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mardi 28 avril 2020

[Track of The Day] Arandel - Bluette (feat. Barbara Carlotti)

Alexandre Astier lui consacra un de ses spectacles ('Que ma joie demeure !' en 2012). Aujourd’hui, c'est au tour d'Arandel de mettre en lumière ses compositions. Décidément, il se passe quelque-chose entre Lyon et Jean-Sébastien Bach.

Arandel, découvert par le beau et novateur 'In D' en 2010, revient donc avec un nouvel album, conceptuel encore une fois, le lyonnais aimant créer des œuvres à l'unité profonde. Un disque enregistré (en partie) à la Cité de la Musique, avec des instruments anciens (« viole de gambe, clavicorde, ondioline, violoncelle Zach, orgue expressif Müller, violon à pavillon » comme le détaille le papier très complet du Petit Bulletin au sujet de l'album, voir plus bas) et joués par des spécialistes.
Arandel approche l’œuvre du compositeur allemand avec une vision de son époque, plus électronique, en ajoutant des voix ici et là (notamment le sublime Bluette, qui porte bien son nom, avec Barbara Carlotti, en écoute aujourd'hui), triturant, transformant et adaptant sonates et autres adagios vieux de 300 ans, avec un respect et une finesse peu surprenante concernant notre homme. Séduisant et onirique, ce 'InBach' est autant d'une beauté très actuelle que d'un autre âge.

NB : Cet article du Petit Bulletin vous en apprendra beaucoup sur ce 'InBach' d'Arandel. Très détaillé et intéressant sur la fabrication, l'interprétation et le sens de ce disque.

Album : InBach
Année : 2020
Label : InFiné


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Bluette d'Arandel (basé sur Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ (BWV 639) de Bach et avec Barbara Carlotti au chant) est également en écoute ci-dessous :



Autre extrait d''InBach' d'Arandel, voilà Hysope (basé sur Erbarm’ Dich Mein, O Herre Gott, BWV 721 de Bach) :


Le clip de Bluette d'Arandel :



jeudi 9 décembre 2010

Arandel - In D [InFiné]

Comme je l'expliquais dernièrement, le monde de la musique électronique et moi on s'est un peu perdu de vue, lassé. Ne découvrant plus de disques vraiment bouleversifiant, je l'avais laissée filer comme on laisse filer, non pas une ancienne conquête qu'on aime toujours (l'électro n'a jamais été mon terrain de prédilection) mais plus comme un vieil ami dont les attentes ne sont pas les mêmes que les nôtres.

Et puis est arrivé InFiné et Arandel. Le premier est le label d'Agoria (homme de goût s'il en est) naviguant entre Lyon et Berlin. Le second est, avec son premier album 'In D', la surprise bien plus qu'electro de l'année.

Arandel est quelqu'un de mystérieux qui garde pour l'instant l'anonymat. Tout au plus peut-on s'imaginer à voir la pochette de l'album que c'est une personne qui dort peu et qui porte la raie au milieu - ce qui aujourd'hui reste une hérésie, convenons en. Car à part ça, rien.

Mais au final, à dire vrai, on s'en fiche un peu de connaître son identité: sa musique parle pour lui. Entièrement composée sans sampler et autres outils électroniques classiques mais via des instruments traditionnels, elle semble pourtant on ne peut plus organique. Comme quoi…

Il y a sur 'In D' une vraie recherche sonore et une grande ambition artistique. Le tout aurait pu donner un album de m'as-tu vu? Ce n'est au final rien d'autre qu'un grand album d'électro minimale, au touché pop voire electro-rock par moments, le tout enroulé de cordes qui savent se faire faire attendre pour mieux ensuite sublimer leur propos.

Bien que dégageant une grande mélancolie, 'In D' est bizarrement un album chaleureux dont le son très rond est une invitation à l'écoute. Et telle une drogue insidieuse, il est très difficile après y avoir goûte de se passer de ces neuf compositions à la beauté fulgurante.

J'ai mis du temps à savoir comment parler de ce premier album d'Arandel. Ma culture de la musique électronique est trop mince pour me permettre de l'analyser plus en profondeur. Retenez donc juste que 'In D' est un album renversant, intelligent, cohérent (il s'écoute vraiment d'une traite) et profondément «réel». Et qu'à mon petit niveau, ça faisait un moment que je n'avais pas été à ce point touché par un disque qui se veut électro. (sortie: 28 juin 2010)


Benoit, Berlin2Barcelona, Benjamin ou MilleFeuille ont aimé et parlent très bien (et en profondeur) de cet album d'Arandel. A lire!

Son:
Myspace (Cinq morceaux de 'In D' en écoute)
Page officiel chez InFiné

On peut se procurer le premier album d'Arandel pour 9.99€ directement sur le site d'InFiné, en cliquant ici.

Deux morceaux en écoute. #1 qui ouvre 'In D' et pose le décor et #7, meilleur morceau de l'album, dont la justesse est franchement renversante. (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, la vidéo d'Overture, sorte de bande-annonce dirons-nous de ce 'In D' :



lundi 13 octobre 2014

[Track of The Day] Arandel - Section 11

En 2010, Arandel débarquait de nulle part, chez InFiné Records et sortait 'In D.', premier album remarquable, électronique sans l'être, dont chacun des morceaux n'étaient composés qu'avec des instruments classiques. Et le résultat était grandiose.

Quatre ans plus tard, Arandel revient avec un deuxième album, toujours chez InFiné Music. Il s’appellera 'Solarispellis' et verra le jour le 24 novembre prochain. Et il y a quelques jours, Arandel et InFiné ont mis en écoute un premier morceau.

Il s'appelle Section 11 (un titre à la Polyphonic Spree) et autant le dire tout de suite, ce premier titre ne semble pas suivre l'ambition du premier album tant il semble avoir été composé avec des instruments plus électroniques (mais ma connaissance étant limitée, je ne m'avancerais pas à l'assurer, sait-on jamais).

Section 11 a un côté beats 8-bits, presque cheap, mais dont le résultat sonne bien. Déroutant, pour sur quand on a aimé le premier album, mais aussi intriguant. A suivre...

Album : Solarispellis
Année : 2014
Label : InFiné Music

Acheter



Section 11 est également en écoute sur le soundcloud d'Arandel :


Quant à 'Solarispellis', il a droit à un - court - teaser, visible ci-dessous :

vendredi 7 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 10-01


Ultime étape de mon bilan de l'année 2010, mais retour avant cela sur les dernières publications parues ces derniers jours. Kris présente son top 50 singles de l'année (plein de bon goût et en ajoutant un petit texte à chaque chanson sélectionnée), Louie donne un top 10 albums très éclectique, Derrière La Fenêtre offre le top des blogueurs... bretons!, Erwan propose son top 30, Daniel de Next-Music termine son année dans la joie, la division et avec un seul très vieux groupe, la rédaction de Benzine qui présente les siens, tout comme celle de Rock it to the Moon. Quant à Random Songs, il fait le bilan en s'remémorant chaque instant

Mickael Choisi, lui, a concocté une sélection de 30 titres qui l'auront botté en 2010, La Musique à Papa comporte 20 chansons, De La Lune pond son top 14 albums. Et pendant ce temps là, No Music aura fait son calendrier de l'avent. Enfin, il y a Dragibus qui se projette déjà à plein dans 2011.

Pour ceux dont je n'ai pas croisé les bilans de fin d'année, n'hésitez pas à mettre un lien en commentaires, venir carrément les poster ici ou balancer vos liens par Twitter.

Quant à moi, top 10 pour finir une belle année. Dix albums qu'il aura été dur de départager tant ils sont formidables à pleins de niveaux différents. Bref, une belle année, surtout niveau album, moins en ce qui concerne les singles. Gageons que comme le veut la tradition, l'année prochaine sera totalement différente.

Et en fin de classement, un petit lecteur pour écouter une chanson de chacun des albums présentés:

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010



10. Current 93 – Baalstorm, Sing Omega [Coptic Cat]
David Tibet semble plus que jamais en forme. Non content d’avoir sorti un des albums les plus terrifiants qui soit avec ‘Aleph at Hallucinatory Mountain’ l’an passé, voilà qu’il nous revient avec un nouveau disque magistral : ‘Baalstorm, Sing Omega’ ou l’exact opposé de son prédécesseur.
Un disque lumineux, résolument optimiste (bien qu’en équilibre instable) naviguant dans un monde de psyché-folk et de psyché-pop, monde au centre duquel on retrouve un piano (même pas désaccordé !) et la voix inimitable et toujours hallucinée de David Tibet.
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09. Sufjan Stevens – The Age of Adz [Asthmatic Kitty]
Revenu d’entre les morts avec un Ep, un nouvel album et une compilation de noël furtivement aperçue courant novembre, Sufjan Stevens aura fait l’actualité de la rentrée 2010. ‘The Age of Adz’ marque la rupture avec ses précédentes œuvres en mettant en avant une électro lourde, d’aucuns trouveront cheap. On retrouve malgré tout son talent de mélodiste avec ces ritournelles pleines de cordes et de cuivres, cachées au départ mais que des écoutes successives font apparaître chaque fois un peu plus.
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08. Swans – My Father Will Guide Me Up a Rope to the Sky [Young God]
Noise Rock, Post-Punk, Experimental Rock, No Wave, Post-Rock, Industrial, Industrial Rock, Gothic Rock, Folk Rock, Experimental. Voilà en gros à quels genres musicaux on peut rattacher Swans, de retour après 12 années d’absence. Un retour en grande pompe de la part de Michael Gira (épatant en 2007 avec l’album d’Angels of Light) et de ses hommes, avec cet album sombre et ténébreux, à la pochette sublime. Reformation de l’année, évidemment.
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07. Arandel – In D [Infiné]
Un de mes chocs électro de l’année, c’est sans nul doute le premier album d’Arandel ‘In D’. Un artiste français qui sonne électro mais qui ne fabrique sa musique qu’à partir d’instruments classiques. Contrainte exigeante certes mais le résultat est au-delà des attentes tant l’électro d’Arandel est aussi minimale, organique que vibrante. Et bien plus électro que certains albums du genre.
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06. Nina Nastasia – Outlaster [Fat Cat]
Peu le savent mais Nina Nastasia, en plus d’être une des plus grandes songwriters de son temps, a peut-être sorti son plus bel album en 2010. Un disque aussi folk que théâtral, baroque que délicat où s’alignent textes superbes, mélodies accrocheuses et arrangements fins. Tout le monde s’en fout. Et pourtant, il y a plus ici que dans bons nombres de disques encensés chaque semaine ici et là (et moi le premier). Il fallait que ce fut dit.
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05. Fursaxa – Mycorrhizae Realm [ATP]
Nouvel album pour Fursaxa. Et comme à chaque fois avec elle, c'est réussi. Sauf que cette fois, c’est encore mieux que les fois précédentes. ‘Mycorrhizae Realm’ est un disque aérien, vaporeux, harpien, léger, sombre et évocateur. Un véritable bijou dans lequel il est très facile de se perdre.
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04. Aidan Baker – Liminoid ⁄ Lifeforms [Alien8]
123è sortie pour Aidan Baker. Une partie post-rock, une autre plus évanescente, plus ambiante, plus drone comme sait le faire l'ami Aidan. 'Liminoid/Lifeforms' est un album superbe, d'une beauté et d'une délicatesse terrifiante. Un 'The Sea Swells a Bit' de 2006, mais avec le violon en guise de maitre d'œuvre. Un chef d’œuvre.
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03. The Magic Theatre – London Town [Rotodisc]
Sorti en 2010, ‘London Town’ aura pu naître en 1965 qu’il n’aurait pas choqué. Très inspiré par les albums pop de l’époque, cet album de The Magic Theatre est un formidable hommage à cette époque bénie de la musique. Contant l’histoire d’amour impossible à un siècle d’intervalle entre deux jeunes londoniens, ‘London Town’ vit au rythme des pérégrinations de ses personnages, sait évoquer leurs sentiments par des montées de cordes ou des chœurs bien sentis. Et au final, plus qu’un bel album, ‘London Town’ est un véritable chef d’œuvre.
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02. Four Tet – There is Love In You [Domino]
Cet album là fut un des tous premiers que j’ai écouté en 2010. Douze mois plus tard, le plaisir reste intact et la sensation d’écouter un artiste exceptionnel également. Sorte de mix entre ses diverses influences mais revenant à une folktronica dont il est le pape incontestable depuis ‘Rounds’, ‘There is Love In You’ est un album gigantesque, d’une grande intelligence, à la saveur délicieusement organique. Et comme à chaque fois avec Four Tet, un disque rempli de mélodies tuantes.
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01. The Tallest Man on Earth – The Wild Hunt [Dead Oceans]
LE bijou de l'année. Encore supérieur à la merveille qu'était 'Shallow Grave', 'The Wild Hunt' est un disque qui confirme l'immense talent de ce plus grand homme de la terre. Une guitare, des textes, une voix puissante et un souffle incroyable à l'écoute de chacune des 11 compositions qui font cet album merveilleux. Et si son premier effort, on entendait une copie (marquante) de Dylan, à l’écoute de ‘The Wild Hunt’, on entend plus que The Tallest Man On Earth, petit bonhomme au talent incroyable.
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Comme convenu, un lecteur pour écouter une chanson de chacun des dix albums présentés ci-dessus:


mercredi 21 janvier 2015

Bilan 2014 : « Albums » (50-31)



Si tout avait été normal, ce top albums de l'année 2014 aurait du voir le week-end du 10 janvier. J'avais pris un peu de retard après les top «formats courts » et « chansons ». Et puis il est arrivé ce qui est arrivé et j'avoue que j'ai eu du mal à encaisser le choc, comprendre et parler d'autres choses.

Mais bon, il faut bien repartir de l'avant. Quand bien même Cabu, Wolinski, Charb et les autres. Ainsi donc, passons maintenant à la partie consacrée aux meilleurs albums (selon votre serviteur évidemment) de 2014, le tout en trois parties comme le veut la tradition : du numéro 50 au 31, du numéro 30 au numéro 11. Et enfin les 10 premiers.

Avant cela, quelques liens de sites amis (ou non) sur lesquels je vais souvent poser mes yeux et mes oreilles :

Ainsi donc, après le top « 7", 12", Ep & Compilation » et le top « Chansons » (toujours en écoute), passons au top albums avec ces cinquante disques qui auront rythmés mon année de diverses façons.

Première partie aujourd'hui avec les 20 « derniers » (je n'aime pas ce terme tant ces 50 disques comptent tous pour moi), avec des groupes pop au futur succès public, un barbu en pleine renaissance, des japonais bruyants, un français eighties, des canadiens furieux, des écossais toujours brillant, un gallois excentrique et un lyonnais de Roubaix.

Au bas de chaque disque, vous trouverez un lien vers une chronique de l'album en question (d'ici mais souvent d'ailleurs) ainsi qu'un lien renvoyant vers un magasin en ligne au prix très compétitif pour acheter le disque. Car oui, écouter de la musique, c'est bien, acheter des disques c'est bien aussi.

Également, au bas de ce long papier, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessous. Bonne(s) écoute(s). Et n'hésitez pas à rajouter vos tops en commentaires !

Pour rappel :



50. Black English - No [Arts & Crafts]
Jusqu'à peu, le groupe s'appelait 'No'. L'album 'El Prado'. Et puis une confusion avec un jeune groupe punk de Los Angeles a forcé le groupe à changer et à devenir les Black English. Découvert en première partie de Yann Tiersen il y a quelques mois de cela, Black English est un sextet, sorte de mélange entre The National (pour la voix profonde qui a quelques airs de Matt Berninger) et Coldplay (avant que ceux-ci aillent se prostituer auprès de tout ce qui existe de plus dégueulasse dans l'industrie musicale actuelle). Un premier essai consistant, déroulant régulièrement quelques chansons très efficaces. Le charisme du chanteur Bradley Hanan Carter aidant, on devrait entendre parler de ce groupe assez rapidement.



49. Arthur Beatrice - Working Out [Polydor]
Premier album pour ce groupe découvert il y a 2 ans en première partie de Beach House, Arthur Beatrice n'en finit pas de me séduire. On ne criera pas au génie, mais ce premier album des londoniens est dans la lignée de leur Ep de l'an passé. Pop, belles mélodies, ambiance ouatée, et quelques sonorités électroniques pour donner du corps à l'ensemble. Séduisant disais-je.



48. The War on Drugs - Lost in the Dream [Secretly Canadian]
Dans la foulée de Mark Kozelek, The War on Drugs est devenu le nouveau groupe qu'il est de bon ton de détester en 2014. Affublés de surnoms débiles comme « Dire Straits des années 2010 », les américains auront pourtant sorti un disque sûr de lui cette année. Évidemment les guitares trainent parfois en longueur, évidemment, il y a ici un côté rock héroïque. Mais les compositions et les chansons sont là. Et c'est quelqu'un qui chérit le live de Dire Straits 'On The Night' plus que de raisons qui vous le dit : il n'y a rien de Dire Straits dans cet album.



47. Twin Peaks - Wild Onion [Grand Jury]
Aveu terrible : je n'ai jamais jeté le début d'un œil sur Twin Peaks. Internet étant mon ami, j'aurais sans doute l'occasion prochainement de me rattraper, David Lynch ayant annoncé la reprise de sa série mythique pour 2016.
Le seul Twin Peaks que je connais vient de Chicago et est un quatuor d'indie rock aux allures de groupe punk. 'Wild Onion' est leur deuxième album (en 2 ans) ; avec seize chansons au programme. Rien de bien révolutionnaire mais une belle réjouissance à écouter les chansons courtes et concises (quatre seulement de plus de 3mns) de ce qui ressemble bien à de jeunes branleurs, mais talentueux.



46. Jessica93 - Rise [Teenage Menopause]
Avec son nom qu'on dirait tout droit sorti d'un chat caramail, Jessica93 n'a pourtant rien d'une gamine qui vous aurait accosté par un « ASV ? ». Geoffroy Laporte, l'homme qui se cache derrière Jessica93 (il fait tout), est plutôt du genre à balancer des pralines dans les oreilles de ses auditeurs. Entre shoegaze, cold-wave, boite à rythme et guitares bouclées. Avec le saint patronage des Cure.



45. Allah Las - Worship The Sun [Innovative Leisure]
Quatuor californien, Allah-Las aura confirmé en 2014 les jolis espoirs que l'on plaçait en eux il y a 2 ans à la sortie de leur premier album. Gardant la même ligne de conduite, les Allah-Las continue de plonger leur musique au sein des années 60, mélangeant habilement garage-rock et pop ensoleillée. Rétro sans l'être, les Allah-Las deviennent une valeur sûre.



44. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra - Fuck Off Get Free We pour Light on Everything [Constellation]
Quatre ans après leur dernier album, deux ans après leur dernier Ep en date, la bande d'Efrim a enfin eu envie de donner de plus amples nouvelles. En résulte un 'Fuck Off Get Free We pour Light on Everything' puissant et porté par une chanson délicieuse et pleine de frissons dans la plus pure tradition Silverienne (What We Loved Was Not Enough). La reformation de Godspeed You Black Emperor semble les avoir remis dans le bon sens après un 'Kollaps Tradixionales' plutôt faiblard. Tant mieux.



43. I Love You But I've Chosen Darkness - Dust [Monopsone]
Deux albums et un Ep en 13 ans d'existence, on ne peut pas dire que les texans de I Love You But I've Chosen Darkness soient prolifiques. Ainsi, 8 ans après premier album 'Fear is On Our Side', voilà le retour du quatuor. Dans la droite lignée de son premier album. Post-punk toujours élégant, aux compositions entre gris clair et sombre obscur. Et avec toujours la même grâce.






42. Current 93 - I Am the Last of All the Field That Fell (A Channel) [The Spheres]
A l'instar de Michael Gira, David Tibet continue sa carrière avec grandeur et sans décadence. Auteur ces dernières années d'albums somptueux l'ayant remis en selle (voir ici ou ), David Tibet, ses Current 93 et sa pelletée d'invités (de Nick Cave à John Zorn en passant par James Blacksaw et Antony Hegarty d'Anthony and The Johnsons), remetten le couvert pour une nouvelle descente poétique dans les noirceurs de l'âme, avec de longues chansons (une moyenne de 6 minutes) avec le piano toujours et évidemment en pièce centrale. Sombrement beau.



41. Arandel - Solarispellis [InFiné]
Petit prodige français de l'électro mais très discret, on ne sait pas qui est Arandel. Mais ceci importe peu. Car 4 ans après un 'In D' envoutant, le voilà de retour, toujours chez InFiné, pour un hommage aux années 70.
Comme pour le précédent album, Arandel se donne une grande ambition : n'utiliser que des instruments classiques et autres synthés analogiques. Contrainte qui n'en est pas une tant ce nouvel album semble habité. Bien que différent, 'Solarispellis' n'est peut-être pas du niveau d''In D' mais on n'en est toutefois pas très loin.



40. Fear of Men - Loom [Kanine]
Indie-pop qui aime les guitares, Fear of Men est un groupe à côté duquel j'étais passé l'an passé. Rattrapage en 2014 avec 'Loom', deuxième album du quatuor de Brighton, très réussi, sorte de synthèse entre The Magnetic Fields et Broadcast sur beaucoup de titres. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.



39. Ought - More Than Any Other Day [Constellation]
Premier album pour les canadiens de Ought, et sortie directe chez Constellation, excusez du peu. Pétri d'influence (Talking Heads par ci, The Fall par là), 'More Than Any Other Day' est avant toutes choses un premier album décapant de post-punk aux morceaux longs et travaillés. Et quitte à faire une analogie bêtasse, je dirais que Ought est l'alter-ego post-punk de Clap Your Hands Say Yeah (évidemment, la voix y est pour beaucoup, mais quand même).



38. Avi Buffalo - At Best Cuckold [Sub Pop]
En 10 chansons (et 36 mns), Avi Buffalo fait sur son deuxième album 'At Best Cuckold' une belle revue de la pop actuelle ou tout au moins récente : du Death Cab for Cutie par-ci, du Elenaor Friedberger par là, et du Sufjan Stevens au milieu de tout cela (évident Overwhelmed with Pride). Le tout avec quelques élans hero-rock (Oxygen Tank, Memories of You) pas désagréables, mais surtout piano, cordes et cette belle voix, très haute et qui caresse les compositions. Joli classique de 2014.



37. Champs - Down Like Gold [PIAS]
Originaire de l'île de Wight où Dylan is Dylan et che Viva Donovan, les frères Champion (d'où le Champs) font dans la pop joliment ouvragée sans pour autant négliger quelques passages plus fok. Leur premier album 'Down Like Gold' est un beau premier jet qui devrait plaire à tous les amoureux de belle pop. Mieux, les deux frangins semblent être des rapides : leur prochain album est prévu pour dans quelques semaines.



36. Shellac - Dude Incredible [Touch & Go]
Sixième album pour le groupe de Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer. Et il aura fallu attendre 7 ans. Il faut dire que les Shellac prennent leur temps et surtout n'ont pas vraiment de plan de carrière arrêté et décident d'enregistrer quand l'envie est là. Tant mieux, car à chaque fois, le choc est aussi frontal que délicieux. Shellac ne change pas son fusil d'épaule. Et pond là un disque plus math rock que jamais, évidemment produit au cordeau.



35. MONO - The Last Dawn / Rays Of Darkness [Pelagic]
Difficile de dissocier ces deux albums - parus simultanément - de MONO, les 8è et 9è des japonais. Difficile car ils ne font véritablement qu'un. Que ce soit sur 'The Last Dawn' ou 'Rays of Darkness', pourtant présentés comme le yin et le yang, tout n'est que noirceur et mélancolie, comme toujours avec MONO, avec guitares aux riffs rageurs, fûts martelés avec précision et force, et même voix caverneuse. Mais les japonais savent s'adonner aussi au calme, certes sans volupté, avec des passages très Godspeed You ! Black Emperor (magnifique Surrender). Grands crus.



34. Amen Dunes - Love [Sacred Bones]
Damon McMahon (aka Amen Dunes) aura été une de mes découvertes de 2014. Sur son quatrième album 'Love', aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim de Thee Silver Mt. Zion, l'américain égrène ses chansons longues, folk et psychédéliques, lorgnant parfois même sur des titres plus rock. Ajoutez à cela une production pleine d'écho, et vous obtenez un disque obsédant.



33. Gruff Rhys - American Interior [Turnstile]
Existe t-il aujourd'hui un artiste comme Gruff Rhys ? Que ce soit sur cet album (ou l'histoire fantasmée de John Evans parti à la recherche du Prince Madoc, gallois qui aurait découvert l'Amérique 300 ans avant Christophe Collomb) ou sur scène (dans un show drôle, parfois même hilarant, où le gallois est capable de tenir un auditoire avec une simple gratte acoustique et quelques 45-tours), la question se pose clairement. Chapeau Mister Rhys.



32. The Twilight Sad - Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave [Fat Cat]
Le meilleur groupe écossais depuis quelques années confirme qu'il est bien le meilleur groupe écossais depuis quelques années (je ne peux faire plus clair).  Sombre et nerveuse, leur musique l'est toujours autant, se déclinant en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et basse métronome. Et non content d'avoir signé un des disques de l'année, ils peuvent se targuer d'avoir le plus bel artwork de 2014. Easy, comme souvent avec eux.



31. Eels - The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett [E Works]
En 1996, comme tout mon lycée, j'étais tombé en pâmoison devant le premier album de Eels, 'Beautiful Freaks', l'album au bébé avec des yeux énormes. J'avais suivi la suite de ses aventures d'un peu plus loin, avant de lâcher progressivement, lassé. Et puis est arrivé cet album, 'The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett'. Un disque d'une douceur et d'une noirceur à ne pas écouter quand le moral est dans les chaussettes. Mais un disque beau. Mais triste, on n'a pas idée.

Comme promis, un lecteur multimédia présentant une chanson de chacun des albums présentés ci-dessus. Bonne(s) écoute(s) !


mercredi 21 mars 2012

[Track of The Day] Oxia - Harmonie

Mercredi c'est le jour des enfants. Aucun lien fils unique. Mais recentrons aujourd'hui le débat sur un retour appréciable, celui d'Oxia qui huit ans après son premier album revient avec un deuxième disque, chez InFiné, le label d'Agoria (que ce dernier vient de quitter). Nouvelle apprise chez l'ami Louphi de Do Not Touch My Crossfader.

'Tides of Mind' est prévu pour fin avril, Miss Kittin et Scalde notamment seront de la fête, et Harmonie ouvre les hostilités. De manière fort langoureuse, avec ce je ne sais quoi d'Arandel dans quelques passages. Charmant et hypnotique (ce piano), ce nouvel Oxia démarre bien… Merci Philou! 

Album: Tides of Mind 
Année: 2012 
Label: InFiné 

Harmonie est également en écoute sur le soundcloud d'InFiné, et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

mardi 8 février 2011

Ensemble - Excerpts [Fat Cat]

Stupéfiant. Le premier album d'Ensemble avait été une surprise sortie de nulle part, d'une beauté stupéfiante donc, lovant ses compositions dans un univers de folktronica ouaté. Même Chan Marshall/Cat Power, présente en featuring, m'avait emballé, elle qui m'hérisse d'ordinaire le poil; c'est dire.

Surprenant. C'est l'annonce de la suite. Non pas qu'elle soit injustifiée mais dans une industrie musicale où le succès commercial est la seule à avoir voix au chapitre, l'échec du premier album aurait du sonner le glas des aspirations fat-catesque d'Olivier Alary le toulousain, l'homme derrière Ensemble.

Mais il n'en est rien. Car 1) le soit disant échec commercial du premier Ensemble n'en est peut-être pas un (ce n'est qu'une opinion personnelle basée sur de très très faibles retours sur cet opus là). Et 2) Fat Cat n'étant pas un label comme les autres, il lui a évidemment laissé sa chance.

'Excerpts' est donc le second album d'Ensemble. Une suite qui aura mis quatre années à venir… soit le temps de gestation du premier album (on ne se refait pas). Et un disque qui s'éloigne - un peu - de l'ambiance electronica-planante et du minimalisme pour plus se rapprocher d'une pop toujours teintée d'électro, parfois atmosphérique mais surtout virevoltante.

A l'image d'Arandel, Olivier Alary a enregistré cet album sans faire appel au sampling ou aux ordinateurs, préférant tabler sur des instruments plus traditionnels. En y mettant beaucoup de cordes, et en alternant chant anglais et chant français (où sa voix évoque très souvent celle d'un certain Dominique A), Olivier Alary fait prendre à son Ensemble un premier tournant et amène sa musique dans des lieux plus ancrés dans la réalité.

Peut-être moins cohérent que son prédécesseur, sûrement moins bon (faut dire que l'autre était d'une très grande classe), 'Excerpts' reste cependant un album à découvrir et qu'on prendra le soin d'écouter souvent pour en découvrir tous les petits secrets.
Plein d'ambiance, théâtral par moments, enivrants par d'autres, presque shoegazien aussi, susurré le reste du temps, ce disque est aussi enchanté par Darcy Conroy, la voix féminine qui se balade tout au long des sillons de l'album, et qui rappelle étrangement par moment celle de la très regrettée Trish Keenan. (Sortie: 17 janvier 2011)


Son:
Myspace (Deux chansons de 'Excerpts' en écoute)
Site officiel d'Ensemble

Deux chansons en écoute: le classieux Things I Forget et le très ambiant Before Night. (malheureusement plus en ligne)

vendredi 1 janvier 2021

Bilan 2020 : Top 50 « Chansons »


Jusqu'au bout cette année aura été pitoyable et impitoyable. J'étais en train de mettre en page ce billet de blog quand la nouvelle de la disparition de MF DOOM est tombée. Le choc. Sans doute l'artiste avec Madlib qui m'aura poussé à plonger la tête la première dans ce genre musical que je connaissais à peine, à explorer les catalogues des Def Jux, Lex Records, Anticon et de bien d'autres et de développer un amour immodéré pour la bande à Stones Throw. Quelle tristesse. Et quelle légende putain.

Mais pour revenir à des choses plus terre et avant de dérouler les 50 chansons qui auront animé mon année, voilà quelques liens pour aller découvrir d'autres sélections :
- Le bilan de l'année de Mathieu Gandin chez Random Songs, avec son petit mix qui va bien
- Le top 100 « songs » de Sean de Said The Gramophone
- La playlist de l'équipe de Pop News
- Le traditionnel Rewind de Starsky, en deux faces, la A et la B
- Les chansons de l'année chez Five Minutes

Cinquante morceaux donc. Cinquante chansons qui auront fait mon année 2020. Une année placée, plus que toute autre, sous le signe de la guitare. Il y en a à foison, même si pas que évidemment. Beaucoup de français aussi, de la pop habillée comme jamais, des hymnes à fredonner et des paroles à chanter à tue-tête. Et alors que mes yeux sont encore humides de la nouvelle, je ne peux m'empêcher de me dire que Daniel Dumile a pris les paroles de Thousand pour argent comptant : « Tu conduisais, moi j’apprenais à fumer. J’te jure on fum’ra après la mort tu disais ». Espérons ce soit le cas. ALL CAPS. RIP. Et merci pour tout.

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


50. The Little Hands of Asphalt - No Reception
49. Girl in Red - Midnight Love
48. Cold Beat - Pearls
47. STRKFR - Budapest (feat. Shy Boys)
46. Camille Bénâtre - Vieux Loup

45.
Fiona Apple - Cosmonauts
44. Floating Room - Held Open Door
43. Double Françoise - Tu N’es Pas Toi (feat. Benjamin Schoos)
42. Courtney Marie Andrews - If I Told
41. Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always (The Jesus and Mary Chain cover)

40. FEWS - Heaven
39. Sløtface - Telepathetic
38. Arab Strap - The Turning of Our Bones
37. Bicep - Atlas
36. The Luxembourg Signal - The Morning After

35. Surfer Blood - Karen
34. Be Afraid - Crawling Now
33. The Dears - I Know What You’re Thinking And It’s Awful
32. The Strokes - The Adults Are Talking
31. Violent Soho - Slow Down Sonic

30. Caleb Landry Jones - I Dig Your Dog
29. The Hop - La Prochaine Fois (feat. Jok’Air & Jazzy Bazz)
28. Chronophage - Siren Faraway
27. Car Seat Headrest - Deadlines (Hostile)
26. Brooke Bentham - All My Friends Are Drunk

25. Michael Stipe & Big Red Machine - No Time For Love Like Now
24. Smokescreens - I Love Only You
23. Ethan P. Flynn - Are You Doing This to Hurt Me
22. Sondre Lerche - Why Would I Let You Go
21. The Avalanches - Running Red Lights (feat. Pink Siifu & Rivers Cuomo)

20. Porridge Radio - Long
19. Bambara - Serafina
18. Mint Field - Contingencia
17. Sufjan Stevens - My Rajneesh
16. King Creosote - Susie Mullen

15. The Districts - 4th of July
14. Will Butler - Surrender
13. Tugboat Captain - Day to Day
12. Les Marquises - Head As A Scree
11. Nada Surf - So Much Love

10. Police Control - Noyé
09. Arandel - Bluette (feat. Barbara Carlotti)
08. Benjamin Biolay - Comme Une Voiture Volée
07. Sports Team - Here’s The Thing
06. Hotel Lux - Ballad of You & I

05. Bad Moves - Party With The Kids Who Wanna Party With You
04. Sweeping Promises - Cross Me Out
03. Gorillaz - Désolé (feat. Fatoumata Diawara)
02. Thousand - Jeune Femme à l’Ibis
01. Rolling Blackouts Coastal Fever - Cars In Space

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

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