Sans faire sa biographie tant il y a des choses à dire, sachez que Blaze Foley est né sous le nom de Michael David Fuller un jour de décembre 1949 en Arkansas mais qu'il a passé la majeure partie de sa vie au Texas, qu'il est le fils d'un père alcoolique, que dès l'âge de sept mois, il est atteint de la polio et que la maladie lui laissera une jambe plus courte que l'autre, qu'il tire son nom de scène du musicien de country Red Foley et de la stripteaseuse (mais pas que) Blaze Starr, qu'il a vécu un temps dans une maison dans les arbres avec l'amour de sa vie, Sybil Rosen, que la boisson a sans doute causé son insuccès et sa perte, qu'il était l'ami de Townes Van Zandt (ces deux dernières informations ont sans doute un lien d'ailleurs), qu'il n'a connu la notoriété que sur le tard grâce à la reprise à succès de son If I Could Only Fly par le duo Merle Haggard / Willie Nelson, qu'il n'a quasiment rien publié de son vivant, et qu'il est mort assassiné par le fils d'un ami au petit matin du 31 janvier 1989.
Mais depuis son décès, les choses ont changé. Reconnu, révéré (Lucinda Williams lui écrira une chanson dix ans après sa mort et dira de lui qu'il était « un génie et un perdant magnifique »), repris sur album (Kings of Leons, Whitney, Michael Cera) comme sur scène (The Tallest Man on Earth, Band of Horses, Great Lake Swimmers, Steve Gunn et j'en passe), Blaze Foley a même fait l'objet d'un biopic en 2018, "Blaze", encensé par la critique et réalisé par Ethan Hawke.
Quarante ans après son décès, il a donc droit à une nouvelle compilation hommage, 'Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley'. Treize compositions du texan reprises par, dans l’ordre d’apparition au tracklisting, Phosphorescent, Willie Watson, Cactus Lee et David Amram, Dylan Earl, Uncle Lucius, Riley Downing, Joshua Ray Walker, Twain, Angela Autumn, John R. Miller, John Moreland et Lydia Loveless, Lucinda Williams et, Lucy Dacus, qui reprend ici une des, semble-t-il, plus célèbres chansons de Blaze Foley, Clay Pigeons (en écoute aujourd'hui). L’histoire d’un homme qui prend un bus pour fuir ses problèmes et démarrer une nouvelle vie. Lucy Dacus en donne une version presque aussi dénudée que l'originale, mais que sa voix embellie encore plus de mélancolie. Une très jolie reprise, sans doute la meilleure du disque d'ailleurs, et une très belle porte d'entrée vers un artiste maudit que seule la mort aura su faire émerger de l'anonymat et des ténèbres.
Album : Sittin’ with Blaze : A Tribute to Blaze Foley
Année : 2026
Label : Lost Art Records
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Pour ceux qui, comme moi, ne connaitraient pas Blaze Foley, voilà sa version de Clay Pigeons :
Autre reprise notable, celle de Phosphorescent qui s'approprie un des titres les plus célèbres de Blaze Foley, If I Could Only Fly :
La bande-annonce de "Blaze", le biopic que Ethan Hawke a consacré à Blaze Foley en 2018 :




