mardi 22 septembre 2026

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Catherine Wheel

Je l'ai déjà dit dans ces pages : je vois des sosies partout. Oh, rassurez-vous, rien à voir avec un quelconque syndrome de Capgras (et heureusement d'ailleurs). Non, juste une sorte d'habitude, d'aucuns diront déviance, à trouver beaucoup de ressemblance dans à peu près tout le monde. Des sosies surtout « à peu près » vous diront mes amis - et ils n'auront sans doute pas tort.

Et si cela se concentre essentiellement au niveau du physique, cela m'arrive régulièrement au niveau musical : une mélodie me fait penser à telle autre (du genre j'entends un peu de Nuit Magique de Catherine Lara sur les quelques premières notes de Untitled 1, le morceau qui ouvre '( )' de Sigur Ros, oui oui), une ligne de basse rappelle un titre vieux de quarante (je l'avoue, c'est souvent New Order), quelques riffs qui me renvoient à de vieux disques. Plus rarement par contre, une voix me fait énormément penser à une autre. Et cela vient tout juste de m'arriver à l'écoute d'un album sorti vendredi dernier, et c'est assez saisissant pour dire le moins.

Le disque en question est 'These Killing Times', le dernier en date de Emma Ruth Rundle, qui commence à faire parler de lui. A raison parce que, si ce n'est le meilleur de l'américaine à ce jour (j'ai toujours beaucoup d'affection pour son 'Marked for Death' de 2016), c'est sans doute le plus « beau », le mieux encapsulé surtout et le mieux produit. Un disque réussi donc mais dont le chant d'Emma Ruth Rundle me fait énormément penser ici à... Alanis Morissette. Oui, l'autrice de 'Jagged Little Pill' (accessoirement un des disques de ma vie et qui a profondément marqué mon adolescence) dont j'entends les inflexions vocales un peu de partout (et pas que dans le « Sing Hallelujah » qu'elle chante au début du second couplet de Catherine Wheel, la chanson du jour) mais aussi dans l'ambiance générale qui, bien que plus sombre et slowcore évidemment, à ce je ne sais quoi de la canadienne aux 75 millions de disques vendus. Et si cela en fera rire beaucoup, si cela n'est sans doute à nouveau qu'un sosie « à peu près », vocal celui-là, il n'empêche que depuis vendredi, plus les écoutes défilent (car répétons le, 'These Killing Times' est un très bel album), plus l'impression demeure, et commence sérieusement à s'enraciner.

Album : These Killing Times
Année : 2026
Label : Errant Child Recordings

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Autre chanson remarquable de nouvel album d'Emma Ruth Rundle, voilà Powerless, qui ouvre 'These Killing Times' :

lundi 21 septembre 2026

[Track of The Day] Ganser - Futuretripping

Si votre rentrée manque de lignes de basse de qualité, alors précipitez vous sur le nouveau single des chicagoans de Ganser, vous allez être servis. Il s'appelle Futuretripping, n'est - pour l'instant en tout cas - rattaché à aucun futur nouvel album (il faut dire que leur précédent, 'Animal Hospital', ne date que de l'année dernière), et, tout au plus est une façon de célébrer leur départ en tournée avec les Bikini Kill. Mais tout ça n'a pas bien d'importance tant l'essentiel est ailleurs.

Car Futuretripping est une sacrée chanson de la part du groupe d'Alicia Gaines et Brian Cundiff, portée - donc - par une basse fantastique qui vous martèle la tête, par des guitares moins noisy que par le passé chez eux, des claviers euphorisants et des paroles bien dans leur époque (« You can borrow tomorrow / I know a guy / He's got a connection / but he’s hard to find »). Un super single de la part de Ganser, saisissant, endiablé, percutant et dansant à souhait.

Album : -
Année : 2026
Label : Felte Records

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Le clip de Futuretripping, nouveau single de Ganser :

vendredi 18 septembre 2026

[Track of The Day] Personal Trainer - Bone

Direction les Pays-Bas et Amsterdam aujourd'hui avec Personal Trainer et son nouvel album, 'Human Assholes' (la pochette est à l'avenant) - le troisième pour être précis, prouvant par la même que s'il est une découverte, Willem Smit, l'homme derrière ce projet, n'est en rien un nouveau venu. Un disque qui alterne indie-pop (surtout) et indie-rock, qu'ils soient des années 90 comme des années 2000/2010 et rappelle autant Eels, Grandaddy, moins Pavement que Stephen Malkmus, ainsi que toute une tripotée de groupes qui aiment la pop soignée et joliment ouvragée. 

Assez banal de prime abord, 'Human Assholes' se révèle finalement - et assez vite - tout à fait charmant, peu exempt qu'il est de belles mélodies bien travaillées, souvent traversées par une jolie mélancolie (superbe Barely Guillaume). Et si l'on regrettera qu'il se traîne un peu en longueur, on saluera avant tout la qualité de cet album de Personal Trainer et de bon nombre de compositions, à commencer par Bone (en écoute aujourd'hui), très belle chanson qui, dans sa deuxième partie, n'est pas sans rappeler une esthétique propre à dEUS.

Album : Human Assholes
Année : 2026
Label : Bella Union

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Autre chanson notable de 'Human Assholes' de Personal Trainer, voilà Barely Guillaume :

Pour finir, le clip de Moping, un des singles extraits de 'Human Assholes' de Personal Trainer, chanson qui a beaucoup de Eels en elle :

mercredi 16 septembre 2026

[Track of The Day] Nia Archives - This Could Be...

On avait quitté 'Silence Is Loud' avec une Nia Archives photographiée en gros plan, pleine face, avec comme un début de grimace sur le visage, la bouche ouverte sur une dent en or, une autre aux motifs de l'Union Jack et un piercing au nez au premier plan. Et on la retrouve dix-huit mois plus tard sur la pochette de son deuxième album 'Emotional Junglist', couchée à l'intérieur d'un canapé, comme tentant de se protéger dont ne sait quoi avec les coussins du sofa, les yeux dans le vague, les cheveux noirs de jais et lissés, avec pour seuls bijoux des bagues moins clinquantes que fantaisies.

Que s'est-il passé entre ces deux pochettes ? L'amour, évidemment, le thème le plus central de l'histoire de la musique (et de la vie en général d’ailleurs). Sur 'Emotional Junglist', Nia Archives y raconte un coup de coeur, l'euphorie des débuts, la construction d'une histoire, puis, forcément, la rupture, les tourments et la tristesse qui vont avec, avant de parvenir à faire le deuil de cette relation, de vouloir de rebondir et de s'extraire de cette situation.

Est-ce tout ceci qui explique que la jeune anglaise, si elle se nourrit toujours autant de jungle, s'ouvre plus à d'autres styles et leur donne une place de choix ? Sans doute. Car ce deuxième album a beaucoup de pop et d'indie-rock en son sein et sans doute moins de beats furieux que par le passé. A nouveau produit en grande partie par Ethan P. Flynn, 'Emotional Junglist' est un disque qui, s'il ne manque pas de morceaux nerveux, enflammés et dansant (surtout dans une première partie, remarquable par ailleurs), est plus apaisé que par le passé sans pour autant tomber dans un sentimentalisme ou une mélancolie facile qu'auraient pu lui dicter son thème général. Et si l'on regrettera que l'album se perde un peu en longueur, voire se répète parfois, il a assez de bonnes chansons pour ne pas faire la fine bouche. Comme This Could Be... (en écoute aujourd'hui), morceau pop que Nia Archives chante merveilleusement bien et dont les nappes du refrains me font invariablement penser aux Cure.

Album : Emotional Junglist
Année : 2026
Label : Island Records

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Autre chanson extraite de 'Emotional Junglist' de Nia Archives, voilà Around Tha Bend :

lundi 14 septembre 2026

[Track of The Day] TVOD - Bottomless Pit

A chaque début de septembre son concert de rentrée. Pour 2026, le titre revient aux new-yorkais de TVOD (pour Television Overdose) venus présenter sur la scène du Sonic leur deuxième album 'The Farm', prévu pour début octobre. Un sextet tout foufou, souriant, enthousiaste et à l'énergie communicative, au punk et post-punk efficaces, joués dans une cale surchauffée autant par l'ambiance que par l'ultime soirée de la sixième canicule lyonnaise de l'été (ce qui fera dire au leader du groupe Tyler Wright « you don't know AC in France ? » alors que le groupe transpirait sur scène et que la climatisation suait à grosses gouttes au milieu de la salle).

Au programme de ce set court (quarante minutes, rappel compris) de TVOD, beaucoup de générosité, de super moments (Party Time de leur premier album) et, évidemment, quelques singles de ce 'The Farm' à venir dont Bottomless Pit (en écoute aujourd'hui), punk brut et bruyant, et Meetings, plus post-punk dans l'âme. Deux chansons qui ne réinventent ni le rock, ni le punk, ni le post-punk, mais qui le font bien, de la part d'un groupe à suivre et qui était sans doute le parfait candidat pour lancer comme il se doit cette saison musicale 2026-2027 entre Rhône et Saône.

Album :
The Farm
Année : 2026
Label : Mothland / Get Better Records

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Autre single extrait de 'The Farm' de TVOD, voilà Meetings :

Le clip de Bottomless Pit, un des singles extraits de 'The Farm' de TVOD :