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jeudi 27 septembre 2007

Cloud Cult - The Meaning of 8 [Rebel Records]

A l’heure du développement durable et de la lutte contre le réchauffement de la planète, la découverte de Cloud Cult est peut-être plus qu’un simple hasard.

Voilà donc un groupe, formé à Minneapolis aux États-Unis en 2001, dont une grande partie de la vie est régi par l’écologie. Activistes protecteurs de l’environnement, leurs activités musicales sont toutes non-polluantes, du packaging de leurs albums (en papier recyclé) à leur studio d’enregistrement (dans le sous-sol de la maison du leader du groupe – Craig Minowa et de sa femme, membre de Cloud Cult également – écologiquement pensé) en passant par les concerts et autres tournées. Un vrai sacerdoce.

Mais au-delà de cet aspect un peu sectaire, Cloud Cult est une révélation en 2007. Et pour deux raisons. La première est éthique : connaissant une certaine notoriété aux États-Unis (des shows à New-York sold-out, ce genre de choses), ils ont toujours refusé de signer sur une grosse structure, rendant les sorties de leurs disques plus confidentielles qu’elles ne devraient l’être. Et ils n’ont, jusqu’à présent, jamais dérogés à leur ligne de conduite. Et très honnêtement, à l'heure du massacre en règle de la diversité musicale par Universal (notamment), ce genre d'attitude fait du bien.

La seconde raison est évidemment musicale. Cloud Cult est une révélation qui semble réduire, en moins de notes qu’il ne faut pour le dire, toutes les autres sorties discographiques de l’année à de vulgaires disques d’appoints. Car  'The Meaning of 8' est un grand album. Le genre de ceux dont on ne se remet pas facilement.

Et pourtant, il avait tout pour déplaire : une pochette hideuse (une constance chez le groupe), une vingtaine de titres, plus d’une heure de musique. Et finalement… tout tient la route, celle d’une pop alambiquée et baroque qui n’hésite pas à aller flirter avec des bas-côtés lo-fi, electro ou beaucoup plus nerveux.

Les morceaux ont des constructions qui n’arrêtent pas de changer, d’évoluer, de se contredire, des idées et des mélodies en contrebalançant d’autres. Comme si le groupe n’aimait pas la simplicité et la facilité. Et tentait de repousser encore un peu plus les limites du monde de la pop music. Et le plus invraisemblable dans tout cela, c’est que tout est fait dans une cohérence folle.

Des chœurs, des violons, des xylophones, des petits riens (ce souffle électronique répétitif sur Dance For The Dead) qui font des grands morceaux. Et comme si tous ces ingrédients ne suffisaient pas à faire de ce disque un chef d’œuvre (et de ce groupe une entité majeure de la musique actuelle), la vie en rajoute une couche. Histoire de.

A l’instar de leurs cousins Canadiens d’Arcade Fire et de leur premier album 'Funeral' marqué par le décès de nombreux membres des familles Butler et Chassagne, la mort plane tout au long de 'The Meaning of 8'. On y ressent tristesse, effondrement, perte de soi (cette voix tremblotante par moments).
Parent d’un jeune garçon décédé en 2002 à l’âge de deux ans, le couple Minowa ne s’en est réellement jamais remis. Et cela transpire dans l’écriture de Craig qui pond des titres à fleur de peau, se servant de son art comme thérapie.

De Take Your Medecine (un titre acerbe sur ces médecins qui voulaient le bourrer de médocs à la mort de son fils) à Song For The Deaf Girl (1’28 de silence) en passant par un Dance For The Dead bouleversant, tout y passe : la peur du vide, les lendemains pleins de tristesse infinie, l’espoir, la religion. Avec une pudeur, un tact et une vérité qui nous donneraient les larmes aux yeux.

Sorti début avril dernier, cet album ne m'a pas une seule seconde ennuyé, malgré les dizaines d'écoutes qui se sont succédées. Il m'a même ouvert les portes sur le reste de leur discographie qui n'a pas l'ombre d'une faille ou d'un ratage.

Chef d’œuvre parmi les très grands disques, 'The Meaning of 8' (8, comme le nombre de rayons qui composent la roue de la vie, ça ne s’invente pas) est un concentré de vie, de mort, de moments baroques et d’autres plus intimistes. Bref de musique comme on l’aime. Intègre, touche à tout de génie (oui, le mot n’est pas trop fort), Craig Minowa sort son grand œuvre.

Pour les raisons évoquées plus haut, ils ne donneront sans doute jamais de concert en Europe. Et ce disque ne sortira sûrement jamais en France. Mais il finira en haut, tout en haut des tops de fin d’année. Voire même plus haut encore. (Sortie : 10 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel 


Deux morceaux, histoire de, quand même hein : Dance for The Dead et Your 8th Birthday (malheureusement plus en écoute).

La vidéo de Chemicals Collide. Vous aussi, tombez amoureux :


mardi 11 mars 2008

Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel Group]

C’est dingue comme un rien vous change la vie. Prenez Cloud Cult, groupe dont j’avais découvert l’existence l’an passé par un forumeur ami en études au pays de l’Oncle Sam, via leur splendide ‘The Meaning of 8’. Une claque. Un coup de boule. La première écoute m’avait tellement marqué, les suivantes l’avaient tant confirmée que je n’avais pas eu d’autres choix que d’en faire mon album de 2007.

Un an presque jour pour jour, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Fondamentalement, Cloud Cult restent les mêmes : la pop étant leur rayon, ils continuent dans cette voie. Elle est toujours tourmentée, baroque, endiablée, déjantée. Il y a toujours des passages lo-fi, toujours quelques pointes d’électro, toujours ce rythme désormais reconnaissable entre mille, toujours cette voix (voire même plus souvent qu’à son tour ces voix) particulièrement touchante et toujours ces contre-pieds constants dans chaque morceau. Sauf que tout est moins poussé.

Cette fois, le groupe la joue plus simple, semble s’éloigner de la mort du fils Minowa qui lui pèse tant et qui habitait énormément ses premiers albums, sort une pochette moins hideuse que ses devancières, pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible.

Que ce soit avec No One Said It Would Be Easy (voir plus bas) qui ouvre ce ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’ – merveille de titre, peut-être le plus fort de l’album, avec un piano répétitif et aigue qui vous donne l’envie de vous jeter par la fenêtre, May Your Hearts Stay Strong – belle mélodie pop mariée à quelques scratchs, When Water Comes To Life – aux cordes somptueuses, tout est fait pour succomber. L’inverse serait étonnant. Et puis même, au cas où la beauté et le talent de ce groupe vous auraient échappé pendant les douze premiers titres, il restera toujours ce Love You All qui clôt l’album, histoire de bien enfoncer le clou.

Bref, mon histoire d’amour avec Cloud Cult n’est pas prête de s’arrêter. On n’a pas idée d’avoir autant d’idées à la minute, autant de mélodies dans la tête. Craig Minowa a tout d’un génie. Un jour le monde entier le saura. Et bizarrement, je me dis que ce jour ne devrait plus trop tarder. (sortie : 8 avril 2008)

NB : Ce disque ne sortira pas en France (en tout cas, il y a bien peu de chances). Il est disponible à l’achat en cliquant ici (et vu le cours du dollar en ce moment, vous auriez tort de vous en priver).

Son :
Myspace (deux titres en écoute de ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’)
Site Officiel

Comme d'habitude donc, deux chansons de l'album en question: Un No One Said It Would Be Easy merveilleux et un Journey Of The Featherless sautillant. Succombez. (malheureusement, plus en écoute).

mercredi 15 mai 2024

[Track of The Day] Cloud Cult - I Am A Force Field

Tout juste deux ans après un 'Metamorphosis' qui les voyait reprendre de très belles couleurs, les Cloud Cult sont de retour avec un nouveau single, I Am A Force Field. Une chanson Cloud Cult à souhait, mélancolique évidemment, mais aussi nerveuse et puissante (leur nouvelle marque de fabrique depuis quelques disques), avec la voix de Craig Minowa toujours pleine d'affliction qui chante le manque d'estime de soi, cette incapacité que nous avons tous (certains beaucoup plus que d'autres) à dévoiler nos sentiments ; mais aussi cette force qui sommeille en chacun de nous et qui nous permet, parfois, de casser ces barrières qui nous contraignent chaque jour un peu plus.

Pour l'instant, aucune annonce quant à un nouvel album qui viendrait accompagner I Am A Force Field. Mais on peut parier sans trop se tromper qu'il est dans les tuyaux. Et ça sera à nouveau une belle nouvelle : le monde a plus que jamais besoin de chansons de Cloud Cult et de leur mélancolie qui vous étreint et vous bouleverse.

Album : -
Année : 2024
Label : Earthology Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, I Am A Force Field de Cloud Cult est également en écoute ci-dessous :

Le clip de I Am A Force Field de Cloud Cult :

vendredi 30 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (20-01)


Il y en avait vingt. Et voilà les vingt autres. La crème de la crème pour mes oreilles en cette année 2022. Loin de moi l'idée de dire qu'il s'agit là des meilleurs albums de l'année et que cette sentence est irrévocable. Car ce sont uniquement les albums que j'ai le plus écoutés de l'année. Ceux qui m'auront émerveillés, émus, enthousiasmés plus que de raison.

Mais avant d'aller plus loin dans l'exposé des disques en question, continuons notre traditionnel tour pour voir ce qui est ressorti de l'année 2022 chez les voisins - plus ou moins proches :
- Le bilan 2022 de Marc d’Esprits Critiques
- Les 50 meilleurs albums de 2022 selon The Revue
- Des artistes, des réalisateurs, des écrivains donnent leur bilan 2022 : c'est le très cool "Année des VIP" de Pop News
- Le best of 2022 de la rédaction de Stars Are Underground
- Le bilan de la rédaction d'Another Whisky For Mister Bukowski

Ils sont donc vingt à composer cette deuxième partie de mes albums de l'année. Vingt albums entre pop à chanter à plein poumons, mélancolie à tous les étages, folk bien ouvragé, rock et post-punk épatants, pop en équilibre précaire, quand elle ne voyage pas dans un expérimental cristallin, hip-hop sans frontière, chansons ethérées et vaporeuses, légende du néo-folk, garage à la sauce pop et en haut, tout en haut, un disque à la simplicité folle mais tellement puissant.
Et comme à chaque fois, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous, ainsi qu'un lecteur bandcamp pour le seul morceau absent des plateformes de streaming. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) et à dimanche pour le Top 50 singles (et la bonne année aussi).


 

20. Courting - Guitar Music [Pias Recordings]
Non, Courting n’est pas un énième groupe lambda de post-punk. Comme le laissaient présager leurs premiers singles, ils sont plus que cela. Car 'Guitar Music', son post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s et sa production maligne, cinglante et métallique, a tout pour leur permettre de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise.
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19. Cloud Cult - Metamorphosis [Earthology Records]
Six ans après 'The Seeker', Craig Minowa et ses Cloud Cult ont fait leur retour. Et avec ce qu’ils savent faire le mieux : des chansons qui respirent la pop par tous les pores, les mélodies attachantes, les orchestrations qui s’emballent. Et la mélancolie, toujours cette mélancolie qui s’immisce, s’étend et vous étreint.
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18. Micah P. Hinson - I Lie to You [Ponderosa]
Micah P. Hinson a toujours l’air aussi malheureux, mais dieu sait qu’il connaît l’art de la belle composition comme personne. 'I Lie to You' est sans doute un de ses albums les plus aboutis de toute sa discographie, un disque très beau où les chansons amples côtoient des titres plus simplement folk - et pas les moins réussis d’ailleurs.
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17. Marmalade Mountain - Strange Angels [Magic Nothing]
Découvert l’an passé avec un 'Ditties' purement folk, Zack Fischmann sous son alias Marmalade Mountain prend ses aises sur 'Strange Angels' son nouvel album. Un disque bien plus orchestré et produit que le précédent, qu’il n’aborde pas seul et où ses chansons folk sont magnifiées par une joyeuse bande de troubadours autour de lui.
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16. Surf Curse - Magic Hour [Atlantic Records]
En signant chez les pas vraiment indie Atlantic Records, le duo Surf Curse est devenu un quatuor. Et le résultat est imposant. Porté par quelques titres ébouriffants (Lost Honor ou Fear City notamment), une production qui sait mettre en valeur autant leurs mélodies que l’énergie de leurs compositions, 'Magic Hour' s’avère vite être un de ces petits bonheurs du quotidien, avec sa pop riffeuse, énervée et un rien slacker.
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15. Pumice - Phylis [Soft Abuse]
Amateurs de pop en équilibre précaire, le trentième album de Pumice est fait pour vous. Avec sa voix étouffée, ses instruments qui flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir, Pumice crée ici des structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour un ensemble cohérent dans son instabilité.
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14. Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky [Secretly Canadian]
'Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky' est le disque qui aurait du faire exploser Porridge Radio. Ce n’est pas encore vraiment le cas (la faute à l’absence d’un titre aussi puissant que Long ?) et pourtant, plus consistant que son prédécesseur (pourtant déjà très réussi), il est un disque d’une grande qualité, plein de passion et de rage, très bien écrit, avec pour tête de proue Dana Margolin, femme aussi incroyable sur disque que sur scène et une future star assurément.
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13. Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek]
Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de Tomberlin coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semblent sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth. Le plus de monde possible.
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12. Little Simz - No Thank You [Age 101 Music]
Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas. Et puis il y a les productions d'Inflo chiadées, les compositions solides et ce flow inimitable. Dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes. Si 'Sometimes I Might Be Introvert' était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut.
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11. Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music]
Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre de longs raccourcis, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée. Tout à la fois pop, rock, psyché, il intrigue, épate et parfois même émeut, que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur. Du grand Art.
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10. Richard Dawson - The Ruby Cord [Weird World]
Sur 'Peasant', Richard Dawson posait ses valises dans l’Angleterre du Moyen-Âge. Sur '2020', dans la même Angleterre mais à l’époque actuelle. Avec 'The Ruby Cord', il clôt son triptyque en se projetant dans un futur lointain. Et comme à chaque album, il le fait avec un incroyable sens de la composition folk, qu’elle soit longue et torturée (le premier titre fait plus de 40 mns !), ou qu'il s’engage dans des territoires plus orchestrés - qui rappelleraient presque par moment Sufjan Stevens - et aux choeurs majestueux. Une trilogie monumentale.
 

09. Freundliche Kreisel - Freundliche Kreisel [Stroom]
Très bien construit, évitant la redite et tenant son auditoire par des mélodies souvent cristallines que la voix de Karie Rich habille à merveille, voilà un album souvent minimaliste, plein de langueur et empreint d'expérimentations légères de la part d’un trio pour qui la scène expérimentale, ambiante et d’avant-garde n’a pas de secret. Un disque somptueux, captivant et enchanteur, à l’immédiateté assez folle.
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08. Team Me - Something In The Making [Propeller Recordings]

Avec Into The Wild et surtout Song For a Drummer lancés en éclaireurs l’an passé, il était presque sûr que les Team Me, de retour aux affaires, allaient satisfaire tous les amoureux de pop qui se respectent. Et de fait, avec ses mélodies en pagaille, ses refrains chantés à chœur plein et sa mélancolie doucereuse, 'Something In The Making' a souvent été un refuge pop ensoleillée tout au long de cette année 2022 pleine de grisaille. Un grand album dont il n’est pas facile de se passer.
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07. Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records]

Entre titres de leurs compositions et samples à foison (Randy & The Rainbows, Everly Brothers, Eddie Cochran), Panda Bear et Sonic Boom plongent dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé. Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear, en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear.
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06. Billy Woods - Aethiopes [Backwoodz Studioz]

Avec Preservation derrière la console qui amène autant de boucles répétitives, de samples que de productions venues de tous les continents sans que cela ne soit un frein à l'unité du disque, ramenant en studio quelques invités de prestige ne tirant jamais la couverture à eux (El-P, Quelle Chris), 'Aethiopes' de Billy Woods se révèle vite être un disque de hip-hop, souvent abstract, à la finesse et l'écriture impeccables. Très grand album.
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05. CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings]

Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise CMAT (pour les initiales de son nom: Ciara Mary-Alice Thompson) aura été une des révélations de mon année. Avec son canevas country pop, elle alterne ici tubes, balades country et petites douceurs mélancoliques, avec de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, des textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées.
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04. Current 93 - If A City Is Set Upon A Hill [HomAleph]
Perdu de vue depuis 2014 et un 'I Am the Last of All the Field That Fell' sombrement beau et qui m’avait enchanté, Current 93 et David Tibet auront fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2022. 'If A City Is Set Upon A Hill' est un disque somptueux, qui a les atours d’un disque neo-folk mais qui est bien plus que ça, et où ses mélodies lumineuses sur lesquelles David Tibet vient raconter ses histoires, font merveille.
 
 

03. Weird Nightmare - Weird Nightmare [Sub Pop]
Projet solo du leader de METZ, Alex Edkins, Weird Nightmare aura été un des disques qui aura le plus tourné cette année. Loin de la fureur de son groupe d’origine, on est ici entre garage-rock et indie où la pop a son mot à dire. Des compositions soignées, de la guitare en veux-tu, en voilà, des hymnes à chanter à tue-tête (Lusitania), ce premier album est impeccable de bout en bout. Immense coup de coeur.
 
02. Black Country, New Road - Ants From Up There [Ninja Tune]
Février 2022 ou « vie et mort d'un groupe ». Voilà ce qui pourrait être épitaphe de ce 'Ants From Up There' de Black Country, New Road, deuxième album mais le dernier avec son chanteur Isaac Wood qui, peu de temps après sa sortie, décidait pour des raisons de santé psychologiques de quitter ses six amis. Un choc tant sa voix en forme de montagnes russes, qui rappelle Bowie par moment, se marrie tellement bien avec ces compositions qui ici délaissent les guitares de 'For The First Time' (leur premier album) pour mieux exposer un côté folk-pop, aussi arty, orchestral que post-rock. Disque ambitieux et superbement composé, 'Ants From Up There' est en tout cas la mort d’un groupe. Son épitaphe. A lui de trouver leur nouvelle route pour ses aventures futures.
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01. Nina Nastasia - Riderless Horse [Temporary Residence]
 

C'est par quelques simples mots que Nina Nastasia est revenue aux affaires en avril dernier. Un texte pas loin d'être poignant qui explique les raisons de son absence pendant douze longues années. Elle y revient sur ses malheurs et sa très longue relation avec son producteur et compagnon qui n'a fait que de se détériorer au fil des ans, devenir malsaine, la coupant du monde, pour se terminer dans le drame, Nina Nastasia décidant finalement de le quitter, lui, préférant dans la foulée mettre un terme à ses jours.
Deux ans après les faits, l'américaine publie 'Riderless Horse', son septième album, et celui de mon année. Un disque très simple (elle est seule avec sa guitare) mais aux textes aussi touchants que durs, joyeux, tristes, bouleversants à bien des égards ; qui reviennent sur sa vie d'avant autant que sur ce qui s'ouvre devant elle. Comme elle le dit elle même : « Riderless Horse documents the grief, but it also marks moments of empowerment and a real happiness in discovering my own capability »
Produit par son ami de toujours Steve Albini, enregistré dans le plus simple appareil dans un phare, 'Riderless Horse' est l'album le plus dépouillé et à la fois le plus puissant de l'année. Sur Afterwards, le morceau qui clôt l'album, elle finit par ces mots : « Oh, how I wanna live ». Oh oui, vous pouvez madame. Vous devez même. Votre retour est une bénédiction. Bon retour à la vie Nina.
 
 
 
 
Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous, avec également un lecteur bandcamp pour le morceau extrait de l'album de Current 93, absent des plateformes de streaming (de la place 01 à 20) :
 
 
 

mercredi 19 janvier 2022

[Track of The Day] Cloud Cult - One Way Out of a Hole

Dire que j'aime ces gens serait sans doute en dessous de la vérité. Véritable révélation au mitan des années 2000 via des albums formidables ('Advice From The Happy Hippopotamus', 'Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)') ou extraordinaires et essentiels ('The Meaning of 8', pour moi un des monuments des 2000s, peut-être le meilleur album d'indie de cette décennie là), des singles incroyables (combien y a-t-il eu de meilleures chansons dans cette première décennie de millénaire que No One Said It Could Be Easy ? Quatre ? Cinq tout au plus ?), les Cloud Cult manquaient. Alors oui, certains de leurs derniers efforts étaient en deçà de leurs bijoux précédents, mais il y avait toujours de quoi satisfaire ses envies de pop bien achalandées, à la mélancolie bien troussée.

Les voir revenir avec un nouvel album, sans crier gare, six ans après un réussi 'The Seeker' me met en joie. Le disque s'appellera 'Metamorphosis', sortira le 4 mars prochain, toujours sur leur propre label, Earthology Records. En guise de mise en bouche, la bande à Craig Minowa a lancé One Way Out of a Hole, un morceau dans un style tout à fait Cloud Cult-ien. Une chanson qui pue la pop par tous les pores, la mélodie qui s'attache, l’orchestration qui s'emballe et la rythmique qui emballe. Hymne au besoin vital d'apprendre à se perdre et de ne pas suivre le chemin qu'on a tracé pour nous, cette chanson est un petit bonheur. Couplez cela à l'annonce du retour du groupe aux affaires, et vous comprendrez mon émoi. Vous ai-je dit que j'aime ces gens ?

Album : Metamorphosis
Année : 2022
Label : Earthology Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, One Way Out of a Hole de Cloud Cult :
 

Le clip de One Way Out of a Hole de Cloud Cult :