan Moffat déclame ses vers de son accent écossais si délicieux où il est question de temps qui passe, de corps qui s'affaissent (« I’ve got pills for breakfast every day, to keep my pains and fears at bay »), d'ennui (« I’m always bored, it seems nothing excites me – my own limbic system fights me! ») , et de peur de l'avenir pour soi et ses enfants, d'un ressentiment contre beaucoup de choses qui font notre société d'aujourd'hui mais que nous alimentons bien malgré nous (« And if you’re streaming this song on Spotify, then we both fund weapons-grade AI »), avec comme seule échappatoire, « lui », « elle » ou plus sûrement « nous », comme semble vouloir le dire l'index qui jaillit de la pochette. Bref, You You You ou le retour des patrons.
Album : Half-Told Tales Année : 2026 Label : Rock Action Recordings